Le GR65 entre Cahors (Lot) et Auvillar (Tarn-et-Garonne)

Après quelques jours de repos à Belleville et Ménilmontant, à Paris, j’ai repris comme prévu, le jeudi 2 mai, à Cahors, ma route sur le Chemin de Compostelle.

Véritable coup de foudre en arrivant à Cahors!

Cahors, ville principale du département du Lot, le mardi 30 avril, vue du sentier qui mène au mont St-Cyr. Ci-dessous, une partie de la cité médiévale où l’on aperçoit le clocher et le dôme de la cathédrale St-Étienne. Le long des quais, ambiance et douceur méridionales….

La ville, qui compte environ 20 000 habitants, est nichée dans une boucle du Lot, dans un grand écrin de verdure. Le lieu est exceptionnel. Les Cadurciens et les Cadurciennes, c’est ainsi qu’on appelle les riverains, jouissent ici d’un environnement et d’un cadre de vie remarquables.

Il fait en plus, fin avril, un temps magnifique!

Le pont fortifié Valentré, construit au 14è siècle pour défendre Cahors, est l’un des plus célèbres ponts médiévaux de France. Il a été habilement restauré par Viollet-le-Duc dans les années 1870. Le pont est aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’Unesco

Randonneurs et pèlerins se retrouvent le matin, dans une atmosphère conviviale, chez Pierre, autour de la table du petit-déjeuner…

 

Sur les conseils de Pierre qui offre à Cahors des chambres d’hôtes simples et chaleureuses dans la maison familiale, située dans la cité médiévale, je pars le lendemain de mon arrivée explorer l’un des chemins qui surplombe la ville…

 

 

 

Le sentier du Mont St-Cyr

 

Quatre-vingt-dix minutes de randonnée environ dans un décor étonnant… À partir du pont Louis-Philippe, qui enjambe le Lot, le chemin du Mont St-Cyr grimpe lentement vers un immense plateau verdoyant…

… impression d’être à mille lieues d’un centre urbain…

… le sentier redescend ensuite…

… vers la ville

… d’où l’on peut, en quelques minutes, traverser de nouveau la rivière, par le pont Cabessut, et rejoindre par les quais le cœur de la cité médiévale… Incroyable promenade! Bienvenue à Cahors!

Place du Marché à Cahors, près de la cathédrale Saint-Étienne

Cahors est le point de départ de très nombreux autres sentiers de randonnée…

Belle surprise à mon retour du mont St-Cyr. Un message m’attend. Un message de notre amie et ex-collègue, Josiane… qui est à Cahors pour raisons familiales. Josiane est née et a grandi dans le sud-ouest de la France. Nous avons travaillé ensemble dans la même école, à Vancouver, pendant cinq ans.

Nous nous retrouvons le lendemain, le 1er mai, place Clément Marot, dans la ville médiévale, autour d’un savoureux déjeuner, composé de mets typiques de la région.

En compagnie de notre amie Josiane à Cahors, le mercredi 1er mai. Ci-dessous, une des spécialités de la région…

Confit de canard

Nous décidons après le repas de participer, avec une demi-douzaine d’autres vacanciers, à une visite guidée de la ville organisée par l’Office de Tourisme. Grosse déception. Comme lors de ma visite guidée de Figeac l’an dernier, le guide est encore, cette fois-ci, une dame… originaire de l’Angleterre!

Malgré un accent prononcé, sa maîtrise du français est assez bonne, niveau C1 sans doute à l’oral du DELF, mais pourquoi faut-il que les Offices de Tourisme du Sud-Ouest embauchent des ressortissants anglais afin de faire découvrir aux visiteurs les trésors du patrimoine français?

Messieurs, Mesdames les responsables des Bureaux de Tourisme, de grâce, revoyez votre copie! (Voilà, c’était ma tirade « Vieille France »).

Entre deux explications emberlificotées de notre guide, Josiane et moi avons, du côté de la cathédrale, filé à l’anglaise et nous sommes allés terminer la journée en dégustant des crêpes au sucre sur une petite place paisible et ombragée…

Sur les rives du Lot, le mercredi 1er mai

Au-revoir, Cahors!

C’est au pont Valentré que débute à Cahors le GR65

Josiane est très gentiment venue le lendemain, le jeudi 2 mai, m’accompagner au début de mon périple de 221 kms qui doit me mener de Cahors à Nogaro

Le Chemin du Puy qui emmène marcheurs et pèlerins jusqu’aux Pyrénées

Entre Cahors et Montcuq (34 kms), j’ai eu droit, pendant les deux premiers jours sur le chemin, à tous les caprices possibles de la météo. Temps couvert, grandes éclaircies, ciel bleu, suivi de vent… et de quelques gouttes de pluie. Heureusement, ce seront les seules pendant les cinq prochains jours…

Il fait frais. Température idéale pour la marche…

Premier jour de marche, 14 kms, le jeudi 2 mai, entre Cahors et le hameau de Granéjouls (près du village de l’Hospitalet) où je me suis arrêté pour la nuit…

Comme l’an dernier, le GR65 me réserve bien des surprises…

Ainsi, cette petite buvette, stratégiquement située à la sortie du village de Lascabanes, où je fais halte, vers midi, lors de mon deuxième jour de marche, le vendredi 3 mai, pour le déjeuner…

Francine et sa partenaire Josy tiennent avec le sourire sur le GR65, depuis quatre ans, un petit bijou de restaurant. Pour les randonneurs affamés, tout y est « fait maison », y compris…..

… un excellent cassoulet, accompagné ici de magret de canard, de saucisson et de saucisse de Toulouse…

Moi qui m’étais promis de manger peu de viande pendant mon parcours, c’est raté!… Ce cassoulet sera cependant un admirable carburant sur le chemin qui monte abruptement vers Montcuq…

Il faut, SVP, bien prononcer le « Q » à la fin…

Vue partielle du village de Montcuq de la fenêtre de ma chambres d’hôtes…

Comme son nom ne l’indique pas, la commune de Montcuq est un charmant village – à l’histoire tumultueuse – d’environ 2 000 habitants. Le bourg accueille aujourd’hui de nombreux résidents étrangers (Hollandais, Britanniques) qui viennent passer ici une retraite paisible…

Après une étape de 20 kms, c’est « Chez Jane », à Montcuq, que j’ai choisi de passer ma deuxième nuit, en chambres d’hôtes…

Après une vie rocambolesque dans le milieu de l’édition et de la mode en Égypte, à Milan, à Nice et à Barcelone, Jane Greenwood a acheté puis restauré une maison à Montcuq où elle accueille marcheurs et pèlerins. Une très bonne adresse sur le GR65.

Le soleil s’est levé en quittant Montcuq! À part quelques courts passages nuageux, il ne nous quittera plus jusqu’à mon arrivée à Auvillar quatre jours plus tard. Les paysages, dans cette région qu’on appelle le Quercy, sont magnifiques!…

Entre Montcuq et Lauzerte, le hameau du Rouillac avant (ci-dessus) et après (ci-dessous) mon passage sur le chemin. Rouillac ne compte qu’une vingtaine d’habitants…

En quelques heures, le samedi 4 mai, j’ai facilement franchi les 14 kilomètres qui séparent Montcuq et Lauzerte… Le GR65 a quitté le département du Lot… Le sentier entre maintenant dans le Tarn-et-Garonne…

Arrivée à Lauzerte, cramponnée, à l’horizon, à son éperon rocheux… Je termine ici ma troisième étape.

Lauzerte (« lieu éclairé ») est l’un des nombreux « plus beaux villages de France » que traverse le GR65….

Belles rencontres et conversation à bâtons rompus le soir autour de la table des « Figuiers ». Des randonneurs de plusieurs pays –  Allemagne, Slovénie, Vietnam, Belgique, France – partagent chaleureusement leur expérience et leurs souvenirs du Chemin… Certains l’ont déjà parcouru cinq ou six fois… Une très belle soirée…

Randonneurs rassemblés autour d’un somptueux repas aux « Figuiers », à Lauzerte, le samedi 4 mai. À gauche, Thé, d’origine vietnamienne. À coté de lui, une infirmière, d’origine belge qui a autrefois travaillé  comme bénévole à l’hôpital général des Cayes, en Haïti…

La place des Cornières dans la ville médiévale de Lauzerte et l’église Saint-Barthélémy, construite au 13è siècle

Le lendemain, le dimanche 5 mai, la vieille ville, déserte, offre au visiteur un tout autre visage. Des dizaines de commerces et de logements à Lauzerte sont à vendre. « Le village meurt », me confie un ancien militaire rencontré devant l’église Saint-Barthélémy où on célèbre une messe en hommage aux Anciens Combattants. Il habite Lauzerte depuis vingt-deux ans.

Messe et cérémonie avancée du 8 mai devant l’église Saint-Barthélémy de Lauzerte

La serveuse du café me confirme que l’établissement est lui aussi « en vente depuis deux ans« . Il n’y a aucun repreneur en vue. Certains blâment le Brexit. D’autres affirment que le déclin de Lauzerte est dû à des raisons plus profondes, la lente désertification des villages français.

Les villages se vident. Les anciens métiers disparaissent. Les jeunes couples préfèrent habiter avec leurs familles près des commerces et des services, en ville, là où il y a du travail…

Le GR65 entre Lauzerte et Aube Nouvelle

Après avoir quitté Lauzerte, j’ai poursuivi mon chemin le dimanche 5 mai dans le Quercy.

La région est absolument splendide!

Nous sommes ici dans un pays où la terre est fertile, un pays où l’on célèbre « l’art de la table », à l’ancienne, et où l’on mange plutôt bien. On surnomme la région « le Royaume du gras »…

L’oie, le canard, le foie, le confit ou le magret sont en vente, partout.

C’est dans un petit hôtel de famille, à Aube Nouvelle, entre Lauzerte et Moissac, que j’ai d’ailleurs dégusté, le dimanche 5 mai, mon meilleur repas en deux ans sur le GR65…

Filet mignon de porc aux pruneaux d’Agen accompagné de légumes de saison.

Après une nuit à Aube Nouvelle j’ai repris la route le lundi 6 mai pour Moissac…

J’ai passé les deux jours suivants, entre Aube Nouvelle et Moissac (20 kms) et entre Moissac et Auvillar (21 kms) sous un grand ciel bleu…  Sur la route, d’anciens agriculteurs…

André, sur ses terres, près du village de Dufort-Lacapelette, devant une partie de son champ planté de pruniers. La récolte est prévue pour le début du mois de juin.

Hervé, ancien éleveur, devant sa maison située à cinq kilomètres de Moissac

Arrivée à Moissac le lundi 6 mai par la route des collines (une variante du GR65, un peu plus longue) qui permet de découvrir, de haut, la ville de Moissac, ci-dessous.

Après Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) et Cahors (Lot), Moissac, ci-dessus, dans le Tarn-et-Garonne, est la troisième grande cité sur le GR65. C’est ici que se rejoignent deux des grandes rivières sud-ouest, le Tarn et la Garonne.

Le mardi 7 mai – dernière étape avant ma journée de repos à Auvillar – j’ai emprunté, depuis Moissac, pendant une quinzaine de kilomètres, le superbe Canal des Deux Mers (qui relie sur 800 kms la Méditerranée à l’Atlantique)…

Le Canal des Deux Mers juste après avoir quitté Moissac, le mardi 7 mai

Le GR65 entre Moissac et Auvillar le long du Canal des Deux Mers

Le tracé du Canal des Deux Mers

De très nombreux cyclises, et quelques navires (ci-dessous) empruntent le Canal des Deux Mers

Quelle belle façon de terminer la première partie de ma randonnée!

Courte pause le mardi 7 mai dans un petit café du village de Malause, entre Moissac et Auvillar…

Après avoir franchi la Garonne à la sortie du village d’Espalais, arrivée au milieu de l’après-midi, le mardi 7 mai, comme prévu, à Auvillar!

Cent kilomètres parcourus depuis mon départ de Cahors le 2 mai. Rien de cassé pour l’instant. Pas de chute. Tout va bien.

Après le Lot, le GR65 quitte ce matin le Tarn-et-Garonne et entre dans le Gers…

Il me reste environ 121 kilomètres à parcourir avant d’arriver à destination, à Nogaro.

Le cœur en paix et l’âme tranquille, je poursuis ma route et ma belle aventure sur le Chemin de Compostelle

Bon printemps à tous!

Retour sur le Chemin de Compostelle

Je poursuis ce printemps ma route sur le Chemin de Compostelle.

Après les randonnées réalisées en décembre au Népal dans l’Annapurna puis dans la vallée de Katmandou, j’ai hâte de chausser bientôt mes espadrilles, de reprendre mon chapeau et mon baluchon – mon « barda » comme on disait autrefois.

Envie de retrouver le silence des chemins de campagne, l’odeur de la terre, de l’herbe et des buissons…

Envie aussi de prolonger la belle aventure vécue l’an dernier entre Le-Puy-en-Velay, en Haute-Loire et Conques, en Aveyron.

Carte postale du chemin parcouru le printemps dernier entre Le Puy-en-Velay et Conques. 205 kilomètres le long du (Chemin de Grande Randonnée) GR 65. Une expérience inoubliable!

Derniers kilomètres avant de quitter le plateau d’Aubrac et de plonger (ci-dessous) vers le village de Saint-Chély d’Aubrac, en Aveyron. Neuvième étape l’an dernier, le dimanche 6 mai.

Le GR 65 avant l’arrivée à Saint-Chély d’Aubrac

Mon objectif cette fois-ci est de relier Cahors (Lot) à Nogaro (Gers) – une distance de 221 kilomètres – en treize jours de marche et deux jours de repos.

Sur le chemin de Compostelle, encerclées en bleu, la ville de Cahors et la commune de Nogaro. Selon le mode du « saucissonnage » bien connu des pèlerins, j’effectuerai dans un an ou deux (avant ou après avoir rejoint les Pyrénées) le tronçon manquant du GR 65 entre Conques et Cahors.

Entre Saint-Chély d’Aubrac et Saint-Côme-d’Olt en Aveyron, le lundi 7 mai 2018

En planifiant ce projet l’an dernier j’étais loin de me douter que cette longue randonnée vers les Pyrénées allait tant m’apporter!

Quelques unes des étapes du chemin de Compostelle entre Cahors et Nogaro. Aquarelle de Marie-Noëlle Lapouge – http://www.atelier-de-marienoelle.com

Jour de marché (et musiciens ci-dessous) le samedi 19 mai 2018 dans la vieille ville de Figeac (Lot) où je me suis arrêté presqu’une semaine après avoir rejoint Conques l’an dernier. Immense plaisir d’écouter et de savourer la langue des riverains dans les villages que traverse le GR 65…

Ruelle dans mon quartier, à Figeac, sur les hauteurs de la ville médiévale, mai 2018.

Avec le recul et les mois de réflexion qui ont suivi mon expérience de marche l’an dernier, un sentiment nouveau, puissant, au fil des jours, a peu à peu émergé… une évidence, une certitude, une conviction qu’on peut sans doute résumer ainsi…

Quelle meilleure façon d’exprimer aujourd’hui sa liberté que partir le matin, sac au dos, sur un sentier de campagne, s’arrêter à sa guise dans un village ou dans un café afin de converser avec les riverains, et repartir ensuite, à son rythme – assuré de trouver le soir, au bout du chemin, un toit, un lit confortable, des compagnons de route venus du monde entier… et des hôtes accueillants, heureux de partager un repas avec marcheurs et pèlerins?

Souper le 30 avril 2018 dans l’unique café du petit village de Chanaleilles, en Haute-Loire…

… et retrouvailles le lendemain soir, après une étape épique de 19 kms parcourue en partie dans la neige, dans une auberge de St-Alban-sur-Limagnole, en Lozère…

 

 

 

 

 

 

 

En plus de l’exercice quotidien, cette randonnée le long du GR 65 a pour de nombreux marcheurs, même s’ils s’en défendent parfois, une forte dimension spirituelle, comme en témoignent ces quelques mots, cités récemment dans une revue consacrée au chemin de Compostelle…

« La marche, telle un défi à la vitesse et au bruit, incite à la modestie, pousse à la curiosité, suscite la méditation. Elle invite au repli, à l’intimité, à se taire pour mieux écouter… »

ou encore

Dans une église de l’Aubrac, mai 2018

À cette dimension spirituelle, parfois absente, différente pour chacun, vient aussi se greffer sur le chemin un riche volet culturel. Le tracé du GR 65 permet en effet aux randonneurs curieux de découvrir les légendes et l’histoire généralement peu connue de régions reculées du centre et du sud-ouest de la France.

Pays de la Haute-Loire et de la Lozère

J’ai pu ainsi parcourir en partie l’an dernier des régions sauvages, splendides, situées un peu hors du temps – la Margeride, le Gévaudan, l’Aubrac, la vallée du Lot, le Rouergue – territoires isolés où foisonnent encore une multitude de mythes et de récits, récits parfois terrifiants, comme celui de la « Bête du Gévaudan », un loup féroce qui au milieu du 18è siècle terrorisait et dévorait les villageois dans un secteur compris à présent dans le département de la Lozère…

La Bête du Gévaudan (illustration François de Sarre)

Aujourd’hui, hormis marcheurs et pèlerins, les visiteurs sont plutôt rares dans ces régions, ou alors ils ne font que passer, rapidement, au volant de leurs voitures, les yeux rivés sur leurs GPS… C’est dommage!

Quinzième et dernière étape l’an dernier entre Sénergues et Conques, en Aveyron, le dimanche 13 mai 2018.

Fromages…

… de l’Aveyron

J’ai bien hâte de découvrir ce printemps, entre Cahors et Nogaro, d’autres « pays » – le Quercy, la Gascogne, l’Armagnac… – « pays » situés dans trois départements – le Lot, le Tarn et Garonne et le Gers – connus pour leur gastronomie… et leurs vins!…

Vins et millésimes notés du sud-ouest

Menu affiché à l’entrée du village d’Aumont-Aubrac, en Lozère

Je me souviens encore du déjeuner dégusté en mai l’an dernier dans le village de Nasbinals, en Lozère. Un des plats du jour offerts ce midi-là. Servi dans un décor simple et chaleureux. Un moment mémorable. Dès la première bouchée, le sentiment de goûter à une cuisine exceptionnelle. Une madeleine. Si vous passez par Nasbinals, SVP arrêtez-vous.

Veau de l’Aubrac, accompagné de tomates farcies, d’une salade verte et d’une corbeille de pain frais. Restaurant « La Route d’Argent » à Nasbinals.

Fort de l’expérience acquise l’an dernier, j’ai décidé ce printemps, pour les hébergements, d’éviter au maximum les hôtels… Hôtels souvent vieillots, chers et anonymes selon moi sur le GR 65…  (Après avoir lu le plus récent roman de Michel Houellebecq, « Sérotonine », qui a encore envie d’aller à l’hôtel?)… J’ai choisi plutôt de séjourner chez les riverains, en chambres d’hôtes et en demi-pension (chambre, souper et petit-déjeuner) lorsque c’était possible…

Un seul hôtel réservé, faute d’autre option ce jour-là, dans le Tarn-et-Garonne, entre Cahors et Nogaro.

La carte de mon parcours ce printemps. À titre de comparaison, printemps 2018 = 205 kms entre Le Puy-en-Velay et Conques. 15 jours de marche, 2 jours de repos. Moyenne = 13.6 kms par étape –  Printemps 2019 = 221 kms. 13 jours de marche, 2 jours de repos. Moyenne = 17 kms par étape. Objectif l’an prochain? Rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port et les Pyrénées!

Voici donc, au jour le jour, mon itinéraire pour ce deuxième tronçon du chemin de Compostelle…

24 avril = Départ de Vancouver

25 – 29 avril = Paris

29 avril – 2 mai = Cahors (Lot)

2 mai = Cahors – Granéjouls – 14 kms.

3 mai = Granéjouls – Montcuq – 20 kms.

4 mai = Montcuq – Lauzerte (Tarn-et-Garonne) – 14 kms. 

5 mai = Lauzerte – Aube Nouvelle/Dufort-Lacapelette – 11 kms. 

6 mai = Aube Nouvelle – Moissac – 20 kms. 

7 mai = Moissac – Auvillar – 21 kms. 

8 mai = Jour de repos à Auvillar – (100 kilomètres parcourus)

9 mai = Auvillar – Miradoux (Gers) – 18 kms.

10 mai = Miradoux – Lectoure – 16 kms. 

11 mai = Lectoure – La Romieu – 18 kms.

12 mai = La Romieu – Larressingle – 19 kms.

13 mai = Larressingle – Montréal-du-Gers – 11 kms.

14 mai = Montréal-du-Gers – Éauze – 18 kms. 

15 mai = Jour de repos à Éauze – (200 kilomètres parcourus)

16 mai = Éauze – Nogaro – 21 kms. 

17 mai = Jour de repos à Nogaro – Fin Compostelle #2 – 221 kilomètres parcourus.

18 mai = Nogaro – Pau (bus SNCF)

18 – 20 mai = Pau

20 – 23 mai = Paris

24 mai = Paris – Vancouver

Après deux mois d’hiver particulièrement rudes en Colombie-Britannique (le thermomètre, à Vancouver, n’a jamais atteint en janvier/février le seuil de dix degrés – un record), j’ai bien hâte de reprendre la route!

Bon début de printemps à tous!

Une forteresse royale, construite au 12è siècle, surplombe le village de Najac, en Aveyron… Najac où, après Conques et Figeac, je me suis arrêté plusieurs jours en mai l’an dernier…

… afin de poursuivre mes randonnées en Aveyron… (Ici, panorama sur le sentier qui va de Najac, à l’horizon, au village de Cassagnes)…

… et avant de rejoindre, en train (via Gaillac)…

… la très belle ville d’Albi, située sur les rives du Tarn… Albi, ville natale de l’explorateur Jean-François de La Pérousse (disparu en 1788 dans le Pacifique) et du peintre Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901).

Albi où trône, au-dessus de la vieille ville, l’imposante cathédrale Sainte-Cécile, construite à partir du 13è siècle… À très bientôt, le sud-ouest de la France!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pondichéry

Je ne m’attendais pas en arrivant deux jours avant Noël à Pondichéry à découvrir dans les rues de la ville une telle effervescence!…

Le territoire de Pondichéry est enclavé dans l’état du Tamil Nadu dans le sud de l’Inde

Malgré le temps couvert, des centaines de curieux viennent assister près du bord de mer à Pondichéry, dans l’état du Tamil Nadu, au festival « kolam », le dimanche 23 décembre.

Après un voyage en train depuis Chennai, j’étais à peine installé dans ma guesthouse, dans « la ville blanche » comme on appelle ici l’ancien quartier colonial français, qu’une rumeur, un bruit de foule, venu du bord de mer, tout proche, m’a forcé… m’a poussé dehors…

Que se passait-il?

Participantes au festival kolam et badauds se pressent le long de l’avenue Goubert, à Pondichéry

Selon la tradition, tôt le matin dans le sud de l’Inde, les femmes dessinent sur le sol devant l’entrée de leur maison ou de leur commerce des figures géométriques en guise de bienvenue et afin de porter chance et prospérité aux membres de leur famille et à la communauté. Ces figures géométriques sont aussi des offrandes au jour qui se lève et une invitation aux divinités.

Kolam, Pondichéry…

Ces kolams sont souvent très complexes. Les figures sont d’abord tracées avec de la craie et ensuite ornées de poudres de couleur, de grains de riz, de fleurs, de petites branches, tout ce qui est disponible à portée de la main. Les kolams sont réalisés uniquement par les femmes et le savoir-faire est partagé en famille entre grand-mères, mères, filles et sœurs..

 

 

… le dimanche 23 décembre

Le festival kolam vient une fois l’an, à Pondichéry, honorer cette tradition… Un grand concours est organisé. La municipalité alloue à chaque participante un petit périmètre le long du bord de mer, et les concurrentes s’affairent, seules ou en petits groupes, en une heure ou deux, à réaliser leur kolam.

Les couleurs, le spectacle, l’élégance, dans la rue, sont saisissants!

Avenue Goubert, Pondichéry

Le tamoul est la langue principale parlée à Pondichéry et la langue officielle de l’état du Tamil Nadu (littéralement: « le pays des tamouls »). Le tamoul est également la langue parlée au nord du Sri Lanka. Trente minutes d’avion seulement séparent Chennai de Jaffna.

Chacune des créations est ensuite soigneusement jugée, évaluée et notée par une équipe composée de dignitaires de la ville et du gouvernement du Tamil Nadu.

Les juges évaluant avec soin un kolam. Instant solennel pour les concurrentes et leurs familles

Les prix pour les gagnantes? Des appareils électro-ménagers, une télévision, des saris de qualité et des vêtements pour les enfants, des ustensiles de cuisine…

Le festival Kolam a été pour moi, à peine arrivé dans la ville, une formidable introduction à Pondichéry… à sa culture, complexe, tolérante, déroutante aussi…

Pondichéry

… puisque quelques heures après le festival kolam, on célébrait dans la même rue, à deux pas, le dimanche 23 décembre et encore le 25, deux magnifiques messes de Noël – en français! – messes chantées dans l’église Notre Dame des Anges, noire de monde, les deux jours…

Messe de Noël célébrée à l’église Notre Dame des Anges à Pondichéry

L’église Notre Dame des Anges, construite entre 1851 et 1855, a récemment été rénovée. Le Tamil Nadu compte environ 6% de chrétiens et 6% de musulmans. 87% de la population est de confession hindoue. (Sur la religion à Pondichéry et dans le Tamil Nadu, voir aussi la première partie du roman de Yann Martel, « L’histoire de Pi »…)

Alors, Pondichéry… ville tamoule… ville indienne… ville française?…

Ou les trois à la fois?

Les thalis servis dans le Tamil Nadu sont plus colorés, épicés – et copieux! – que ceux servis dans le nord du pays ou au Népal. Le prix des repas dans le sud de l’Inde est aussi, en général, beaucoup plus bas. Le prix du plat ci-dessus? 145 roupies, soit $2.80 ou 1,80

Rue Surcouf, Pondichéry

Rue de la Marine

Rue Mahé de Labourdonnais

Un peu d’histoire… pour mieux comprendre Pondichéry, le contexte dans lequel la ville est née et son évolution depuis le XVIIè siècle…

1er comptoir établi à Chandemagor en 1668, puis à Pondichéry en 1673, Mahé en 1721, Yanaon en 1725 et Karikal en 1739

À partir de 1668, la France, via la Compagnie française des Indes (créée en 1664) annexe ou acquiert plusieurs territoires dans le sous-continent indien afin, selon Colbert, le Contrôleur général des finances, sous Louis XIV, de « procurer au royaume de France l’utilité du commerce des Indes et empêcher que les Anglais et les Hollandais n’en profitent seuls. »

Après le Portugal, l’Angleterre et la Hollande, la France est la dernière puissance maritime européenne à fonder une compagnie des Indes pour commercer avec l’Orient.

Le comptoir de Pondichéry est « installé », pacifiquement, en 1673. La paix sera de courte durée.

Pendant près de trois siècles – jusqu’à la restitution du territoire à l’Inde en 1956 – Pondichéry va connaître une histoire tumultueuse. Entre l’Angleterre, la Hollande et la France, la ville change plusieurs fois de mains et d’allégeance. En 1761, Pondichéry, française, est rasée par les Britanniques. Puis rendue à la France en 1765 après un traité de paix avec la Grande-Bretagne. La ville est reconstruite…

Une dernière note historique. Tous les habitants de Pondichéry (et ceux des autres comptoirs) sont déclarés citoyens français lors de la révolution de 1848.

Carte non datée des possessions françaises en Inde. Pondichéry a aujourd’hui le statut de territoire et a été rebaptisée Puducherry en 1996

Que reste-t-il aujourd’hui de l’ancienne présence française?

Il est difficile d’évaluer le nombre exact de francophones qui vivent à Pondichéry. Le consulat de France recense environ 6000 « franco-pondichériens » mais une toute petite partie seulement – environ 200 – parle régulièrement le français. C’est infime pour une ville qui compte plus d’un million d’habitants.

Parmi ces franco-pondichériens, beaucoup de retraités. D’anciens militaires ou des fonctionnaires, nés à Pondichéry ou Karikal, qui ont fait carrière dans l’armée ou dans l’administration française, et qui passent maintenant leur retraite, ou plusieurs mois par an, au pays natal…

D’autres, n’ayant jamais quitté le territoire, vivent dans une situation beaucoup plus précaire et doivent compter, chaque mois, sur l’aide et les subventions du consulat.

Malgré tout, grâce à un méticuleux travail de restauration entrepris par les autorités françaises et l’état du Tamil Nadu, lorsqu’on se promène dans « la ville blanche« , propre, ombragée, fleurie, on a l’impression de marcher dans les rues d’une petite ville française, bourgeoise et cossue…

Rue de l’Évêché, Pondichéry. Le cadastre du « quartier blanc » n’a pas changé depuis l’époque coloniale

Des appartements avec balcons, des maisons élégantes, de jolis immeubles rénovés et repeints, bordent les rues…

Rue Romain Rolland

Plusieurs bâtisses ont été reconverties en hôtels, en restaurants, en boutiques… Derrière les murs se cachent de somptueux jardins… D’autres immeubles ont été agrandis, modernisés… et réquisitionnés pour le service public…

Le Lycée Français de Pondichéry, rue Victor Simonel. Créé en 1826, le lycée accueille cette année environ 550 élèves, de la maternelle à la terminale. En plus de l’anglais, de l’allemand et de l’espagnol, les élèves peuvent aussi étudier comme langue seconde le tamoul.

L’Alliance Française de Pondichéry, rue Suffren

C’est dans la rue Suffren également qu’est située ma guesthouse (sur la droite). Afin de me déplacer plus facilement, j’ai loué pendant mon séjour, un vélo (vert, sur la droite)… Au Tamil Nadu, les nouveaux vélos sont, le premier jour, emmenés formellement au temple afin d’être bénis. Les guidons sont ensuite, ce jour-là, décorés de guirlandes de fleurs… Le protocole est le même pour les nouvelles voitures.

Le parc Bharathi au cœur du « quartier blanc ».

L’Institut Français de Pondichéry, rue Saint-Louis

Certains plats servis dans les restaurants du quartier ne dépareilleraient pas une bonne table européenne ou canadienne.

Poulet aux champignons, rue Labourdennais

Seul regret, le français, pratiquement inexistant dans les rues de Pondichéry. Parlé seulement par les très nombreux touristes français ou francophones qui fréquentent les boutiques et les cafés de « la ville blanche« …

Rama vend tous les matins au bord de la mer un café au gingembre et au miel!

Dipankar, vendeur de samosas, devant son comptoir, rue de Bussy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À une quinzaine de minutes de marche du quartier colonial, vers l’ouest, un autre monde… La ville tamoule, « la ville indigène » ou « la ville noire » comme on l’appelle aussi, (à mon avis, très péjorativement)…  la ville tamoule où vit et travaille la très grande majorité de la population de Pondichéry…

La rue Bharathi, une des artères principales de la ville tamoule

Le grand marché couvert Goubert, au nord de la rue Bharathi

Monde complètement différent. Point ou peu de bâtisses rénovées ici… mais des rues commerçantes, animées…

Ville tamoule, Pondichéry

… et quelques îlots de calme…

Canteen Street

En me promenant dans les rues de la ville tamoule, une grande politesse, dans les magasins, dans les restaurants… Les visages s’éclairent lorsqu’on apprend que j’habite au Canada… Le pays est connu, apprécié…  Les gens ont de la famille là-bas, des amis… En dehors de l’Asie, c’est dans la région métropolitaine de Toronto qu’on retrouve la plus grande communauté de Tamouls dans le monde…

Pêcheurs devant le bord de mer à Pondichéry

Deux fois par jour, tôt le matin, et en fin d’après-midi, c’est au bord de la mer, sur la promenade qui fait face au golfe du Bengale, que les deux villes, la ville blanche et la ville indigène, se donnent rendez-vous et se rejoignent, pacifiquement…

« La promenade », avenue Goubert, à sept heures du matin. Un de mes moments préférés à Pondichéry. 40 minutes de marche environ pour parcourir (a-r) la longue avenue qui longe le golfe du Bengale

Malheureusement, pas de baignade dans la mer, à Pondichéry… Les courants sont trop dangereux…

Cinq fois par jour, retentit aussi dans la ville l’appel du muezzin qui invite les musulmans à la prière

Touristes et résidents viennent nombreux le matin assister au spectacle du soleil qui se lève au-dessus du golfe du Bengale

On croise sur le bord de mer ou dans la ville tamoule des visages étonnants…

Personnage rencontré un matin sur le bord de mer… « On ne sait pas d’où ils viennent, ni où ils vont », m’a dit un résident…

Lila Marie-Joséphine, francophone, 71 ans, née à Saïgon de père (militaire) français, vit maintenant avec sa fille à Pondichéry

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai quand même pu prendre un bain de mer sur l’une des trois plages située aux environs de Pondichéry… Serenity Beach.

Serenity Beach, à six kilomètres au nord de Pondichéry, le jeudi 27 décembre. 30 degrés à l’ombre.

Cette plage, qui est loin de rivaliser avec les plages immenses du Kerala, avec celle de Varkala, en particulier, était l’une de mes étapes, ce jour-là, sur la route vers Auroville…

Une partie des magnifiques jardins de la commune d’Auroville située à 10 kilomètres au nord de Pondichéry

Impossible de parler de Pondichéry sans évoquer, même brièvement, Auroville, une commune à nulle autre pareille, fondée en 1968 par le philosophe indien Sri Aurobindo et sa compagne, française, Mirra Alfassa-Richard, surnommée « la Mère ».

Comment décrire Auroville?

La commune se targue d’être « une ville expérimentale » et « une cité universelle » dont le dessein est « de réaliser l’unité humaine » en réunissant sur son territoire des hommes, des femmes et des enfants venus de 50 pays différents et qui doivent, pour séjourner à Auroville, adhérer à une charte.

Mirra Alfassa-Richard, résume ainsi, dans un essai, sa vision d’Auroville:

« Il doit exister sur terre un endroit inaliénable, un endroit qui n’appartiendrait à aucune nation, un lieu où les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations, pourraient vivre librement comme citoyens du monde… Auroville a pour vocation d’être le lieu d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités… »

Ce projet, utopique à première vue, a néanmoins séduit depuis cinquante ans des milliers d’adhérents, étrangers pour la plupart, qui vivent et contribuent à la vision d’Auroville en participant notamment à 35 unités de travail (agriculture, informatique, éducation, santé, artisanat…) réparties sur l’ensemble de la commune.

Le projet est soutenu, depuis le début, par l’Unesco.

Le Mantrimandir (« le Temple de la Mère »), l’âme de la cité d’Auroville, situé sur un terrain dégagé appelé le « Parc de l’Unité ». Auroville était à l’origine un site aride, sans eau, un désert. Plus de deux millions d’arbres et d’arbustes ont été plantés depuis 1968…

Je ne suis resté que quelques heures à Auroville, heures passées principalement à me promener dans les magnifiques jardins et à visiter la librairie (où je me suis procuré, par curiosité, deux ouvrages de « la Mère »)

Je suis resté assez longtemps cependant pour avoir envie de revenir et d’en savoir un peu plus sur ce projet singulier.

Infos supplémentaires sur Auroville disponibles sur le site: https://www.auroville.org

Dans les jardins d’Auroville

Un mot sur la langue…

J’ai rencontré un après-midi dans un café du bord de mer un groupe de jeunes venant du Rajasthan, un état situé dans le nord-est du pays. Ces jeunes visitaient Pondichéry pour la première fois… Arrivés devant le comptoir du café, ils ont chacun passé leur commande en anglais. Je leur ai demandé pourquoi. Ils m’ont expliqué que, venant du Rajasthan, ils parlaient couramment le hindi et l’anglais (les deux langues officielles de l’Inde), ils parlaient également le rajasthani et le marwari, deux des langues régionales du Rajasthan… mais pas un mot de tamoul.

Le garçon du café, lui, ne parlait pas hindi, encore moins le rajasthani et le marwari… Leur seule langue commune (langue très hésitante pour le barista) était l’anglais…

Un grand nombre de résidents du Tamil Nadu ne parlent pas hindi. Beaucoup en sont d’ailleurs assez fiers et considèrent que le tamoul devrait avoir sa place en Inde comme langue officielle.

Même scénario il y a deux ans au Kerala. Je me souviens des nombreux touristes, venus de Mumbai, attablés chaque jour aux restaurants de Munnar. Pratiquement personne dans ces groupes ne parlait le malayalam, la langue principale du Kerala. Ils devaient eux aussi avoir recours à l’anglais, les habitants de Munnar ne comprenant pas, en général, le marathi, la langue parlée à Mumbai.

Combien de langues reconnaissez-vous dans ce panneau affiché à Auroville?

Avec la religion, la langue est, au quotidien, un des sujets qui crispe dans ce pays, si paisible en général… d’un milliard 300 millions d’habitants. Le chiffre est vertigineux. C’est presque 18% de la population mondiale. (L’Inde devrait devenir le pays le plus peuplé du monde vers 2025)

Comment tout cela va-t-il évoluer?

Policiers à Pondichéry portant le traditionnel képi français

Des élections générales auront lieu en Inde dans deux mois, entre mars et mai 2019. Plus de 850 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, dans 28 états et sept territoires. Une logistique électorale monumentale.

Le gouvernement de Narendra Modi (centre-droit), élu en 2014, est en difficulté, son parti (le BJP) ayant récemment perdu plusieurs élections régionales. Après un bon début de mandat, beaucoup de gens ici ont le sentiment que les promesses électorales n’ont pas été tenues. En particulier le taux de chômage chez les jeunes qui reste élevé à plus de 12%.

Un retour au pouvoir du parti du Congrès national indien (centre-gauche) dirigé par Rahul Ghandi est possible…

Et Chennai?

Cette ville, anciennement Madras, dont le nom, depuis si longtemps, me fait rêver… (peut-être à cause du « Madras curry »?… les associations, dans les rêves, sont parfois mystérieuses…)

Un rare moment de calme à Chennai, dans le quartier de « Marina Beach », le jeudi 20 décembre

Grosse déception. Chennai compte dix millions d’habitants. Bruit et circulation infernale. Pendant trois jours, j’ai cherché dans mon quartier d’Egmore et au-delà un espace vert ou un café où me poser et lire tranquillement. En vain. J’ai donc écourté mon séjour fin décembre, et j’ai vite pris le train (quatre heures) pour Pondichéry…

Un train local, bondé, qui a quitté la gare de Chennai à 6h30 du matin et s’est arrêté dans une vingtaine de localités avant d’arriver à Pondichéry. À bord, des familles, des groupes de jeunes qui vont passer les Fêtes au sud, près des plages.

À chaque arrêt, des vendeurs ambulants, de vrais acrobates, se fraient un passage dans les wagons archi-combles et offrent avec le sourire chapatis, thé noir, puri subji, café au lait, fruits, gâteaux. Un beau moment de voyage au cœur du sud de l’Inde!

Passagères débarquant ou attendant sur le quai de la gare de Viluppuram entre Chennai et Pondichéry

Gare de Tindivanam

Rue Suffren, le 1er janvier

J’ai quitté Pondichéry hier après-midi avec regret. J’aurais pu y rester beaucoup plus longtemps.

De nombreux voyageurs s’arrêtent dans la ville pour une halte prolongée. Un couple canadien de l’Ontario, connu rue Suffren, vient chaque année passer trois mois (décembre – février) à Pondichéry. Dès leur départ, ils réservent leur chambre pour l’année suivante.

Au jour le jour, selon son humeur, on peut passer à Pondichéry, en quelques minutes, de « la ville blanche » à « la ville indigène ». On peut s’inscrire à des cours de yoga ou de méditation, faire du bénévolat dans une école ou dans un orphelinat. Aller passer quelques jours à Auroville. Flâner tout simplement. S’asseoir dans un café. Prendre un peu de soleil au bord de la mer ou au parc Bharathi. Personne, dans l’espace public, ne viendra vous importuner.

Petit-déjeuner sur la terrasse…

Après deux mois sur la route, mon voyage s’achève dans quelques jours. Je rentre à Vancouver (via Taipei) le jeudi10 janvier.

Heureux comme d’habitude de retrouver bientôt Diana et la Colombie-Britannique! Heureux aussi d’avoir vécu depuis bientôt neuf semaines tant d’expériences différentes… comme celles-ci:

  • Braver la pollution dans les rues grises et encombrées du Vieux-Delhi
  • Me fondre, près des sadhus, au bord du Gange, dans la foule pieuse des ghats de Varanasi
  • Marcher, à Lumbini, au Népal, dans les jardins qui ont vu naître Bouddha
  • Dialoguer avec les élèves, les enseignants et un ancien coopérant à l’école Shree Haraiya dans la petite ville de Haraiya Bazar, à 20 kms de Lumbini
  • Découvrir le beau village de montagne de Tansen et discuter les après-midis, au soleil, amicalement, avec Mohan Shrestha
  • Rencontrer à Pokhara Stephen et Annie et monter avec eux jusqu’à la Pagode de la Paix, située au-dessus du lac Phewa Tal
  • Cheminer en compagnie de mon guide Yubraj pendant cinq jours sur les sentiers du massif de l’Annapurna et admirer en route des pics majestueux de plus de 7000 mètres
  • Accompagné de deux autres guides, Shankar et Binod, vagabonder sur les splendides chemins de la vallée de Katmandou.
  • Vivre dans la belle cité de Patan, près de Katmandou, et partager un soir, avec mes hôtes, à leur domicile, un repas traditionnel népalais.
  • Découvrir enfin l’élégante ville de Pondichéry, où il fait si bon vivre…
  • Et d’autres expériences encore…

L’année 2018 a été bien remplie…

BONNE ANNÉE 2019 À TOUS!

Lectures de décembre…  (livres de poche glanés dans les bibliothèques de fortune des « guesthouses »)        

 

Un magnifique roman d’aventures qui se déroule au cœur du pays sherpa, dans l’Himalaya. Et une histoire d’amour, pleine de surprises, entre un Français et une jeune Népalaise, Khami, une farouche « Sherpani ».  Fruit de leur amour, un garçon, Hima, naît… Le récit entraîne le lecteur de Paris, au Caire, à Katmandou, au campement de Namché Bazar, situé au pied de l’Everest. Le roman (en vente dans toutes les librairies de Pokhara) se lit en quelques heures. Excellent document sur le quotidien et les traditions dans l’Himalaya. Écrit par Jacques Lanzmann, le parolier de Jacques Dutronc.

 

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Au milieu du 19è siècle, un jeune matelot français, Narcisse Pelletier, est abandonné sur une plage du nord-est de l’Australie. Dix-huit ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard: il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher comme les indigènes qui l’ont recueilli. Il a perdu l’usage du français et a oublié son nom. Que s’est-il passé pendant ces dix-huit années? Récit bouleversant et admirablement écrit. Inspiré d’une histoire vraie, le livre a été récompensé de huit prix littéraires, dont le Goncourt du premier roman 2012. (Extrait de la quatrième de couverture du roman).

 

 

Épilogue

Gare de Chennai Central, 4h55 du matin, le vendredi 4 janvier. Faute de moyens, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants dorment chaque nuit assis ou à même le sol dans le hall de la gare…

Avertissement affiché dans les gares et dans les wagons de train en Inde. Ces alertes sont hélas trop rares.

Après vingt-neuf heures de train depuis Chennai à bord du « Rajdhani Express » – le trajet, même en 1ère classe, a été rude, inconfortable, la nourriture servie de qualité douteuse, une amère désillusion! – arrivée à New Delhi le samedi 5 janvier… sous un grand ciel bleu. Il fait froid. Six degrés. C’est l’hiver dans le nord de l’Inde.

Surprise en quittant en tuk tuk la gare de Nizamuddin: la pollution dans l’air et dans les rues de la ville est beaucoup moins visible que lors de mon premier passage, à la mi-novembre. On respire mieux.

Je me suis installé cette fois-ci dans un des « beaux quartiers » de Delhi, près de Connaught Place… à deux pas du métro qui me conduira à l’aéroport et à quelques minutes de marche du temple sikh Gurdwara Bangla Sahib, situé sur l’avenue Ashoka…

Le temple Sikh Gurdwara Bangla Sahib à New Delhi, le mercredi 9 janvier

 

 

 

La vallée de Katmandou

Je suis revenu dimanche à Patan (mon quartier près de Katmandou) après avoir passé, sans doute, mes quatre plus belles journées au Népal!

Les plus surprenantes aussi!

Randonnée à environ 1800 mètres d’altitude, au-dessus de la vallée de Katmandou, entre les villages de Balthali (à l’arrière-plan) et Namobuddha, le samedi 15 décembre

Dans le village de Phaskot, (400 habitants) situé entre Namobuddha et Dhulikkhel, Thuli, 89 ans, déguste son déjeuner… La tikka mauve, le point coloré sur le front, indique que Thuli est veuve. La tikka, de couleur rouge en général, est un symbole religieux et confirme également le statut social de l’individu.

En planifiant ce voyage, je m’étais promis de faire dans la vallée de Katmandou une deuxième longue excursion après celle réalisée dans l’Annapurna…. (Voir l’article précédent)

Soulignées en vert, les étapes de mon excursion de quatre jours dans le sud-est de la vallée de Katmandou. Jour #1: taxi (2 heures environ) de Patan/Katmandou jusqu’au bourg de Panauti, puis montée jusqu’au village de Balthali (1500 mètres d’altitude). Jour #2: Balthali. Jour #3, 3 heures de randonnée entre Balthali et Namobuddha (1750 mètres). Journée exceptionnelle! Jour #4: 2h30 environ de marche entre Namobuddha et la petite ville de Dhulikkhel, puis bus et taxi jusqu’à Patan. On peut aussi prolonger son excursion en explorant les sentiers et les villages situés au nord de la vallée…

Mission accomplie!

Quelle excellente idée d’explorer cette région où les touristes  – à deux heures de la capitale – sont beaucoup plus rares que dans l’Annapurna!

Près de Dhulikkhel, dans la vallée de Katmandou, le dimanche 16 décembre.

Mon message à ceux et celles qui songent peut-être à visiter le Népal sans faire de « trek » dans l’Everest ou dans l’Annapurna, est assez simple.

Cette boucle – Panauti –  Balthali – Namobuddha – Dulikkhel est très facilement réalisable et une excellente alternative aux randonnées plus classiques offertes ailleurs au pays.

Boucle que l’on peut raccourcir, ou prolonger à sa guise, en passant plusieurs jours à chaque endroit, et en repartant, sans jamais prendre la route goudronnée, mais seulement les sentiers qui relient depuis des siècles les petits villages de la vallée…

Mon guide, Shankar, qui me conduira sans encombres, le samedi 15 décembre, de Balthali à Nammobuddha… Shankar, né à Balthali ne parle que deux ou trois mots d’anglais… Ci-dessous, le sentier, au départ de Balthali…

Voici donc un résumé des principaux points forts de cette randonnée au cœur du pays newari … randonnée négligée, à tort, selon moi, par la plupart des visiteurs…

#1 – La qualité des hébergements, très bonne en général, et un personnel habitué, rompu à la clientèle étrangère…

Chemin qui mène à mon bungalow…

… surplombant le village de Balthali… Balcon, eau chaude dans la sdb et chaufferette dans la chambre car les nuits en décembre sont fraîches…

Le très efficace Thapa qui gère de façon remarquable son établissement à Balthali

Thali végétarien népalais servi avec des champignons, des épinards et des légumes récoltés dans le jardin de la « guest house » à Balthali…

#2 – Les vues, imprenables, pendant quatre jours, des sommets de l’Himalaya…

Les pics de l’Himalaya vus de Namobuddha, le dimanche 16 décembre… Trois sommets, parmi d’autres: le Gauri Shankar (7415 mètres), le Phurbi Chyachu (6722 mètres), le Melungtse (7181 mètres). L’Everest, plus à l’est, n’est malheureusement pas visible…

… et sur le chemin qui descend vers Dhulikkhel…

… où plusieurs chantiers sont en cours…

Entre Namobuddha et Dhulikkhel

#3 – Les sentiers, moins hauts, bien sûr, que ceux empruntés dans l’Annapurna, mais tout aussi variés et impressionnants…

Un des ponts suspendus entre Balthali et Namobuddha…

Une heure environ avant l’arrivée à Namobuddha… Altitude 1700 mètres

Lourd fardeau porté par une femme près de Namobuddha

Maison de village entre Nammobuddha et Dhulikkhel

En allant vers Dhulikkhel

#4 – La nourriture, apprêtée avec soin à Balthali, et tout simplement exceptionnelle, dans mon hébergement, à Namobuddha…

Salade d’avocats

Les repas, au Namobuddha Resort sont 100% bio et semblent être droit sortis d’une ferme écologique européenne ou canadienne. Tous les ingrédients, sauf le fromage de yack, proviennent du jardin de l’hôtel… qui fabrique aussi son pain… et même sa crème glacée.  

Quiche aux légumes accompagnée de champignons du jardin, de betteraves et d’haricots verts

Il n’y a pas de menu. On sert chaque jour, au déjeuner et au dîner, trois plats composés des produits les plus frais du potager… 

Tarte au citron et crème glacée faite maison

L’établissement est géré, avec le sourire, par la propriétaire, Ingrid, originaire d’Allemagne… Un lieu remarquable… qui met aussi en valeur, dans les chalets, l’artisanat traditionnel népalais…

Ingrid, devant un des chalets de Namobuddha Resort, dimanche matin, le 16 décembre

Les pics de l’Himalaya au-dessus des toits des chalets de Namobuddha Resort

#5 – Les gens rencontrés sur le chemin qui voient ici beaucoup moins de monde que sur les sentiers de l’Annapurna…

Balthali, le vendredi 14 décembre

Binod, 37 ans, père de trois enfants, et mon second guide, le dimanche 16 décembre, entre Namobuddha et Dhulikkhel… Binod qui m’a très gentiment offert une visite de son village, Phaskot, où j’ai pu rencontrer ses parents, son épouse, Indira, et sa fille aînée, Anju… Binod est un guide hors du commun. Sa maison, en rénovation dans le village, accueille régulièrement les randonneurs. Contact: binod_39@hotmail.com

Indira, enseignante au primaire

Anju, 19 ans, étudie l’anglais à Dhulikkhel

 

 

 

 

 

 

 

 

Drapeaux de prières bouddhistes déployés devant le monastère Thrangu Tashi Yangtse de Namobuddha. La couleur des drapeaux a une signification précise. Bleu= l’espace. Blanc = l’air et le vent. Rouge = le feu. Vert = l’eau. Jaune = la terre. Les drapeaux sont suspendus au passage des cols, au sommet des montagnes, près des monastères, au croisement des chemins pour demander aide et protection

J’ai pu également croiser sur le chemin, le troisième jour, samedi (seul jour de congé au Népal) de très nombreux pèlerins en route pour les temples et le monastère de Namobuddha… pèlerins qui n’hésitent pas, au soleil, à poser pour les amis ou pour la famille…

Pose près du monastère bouddhiste…

… de Namobuddha…

 

 

 

 

 

 

 

 

Le monastère bouddhiste tibétain accueille des centaines de pèlerins venus des quatre coins du Népal, de l’Inde… et aussi du Tibet… Plus de 200 moines résident au monastère…

Comme presque partout où je suis passé au Népal, j’ai rencontré aussi, sur le chemin, des groupes d’étudiants, souriants et accueillants…

Étudiants croisés au pont suspendu de Khopasi Bridge, près de Panauti, le jeudi 13 décembre

Cette randonnée a été une belle surprise… Je ne m’attendais pas à côtoyer, à tutoyer presque, les pics de l’Himalaya, par temps clair, pendant si longtemps…

Mon guide Binod m’a en fait confirmé ce que plusieurs randonneurs au Népal ont pu vérifier récemment. À cause des changements climatiques, la meilleure saison pour marcher dans l’Annapurna ou dans la vallée de Katmandou est maintenant la période comprise (grosso modo) entre la fin octobre et la mi-décembre…

Pendant la période auparavant privilégiée par les randonneurs (fin septembre, début octobre), la météo est souvent mauvaise, et le ciel bouché… Ces informations relayées par Binod ne sont bien sûr que des tendances. Les caprices de la météo étant, par définition, imprévisibles.

Les rues de Patan….

… où on reconstruit et rénove les temples endommagés par le tremblement de terre de 2015

Autre surprise. Le gérant de mon hôtel à Patan, Devinder, m’a gentiment demandé hier matin si j’acceptais de prendre le repas du soir avec sa femme et son fils dans leur domicile, une annexe de l’hôtel. J’ai été très ému et touché par son invitation. Et j’ai bien sûr accepté.

Nous avons donc dégusté, il y a quelques heures, dans le salon de la famille, de délicieux hors-d’oeuvres, arrosés d’un alcool fort, « our local brew« , a précisé Devinder, avant de passer dans la salle à manger et partager le traditionnel thali. La photo ci-dessous n’est pas de très bonne qualité, mais je voulais l’inclure ici comme témoignage de l’hospitalité népalaise. La famille m’a aussi remis un cadeau.

Quelle aventure, et quelle belle façon d’achever mon voyage au Népal!

En compagnie de Devinder et son épouse dans leur salon, lundi soir, le 17 décembre..

Je poursuis ce matin mon voyage… Départ dans quelques heures ce mardi pour l’aéroport de Katmandou. Je suis en route pour New Delhi (transit) et ensuite pour Chennai (Madras), dans l’état du Tamil Nadu, où je devrais arriver en toute fin d’après-midi… Je ne passerai qu’un bref moment à Chennai avant de gagner, en train, Pondichéry où je m’arrêterai une douzaine de jours… Ce sera ma plus longue halte du voyage…

Après le Kerala, il y a deux ans, j’ai bien hâte de retrouver la chaleur et la culture du sud de l’Inde!

La presse népalaise… Plusieurs quotidiens (The Himalayan, The Kathmandu Post) sont aussi publiés en anglais

 

 

 

Cinq jours dans l’Annapurna

Le soleil se lève au-dessus du massif de l’Annapurna, à Tadapani, le mercredi 5 décembre. À droite du sommet de l’Annapurna Sud, baigné par le soleil, on aperçoit d’autres pics comme le Gangapurna (7455 mètres) et l’Annapurna 3 (7555 mètres)

Le sommet de l’Annapurna Sud, 7219 mètres, vu de Tadapani

Je reviens de ma randonnée de cinq jours dans l’Annapurna avec beaucoup d’humilité et un respect renouvelé pour tous les villageois rencontrés qui vivent là-haut, en haute montagne, avec tant de dignité et de fierté.

Entre Tadapani…

… et Ghandruk, le mercredi 5 décembre

 

 

 

 

 

 

 

 

La zone de conservation de l’Annapurna, créée en 1986, est la plus grande aire protégée du Népal. La région n’a pas souffert du tremblement de terre de 2015

Mon projet s’est passé exactement comme je l’avais planifié… Mais la randonnée a été difficile… Plus difficile que prévu… Cela a été, avec le recul, une excellente idée de m’entraîner ce printemps, en France, le long du GR65... 

Le tracé de mon « trek » de cinq jours et quatre nuits dans le massif de l’Annapurna. Depuis Pokhara, 90 minutes en taxi, en compagnie de mon porteur Yubraj, jusqu’à Nayapul, point de départ de la randonnée. Ensuite, jour #1: Nayapul – Ulleri. Jour #2: Ulleri – Ghorepani. Jour #3: Ghorepani – Tadapani. Jour #4: Tadapani – Ghandruk. Jour #5: Ghandruk et retour en bus vers Pokhara. D’autres marcheurs optent pour une randonnée plus longue (7-11 jours) jusqu’au camp de base de l’Annapurna (ABC).

La première et la troisième étape ont été particulièrement rudes. Un élévation d’environ 1000 mètres le premier jour entre Nayapul et le village de Ulleri, perché à 1960 mètres. Et, entre Ghorepani et Tadapani le sentier monte (jusqu’à 3200 mètres) et descend cruellement. Quatre heures 40 de marche ce jour-là, la plus longue étape, et sans doute aussi la plus belle… 

De Nayapul, le sentier emprunte d’abord un chemin poussiéreux qui monte lentement vers les montagnes…

Début de la randonnée, sous un temps couvert, quelques kilomètres après Nayapul

… le tracé devient ensuite beaucoup plus abrupt… Des milliers de marches sont taillées dans le roc du sentier…

Entre Tikhedhunga et Ulleri, le dimanche 2 décembre

… On grimpe, on grimpe ce premier jour, pendant plus de quatre heures, jusqu’au village de Ulleri… où m’attend une chambre simple et presque nue (voir Conseils pratiques à la fin de l’article)… Heureusement, il y a de l’eau chaude!…

Le pain « Gurung » qui accompagne le petit-déjeuner traditionnel népalais.

Après une courte nuit de sommeil (à cause du froid) et un petit-déjeuner préparé dans une cuisine de fortune, je reprends la route tôt le lendemain, accompagné de mon porteur, Yubraj…

Yubraj, 28 ans, a vaillamment porté mon sac pendant cinq jours. Yubraj vient de se marier à Pokhara. Il a deux grands frères. L’un travaille en Malaisie et l’autre est cuisinier, depuis cinq ans, à Règina, en Saskatchewan. Dans les prochains mois, Yubraj va tenter d’obtenir à Pokhara sa licence officielle de guide de haute montagne.

En marchant et en écoutant mon jeune porteur, j’apprends que les expériences de Yubraj résument assez bien les turbulences qu’a vécues le Népal depuis vingt ans. Né dans le village de Dhital, situé à une heure de route de Pokhara, Yubraj me confie qu’il se souvient encore très bien, dès l’âge de huit ans, des rebelles maoïstes qui faisaient régulièrement irruption, la nuit, dans son village.

Lourdement armés, farouchement opposés à la monarchie, les rebelles exigeaient d’être nourris, logés. Malheur à ceux qui refusaient de les aider ou à ceux qui contestaient leur idéologie, leur autorité. On retrouvait leurs corps, mutilés ou criblés de balles, plusieurs jours plus tard…

Ulleri, le lundi 3 décembre

Une fois les rebelles partis, l’armée népalaise arrivait à son tour dans le village, questionnant les résidents et demandant pourquoi les maoïstes avaient été accueillis et hébergés. Les responsables de l’armée, les soldats, proféraient des menaces. La situation pour les habitants devenait intenable. Lorsqu’il a eu onze ans, la famille de Yubraj a quitté le village et est partie pour Pokhara. Sa scolarité a brusquement pris fin à ce moment-là.

Cette période noire a duré dix ans. Entre 1996 et 2006, entre 13 000 et 19 000 Népalais ont perdu la vie, tués par les rebelles ou par l’armée. Plus de 150 000 hommes, femmes et enfants ont dû, comme la famille de Yubraj, quitter leurs terres, leurs villages et se mettre à l’abri dans les grandes villes.

Ghorepani, le mardi 4 décembre

La situation est aujourd’hui bien différente. Les maoïstes (comme les communistes) ont maintenant intégré le gouvernement. La monarchie a été abolie en 2008 et le Népal est désormais une république dirigée par une femme. Le pays a largement retrouvé son calme, mais personne ici, à Pokhara ou dans l’Annapurna, n’a oublié les cicatrices et les traumatismes de la guerre civile. Cette période d’affrontements et de violence a profondément et durablement marqué le pays. 

Ghorepani, le mardi 4 décembre

Revenons sur le sentier où nous avons eu droit, les jours suivants, à une météo plutôt clémente, et au soleil, bien présent le matin…

Entre Ulleri et Ghorepani, le lundi 3 décembre

En montant vers Ghorepani

En chemin, nous croisons des marcheurs venus de la Belgique, de la France, de l’Allemagne, du Japon, il y a des Britanniques, des Russes, quelques Canadiens, mais à ma grande surprise la grande majorité des randonneurs sont des Népalais. De jeunes Népalais, inscrits à l’université souvent, qui parlent un anglais remarquable, et qui viennent, en groupe, joyeusement, découvrir la région…

« C’est un phénomène relativement récent », m’explique Yubraj qui parcourt les sentiers de l’Annapurna depuis cinq ou six ans… « Avec les réseaux sociaux, et le calme revenu au pays, les Népalais, les jeunes professionnels de Pokhara et Katmandou ont eux aussi envie de partager leurs aventures et leurs découvertes »…

Des jeunes Népalais profitent de la paix retrouvée pour visiter leur pays

En arrivant à Ghorepani, un panneau rappelle aux visiteurs les défis immenses auxquels sont confrontés l’ACAP (l’Agence de Protection de l’Annapurna) et les villages, dépourvus d’infrastructures, qui accueillent douze mois par année maintenant les randonneurs…

Plus de 100 000 touristes visitent la zone de l’Annapurna chaque année. Comment peut-on dans ces circonstances gérer et protéger adéquatement l’environnement fragile de la haute montagne? Recycler les déchets, les bouteilles en plastique en particulier, est est un case-tête considérable pour les autorités…  

Un projet de construction de points d’eau filtrée et potable dans l’Annapurna est en cours afin de réduire le nombre de bouteilles en plastique que transportent les randonneurs…

Deuxième halte, le lundi 3 décembre, dans le village de Ghorepani. Altitude: 2750 mètres.

Dans les rues du village de Ghorepani, des dizaines d’ânes circulent du matin au soir après avoir monté, pour les randonneurs et les résidents, nourriture et équipement

Légumes au curry, Ghorepani

Snow View Lodge, Ghorepani, mardi matin, le 4 décembre

Nous assistons au réveil à Ghorepani… et ensuite, sur la route vers Tadapani, à un spectacle grandiose… Il fait un temps splendide!

Les pics de l’Annapurna entre Ghorepani et Tadapani, le mardi 4 décembre

Le balisage sur le sentier est le même que celui du GR65

Cuisinier dans une « tea house »

Petit-déjeuner avec Yubraj, mercredi matin, le 5 décembre, à Tadapani

… spectacle renouvelé le lendemain matin lorsque nous quittons Tadapani… pour Ghandruk…

Tadapani, mercredi matin, le 5 décembre. J’ai adoré les quelques heures passées dans le village, une des plus petites localités du circuit…

… en route, nous traversons une étonnante forêt de rhododendrons…

… avant de nous arrêter un instant, dans une petite buvette, juste avant Ghandruk…

Thé noir, servi avec le sourire, lors de notre dernière halte entre Tadapani et Ghandruk…

…Ghandruk… où nous arrivons en début d’après-midi… C’est ici que nous terminons notre randonnée…

Arrivée à Ghandruk. le mercredi 5 décembre

Coup de foudre en découvrant la ville, coupée en deux…

En haut, la ville « moderne » avec de beaux et anciens bâtiments, qui servaient autrefois d’entrepots, et qui ont été repeints, rénovés en gîtes ou en hôtels…

Bâtisses à Ghandruk

Portes sculptées

… en bas… la vieille ville de Ghandruk… Un village magnifiquement préservé… et curieusement ignoré par la majorité des touristes et des randonneurs…

La vieille ville de Ghandruk, le mercredi 5 décembre

… Une vieille ville, propre, paisible, accueillante, avec son musée… vieille ville où les artisans perpétuent les traditions…

Confection de paniers en bambou dans un atelier de Ghandruk

Livraison inhabituelle…

Surprise en marchant dans les ruelles… Des enfants nous font signe… Une fête se prépare à Ghandruk!… Nous les suivons vers le haut du village….

Ghandruk, le mercredi 5 décembre

… où notables, dignitaires et membres de la communauté sont déjà rassemblés…

Visages de la communauté à Ghandruk

… afin de participer à une grande célébration… On honore, cet après-midi-là, un couple âgé du village pour sa contribution au fil des ans à la communauté…

Après les discours, une danse traditionnelle…

Quelle belle façon de terminer cette randonnée!

Ghandruk, au réveil, jeudi matin, le 6 décembre

C’est déjà le moment de rentrer à Pokhara…

Ces cinq jours dans l’Annapurna sont passés très vite, en un clin d’oeil

Très heureux d’avoir fait cette randonnée!

Merci à tous les villageois rencontrés et au personnel des « tea houses« 

Cela a été une très belle expérience!

La gare routière de Ghandruk, jeudi matin… On a l’impression ici d’être au bout du monde… Le retour en bus vers Pokhara (quatre heures quinze de trajet) sera épique!

Dal bhat traditionnel népalais servi à Pokhara

Avant de terminer, et avant de partager quelques conseils pratiques sur cette randonnée dans l’Annapurna, je tiens à remercier ici mes amis Stephen et Annie qui ont parcouru le même chemin quelques jours avant moi. Leurs suggestions, partagées à Pokhara avant le départ, ont été précieuses. Merci à tous les deux!

Un des deux permis de randonnée obligatoire pour emprunter les sentiers de l’Annapurna

Voilà donc ci-dessous quelques suggestions pour ceux et celles qui songent peut-être un jour à réaliser ce circuit de quelques jours dans l’Annapurna… 

  • Amener des vêtements chauds. Il fait très froid la nuit et au petit matin.
  • Se munir de savon, d’une serviette de toilette… et de papier hygiénique – items introuvables dans les chambres.
  • Les lits dans les « tea houses » n’ont qu’un simple drap (pas toujours propre) posé sur le matelas, et une couverture (à la propreté douteuse également). Amener un sac de couchage est une bonne idée. On peut en acheter ou en louer facilement à Pokhara. Ou se munir d’une housse, en soie ou en coton, dans laquelle on se glisse. La housse (« liner ») offre une couche de protection entre la peau et le drap/la couverture.  
  • Le prix des chambres est dérisoire. Entre 400 et 1000 roupies la nuit ($5 à $11/3 à 7 euros). La nourriture, qui doit être acheminée à pied ou à dos d’âne jusqu’aux villages, est beaucoup plus chère. Compter 500-600 roupies pour le petit-déjeuner ($6 ou 4 euros). Le même prix pour le déjeuner ou le souper.

Le lac Phewa Tal au centre-ville de Pokhara, samedi matin, le 8 décembre

Au-revoir, Pokhara! J’ai été très heureux ici, tranquille dans mon quartier de Lakeside East où les touristes sont moins nombreux. Logé, au troisième étage, au Nanohana Lodge. Une très bonne adresse.

Le quartier Lakeside East, à Pokhara, samedi matin le 8 décembre

Après quatre semaines en Inde et au Népal, j’ai maintenant pris mon rythme de croisière. J’ai encore devant moi cinq belles semaines de voyage. Ma santé est bonne, le moral, excellent. 

Indra, originaire de Ghandruk, qui a si gentiment préparé et servi la plupart de mes repas pendant mon séjour à Pokhara

Je quitte Pokhara demain pour Katmandou. Un trajet de sept ou huit heures en bus. Ai bien hâte de découvrir la capitale du Népal, et la vallée de Katmandou où j’ai prévu faire plusieurs excursions.

J’ai beaucoup écrit depuis un mois. Et je ne sais pas quand le prochain article sera publié – avant ou après Madras (Chennai), dans le sud de l’Inde, où j’arriverai le 18 décembre, Madras où il fait aujourd’hui… 31 degrés!… 

Alors, juste au cas où… déjà… JOYEUX NOËL À TOUS!   

J’ai rencontré Karchhung, devant sa modeste maison, en arrivant à Ghorepani, le 3 décembre. Nous avons le même âge, et nous avons tout de suite sympathisé. Il m’a indiqué où me placer dans le village le lendemain matin pour avoir les meilleures vues du lever du soleil sur l’Annapurna. Karchhung a un fils qui étudie à Seattle et il espère lui rendre visite dans les prochains mois. Bon voyage, et merci Karchhung!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Premiers pas au Népal…

Femmes au soleil dans le village de Bagnaskot, situé près de Tansen, dans la province de Lumbini, au Népal, le dimanche 25 novembre

Mes premiers pas au Népal n’ont pas été faciles!

Dès mon arrivée au pays, en fin d’après-midi, le 19 novembre, j’ai été confronté à une succession d’obstacles complètement inattendus.

Routes défoncées et difficilement praticables entre la frontière indienne et la ville de Lumbini où je dois passer mes premières nuits…

Soulignées en rouge, mes trois premières haltes au Népal: Lumbini, Tansen et Pokhara

Hébergements (même ceux recommandés par les guides) au confort et à la propreté très sommaires. Transports en commun moyenâgeux. Dans les rues, partout, de la poussière, des déchets…

J’ai dû m’accrocher. Parlementer. Être patient. Changer d’hôtel. 

Et puis, un matin, sans prévenir, après une bonne nuit de repos, le Népal offre au visiteur, surpris, un tout nouveau visage, souriant et radieux…

Vêtus de leurs plus beaux habits, pèlerins à Lumbini, le jeudi 22 novembre

Je me suis arrêté quatre jours à Lumbini…

Lumbini est le lieu de naissance avéré de Bouddha (né en 623 av. J.-C.) et la ville est devenue, au fil des ans, un centre important de pèlerinage.

Avec Sarnath, en Inde (dans l’Uttar Pradesh, lieu du premier discours) et Kushinagar (dans l’Uttar Pradesh également, la ville où Bouddha est mort), Lumbini est l’un des lieux saints du bouddhisme.

Plus d’un million de touristes visitent la ville chaque année. La plupart viennent jusqu’ici en voyage organisé, en bus, et ne restent à Lumbini que quelques heures…. 

Pèlerins sur leur « 31 »…

… en hommage à Bouddha

… Le temps de prendre quelques photos devant l’un des nombreux temples érigés à la mémoire de Bouddha… ou de poser près de l’immense bassin d’eau construit sur le site… 

Famille en visite à Lumbini. Le site de pèlerinage a été conçu autour du jardin où est né Bouddha. Il est classé, depuis 1997, au patrimoine mondial de l’Unesco

« Momos » (raviolis traditionnels népalais) aux légumes

J’avais aussi une autre raison de visiter Lumbini…

Avant de partir pour le Népal, une amie, Christiane, avec qui j’ai travaillé au Rwanda, m’a gentiment proposé de prendre contact à Lumbini avec un ex-collègue népalais, Nar, enseignant et ancien coopérant lui aussi au Rwanda avec l’ONG VSO/CUSO. J’ai bien sûr accepté la proposition.

Quelle excellente idée!

Nar, ancien coopérant au Rwanda

Nar enseigne dans une école gouvernementale (publique) dans le village de Haraiya Bazar, situé à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Lumbini.

Nous avions avant mon arrivée échangé, pendant plusieurs semaines, de multiples courriels. Et le mercredi 21 novembre, Nar est venu, comme promis, me prendre en moto à l’hôtel… et nous sommes partis pour son école…

Quelle belle expérience! J’ai pu passer une heure à dialoguer avec des élèves de 10è année (l’équivalent de la seconde en France) inscrits en filière informatique. Dans un anglais impeccable, ils m’ont posé des dizaines de questions sur le système d’enseignement et sur la vie quotidienne au Canada.  

Élèves de 10è année à l’école secondaire Shree Haraiya. Les élèves sont en classe de 10h à 16h, six jours par semaine, du dimanche au vendredi. Les finissants (11è et 12è années) sont, eux, en cours de 6h à 10h du matin. Malheureusement, au Népal, 40% des élèves seulement arrivent jusqu’à la 10è année.

Dans les classes, ambiance studieuse, uniformes obligatoires et, en général, garçons d’un côté, filles de l’autre. La journée commence avec une assemblée dans la cour de l’école…  et l’hymne national chanté par les élèves..

Lors de ma visite, j’ai aussi pu rencontrer quelques enseignants et faire également connaissance avec l’équipe administrative de l’école…

Le directeur (au centre) et le directeur-adjoint entourés de deux jeunes enseignants qui ont récemment fait le choix de revenir travailler au Népal après un séjour prolongé à l’étranger (à Chennai et à Sydney). Après plusieurs années de turbulences et d’instabilité politique, le Népal a largement retrouvé son calme et des milliers de Népalais reviennent aujourd’hui s’établir au pays.

Très belle matinée!

Merci Nar, merci aux élèves et aux enseignants de l’école secondaire Shree Haraiya, et merci Christiane!

 Quelques jours plus tard, j’ai reçu le mot suivant de Nar…

« Dear Max…  Thank you for the wonderful pictures… All staffs are very happy to see you in the school. Students are still talking about you and your country and the teaching culture in Canadian schools… They are extremely happy to have had that valuable conversation…. Christiane, it is good to see Max in my village… »

Samosas et pakoras farcis aux légumes

Après quatre jours, malgré les belles rencontres faites là-bas, c’est le moment de quitter Lumbini….

Un des chemins de campagne qui mènent au centre-ville de Lumbini. La pollution, causée en partie par le défrichage des champs, est aussi ici bien présente…

Faubourg de Lumbini

… et de reprendre la route… vers le nord… cinq heures de bus… en direction de Tansen… qu’on appelle aussi Palpa… Un magnifique village de montagne perché à 1500 mètres d’altitude…

Odeur d’eucalyptus et de pins dans la forêt qui surplombe le village de Tansen. Ci-dessous, la rue principale du village…

Aucune pollution dans le grand ciel bleu de Tansen. Enfin!

Dès mon arrivée, j’ai le sentiment d’être revenu… à Dalat, au Vietnam!

Même altitude, mêmes forêts de pins, mêmes visages burinés et brûlés par le soleil. Même atmosphère feutrée dans les ruelles escarpées du village.

Mêmes sourires aussi!

Groupe d’étudiants en route pour un pique-nique sur les hauteurs de Tansen, samedi 24 novembre

J’ai absolument adoré mon séjour à Tansen!

Et j’ai dû me pincer dix fois par jour pour me convaincre que je n’étais pas à Dalat mais bien au Népal.

Trois jours passés dans ce village sauvage, paisible, peu connu des touristes, ont suffi pour me réconcilier tout à fait avec le pays.

Mohan Shrestha, 68 ans, ancien professeur d’économie à l’université, maintenant à la retraite, gère l’ excellente guesthouse « City View » à Tansen. Mohan dirige également un bureau d’information touristique, « Get Up ». Nous avons eu chaque jour de longues et fructueuses conversations. Merci, Mohan! Courriel: shrestha.manmohan@gmail.com

Thali végétarien népalais, Tansen.

Après une dernière randonnée, d’une dizaine de kilomètres, le dimanche 25 novembre, entre Tansen et le village de Bagnaskot…

Entre Tansen et Bagnaskot

… J’ai repris mon chemin, vers Pokhara… La route est nettement meilleure cette fois-ci…. En moins de cinq heures, notre bus a rejoint Pokhara, la deuxième ville du pays et la porte d’entrée vers le massif de l’Annapurna…

Il fait un temps splendide! Et j’ai retrouvé avec grand plaisir à Pokhara, comme prévu, mes amis Stephen et Annie qui terminent dans quelques jours leur séjour au Népal…

Au-dessus de Pokhara, en compagnie de Stephen et Annie, le mardi 27 novembre. Magnifique randonnée sur le sentier qui mène à la « World Peace Pagoda ». Le sentier surplombe la ville et le lac Phewa Tal qui baigne Pokhara… Quel plaisir de revoir mes amis! Formidable journée!

Sentier au-dessus de Pokhara

J’ai prévu faire une longue halte à Pokhara… Ma plus longue, avec celle prévue (fin décembre/début janvier) à Pondichéry, dans le sud de l’Inde… Une douzaine de jours environ…

Ce qui me permettra de réaliser ce qu’on appelle ici un « trek« … Une longue randonnée de cinq jours et de quatre nuits dans les villages de haute montagne perchés au-dessus de Pokhara dans le massif de l’Annapurna…

J’ai obtenu hier mon permis et mes autorisations (US$50). J’ai engagé un porteur, Yubraj, 28 ans, qui parle assez bien l’anglais. Yubraj est originaire du petit village de Dhital situé à une heure de Pokhara. Il m’a été chaleureusement recommandé par mon hôtel.

Nous dormirons, comme tous les randonneurs dans l’Annapurna, dans les « tea houses« , des hébergements très simples tenus par les villageois. Nous marcherons en moyenne cinq à six heures par jour.

Point culminant du « trek », environ 3200 mètres. Ce n’est pas très haut. J’ai été bien plus haut (au-dessus de 4000 mètres) dans la région de Potosi, en Bolivie… il y a déjà vingt ans.      

Nous partons dimanche, le 2 décembre. Retour, le jeudi 6 décembre. Je laisse mon ordinateur à Pokhara. Aucune connexion donc pendant cinq jours. C’est la grande aventure. J’ai bien hâte de commencer!

Je vous embrasse tous.

Une partie du splendide massif de l’Annapurna vu des hauteurs de Pokhara. Photo Stephen Cassels.

Nouvelle version de mon petit déjeuner préféré, le Puri Subji, accompagné de yogourt, à Pokhara, ce matin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Varanasi

La vieille ville de Varanasi, baignée par le Gange, dans l’état indien de l’Uttar Pradesh, samedi matin, le 17 novembre.

Des amis m’avaient bien mis en garde avant de partir…

« Fais attention, Varanasi ne ressemble à aucune autre ville, en Inde ou ailleurs. Prépare-toi. Cela va être un choc ».

Comme ils avaient raison!

Assi Ghat, Varanasi, jeudi 15 novembre. Les pèlerins apportent des offrandes (à droite) avant la prière dans les temples: des fleurs, du riz, des fruits, des sucreries…

Varanasi, qu’on appelait autrefois Bénarès, est l’une des villes les plus anciennes du monde. C’est aussi la ville qui accueille en Inde le plus grand nombre de pèlerins. 

Selon la mythologie hindoue, la cité a été fondée par Shiva (l’une des trois déités, avec Brahma et Vishnu) et elle est, au bord du Gange, l’une des sept villes sacrées de l’hindouisme.

Tous les matins, dès l’aube, des milliers de pèlerins affluent dans les temples de la vieille ville ou au bord de la rivière afin de prier (« puja ») et de laver leurs péchés.

Meer Ghat et, ci-dessous, pèlerins priant dans le Gange

Anandmayee Ghat. L’hindouisme est la troisième religion pratiquée dans le monde aujourd’hui après le christianisme et l’islam

Les marches (« les ghats ») qui conduisent vers la rivière sont pleines de monde…

Pandhey Ghat

C’est un spectacle saisissant!

Les personnages les plus étonnants sur les ghats sont sans doute les « Sadhus »

Sadhu, Dashashwameh Ghat

Les Sadhus sont des ascètes hindous qui ont renoncé à toutes les attaches de la vie matérielle pour se consacrer uniquement à la quête spirituelle.

Sadhu bénissant un pèlerin

En tant que « renonçants », ils coupent tout lien avec leur famille, ne possèdent rien ou peu de choses. Certains sadhus s’habillent d’un longhi (une tunique symbolisant la sainteté) et parfois de quelques colliers.

Les sadhus n’ont pas de toit et passent leur vie à se déplacer sur les routes de l’Inde et du Népal. Ils se nourrissent des dons des dévots. Il existe aussi des femmes sadhus.

J’ai cru distinguer, une ou deux fois, sous la poudre des visages, certains traits inattendus: une peau plus claire, des yeux bleus. Des sadhus d’origine européenne? Quelles étranges circonstances les ont conduits jusqu’ici?

Meer Ghat

Aalya Ghat

Certains sadhus sont presques nus…

Harishchandra Ghat

Dashashwameedh Ghat

Des familles entières venues des quatre coins de l’Inde convergent également vers Varanasi afin d’incinérer leurs morts…

Selon la religion hindoue, la mort est vécue comme une délivrance et mourir à Varanasi procure aux défunts la « moksha » – la libération du cycle perpétuel de la réincarnation, réincarnation considérée par les Hindous comme un fardeau.

Le lieu de crémation Manikarnika Ghat. Notez le bois à côté des bûchers…

Après la cérémonie de crémation, les restes des corps sont jetés dans le Gange.

Entre 200 et 300 crémations ont lieu tous les jours à Varanasi.

Chausatti Ghat

Retour sur les ghats où, à quelques centaines de mètres des bûchers, les coiffeurs ne chôment pas…

Assi Ghat

Raja Ghat

En me promenant sur les ghats, j’aperçois un vendeur ambulant…

Raja Ghat

De son petit établi, émane une odeur alléchante..

Je m’approche et me laisse convaincre d’acheter, pour dix roupies, un « papadi chaat », une petite galette de blé écrasée accompagnée de pois chiches, de carottes et de pommes de terre…

Délicieux!

À cinq minutes de marche des Ghats on découvre une autre facette de cette ville qui réserve bien des surprises aux visiteurs…

Le marché de Varanasi, rue Dashashwameedh

Marché de Varanasi

En quittant le marché…

Le centre-ville de Varanasi

… on retrouve les petites ruelles de la vieille ville…

La vieille ville de Varanasi

… qui offrent aux résidents un choix presque illimité de plats et de nourriture…

Dans la vieille ville de Varanasi

Beignets

Plat de Puri Subji dégusté au petit déjeuner. Puri = pain. Subji = ragoût de légumes épicés au curry. Un vrai régal!

Un rare moment de calme dans une ruelle de la vieille ville

Contrastes immenses sur les Ghats, au bord du Gange…

Photo de famille, Assi Ghat

J’ai beaucoup vu, et beaucoup appris, pendant mon séjour ici…

Après cinq jours intenses passés à Varanasi, je reprends la route ce matin….

Une longue journée de voyage m’attend…

Mes étapes de la journée Varanasi – Gorakhpur – Sonauli (frontière népalaise) et Lumbini

Trois heures de train d’abord entre Varanasi et Gorakhpur, une grosse bourgade commerçante située au nord de l’état de l’Uttar Pradesh…

Je ne resterai à Gorakhhur que le temps de sauter dans un bus vers Sonauli et la frontière népalaise (deux heures)…

De Sunauli, je rejoindrai en bus (une heure), en fin d’après-midi, Lumbini, ma première halte au Népal….

Bonne fin d’automne à tous!

Amit qui gagne en partie sa vie en accompagnant les visiteurs sur le Gange…

Au-revoir Varanasi…

Meer Ghat