Seguin et le parc national La Visite

 

Cet article est respectueusement dédié à la Fondation Seguin

Lilliane, 22 ans, résidente de Seguin, en route avec un plat de nourriture vers le domicile de ses parents, mardi 23 janvier

La plupart des visiteurs qui se rendent en Haïti ignorent qu’il existe dans le sud-est du pays un village, perché à 1800 mètres d’altitude, qui vit un peu à l’écart du monde, près d’une magnifique forêt de pins.

Ce village, c’est Seguin, situé au cœur du parc national La Visite.

À mi-chemin entre Jacmel et Port-au-Prince, le village de Seguin (dans l’encadré, en vert), dans le parc national La Visite

Pour y arriver, environ trois heures de route, en moto, depuis Jacmel. Ou une longue – et inoubliable – journée de marche, à partir du village de Furcy, sur un chemin ancien qui franchit les ravins et serpente au milieu des mornes. (Le village de Furcy est lui-même situé à près de trois heures route au-dessus de Port-au-Prince.)

Au coeur d’Haïti, lundi 22 janvier. Le sentier magnifique qui relie Furcy et Seguin. Rares sont les visiteurs, hélas, qui s’aventurent jusqu’ici. Ce sentier est l’un des plus beaux d’Amérique.

Entre Seguin et Furcy, la longue pente dans le massif de la Selle qui mène au village de Cayes-Jacques… En-dessous des mornes, en haut à gauche, la mer des Caraïbes…

Les quatre images qui suivent ont été prises il y a un peu plus de sept ans, en juillet 2010, lors de ma première randonnée sur ce chemin exceptionnel qui culmine à plus de 2000 mètres d’altitude…

Le sentier entre Seguin et Furcy est avant tout une route de commerce empruntée par les marchandes. C’est le trajet le plus court entre les champs de haute montagne où les paysans cultivent poireaux, oignons, carottes et pommes de terre et les marchés de la côte…

Les marchandes se lèvent régulièrement avant l’aube et parcourent à pied souvent plus de 20 kilomètres afin d’acheminer leurs récoltes vers des camions qui transporteront ensuite leurs produits jusqu’aux marchés de Kenscoff, Pétion-Ville et Port-au-Prince… Sur le chemin, ci-dessous, quelques abris et étals de fortune où se désaltérer et se reposer…

Je suis arrivé cette fois-ci à Seguin en fin d’après-midi, le dimanche 21 janvier, alors que le village, en fête, célébrait plus tôt dans la journée deux mariages et la consécration d’une nouvelle église….

Seguin, fin d’après-midi, dimanche 21 janvier

Étourdis par les bruits de la fête et les verres de rhum ou de clairin (alcool clair et fort) avalés depuis le matin, les paysans regagnent lentement leurs maisons. Les femmes portent sur la tête de grands paniers remplis de victuailles, de provisions…

Les villageois descendent des mornes au-dessus de Seguin dans la lumière de la fin de l’après-midi…

Seguin, dimanche 21 janvier

J’ai l’impression d’être dans les Andes.

Autour de moi, comme au Pérou ou en Bolivie, les mêmes visages burinés par le soleil et l’altitude…

Alors que le soleil décline sur les mornes, retour à la maison pour un groupe d’enfants excités par la fête qui se termine…

C’est mon troisième séjour à Seguin. Dès mon arrivée, je retrouve avec plaisir la belle et solide auberge qui accueille depuis plus de vingt ans visiteurs et randonneurs du monde entier….

L’auberge La Visite, une merveilleuse adresse située à 30 minutes de marche environ au nord du village de Seguin. Pour réserver: Tel (509) 38 51 01 59. Ci-dessous, une des deux salles à manger…

À peine descendu de moto, un délicieux repas est servi. Tout est fait maison ici. Les légumes, la viande, le café, toute la nourriture – y compris l’eau, de source – provient d’un rayon d’environ un kilomètre autour de l’auberge.

Salade de betteraves accompagnées… de capucines, des fleurs multicolores et comestibles cueillies quelques minutes auparavant dans le jardin de l’auberge…

Je suis aussi ici afin de revoir mon ami Winnie, personnage connu et respecté dans la région de Seguin.

Venu pour la première fois à Seguin avec son père en 1975, Winnie Attié, 64 ans, n’est jamais reparti. Depuis 43 ans, il règne sur ses terres et gère, de façon admirable, son établissement.

Nous aurons comme d’habitude pendant mon séjour de longues et chaleureuses conversations…

Comme tous les enfants des familles haïtiennes qui ont fui avec leurs parents, au début des années soixante, la dictature du président François Duvalier, Winnie, comme mes frères et moi, enfant et adolescent, a vécu et a été scolarisé un peu partout.

En France d’abord, à Cannes, puis en Suisse, en Afrique ensuite, à Ouagadougou, en Haute-Volta (aujourd’hui le Burkina-Faso) où travaillait son père, et aux États-Unis enfin, avant de redécouvrir, jeune adulte, Haïti, qu’il n’a plus quittée…

Petit déjeuner à Seguin composé d’une omelette aux légumes et de pain grillé…

Préparatifs pour le déjeuner…

Première randonnée le lendemain de mon arrivée sur le chemin principal qui traverse la forêt de pins. Notre destination est le petit village de Cayes-Jacques (« la maison de Jacques »), situé à 90 minutes de marche, sur la route de Furcy.

Le parc national La Visite, créé en 1983, renferme la pus grande réserve de pins d’Haïti…

… et a été conçu afin de protéger la région de la déforestation – galopante, comme dans tout le pays…

Mon guide et professeur pour la journée s’appelle Obnès. Né à Seguin, la quarantaine, il est déjà père de huit enfants, un garçon et sept filles, dont Lilliane, la jeune femme de 22 ans dont la photo ouvre cet article. Obnès travaille aussi à temps partiel pour la Fondation Seguin.

Mon guide à Seguin, Obnès. Nous n’avons parlé que créole pendant notre excursion…

Nous suivons sans difficulté le chemin qu’empruntent chaque jour les motos et les centaines de paysans en route pour les villages avoisinants…. Autour de nous, accroupis dans l’herbe, des groupes de femmes et d’enfants s’affairent à leur lessive…

Un des nombreux points d’eau sur le chemin entre Seguin et Cayes-Jacques

… en moins de 90 minutes nous avons rejoint le petit marché de Cayes-Jacques… Marché de subsistance, perché au-dessus d’une longue pente rocailleuse qui descend vers Furcy…

Le marché de montagne de Cayes-Jacques

Nous achetons pour l’auberge quelques figues, des bananes, du pain et du café en grains, encore vert…

À Cayes-Jacques aussi les marchandes ne vivent qu’avec quelques gourdes par jour…  Envoyer ici les enfants à l’école publique est un énorme défi financier car il faut payer les uniformes, quelquefois les livres…  Grand sentiment de précarité dans ce petit marché de montagne. Et une immense dignité.

Quelques produits achetés au petit marché de Cayes Jacques. Le café sera plus tard torrifié à l’auberge…

Dernier coup d’oeil sur les mornes du massif de la Selle. Le marché de Cayes-Jacques est juste en haut de la pente.

Pour le retour à Seguin, Obnès me propose de prendre un chemin différent, « un raccourci », dit-il, « par la forêt ».

Il a un air mystérieux…   J’obtempère, et je le suis….

Après une quinzaine de minutes de marche, alors que nous pénétrons au coeur de la forêt des pins, terrible surprise… et grande tristesse…

Le parc national qui, à première vue, sur le chemin principal, semblait boisé, verdoyant, est, à l’intérieur, attaqué de tous côtés…

À mesure que nous progressons vers Seguin, nous apercevons des dizaines d’arbres, de troncs, brisés, brûlés. Des pans entiers de la forêt ont été mutilés.

 

 

 

 

 

 

 

 

Que se passe-t-il?

Obnès m’explique avec chagrin que certains paysans, afin d’augmenter leurs revenus, n’hésitent pas à tailler l’écorce puis le tronc des pins pour en soutirer la résine. Résine qu’ils vendent ensuite dans les marchés sous forme de bougies ou de chandelles…

Les petits fagots de bois, taillés dans le pin et enduits de résine, sont également très en demande dans les marchés du pays. On les connaît dans la région de Jacmel sous le nom de « bois gras » ou « bois pin« . Ce petit bois – qui sert à allumer le charbon et à attiser le feu sur lequel cuisent les marmites – est devenu presque indispensable dans la vie quotidienne et dans les cuisines de fortune des paysans…

« Bois gras » en vente devant une boutique de Jacmel, lundi 29 janvier

La Fondation Seguin essaie, depuis des années, avec peu de moyens, d’éduquer la population paysanne.

Combat colossal, quotidien et inégal.

Si les plus jeunes et les élèves inscrits dans les écoles de Seguin semblent, en général, avoir développé une sensibilité qui les encourage à préserver leur environnement, pour les paysans plus âgés, le « bois gras » est une source de revenus dont ils ne peuvent plus se passer…

J’aimerais saluer ici le travail de la Fondation Seguin. À partir d’un petit centre de travail et de recherche établi à quelques pas de l’Auberge La Visite, une poignée d’agronomes et de bénévoles (souvent étrangers) essaie de façon remarquable de combattre la lente et inexorable déforestation du parc national.

Qu’ils soient félicités et remerciés.

Cependant, malgré le soutien de quelques ONG internationales (allemandes, espagnoles…) et l’appui financier de deux ou trois ambassades, les subventions sur lesquelles pouvait compter jadis la Fondation sont de plus en plus rares. Et une partie du travail, des acquis et des projets réalisés par l’équipe est aujourd’hui en péril.

Une douzaine d’employés de la pépinière de la Fondation ont récemment été mis à pied, faute d’argent.

Une demie-douzaine de gardes forestiers, employés par le ministère de l’environnement et affectés à la surveillance et à la bonne gestion du parc, n’ont pas été payés depuis plus de dix-huit mois. Ils ont, temporairement, démissionné.

La défaillance – le désintérêt – de l’état est flagrante. Impardonnable.

Combien de temps encore la Fondation pourra-t-elle poursuivre sa mission?

Ludovic, employé de l’auberge, m’emmènera lors d’une seconde randonnée, le mardi 23 janvier, jusqu’à la cascade de Seguin, principale source d’approvisionnement en eau du village… Plusieurs lieux de la forêt sont encore, heureusement, intacts et préservés…

Sacs d’oignons et de poireaux… entreposés au frais au bord d’une rivière près de Seguin…

… avant d’être acheminés à cheval et à dos d’âne vers les marchés de Port-au-Prince…

Le brouillard s’est levé, et il faut déjà repartir, après trois jours à Seguin…

Seguin, mercredi matin 24 janvier

La longue descente en moto vers Jacmel est, comme d’habitude, vertigineuse… En un peu moins de trois heures, après avoir traversé les villages de moyenne montagne de Fonds-Jean-Noël, Pistache et Pérédo, nous arrivons, au niveau de la petite ville de Marigot, au bord de la mer des Caraïbes…

Le contraste est saisissant…

En quittant Marigot et, ci-dessous, les magnifiques plages du village de Kabik…

Malgré le ciel bleu, très peu de touristes au bord des plages. Pourquoi? De nombreuses ONG ont plié bagage depuis le tremblement de terre de 2010, et les visiteurs tardent à revenir en Haïti… attirés plutôt par des destinations (Saint-Domingue, la Jamaïque, Cuba) jugées plus sûres et plus faciles d’accès… C’est dommage! Les Haïtiens, de leur côté, trouvent l’eau de la mer plutôt froide en janvier/février…

Dernière étape avant de rentrer à Jacmel, l’hôtel Cyvadier, situé à une dizaine de kilomètres à l’est de la ville… hôtel où j’ai le grand plaisir de retrouver, comme prévu, des amis de longue date de notre famille… en visite eux aussi en Haïti…

G.R. entouré de deux de ses enfants à l’hôtel Cyvadier, le jeudi 25 janvier. Après avoir travaillé comme agronome à Seguin en 1959/60, G., comme des dizaines de professionnels haïtiens (dont notre père) a rejoint l’Afrique, le Congo, comme fonctionnaire des Nations Unies, au début des années 60, fuyant la dictature de François « Papa Doc » Duvalier. G. nous a rappelé que la plupart des agences de l’ONU au Congo à ce moment-là (l’OMS, l’UNICEF, la FAO) étaient dirigées par des Haïtiens. Les anciens colons, les Belges, ayant déserté le Congo après l’indépendance, survenue le 30 juin 1960.

L’hôtel Cyvadier, près de Jacmel, dispose d’une agréable petite plage au bord de la mer des Caraïbes. Une excellente adresse – http://www.hotelcyvadier.com

Multiples bains de mer pendant mon séjour à Cyvadier…

À l’approche du carnaval, à Jacmel, l’atmosphère est de plus en plus festive. Les rues de la ville (et le jardin de mon hôtel) sont régulièrement envahies par des groupes de musiciens et de danseurs qui déambulent, costumés, en quête d’attention et d’une poignée de gourdes…


En cinq minutes, ils sont déjà repartis, tambours, sifflets, bouteilles de rhum et de tafia à la main … perpétuant la grande tradition de fête du carnaval haïtien…

Dans quelle autre île des Caraïbes peut-on vivre, à l’improviste, plusieurs fois par jour pendant le carnaval, un tel événement?…

Marché de Lafon, samedi 27 janvier

Une de mes dernières excursions m’a conduit le 27 janvier jusqu’au village de Lafon (à quarante minutes de moto au nord de Jacmel) où a lieu, tous les samedis, un grand marché…

Lafon

… mais c’est la peinture qui m’amène ici. Une famille de peintres, la famille Laurent, (SVP cliquez sur le lien, en gras, pour infos supplémentaires) connue, réputée, appréciée en Haïti et à l’étranger, habite dans le village, à une vingtaine de minutes de marche au-delà du marché… et je suis bien décidé ce samedi matin à les rencontrer…

En compagnie d’un garçon du village et de mon fidèle chauffeur Junior, nous quittons le marché… et nous franchissons (ci-dessous) la rivière La Gosseline (dont parle souvent René Dépestre dans ses ouvrages…)

La rivière La Gosseline

… avant de déboucher sur l’atelier de la famille Laurent qui tient lieu aussi de centre culturel et de bibliothèque…

Les Laurent, le père, Maccène, 71 ans, et son fils, Olivier, 43 ans, sont aux champs. On les appelle…

Rencontre émouvante et respectueuse de ces deux peintres talentueux, dont une des toiles a été vendue, cet automne, à une des ambassades européennes de Port-au-Prince…

Une longue et délicate négociation (en créole) débute avec les deux peintres autour de deux tableaux accrochés aux murs de l’atelier qui me plaisent particulièrement. L’un de Maccène, l’autre d’Olivier….

Une scène de village créée par Maccène Laurent…

Le tableau d’Olivier Laurent représente, lui, une scène de « ra-ra » (fête populaire) dans un village du sud-est, au moment des fêtes de Pâques…

Il nous faudra environ vingt minutes pour nous mettre d’accord…


Affaire conclue avec les deux peintres (qui, comme la plupart des Haïtiens, n’aiment pas beaucoup être photographiés…)

… et, après de multiples remerciements, accolades et de vigoureuses poignées de mains, j’emporte avec moi, vers Jacmel, à pied, puis en moto, soigneusement enroulés, mes précieux tableaux…

Haïti Chérie!…

Un troisième peintre, sensible et généreux, Colin Anicet, rencontré dans son atelier le lundi 29 janvier peu avant mon départ de Jacmel…

Avant de quitter Haïti, quelques dernières images de la gastronomie du pays…

Poisson grillé, pommes de terre frites, riz aux pois, salade et sauce piquante, Jacmel

Poulet grillé, bananes pesées, riz aux pois, salade assaisonnée, sauce piquante, Guesthouse Eucalyptus, (www.eucalyptusguesthouse.com), Port-au-Prince….

…et un ultime coup d’oeil sur le jardin de l’auberge La Visite à Seguin…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Haïti Chérie

La baie et les toits de la ville de Jacmel, jeudi 18 janvier

Avant de monter, dans quelques heures, en moto jusqu’à Seguin (trois heures de route depuis Jacmel), retour sur une semaine exceptionnelle de découvertes – et de leçons apprises – dans le sud-est d’Haïti.

La rue du Commerce, dans le quartier des artisans, dans la vieille ville de Jacmel

En planifiant ce quatrième voyage au pays, un de mes objectifs était d’explorer la région montagneuse autour de Jacmel. Une région peu connue et souvent délaissée par les visiteurs qui préfèrent en général s’installer sur une des nombreuses plages situées le long de la côte, à l’est de la ville.

Après Cap Rouge et Fort-Ogé, j’ai donc repris la route, le mercredi 17 janvier, en compagnie de mon guide et chauffeur, Junior, en direction cette fois de l’étang Bossier…

Une partie du chemin qui mène à l’étang Bossier, mercredi 17 janvier

Enclavé au milieu des mornes, à une heure de route environ au nord-est de Jacmel, l’étang Bossier est un petit havre de verdure et de paix…

L’étang Bossier

… autour duquel vit une population pauvre composée de paysans et d’éleveurs. Malgré la pêche et le poisson, abondant nous dit-on, les conditions de vie autour de l’étang sont précaires. La plupart des habitants ne disposent ici que de quelques gourdes par jour…

Paysanne lavant son linge au bord de l’étang Bossier. Ci-dessous gardien de boeufs…

Comme le souligne un récent rapport (2014) de l’Institut Haïtien des Statistiques (IHSI) , géographiquement, la pauvreté en Haïti est beaucoup plus élevée en milieu rural. Environ 60% de la population haïtienne vit en-dessous du seuil international de pauvreté fixé à US$1.90 par jour.

Le taux d’alphabétisation dans le pays est d’un peu plus de 60%. Le taux de mortalité infantile est de 39% (chiffres UNICEF).

Devant de telles statistiques, le regard sur les plages qui émaillent la côte sud-est d’Haïti n’est plus le même…

Plage de Raymond les bains… Le sentier pour l’étang Bossier débute juste en face de la plage, de l’autre côté de la route qui relie Jacmel à Marigot.

Sur la plage Ti-Mouillage, plus jolie et plus à l’est que celle de Raymond les bains…

La plage Ti-Mouillage, mercredi 17 janvier.

… les bungalows se louent entre US$30 et US$50 la nuit…

Les prix indiqués sont en gourdes (HTG). 1US$ = 63 gourdes (janvier 2018)

Dans le centre-ville de Jacmel

Un des paons, résident permanent de la grande cour de mon hôtel, qui m’accueille tous les matins…

Une nouvelle aventure m’emmène, le vendredi 19 janvier, du côté de Bassin Bleu, un des lieux  emblématiques de la région de Jacmel….

Une bonne heure de moto de nouveau avant d’arriver à Bassin Bleu, à l’ouest de la ville de Jacmel

En chemin, après avoir quitté la route goudronnée, entre la petite localité de Savannette et celle de Carrefour-Pingouin, dans la commune de Lavaneau, une enseigne attire mon attention…

Une belle surprise!…

Une petite boutique d’artisanat, authentique, tenue par un jeune homme, plein de talent, qui fabrique dans son studio une multitude d’objets multicolores en papier mâché, une des spécialités de la région de Jacmel…

Frantz Janvier, 27 ans est propriétaire de son petit studio à une vingtaine de minutes de Bassin Bleu. Il a récemment suivi une formation en gestion d’entreprise d’artisanat, formation offerte à Jacmel par l’Unesco et la coopération internationale espagnole. Son commerce est en pleine expansion.

Entouré de ses créations, Frantz ne chôme pas. Ses objets en papier mâché sont très en demande pendant la saison du carnaval…. Une bonne adresse sur la route de Bassin Bleu…

Je suis reparti avec un sac rempli de trésors…

Avant d’arriver au premier des trois bassins qui forment l’ensemble de Bassin Bleu, les visiteurs, obligatoirement accompagnés d’un guide, doivent suivre un long sentier bordé d’arbres, de buissons et de plantes odorantes.

Incroyable biodiversité du lieu. On retrouve ici de l’acajou, des bananiers, des avocats, des figues, du cacao, des mandarines, des mangues, du corossol…

Débordant d’optimisme et d’énergie, Patso, au premier plan, guide intrépide pour une visite inoubliable au Bassin Bleu. A l’arrière-plan, le fidèle Junior…

Il y a aussi des colibris, des libellules… Heureusement, le périmètre de Bassin bleu est désormais protégé grâce à de multiples subventions provenant en majorité d’ONG internationales…

Le bassin palmiste (profondeur 15 mètres) premier des trois bassins d’eau turquoise approvisionnés par une série de sources et de chutes…

Grande surprise sur le sentier qui mène au deuxième bassin. Nous marchons tranquillement tous les trois lorsque Patso me demande poliment d’enlever mes sandales…

Il prend ensuite mon sac, le met prestement sur son dos puis, en quelques secondes, il déroule une longue corde, l’attache rapidement à un rocher et… se lance avec un grand rire dans le vide… en direction du bassin bleu!

Patso, heureux comme un poisson dans l’eau…

C’est bientôt à mon tour de le suivre… Ma descente est beaucoup plus… hésitante…

Rire jaune en descendant vers le bassin bleu. Profondeur du bassin: 57 mètres!

Le troisième bassin est le plus impressionnant…

Une magnifique chute se jette dans le bassin clair. Profondeur: 75 mètres!… Une légende raconte que les lieux sont peuplés de sirènes qui emportent quiconque essaie de plonger afin de mesurer la profondeur exacte des bassins…

Quelle aventure!… Le lieu est vraiment remarquable… Il faut malheureusement penser à rentrer….

Junior achète quelques provisions avant de quitter Bassin Bleu…

… et reprendre, en moto, le chemin de Jacmel…

La baie de Jacmel, vue du côté ouest cette fois, entre Bassin Bleu et Lavaneau, vendredi 19 janvier

Prochaine destination: Seguin, altitude 1800 mètres, petit village de montagne niché au coeur du parc national de La Visite… Une partie du film Kiskeya, mais où sont passés nos arbres? a été tourné dans la région. Ce sera ma troisième visite là-bas…

Petit déjeuner composé d’une omelette et de « patates douces »

Quels enseignements tirer de ces dix premiers jours passés à Jacmel?

Que le tourisme indépendant en Haïti, bien que difficile, est possible, et doit être encouragé. Le pays a accueilli l’an dernier environ 500 000 touristes. La plupart sont venus en voyage organisé. C’est dommage. En Haïti, ce type de voyage ne profite que très peu à la population.

Voyager de façon indépendante, c’est aider directement, par exemple, les chauffeurs de moto et les guides qui reçoivent sans intermédiaire leurs courses et leurs pourboires. C’est aider les artistes chez qui on s’arrête. Au lieu de subventionner « les boutiques de souvenirs » des grands hôtels.

Voyager indépendamment, c’est aller à la rencontre des Haïtiens et prendre avec eux les transports en commun qui se développent ici rapidement. Exemple: La Source Transport pour le trajet Port-au-Prince-Jacmel. Ou Transport Chic pour aller dans le grand sud, notamment aux Cayes.

Si l’on veut sortir des sentiers battus, et avoir, en Amérique, un petit goût de l’Afrique, conjugué à une double dose de culture créole et francophone, Haïti est une destination de choix.

Petite maison sur la route de l’étang Bossier

Pour terminer, quelques conseils.

Il faut ici, plus qu’ailleurs, soigneusement planifier son itinéraire, ses déplacements, vérifier et re-vérifier avec les hôtels ou les chambres d’hôtes les renseignements qui sont partagés.

Être prudent, comme partout en voyage, mais particulièrement dans la région de Port-au-Prince. Avoir impérativement un contact qui vous attend en arrivant à l’aéroport. Il est même possible, en attendant ses bagages devant le carrousel, d’emprunter un téléphone à quelqu’un et de rapidement confirmer son arrivée avec la personne qui vous attend à l’extérieur. La culture des téléphones portables est ici un vrai roman.

Bon voyage en Haïti!

Plat de poulet en sauce accompagné de millet, de banane mûre, et d’une salade

 

 

 

 

Lettre de Jacmel

Étrange sentiment de vivre depuis une semaine dans un pays que le président américain qualifie de « pays de m… » …

Cette insulte, abjecte, qui a fait le tour du monde, et qui résonne encore, a profondément blessé le peuple haïtien. Elle arrive au moment où la nation se recueille et commémore le huitième anniversaire du tremblement de terre de janvier 2010 qui a causé la mort de plus de 200 000 personnes.

Dans les conversations, les médias: l’émoi, la surprise, la colère.

Ci-dessous, quelques mots de l’éditorial du quotidien haïtien «Le Nouvelliste », daté du lundi 15 janvier.

« Donald Trump a stigmatisé tous les Haïtiens (…) Les démentis n’y feront rien. Notre réputation est affectée par les mots, le tollé et les dénégations comme peu de catastrophes ont pu le faire. Le séisme Trump est aussi puissant que celui de 2010 (…)

Chacun, suivant ses opinions, peut ne pas prendre toute la mesure du mal qui est fait à Haïti et à chaque Haïtien ces derniers jours. Il est immense. »

N’en déplaise au locataire actuel de la Maison Blanche qui, à ma connaissance, n’a jamais mis les pieds ici, Haïti, première république noire indépendante, n’est pas ce qu’il décrit.

Comme bien des pays, Haïti a des défis considérables à relever. La pauvreté. Les inégalités. La corruption. Le chômage. Une gouvernance défaillante. L’insécurité. Le manque de transparence des dirigeants. L’insalubrité.

Mais il y a aussi ici, envers et contre tout, tant de choses à célébrer!

L’histoire. La culture. La cuisine. La nature.

Le sourire, la gentillesse, le courage et la grande dignité des habitants.

Une des meilleures façons selon moi de corriger l’image d’Haïti, de combattre les préjugés haineux qui viennent de Washington ou d’ailleurs, c’est de venir dans le pays. Venir y passer quelques jours, seul, en couple ou en famille, en vacances, afin de rencontrer les Haïtiens. Apprendre à les connaître. À rire avec eux. À les aimer

Cette lettre est donc un appel.

Je vous invite à visiter cette île – complexe, envoûtante, déroutante – qu’on appelait autrefois « La Perle des Antilles ».

Dans le département du sud-est, Jacmel, fondée en 1698, est un ancien port de commerce de café et de canne à sucre. Après Port-au-Prince, Le Cap (Cap-Haïtien, au nord), Les Cayes (au sud), Gonaïves (dans l’Artibonite) et Jérémie (dans la Grande-Anse), Jacmel est une des plus importantes villes du pays.

Pour essayer de vous convaincre, voici un résumé, en images, de mes premiers jours dans le pays, à Port-au-Prince, et à Jacmel, dans le département du sud-est.

Port-au-Prince, mercredi 10 janvier. Retour chaleureux à la Guesthouse Eucalyptus qui m’accueille pour la troisième fois. Dans l’ordre habituel, Bruny, le chauffeur, Cacoune, la cuisinière et Calèbre, un des jeunes gérants de l’établissement.

La compagnie de bus La Source (Tel: (509) 4300 9525) assure plusieurs fois par jour une liaison sûre, directe et confortable entre le centre-ville de Port-au-Prince et Jacmel. Le trajet, en fourgonnette climatisée, coûte 225 gourdes ($3.50) et dure environ deux heures.

À mon arrivée à Jacmel, le jeudi 11 janvier, quelques souvenirs de Noël ornent encore les rues…

Petit Papa Noël, dis-nous, que vas-tu apporter à Haïti? Parce que…

L’excitation dans les rues de la ville est brusquement montée d’un cran, dimanche 14 janvier, avec l’ouverture officielle du Carnaval 2018…

Les premiers attroupements et défilés ont eu lieu en début d’après-midi le long de l’avenue Baranquilla qui mène à l’aéroport et aux plages…

J’ai aussi retrouvé à mon arrivée à Jacmel la merveilleuse cuisine haïtienne…

Plat de boeuf accompagné de « banane mûre », de piments rouges, de riz à pois et d’une salade

… et les rues de la vieille ville, très sûres, même le soir.

Avenue de La Liberté, Jacmel

Rue du Commerce, dans ce qui était autrefois le quartier des artisans et des commerçants de café. Jacmel a beaucoup souffert lors du séisme de 2010. Plus de 440 personnes ont perdu la vie

Première grande exploration en moto, lundi 15 janvier, en direction de Fort-Ogé et de Cap Rouge, deux villages de basse montagne situés à une quinzaine de kilomètres au nord-est de Jacmel…

Sur les hauteurs de Jacmel, au centre de la carte, les petites localités de Fort-Ogé et de Cap Rouge… Plus à l’est, le village de Seguin, au coeur du parc national La Visite, où je serai à partir de dimanche…

La route pour arriver à Fort-Ogé et Cap Rouge monte inlassablement au milieu des « mornes » (montagnes en créole).

La région, réputée autrefois pour son café, est magnifique. Les plantations ont malheureusement depuis longtemps disparu, remplacées par d’autres cultures plus faciles à gérer. La plupart des paysans vivent aujourd’hui, très pauvrement, à partir de petits lopins de terre où poussent du maïs, des pommes de terre, des carottes ou des oignons. D’autres élèvent sur leurs terrains des porcs, des chèvres…

Junior, 25 ans, né à Cap Rouge, fortement recommandé par mon hôtel, sera mon chauffeur et mon guide pour la journée et pour les prochains jours. Chauffeur de moto à Jacmel depuis cinq ans, sa famille vit toujours à Cap Rouge. Sur la route, tout le monde le connaît, le salue…

Le chemin rocailleux est vite suivi d’une piste de terre rouge qui grimpe à flanc de collines…

Altitude: environ 800 mètres. Sur la gauche, on aperçoit la baie de Jacmel

… avant de déboucher sur une piste qui mène au village de Fort-Ogé…

Le panorama est grandiose. Calme absolu. Il fait frais. Au bord du puits du village, un enfant attend un ami…

Il nous aura fallu une heure en moto pour arriver jusqu’ici… L’agitation de Jacmel est bien loin!…

À ma grande surprise, un homme, sur le chemin, à proximité du puits, nous aborde. Il est enseignant.

Après quelques mots, il m’invite chaleureusement à visiter son établissement, l’école primaire publique de Fort-Ogé, située à quelques pas. J’accepte avec plaisir!

Onze élèves seulement (sur 40) dans une des classes ce matin-là. Il a beaucoup plu la veille, m’explique-t-on, et certains chemins, au nord de l’école, sont impraticables. La plupart des élèves sont ainsi restés à la maison… ou sont partis travailler avec la famille dans les champs…

La visite des classes est bientôt suivie dune rencontre impromptue avec les enseignants et la directrice de l’école. La majorité des professeurs habite Jacmel. Pour eux, deux heures de trajet quotidien, en moto, beau temps/mauvais temps, cinq jours sur sept.

Les conditions de travail sont difficiles. Il faut souvent convaincre les parents, paysans pour la plupart, d’envoyer leurs enfants à l’école.

Salaire moyen des enseignants? 13 000 gourdes par mois (environ US$210). En guise de comparaison, les enseignants avec qui je travaillais il y a cinq ans au Rwanda gagnaient, eux, environ $US50 par mois. Le coût de la vie est beaucoup plus élevé en Haïti.

Deux enseignants et un membre du personnel de l’école primaire de Fort-Ogé réunis autour de la directrice, lundi 15 janvier.

Je suis aussi venu à Fort-Ogé afin de visiter une des pages glorieuses et méconnues de l’histoire d’Haïti. Ici, au-dessus de la baie de Jacmel, en 1805, l’année qui suit l’indépendance, le gouvernement construit un des nombreux forts (plus de 20) qui doivent protéger la jeune république d’une contre-attaque toujours possible des troupes françaises – défaites, avec éclat et panache, l’année précédente…

Haïti paiera cher cette indépendance acquise en 1804.

Le Fort Ogé, construit sur l’ancienne habitation de Benjamin Ogé, un colon français. Le fort tombe en ruines et a lui aussi beaucoup souffert lors du séisme de 2010. Un projet communautaire de réhabilitation est en cours.

Anciens canons dérobés aux colons français.

Le temps s’est brusquement dégradé pendant notre visite et nous devons abréger notre explorations du fort…

Sous une pluie fine, suivie d’éclaircies puis d’un grand soleil, nous quittons Fort-Ogé en direction de Cap Rouge… avant d’amorcer la longue et sinueuse descente vers le village des Orangers et gagner ensuite  Jacmel. La journée a été fantastique! Merci Junior. Et merci Haïti!

Paysanne sur le chemin magnifique qui relie Fort-Ogé à Cap Rouge…. Ci-dessous, nous poursuivons dans un décor de rêve notre longue descente vers Jacmel… La région a un énorme potentiel touristique, notamment pour ceux qui aiment la randonnée…

Un dernier mot. J’ai eu la chance d’assister à Jacmel cette semaine à la première édition du festival Les Lumières du Sud – festival consacré au jeune cinéma antillais, africain et francophone.  Une douzaine de films étaient à l’affiche.

Plaisir immense d’assister l’après-midi à l’Alliance Française de Jacmel et au centre-ville, en soirée, à la Place Toussaint Louverture, à plusieurs projections de grande qualité.

Deux films en particulier ont retenu mon attention. De Kiskeya à Haïti mais où sont passés nos arbres? (réalisé par Mario Delatour), et Ayiti Mon Amour, tourné en partie à Jacmel, déjà récipiendaire de plusieurs prix internationaux et candidat sérieux, dit-on, au prix du meilleur film étranger aux Oscars cette année. Croisons les doigts.

Vous pouvez voir des extraits de ces deux très beaux films en cliquant sur les liens en vert ci-dessus.

Bon cinéma! Et Bravo à tous les artisans du Festival!

Deux autres plats succulents dégustés cette semaine. Ci-dessus, poisson court-bouillon et gros sel assaisonné de piments, de citron vert et de gingembre, accompagné de pommes de terre, de riz et d’une salade.

Plat de cabri (jeune brebis) servi avec des frites et une salade

 

Jibacoa, Cuba

Comment résister, un matin pluvieux de novembre, à l’annonce habile d’une agence de voyages qui propose, à un prix défiant toute concurrence, pour le début du mois de décembre, un forfait tout compris de sept jours au bord d’une plage à Cuba?

Cuba, la plus grande île des Caraïbes, compte aujourd’hui plus de 11 millions d’habitants.

On réfléchit quelques minutes, on regarde son agenda, on vérifie que la plage en question est à une distance respectable (du ghetto touristique) de Varadero, on consulte sa compagne, on effectue quelques recherches supplémentaires…. et… quelques semaines plus tard… on se retrouve, au bord de la mer, sous un grand ciel bleu, à….

Vue d’ensemble du complexe hôtelier, à Jibacoa, où je me suis installé du 4 au 11 décembre

Pour ce quatrième voyage à Cuba, j’ai donc posé mes valises à Jibacoa, une petite localité située à une heure de route environ à l’est de La Havane, dans la province de Mayabeque.

Jibacoa (en haut à droite sur la carte), au nord de la province de Mayabeque. La côte nord de la province, proche de La Havane, accueille tout au long de l’année les familles cubaines qui viennent profiter des plages et des nombreux camps de vacances mis à la disposition des travailleurs méritants. Belle surprise d’apercevoir régulièrement sur la plage de mon hôtel, pendant la journée, des familles cubaines…

La plage de Jibacoa, lundi matin 11 décembre. La région, miraculeusement, n’a pas trop souffert de l’ouragan Irma qui a balayé les Caraïbes au début du mois de septembre.

Les choses ont bien changé depuis mon premier séjour à Cuba en 1996.

Je faisais partie cet été-là d’un groupe d’une quarantaine de bénévoles, un peu idéalistes, venus, des quatre coins du Canada, prêter main-forte à la révolution cubaine aux prises avec l’embargo américain.

Nous nous étions engagés dans une brigade de travail volontaire, « les Brigadistas », un mouvement de solidarité envers Cuba créé au début des années soixante par Che Guevara afin de soutenir et de mieux faire comprendre à l’étranger les principes de la révolution cubaine.

La formule des brigades était simple. Inviter à Cuba des sympathisants à la cause révolutionnaire et les plonger pendant trois semaines environ dans la réalité du pays: travail agricole aux côtés des paysans, visite des hôpitaux, des lieux historiques et culturels.

Cela avait été pour moi une expérience inoubliable.

Carte officielle de « Brigadista », travailleur bénévole à Cuba – juillet/août 1996.

Nous étions en 1996 basés dans une coopérative agricole située dans la province du centre de Ciego de Avila, loin des touristes (encore peu nombreux à ce moment-là) et des hôtels de la côte nord de l’île qui commençaient à peine à voir le jour.

La province (au centre, en vert) de Ciego de Avila, une des quinze provinces de Cuba.

Nous étions logés en dortoir, femmes d’un côté, hommes de l’autre, de façon assez sommaire, sur des lits de camps étroits, sans moustiquaire et sans eau chaude.

Dès sept heures le matin, nous étions en route, à pied ou en camion, vers les champs avec les campesinos, les paysans de la coopérative, qui deviendront, au fil des jours, nuestros companeros, nos camarades de travail.

Nous récoltions avec eux, dans des champs immenses, des melons, des oignons, des pommes de terre, de la canne à sucre parfois. Certains d’entre nous travaillaient à des projets d’irrigation.

Ciego de Avila, juillet 1996, dans les champs avec une des travailleuses de la coopérative.

Les journées étaient rudes. Dès huit heures, sous le soleil, les champs se transformaient en fournaise.

Après une courte pause pour le déjeuner, nous repartions l’après-midi pour deux ou trois heures de travail supplémentaire. Nous rentrions le soir, le visage couvert de sueur, de poussière, le corps endolori.

Fin d’une journée de travail, Ciego de Avila, août 1996. Nous travaillions dans les champs six jours sur sept.

Le soir, après le dîner, pris en commun, c’était la fête: musique, jeux, leçons de danse, dégustation de rhum…

Un dimanche du mois d’août, nous sommes partis, une centaine, dans des camions, en convoi, vers les nouvelles plages, à peine aménagées, de Cayo Coco, au nord de l’île.

Tous les membres de la coopérative étaient là. Les paysans et leurs familles, les responsables de l’administration, le médecin et les vétérinaires, les employés chargés de l’entretien des locaux et de l’équipement.

Tout le monde, sur le même pied, se côtoyait, sans distinction ni étiquette, partageant les mêmes camions et la même table du déjeuner dominical. Nous avons eu ce jour-là une belle leçon d’égalité et de justice sociale.

La troisième semaine, nous étions pris en charge, et invités par le gouvernement cubain à découvrir La Havane et ses environs. Nous logions dans un camp, à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Entre deux conférences, la visite de l’université ou d’un musée, nous fréquentions les cafés et les bars de la vieille ville de La Havane…

Août 1996 – La Bodeguita del Medio, bar-restaurant mythique du centre historique de La Havane, fréquenté autrefois par les écrivains et les hommes politiques (Ernest Hemingway, Pablo Neruda). Le lieu a bien changé aujourd’hui et est devenu un des rendez-vous incontournables des touristes qui visitent La Havane. Ils viennent y déguster de savoureux cocktails, dont le célèbre « mojito », né, dit-on, ici.

Que de souvenirs! Pour ceux que cela intéresse, ces brigades de travail volontaire avec Cuba existent toujours. Des départs sont organisés chaque année à partir de l’Europe ou du Canada

Rencontre avec une famille de fermiers aux alentours de Jibacoa, vendredi 8 décembre

La plupart des participants à ces brigades reviennent profondément changés par ce séjour à Cuba.

Une fois rentré au pays, avec le recul, devant l’abondance (et le gaspillage) des produits de consommation dans nos sociétés dites développées, une vérité, une évidence s’impose. Qu’on soit ou non d’accord avec les idéaux de la révolution castriste, il est possible de concevoir différemment le développement d’un pays.

Un pays où les citoyens ne sont plus automatiquement considérés comme des consommateurs ou des clients potentiels pour des objets ou des services dont ils n’ont pas besoin pour être heureux.

Un exemple parmi d’autres? La publicité à Cuba, dans l’espace public, est pratiquement inexistante.

Santa Cruz del Norte, une des principales villes de la côte nord de la province de Mayenbeque, dimanche matin 10 décembre.

Ce n’est pas ici mon propos de juger du succès ou de l’échec de la révolution cubaine.

En écoutant les habitants de la région de Jibacoa cependant, il est évident que la vie quotidienne des Cubains est aujourd’hui de plus en plus difficile. Surtout pour ceux (la grande majorité) qui ne travaillent pas dans l’industrie touristique et qui ne bénéficient pas des généreux pourboires laissés par les visiteurs. Pourboires souvent bien supérieurs au salaire mensuel moyen (environ CAN$40) de l’île.

Cavalier sur sa monture, à l’extérieur de Jibacoa, samedi 9 décembre, suivi, quelques minutes plus tard, par un couple sur une charrette…

Depuis la disparition ou la chute des alliés traditionnels (l’ex-URSS et le Venezuela), les Cubains ont de  plus en plus de mal à boucler leurs fins de mois.

Les subventions du gouvernement pour les produits de base dont dépendent les familles – le riz, les haricots, le sucre, le café, le sel, l’huile – sont réduites chaque année.

Le coût de la vie augmente. Chaque Cubain doit se débrouiller comme il le peut en faisant du troc, en proposant des services, ou en servant d’intermédiaire.

Santa Cruz del Norte, dimanche 10 décembre. Ci-dessous, la rue principale du centre-ville…

D’un autre côté, certains chiffres sont éloquents. Le taux d’alphabétisation à Cuba est de 99%. L’éducation, les soins de santé sont gratuits. Il n’y a pas ici comme chez nous des centaines de sans-abris qui errent dans les rues.

Une des rues du centre-vile, Santa Cruz del Norte…

La grande majorité des Cubains peut compter sur un revenu mensuel minimum. Les logements sont fortement subventionnés. La liberté d’expression progresse. Il y a, dans les rues ou dans les villes, peu d’actes de violence. Personne ne meurt de faim. Les inégalités sociales, économiques, entre les citoyens, les familles, sont (en général) minces.

À chacun de se faire son opinion.

Écoliers dans les rues de La Havane, jeudi 7 décembre

On assiste aussi à Cuba, depuis deux ou trois ans, à un phénomène nouveau. Après de longues années d’exil, de nombreux Cubains décident de rentrer au pays. Beaucoup reviennent déterminés à profiter de la (très lente) libéralisation de l’économie.

Ils proposent et gèrent des « casas particulares », des chambres d’hôtes destinées aux touristes et répertoriées sur des sites comme Airbnb. D’autres ouvrent des boutiques ou se lancent dans la restauration. De nouveaux petits restaurants voient le jour, notamment à La Havane…

Ces nouveaux entrepreneurs, souvent formés à l’étranger, mais désabusés, et peu enclins à y vivre de façon permanente, partagent un désir commun. Celui de retrouver, sous le soleil, leur pays, leur langue, leur culture, leurs racines – un rythme et une façon de vivre qui correspondent mieux à leurs aspirations.

Chevaux entre Jibacoa et Santa Cruz del Norte, dimanche 10 décembre. Ci-dessous, images typiques de véhicules (souvent des taxis) sur les routes cubaines…

Entre Jibacoa et Santa Cruz del Norte…

Sur la route de La Havane…

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai retrouvé cette semaine, après vingt ans d’absence, les rues animées et les quartiers de La Havane.

La Havane où j’ai eu la chance de me promener pendant plusieurs heures, jeudi, émerveillé, fasciné, transporté comme autrefois par l’ambiance toute particulière de la ville et par l’élégance de ses habitants.

Touché aussi par la tristesse qu’on lit dans certains regards.

Par la pauvreté, la détresse, le combat quotidien pour survivre.

Voici donc ci-dessous une vingtaine de scènes de rues et de visages croqués sur le vif sur les trottoirs de la capitale, le jeudi 7 décembre.

À tous les « Habaneros » rencontrés ou croisés ce jour-là, « Gracias ». Avec tout mon respect.

 

Quel avenir pour Cuba?

On célèbre ici cet automne deux événements importants. Le premier anniversaire de la mort du Comandante Fidel, disparu en novembre dernier. Et le 50è anniversaire du décès du « Che », traqué et abattu en Bolivie en 1967.

Ernesto Che Guevara en compagnie de Fidel Castro, en décembre1959 ou janvier 1960.

À la tête du pays, Raoul Castro, 86 ans, a annoncé il y a quelques mois son retrait de la vie politique, et son départ, pour 2018.

Tiendra-t-il parole?

Qui lui succédera?

À quoi ressemblera Cuba dans dix ou vingt ans?

Difficile d’anticiper l’avenir d’une île qui a depuis bientôt soixante ans défié tous les pronostics. Difficile également de prédire la fin d’un régime qui a, depuis Kennedy, résisté et survécu à tous les présidents américains – y compris au (dangereux) bouffon actuel.

De mon côté,  je serais bien resté une, deux ou trois semaines de plus à Cuba, en voyageant indépendamment cette fois, direction est, vers Santiago de Cuba, où je suis resté trop peu de temps en 2006, et surtout vers Baracoa que je ne connais pas encore. Ce sera pour une autre fois. Un cinquième voyage.

J’ai cependant été extrêmement heureux d’avoir eu pendant quelques jours la chance de plonger et me baigner de nouveau dans l‘ambiance chaleureuse de Cuba et des Caraïbes.

Avant de retrouver, le mois prochain, Haïti.

JOYEUX NOËL ET BONNE ANNÉE À TOUS

(Cliquez sur le lien ci-dessus pour nos voeux – très rythmés! – de Noël!)

Lectures de décembre

 

René Depestre (né en 1926) écrivain haïtien, originaire de Jacmel. Depestre a passé vingt longues années à Cuba (1959-1978), en exil, où il rencontre, notamment, Che Guevara, avec qui il a de nombreux entretiens. En 1988, il gagne le prix Renaudot. Il obtient peu après la nationalité française, et s’installe avec sa famille dans un petit village du Languedoc-Roussillon. « Le métier à tisser » retrace son itinéraire, ses rencontres et ses souvenirs « du roman-fleuve de ma traversée du vingtième siècle ». Passionnant.

 

 

Anne Sinclair brosse le portrait de son grand-père maternel, Paul Rosenberg, grand marchand parisien de tableaux impressionnistes et amateur d’art moderne, ami de Picasso et Matisse. Paul Rosenberg, juif, doit en 1940 abandonner sa galerie (rue de La Boétie) qui sera en partie pillée par les Nazis. Il s’installe à New York (où naît plus tard Anne Sinclair) et ouvre une seconde galerie. Souvenirs et drames d’une grande famille bourgeoise. Et portraits intimes des artistes (notamment Picasso) que côtoie la famille.

 

 

 

Au-revoir, Cuba!

En Pays catalan

Dans le département des Pyrénées-Orientales, l’abbaye de Saint-Martin du Canigou, perchée au-dessus du village de Casteil, à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Prades, mardi 8 août.

Après le merveilleux été passé, il y a deux ans, dans la région de St-Jean-Pied-de-Port, au Pays basque, quel bonheur de retrouver la belle lumière des Pyrénées dans la petite ville de Prades, située à une heure de train environ à l’ouest de Perpignan.

Prades, ancienne ville fortifiée, fondée au 9è siècle. La ville a accueilli en 1939 et 1940 des milliers de réfugiés espagnols et italiens fuyant les régimes fascistes de Franco et Mussolini. Prades abrite aujourd’hui un centre universitaire de recherche et d’enseignement dédié à la langue et la culture catalanes

Le département des Pyrénées-Orientales. Au centre, Prades, où nous nous sommes installés du 6 au 13 août…

Nous sommes cette fois en Pays catalan. Dans les rues, sur les marchés ou aux comptoirs des cafés, l’accent est différent de celui de Montpellier ou de Béziers. Sur les sentiers qui sillonnent l’arrière-pays du Conflent, autour de Prades, et qu’empruntent les nombreux visiteurs, venus d’Espagne, le catalan est présent, presque partout.

Quelques exemples?

Bonjour = « Bon dia », bonsoir = « bona tarde », bonne nuit = « bona nit ».

Comment vous appelez-vous? = « Com es diu? »

Je ne comprends pas, pourriez-vous répéter SVP? = « No ho entenc. M’ho pot repetir si us plau? »

Deux ou trois rencontres à notre arrivée ont suffi à confirmer que nous ne sommes plus ici dans le midi de Sète ou de Marseille, dans le midi de Pagnol ou de Daudet, mais dans un pays culturellement bien particulier: la Catalogne française.

La Principauté de Catalogne avant son annexion à la Couronne de France, en 1659.

L’Estrelada, le drapeau indépendantiste catalan

Comme le montre la carte à gauche, la région autour de Perpignan (Perpinyà en catalan) et de Prades (Prada) a longtemps appartenu à un gouvernement de langue et de culture catalanes.

Et aujourd’hui encore, des deux côtés de la frontière, les Catalans revendiquent leur autonomie.

Côté espagnol, après un premier référendum perdu l’an dernier, une seconde consultation sur l’indépendance du territoire catalan est prévue le 1er octobre.

Côté français, les partisans de la Catalogne du Nord ne renoncent pas à leur rêve de vivre, un jour, dans une région autonome.

Plusieurs radios diffusent ici des programmes culturels et d’informations en catalan. L’apprentissage du catalan est, depuis 1993, une option pour les étudiants dans certains établissements des Pyrénées-Orientales. Et le nom des rues, des édifices est dans la région systématiquement affiché dans les deux langues. Cela suffira-t-il?

À l’extérieur de Prades, une partie du massif du Canigou dont la présence est célébrée dans la culture catalane.

Après la magnifique journée passée en vélo le long du canal du midi, nous avons eu le grand plaisir de retrouver comme prévu, le mardi 8 août, sur le marché de Prades, nos amis Annie et Stephen, venus de Perpignan…

Le grand marché du mardi de Prades. Un second marché a lieu le samedi matin.

Les producteurs de la région du Conflent viennent chaque semaine proposer leurs produits, Place de la République… Ces jours-là, même les boulangeries de la ville sont en fête…

L’accueil toujours souriant de la boulangerie Justinette, rue Jean Jaures, à Prades.

Une fois les courses terminées – au milieu de joyeuses conversations – nous avons partagé, dans le jardin de la petite maison que nous occupons pour la semaine, un beau pique-nique champêtre, composé en partie de spécialités catalanes…

Dans le jardin de notre petite maison, rue du Palais de Justice, à Prades. mardi 8 août…

La fougasse, une brioche catalane à la crème ornée ici d’abricots. Merci Annie et Stephen!

Le fouet paysan, un saucisson sec prisé en Pyrénées-Orientales

C’est aussi sur les conseils de nos amis que nous sommes partis le lendemain en randonnée sur la voie catalane des Chemins de St Jacques de Compostelle…

… en direction du petit village de Codelet où est située l’abbaye bénédictine de Saint-Michel de Cuxa, « lieu de prière, de travail, d’art » qui accueille depuis le 9è siècle visiteurs et pèlerins. Sur le chemin qui mène à l’abbaye, des champs impeccablement cultivés où poussent au soleil pêches, pommes, poires, cerises et mûres. Le paysage est magnifique.

L’abbaye bénédictine de Saint-Michel de Cuxa dont la construction a débuté au 9è siècle

Après la messe quotidienne célébrée à midi, nous avons pu brièvement converser avec les moines de l’abbaye, en route pour leur déjeuner, et revêtus simplement de leurs habits de travail.

En tenue de travail après avoir célébré la messe, les deux moines de l’abbaye Saint-Michel de Cuxa en conversation avec Diana. Le premier, à gauche, est originaire de la région de Milan. Le second, à droite, le vin de la messe encore à la main, a grandi en Alsace. Ils vivent et oeuvrent tous les deux à l’abbaye depuis plus de quarante ans.

Ils ne sont plus que deux à vivre dans l’abbaye. Mis à part le service d’accueil et la boutique de souvenirs, les moines s’occupent de tout: des jardins, du potager, de la vigne qui pousse derrière l’abbaye. Ils préparent leur nourriture, célèbrent les messes, ils tondent même le gazon!… Après plus de quarante ans au service de la communauté, qui prendra leur place ensuite?…

Sur le chemin de l’abbaye Saint-Michel de Cuxa

Cela passe vite, trop vite, une semaine à Prades!

Le petit train jaune au départ de la gare de Villefranche-Vernet-les-Bains, vendredi 11 août

Une des attractions incontournables de la région est sans aucun doute le petit train jaune qui relie plusieurs fois par semaine, depuis 1903, au coeur des Pyrénées, la petite ville de Villefranche de Conflet au village de Latour de Carol. Village situé à proximité de Font Romeu où s’acclimatent et s’entraînent depuis de longues années les athlètes français de haut niveau.

Pendant la saison estivale cependant, trouver une place à bord du train jaune n’est pas toujours facile! Il est préférable de prendre à la gare de Villefranche le train de 9 heures plutôt que celui de 10 heures, souvent bondé.

À quelques kilomètres de la frontière espagnole, le petit train jaune poursuit dans les Pyrénées son ascension vers des villages de haute montagne, comme Mont Louis ou La Cabanasse, qui ont longtemps été inaccessibles par la route…

À une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Prades, le petit village de La Cabanasse, à l’horizon, au pied des Pyrénées, vu du village de Mont Louis, vendredi 11 août

C’est presque déjà le moment de quitter Prades!… Avant de partir, nous avons eu la chance d’assister à un dernier événement, « Le concert des étudiants » présenté dans le cadre du festival Pablo Casals – festival qui réunit pendant deux semaines, tous les étés, des musiciens du monde entier…

Composition de Mozart (2è mouvement, quintette K581) interprétée par cinq jeunes musiciens venus du Japon, du Royaume-Uni, de la France et d’Israël, rassemblés le samedi 12 août à l’église St-Pierre de Prades.

Départ tôt dimanche 13 août en direction de Toulouse où nous attend notre amie Christiane, avec qui j’ai eu la chance de travailler, entre 2012 et 2013, au Rwanda. Accueil extrêmement chaleureux dans son domicile du quartier de La Terrasse où résident également, pour quelques jours, deux autres amis, originaires du Danemark et du Japon.

Autour de la belle table dressée tous les soirs, rires, souvenirs de voyage et un somptueux buffet préparé par les fées de la maison…

Beaux moments de rencontres et de partage, dimanche 13 août, chez notre amie Christiane (à droite)

Grâce à la talentueuse logistique de Christiane, nous avons aussi eu la chance d’effectuer, le jour de notre arrivée, une très intéressante visite guidée des principaux monuments et quartiers de la ville qu’on appelle « la ville rose ». En raison de la couleur particulière des bâtiments construits, à l’origine, d’argile et de briques romaines qui, une fois cuits, prenaient une teinte rosâtre…

Aperçu du quartier Saint-Étienne à Toulouse, dimanche 13 août. Après Paris, Marseille et Lyon, Toulouse est aujourd’hui la 4è ville de France….

Sentier sur l’île de Salina, dans les îles éoliennes, juin 2017.

Difficile de réaliser que mon périple de trois mois en Italie et en France se termine déjà. Le temps est passé si vite! Et tant de choses vont nous manquer en France!

Un exemple parmi d’autres? Le code exquis de la politesse et du savoir-vivre requis dans les échanges quotidiens, dans les boutiques, les magasins, les boulangeries, les marchés… Ce qui, dans la conversation, donne à peu près ceci: « Bonjour Monsieur, bonjour Madame… Vous désirez?… Et avec ceci?… Ça sera tout?… Merci, et au-revoir, monsieur, au-revoir, madame… Bonne journée!… À vous aussi!… Au-revoir« .

Imagine-t-on le même rituel, répété plusieurs fois par jour, dans les grandes villes d’Amérique du Nord?

Avant de reprendre avec Diana cet après-midi l’avion pour Vancouver, je tiens à remercier tous ceux et celles croisés sur la route depuis mon départ du Canada, le 23 mai.

Je tiens en particulier à remercier:

Mon frère Alix compagnon de voyage généreux, attentionné et prudent lors de nos deux semaines de randonnées et de découvertes en Sicile. Merci Alix!

Notre amie Josiane à Vancouver qui, la première, il y a bien longtemps, nous a mis la puce à l’oreille et éveillé notre curiosité à propos de la ville Sète. Qu’elle en soit remerciée! Merci, Josiane!

Merci également à Annie et Stephen de nous avoir si amicalement guidés dans ces grandes et belles journées d’exploration dans ces régions magnifiques du sud-ouest de la France.

Marianne, perdue de vue depuis bientôt vingt ans, venue si gentiment de Bruxelles passer quelques jours de vacances à Sète

Merci à Monsieur et Madame Ouaki qui par leur bienveillance et leur chaleureuse présence ont illuminé notre séjour à Sète.

Merci à Agnès dont la gentillesse et la prévenance à Prades, nous ont beaucoup touchés. Merci d’avoir mis à notre disposition la maison et le merveilleux jardin du « Merle du Matin ».

Merci enfin infiniment à Christiane qui nous a si généreusement accueilli chez elle à Toulouse et nous a offert son amitié.

Dans le quartier de La Plaine, à Toulouse, lundi 14 août

 

 

Sète

Le canal du midi, au sud de Béziers, vendredi 28 juillet. Photo Stephen Cassels.

Quelle incroyable expérience de vivre pendant trois semaines, au cœur de l’été, dans la région de Sète! Et découvrir, un peu plus chaque jour, avec enchantement, la culture fascinante du midi de la France!

Au bord de la Méditerranée, la ville de Sète appartient aujourd’hui à la nouvelle région Occitanie-Pyrénées-Méditerranée (baptisée autrefois Languedoc-Roussillon)

Premier port de pêche français en Méditerranée, la ville de Sète se transforme pendant la saison estivale en une palpitante cité festive. Pour le plus grand bonheur des voyageurs! Entre la mer, le soleil, les marchés, la dégustation de produits locaux, les plages, le vélo et l’accent du midi, le visiteur, comblé, ne sait souvent plus où donner de la tête!

Grand marché du mercredi, Sète, 26 juillet.

Sète est aussi renommée pour les nombreux festivals qui animent, l’été, les rues et les canaux du centre-ville. L’événement le plus connu est sans doute le tournoi de joutes nautiques qui attire entre la mi-juin et septembre des milliers de curieux.

Tournoi de joute sur un des canaux du centre-ville de Sète, samedi 29 juillet

Sport très ancien, pratiqué autrefois par les Égyptiens et les Romains, le tournoi de joutes oppose deux équipes de 8 à 10 rameurs, vêtus de blanc. Sur chacune des barques, sur une plate-forme située à trois mètres au-dessus du niveau de l’eau, est juché le jouteur.

Une première passe d’honneur avant le début du tournoi

Une fois le signal donné, les deux bateaux s’élancent et les jouteurs, la poitrine protégée par un bouclier (le pavois), tentent, lorsque les bateaux se croisent, de se faire tomber à l’eau avec une lance de bois à bout ferré.

Le choc des lances contre le pavois est souvent violent…

Le tournoi, accompagné de musique traditionnelle et de fanfares basées dans les tribunes, est spectaculaire. Et est devenu à Sète une véritable institution.

Célébration d’un club de jouteurs, coiffés de leurs canotiers, place Aristide Briand, Sète, samedi 29 juillet

Un autre événement réunit à Sète tous les étés des poètes et des musiciens venus de toute la Méditerranée. Dans le cadre du Festival des Voix Vives, artistes et écrivains du Portugal, de la Syrie, du Maroc, du Liban, de la France, de la Palestine et d’ailleurs partagent, de l’aube à la nuit tombée, dans les rues et sur les quais de la ville, leurs mots, leurs voix et leurs musiques. Les spectacles sont saisissants.

Nous avons eu la chance d’assister dans notre quartier, du 22 au 29 juillet, à deux pas de notre appartement, à des représentations exceptionnelles.

La chanteuse Ana Lains, du Portugal, samedi 22 juillet

L’auteur-compositeur et interprète Nada Almahdi, du Maroc, jeudi 27 juillet

J’aimerais saluer ici le travail des bénévoles du festival que nous avons vu travailler d’arrache-pied toute la semaine. Et saluer aussi la vision des autorités de la ville qui offrent depuis huit ans aux visiteurs et aux Sétois un festival remarquable et fraternel « qui relie les mots, les hommes et les continents. »

Maryse sert avec le sourire depuis plus de 60 ans ses clients dans la boulangerie familiale (notre préférée!) de la rue Longuyon à Sète. On peut aussi y déguster le « pain paillasse » (à droite) ou de la tielle (ci-dessous) un plat délicieux composé de poulpe, de tomates, d’ail et d’oignons enrobés d’une pâte faite au beurre….

La tielle, une spécialité sétoise, héritée des pêcheurs italiens et espagnols.

D’un côté plus personnel, ces trois semaines passées à Sète m’ont aussi permis de retrouver une amie et une ancienne collègue du Vietnam perdue de vue depuis bientôt vingt ans.

Quelle joie de revoir Marianne, conseillère pédagogique hors-pair, rencontrée au Vietnam en 1997, qui m’a tant aidé et conseillé dans mon travail de coopérant à l’université de Dalat. Marianne qui a eu la lumineuse et généreuse idée de venir, depuis Bruxelles, passer quelques jours de vacances cet été à Sète. Merci, Marianne!

Nous avons eu le grand bonheur un matin de visiter ensemble l’Espace Brassens, le très beau musée dédié à la mémoire de l’auteur-compositeur né, comme Paul Valéry et Jean Vilar, dans la ville de Sète…

Le poète, auteur-compositeur Georges Brassens (1921-1981)

L’écrivain Paul Valery (1871-1945)

 

 

 

 

 

Le comédien et créateur du Festival d’Avignon, Jean Vilar (1912-1971)

 

 

 

 

Sète, vue du Mont St-Clair. À gauche, le bassin de Thau.

Nos journées ont été bien remplies à Sète! Nous avons adoré découvrir les différents quartiers de la ville –  la Pointe Courte, le Barrou, le Mont St-Clair, les Pierres Blanches, la Corniche, le Quartier-Haut, les Quilles. Quartiers entièrement distincts les uns des autres, modestes en général près de la mer, plus cossus sur les hauteurs.

Quartiers qui donnent à Sète un cachet tout particulier. Celui d’une ville balnéaire, populaire et portuaire. Grande ouverte sur la Méditerranée. Comme en témoignent les immenses navires qui relient, l’été, plusieurs fois par semaine, Sète aux ports du Maroc, de l’Espagne, de l’Égypte…

Du balcon de notre appartement situé dans le quartier-haut, vue partielle sur le port et les toits de Sète…

La rue Paul Valery qui monte jusqu’à notre appartement. Le quartier-haut ressemble beaucoup aux villes italiennes du sud. C’est dans ce quartier qu’a vécu, enfant et adolescent, Georges Brassens avec sa famille. Sète est aujourd’hui une ville particulièrement prisée par les retraités qui disposent ici d’un cadre de vie et d’un climat agréable. Les loyers sont abordables, la criminalité, faible. Les seniors ont aussi accès à Sète à tous les services qu’offre une ville de taille moyenne. Lorsqu’on vieillit à Lille ou à Paris, cela fait beaucoup d’atouts.

Journées mémorables également passées, en vélo, sur les nombreuses pistes cyclables de la région…

La piste cyclable (25 kms) qui longe la Méditerranée entre Sète et le Cap-d’Agde, lundi 24 juillet. À l’horizon, on aperçoit le Mont St-Clair, la colline qui surplombe la ville de Sète. On cultive aussi de la vigne près de la plage d’où est extrait « le vin des sables » ou « le vin gris », un rosé particulièrement apprécié dans la région.

Nous avons d’abord exploré la longue piste qui relie, entre le bassin de Thau et la mer méditerranée, la ville de Sète au Cap d’Agde. Nous avons parcouru ce jour-là trente-deux kilomètres (a-r) jusqu’à la petite station balnéaire de Marseillan-Plage, avant de revenir sur Sète. Paysage féerique. Très peu de monde sur les plages. Où sont les touristes? « Ils arrivent dans quelques jours, au début du mois d’août« , nous dit-on… Nous irons vérifier cette semaine…

En compagnie de nos amis, Annie et Stephen, sur les berges du canal du midi, entre Portiragnes-Plage et Béziers. Une journée magnifique!

Randonnée de rêve le 28 juillet le long du canal du midi! Après avoir pris le train tôt le matin pour Béziers (à vingt minutes de Sète), nous avons rejoint nos amis, Annie et Stephen, à RelaxBikeTours, une excellente boutique de location de vélos, située à deux pas de la gare de Béziers. Service impeccable sous la houlette d’Isabella, une universitaire américaine, originaire de l’Alabama, qui habite et travaille à Béziers avec son mari depuis six ans.

Isabella, avec Diana, qui gère Relax Bike Tours. Une excellente adresse pour ceux intéressés à explorer, en vélo, le canal du midi, à partir de Béziers. Service efficace et vélos de grande qualité. Merci, Isabella!

Direction: le mythique canal du midi, conçu et construit au 17è siècle par l’entrepreneur Pierre-Paul Riquet, sur les ordres de Louis XIV, afin de relier la Garonne à la Méditerranée.

Cela fait des années que je rêve de découvrir le canal qui est aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’Unesco.

Nous n’avons pas été déçus.

Nous avons vendredi avalé une quarantaine de kilomètres (a-r) le long du canal avec un grand sourire sur le visage! Une fantastique journée de voyage, de découverte, de partage, à marquer d’une pierre blanche. Merci Stephen et Annie!

Trois images du canal du midi entre Béziers et Portiragnes-Plage… Une de nos plus belles journées de vacances!

Ci-dessus, courte pause de Stephen devant le canal et, ci-dessous, Diana et Annie sur le chemin du retour à Béziers…

Nous partons ce matin pour la journée à Montpellier (à quinze minutes de train de Sète – merci la SNCF!). Et départ dimanche comme prévu pour l’avant-dernière étape de notre voyage: la petite ville de Prades, située dans les Pyrénées-Orientales, à une heure de train environ à l’ouest de Perpignan.

Depuis Prades, nous rejoindrons ensuite, en train, le 13 août, Toulouse, où nous serons très gentiment hébergés chez notre amie Christiane…

Nous passons vraiment cet été dans le sud de la France des vacances inoubliables. Il y a tant à voir, à faire, à déguster, dans cette somptueuse région du sud-ouest. Trois semaines à Sète, cela passe très vite, trop vite!

Bonne fin d’été à tous!

Un de nos pique-niques à Sète

Entre Belleville et Ménilmontant

À l’est de Paris, entre le parc des Buttes-Chaumont et le cimetière du Père-Lachaise, les quartiers de Belleville et Ménilmontant.

Cela fait plus de dix ans que je viens tous les ans à Paris vivre quelques semaines dans le quartier de Belleville ou celui, voisin, de Ménilmontant. La plupart des touristes ne mettent jamais les pieds dans ces quartiers populaires de l’est de la ville. Trop excentrés. Peu de monuments à voir ou de musées à visiter.

Rue de Ménilmontant, mercredi 21 juin

Si les vacanciers s’aventurent jusqu’ici, c’est souvent en quête du petit frisson qu’ils ressentent, assis timidement à la terrasse d’un café ou à la table d’un bistrot. Le sentiment de vivre un instant à Paris dans un monde bigarré, métissé. Vaguement dangereux. Dans un de ces quartiers dits « sensibles » qui fascinent et effraient les étrangers.

La rue du Faubourg du Temple, jeudi 6 juillet. Ci-dessous, le boulevard de Belleville, un jour de marché

Ceux, de plus en plus nombreux, qui connaissent et aiment la vie animée de ces deux quartiers savent cependant que derrière l’agitation de la rue et les portes closes des immeubles se cache un monde plus feutré, presque secret. Où le promeneur découvre des passages silencieux, des cours intérieures, de petits jardins, des oasis insoupçonnées…

Villa de l’Ermitage, Ménilmontant

Derrière les facades des immeubles, on retrouve à Ménilmontant ou à Belleville des îlots de calme et de verdure, les deux quartiers ayant gardé à Paris leur âme de village…

Aux portes de Paris, Belleville et Ménilmontant partagent une longue histoire de révolte et d’insurrection…

Avant d’être annexés à la capitale en 1860, les deux faubourgs, situés sur une colline, sont peuplés d’ouvriers, d’artisans. On vote à gauche. Les premiers syndicats voient le jour ici.

En mai 1871, les barricades sur les hauteurs de Belleville sont les dernières à tomber lors de la Commune.

Mai 1871, Boulevard de Belleville.

Au tournant du siècle, les deux villages, plantés de vignes, sont des lieux de promenade et de plaisir appréciés des Parisiens. Qui viennent aussi le soir s’encanailler dans des guinguettes et se rassasier de vin bon marché.

Ménilmontant, 1947. Photo Willy Ronis.

La tradition se poursuivra longtemps.

Rue du Pressoir, 1957. Photo Gérard Lavalette – « Le Belleville que j’aime avec ses mecs sapés comme des arsouilles, des anars… » (G.L.)

Dans ces deux quartiers éloignés du centre et des grands boulevards de la capitale, les conditions de vie sont souvent précaires. Des îlots d’habitation, insalubres, peuplés de familles, d’enfants, font bientôt leur apparition. Ils seront, plus tard, détruits.

Devant un café de Ménilmontant, 1947. Photo Willy Ronis.

Ménilmontant, 1957. Photo Janine Niepce.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est aussi à Belleville et à Ménilmontant qu’affluent, à la fin de la première guerre, les premiers migrants. Polonais, Arméniens, fuient les combats et se réfugient avec leurs familles dans le Bas-Belleville. Ils travaillent le cuir, le bois, le fer. Ils sont bientôt suivis par les Italiens, les Espagnols… Les Algériens, les Tunisiens viendront ensuite… La population des deux quartiers explose. Parmi les nouveaux-venus, des noms et des visages qui seront plus tard très connus…

Au 72 rue de Belleville…

Une importante communauté asiatique vit également à Belleville depuis trente ans. Et aujourd’hui, le monde entier se donne rendez-vous ici. En particulier les jours de marché, le mardi et le vendredi, où les deux quartiers, véritables tours de Babel, sont réunis dans une atmosphère de fête entre la rue de Belleville et la rue de Ménilmontant.

Le contraste avec les « beaux quartiers » du centre est frappant. Les enseignes des grandes compagnies (Starbucks, Gap) qui défigurent peu à peu les quartiers historiques de Paris sont pratiquement absentes à Belleville ou Ménilmontant.

Ici priment la vitalité du commerce de proximité, la vie de quartier et la chaleur des échanges entre clients et petits commerçants – cordonniers, épiciers, tailleurs, bouchers, maraîchers qui bien souvent oeuvrent depuis des années, en famille, dans la même boutique. Cette intimité dans les rapports quotidiens (qui a disparu dans les quartiers du centre) n’a pas de prix. C’est une des raisons pour lesquelles nous revenons.

Rue du Faubourg du Temple

C’est à partir de ces deux arrondissements (le 19è et le 20è) qu’on peut, à mon avis, faire parmi les plus belles, les plus étonnantes promenades dans Paris. Entre le parc des Buttes-Chaumont et le cimetière du Père-Lachaise, les possibilités sont presque infinies…

Pour ceux qui aiment flâner loin des sentiers battus et découvrir des rues ou des quartiers insolites, voici trois suggestions d’itinéraires dans le Paris populaire d’autrefois et celui, transformé, multiculturel, d’aujourd’hui.

Montmartre et le Sacré-Coeur, vus de la Butte Bergeyre dans le 19è arrondissement.

Avant de chausser vos espadrilles cependant, un conseil. Prendre son temps, ne pas hésiter à se perdre dans les petites rues transversales. S’arrêter un moment pour souffler dans un parc ou au comptoir d’un café. Tout cela est fortement recommandé.

Passage Pinton, dans le quartier de la Mouzaïa, dans le 19è arrondissement

#1 – Du cimetière de Belleville (le point culminant de Paris avec Montmartre), rejoindre la station de métro Télégraphe et descendre la rue de Belleville jusqu’au boulevard de Belleville.

En chemin, musarder dans les boutiques, les boulangeries et les nombreuses librairies du « Village Jourdain ». Visiter l’église Saint-Jean-Baptiste de Belleville. Franchir la rue des Pyrénées (le parc des Buttes-Chaumont est à 5 minutes de marche, sur la droite) et descendre jusqu’au boulevard (et métro) de Belleville.

On laisse ici le 19è (et le 20è) arrondissement.

Continuer ensuite tout droit le long de la rue du Faubourg du Temple jusqu’à la place de la République. Le canal Saint-Martin est à deux pas, sur la droite.

On peut poursuivre la promenade jusqu’au quartier latin en suivant la rue des Archives (ou la rue Vieille du Temple) jusqu’à la rue de Rivoli et l’Hôtel de Ville.

Traverser ensuite la Seine et arriver au boulevard Saint-Michel. C’est, en partie, le chemin que je parcours tous les matins afin de rejoindre La Sorbonne. (1 heure 15 environ).

Métro Belleville, mercredi 21 juin.

#2 – Du métro Gambetta (sortie Martin Nadaud), emprunter la rue des Rondeaux qui longe le cimetière Père-Lachaise. Tourner à gauche au bout de la rue des Rondeaux et emprunter la rue Stendhal jusqu’à l’église Saint-Germain de Charonne, construite au Moyen-Âge, une des plus anciennes et (à mon avis) une des plus belles églises de Paris, avec son petit cimetière.

Le quartier Saint-Blaise et l’église Saint-Germain de Charonne, mercredi 12 juillet.

Poursuivre la promenade dans le quartier St-Blaise, situé en face de l’église, un des plus vieux quartiers de la capitale, méconnu. La chanteuse Barbara y a vécu.

Terminer la promenade (hors du 20è arrondissement) en descendant la rue de Charonne jusqu’à la place de la Bastille. Détour recommandé au marché Aligre, dans le 12è, un des plus animés de Paris, ouvert 6 jours sur 7. (2 heures).

#3 – Du parc des Buttes-Chaumont, emprunter la rue de Mouzaïa et se perdre dans les petites ruelles bordées de villas et de jardins. Terminer la promenade au parc de la Butte Rouge. (1 heure).

Revenir sur ses pas et, à partir du parc des Buttes-Chaumont, descendre la rue de Crimée jusqu’au bassin de la Villette où le promeneur a deux options. Tourner à droite et poursuivre la promenade le long du canal de l’Ourq.

Ou tourner à gauche et rejoindre le centre-ville par les berges du canal Saint-Martin. (1 heure)

La Seine et l’île Notre-Dame vues du pont Louis-Philippe.

Diana m’a rejoint à Paris et je commence demain, rue Serpente, dans le quartier latin, ma deuxième semaine de cours à la Sorbonne. Semaine consacrée aux identités françaises. Cela sera passionnant.

Nous partons comme prévu dimanche 16 juillet pour un long séjour dans le sud-ouest de la France. Au programme, trois semaines à Sète, au bord de la Méditerranée, avant de poursuivre notre exploration de la région Languedoc-Roussillon (rebaptisée depuis peu Occitanie) dans la petite ville de Prades, située dans les Pyrénées-Orientales, où nous passerons une semaine. Nous terminerons notre périple, à la mi-août, chez une amie, à Toulouse, avant de rentrer, le 15 août, une dernière fois, à Paris.

Bon été à tous!