Maupiti

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Diana en vélo sur l’île de Maupiti, le jeudi 1er décembre, revenant d’une baignade…

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… à la plage Tereia située à la pointe sud-ouest de l’île, plage où nous sommes allés pratiquement tous les jours nager…

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et déguster aussi le midi du poisson grillé au snack « Chez Mimi », situé au coeur d’une petite oasis à quelques mètres du rivage!  

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L’île de Maupiti, couronnée de cinq motus (atolls), est située au centre d’un vaste lagon. Un bateau relie en 15mns l’aéroport (établi sur le motu Tuanai) au petit port de Vaiea, le village principal de l’île, sur la côte est. Notre pension (trait rouge) est située sur la côte sud, à 15 mns en vélo de la plage Tereia (pointe ouest). Une route goudronnée d’environ 8 kms suit le pourtour de l’île. Route que nous avons bien sûr parcourue cette semaine plusieurs fois en vélo.

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L’arrivée à Maupiti est spectaculaire. L’avion se pose sur une toute petite piste posée sur un motu de sable blanc. Ci-dessus, l’entrée principale des passagers débarquant à l’aéroport…

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Courte balade sur la plage du motu en attendant les bagages…

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et sortie de l’aéroport vers un petit bateau qui conduira les passagers vers Vaiea 

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Bienvenue à Maupiti!

Comme prévu, la propriétaire de notre pension de famille nous attend au quai du port de Vaiea et nous emmène en bavardant à notre hébergement. Durée du trajet: 5 minutes.

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Notre pension de famille pour la semaine, entre mer et montagne, en demi-pension. Une grande chambre confortable, une salle de bains (eau chaude), une belle terrasse et, devant nous, au-delà de la pelouse, toute la journée…

Hinanui et Herenui cueillent des fleurs de tiare 2dec

l’océan, le long ponton de la pension et quelques buissons verdoyants où deux jeunes femmes, Hinanui et Herenui, viennent cueillir tôt le matin les fleurs blanches et odorantes de Tiare avec lesquelles elles fabriqueront…

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… plus tard dans la journée des colliers – Photo: Diana

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Longues conversations à notre pension avec Marilyn en déplacement cette semaine à Maupiti où elle coordonne des projets de micro-crédit. Marilyn a étudié à Montpellier et vit avec sa famille à Raiatea. – Photo: Diana

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Embouteillage monstre le vendredi 2 décembre sur l’unique route qui fait le tour de l’île de Maupiti. 

Nous aurions facilement pu rester beaucoup plus longtemps que sept jours sur l’île de Maupiti!

Deux, trois, quatre semaines, voire plus, cela ne nous aurait vraiment causé aucun souci!

En fait, nous avons vite perdu en arrivant ici toute notion du temps.

Entre les baignades quotidiennes, nos randonnées à pied ou à vélo, les conversations avec les clients de notre pension et les résidents de l’île, nous n’avons tout simplement pas vu le temps passer.

De toutes façons, les montres, les horloges sont rares à Maupiti!

Les journées ici sont plutôt ponctuées par le chant des coqs. Par la couleur du ciel et de la mer. L’éclat du soleil. Par la force du vent qui annonce la houle ou la pluie à venir.

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Joueurs de pétanque à l’entrée du village de Vaiea, le mercredi 30 novembre

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Un résident de Maupiti dans son jardin, un peu plus tôt le même jour

Nous avons tellement appris ici!

Sur la côte nord de Maupiti, le dimanche 4 décembre. Nous avons eu toute la semaine un temps splendide!

Maupiti est une île de pêcheurs, une île sauvage où vivent environ 1300 habitants. C’est peu. Les liens qui unissent les membres de la communauté sont ici très forts. Tout le monde se connaît. Et est un peu cousin, oncle ou tante d’un voisin ou de quelqu’un d’autre. Dès notre arrivée, le sentiment que la confiance, partout, règne entre les résidents.

Quelques exemples? Nous n’avons eu cette semaine aucune clé pour fermer la porte de notre chambre ou pour le portail de la pension. Pas de clés non plus ni de cadenas pour nos vélos.

Nous avons, presque les yeux fermés, laissé nos sacs sur la plage. Nous n’avons eu aucun pépin. Lors de nos déplacements à pied, souvent, une voiture ou un camion s’arrête. Le chauffeur gentiment nous demande si nous souhaitons poursuivre la route avec lui.

Sur la route encore, un riverain cueille dans son jardin des mangues ou des bananes. Il nous en offre avec le sourire alors que nous passons. Nous causons, au bord de la route.

Où d’autre les voyageurs peuvent-ils vivre une telle expérience?

Il n’y a que trois ou quatre petits magasins sur l’île qui vendent des produits de première nécessité. Aucune grande surface comme à Moorea ou Huahine. Aucune banque. Pas de transport en commun. Un tout petit marché, deux fois par semaine.

On se débrouille comme on peut. On échange des produits de son jardin. Ou des services. On est souvent à Maupiti à la fois pêcheur, chauffeur, jardinier, cuisinier, gardien d’enfants. Les habitants de l’île sont extrêmement polyvalents.

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Petit déjeuner à notre pension de famille avec Steeve, 34 ans, technicien médical, en mission pour quelques jours à Maupiti. Steeve a 3 enfants et est basé avec sa jeune famille à Raiatea.

Lors d’une longue conversation un matin, Steeve, notre voisin à la pension, nous confirme que pour la majorité des « îliens » – les Polynésiens qui vivent hors Tahiti et Moorea – avoir un revenu ou un salaire fixe tous les mois est loin d’être un objectif, un rêve ou une priorité.

Ce qui compte avant tout dans ces chapelets d’îles, c’est l’auto-suffisance. Pouvoir pêcher et nourrir sa famille. Cultiver son jardin, récolter ses propres fruits et légumes. Vivre près de la nature. 

Enota, 52 ans, devant sa maison, sur la côte ouest de l’île Maupiti où il est né. Enota a cinq enfants et travaille dans la production de coprah. Sur le coprah, SVP voir plus bas.

Cette quête d’auto-suffisance, d’indépendance va encore plus loin à Maupiti. Il n’y a sur l’île aucun hôtel. Uniquement des pensions de famille, une trentaine. 

En 2004 les habitants de Maupiti se sont prononcés par référendum (à plus de 80%) contre la construction d’hôtels sur leur territoire.

Je reproduis ci-dessous un article, publié en 2014, qui permettra de situer le contexte sur l’île, à ce moment-là.

« La mairie d’une commune de Maupiti reçoit en 2004 la proposition d’une chaîne hôtelière internationale d’ouvrir sur l’île une prestigieuse adresse, pieds dans un lagon de paradis. Mais on ne trouble pas ainsi l’avenir d’un millier d’âmes. Débats, réunions… Tout le monde à Maupiti a pris la parole. Alors, le maire a décidé de faire un référendum. Les promesses de millions d’euros investis, de dizaines d’emplois garantis, le développement de l’économie locale (…), la contribution aux impôts locaux, le rayonnement international… Rien n’y a fait. Les habitants ont refusé à plus de 80% la construction de l’hôtel. »

Nous avons bien sûr demandé aux habitants pendant notre séjour si le résultat aurait été aujourd’hui, 18 ans plus tard, le même.

La réponse a été, partout, unanime. « Oui, absolument. Nous ne voulons toujours pas d’hôtels ici« .

Nicole, gère avec son mari depuis 2004 l’unique et excellent restaurant de Maupiti, le Tarona. Au menu, plats tahitiens, poisson cru, grillé ou mets asiatiques

Chow Mein aux légumes, restaurant Tarona, le vendredi 2 décembre

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La plage Tereia, samedi matin, 3 décembre.

Après toutes ces conversations, nous décidons un matin de tenter en solo la grande traversée du lagon! 

Objectif: aller de la plage Tereia jusqu’au motu Auira. Une distance d’environ 250 mètres. (SVP voir la carte plus haut, côté sud-ouest de l’île)

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Traversée du lagon, le samedi 3 décembre. À l’arrière-plan, à environ 50 mètres, le motu Auira. Nous avons eu à un moment de l’eau jusqu’au nombril! Nous avons aussi aperçu dans l’eau claire du lagon une grande raie.

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Après 20 minutes de traversée – mission réussie! – nous arrivons de l’autre côté du lagon, sur le motu Auira! Il n’y a pas un chat sur la longue plage de sable blanc. Une autre splendide journée dans les Îles Sous-le-Vent! La saison des pluies nous a complètement oubliés depuis Huahine. Une trentaine de minutes plus tard, nous reprenons le chemin du retour et nous retraversons le lagon dans l’autre sens. 

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Conversation sur la route de ceinture de Maupiti, le jeudi 1er décembre

L’eau n’est malheureusement pas potable à Maupiti!

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Tous les kilomètres environ on retrouve sur le pourtour de l’île des fontaines d’eau potable installées par la commune. Nous nous y sommes régulièrement approvisionnés.

Nous rencontrons un matin, près de la plage, un homme encore jeune qui esquisse dans son jardin des grands pas de danse.

Il est heureux, en pleine forme! Nous nous approchons.

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Barsanas célèbre ce matin-là son 34è anniversaire! 

Barsanas nous apprend qu’il travaille à Maupiti dans la production du coprah. Avec le tourisme et la pêche, le coprah est l’une des principales ressources de l’île.

Devant un petit monticule de noix de cocos qui sèchent au soleil devant son domicile, Barsanas nous explique très gentiment, en quelques mots, les différentes étapes de production du coprah.

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Barsanas devant le four artisanal au toît de tôle où va sécher la pulpe de la noix de coco

 La noix de coco, nous dit-il, est d’abord récoltée, mûre. On extrait ensuite à l’intérieur la pulpe blanche (« le puha« , en tahitien) que l’on fait sécher au soleil pendant plusieurs jours. La pulpe séchée est ensuite expédiée par bateau sur l’île de Tahiti et sert à fabriquer de l’huile de coco.

Le prochain bateau accoste au quai de Maupiti le dimanche 18 décembre. Le travail va donc bientôt commencer.

Barsanas espère pouvoir produire d’ici le 18 décembre environ 80 sacs de « puha », de 25 kgs chacun. Le puha se vend, nous précise-t-il, à 140 CFP le kilo (environ 1€17).

Nous faisons rapidement le calcul. 80 sacs X 25 kgs = 2000 kilos X 140 CFP = 280 000 CFP soit environ 2345 euros ou CAN$3330. Une somme rondelette. Mais pour combien d’heures de travail?

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Deux jeunes femmes, employées par la commune de Vaiea, rencontrées le mercredi 30 novembre

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Messe célébrée hier en tahitien et en français à la paroisse Sainte Bernadette de Maupiti. Surprise, les officiants sont toutes des femmes. Et parmi les fidèles un homme, à gauche, porte une fleur de tiare à l’oreille. 

Ce ne sera pas facile de quitter Maupiti!

Un premier vol d’environ vingt minutes nous conduira demain jusqu’à Raietea. Après une courte escale, un second vol d’une vingtaine de minutes nous mènera jusqu’à l’île de Bora Bora où nous passerons la nuit, près de la plage Matira, à la pointe sud de l’île. 

Nous aurons juste le temps de nager un peu mercredi matin à Bora Bora avant de nous envoler en début d’après-midi (le 7 décembre) vers la petite île de Tikehau, dans l’archipel des Tuamotu. Un trajet de deux heures depuis Bora Bora.

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Notre itinéraire du mardi 6 et du mercredi 7 décembre, entre Maupiti et l’île de Tikehau, dans l’archipel des Tuamotu. Si l’on compte notre courte escale à Bora Bora, Tikehau sera déjà notre sixième halte en Polynésie…  

Maupiti a sans aucun doute été notre plus belle étape jusqu’à présent!

Nous avons beaucoup aimé la culture rebelle, indépendante de l’île. Son côté sauvage, indompté.

Nous avons apprécié ici aussi la gentillesse, l’exquise politesse des habitants. 

Envié le sentiment très fort que partagent les résidents de l’île de vivre ici – vraiment! – dans un petit coin de paradis.

Comme ils ont raison d’être fiers!

Maupiti est un bijou. Un modèle dont on devrait partout s’inspirer. 

Bonne fête de la Saint Nicolas!

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Au revoir Maupiti!

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Deux dames rentrent chez elles après avoir assisté à la messe à Vaiea dimanche matin.

Dernière baignade le matin de notre départ!

Il n’est pas encore 6h. Nous quittons la pension sur la pointe des pieds, nous enfourchons nos vélo… et dix minutes plus tard, nous sommes dans l’eau claire et fraîche de la mer…

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6h40 du matin à la plage Tereia, le mardi 6 décembre

Nous décidons ensuite de faire un dernier tour de l’île en vélo…

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7h30 du matin. Pendant que les enfants se dirigent vers leur école, dernière conversation de Diana avec une dame très digne, Christine, originaire de Bora Bora…

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qui jardine tranquillement

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devant sa maison…  Devons-nous vraiment partir? Au-revoir, Maupiti!

17 réflexions sur “Maupiti

  1. Incroyable de lire comment les habitants de Maupiti vivent en autarcie selon leurs choix. Bravo. Je comprends que vous ayez pu les envier en étant sur place et en ayant vécu au rythme de l’île. Votre voyage est magnifique. Bonne continuation.

    • Merci beaucoup, Florence. Tu as raison, ce long voyage en Polynésie est l’un de nos plus beaux. Cela est dû en grande partie à tout ce que nous apprenons des Polynésiens, comme ceux qui vivent à Maupiti. Prends bien soin de toi.

  2. Such an idyllic lifestyle in a beautiful setting where everyone is connected as a community. Life seems less complicated and there is a sense of insulation (or is it isolation?) from the rest of the world. Savour the moments!

    • Thank you so much, A. We are indeed savouring each moment (minus the mosquitoes for Diana). We had a wonderful stay in Maupiti and a great learning experience. Everyone knows everyone else on the island – hence, as you mention, a strong sense of community. There is lots to learn here for communities everywhere, including in Canada.

  3. Je résumerai ton article à : le bonheur d’être à Maupiti. Merci pour ce bel article qui parle bien de la beauté des gens, des paysages et de cette douceur de vivre.

    • Merci Viviane! Vous avez bien de la chance d’aller (de retourner?) bientôt à Maupiti. Lorsque vous y serez, essayez d’aller déjeuner au Tarona, toute l’île se donne rendez-vous là-bas, à midi. Bon retour vers Montréal!

    • Merci beaucoup, Christiane! Nous sommes déjà aujourd’hui 10 décembre à mi-parcours. Tout cela va trop vite. Joyeuses Fêtes dans le sud-ouest, Christiane!

  4. Bonjour à vous deux, merci pour ce beau carnet autour de l’île de Maupiti, ou, j ‘y ai appris, et pourtant je suis d’ici… Vous manquez bien à Herenui en vos conversations pleines de coeur et gentillesse. Merci d’y avoir amené votre partage humain, avec ce sourire, cette simplicité…. On vous salue chaleureusement , en espérant un retour dans nos eaux pour y accueillir en notre maison chaleureusement Herenui , Thierry vous êtes étonnants et rare !!!

    • Merci infiniment Thierry pour tes mots si généreux. C’est plutôt à nous de vous remercier, toi et Herenui, pour vos attentions et votre accueil si chaleureux. Nous avons beaucoup appris en t’écoutant. Merci d’avoir ouvert ton coeur et partagé tes sentiments avec nous. Grâce à toi et Herenui, Maupiti est entre bonnes mains.

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