Jibacoa, Cuba

Comment résister, un matin pluvieux de novembre, à l’annonce habile d’une agence de voyages qui propose, à un prix défiant toute concurrence, pour le début du mois de décembre, un forfait tout compris de sept jours au bord d’une plage à Cuba?

Cuba, la plus grande île des Caraïbes, compte aujourd’hui plus de 11 millions d’habitants.

On réfléchit quelques minutes, on regarde son agenda, on vérifie que la plage en question est à une distance respectable (du ghetto touristique) de Varadero, on consulte sa compagne, on effectue quelques recherches supplémentaires…. et… quelques semaines plus tard… on se retrouve, au bord de la mer, sous un grand ciel bleu, à….

Vue d’ensemble du complexe hôtelier, à Jibacoa, où je me suis installé du 4 au 11 décembre

Pour ce quatrième voyage à Cuba, j’ai donc posé mes valises à Jibacoa, une petite localité située à une heure de route environ à l’est de La Havane, dans la province de Mayabeque.

Jibacoa (en haut à droite sur la carte), au nord de la province de Mayabeque. La côte nord de la province, proche de La Havane, accueille tout au long de l’année les familles cubaines qui viennent profiter des plages et des nombreux camps de vacances mis à la disposition des travailleurs méritants. Belle surprise d’apercevoir régulièrement sur la plage de mon hôtel, pendant la journée, des familles cubaines…

La plage de Jibacoa, lundi matin 11 décembre. La région, miraculeusement, n’a pas trop souffert de l’ouragan Irma qui a balayé les Caraïbes au début du mois de septembre.

Les choses ont bien changé depuis mon premier séjour à Cuba en 1996.

Je faisais partie cet été-là d’un groupe d’une quarantaine de bénévoles, un peu idéalistes, venus, des quatre coins du Canada, prêter main-forte à la révolution cubaine aux prises avec l’embargo américain.

Nous nous étions engagés dans une brigade de travail volontaire, « les Brigadistas », un mouvement de solidarité envers Cuba créé au début des années soixante par Che Guevara afin de soutenir et de mieux faire comprendre à l’étranger les principes de la révolution cubaine.

La formule des brigades était simple. Inviter à Cuba des sympathisants à la cause révolutionnaire et les plonger pendant trois semaines environ dans la réalité du pays: travail agricole aux côtés des paysans, visite des hôpitaux, des lieux historiques et culturels.

Cela avait été pour moi une expérience inoubliable.

Carte officielle de « Brigadista », travailleur bénévole à Cuba – juillet/août 1996.

Nous étions en 1996 basés dans une coopérative agricole située dans la province du centre de Ciego de Avila, loin des touristes (encore peu nombreux à ce moment-là) et des hôtels de la côte nord de l’île qui commençaient à peine à voir le jour.

La province (au centre, en vert) de Ciego de Avila, une des quinze provinces de Cuba.

Nous étions logés en dortoir, femmes d’un côté, hommes de l’autre, de façon assez sommaire, sur des lits de camps étroits, sans moustiquaire et sans eau chaude.

Dès sept heures le matin, nous étions en route, à pied ou en camion, vers les champs avec les campesinos, les paysans de la coopérative, qui deviendront, au fil des jours, nuestros companeros, nos camarades de travail.

Nous récoltions avec eux, dans des champs immenses, des melons, des oignons, des pommes de terre, de la canne à sucre parfois. Certains d’entre nous travaillaient à des projets d’irrigation.

Ciego de Avila, juillet 1996, dans les champs avec une des travailleuses de la coopérative.

Les journées étaient rudes. Dès huit heures, sous le soleil, les champs se transformaient en fournaise.

Après une courte pause pour le déjeuner, nous repartions l’après-midi pour deux ou trois heures de travail supplémentaire. Nous rentrions le soir, le visage couvert de sueur, de poussière, le corps endolori.

Fin d’une journée de travail, Ciego de Avila, août 1996. Nous travaillions dans les champs six jours sur sept.

Le soir, après le dîner, pris en commun, c’était la fête: musique, jeux, leçons de danse, dégustation de rhum…

Un dimanche du mois d’août, nous sommes partis, une centaine, dans des camions, en convoi, vers les nouvelles plages, à peine aménagées, de Cayo Coco, au nord de l’île.

Tous les membres de la coopérative étaient là. Les paysans et leurs familles, les responsables de l’administration, le médecin et les vétérinaires, les employés chargés de l’entretien des locaux et de l’équipement.

Tout le monde, sur le même pied, se côtoyait, sans distinction ni étiquette, partageant les mêmes camions et la même table du déjeuner dominical. Nous avons eu ce jour-là une belle leçon d’égalité et de justice sociale.

La troisième semaine, nous étions pris en charge, et invités par le gouvernement cubain à découvrir La Havane et ses environs. Nous logions dans un camp, à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Entre deux conférences, la visite de l’université ou d’un musée, nous fréquentions les cafés et les bars de la vieille ville de La Havane…

Août 1996 – La Bodeguita del Medio, bar-restaurant mythique du centre historique de La Havane, fréquenté autrefois par les écrivains et les hommes politiques (Ernest Hemingway, Pablo Neruda). Le lieu a bien changé aujourd’hui et est devenu un des rendez-vous incontournables des touristes qui visitent La Havane. Ils viennent y déguster de savoureux cocktails, dont le célèbre « mojito », né, dit-on, ici.

Que de souvenirs! Pour ceux que cela intéresse, ces brigades de travail volontaire avec Cuba existent toujours. Des départs sont organisés chaque année à partir de l’Europe ou du Canada

Rencontre avec une famille de fermiers aux alentours de Jibacoa, vendredi 8 décembre

La plupart des participants à ces brigades reviennent profondément changés par ce séjour à Cuba.

Une fois rentré au pays, avec le recul, devant l’abondance (et le gaspillage) des produits de consommation dans nos sociétés dites développées, une vérité, une évidence s’impose. Qu’on soit ou non d’accord avec les idéaux de la révolution castriste, il est possible de concevoir différemment le développement d’un pays.

Un pays où les citoyens ne sont plus automatiquement considérés comme des consommateurs ou des clients potentiels pour des objets ou des services dont ils n’ont pas besoin pour être heureux.

Un exemple parmi d’autres? La publicité à Cuba, dans l’espace public, est pratiquement inexistante.

Santa Cruz del Norte, une des principales villes de la côte nord de la province de Mayenbeque, dimanche matin 10 décembre.

Ce n’est pas ici mon propos de juger du succès ou de l’échec de la révolution cubaine.

En écoutant les habitants de la région de Jibacoa cependant, il est évident que la vie quotidienne des Cubains est aujourd’hui de plus en plus difficile. Surtout pour ceux (la grande majorité) qui ne travaillent pas dans l’industrie touristique et qui ne bénéficient pas des généreux pourboires laissés par les visiteurs. Pourboires souvent bien supérieurs au salaire mensuel moyen (environ CAN$40) de l’île.

Cavalier sur sa monture, à l’extérieur de Jibacoa, samedi 9 décembre, suivi, quelques minutes plus tard, par un couple sur une charrette…

Depuis la disparition ou la chute des alliés traditionnels (l’ex-URSS et le Venezuela), les Cubains ont de  plus en plus de mal à boucler leurs fins de mois.

Les subventions du gouvernement pour les produits de base dont dépendent les familles – le riz, les haricots, le sucre, le café, le sel, l’huile – sont réduites chaque année.

Le coût de la vie augmente. Chaque Cubain doit se débrouiller comme il le peut en faisant du troc, en proposant des services, ou en servant d’intermédiaire.

Santa Cruz del Norte, dimanche 10 décembre. Ci-dessous, la rue principale du centre-ville…

D’un autre côté, certains chiffres sont éloquents. Le taux d’alphabétisation à Cuba est de 99%. L’éducation, les soins de santé sont gratuits. Il n’y a pas ici comme chez nous des centaines de sans-abris qui errent dans les rues.

Une des rues du centre-vile, Santa Cruz del Norte…

La grande majorité des Cubains peut compter sur un revenu mensuel minimum. Les logements sont fortement subventionnés. La liberté d’expression progresse. Il y a, dans les rues ou dans les villes, peu d’actes de violence. Personne ne meurt de faim. Les inégalités sociales, économiques, entre les citoyens, les familles, sont (en général) minces.

À chacun de se faire son opinion.

Écoliers dans les rues de La Havane, jeudi 7 décembre

On assiste aussi à Cuba, depuis deux ou trois ans, à un phénomène nouveau. Après de longues années d’exil, de nombreux Cubains décident de rentrer au pays. Beaucoup reviennent déterminés à profiter de la (très lente) libéralisation de l’économie.

Ils proposent et gèrent des « casas particulares », des chambres d’hôtes destinées aux touristes et répertoriées sur des sites comme Airbnb. D’autres ouvrent des boutiques ou se lancent dans la restauration. De nouveaux petits restaurants voient le jour, notamment à La Havane…

Ces nouveaux entrepreneurs, souvent formés à l’étranger, mais désabusés, et peu enclins à y vivre de façon permanente, partagent un désir commun. Celui de retrouver, sous le soleil, leur pays, leur langue, leur culture, leurs racines – un rythme et une façon de vivre qui correspondent mieux à leurs aspirations.

Chevaux entre Jibacoa et Santa Cruz del Norte, dimanche 10 décembre. Ci-dessous, images typiques de véhicules (souvent des taxis) sur les routes cubaines…

Entre Jibacoa et Santa Cruz del Norte…

Sur la route de La Havane…

C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai retrouvé cette semaine, après vingt ans d’absence, les rues animées et les quartiers de La Havane.

La Havane où j’ai eu la chance de me promener pendant plusieurs heures, jeudi, émerveillé, fasciné, transporté comme autrefois par l’ambiance toute particulière de la ville et par l’élégance de ses habitants.

Touché aussi par la tristesse qu’on lit dans certains regards.

Par la pauvreté, la détresse, le combat quotidien pour survivre.

Voici donc ci-dessous une vingtaine de scènes de rues et de visages croqués sur le vif sur les trottoirs de la capitale, le jeudi 7 décembre.

À tous les « Habaneros » rencontrés ou croisés ce jour-là, « Gracias ». Avec tout mon respect.

 

Quel avenir pour Cuba?

On célèbre ici cet automne deux événements importants. Le premier anniversaire de la mort du Comandante Fidel, disparu en novembre dernier. Et le 50è anniversaire du décès du « Che », traqué et abattu en Bolivie en 1967.

Ernesto Che Guevara en compagnie de Fidel Castro, en décembre1959 ou janvier 1960.

À la tête du pays, Raoul Castro, 86 ans, a annoncé il y a quelques mois son retrait de la vie politique, et son départ, pour 2018.

Tiendra-t-il parole?

Qui lui succédera?

À quoi ressemblera Cuba dans dix ou vingt ans?

Difficile d’anticiper l’avenir d’une île qui a depuis bientôt soixante ans défié tous les pronostics. Difficile également de prédire la fin d’un régime qui a, depuis Kennedy, résisté et survécu à tous les présidents américains – y compris au (dangereux) bouffon actuel.

De mon côté,  je serais bien resté une, deux ou trois semaines de plus à Cuba, en voyageant indépendamment cette fois, direction est, vers Santiago de Cuba, où je suis resté trop peu de temps en 2006, et surtout vers Baracoa que je ne connais pas encore. Ce sera pour une autre fois. Un cinquième voyage.

J’ai cependant été extrêmement heureux d’avoir eu pendant quelques jours la chance de plonger et me baigner de nouveau dans l‘ambiance chaleureuse de Cuba et des Caraïbes.

Avant de retrouver, le mois prochain, Haïti.

JOYEUX NOËL ET BONNE ANNÉE À TOUS

(Cliquez sur le lien ci-dessus pour nos voeux – très rythmés! – de Noël!)

Lectures de décembre

 

René Depestre (né en 1926) écrivain haïtien, originaire de Jacmel. Depestre a passé vingt longues années à Cuba (1959-1978), en exil, où il rencontre, notamment, Che Guevara, avec qui il a de nombreux entretiens. En 1988, il gagne le prix Renaudot. Il obtient peu après la nationalité française, et s’installe avec sa famille dans un petit village du Languedoc-Roussillon. « Le métier à tisser » retrace son itinéraire, ses rencontres et ses souvenirs « du roman-fleuve de ma traversée du vingtième siècle ». Passionnant.

 

 

Anne Sinclair brosse le portrait de son grand-père maternel, Paul Rosenberg, grand marchand parisien de tableaux impressionnistes et amateur d’art moderne, ami de Picasso et Matisse. Paul Rosenberg, juif, doit en 1940 abandonner sa galerie (rue de La Boétie) qui sera en partie pillée par les Nazis. Il s’installe à New York (où naît plus tard Anne Sinclair) et ouvre une seconde galerie. Souvenirs et drames d’une grande famille bourgeoise. Et portraits intimes des artistes (notamment Picasso) que côtoie la famille.

 

 

 

Au-revoir, Cuba!

12 réflexions sur “Jibacoa, Cuba

    • Merci beaucoup BC! J’ai beaucoup appris moi aussi. Cuba, avec tous ses paradoxes, est une île à nulle autre pareille. Y aller, c’est un peu voyager dans le temps… qui semble parfois s’être arrêté à la fin des années cinquante…

    • Merci, Alix. N’êtes-vous pas vous aussi allés à Cuba récemment? Je crois me rappeler d’un séjour que vous avez fait à Trinidad et à Cienfuegos?…

  1. Salut Max,
    C’est un vrai plaisir de lire ton voyage à Cuba. Comme tu sais, nous étions dans la même région il y a trois ans, à commencer par Matanzas, puis le train Hershey vers La Habana jusqu’à la région du tabac dans l’ouest, avant de revenir vers l’est jusqu’à Trinidad. De l’est du pays on n’a rien vu, mais retourner à Cuba me tente beaucoup. C’est une atmosphère unique au monde, je crois, ce mélange du passé et du présent, de la tristesse des bâtiments en train de s’écrouler en plein centre-ville et les difficultés auxquelles le peuple est confronté tous les jours, mais quelle authenticité et joie de vivre qu’on voit dans les gens! Tes photos sont aussi authentiques, très bien réussies à capter les visages qu’on voit, le regard dans les yeux.
    C’est vraiment dommage de savoir que le train Hershey ne fonctionne plus – on a eu de la chance! Quand je serai au Canada je te montrerai mes photos.
    – À bientôt – Ian

    • Merci, Ian! Je me rappelle de ton enthousiasme lorsque vous êtes revenus de Cuba. Une chose me préoccupe cependant dont je n’ai pas parlé dans l’article. Malgré le mouvement de libéralisation qui se dessine, beaucoup de Cubains, les moins éduqués souvent, cherchent encore par tous les moyens à quitter l’île. Et j’ai souvent entendu cette question pendant mon séjour là-bas: « Que dois-je faire pour immigrer au Canada »? Qu’en penses-tu? Avec plaisir pour les photos.

  2. Nous, on a rencontré à l’aéroport lors de notre retour au Canada un jeune homme de 32 ans qui se préparait à prendre l’avion pour la première fois de sa vie pour se rendre à Winnipeg en plein hiver. Là vivait depuis quelques années un frère, je crois, et ce monsieur le rejoignait. il était excité de partir et commencer une nouvelle vie. C’est normal, quitter son pays dans l’espoir d’ améliorer sa situation. Ne l’oublies pas – j’ai fait exactement la même chose! Et c’est la raison pour laquelle il y a tant de refugiés aujourd’hui. Il y a certainement ceux qui fuient la guerre, mais il y a des milliers de gens partout au monde qui veulent notre standard de vie, et qui ont fait des économies pour tenter la fuite, traverser l’océan à grand risque. C’est un phénomène qui est loin d’être unique à Cuba.

    La vie à Cuba est difficile, certainement. Je me souviens de Trinidad, où, une ou deux rues derrière la centre-ville plutôt touristique habitaient des familles de pauvres. Des femmes sortaient de leurs maisons pour nous demander si on avait du savon pour eux. On entendait cela souvent – avez-vous du savon? Même un produit qui sert à se garder propre on en manque, ou du moins de la mauvaise qualité.

    Quand je parle de joie de vivre… les gens, sont-ils vraiment heureux s’ils veulent quitter leur pays, s’ils ne voient pas de sortie de leur pauvreté? C’est contradictoire, c’est certain. Mais de l’autre côté, ils ne vivent pas dans la misère, et on n’a pas été témoin d’aggression à Cuba, jamais vu un homme qui battait sa femme, son enfant, des gens qui se disputaient en pleine rue, des engueulades. Je me sentais bien là, entre eux.

    • Merci infiniment d’apporter ces précisions, Ian! Je partage tout à fait ton point de vue. La grande égalité sociale qui règne sur le territoire, c’est, je crois, une des choses qui me frappe le plus lorsque je visite Cuba. Les gens ont peu, vivent très modestement, mais ils ne connaissent pas, en général, la misère. C’est tout le contraire dans nos pays dits développés. Je me demande ce qu’est devenu ce jeune Cubain de 32 ans à qui vous avez parlé et qui est parti rejoindre son frère à Winnipeg…

  3. Dear Uncle Max,

    C:How are you doing? We’re going to Varadero, Cuba on April 21st. This will be our first time there. It’ll be like an expedition. We are reading your blog with Google Translate. We love the pictures of the vintage cars. We hope to have a tour in one of those cars.

    A:This is a very impressive blog. I love the details such as the pictures you took of the people walking on the streets and the villages are so different than in Calgary. It looks like you were in a rural area. 🙂 What were your favourite foods? Did you eat Cuban black beans and yellow rice and steak?

    C: Did you speak Spanish or English to the school children?????????

    ACD: We missed you tonight. Mom and Dad made a savoury gluten-free pork sausage and spinach lasagne with brown rice lasagne noodles. Dad also made an 18 hour risen multi-grain bread. We’re going to teach Auntie D. how to play chess tonight. See you soon????

    With love from your nephews on this very sunny Friday night…Spring Break is here in Calgary…finally!!!

    A and C

    P.S. I bet you’re looking forward to go on your trek on the Camino in France!! We’ll pray for you!

    • Thank you so much dear A & C! I wish you both an exciting and safe trip to Varadero! It will be interesting for you to compare life in Cuba with what you have previously experienced in southern Mexico. I did not really speak English or Spanish to the school children as I did not know them. Spending time in Old Havana was one of the many highlights of my trip in December. Hiking in the Jibacoa area was another high point. I also liked listening to the music in the street and on the radio. See you guys very soon. Take good care of E and P and of your grand-parents. Can’t wait to hear your stories when you return.

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