Pondichéry

Je ne m’attendais pas en arrivant deux jours avant Noël à Pondichéry à découvrir dans les rues de la ville une telle effervescence!…

Le territoire de Pondichéry est enclavé dans l’état du Tamil Nadu dans le sud de l’Inde

Malgré le temps couvert, des centaines de curieux viennent assister près du bord de mer à Pondichéry, dans l’état du Tamil Nadu, au festival « kolam », le dimanche 23 décembre.

Après un voyage en train depuis Chennai, j’étais à peine installé dans ma guesthouse, dans « la ville blanche » comme on appelle ici l’ancien quartier colonial français, qu’une rumeur, un bruit de foule, venu du bord de mer, tout proche, m’a forcé… m’a poussé dehors…

Que se passait-il?

Participantes au festival kolam et badauds se pressent le long de l’avenue Goubert, à Pondichéry

Selon la tradition, tôt le matin dans le sud de l’Inde, les femmes dessinent sur le sol devant l’entrée de leur maison ou de leur commerce des figures géométriques en guise de bienvenue et afin de porter chance et prospérité aux membres de leur famille et à la communauté. Ces figures géométriques sont aussi des offrandes au jour qui se lève et une invitation aux divinités.

Kolam, Pondichéry…

Ces kolams sont souvent très complexes. Les figures sont d’abord tracées avec de la craie et ensuite ornées de poudres de couleur, de grains de riz, de fleurs, de petites branches, tout ce qui est disponible à portée de la main. Les kolams sont réalisés uniquement par les femmes et le savoir-faire est partagé en famille entre grand-mères, mères, filles et sœurs..

 

 

… le dimanche 23 décembre

Le festival kolam vient une fois l’an, à Pondichéry, honorer cette tradition… Un grand concours est organisé. La municipalité alloue à chaque participante un petit périmètre le long du bord de mer, et les concurrentes s’affairent, seules ou en petits groupes, en une heure ou deux, à réaliser leur kolam.

Les couleurs, le spectacle, l’élégance, dans la rue, sont saisissants!

Avenue Goubert, Pondichéry

Le tamoul est la langue principale parlée à Pondichéry et la langue officielle de l’état du Tamil Nadu (littéralement: « le pays des tamouls »). Le tamoul est également la langue parlée au nord du Sri Lanka. Trente minutes d’avion seulement séparent Chennai de Jaffna.

Chacune des créations est ensuite soigneusement jugée, évaluée et notée par une équipe composée de dignitaires de la ville et du gouvernement du Tamil Nadu.

Les juges évaluant avec soin un kolam. Instant solennel pour les concurrentes et leurs familles

Les prix pour les gagnantes? Des appareils électro-ménagers, une télévision, des saris de qualité et des vêtements pour les enfants, des ustensiles de cuisine…

Le festival Kolam a été pour moi, à peine arrivé dans la ville, une formidable introduction à Pondichéry… à sa culture, complexe, tolérante, déroutante aussi…

Pondichéry

… puisque quelques heures après le festival kolam, on célébrait dans la même rue, à deux pas, le dimanche 23 décembre et encore le 25, deux magnifiques messes de Noël – en français! – messes chantées dans l’église Notre Dame des Anges, noire de monde, les deux jours…

Messe de Noël célébrée à l’église Notre Dame des Anges à Pondichéry

L’église Notre Dame des Anges, construite entre 1851 et 1855, a récemment été rénovée. Le Tamil Nadu compte environ 6% de chrétiens et 6% de musulmans. 87% de la population est de confession hindoue. (Sur la religion à Pondichéry et dans le Tamil Nadu, voir aussi la première partie du roman de Yann Martel, « L’histoire de Pi »…)

Alors, Pondichéry… ville tamoule… ville indienne… ville française?…

Ou les trois à la fois?

Les thalis servis dans le Tamil Nadu sont plus colorés, épicés – et copieux! – que ceux servis dans le nord du pays ou au Népal. Le prix des repas dans le sud de l’Inde est aussi, en général, beaucoup plus bas. Le prix du plat ci-dessus? 145 roupies, soit $2.80 ou 1,80

Rue Surcouf, Pondichéry

Rue de la Marine

Rue Mahé de Labourdonnais

Un peu d’histoire… pour mieux comprendre Pondichéry, le contexte dans lequel la ville est née et son évolution depuis le XVIIè siècle…

1er comptoir établi à Chandemagor en 1668, puis à Pondichéry en 1673, Mahé en 1721, Yanaon en 1725 et Karikal en 1739

À partir de 1668, la France, via la Compagnie française des Indes (créée en 1664) annexe ou acquiert plusieurs territoires dans le sous-continent indien afin, selon Colbert, le Contrôleur général des finances, sous Louis XIV, de « procurer au royaume de France l’utilité du commerce des Indes et empêcher que les Anglais et les Hollandais n’en profitent seuls. »

Après le Portugal, l’Angleterre et la Hollande, la France est la dernière puissance maritime européenne à fonder une compagnie des Indes pour commercer avec l’Orient.

Le comptoir de Pondichéry est « installé », pacifiquement, en 1673. La paix sera de courte durée.

Pendant près de trois siècles – jusqu’à la restitution du territoire à l’Inde en 1956 – Pondichéry va connaître une histoire tumultueuse. Entre l’Angleterre, la Hollande et la France, la ville change plusieurs fois de mains et d’allégeance. En 1761, Pondichéry, française, est rasée par les Britanniques. Puis rendue à la France en 1765 après un traité de paix avec la Grande-Bretagne. La ville est reconstruite…

Une dernière note historique. Tous les habitants de Pondichéry (et ceux des autres comptoirs) sont déclarés citoyens français lors de la révolution de 1848.

Carte non datée des possessions françaises en Inde. Pondichéry a aujourd’hui le statut de territoire et a été rebaptisée Puducherry en 1996

Que reste-t-il aujourd’hui de l’ancienne présence française?

Il est difficile d’évaluer le nombre exact de francophones qui vivent à Pondichéry. Le consulat de France recense environ 6000 « franco-pondichériens » mais une toute petite partie seulement – environ 200 – parle régulièrement le français. C’est infime pour une ville qui compte plus d’un million d’habitants.

Parmi ces franco-pondichériens, beaucoup de retraités. D’anciens militaires ou des fonctionnaires, nés à Pondichéry ou Karikal, qui ont fait carrière dans l’armée ou dans l’administration française, et qui passent maintenant leur retraite, ou plusieurs mois par an, au pays natal…

D’autres, n’ayant jamais quitté le territoire, vivent dans une situation beaucoup plus précaire et doivent compter, chaque mois, sur l’aide et les subventions du consulat.

Malgré tout, grâce à un méticuleux travail de restauration entrepris par les autorités françaises et l’état du Tamil Nadu, lorsqu’on se promène dans « la ville blanche« , propre, ombragée, fleurie, on a l’impression de marcher dans les rues d’une petite ville française, bourgeoise et cossue…

Rue de l’Évêché, Pondichéry. Le cadastre du « quartier blanc » n’a pas changé depuis l’époque coloniale

Des appartements avec balcons, des maisons élégantes, de jolis immeubles rénovés et repeints, bordent les rues…

Rue Romain Rolland

Plusieurs bâtisses ont été reconverties en hôtels, en restaurants, en boutiques… Derrière les murs se cachent de somptueux jardins… D’autres immeubles ont été agrandis, modernisés… et réquisitionnés pour le service public…

Le Lycée Français de Pondichéry, rue Victor Simonel. Créé en 1826, le lycée accueille cette année environ 550 élèves, de la maternelle à la terminale. En plus de l’anglais, de l’allemand et de l’espagnol, les élèves peuvent aussi étudier comme langue seconde le tamoul.

L’Alliance Française de Pondichéry, rue Suffren

C’est dans la rue Suffren également qu’est située ma guesthouse (sur la droite). Afin de me déplacer plus facilement, j’ai loué pendant mon séjour, un vélo (vert, sur la droite)… Au Tamil Nadu, les nouveaux vélos sont, le premier jour, emmenés formellement au temple afin d’être bénis. Les guidons sont ensuite, ce jour-là, décorés de guirlandes de fleurs… Le protocole est le même pour les nouvelles voitures.

Le parc Bharathi au cœur du « quartier blanc ».

L’Institut Français de Pondichéry, rue Saint-Louis

Certains plats servis dans les restaurants du quartier ne dépareilleraient pas une bonne table européenne ou canadienne.

Poulet aux champignons, rue Labourdennais

Seul regret, le français, pratiquement inexistant dans les rues de Pondichéry. Parlé seulement par les très nombreux touristes français ou francophones qui fréquentent les boutiques et les cafés de « la ville blanche« …

Rama vend tous les matins au bord de la mer un café au gingembre et au miel!

Dipankar, vendeur de samosas, devant son comptoir, rue de Bussy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À une quinzaine de minutes de marche du quartier colonial, vers l’ouest, un autre monde… La ville tamoule, « la ville indigène » ou « la ville noire » comme on l’appelle aussi, (à mon avis, très péjorativement)…  la ville tamoule où vit et travaille la très grande majorité de la population de Pondichéry…

La rue Bharathi, une des artères principales de la ville tamoule

Le grand marché couvert Goubert, au nord de la rue Bharathi

Monde complètement différent. Point ou peu de bâtisses rénovées ici… mais des rues commerçantes, animées…

Ville tamoule, Pondichéry

… et quelques îlots de calme…

Canteen Street

En me promenant dans les rues de la ville tamoule, une grande politesse, dans les magasins, dans les restaurants… Les visages s’éclairent lorsqu’on apprend que j’habite au Canada… Le pays est connu, apprécié…  Les gens ont de la famille là-bas, des amis… En dehors de l’Asie, c’est dans la région métropolitaine de Toronto qu’on retrouve la plus grande communauté de Tamouls dans le monde…

Pêcheurs devant le bord de mer à Pondichéry

Deux fois par jour, tôt le matin, et en fin d’après-midi, c’est au bord de la mer, sur la promenade qui fait face au golfe du Bengale, que les deux villes, la ville blanche et la ville indigène, se donnent rendez-vous et se rejoignent, pacifiquement…

« La promenade », avenue Goubert, à sept heures du matin. Un de mes moments préférés à Pondichéry. 40 minutes de marche environ pour parcourir (a-r) la longue avenue qui longe le golfe du Bengale

Malheureusement, pas de baignade dans la mer, à Pondichéry… Les courants sont trop dangereux…

Cinq fois par jour, retentit aussi dans la ville l’appel du muezzin qui invite les musulmans à la prière

Touristes et résidents viennent nombreux le matin assister au spectacle du soleil qui se lève au-dessus du golfe du Bengale

On croise sur le bord de mer ou dans la ville tamoule des visages étonnants…

Personnage rencontré un matin sur le bord de mer… « On ne sait pas d’où ils viennent, ni où ils vont », m’a dit un résident…

Lila Marie-Joséphine, francophone, 71 ans, née à Saïgon de père (militaire) français, vit maintenant avec sa fille à Pondichéry

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai quand même pu prendre un bain de mer sur l’une des trois plages située aux environs de Pondichéry… Serenity Beach.

Serenity Beach, à six kilomètres au nord de Pondichéry, le jeudi 27 décembre. 30 degrés à l’ombre.

Cette plage, qui est loin de rivaliser avec les plages immenses du Kerala, avec celle de Varkala, en particulier, était l’une de mes étapes, ce jour-là, sur la route vers Auroville…

Une partie des magnifiques jardins de la commune d’Auroville située à 10 kilomètres au nord de Pondichéry

Impossible de parler de Pondichéry sans évoquer, même brièvement, Auroville, une commune à nulle autre pareille, fondée en 1968 par le philosophe indien Sri Aurobindo et sa compagne, française, Mirra Alfassa-Richard, surnommée « la Mère ».

Comment décrire Auroville?

La commune se targue d’être « une ville expérimentale » et « une cité universelle » dont le dessein est « de réaliser l’unité humaine » en réunissant sur son territoire des hommes, des femmes et des enfants venus de 50 pays différents et qui doivent, pour séjourner à Auroville, adhérer à une charte.

Mirra Alfassa-Richard, résume ainsi, dans un essai, sa vision d’Auroville:

« Il doit exister sur terre un endroit inaliénable, un endroit qui n’appartiendrait à aucune nation, un lieu où les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations, pourraient vivre librement comme citoyens du monde… Auroville a pour vocation d’être le lieu d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités… »

Ce projet, utopique à première vue, a néanmoins séduit depuis cinquante ans des milliers d’adhérents, étrangers pour la plupart, qui vivent et contribuent à la vision d’Auroville en participant notamment à 35 unités de travail (agriculture, informatique, éducation, santé, artisanat…) réparties sur l’ensemble de la commune.

Le projet est soutenu, depuis le début, par l’Unesco.

Le Mantrimandir (« le Temple de la Mère »), l’âme de la cité d’Auroville, situé sur un terrain dégagé appelé le « Parc de l’Unité ». Auroville était à l’origine un site aride, sans eau, un désert. Plus de deux millions d’arbres et d’arbustes ont été plantés depuis 1968…

Je ne suis resté que quelques heures à Auroville, heures passées principalement à me promener dans les magnifiques jardins et à visiter la librairie (où je me suis procuré, par curiosité, deux ouvrages de « la Mère »)

Je suis resté assez longtemps cependant pour avoir envie de revenir et d’en savoir un peu plus sur ce projet singulier.

Infos supplémentaires sur Auroville disponibles sur le site: https://www.auroville.org

Dans les jardins d’Auroville

Un mot sur la langue…

J’ai rencontré un après-midi dans un café du bord de mer un groupe de jeunes venant du Rajasthan, un état situé dans le nord-est du pays. Ces jeunes visitaient Pondichéry pour la première fois… Arrivés devant le comptoir du café, ils ont chacun passé leur commande en anglais. Je leur ai demandé pourquoi. Ils m’ont expliqué que, venant du Rajasthan, ils parlaient couramment le hindi et l’anglais (les deux langues officielles de l’Inde), ils parlaient également le rajasthani et le marwari, deux des langues régionales du Rajasthan… mais pas un mot de tamoul.

Le garçon du café, lui, ne parlait pas hindi, encore moins le rajasthani et le marwari… Leur seule langue commune (langue très hésitante pour le barista) était l’anglais…

Un grand nombre de résidents du Tamil Nadu ne parlent pas hindi. Beaucoup en sont d’ailleurs assez fiers et considèrent que le tamoul devrait avoir sa place en Inde comme langue officielle.

Même scénario il y a deux ans au Kerala. Je me souviens des nombreux touristes, venus de Mumbai, attablés chaque jour aux restaurants de Munnar. Pratiquement personne dans ces groupes ne parlait le malayalam, la langue principale du Kerala. Ils devaient eux aussi avoir recours à l’anglais, les habitants de Munnar ne comprenant pas, en général, le marathi, la langue parlée à Mumbai.

Combien de langues reconnaissez-vous dans ce panneau affiché à Auroville?

Avec la religion, la langue est, au quotidien, un des sujets qui crispe dans ce pays, si paisible en général… d’un milliard 300 millions d’habitants. Le chiffre est vertigineux. C’est presque 18% de la population mondiale. (L’Inde devrait devenir le pays le plus peuplé du monde vers 2025)

Comment tout cela va-t-il évoluer?

Policiers à Pondichéry portant le traditionnel képi français

Des élections générales auront lieu en Inde dans deux mois, entre mars et mai 2019. Plus de 850 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, dans 28 états et sept territoires. Une logistique électorale monumentale.

Le gouvernement de Narendra Modi (centre-droit), élu en 2014, est en difficulté, son parti (le BJP) ayant récemment perdu plusieurs élections régionales. Après un bon début de mandat, beaucoup de gens ici ont le sentiment que les promesses électorales n’ont pas été tenues. En particulier le taux de chômage chez les jeunes qui reste élevé à plus de 12%.

Un retour au pouvoir du parti du Congrès national indien (centre-gauche) dirigé par Rahul Ghandi est possible…

Et Chennai?

Cette ville, anciennement Madras, dont le nom, depuis si longtemps, me fait rêver… (peut-être à cause du « Madras curry »?… les associations, dans les rêves, sont parfois mystérieuses…)

Un rare moment de calme à Chennai, dans le quartier de « Marina Beach », le jeudi 20 décembre

Grosse déception. Chennai compte dix millions d’habitants. Bruit et circulation infernale. Pendant trois jours, j’ai cherché dans mon quartier d’Egmore et au-delà un espace vert ou un café où me poser et lire tranquillement. En vain. J’ai donc écourté mon séjour fin décembre, et j’ai vite pris le train (quatre heures) pour Pondichéry…

Un train local, bondé, qui a quitté la gare de Chennai à 6h30 du matin et s’est arrêté dans une vingtaine de localités avant d’arriver à Pondichéry. À bord, des familles, des groupes de jeunes qui vont passer les Fêtes au sud, près des plages.

À chaque arrêt, des vendeurs ambulants, de vrais acrobates, se fraient un passage dans les wagons archi-combles et offrent avec le sourire chapatis, thé noir, puri subji, café au lait, fruits, gâteaux. Un beau moment de voyage au cœur du sud de l’Inde!

Passagères débarquant ou attendant sur le quai de la gare de Viluppuram entre Chennai et Pondichéry

Gare de Tindivanam

Rue Suffren, le 1er janvier

J’ai quitté Pondichéry hier après-midi avec regret. J’aurais pu y rester beaucoup plus longtemps.

De nombreux voyageurs s’arrêtent dans la ville pour une halte prolongée. Un couple canadien de l’Ontario, connu rue Suffren, vient chaque année passer trois mois (décembre – février) à Pondichéry. Dès leur départ, ils réservent leur chambre pour l’année suivante.

Au jour le jour, selon son humeur, on peut passer à Pondichéry, en quelques minutes, de « la ville blanche » à « la ville indigène ». On peut s’inscrire à des cours de yoga ou de méditation, faire du bénévolat dans une école ou dans un orphelinat. Aller passer quelques jours à Auroville. Flâner tout simplement. S’asseoir dans un café. Prendre un peu de soleil au bord de la mer ou au parc Bharathi. Personne, dans l’espace public, ne viendra vous importuner.

Petit-déjeuner sur la terrasse…

Après deux mois sur la route, mon voyage s’achève dans quelques jours. Je rentre à Vancouver (via Taipei) le jeudi10 janvier.

Heureux comme d’habitude de retrouver bientôt Diana et la Colombie-Britannique! Heureux aussi d’avoir vécu depuis bientôt neuf semaines tant d’expériences différentes… comme celles-ci:

  • Braver la pollution dans les rues grises et encombrées du Vieux-Delhi
  • Me fondre, près des sadhus, au bord du Gange, dans la foule pieuse des ghats de Varanasi
  • Marcher, à Lumbini, au Népal, dans les jardins qui ont vu naître Bouddha
  • Dialoguer avec les élèves, les enseignants et un ancien coopérant à l’école Shree Haraiya dans la petite ville de Haraiya Bazar, à 20 kms de Lumbini
  • Découvrir le beau village de montagne de Tansen et discuter les après-midis, au soleil, amicalement, avec Mohan Shrestha
  • Rencontrer à Pokhara Stephen et Annie et monter avec eux jusqu’à la Pagode de la Paix, située au-dessus du lac Phewa Tal
  • Cheminer en compagnie de mon guide Yubraj pendant cinq jours sur les sentiers du massif de l’Annapurna et admirer en route des pics majestueux de plus de 7000 mètres
  • Accompagné de deux autres guides, Shankar et Binod, vagabonder sur les splendides chemins de la vallée de Katmandou.
  • Vivre dans la belle cité de Patan, près de Katmandou, et partager un soir, avec mes hôtes, à leur domicile, un repas traditionnel népalais.
  • Découvrir enfin l’élégante ville de Pondichéry, où il fait si bon vivre…
  • Et d’autres expériences encore…

L’année 2018 a été bien remplie…

BONNE ANNÉE 2019 À TOUS!

Lectures de décembre…  (livres de poche glanés dans les bibliothèques de fortune des « guesthouses »)        

 

Un magnifique roman d’aventures qui se déroule au cœur du pays sherpa, dans l’Himalaya. Et une histoire d’amour, pleine de surprises, entre un Français et une jeune Népalaise, Khami, une farouche « Sherpani ».  Fruit de leur amour, un garçon, Hima, naît… Le récit entraîne le lecteur de Paris, au Caire, à Katmandou, au campement de Namché Bazar, situé au pied de l’Everest. Le roman (en vente dans toutes les librairies de Pokhara) se lit en quelques heures. Excellent document sur le quotidien et les traditions dans l’Himalaya. Écrit par Jacques Lanzmann, le parolier de Jacques Dutronc.

 

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Au milieu du 19è siècle, un jeune matelot français, Narcisse Pelletier, est abandonné sur une plage du nord-est de l’Australie. Dix-huit ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard: il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher comme les indigènes qui l’ont recueilli. Il a perdu l’usage du français et a oublié son nom. Que s’est-il passé pendant ces dix-huit années? Récit bouleversant et admirablement écrit. Inspiré d’une histoire vraie, le livre a été récompensé de huit prix littéraires, dont le Goncourt du premier roman 2012. (Extrait de la quatrième de couverture du roman).

 

 

Épilogue

Gare de Chennai Central, 4h55 du matin, le vendredi 4 janvier. Faute de moyens, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants dorment chaque nuit assis ou à même le sol dans le hall de la gare…

Avertissement affiché dans les gares et dans les wagons de train en Inde. Ces alertes sont hélas trop rares.

Après vingt-neuf heures de train depuis Chennai à bord du « Rajdhani Express » – le trajet, même en 1ère classe, a été rude, inconfortable, la nourriture servie de qualité douteuse, une amère désillusion! – arrivée à New Delhi le samedi 5 janvier… sous un grand ciel bleu. Il fait froid. Six degrés. C’est l’hiver dans le nord de l’Inde.

Surprise en quittant en tuk tuk la gare de Nizamuddin: la pollution dans l’air et dans les rues de la ville est beaucoup moins visible que lors de mon premier passage, à la mi-novembre. On respire mieux.

Je me suis installé cette fois-ci dans un des « beaux quartiers » de Delhi, près de Connaught Place… à deux pas du métro qui me conduira à l’aéroport et à quelques minutes de marche du temple sikh Gurdwara Bangla Sahib, situé sur l’avenue Ashoka…

Le temple Sikh Gurdwara Bangla Sahib à New Delhi, le mercredi 9 janvier

 

 

 

La vallée de Katmandou

Je suis revenu dimanche à Patan (mon quartier près de Katmandou) après avoir passé, sans doute, mes quatre plus belles journées au Népal!

Les plus surprenantes aussi!

Randonnée à environ 1800 mètres d’altitude, au-dessus de la vallée de Katmandou, entre les villages de Balthali (à l’arrière-plan) et Namobuddha, le samedi 15 décembre

Dans le village de Phaskot, (400 habitants) situé entre Namobuddha et Dhulikkhel, Thuli, 89 ans, déguste son déjeuner… La tikka mauve, le point coloré sur le front, indique que Thuli est veuve. La tikka, de couleur rouge en général, est un symbole religieux et confirme également le statut social de l’individu.

En planifiant ce voyage, je m’étais promis de faire dans la vallée de Katmandou une deuxième longue excursion après celle réalisée dans l’Annapurna…. (Voir l’article précédent)

Soulignées en vert, les étapes de mon excursion de quatre jours dans le sud-est de la vallée de Katmandou. Jour #1: taxi (2 heures environ) de Patan/Katmandou jusqu’au bourg de Panauti, puis montée jusqu’au village de Balthali (1500 mètres d’altitude). Jour #2: Balthali. Jour #3, 3 heures de randonnée entre Balthali et Namobuddha (1750 mètres). Journée exceptionnelle! Jour #4: 2h30 environ de marche entre Namobuddha et la petite ville de Dhulikkhel, puis bus et taxi jusqu’à Patan. On peut aussi prolonger son excursion en explorant les sentiers et les villages situés au nord de la vallée…

Mission accomplie!

Quelle excellente idée d’explorer cette région où les touristes  – à deux heures de la capitale – sont beaucoup plus rares que dans l’Annapurna!

Près de Dhulikkhel, dans la vallée de Katmandou, le dimanche 16 décembre.

Mon message à ceux et celles qui songent peut-être à visiter le Népal sans faire de « trek » dans l’Everest ou dans l’Annapurna, est assez simple.

Cette boucle – Panauti –  Balthali – Namobuddha – Dulikkhel est très facilement réalisable et une excellente alternative aux randonnées plus classiques offertes ailleurs au pays.

Boucle que l’on peut raccourcir, ou prolonger à sa guise, en passant plusieurs jours à chaque endroit, et en repartant, sans jamais prendre la route goudronnée, mais seulement les sentiers qui relient depuis des siècles les petits villages de la vallée…

Mon guide, Shankar, qui me conduira sans encombres, le samedi 15 décembre, de Balthali à Nammobuddha… Shankar, né à Balthali ne parle que deux ou trois mots d’anglais… Ci-dessous, le sentier, au départ de Balthali…

Voici donc un résumé des principaux points forts de cette randonnée au cœur du pays newari … randonnée négligée, à tort, selon moi, par la plupart des visiteurs…

#1 – La qualité des hébergements, très bonne en général, et un personnel habitué, rompu à la clientèle étrangère…

Chemin qui mène à mon bungalow…

… surplombant le village de Balthali… Balcon, eau chaude dans la sdb et chaufferette dans la chambre car les nuits en décembre sont fraîches…

Le très efficace Thapa qui gère de façon remarquable son établissement à Balthali

Thali végétarien népalais servi avec des champignons, des épinards et des légumes récoltés dans le jardin de la « guest house » à Balthali…

#2 – Les vues, imprenables, pendant quatre jours, des sommets de l’Himalaya…

Les pics de l’Himalaya vus de Namobuddha, le dimanche 16 décembre… Trois sommets, parmi d’autres: le Gauri Shankar (7415 mètres), le Phurbi Chyachu (6722 mètres), le Melungtse (7181 mètres). L’Everest, plus à l’est, n’est malheureusement pas visible…

… et sur le chemin qui descend vers Dhulikkhel…

… où plusieurs chantiers sont en cours…

Entre Namobuddha et Dhulikkhel

#3 – Les sentiers, moins hauts, bien sûr, que ceux empruntés dans l’Annapurna, mais tout aussi variés et impressionnants…

Un des ponts suspendus entre Balthali et Namobuddha…

Une heure environ avant l’arrivée à Namobuddha… Altitude 1700 mètres

Lourd fardeau porté par une femme près de Namobuddha

Maison de village entre Nammobuddha et Dhulikkhel

En allant vers Dhulikkhel

#4 – La nourriture, apprêtée avec soin à Balthali, et tout simplement exceptionnelle, dans mon hébergement, à Namobuddha…

Salade d’avocats

Les repas, au Namobuddha Resort sont 100% bio et semblent être droit sortis d’une ferme écologique européenne ou canadienne. Tous les ingrédients, sauf le fromage de yack, proviennent du jardin de l’hôtel… qui fabrique aussi son pain… et même sa crème glacée.  

Quiche aux légumes accompagnée de champignons du jardin, de betteraves et d’haricots verts

Il n’y a pas de menu. On sert chaque jour, au déjeuner et au dîner, trois plats composés des produits les plus frais du potager… 

Tarte au citron et crème glacée faite maison

L’établissement est géré, avec le sourire, par la propriétaire, Ingrid, originaire d’Allemagne… Un lieu remarquable… qui met aussi en valeur, dans les chalets, l’artisanat traditionnel népalais…

Ingrid, devant un des chalets de Namobuddha Resort, dimanche matin, le 16 décembre

Les pics de l’Himalaya au-dessus des toits des chalets de Namobuddha Resort

#5 – Les gens rencontrés sur le chemin qui voient ici beaucoup moins de monde que sur les sentiers de l’Annapurna…

Balthali, le vendredi 14 décembre

Binod, 37 ans, père de trois enfants, et mon second guide, le dimanche 16 décembre, entre Namobuddha et Dhulikkhel… Binod qui m’a très gentiment offert une visite de son village, Phaskot, où j’ai pu rencontrer ses parents, son épouse, Indira, et sa fille aînée, Anju… Binod est un guide hors du commun. Sa maison, en rénovation dans le village, accueille régulièrement les randonneurs. Contact: binod_39@hotmail.com

Indira, enseignante au primaire

Anju, 19 ans, étudie l’anglais à Dhulikkhel

 

 

 

 

 

 

 

 

Drapeaux de prières bouddhistes déployés devant le monastère Thrangu Tashi Yangtse de Namobuddha. La couleur des drapeaux a une signification précise. Bleu= l’espace. Blanc = l’air et le vent. Rouge = le feu. Vert = l’eau. Jaune = la terre. Les drapeaux sont suspendus au passage des cols, au sommet des montagnes, près des monastères, au croisement des chemins pour demander aide et protection

J’ai pu également croiser sur le chemin, le troisième jour, samedi (seul jour de congé au Népal) de très nombreux pèlerins en route pour les temples et le monastère de Namobuddha… pèlerins qui n’hésitent pas, au soleil, à poser pour les amis ou pour la famille…

Pose près du monastère bouddhiste…

… de Namobuddha…

 

 

 

 

 

 

 

 

Le monastère bouddhiste tibétain accueille des centaines de pèlerins venus des quatre coins du Népal, de l’Inde… et aussi du Tibet… Plus de 200 moines résident au monastère…

Comme presque partout où je suis passé au Népal, j’ai rencontré aussi, sur le chemin, des groupes d’étudiants, souriants et accueillants…

Étudiants croisés au pont suspendu de Khopasi Bridge, près de Panauti, le jeudi 13 décembre

Cette randonnée a été une belle surprise… Je ne m’attendais pas à côtoyer, à tutoyer presque, les pics de l’Himalaya, par temps clair, pendant si longtemps…

Mon guide Binod m’a en fait confirmé ce que plusieurs randonneurs au Népal ont pu vérifier récemment. À cause des changements climatiques, la meilleure saison pour marcher dans l’Annapurna ou dans la vallée de Katmandou est maintenant la période comprise (grosso modo) entre la fin octobre et la mi-décembre…

Pendant la période auparavant privilégiée par les randonneurs (fin septembre, début octobre), la météo est souvent mauvaise, et le ciel bouché… Ces informations relayées par Binod ne sont bien sûr que des tendances. Les caprices de la météo étant, par définition, imprévisibles.

Les rues de Patan….

… où on reconstruit et rénove les temples endommagés par le tremblement de terre de 2015

Autre surprise. Le gérant de mon hôtel à Patan, Devinder, m’a gentiment demandé hier matin si j’acceptais de prendre le repas du soir avec sa femme et son fils dans leur domicile, une annexe de l’hôtel. J’ai été très ému et touché par son invitation. Et j’ai bien sûr accepté.

Nous avons donc dégusté, il y a quelques heures, dans le salon de la famille, de délicieux hors-d’oeuvres, arrosés d’un alcool fort, « our local brew« , a précisé Devinder, avant de passer dans la salle à manger et partager le traditionnel thali. La photo ci-dessous n’est pas de très bonne qualité, mais je voulais l’inclure ici comme témoignage de l’hospitalité népalaise. La famille m’a aussi remis un cadeau.

Quelle aventure, et quelle belle façon d’achever mon voyage au Népal!

En compagnie de Devinder et son épouse dans leur salon, lundi soir, le 17 décembre..

Je poursuis ce matin mon voyage… Départ dans quelques heures ce mardi pour l’aéroport de Katmandou. Je suis en route pour New Delhi (transit) et ensuite pour Chennai (Madras), dans l’état du Tamil Nadu, où je devrais arriver en toute fin d’après-midi… Je ne passerai qu’un bref moment à Chennai avant de gagner, en train, Pondichéry où je m’arrêterai une douzaine de jours… Ce sera ma plus longue halte du voyage…

Après le Kerala, il y a deux ans, j’ai bien hâte de retrouver la chaleur et la culture du sud de l’Inde!

La presse népalaise… Plusieurs quotidiens (The Himalayan, The Kathmandu Post) sont aussi publiés en anglais

 

 

 

Cinq jours dans l’Annapurna

Le soleil se lève au-dessus du massif de l’Annapurna, à Tadapani, le mercredi 5 décembre. À droite du sommet de l’Annapurna Sud, baigné par le soleil, on aperçoit d’autres pics comme le Gangapurna (7455 mètres) et l’Annapurna 3 (7555 mètres)

Le sommet de l’Annapurna Sud, 7219 mètres, vu de Tadapani

Je reviens de ma randonnée de cinq jours dans l’Annapurna avec beaucoup d’humilité et un respect renouvelé pour tous les villageois rencontrés qui vivent là-haut, en haute montagne, avec tant de dignité et de fierté.

Entre Tadapani…

… et Ghandruk, le mercredi 5 décembre

 

 

 

 

 

 

 

 

La zone de conservation de l’Annapurna, créée en 1986, est la plus grande aire protégée du Népal. La région n’a pas souffert du tremblement de terre de 2015

Mon projet s’est passé exactement comme je l’avais planifié… Mais la randonnée a été difficile… Plus difficile que prévu… Cela a été, avec le recul, une excellente idée de m’entraîner ce printemps, en France, le long du GR65... 

Le tracé de mon « trek » de cinq jours et quatre nuits dans le massif de l’Annapurna. Depuis Pokhara, 90 minutes en taxi, en compagnie de mon porteur Yubraj, jusqu’à Nayapul, point de départ de la randonnée. Ensuite, jour #1: Nayapul – Ulleri. Jour #2: Ulleri – Ghorepani. Jour #3: Ghorepani – Tadapani. Jour #4: Tadapani – Ghandruk. Jour #5: Ghandruk et retour en bus vers Pokhara. D’autres marcheurs optent pour une randonnée plus longue (7-11 jours) jusqu’au camp de base de l’Annapurna (ABC).

La première et la troisième étape ont été particulièrement rudes. Un élévation d’environ 1000 mètres le premier jour entre Nayapul et le village de Ulleri, perché à 1960 mètres. Et, entre Ghorepani et Tadapani le sentier monte (jusqu’à 3200 mètres) et descend cruellement. Quatre heures 40 de marche ce jour-là, la plus longue étape, et sans doute aussi la plus belle… 

De Nayapul, le sentier emprunte d’abord un chemin poussiéreux qui monte lentement vers les montagnes…

Début de la randonnée, sous un temps couvert, quelques kilomètres après Nayapul

… le tracé devient ensuite beaucoup plus abrupt… Des milliers de marches sont taillées dans le roc du sentier…

Entre Tikhedhunga et Ulleri, le dimanche 2 décembre

… On grimpe, on grimpe ce premier jour, pendant plus de quatre heures, jusqu’au village de Ulleri… où m’attend une chambre simple et presque nue (voir Conseils pratiques à la fin de l’article)… Heureusement, il y a de l’eau chaude!…

Le pain « Gurung » qui accompagne le petit-déjeuner traditionnel népalais.

Après une courte nuit de sommeil (à cause du froid) et un petit-déjeuner préparé dans une cuisine de fortune, je reprends la route tôt le lendemain, accompagné de mon porteur, Yubraj…

Yubraj, 28 ans, a vaillamment porté mon sac pendant cinq jours. Yubraj vient de se marier à Pokhara. Il a deux grands frères. L’un travaille en Malaisie et l’autre est cuisinier, depuis cinq ans, à Règina, en Saskatchewan. Dans les prochains mois, Yubraj va tenter d’obtenir à Pokhara sa licence officielle de guide de haute montagne.

En marchant et en écoutant mon jeune porteur, j’apprends que les expériences de Yubraj résument assez bien les turbulences qu’a vécues le Népal depuis vingt ans. Né dans le village de Dhital, situé à une heure de route de Pokhara, Yubraj me confie qu’il se souvient encore très bien, dès l’âge de huit ans, des rebelles maoïstes qui faisaient régulièrement irruption, la nuit, dans son village.

Lourdement armés, farouchement opposés à la monarchie, les rebelles exigeaient d’être nourris, logés. Malheur à ceux qui refusaient de les aider ou à ceux qui contestaient leur idéologie, leur autorité. On retrouvait leurs corps, mutilés ou criblés de balles, plusieurs jours plus tard…

Ulleri, le lundi 3 décembre

Une fois les rebelles partis, l’armée népalaise arrivait à son tour dans le village, questionnant les résidents et demandant pourquoi les maoïstes avaient été accueillis et hébergés. Les responsables de l’armée, les soldats, proféraient des menaces. La situation pour les habitants devenait intenable. Lorsqu’il a eu onze ans, la famille de Yubraj a quitté le village et est partie pour Pokhara. Sa scolarité a brusquement pris fin à ce moment-là.

Cette période noire a duré dix ans. Entre 1996 et 2006, entre 13 000 et 19 000 Népalais ont perdu la vie, tués par les rebelles ou par l’armée. Plus de 150 000 hommes, femmes et enfants ont dû, comme la famille de Yubraj, quitter leurs terres, leurs villages et se mettre à l’abri dans les grandes villes.

Ghorepani, le mardi 4 décembre

La situation est aujourd’hui bien différente. Les maoïstes (comme les communistes) ont maintenant intégré le gouvernement. La monarchie a été abolie en 2008 et le Népal est désormais une république dirigée par une femme. Le pays a largement retrouvé son calme, mais personne ici, à Pokhara ou dans l’Annapurna, n’a oublié les cicatrices et les traumatismes de la guerre civile. Cette période d’affrontements et de violence a profondément et durablement marqué le pays. 

Ghorepani, le mardi 4 décembre

Revenons sur le sentier où nous avons eu droit, les jours suivants, à une météo plutôt clémente, et au soleil, bien présent le matin…

Entre Ulleri et Ghorepani, le lundi 3 décembre

En montant vers Ghorepani

En chemin, nous croisons des marcheurs venus de la Belgique, de la France, de l’Allemagne, du Japon, il y a des Britanniques, des Russes, quelques Canadiens, mais à ma grande surprise la grande majorité des randonneurs sont des Népalais. De jeunes Népalais, inscrits à l’université souvent, qui parlent un anglais remarquable, et qui viennent, en groupe, joyeusement, découvrir la région…

« C’est un phénomène relativement récent », m’explique Yubraj qui parcourt les sentiers de l’Annapurna depuis cinq ou six ans… « Avec les réseaux sociaux, et le calme revenu au pays, les Népalais, les jeunes professionnels de Pokhara et Katmandou ont eux aussi envie de partager leurs aventures et leurs découvertes »…

Des jeunes Népalais profitent de la paix retrouvée pour visiter leur pays

En arrivant à Ghorepani, un panneau rappelle aux visiteurs les défis immenses auxquels sont confrontés l’ACAP (l’Agence de Protection de l’Annapurna) et les villages, dépourvus d’infrastructures, qui accueillent douze mois par année maintenant les randonneurs…

Plus de 100 000 touristes visitent la zone de l’Annapurna chaque année. Comment peut-on dans ces circonstances gérer et protéger adéquatement l’environnement fragile de la haute montagne? Recycler les déchets, les bouteilles en plastique en particulier, est est un case-tête considérable pour les autorités…  

Un projet de construction de points d’eau filtrée et potable dans l’Annapurna est en cours afin de réduire le nombre de bouteilles en plastique que transportent les randonneurs…

Deuxième halte, le lundi 3 décembre, dans le village de Ghorepani. Altitude: 2750 mètres.

Dans les rues du village de Ghorepani, des dizaines d’ânes circulent du matin au soir après avoir monté, pour les randonneurs et les résidents, nourriture et équipement

Légumes au curry, Ghorepani

Snow View Lodge, Ghorepani, mardi matin, le 4 décembre

Nous assistons au réveil à Ghorepani… et ensuite, sur la route vers Tadapani, à un spectacle grandiose… Il fait un temps splendide!

Les pics de l’Annapurna entre Ghorepani et Tadapani, le mardi 4 décembre

Le balisage sur le sentier est le même que celui du GR65

Cuisinier dans une « tea house »

Petit-déjeuner avec Yubraj, mercredi matin, le 5 décembre, à Tadapani

… spectacle renouvelé le lendemain matin lorsque nous quittons Tadapani… pour Ghandruk…

Tadapani, mercredi matin, le 5 décembre. J’ai adoré les quelques heures passées dans le village, une des plus petites localités du circuit…

… en route, nous traversons une étonnante forêt de rhododendrons…

… avant de nous arrêter un instant, dans une petite buvette, juste avant Ghandruk…

Thé noir, servi avec le sourire, lors de notre dernière halte entre Tadapani et Ghandruk…

…Ghandruk… où nous arrivons en début d’après-midi… C’est ici que nous terminons notre randonnée…

Arrivée à Ghandruk. le mercredi 5 décembre

Coup de foudre en découvrant la ville, coupée en deux…

En haut, la ville « moderne » avec de beaux et anciens bâtiments, qui servaient autrefois d’entrepots, et qui ont été repeints, rénovés en gîtes ou en hôtels…

Bâtisses à Ghandruk

Portes sculptées

… en bas… la vieille ville de Ghandruk… Un village magnifiquement préservé… et curieusement ignoré par la majorité des touristes et des randonneurs…

La vieille ville de Ghandruk, le mercredi 5 décembre

… Une vieille ville, propre, paisible, accueillante, avec son musée… vieille ville où les artisans perpétuent les traditions…

Confection de paniers en bambou dans un atelier de Ghandruk

Livraison inhabituelle…

Surprise en marchant dans les ruelles… Des enfants nous font signe… Une fête se prépare à Ghandruk!… Nous les suivons vers le haut du village….

Ghandruk, le mercredi 5 décembre

… où notables, dignitaires et membres de la communauté sont déjà rassemblés…

Visages de la communauté à Ghandruk

… afin de participer à une grande célébration… On honore, cet après-midi-là, un couple âgé du village pour sa contribution au fil des ans à la communauté…

Après les discours, une danse traditionnelle…

Quelle belle façon de terminer cette randonnée!

Ghandruk, au réveil, jeudi matin, le 6 décembre

C’est déjà le moment de rentrer à Pokhara…

Ces cinq jours dans l’Annapurna sont passés très vite, en un clin d’oeil

Très heureux d’avoir fait cette randonnée!

Merci à tous les villageois rencontrés et au personnel des « tea houses« 

Cela a été une très belle expérience!

La gare routière de Ghandruk, jeudi matin… On a l’impression ici d’être au bout du monde… Le retour en bus vers Pokhara (quatre heures quinze de trajet) sera épique!

Dal bhat traditionnel népalais servi à Pokhara

Avant de terminer, et avant de partager quelques conseils pratiques sur cette randonnée dans l’Annapurna, je tiens à remercier ici mes amis Stephen et Annie qui ont parcouru le même chemin quelques jours avant moi. Leurs suggestions, partagées à Pokhara avant le départ, ont été précieuses. Merci à tous les deux!

Un des deux permis de randonnée obligatoire pour emprunter les sentiers de l’Annapurna

Voilà donc ci-dessous quelques suggestions pour ceux et celles qui songent peut-être un jour à réaliser ce circuit de quelques jours dans l’Annapurna… 

  • Amener des vêtements chauds. Il fait très froid la nuit et au petit matin.
  • Se munir de savon, d’une serviette de toilette… et de papier hygiénique – items introuvables dans les chambres.
  • Les lits dans les « tea houses » n’ont qu’un simple drap (pas toujours propre) posé sur le matelas, et une couverture (à la propreté douteuse également). Amener un sac de couchage est une bonne idée. On peut en acheter ou en louer facilement à Pokhara. Ou se munir d’une housse, en soie ou en coton, dans laquelle on se glisse. La housse (« liner ») offre une couche de protection entre la peau et le drap/la couverture.  
  • Le prix des chambres est dérisoire. Entre 400 et 1000 roupies la nuit ($5 à $11/3 à 7 euros). La nourriture, qui doit être acheminée à pied ou à dos d’âne jusqu’aux villages, est beaucoup plus chère. Compter 500-600 roupies pour le petit-déjeuner ($6 ou 4 euros). Le même prix pour le déjeuner ou le souper.

Le lac Phewa Tal au centre-ville de Pokhara, samedi matin, le 8 décembre

Au-revoir, Pokhara! J’ai été très heureux ici, tranquille dans mon quartier de Lakeside East où les touristes sont moins nombreux. Logé, au troisième étage, au Nanohana Lodge. Une très bonne adresse.

Le quartier Lakeside East, à Pokhara, samedi matin le 8 décembre

Après quatre semaines en Inde et au Népal, j’ai maintenant pris mon rythme de croisière. J’ai encore devant moi cinq belles semaines de voyage. Ma santé est bonne, le moral, excellent. 

Indra, originaire de Ghandruk, qui a si gentiment préparé et servi la plupart de mes repas pendant mon séjour à Pokhara

Je quitte Pokhara demain pour Katmandou. Un trajet de sept ou huit heures en bus. Ai bien hâte de découvrir la capitale du Népal, et la vallée de Katmandou où j’ai prévu faire plusieurs excursions.

J’ai beaucoup écrit depuis un mois. Et je ne sais pas quand le prochain article sera publié – avant ou après Madras (Chennai), dans le sud de l’Inde, où j’arriverai le 18 décembre, Madras où il fait aujourd’hui… 31 degrés!… 

Alors, juste au cas où… déjà… JOYEUX NOËL À TOUS!   

J’ai rencontré Karchhung, devant sa modeste maison, en arrivant à Ghorepani, le 3 décembre. Nous avons le même âge, et nous avons tout de suite sympathisé. Il m’a indiqué où me placer dans le village le lendemain matin pour avoir les meilleures vues du lever du soleil sur l’Annapurna. Karchhung a un fils qui étudie à Seattle et il espère lui rendre visite dans les prochains mois. Bon voyage, et merci Karchhung!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Premiers pas au Népal…

Femmes au soleil dans le village de Bagnaskot, situé près de Tansen, dans la province de Lumbini, au Népal, le dimanche 25 novembre

Mes premiers pas au Népal n’ont pas été faciles!

Dès mon arrivée au pays, en fin d’après-midi, le 19 novembre, j’ai été confronté à une succession d’obstacles complètement inattendus.

Routes défoncées et difficilement praticables entre la frontière indienne et la ville de Lumbini où je dois passer mes premières nuits…

Soulignées en rouge, mes trois premières haltes au Népal: Lumbini, Tansen et Pokhara

Hébergements (même ceux recommandés par les guides) au confort et à la propreté très sommaires. Transports en commun moyenâgeux. Dans les rues, partout, de la poussière, des déchets…

J’ai dû m’accrocher. Parlementer. Être patient. Changer d’hôtel. 

Et puis, un matin, sans prévenir, après une bonne nuit de repos, le Népal offre au visiteur, surpris, un tout nouveau visage, souriant et radieux…

Vêtus de leurs plus beaux habits, pèlerins à Lumbini, le jeudi 22 novembre

Je me suis arrêté quatre jours à Lumbini…

Lumbini est le lieu de naissance avéré de Bouddha (né en 623 av. J.-C.) et la ville est devenue, au fil des ans, un centre important de pèlerinage.

Avec Sarnath, en Inde (dans l’Uttar Pradesh, lieu du premier discours) et Kushinagar (dans l’Uttar Pradesh également, la ville où Bouddha est mort), Lumbini est l’un des lieux saints du bouddhisme.

Plus d’un million de touristes visitent la ville chaque année. La plupart viennent jusqu’ici en voyage organisé, en bus, et ne restent à Lumbini que quelques heures…. 

Pèlerins sur leur « 31 »…

… en hommage à Bouddha

… Le temps de prendre quelques photos devant l’un des nombreux temples érigés à la mémoire de Bouddha… ou de poser près de l’immense bassin d’eau construit sur le site… 

Famille en visite à Lumbini. Le site de pèlerinage a été conçu autour du jardin où est né Bouddha. Il est classé, depuis 1997, au patrimoine mondial de l’Unesco

« Momos » (raviolis traditionnels népalais) aux légumes

J’avais aussi une autre raison de visiter Lumbini…

Avant de partir pour le Népal, une amie, Christiane, avec qui j’ai travaillé au Rwanda, m’a gentiment proposé de prendre contact à Lumbini avec un ex-collègue népalais, Nar, enseignant et ancien coopérant lui aussi au Rwanda avec l’ONG VSO/CUSO. J’ai bien sûr accepté la proposition.

Quelle excellente idée!

Nar, ancien coopérant au Rwanda

Nar enseigne dans une école gouvernementale (publique) dans le village de Haraiya Bazar, situé à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Lumbini.

Nous avions avant mon arrivée échangé, pendant plusieurs semaines, de multiples courriels. Et le mercredi 21 novembre, Nar est venu, comme promis, me prendre en moto à l’hôtel… et nous sommes partis pour son école…

Quelle belle expérience! J’ai pu passer une heure à dialoguer avec des élèves de 10è année (l’équivalent de la seconde en France) inscrits en filière informatique. Dans un anglais impeccable, ils m’ont posé des dizaines de questions sur le système d’enseignement et sur la vie quotidienne au Canada.  

Élèves de 10è année à l’école secondaire Shree Haraiya. Les élèves sont en classe de 10h à 16h, six jours par semaine, du dimanche au vendredi. Les finissants (11è et 12è années) sont, eux, en cours de 6h à 10h du matin. Malheureusement, au Népal, 40% des élèves seulement arrivent jusqu’à la 10è année.

Dans les classes, ambiance studieuse, uniformes obligatoires et, en général, garçons d’un côté, filles de l’autre. La journée commence avec une assemblée dans la cour de l’école…  et l’hymne national chanté par les élèves..

Lors de ma visite, j’ai aussi pu rencontrer quelques enseignants et faire également connaissance avec l’équipe administrative de l’école…

Le directeur (au centre) et le directeur-adjoint entourés de deux jeunes enseignants qui ont récemment fait le choix de revenir travailler au Népal après un séjour prolongé à l’étranger (à Chennai et à Sydney). Après plusieurs années de turbulences et d’instabilité politique, le Népal a largement retrouvé son calme et des milliers de Népalais reviennent aujourd’hui s’établir au pays.

Très belle matinée!

Merci Nar, merci aux élèves et aux enseignants de l’école secondaire Shree Haraiya, et merci Christiane!

 Quelques jours plus tard, j’ai reçu le mot suivant de Nar…

« Dear Max…  Thank you for the wonderful pictures… All staffs are very happy to see you in the school. Students are still talking about you and your country and the teaching culture in Canadian schools… They are extremely happy to have had that valuable conversation…. Christiane, it is good to see Max in my village… »

Samosas et pakoras farcis aux légumes

Après quatre jours, malgré les belles rencontres faites là-bas, c’est le moment de quitter Lumbini….

Un des chemins de campagne qui mènent au centre-ville de Lumbini. La pollution, causée en partie par le défrichage des champs, est aussi ici bien présente…

Faubourg de Lumbini

… et de reprendre la route… vers le nord… cinq heures de bus… en direction de Tansen… qu’on appelle aussi Palpa… Un magnifique village de montagne perché à 1500 mètres d’altitude…

Odeur d’eucalyptus et de pins dans la forêt qui surplombe le village de Tansen. Ci-dessous, la rue principale du village…

Aucune pollution dans le grand ciel bleu de Tansen. Enfin!

Dès mon arrivée, j’ai le sentiment d’être revenu… à Dalat, au Vietnam!

Même altitude, mêmes forêts de pins, mêmes visages burinés et brûlés par le soleil. Même atmosphère feutrée dans les ruelles escarpées du village.

Mêmes sourires aussi!

Groupe d’étudiants en route pour un pique-nique sur les hauteurs de Tansen, samedi 24 novembre

J’ai absolument adoré mon séjour à Tansen!

Et j’ai dû me pincer dix fois par jour pour me convaincre que je n’étais pas à Dalat mais bien au Népal.

Trois jours passés dans ce village sauvage, paisible, peu connu des touristes, ont suffi pour me réconcilier tout à fait avec le pays.

Mohan Shrestha, 68 ans, ancien professeur d’économie à l’université, maintenant à la retraite, gère l’ excellente guesthouse « City View » à Tansen. Mohan dirige également un bureau d’information touristique, « Get Up ». Nous avons eu chaque jour de longues et fructueuses conversations. Merci, Mohan! Courriel: shrestha.manmohan@gmail.com

Thali végétarien népalais, Tansen.

Après une dernière randonnée, d’une dizaine de kilomètres, le dimanche 25 novembre, entre Tansen et le village de Bagnaskot…

Entre Tansen et Bagnaskot

… J’ai repris mon chemin, vers Pokhara… La route est nettement meilleure cette fois-ci…. En moins de cinq heures, notre bus a rejoint Pokhara, la deuxième ville du pays et la porte d’entrée vers le massif de l’Annapurna…

Il fait un temps splendide! Et j’ai retrouvé avec grand plaisir à Pokhara, comme prévu, mes amis Stephen et Annie qui terminent dans quelques jours leur séjour au Népal…

Au-dessus de Pokhara, en compagnie de Stephen et Annie, le mardi 27 novembre. Magnifique randonnée sur le sentier qui mène à la « World Peace Pagoda ». Le sentier surplombe la ville et le lac Phewa Tal qui baigne Pokhara… Quel plaisir de revoir mes amis! Formidable journée!

Sentier au-dessus de Pokhara

J’ai prévu faire une longue halte à Pokhara… Ma plus longue, avec celle prévue (fin décembre/début janvier) à Pondichéry, dans le sud de l’Inde… Une douzaine de jours environ…

Ce qui me permettra de réaliser ce qu’on appelle ici un « trek« … Une longue randonnée de cinq jours et de quatre nuits dans les villages de haute montagne perchés au-dessus de Pokhara dans le massif de l’Annapurna…

J’ai obtenu hier mon permis et mes autorisations (US$50). J’ai engagé un porteur, Yubraj, 28 ans, qui parle assez bien l’anglais. Yubraj est originaire du petit village de Dhital situé à une heure de Pokhara. Il m’a été chaleureusement recommandé par mon hôtel.

Nous dormirons, comme tous les randonneurs dans l’Annapurna, dans les « tea houses« , des hébergements très simples tenus par les villageois. Nous marcherons en moyenne cinq à six heures par jour.

Point culminant du « trek », environ 3200 mètres. Ce n’est pas très haut. J’ai été bien plus haut (au-dessus de 4000 mètres) dans la région de Potosi, en Bolivie… il y a déjà vingt ans.      

Nous partons dimanche, le 2 décembre. Retour, le jeudi 6 décembre. Je laisse mon ordinateur à Pokhara. Aucune connexion donc pendant cinq jours. C’est la grande aventure. J’ai bien hâte de commencer!

Je vous embrasse tous.

Une partie du splendide massif de l’Annapurna vu des hauteurs de Pokhara. Photo Stephen Cassels.

Nouvelle version de mon petit déjeuner préféré, le Puri Subji, accompagné de yogourt, à Pokhara, ce matin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Varanasi

La vieille ville de Varanasi, baignée par le Gange, dans l’état indien de l’Uttar Pradesh, samedi matin, le 17 novembre.

Des amis m’avaient bien mis en garde avant de partir…

« Fais attention, Varanasi ne ressemble à aucune autre ville, en Inde ou ailleurs. Prépare-toi. Cela va être un choc ».

Comme ils avaient raison!

Assi Ghat, Varanasi, jeudi 15 novembre. Les pèlerins apportent des offrandes (à droite) avant la prière dans les temples: des fleurs, du riz, des fruits, des sucreries…

Varanasi, qu’on appelait autrefois Bénarès, est l’une des villes les plus anciennes du monde. C’est aussi la ville qui accueille en Inde le plus grand nombre de pèlerins. 

Selon la mythologie hindoue, la cité a été fondée par Shiva (l’une des trois déités, avec Brahma et Vishnu) et elle est, au bord du Gange, l’une des sept villes sacrées de l’hindouisme.

Tous les matins, dès l’aube, des milliers de pèlerins affluent dans les temples de la vieille ville ou au bord de la rivière afin de prier (« puja ») et de laver leurs péchés.

Meer Ghat et, ci-dessous, pèlerins priant dans le Gange

Anandmayee Ghat. L’hindouisme est la troisième religion pratiquée dans le monde aujourd’hui après le christianisme et l’islam

Les marches (« les ghats ») qui conduisent vers la rivière sont pleines de monde…

Pandhey Ghat

C’est un spectacle saisissant!

Les personnages les plus étonnants sur les ghats sont sans doute les « Sadhus »

Sadhu, Dashashwameh Ghat

Les Sadhus sont des ascètes hindous qui ont renoncé à toutes les attaches de la vie matérielle pour se consacrer uniquement à la quête spirituelle.

Sadhu bénissant un pèlerin

En tant que « renonçants », ils coupent tout lien avec leur famille, ne possèdent rien ou peu de choses. Certains sadhus s’habillent d’un longhi (une tunique symbolisant la sainteté) et parfois de quelques colliers.

Les sadhus n’ont pas de toit et passent leur vie à se déplacer sur les routes de l’Inde et du Népal. Ils se nourrissent des dons des dévots. Il existe aussi des femmes sadhus.

J’ai cru distinguer, une ou deux fois, sous la poudre des visages, certains traits inattendus: une peau plus claire, des yeux bleus. Des sadhus d’origine européenne? Quelles étranges circonstances les ont conduits jusqu’ici?

Meer Ghat

Aalya Ghat

Certains sadhus sont presques nus…

Harishchandra Ghat

Dashashwameedh Ghat

Des familles entières venues des quatre coins de l’Inde convergent également vers Varanasi afin d’incinérer leurs morts…

Selon la religion hindoue, la mort est vécue comme une délivrance et mourir à Varanasi procure aux défunts la « moksha » – la libération du cycle perpétuel de la réincarnation, réincarnation considérée par les Hindous comme un fardeau.

Le lieu de crémation Manikarnika Ghat. Notez le bois à côté des bûchers…

Après la cérémonie de crémation, les restes des corps sont jetés dans le Gange.

Entre 200 et 300 crémations ont lieu tous les jours à Varanasi.

Chausatti Ghat

Retour sur les ghats où, à quelques centaines de mètres des bûchers, les coiffeurs ne chôment pas…

Assi Ghat

Raja Ghat

En me promenant sur les ghats, j’aperçois un vendeur ambulant…

Raja Ghat

De son petit établi, émane une odeur alléchante..

Je m’approche et me laisse convaincre d’acheter, pour dix roupies, un « papadi chaat », une petite galette de blé écrasée accompagnée de pois chiches, de carottes et de pommes de terre…

Délicieux!

À cinq minutes de marche des Ghats on découvre une autre facette de cette ville qui réserve bien des surprises aux visiteurs…

Le marché de Varanasi, rue Dashashwameedh

Marché de Varanasi

En quittant le marché…

Le centre-ville de Varanasi

… on retrouve les petites ruelles de la vieille ville…

La vieille ville de Varanasi

… qui offrent aux résidents un choix presque illimité de plats et de nourriture…

Dans la vieille ville de Varanasi

Beignets

Plat de Puri Subji dégusté au petit déjeuner. Puri = pain. Subji = ragoût de légumes épicés au curry. Un vrai régal!

Un rare moment de calme dans une ruelle de la vieille ville

Contrastes immenses sur les Ghats, au bord du Gange…

Photo de famille, Assi Ghat

J’ai beaucoup vu, et beaucoup appris, pendant mon séjour ici…

Après cinq jours intenses passés à Varanasi, je reprends la route ce matin….

Une longue journée de voyage m’attend…

Mes étapes de la journée Varanasi – Gorakhpur – Sonauli (frontière népalaise) et Lumbini

Trois heures de train d’abord entre Varanasi et Gorakhpur, une grosse bourgade commerçante située au nord de l’état de l’Uttar Pradesh…

Je ne resterai à Gorakhhur que le temps de sauter dans un bus vers Sonauli et la frontière népalaise (deux heures)…

De Sunauli, je rejoindrai en bus (une heure), en fin d’après-midi, Lumbini, ma première halte au Népal….

Bonne fin d’automne à tous!

Amit qui gagne en partie sa vie en accompagnant les visiteurs sur le Gange…

Au-revoir Varanasi…

Meer Ghat

 

 

 

 

New Delhi

Le Vieux Delhi (« Old Delhi »), un des quartiers commerçants traditionnels de la ville, mardi matin, 13 novembre

On parle beaucoup de New Delhi dans la presse ces jours-ci.

L’OMS vient de publier un rapport accablant sur l’indice de pollution dans la ville. Il a atteint cette année un niveau inédit. La concentration de particules fines dans certains quartiers de la capitale indienne est montée, en juin, jusqu’à 1300 microgrammes par mètre cube. Vingt-cinq fois la limite recommandée par l’OMS.

La situation s’est encore dégradée il y a quelques jours suite au nombre alarmant de pétards et de feux d’artifices allumés puis lancés dans la ville pendant la semaine de festivités de « Diwali », la fête hindoue de la lumière.

La pratique avait pourtant été interdite (sauf entre 20h et 22h) par les autorités. Peine perdue… 

Old Delhi, mardi 13 novembre

Entre dix et trente mille personnes meurent chaque année de façon prématurée à New Delhi à cause de la pollution. 40% des enfants au pays souffrent de déficiences respiratoires

New Delhi a aussi obtenu le mois dernier la triste distinction d’être la ville la plus polluée du monde. Cause principale: l’automobile. Plus de dix millions de véhicules circulent dans les rues de Delhi.

Autre facteur de pollution: l’utilisation, très répandue, du charbon. En cause également, les pratiques traditionnelles des agriculteurs qui brûlent régulièrement leurs champs (« défrichage ») dans les états voisins de la capitale, dans l’Uttar Pradesh notamment. 

Le pont qui surplombe la voie ferrée et la gare principale de New Delhi, mardi matin

Je suis arrivé à Delhi dimanche après-midi. Je suis ici en transit, pendant trois jours, afin de m’adapter au décalage horaire, m’acclimater de nouveau au pays et récupérer un peu après un long vol de dix-neuf heures depuis Vancouver, via Taipei.

Avant de repartir pour Varanasi, j’ai voulu mener une petite enquête et observer d’un peu plus près la situation…

Je voulais en avoir le cœur net.

Le quartier de Mahipalpur où est situé mon hôtel, près de l’aéroport, dans la zone sud de New Delhi, lundi 12 novembre.

Mohammed Irfan, 42 ans, dans sa boutique de coiffeur de Mahipalpur, le lundi 12 novembre. Prix de la coupe de cheveux? 50 roupies, moins d’un dollar ou 0.62 euros. Ci-dessous, scènes de rues à Mahipalpur…

J’ai donc pris tôt ce matin, mardi, le métro pour le centre-ville de New Delhi.

Après vingt-quatre heures de repos, je voulais marcher dans la ville et explorer en particulier le Vieux-Delhi (Old Delhi), un des quartiers traditionnels de la capitale. Rien de plus simple. Une station de métro, située à 200 mètres de l’hôtel, permet aux résidents et visiteurs de rejoindre le cœur de Delhi.

Durée du trajet depuis Mahipalpur: une quinzaine de minutes. Le billet coûte 50 roupies

Une nouvelle ligne de métro (ouverte en 2011) relie l’aéroport de New Dehli au centre-ville

Le métro est propre comme un sou neuf. Dans les stations ou dans les wagons, pas un papier ne traîne…

Il est 7h30. Curieusement, l’heure de pointe n’a pas encore commencé. Les compartiments sont presque vides. Deuxième surprise: personne dans le wagon ne me jette un second regard. Je passe complètement inaperçu. C’est bon de voyager ainsi. En fait, deux fois pendant la matinée, près de la gare, des individus viennent poliment me demander leur chemin. En Hindi. Cela doit être ma nouvelle coupe de cheveux.

Autre surprise, de mon siège, cinq minutes à peine après avoir quitté mon quartier de Mahipalpur, l’ampleur de la pollution saute aux yeux…

À bord du métro vers New Delhi, mardi matin 13 novembre

Arrivé au centre-ville, il est difficile de distinguer l’horizon. Une espèce de brouillard gris, brun, sombre obscurcit tout. J’ai mal à la gorge. Je consulte rapidement une carte. Et je franchis, à pied, un pont, près de la gare…

Taxis et rickshaws devant la gare centrale de New Delhi

Je me fraye ensuite un chemin vers le quartier du Vieux-Delhi…

Old Delhi, mardi 13 novembre

Entre les rickshaws, les motos, les vélos, j’ai les yeux qui piquent, l’estomac lourd. J’ai l’impression d’avoir avalé du sable.

Les résidents du quartier semblent, eux, vaquer comme d’habitude à leurs occupations…

Amis lecteurs à Vancouver, à Montréal, en Europe, en Haïti, en Afrique, aux États-Unis… remerciez votre bonne étoile… et respirez à pleins poumons!

Old Delhi, mardi 13 novembre

Je reviendrai à Delhi, au début du mois de janvier. Je pars demain comme prévu pour Varanasi. Au train de nuit, cette fois-ci, j’ai préféré l’avion…

Old Delhi, mardi 13 novembre

 

 

 

Inde & Népal

Quelques mots simplement afin de confirmer mon départ dans une dizaine de jours pour l’Inde et le Népal et partager, comme d’habitude, mon itinéraire pour les deux prochains mois.

Après mon séjour au Kerala il y a deux ans, et mon étonnante lune de miel dans le sud du pays, j’ai bien hâte de retrouver l’Inde. Et je pars cette fois avec les yeux grands ouverts! Bien décidé à observer d’un peu plus près les traditions et les défis de ce pays immense et déroutant.

En préparant ce nouveau voyage, je me suis tourné un moment, lors de mes recherches, vers le cinéma. Une importante industrie cinématographique, on le sait, existe en Inde, présente notamment dans la région de Mumbai. Plus de 1600 films sont produits dans le pays chaque année.

Pourquoi le cinéma?

Je voulais, avant le départ, rafraîchir un peu mes souvenirs et vivre, virtuellement, une nouvelle immersion. Par le biais du grand écran, par les personnages, les dialogues, je voulais revoir et essayer de mieux comprendre le pays. Ses enjeux, ses ressorts, ses épreuves. Je voulais mieux décrypter les usages, le contexte.

Avant de replonger dans quelques jours, là-bas, dans le tumulte de la rue.

Au cours des dernières semaines, j’ai donc vu ou revu avec Diana plusieurs films qui loin des paillettes et des chansons de Bollywood témoignent des dures réalités de la vie quotidienne en Inde aujourd’hui.

Par ordre de sortie sur les écrans, en voilà trois.

« The Lunch Box »

« The Lunch Box » (2013) du réalisateur Ritesh Batra. Tourné à Mumbai (Bombay), le film décrit la relation fortuite entre un homme, proche de la retraite, veuf, et une femme mariée, que presque tout oppose: l’âge, les intérêts, les projets, le parcours professionnel. Et pourtant, entre les deux personnages, va se nouer un lien fort et inattendu. Critique acerbe du monde du travail en Inde. Et fable contemporaine sur la grande solitude qui règne dans les mégapoles et, parfois, au sein des couples. Voir la bande-annonce ici.

 

 

 

« The Trap » (le piège)

« The Trap » (2015) réalisé par Jayaraj Nair. Tourné dans un décor splendide au Kerala. L’histoire poignante d’un vieil homme, éleveur de canards, et d’un jeune garçon devenu orphelin. Une amitié simple et profonde naît entre eux. Un jour, l’enfant disparaît, enlevé et vendu pour une centaine de roupies à une boutique de Mumbai qui fabrique des feux d’artifices. Un documentaire accablant sur le travail forcé des enfants. Un film exceptionnel. Bande-annonce ici

 

« Sir

« Sir » (2018) de la réalisatrice Rohena Gera. Le film a été présenté, en mai, au Festival de Cannes. Dans un grand appartement bourgeois de Mumbai, Rohena Gera aborde le délicat problème des relations amoureuses entre individus issus de castes différentes. Un architecte, écrivain à ses heures, peut-il enfreindre les tabous de sa classe et tomber amoureux d’une servante? Bande-annonce ici

Voilà donc quelques-unes des réalités, des pratiques, des conventions que je me promets, en Inde, et aussi au Népal, d’observer.

Il y en a bien d’autres.

Un des livres que j’emporterai dans mes bagages…

Dans chacun de ces deux pays, qui partagent une longue frontière commune, je prendrai tout mon temps. (C’est l’un des privilèges de la retraite). Je passerai quatre semaines en Inde, et quatre semaines au Népal.

Ma feuille de route, entre la mi-novembre et la mi-janvier 2019, est la suivante:

En Inde, haltes prévues, au nord, à New Delhi, puis dans la ville sacrée de Varanasi (anciennement Bénarès), située au bord du Gange dans l’état de l’Uttar Pradesh. De Varanasi, je prendrai, le 19 novembre, le train puis le bus jusqu’à la frontière népalaise.

Retour en Inde, le 18 décembre, dans le grand sud du pays cette fois – dans l’état du Tamil Nadu où je m’arrêterai d’abord à Chennai (jadis, Madras) et ensuite à Pondichéry, l’ancien comptoir commercial situé dans ce qu’on appelait autrefois « l‘Inde française ».

Mes quatre étapes en Inde: New Delhi, puis Varanasi, dans l’état de l’Uttar Pradesh. Après le Népal, je prendrai l’avion de Katmandou jusqu’à Chennai, dans l’état du Tamil Nadu, puis le train vers Pondichéry.

Début janvier, de Chennai, retour en train vers New Delhi à bord du légendaire « Rajdhani Express ».

Ce train, très particulier, qui a la priorité de passage sur tout le réseau ferroviaire indien, quitte la gare de Chennai Central à six heures du matin et arrive à New Delhi le lendemain autour de dix heures.

Un parcours de 2175 kilomètres.

Temps du trajet? Environ vingt-huit heures.

Le bonheur absolu.

Je réaliserai ainsi un vieux rêve. Parcourir en train, dans un wagon confortable (je reviendrai plus tard sur ce choix), une grande partie du sous-continent indien… En dégustant en route quelques plats de la cuisine du pays… Comme ceux, ci-dessous, préparés récemment par l’artiste en résidence de la maison…

Galettes de dahl (lentilles) accompagnées de riz basmati, d’une salade de choux rouge et d’une soupe aux légumes assaisonnés au curry…

L’ancien royaume du Népal est aujourd’hui une république. Le pays compte environ 29 millions d’habitants. Mes étapes principales sont, ci-dessus, soulignées en rouge: Lumbini (près de Bhairawa à la frontière indienne), puis Tansen et Pokhara avant de rejoindre Katmandou et le quartier de Patan. À partir de Patan, excursion prévue à Bhaktapur et randonnées dans la vallée de Katmandou

Pour le Népal, ce sera également la grande aventure. Plusieurs randonnées et « treks » sont au programme, mais je préfère, pour l’instant, ne pas trop m’avancer. Ce sera mon premier voyage là-bas.  

Deux ou trois grandes questions guideront mes pas:

  • Comment le pays se remet-il du tremblement de terre d’avril 2015 qui a causé la mort de plus de 8500 personnes?
  • De quelle façon gère t-on là-bas l’environnement et le tourisme de façon responsable et équitable? Huit des dix plus hauts sommets du monde sont situés au Népal et le pays a accueilli l’an dernier plus de 900 000 visiteurs.

Après une longue période d’instabilité (1990-2008), le Népal a officiellement aboli la monarchie en 2008 et le pays est aujourd’hui une république, dirigé par une femme, la très honorable Bidhya Devi Bhandari.

Bidya Devi Bhandari est la présidente de la république du Népal depuis 2015. C’est la première femme à occuper ce poste. Elle a été réélue à un second mandat en mars 2018

  • Après plus de deux siècles de régime monarchique, comment la population vit-elle ces profonds changements? 
  • Qu’en est-il de l’ancienne composante maoïste au sein du gouvernement?

Au Népal aussi, je prendrai tout mon temps…

À partir du 19 novembre, je m’arrêterai d’abord à Lumbini, lieu de naissance de Bouddha. La petite ville, située à quelques kilomètres de la frontière indienne, est devenue, au fil des ans, un important centre de pèlerinage.   

Après Lumbini, je passerai quelques jours dans le village de montagne de Tansen avant de rejoindre, le 27 novembre, Pokhara, la deuxième ville du pays et porte d’entrée vers le massif de l’Annapurna.

Longues randonnées prévues dans la région de Pokhara – dont un « trek«  de cinq jours et de quatre nuits, avec un guide, le long des sentiers de l’Annapurna.

En compagnie de mon ami et partenaire de squash Stephen, à U.B.C, le 23 octobre 2018

 

 

Je devrais également retrouver à Pokhara mes amis de Vancouver, Stephen et Annie!  

 

 

 

Après Pokhara, je rejoindrai le 9 décembre, en bus, Katmandou et le quartier de Patan, situé au sud de la capitale, près de la mythique vallée de Katmandou. J’ai prévu réaliser, dans le sud de la vallée de Katmandou, une dernière longue randonnée de trois jours et deux nuits avec trois étapes prévues dans les villages de Balthali, Namo Buddha et Dhulikhel avant de regagner, le 16 décembre, Patan. 

Départ de Katmandou enfin, le 18 décembre, pour Chennai.

Voilà pour la planification. Inch’ Allah.

Il ne reste plus qu’à toucher du bois, et sortir les gris-gris…

 

Lectures d’automne

Le Royaume (2014), d‘Emmanuel Carrère. Un récit passionnant qui éclaire et questionne la genèse et les premières années du christianisme. Du lac de Tibériade, aux voyages de Saint Paul, aux quartiers populaires de Rome sous Néron, Emmanuel Carrère met en scène les principales figures qui portent, défendent ou combattent au 1er siècle le christianisme naissant. Nombreuses références aux Évangiles et aux textes de deux historiens de l’époque, Tacite et Suétone. Le récit est aussi parsemé de longues notes autobiographiques.

À lire également, du même auteur, dans un tout autre registre, Limonov (2011).

 

Lire (Flammarion, 2018), de Bernard et Cécile Pivot Bernard Pivot et sa fille Cécile partagent leur amour de la lecture (et de l’écriture) dans une érudite et savoureuse petite encyclopédie que tout le monde devrait avoir dans sa bibliothèque. Souvenirs, conseils, coups de cœur et habitudes de lectures sont répertoriés avec esprit et humour dans de courts chapitres où la voix du père et celle de la fille divergent parfois, se complètent souvent. Un livre précieux à offrir à tous ceux et celles, grands et petits, qui aiment lire. Merci à H… de l’Alliance Française pour la recommandation.

Bonne fin d’automne à tous!

Navires ancrés dans la baie de Vancouver, à « Spanish Banks » et, ci-dessous, au large de la ville. Octobre 2018