Huahine

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Départ pour Huahine, le mardi 22 novembre, un vol d’une trentaine de minutes depuis Moorea. A l’arrivée, à l’aéroport de Fare, une camionnette nous attend et nous conduira, en quelques minutes…

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… à notre petite pension de famille située à deux pas du village et à cent mètres de la plage municipale, ci-dessus. La plage est régulièrement fréquentée par les élèves du collège de Fare qui viennent pratiquer ici différents sports nautiques et, à notre grande surprise, des parties de water-polo. 

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Au bout de la plage, un paisible chemin mène

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au village de Fare, la principale commune de l’île. En face du port ce jour-là, un navire de la marine française s’apprête à accoster. Après une baignade très matinale (autour de 5h30), nous avons pris l’habitude d’aller à la rencontre des riverains bavardant le matin près des boutiques du port 

24novthéreseeteridansune rue de Fare6hbonnehumeur

Eri et son épouse Thérèse font une pause à côté d’un casse-croûte du port de Fare. Il est 6 heures du matin. La plupart des commerces ouvrent à Huahine dès 5h ou 5h30. Un horaire qui me convient à merveille! 

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Huahine est formée de deux îles, Huahine Nui, la grande, au nord, et Huahine Iti, la petite, au sud. Elles sont reliées par un pont. Huahine a été l’une des dernières îles à se soumettre (en 1895) à l’annexation française. Il y a longtemps eu ici une farouche résistance à la colonisation. Huahine cultive depuis une fière indépendance. Le pourtour des deux îles fait (comme à Moorea) environ 60 kms. Parcourus en scooter cette semaine lors d’une superbe journée de randonnée!

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Rencontre à Huahine Iti, au sud du village de Parea.

pension de famille

Notre petit bungalow à Fare, simple, entouré de verdure. La plage est à cent mètres.

On nous avait bien prévenus avant notre départ pour Huahine.

« Vous allez vite tomber sous le charme de cette île. C’est notre préférée en Polynésie. C’est une île fabuleuse! »

Plusieurs adjectifs élogieux suivaient ensuite.

Mais rien ne me préparait pour la surprise colossale qui m’attendait au début de ma seconde journée à Huahine.

En revenant de la plage, très tôt, le mercredi 23 novembre, je passe devant la cuisine de la pension pour demander où se trouve le robinet le plus proche afin de me laver les pieds, pleins de sable.

Une voix féminine me répond: « Vous avez un robinet juste à côté des escaliers de votre bungalow. »

Quelque chose dans cette voix m’interpelle. Je rentre dans la cuisine et j’aperçois un visage familier. Je n’en crois pas mes yeux. La femme devant moi est… Chantal Spitz! La célèbre écrivaine tahitienne. Dont j’ai un peu parlé dans un article précédent. Un des auteurs les plus connus de la Polynésie française. De la Francophonie.

Madame Spitz prépare tranquillement les tables pour le petit-déjeuner. Il n’est pas encore 6 heures du matin.

Elle m’explique que l’établissement appartient à son fils et qu’elle est venue l’aider. La pension accueille cette semaine plusieurs écrivains invités à participer au 6è Salon du livre de Huahine qui commence le matin même. Le Salon se termine samedi, le 26 novembre.

Très gentiment, madame Spitz nous invite à assister à l’inauguration du Salon qui a lieu à 8h30, à la Mairie de Huahine.

Quel incroyable concours de circonstances pour débuter notre séjour! Je n’en reviens pas! 

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En conversation avec l’écrivaine Chantal Spitz, à la table du petit déjeuner de notre pension, à Huahine, le mercredi 23 novembre. A gauche, en bleu, Myriam Malao, conteuse professionnelle de Vanuatu.

L’inauguration du Salon est mémorable!

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Une classe de Quatrième (Grade 10) ouvre le Salon avec des chants traditionnels tahitiens. (L’enseignante, en bleu, est à droite.) Les élèves sont bientôt suivis par une troupe de danse de Fare

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composée de danseuses tahitiennes et originaires de la métropole

Le maire de la ville est présent, entouré de dignitaires et d’écrivains venus de toute la région du Pacifique. La Nouvelle-Calédonie, Hawaï, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, Vanuatu et les archipels de la Polynésie française sont représentés. 

Je pense à ma ville d’adoption, Vancouver. Nous partageons, avec tous ces territoires, le même océan!

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Le maire de la commune de Fare, à gauche en chemise rouge. Derrière lui, Chantal Spitz, tatouage au bras, avec un des élèves

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Quelques-uns des auteurs invités: au centre, l’écrivain Frédéric Ohlen qui a longtemps vécu à Nouméa. Devant lui, Myriam Malao. Monsieur Ohlen (qui connaît bien la littérature haïtienne) réside lui aussi à notre pension.

Comment aurions-nous pu mieux célébrer notre arrivée à Huahine?

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Un groupe d’enfants s’amuse au soleil sur le parapet d’un pont, près du village de Maeva, à 8 kms environ à l’est de Fare.

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Maere, 27 ans, en vélo entre Fare et son domicile, à Maeva.

Notre semaine à Huahine passe vite, trop vite!

Nous dégustons régulièrement au bord de la mer de fabuleux plats de poissons.  

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Papillote de mahi mahi au gingembre, riz et légumes. 

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Plat de carangue, un poisson de lagon, accompagné d’une salade d’avocats

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Poisson (espadon) cru au lait de coco accompagné de riz

Tous les matins, autour de la table du petit-déjeuner, nous avons des conversations, des échanges très riches avec les invités de marque du Salon.

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La dernière parution de Chantal Spitz (2022): un recueil de nouvelles acheté « Au Vent des Îles » le jour de mon arrivée à Papeete, le 10 novembre… sans me douter…

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…. qu’à peu près quinze jours plus tard… Quelle coïncidence inouïe!

De son côté, Diana, au village, est aux anges!

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Diana en compagnie d’un groupe d’ainées de Huahine qui reviennent, enchantées, d’une croisière autour de leur île. La croisière est offerte tous les ans par la mairie aux aînés (60 ans et plus) de la commune.

Départ, le jeudi 24 novembre, pour une grande excursion en scooter autour de Huahine.

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Nouvelle île, nouveau scooter. Ci-dessus, près de Maeva

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Une famille se détend sur une plage, près du village de Maeva, le jeudi 24 novembre

Au fur et à mesure que nous progressons vers le sud, vers Huahine Iti, le climat change, devient plus tropical.

Le paysage, les plages, sont magnifiques! 

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Panorama au sud du village de Faie

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Une plage aménagée près de Parea. Il n’y a plus de grands complexes hôteliers à Huahine. Seules les petites et moyennes structures sont permises afin de protéger l’environnement fragile de l’île. 

Les habitants de Huahine Iti, peu nombreux, nous accueillent avec un grand sourire!

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Un papa fier de son enfant, sur la côte est de Huahine Iti. Le nom du bébé, en tahitien, signifie « entre mer et océan« .

Courte halte à midi pour déjeuner, au sud du village de Parea, dans un modeste casse-croûte installé près de la route, « Chez Tania ».

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Le menu tout simple du restaurant « Chez Tania », le jeudi 24 novembre

Je suis surpris de voir sur la terrasse de l’établissement une femme très âgée, française, « de Bordeaux« , me dit-on, entourée d’une famille tahitienne.

Cette femme a besoin d’aide pour s’alimenter. Elle souffre de la maladie d’Alzheimer.

Que fait donc ici cette femme, seule, âgée, à Huahine Iti?

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On m’apprend que cette aînée a été « abandonnée par ses quatre enfants » qui vivent, semble-il, en France. Une famille tahitienne du village prend soin d’elle, « pour le moment »… 

Que se cache-t-il derrière cette triste histoire?

Secoué, je ne pose pas trop de questions. Nous reprenons la route. Il y a souvent en voyage des rencontres totalement inattendues.

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Grillades devant les roulottes du port à Fare

En rentrant à Fare, Diana est heureuse de déguster, dans une des roulottes installées près du port, un délicieux plat de cuisine chinoise!

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Plat de boeuf aux légumes offert à la roulotte « Tane Tiurai ». Merci à Faustine et à son mari, Étienne!

Nous avons adoré notre séjour à Huahine!

L’île est plus intime, moins peuplée que Moorea. Il y a aussi ici beaucoup moins de touristes. Et une plus grande mixité, semble-il, entre Tahitiens et « métros ».

Il a fait beau – très beau – presque tous les jours! 

Avoir une superbe plage à cent mètres de notre bungalow, plage partagée tous les jours avec les familles, les riverains, les étudiants du collège de Fare, cela a été, pour nous, un énorme plus.

Nous avons eu l’impression pendant la semaine de faire un peu partie de la communauté.

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Sous la supervision d’enseignants, des élèves du collège

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étrennent de nouveaux kayaks à la plage de Fare, le samedi 26 novembre.

Nous avons beaucoup de chance de vivre ici, au soleil, l’hospitalité tahitienne.

Nous devons souvent nous pincer devant tous ces paysages de rêve!

L’aventure se poursuit. Nous partons ce matin, quatrième étape, pour l’île de Maupiti.

Tout va bien. Nous sommes en super forme. On vous embrasse.

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Au programme mardi: 20 minutes de vol entre Huahine et Raiatea où nous ferons escale. Puis un trajet de 25 minutes jusqu’à Maupiti où nous arriverons en fin d’après-midi.

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Embarquement prioritaire sur notre vol Huahine-Raiatea le 29 novembre pour une dizaine de femmes enceintes qui partent accoucher à l’hôpital de Raiatea. Raiatea est la seule des Iles Sous- le-Vent à disposer d’un hôpital. Ces femmes (certaines accompagnées de leur mari) seront prises en charge pendant environ 4 semaines avant leur accouchement.

Moorea

Malgré toutes nos bonnes intentions, nous avons vite réalisé qu’il est difficile de ne pas être touriste lorsqu’on séjourne à Moorea!

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Retour à la maison, le mardi 15 novembre, après une journée bien remplie et une première baignade à la plage Ta’ahiamanu située à l’entrée de la baie Opunohou, sur la côte nord de Moorea. A l’arrière-plan, un bateau de croisière a jeté l’ancre dans les eaux claires de la baie. 

L’île est très belle, verte, montagneuse, jalonnée de splendides plages de sable blanc!

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Diana en grande conversation sur la plage Ta’ahiamanu 

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Nous quittons la plage ce jour-là en transportant nos casques…

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de scooter!… Puisque c’est une des façons les plus pratiques de se déplacer ici. Aucun permis n’est requis à Moorea pour ce type de véhicule (50cc)

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Une route goudronnée d’environ 60 kms (que nous avons parcourue deux fois en scooter dans les deux sens) fait le tour de Moorea. Nous sommes arrivés sur l’île, en traversier, au port de Vaiare, sur la côte est. Un taxi nous a emmenés en une trentaine de minutes à notre bungalow situé au village de Haapiti sur la côte ouest de l’île.

Nous souhaitions à Moorea vivre le plus indépendamment possible. Nous voulions aller et venir sur l’île à notre guise. D’où la nécessité d’avoir un scooter pour les déplacements – les transports en commun étant ici pratiquement inexistants. Nous voulions aussi un logement indépendant, avec une cuisine, loin des grandes structures hôtelières.

Nous avons eu la chance de trouver, au sud de la commune de Haapiti, exactement ce que nous recherchions.

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Avant l’église de la Sainte Famille (direction nord), un chemin communal quitte la route principale, entre dans les terres et mène à…

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Notre bungalow! Le Fare Opuhi, est situé au calme sur un vaste terrain arboré. Deux chambres, un grand salon, une cuisine, une machine à laver, deux terrasses. Nous partageons l’immense propriété (où poussent des ananas, des cocotiers) avec quatre autres bungalows dont deux, à cette saison, sont inoccupés. Nous avons donc beaucoup d’espace. Que nous partageons avec de petits lézards, des moustiques et des fourmis qui viennent régulièrement nous rendre visite! Fare = maison, Opuhi = fleur de gingembre

Comme partout depuis notre arrivée en Polynésie, nous sommes comblés par la politesse, la gentillesse des Tahitiens.

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Hali, enfant du pays, nous accueille avec un grand sourire dans un des commerces du « Petit Village » de Haapiti.

Sur la route, en scooter ou en vélo, tout le monde pratiquement nous salue! Ia ora na!

Nous nous arrêtons fréquemment devant les maisons au bord la route afin d’acheter les denrées des riverains.

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Clara offre sur une petite table, à Haapiti, des papayes et de succulents avocats. Tous ces produits sont cultivés à deux pas de notre logement. 

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Quelques kilomètres plus loin, Amo tient avec sa famille un étal de fruits récoltés dans son jardin. Le supplément de revenu que génèrent ces petits commerces est loin d’être négligeable dans le budget des familles.

Chacune de ces rencontres nous permet de faire connaissance avec les habitants de l’île. De mieux comprendre leur quotidien, leurs défis. Nous les écoutons attentivement.

La vie est chère à Moorea. Le modeste restaurant de Haapiti où nous étions jeudi proposait un plat du jour à 4000 CFP (Franc Pacifique), soit 33 euros ou 46 CAN$. Ce qui explique peut-être que la clientèle des restaurants et des cafés de l’île soit presqu’exclusivement composée de métros ou de touristes.

Nous n’avons aperçu ici aucun ma’ohi à la terrasse d’un café. Ou dans un restaurant. C’est dommage. Et révoltant aussi. Une situation que les dépliants touristiques se gardent bien de mentionner.

Deux autres remarques.

#1 – Le taux de chômage en Polynésie française est officiellement de 9.5%. Cependant, même s’il s’agit d’une collectivité liée à la France, aucune allocation chômage n’est octroyée sur le territoire. (Comme c’est le cas par exemple en Martinique ou en Guadeloupe).

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Un autre visage de Moorea. À côté d’une table de fortune, au bord de la mer, sur la côte nord de l’île

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une femme fait cuire du « uru », le fruit de l’arbre à pain de Tahiti. Le « uru » était autrefois la base de l’alimentation des Polynésiens

#2 – Nous avons été surpris d’apprendre que l’eau à Moorea n’est pas partout potable. En particulier dans notre secteur, entre Haapiti et Maatea (voir la carte plus haut). Une zone beaucoup moins touristique que la côte nord où sont regroupés la plupart des grands hôtels.

En faisant des recherches, je suis tombé sur le texte (ci-dessous) d’un reportage diffusé en janvier 2021 sur les ondes de Tahiti Nui Télévision.

« À Moorea, l’eau n’est toujours pas potable sur un tronçon de 15kms sur les districts de Maatea et Haapiti. Georges Huaa habite Maatea. Il doit lui-même potabiliser son eau: « Avant de servir l’eau, je prends toujours une compresse pour filtrer (…) On ne peut pas boire l’eau comme ça, on a la diarrhée. (…) Quand il pleut ici chez nous à Moorea, ça devient chocolat (…) On ne peut pas boire cette eau. On est obligés d’aller au magasin chercher de l’eau pour boire notre Milo, notre café. On n’est pas d’accord nous ici à Maatea. On paie l’eau et elle n’est pas propre. »

“Je comprends. On ne peut pas payer de l’eau chocolat à chaque fois, admet le maire. Il ne reste que 15kms à terminer. Je demande à la population de patienter un peu. Je sais que cette année on va tout faire, que le reste de la population puisse boire de l’eau potable.”

Les 20% de la population de Moorea qui ne bénéficient pas d’eau potable devront encore prendre leur mal en patience avant de pouvoir boire sans crainte au robinet… »

Le problème, deux ans plus tard, n’est toujours pas réglé.

Diana et moi avons dû, régulièrement, nous approvisionner en bouteilles d’eau.

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Très peu de circulation sur la route qui fait le tour de l’île.

Ceci dit, Moorea, par beau temps, est magnifique!

Jamais je n’ai vu de végétation si luxuriante!

Ni à Bali ou Sumatra, au nord du Laos, en Thaïlande ou en Birmanie.

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En scooter, sur « la route des ananas », le mardi 15 novembre. L’ananas est le fruit-roi de l’île et l’une des principales exportations de Moorea

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Un bateau se fraye un passage à l’entrée de la baie Opunohu, près de l’éco-musée

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Une maison, nichée à l’intérieur des terres, dans un quartier de Haapiti.

La météo n’a pas toujours été clémente pendant notre séjour. Nous avons eu droit, vendredi et samedi matin, à des pluies torrentielles.

Heureusement, Moorea se refait vite une beauté!

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Aperçu de la plage Temae, l’une des plus belles de l’île, située à la pointe nord-est de Moorea. Diana, avec son casque, est sur la droite, en conversation. À l’arrière-plan,

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vu du belvédère Toatea, un important complexe hôtelier

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offre à ses clients un séjour de rêve dans les eaux turquoises de Moorea

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Nous avons de notre côté préféré la plage calme et sereine de Tiahura située près du « Petit village » de Haapiti où nous avons fait le jeudi 17 novembre une deuxième, longue et délicieuse baignade. Nous avions la plage pratiquement à nous.

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Michel, travailleur agricole, rencontré sur un chemin à Haapiti, le samedi 19 novembre.

En parlant aux riverains, aux métros installés sur l’île, nous avons beaucoup appris.

En les écoutant, cependant, il semble que les deux communautés vivent dans des mondes parallèles.

Peu de points de contact. Les mentalités, les priorités sont différentes.

Du moins, c’est mon impression. À confirmer dans les prochaines semaines.

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La magnifique plage de Varari, située à 30 minutes en vélo au nord de notre bungalow. Dimanche matin, 20 novembre, 9h. Il n’y a pas un chat. Quelle découverte après la messe!

Nous quittons Moorea mardi matin pour l’île de Huahine, troisième étape de notre périple.

Un vol de 35 minutes avec Air Tahiti.

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Distance à vol d’oiseau entre Moorea et Huahine: environ 160 kilomètres

C’est un autre voyage qui commence.

Après les Îles du Vent (Tahiti et Moorea) qui regroupent 75% de la population de la Polynésie française, nous allons vivre, aux Îles Sous-le-Vent, puis dans l’archipel des Tuamotu, dans des territoires très isolés et de moins en moins peuplés.

Huahine compte environ 6 000 habitants. L’île de Maupiti, notre quatrième étape après Huahine, en compte à peine 1300. Et Tikehau, dans les îles Tuamotu, moins de 600.

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Notre pension de famille à Huahine est située près de la commune principale de l’île, Fare.

Nous sommes très reconnaissants de pouvoir réaliser ce voyage! Tout se passe bien.

Merci à tous les habitants de Moorea, « l’île soeur » (de Tahiti), de nous avoir si gentiment accueillis!

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Hekeani, originaire des Marquises, vit depuis de nombreuses années à Moorea et travaille à la boutique du Lycée Agricole de Opunohu, dans le nord de l’île. Hekeani est diplômée du lycée qui offre plusieurs filières et formations à environ 200 étudiants provenant des 5 archipels de la Polynésie. Informations supplémentaires: ici

Au revoir, Moorea!

Papeete

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Trois amies déjeunent tranquillement dans l’un des espaces verts qui longe le bord de mer du centre-ville de Papeete, le jeudi 10 novembre.

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Aperçu de la promenade le lendemain matin, le vendredi 11 novembre.

Arrivée toute en douceur à Papeete, le jeudi 10 novembre, après un vol de 8 heures depuis San Francisco. Il est 5h30 du matin. Il fait 22 degrés. En descendant de l’avion, sur le tarmac de l’aéroport, une délicate odeur caresse nos narines. C’est le parfum des fleurs de frangipaniers qui flotte dans l’air chaud et humide du petit matin. Nous respirons à pleins poumons. Notre voyage commence plutôt bien.

Accompagnés de leurs ukulélés, un groupe de musiciens accueille avec un grand sourire les voyageurs, surpris, ravis de se retrouver sous les tropiques. Les musiciens entonnent en choeur une chanson traditionnelle tahitienne. « Maeva! » (Bienvenue)!

Les formalités sont remplies en un clin d’oeil, les bagages récupérés. A l’extérieur, Thérèse, la gérante de notre auberge nous attend, comme prévu. « Ia ora na » (Bonjour) Tahiti!

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Un peu plus tard, alors que nous quittons notre établissement, Robert (« Redford, comme l’acteur », plaisante-t-il) vient spontanément nous souhaiter la bienvenue! Robert travaille ici comme jardinier. « Māuruuru » (merci) Robert!

Vu le grand ciel bleu au-dessus de Papeete, nous décidons après le petit-déjeuner de profiter au maximum de notre première journée sur le sol tahitien.

Nous filons vers le centre-ville. En suivant, comme on nous l’a conseillé, la promenade du bord de mer, située à deux pas de notre auberge.

Après dix minutes de marche, alors que nous déambulons au soleil, heureux comme des enfants, une immense surprise nous attend. Devant nous, sur le chemin, à une centaine de mètres, quelque chose, un événement, se prépare. Sous nos yeux.

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Un groupe de danseurs des îles Marquises est réuni, sur la promenade du bord de la mer…

Quelques minutes plus tard, nous assistons, éberlués, fascinés, à un spectacle inouï de danse traditionnelle des îles Marquises!

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Les danseurs de la troupe Kaipeka o te kaikaiana 

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des îles Marquises. 

Le spectacle célèbre l’arrivée, à Papeete, des premiers voiliers qui participent à une course épique autour du monde, le Globe 40.

Le trajet de la course – c’est la première édition cette année – donne le vertige: départ du port de Lorient, en France, puis cap vers Tanger – l’île Maurice – Auckland – Papeete – Ushuaïa (Argentine) – Recife (Brésil) – et retour à Lorient, en mars 2023. Un parcours de 9 mois.

Quatre équipages – Hollande, Japon, Canada, États-Unis – sont encore en lice. Et rien n’est joué. Il y a déjà eu deux abandons: un voilier marocain et un voilier français. Infos supplémentaires sur le Globe 40: ici

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Ci-dessus, les membres de l’équipage du voilier hollandais, accueillis en héros à Papeete, le jeudi 10 novembre. L’équipage hollandais est, pour l’instant, en tête de la course. Suivi par les Américains, les Japonais et les Canadiens. 

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Après les félicitations, le spectacle reprend…

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de plus belle…

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… devant un public médusé…

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et… un peu craintif. On ne badine pas avec des gaillards comme ceux-là!

Quelle incroyable introduction à la culture de la Polynésie française!

Encore étourdis par ce spectacle inattendu, nous poursuivons notre route vers le centre-ville. Destination: le marché municipal de Papeete.

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Ouvert dès l’aube, le marché de Papeete est l’un des lieux emblématiques de la ville.

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Tout le monde se croise ou se donne rendez-vous ici.

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En plus des nombreux étals de fruits, de légumes, on peut également se restaurer au marché (au 2è étage) ou acheter des souvenirs.

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Quelques rues plus loin au centre-ville, un immense plat de « paella » mijote sur le trottoir du boulevard Pomare, l’une des artères principales de la ville… pendant qu’à deux pas…

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des musiciens de rue chantent…

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ou s’organisent avant un concert. Dans les deux cas, une corbeille bien en évidence vient récolter l’aumône des spectateurs. Signe des grandes difficultés que vivent aujourd’hui les Polynésiens. Partout, autour de Papeete, la pauvreté, malheureusement, progresse. 

Première journée pleine d’enseignements!

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Papeete, vendredi 11 novembre

Matinée beaucoup plus sobre le lendemain, vendredi 11 novembre.

Après une nuit de pluies torrentielles, le soleil, timidement, fait son apparition, et nous assistons, au centre-ville, vers 9h, à la très solennelle cérémonie du jour du Souvenir…

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La cérémonie a lieu devant l’édifice du Haut-Commissariat de la République…

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… et commémore « les poilus » et les soldats tahitiens morts pour la France pendant les grands conflits mondiaux. Plus de 300 « poilus » tahitiens ont péri en Europe entre 1914 et 1918. 

J’ai eu la nette impression en quittant la cérémonie que les sentiments étaient ici très mitigés quant à la présence militaire française en Polynésie. Le public était en grande majorité composé de « métros« , le nom qu’on donne ici aux ressortissants ou aux expatriés français établis en Polynésie. Les maohi, eux (les Tahitiens), brillaient par leur absence.

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Victoria, des îles Tuamotu, est venue passer quelques jours à Papeete. Son objectif: essayer de vendre quelques-unes des créations de sa grand-mère, une artiste basée aux Tuamotu.

Sur les conseils d’autres voyageurs, nous allons un matin visiter une exposition d’artisanat des îles Tuamotu.

L’événement se tient dans le très beau jardin de l’Assemblée électorale de la Polynésie française.

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Le siège de l’Assemblée électorale de la Polynésie française 

Les ressources de la mer et de la terre sont au coeur de ce grand « Salon des Tuamotu« . Une trentaine d’artisans ont été invités à exposer à Papeete pendant une dizaine de jours

Les oeuvres, confectionnées avec les matériaux disponibles sur ces îles lointaines, sont remarquables!

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Ensemble de colliers de coquillages créés par

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Célestine, une artiste qui vit sur la petite île de Ahé dans les Tuamotu

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Magnifique assortiment de bijoux des îles Tuamotu…

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Les artistes présents sont très fiers d’exposer ici leurs oeuvres

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Collection unique de chapeaux et de sacs des Tuamotu. Sur la gauche, une artiste non identifiée.

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Tehono, ci-dessus, vient des îles Marquises et revendique fièrement ses origines. Tehono (qui préfère son nom marquisien à son prénom français, Marthe) présente au Salon quelques-unes des créations des membres de sa famille.

Chapeau à tous les exposants!

Moeata Tahiri, présidente du comité organisateur de l’exposition explique que les Tuamotu « sont un vivier de ressources. Trop souvent, nous asssocions les Tuamotu au coprah. Mais il y a beaucoup d’autres ressources: le miki miki, les fibres de coco, le kere, les gousses d’acacia, le bois flotté, les coquillages et bien d’autres ressources… »

Une autre très belle expérience vécue à Papeete! Félicitations à tous les artistes!

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Fidèles réunies hier matin devant l’église protestante de notre quartier à Papeete

Il faut déjà songer à quitter Papeete! Nous partons ce matin.

Avant notre départ, nous vous laissons avec quelques dernières images prises hier matin, dimanche, au marché municipal de la ville.

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Le dimanche

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est sans aucun doute

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la journée

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la plus achalandée

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au marché de Papeete!

Nous partons donc comme prévu ce matin pour la deuxième étape de notre voyage: l’île de Moorea.

Un trajet de 35 minutes en traversier depuis Papeete.

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Nous serons basés pendant huit jours à Moorea dans le village de Haapiti, situé au sud-ouest de l’île.

Notre séjour en Polynésie française n’aurait pas pu mieux débuter. Nous sommes en pleine forme. Tout va bien. On vous embrasse.

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Diana en compagnie de Miri, Lydia, Keha et Candy, à Papeete

La Polynésie française

Comme Bougainville, Melville, Gauguin, Brel et tant d’autres aventuriers, je pars dans quelques jours pour Tahiti et les îles de la Polynésie française. Un voyage de deux mois. Un rêve que je m’étais promis de réaliser dès la fin de mon périple en France sur le chemin de Compostelle.

Un voyage au bout du monde. Dans les archipels et îlots des mers du Sud. Aux Îles Tuamotu. Aux Marquises.

Un voyage dans une région, un espace culturel, complètement inconnus pour moi. Que j’ai hâte de découvrir à petits pas, avec respect et humilité. Diana m’accompagne bien sûr.

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Les cinq archipels qui composent la Polynésie française. Un territoire immense. Au cours de ce voyage, nous visiterons trois des cinq archipels: les îles de la Société, les îles Tuamotu et les Marquises.

Lorsqu’on évoque aujourd’hui un voyage à Tahiti, les idées préconçues, les images de cartes postales, les clichés, malheureusement, ne manquent pas.

Depuis Bougainville et les nombreux récits des navigateurs européens puis américains dans ce « paradis perdu », le mythe de Tahiti – « fantasme collectif » – perdure.

Pour la plupart des touristes et des agences de voyages, la région se résume, invariablement, aux paysages de rêve, aux plages somptueuses, aux couchers de soleil. Et au mythe persistant du « bon sauvage » qui vit heureux sur une île peuplée de femmes dociles et souriantes. Comme dans un tableau de Gauguin

Le croquis est à peine exagéré.

Une fois leur croisière ou leur lune de miel terminée, les visiteurs repartent en général assez vite. Les statistiques nous apprennent que la durée moyenne d’un séjour touristique en Polynésie française était, en 2019, de 12 jours. À l’image de Bougainville qui n’a passé, en 1768 … que 9 jours à Tahiti!

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Soulignées en rouge, nos cinq haltes dans les Îles de la Société que nous visiterons dans l’ordre suivant: Tahiti, Moorea, Huahine, Maupiti et Bora-Bora. Séjour prévu d’une semaine dans chacune des îles, sauf à Bora-Bora où nous serons en transit une journée. Voir l’itinéraire complet à la fin de l’article.

Notre projet de voyage est bien différent. Pas de croisière au programme pour nous. Ni de séjour dans un bungalow sur pilotis, au bord d’un lagon splendide et isolé. Nous voulons au contraire être au plus près des gens. Nous souhaitons si possible vivre, partager et observer – derrière la carte postale – la vie quotidienne des Tahitiens et Tahitiennes.

Nous aimerions les écouter. Entendre leurs interrogations. Leurs espoirs. Leurs craintes. Quels sont leurs défis? Leurs fiertés? Comment nous perçoivent-ils?

Tous nos hébergements, sauf à Papeete et Moorea, ont été réservés dans des petites pensions de famille, des structures modestes, en demi-pension souvent. Les petits-déjeuners et certains repas seront pris en commun, en famille, en compagnie d’autres voyageurs. En toute simplicité. Une formule que j’aime bien. Qui s’apparente un peu à celle des « chambres d’hôtes » que j’ai tant appréciées lors de mes randonnées sur le GR65.

Avec une différence majeure cette fois. À chacune de nos étapes, Diana a bien l’intention de se rendre indispensable dans la cuisine et dans la préparation des repas! ♥♥

Nous espérons aussi nager, le plus souvent possible, dans ces magnifiques eaux turquoises!

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La petite île de Tikehau, située à l’ouest de l’archipel des Tuamotu, où nous passerons une semaine avant de revenir quelques jours à Papeete.

Pour le voyageur indépendant, ce n’est pas simple de préparer un long séjour en Polynésie française! Il faut constamment faire le tri entre les images parfois trompeuses des brochures et la réalité tronquée des discours officiels sur Tahiti.

Je suis donc plongé depuis deux mois déjà dans des recherches sur l’histoire, la littérature et les profondes blessures de ce territoire immense, complexe, annexé par la France au 19è siècle, puis brutalement colonisé.

Un territoire dont le statut n’a cessé d’évoluer.

Ancien « protectorat », puis « établissement français de l’Océanie », la Polynésie française est aujourd’hui une « collectivité d’outre-mer » qui jouit d’une autonomie très restreinte. Les grandes décisions se prenant toujours à Paris. À 16 000 kilomètres de Papeete.

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Dernière étape de notre périple: les Marquises. Nous passerons autour de Noël une dizaine de jours à Nuku Hiva avant de débuter les premiers jours de l’année 2023 à Hiva Oa. Depuis Papeete, il faut compter environ 3h30 de vol pour rejoindre les Marquises.

Depuis de nombreuses années, depuis le début des années soixante surtout, des voix, de plus en plus fortes, réclament pour Tahiti l’indépendance ou, à minima, une plus grande autonomie.

Le débat est parfois violent. Comme en témoignent les émeutes qui ont secoué Papeete, en septembre 1995, suite à la reprise des essais nucléaires français en Polynésie française.

Entre 1966 et 1996, 193 essais nucléaires français (aériens et souterrains) ont été réalisés sur le territoire. Essais concentrés à proximité des atolls de Moruroa et Fangataufa, dans l’archipel des Tuamotu.

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Scènes de violence à l’aéroport Faa’a de Papeete, le 6 septembre 1995. L’émeute s’est ensuite déplacée au centre-ville. Selon La Dépêche de Tahiti (7 septembre 1995) « le bilan de cette terrible journée fait état de seize blessés dont deux graves, des dizaines d’incendies volontaires, plus de 150 véhicules détruits, deux avions gros porteurs endommagés et au moins un milliard de francs  de dégâts. »- Photo: La Dépêche de Tahiti.

Parmi ces voix qui revendiquent l’indépendance et veulent « dynamiter les mythes sur Tahiti construits par les autres » (Chantal Spitz), des écrivains, des femmes surtout, que je commence à peine, séduit, à découvrir.

Plusieurs de ces romanciers sont publiés par la maison d’édition « Au vent des îles », basée à Papeete. La plupart de leurs ouvrages sont, malheureusement, introuvables à Vancouver, même à UBC. Je leur ai donc écrit. Et ils m’ont répondu, très gentiment. Merci Anna!

« Au vent des îles » sera, le 10 novembre, l’un de mes premiers arrêts à Papeete. J’y ferai provision de livres pour le voyage.

Accueil et secrétariat
Lundi au vendredi 8h-17h
Fare Ute – Papeava
Papeete
Tél. (+689) 40 50 95 95

chantal spitz

Chantal Spitz, auteur de « l’Île des rêves écrasés » (1991) vit sur l’île de Huahine

Titaua Peu

Titaua Peu a publié en 2003 « Mutismes« . Voir « Notes de lecture » ci-dessous.

Voici donc notre itinéraire pour les deux prochains mois.

9 – 10 novembre = Vancouver – San Francisco – Papeete

A – Archipel de la SociétéÎles du Vent

10 – 14 novembre = Papeete

14 – 22 novembre = Moorea 

B – Archipel de la SociétéÎles Sous-le-Vent

22 – 29 novembre = Huahine

29 novembre – 6 décembre = Maupiti

6 -7 décembre = Bora-Bora (escale)

C – Archipel des Tuamotu

7 – 13 décembre = Tikehau

13 – 16 décembre = retour à Papeete

 D – Archipel des Marquises

16 – 26 décembre = Niku Hiva

26 décembre – 4 janvier = Hiva Oa

4 – 7 janvier = Retour à Papeete

7 – 8 janvier = Papeete – San Francisco – Vancouver

Bonne fin d’automne à tous!

Notes de lecture:

Titaua Peu, Mutismes – (Papeete, 2003)

Mutismes

Le récit cinglant d’une jeune femme tahitienne qui lève courageusement le voile sur les tabous de la société ma’ohi (autochtone) en Polynésie française. Le roman, autobiographique, est aussi un appel à l’indépendance du territoire, le « fenua ». Titaua Peu grandit dans un quartier pauvre de Papeete en compagnie de sa mère, de ses deux sœurs et de son frère. La famille a fui, une nuit de folie, un père et un mari violent, alcoolique. Très jeune, l’enfant observe les inégalités, les injustices et les humiliations que doivent subir les gens du pays face aux « métros », les ressortissants français établis à Tahiti. Sa colère naît, enfle, gronde. Rebelle, elle rencontre un soir, à l’âge de 16 ans, Rori, un des chefs du mouvement indépendantiste du pays. Il est de vingt ans son aîné. Ils deviennent amants. Scandalisée, la mère exile l’adolescente sur une île voisine, Taha’a. Malgré l’éloignement, la jeune femme soutient et rejoint bientôt Rori dans ses combats, à Papeete, notamment contre la reprise des essais nucléaires français. Un roman magnifique, écrit par une femme profondément attachée à l’histoire et à la culture de son île. Infos supplémentaires: ici. Titaua Peu a publié en 2017 un second roman, « Pina ».

Paul Gauguin, Oviri. Écrits d’un sauvage

Gauguin

Le journal d’un homme tourmenté. Malgré son statut très contesté en Polynésie française, je tenais à lire cet ouvrage avant mon départ, et je n’ai pas été déçu. Bien au contraire. Le live est en grande partie une collection de lettres: la correspondance bouleversante de Gauguin à son épouse Mette (d’origine danoise) et à quelques amis pendant ses longues années de pérégrinations en France et à l’étranger. Gauguin a eu plusieurs vies. Encore jeune, il abandonne, à Paris, une vie bourgeoise et un emploi stable de courtier afin de se consacrer entièrement à la peinture. Sa vie bascule. Mette rentre au Danemark. Commence alors pour Gauguin une vie d’errance. Il part chercher l’inspiration et peint en Bretagne, à Arles, en Martinique, à Panama. Il fréquente, à Paris, Degas, Mallarmé. En 1891, Gauguin débarque à Tahiti.  Hormis un bref retour en France (où ses tableaux se vendent peu), il passera le reste de sa vie en Polynésie française. Ce recueil de lettres permet de mesurer la nature perpétuellement rebelle de Gauguin qui se bat, en France, contre « les bourgeois, des gens peu recommandables » et à Tahiti contre à peu près tout le monde – sauf la population indigène qu’il admire et respecte. Dans ses dernières lettres, Gauguin dénonce les pratiques de l’église catholique et les abus d’une administration coloniale qu’il juge corrompue. Il meurt en 1903, à Hiva Oa, aux Marquises, dans le plus grand dénuement.

East 10th avenue 30 octobre 2022

Après trois mois de sécheresse presque sans précédent, l’automne et la pluie sont de retour à Vancouver. Ci-dessus, East 10th Avenue, entre les rues Fraser et Main, au coeur de notre quartier, Mount Pleasant, le dimanche 30 octobre. 

Un dernier mot.

Le début de l’automne a été fertile en événements en Colombie-Britannique. Vancouver a élu le 15 octobre son premier maire d’origine asiatique, Ken Sim, 52 ans. Un événement historique. Et un symbole fort dans une ville où 54% des habitants disent appartenir à une minorité visible. Le nouveau maire sera assermenté le lundi 7 novembre.

D’un autre côté, le gouvernement provincial (NPD, centre-gauche), vient d’annoncer qu’il ne soutiendrait pas la candidature de Vancouver aux Jeux olympiques d’hiver de 2030, vu le coût exorbitant de l’événement (2 milliards de dollars au bas mot). Sage décision – malgré la déception légitime exprimée par les nations autochtones, qui devaient, pour la première fois, être intimement associées à ce projet olympique.

Sahali Park 30 octobre 2022

À une centaine de mètres de la photo précédente, toujours dans le quartier Mount Pleasant, une pancarte, à l’extérieur du parc Sahalli, rappelle à la communauté l’histoire trop longtemps négligée des territoires non cédés des peuples autochtones de la Colombie-Britannique. La ville de Vancouver est en effet depuis 1886 située sur les terres et les eaux non cédées des nations Musqueam, Squamish et Tsleil-Waututh. Le conflit n’a toujours pas été résolu.

À chacun son chemin…

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Mercredi 20 juillet, étape #13/17, entre les villages de Pomps et Maslacq

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au coeur d’une région magnifique, le Béarn! – l’une de mes plus belles découvertes cet été.

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La carte du Béarn que traverse en partie le GR65. D’Arzacq-Arraziguet, où j’ai fait halte une nuit, à Arthez-de-Béarn, avant d’entrer, après Navarrenx, au Pays basque. Les villages de Pomps et Maslacq, où j’ai aussi passé la nuit, sont respectivement situés au nord et au sud d’Arthez-de-Béarn.

Il m’a fallu plusieurs semaines cette fois-ci pour me remettre de l’expérience du chemin. Me remettre physiquement d’abord. Mais pas seulement.

Plusieurs semaines passées à trier, au calme, à Saint-Jean-Pied-de-Port, à Paris, puis à Vancouver, tout ce que j’avais vu et vécu cet été sur le GR65. 

Plusieurs semaines pour prendre un peu de recul. Et réaliser que j’avais enfin terminé – et réussi! – mon projet un peu fou de randonnée entamé, il y a plus de quatre ans, au Puy-en-Velay!

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Célébration à Saint-Jean-Pied-de-Port, le jeudi 28 juillet, trois jours après la fin de mon périple. Je repars le lendemain, en train, pour Paris. Mission accomplie. Au-revoir, Pays basque – à bientôt! Restaurant Le Chaudron, Place des Remparts.

Avant d’aller plus loin, récapitulons.

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Dimanche 17 juillet, étape #10 entre Barcelonne-du-Gers et Miramont-Sensacq (Landes).

J’ai parcouru, en trois « saisons » sur le GR65 (2018, 2019, 2022), les 740 kilomètres de « la Via Podiensis », la Voie du Puy qui emmène marcheurs et pèlerins du Puy-en-Velay, en Haute-Loire, jusqu’aux Pyrénées. 

Voir ici et ici les trajets effectués au printemps 2018 et au printemps 2019. (SVP cliquer sur les mots/chiffres en caractères gras pour avoir des détails supplémentaires).

Et voir ici l’esprit dans lequel j’ai entrepris ce projet.

Fiche-Puy

Le tracé complet de la Voie du Puy. Indiquées en bleu, les villes/communes où j’ai soit commencé, soit terminé chacune de mes trois « saisons » sur le chemin de Compostelle en France – Le Puy, Conques, Cahors, Nogaro et Saint-Jean-Pied-de-Port.

J’ai terminé cette randonnée épique en franchissant comme prévu cet été, entre le 5 et le 25 juillet, 325 kilomètres. Répartis en 17 étapes et deux tronçons.

Tronçon #1 – 8 étapes: De Conques (Aveyron) à Cahors (Lot) =136 kms. Voir ici l’article précédent.

Tronçon #2 – 9 étapes: De Nogaro (Gers) à Saint-Jean-Pied-de-Port (Pays basque) = 189 kms. Voir la carte ci-dessus.

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Lundi 18 juillet, étape #11, une randonneuse solitaire entre Miramont-Sensacq (Landes) et Arzacq-Arraziguet (Béarn)

Depuis le printemps 2018, j’ai traversé, en partie, huit départements, dans l’ordre suivant. ( ) = le code du département.

La Haute-Loire (43) – la Lozère (48) – l’Aveyron (12) – le Lot (46) – le Tarn-et-Garonne (82) – le Gers (32) – les Landes (40) et les Pyrénées-Atlantiques (64)

Que retenir et quelles leçons tirer de ce périple de 740 kilomètres effectué sur les merveilleuses routes du sud-ouest de la France? 

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Samedi 23 juillet, étape #15, entre Navarrenx (Béarn) et Bellevue (Pays basque)

Cette longue randonnée a d’abord été, pour moi, une formidable expérience, une aventure épatante!

Une aventure qui incite, en même temps, au recueillement, à l’introspection.

Comment en serait-il autrement, après avoir parcouru seul, la plupart du temps, 740 kilomètres? (Marcher seul était mon choix, dès le départ).      

Voici donc, sur cette odyssée, quelques réflexions et observations personnelles – qui n’engagent que moi.

Puisque, selon ses circonstances, chacun vit, sur le GR65, une expérience différente.

A chacun son chemin.

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Entre Pomps et Maslacq, le mercredi 20 juillet.

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Randonneurs australiens, suisses, américains, français et canadiens réunis autour de la table de la ferme Gainekoetxea, à Ostabat, au Pays basque, le dimanche 24 juillet. Nous rejoindrons tous le lendemain, Saint-Jean-Pied-de-Port, 25 kms au sud.

Le 1er constat, très personnel, c’est qu’au fil de ces trois saisons, le chemin de Compostelle en France s’est peu à peu, pour moi, profondément transformé, métamorphosé.

A chacun de mes retours sur le GR65, le chemin a pris, inexorablement, une dimension différente.

Il y a d’abord eu, au départ du Puy-en-Velay, une dimension spirituelle. De nombreux marcheurs croisés sur le GR65, en 2018, étaient sur la route, semble-t-il, dans le cadre spécifique d’une démarche spirituelle, religieuse.

Le terrain s’y prête. Il y a entre Le Puy-en-Velay et Conques des chapelles splendides, des églises magnifiques. Où les pèlerins, souvent, s’arrêtent. Prient. Allument un cierge parfois. Ce premier tronçon du chemin, en Haute-Loire, en Lozère, en Aveyron, est tout simplement somptueux. Il invite à la méditation.

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Les édifices et symboles religieux sont de moins en moins fréquents sur le GR65 à mesure que l’on se rapproche des Pyrénées. Mais il sont toujours présents. Ci-dessus, le lundi 25 juillet, avant l’arrivée à Saint-Jean-le-Vieux, à 4 kms environ de Saint-Jean-Pied-de-Port.

Changement radical au printemps 2019 lors de ma deuxième saison sur le GR65!

Entre Cahors et Nogaro, la dimension spirituelle du chemin s’est vite estompée. Remplacée par le bonheur pur et simple de découvrir, dans des régions superbes, dans le Quercy, en Gascogne, dans le Gers, toute la palette et la richesse de la cuisine du Sud-Ouest!

Foie gras, pâtés, rillettes, canard confit, fromages, vins. Armagnac. Je ne me suis pas privé. Et je reprenais vite midi et soir, autour des plats du jour et des tables d’hôtes, les quelques kilos perdus lors de mes étapes quotidiennes.

Ce deuxième tronçon du chemin a été, pour moi, en un mot, épicurien. Je ne m’y attendais pas. Et je n’ai aucun regret! 

Quel bonheur de goûter à Cahors, à Montcuq, à Auvillar, à Eauze, à Montréal-du-Gers, à Nogaro, cette fabuleuse gastronomie!

J’ai découvert, au fil de ces étapes, une façon de vivre bien particulière. Un art de vivre en fait qui célèbre, autour de la table, produits du terroir, convivialité et plaisir partagé.  

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Poivrons farcis accompagnés de fromage fondu et de piperade, Pomps (Béarn), le mardi 19 juillet.

Ma troisième saison enfin, celle que je viens de terminer, a eu, comme principale caractéristique, l’effort physique. Effort intense. Quotidien. Cela n’a pas été facile. 

Premier défi? Sur cette dernière section du chemin, entre Nogaro et Saint-Jean-Pied-de-Port, les villages, les lieux habités sont beaucoup plus rares. Les hébergements, les commerces et les points d’eau aussi. Il faut donc faire de plus longues étapes. De 22 à 25 voire 27 kilomètres par jour. Beaucoup plus que la moyenne à laquelle je m’étais confortablement habitué – de 18 à 21 kilomètres environ par étape.

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Etape #16, le dimanche 24 juillet, entre Bellevue et Ostabat (25 kms)

Second défi, il y a eu à la mi-juillet, dans le sud-ouest de la France, un long épisode de canicule. Alors que je débutais le deuxième tronçon de ma randonnée, le thermomètre est monté, en quelques jours, à 37, 38 puis 39 degrés.

Pour éviter la grande chaleur, je quittais mon logement, comme la plupart des pèlerins, au lever du jour, autour de 6h. 

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6h30 du matin, rue Carnot, au coeur de la petite ville d’Aire-sur-l’Adour, dans les Landes. J’ai quitté mon hébergement 30 minutes plus tôt et j’ai posé mon sac devant l’une des seules boulangeries ouvertes si tôt ce matin-là. A l’intérieur, « les petites mains », essentielles au chemin, préparent mon ravitaillement pour la matinée.

Le samedi 16 juillet, il a fait plus de 40 degrés sur le chemin lors d’une de mes plus longues étapes (25 kms) entre Nogaro et Barcelonne-du-Gers.

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En pleine canicule entre Nogaro et Barcelonne-du-Gers, le samedi 16 juillet. Cette étape a sans doute été l’une des plus difficiles en trois saisons sur le GR65. Une étape homérique.

Marchant seul sur le GR65 ce jour-là, et cheminant le plus vite possible sous un soleil de plomb, j’ai commencé à regarder de façon beaucoup moins sympathique les immenses champs de maïs, puis les champs de fleurs de tournesol – interminables – par lesquels passe le chemin dans cette partie du Gers.

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Un groupe de randonneurs longe en plein soleil le samedi 16 juillet un champ de fleurs de tournesol

Tous mes respects aux agriculteurs qui doivent, l’été, assurer la gestion et l’irrigation de ces vastes champs. 

J’ai dû boire en six heures de marche plus de 4 litres d’eau.

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Alleluia! Alleluia!

Heureusement, en arrivant à destination, la maîtresse de maison, à La Bastide du Cosset, a eu l’immense gentillesse de m’ouvrir la porte de ma chambre d’hôtes, vers midi 30. Merci, Florence! J’étais littéralement trempé de sueur.

Après ma douche, je me suis aperçu que mon tee-shirt (bleu), sur le plancher, avait changé de couleur. Il était devenu presque blanc. La sueur, séchée, y avait laissé de grandes traces blanches. 

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Le petit jardin de la Bastide du Cosset, une ancienne maison de Maître, entièrement restaurée. Une excellente adresse à Barcelonne-du-Gers.

Seconde étape caniculaire le lendemain, dimanche 17 juillet, jusqu’au village de Miramont-Sensacq, dans les Landes – où une bonne surprise m’attendait!

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Après 5 heures de marche, quel plaisir d’arriver à La Maison du Bos, une bâtisse du 18è siècle, rénovée elle aussi, à Miramont-Sensacq. Calme et confort assurés pour les randonneurs.

Autour de la table ce soir-là, un couple hollandais, ex-pèlerins, accompagnés de leur fille. Le couple vient de publier un ouvrage illustré qui retrace leur aventure et leurs rencontres sur le chemin de Compostelle, en France et en Espagne, quinze ans plus tôt. Le livre contient de merveilleuses photos. 

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Salade de tomates du jardin à la Maison du Bos, à Miramont-Sensacq

Pour célébrer la publication de leur ouvrage, ce couple, charmant, a décidé de revisiter, en famille et en voiture cette fois, quelques-uns des lieux marquants de leur pèlerinage. Un projet qui a été, pour eux, déterminant. Ils s’étaient arrêtés, jadis, à La Maison du Bos. 

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Souper à la Maison du Bos. Ce que la photo ne montre pas, c’est mon état avancé d’épuisement. Après une autre étape de 20+ kms et malgré une sieste, je tiens à peine debout. Départ, le lendemain, à 6h, pour Arzacq-Arraziguet.

Heureusement, la canicule, peu à peu, s’est atténuée les jours suivants.

Et j’ai pu poursuivre plus sereinement mon chemin dans le Béarn puis au Pays basque.

J’ai rencontré en route une pléiade d’individus, attachants, étonnants.

Comme ces trois pèlerins croisés le 19 juillet dans le Béarn entre Arzacq-Arraziguet et Pomps.

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Théo, Florian et Louis cheminent ensemble, souriants, décontractés, sur le GR65. Ils vont jusqu’à Santiago. Florian (au milieu) me parle du Vietnam, où il est allé en 2014. Il a loué à Saïgon, avec un ami, une moto. Et les deux compères ont traversé le pays jusqu’à Hanoï puis Sapa. Très impressionné par la maturité de ces trois jeunes gens. Bonne route, messieurs!

Autre rencontre le lendemain, avec une dame d’un certain âge, très digne, la mère du propriétaire de ma chambre d’hôtes, à Maslacq, dans le Béarn. Nous conversons sur la galerie.

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Chambre d’hôtes La Ferme du Bicatou, à Maslacq, le mercredi 20 juillet.

Madame G. m’explique, dans une langue admirable, qu’elle regrette la disparition du Béarnais, une variante du Gascon, qu’on parlait autrefois à Maslacq. Le Béarnais a presque disparu aujourd’hui. On l’entend encore parfois, parlé par les anciens, sur les marchés et sur les places des villages. On l’enseigne  à l’école, mais la langue meurt peu à peu.

Le Béarnais était pourtant, jusqu’à la Révolution, la langue administrative et juridique de l’état du Béarn.

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En quittant Maslacq le jeudi 21 juillet

Deux jours plus tard, après avoir quitté Navarrenx, en route pour Bellevue, au Pays basque, je rencontre sur le chemin, près du bourg de Lichos, Josiane. Longue et amicale conversation.

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Josiane, près de son domicile, sur le GR65, dans la commune de Lichos, au Pays basque, le samedi 23 juillet.

Josiane en a gros sur le coeur ce jour-là. Et veut le faire savoir. Le problème? Elle est retraitée, sans véhicule et dépend entièrement de ses enfants pour ses déplacements. Pour ses rendez-vous, aller faire ses emplettes ou voir des amis. Le village le plus proche, avec des commerces, Mauléon-Licharre, est à 10 kms. Pau, la préfecture, est à plus de 50 kms. Comment faire?

La commune de Lichos, me dit-elle, a récemment mis en place un service de navette, presque gratuit, pour les anciens. Mais les communications avec le chauffeur se font uniquement par SMS… et Josiane a du mal avec les SMS…

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Point d’eau près de Navarrenx

Mes trois dernières étapes entre Navarrenx et Bellevue (18 kms), Bellevue et Ostabat (25 kms) et Ostabat et Saint-Jean-Pied-de-Port (25 kms) sont parmi les plus belles!

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Sur le GR65 entre le Béarn et le Pays basque

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En arrivant à Bellevue, à proximité de la ferme Bohoteguia, le samedi 23 juillet

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La fenêtre de ma chambre d’hôtes à Bellevue, grande ouverte au deuxième étage, donne sur le paysage de rêve, ci-dessous. Il n’y a, ce jour-là, aucun autre client dans la maison. Bonheur absolu.

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Les randonneurs ont choisi ce soir-là de dormir un peu plus bas sur le GR65, à la ferme Bohoteguia, quelques centaines de mètres plus loin. 

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6h30 du matin, au départ de l’étape vers Ostabat, le dimanche 24 juillet.

Et les pèlerins?

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En route pour Ostabat, le dimanche 24 juillet

La plupart des riverains ou des automobilistes qui croisent les randonneurs sur le GR65 sont loin d’imaginer à quoi ressemble la réalité quotidienne des pèlerins.

En un mot comme en mille, on ne chôme pas sur le chemin.

Il faut le matin planifier soigneusement son itinéraire et son ravitaillement. Se munir de pain, de fromage ou acheter à la boulangerie (s’il y en a) de quoi s’alimenter. Il faut repérer à l’avance, sur les cartes, les points d’eau. Ou être condamné à porter dans son sac 2 ou 3 litres supplémentaires.

(Astuce: en général, les cimetières sont des sources sûres d’approvisionnement en eau potable. Pousser la barrière du cimetière, chercher le robinet qui sert à remplir les vases et à arroser les fleurs sur les tombes. Remplir sa gourde).

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Delphine et Josée, pèlerines, croisées régulièrement sur le GR65 depuis Barcelonne-du-Gers. Delphine (à gauche) vit en Haute-Savoie. Josée, elle, habite Montréal.

Il faut aussi impérativement prendre chaque soir bien soin de ses pieds. C’est la grande affaire. Chacun a sa méthode, ses pommades, ses conseils à partager. Il faut laver et faire sécher son linge. Trouver le temps de communiquer avec la famille, les amis.

Il faut se préparer mentalement et physiquement à affronter le lendemain le soleil, le vent, la pluie, la fatigue, les difficultés du chemin. Le GR65 monte régulièrement à l’approche des Pyrénées, l’effort est constant. Être pèlerin n’est pas de tout repos.

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Montée de la crête vers la chapelle de Soyartz, avant l’arrivée à Ostabat, le dimanche 24 juillet

Pour ceux qui portent leur grand sac, il faut enfin chaque matin, avant de reprendre la route, refaire et vérifier son bagage. Ce n’est pas toujours facile ou évident à 5h30 ou 6h le matin!

Une pèlerine a éclaté en sanglots devant moi cet été, en disant: « Je viens de prendre ma retraite pour ne plus avoir de routine. Et voilà que sur le chemin je dois tous les matins suivre la même routine pour préparer et vérifier mon sac! J’ai failli abandonner. »       

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Après six heures de marche le dimanche 24 juillet, enfin!, le village d’Ostabat, au Pays basque. C’est juste avant Ostabat que se rejoignent trois des grandes voies jacquaires qui mènent vers Compostelle: la voie du Puy, la voie de Vezelay et la voie de Tours.

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Axoa de veau servi à Ostabat, le dimanche 24 juillet

Mais il y a aussi tant de côtés positifs dans la vie de pèlerin!

La solidarité, le partage et le respect entre les randonneurs.

Le sentiment très fort de parcourir, côte à côte, des chemins splendides.

De franchir, ensemble, avec succès, des étapes difficiles.

Le sentiment aussi, parfois, sur le chemin, surtout vers la fin, à l’approche des Pyrénées, d’être invincible!

Car parcourir plusieurs jours de suite, sans gros pépins, des étapes de 25-27 kilomètres, cela donne beaucoup d’assurance!

D’un autre côté, essentiel pour moi, la marche tonifie et aide aussi à clarifier tellement de choses!

A l’heure de Twitter, de TikTok et de l’information continue, quel baume pour l’esprit de pouvoir marcher en silence, en paix, pendant des semaines, en pleine nature. Et être assuré, en fin de journée, d’avoir un toît, un lit, un bon souper, des compagnons de route, souvent. C’est un privilège inouï. 

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Inscription (avec faute d’orthographe) sur le chemin entre les villages de Barcelonne-du-Gers et Miramont-Sensacq (Landes), le dimanche 17 juillet.

Deux rapides observations – et une anecdote – avant de conclure.

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Benat, ci-dessus, propriétaire depuis plus de 20 ans de la ferme Gainekoetxea, à Ostabat, met un point d’honneur tous les matins à entonner, fièrement, devant les pèlerins, au petit-déjeuner, de magnifiques chants basques!…

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… pendant que son épouse, Lucie, supervise la restauration et la logistique des hébergements. Ce n’est pas toujours facile de gérer un gîte ou une maison d’hôtes sur le GR65, surtout en temps de canicule et de pandémie. Le petit-déjeuner, par exemple, doit être préparé et servi à 6h, parfois plus tôt. Merci infiniment pour cette belle halte chez vous, Benat et Lucie!

Observation #1 – Il y a, malheureusement, sur le chemin, très peu de diversité parmi les randonneurs. En trois saisons, je n’ai aperçu que quelques Asiatiques (Vietnamiens, Coréens pour la plupart) et un seul autre Noir sur le GR65. Est-ce dû à la pandémie? Aux grandes chaleurs de l’été? 

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Lors de ma dernière étape entre Ostabat et Saint-Jean-Pied-de-Port, le lundi 25 juillet

Observation #2 – Au fur et à mesure qu’on se rapproche des Pyrénées, la proportion et la fréquence du « goudron » sur le GR65 augmente. Ce n’est plus un chemin mais une véritable route qui emmène les marcheurs vers la montagne. Même si les véhicules sur ces petites routes restent rares, c’est dommage! Pourquoi ne pas convertir certains de ces tronçons en sentiers de marche?

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Entre Maslacq et Navarrenx, le jeudi 21 juillet

Une dernière anecdote.

Au terme de mon avant-dernière étape entre Bellevue et Ostabat, j’arrive vers 13 heures à la ferme Gainekoetxea, mentionnée plus haut. Il est encore tôt. Les propriétaires sont absents et ma chambre n’est pas encore disponible. Il faut patienter.

Sur l’une des terrasses de la propriété, je rencontre Monica, une redoutable randonneuse suisse qui franchit quotidiennement des étapes de 30 à 35 kms. Monica est arrivée il y a plus d’une heure déjà. Elle est fraîche comme une rose. Pas une goutte de sueur. Je n’en reviens pas. Que mange-t-elle donc le matin? 

Une trentaine de minutes plus tard, arrive un troisième pèlerin, Russell. Il est rouge comme une pivoine, transpire abondamment et souffle comme une cheminée. Je me sens mieux. Enfin, un semblable.

Après avoir repris haleine, Russell nous apprend qu’il habite, avec son épouse, en Oregon. Nous parlons tous les trois, calmement, de voyages. Russell mentionne qu’il a habité, enfant, en Afrique, à Lagos, au Nigéria. Moi aussi!! Je dresse l’oreille et je l’écoute.

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Russell, sur la terrasse de la ferme Gainekoetxea, à Ostabat, au Pays basque, le 24 juillet.

J’apprends avec stupéfaction que le père de Russell travaillait pour la CIA, à l’ambassade américaine de Lagos, entre 1958 et 1961. Avant et après l’indépendance du pays. Neuf ans avant notre arrivée à Lagos. Mais nous voilà lancés dans une conversation animée où Russell mentionne des lieux qui font partie du folklore et de l’histoire intime de notre famille. Le club Ikoyi, les quartiers Apapa, Ikeja, Victoria island. L’hôtel Federal Palace à partir duquel le « Banana Boat » emmenait les baigneurs sur la plage de Tarkwa Bay, au large de la ville. Incroyable!

Russell a connu et vécu tout cela, lui aussi, neuf ou dix ans avant nous. Nous habitions à Ikoyi. Son père, lui, pour des raisons de logistique, habitait Ikeja, près de l’aéroport. Et il y avait déjà, me dit Russell, dans ce quartier, des embouteillages monstres…   

Qui aurait pu prévoir que nous nous rencontrerions un jour, à Ostabat, au pied des Pyrénées? Ce type de rencontre résume assez bien l’esprit d’un chemin où il se passe, quotidiennement, bien des choses.  

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Dernière étape, le lundi 25 juillet…

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Près du village de Gamarthe, quelques kilomètres avant Saint-Jean-le-Vieux

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Le clocher de l’église de Saint-Jean-le-Vieux pointe à l’horizon, le lundi 25 juillet. On aperçoit au loin les Pyrénées. Plus que sept ou huit kilomètres avant de rejoindre Donibane Garazi, Saint-Jean-Pied-de-Port. Mon périple, commencé il y a plus de quatre ans au Puy-en-Velay, est presque terminé! Ultreïa! 

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Mon carnet de pèlerin, dûment estampillé au fil de mes trois saisons passées à randonner sur le GR65

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Chaque sceau, daté, représente une étape et certifie ma halte pour la nuit dans un des hébergements situés sur le chemin de Compostelle en France, entre Le-Puy-en-Velay et Saint-Jean-Pied-de-Port.

Quel été fantastique!

 Montréal – Paris – le Pays basque – Cahors – Toulouse – puis le GR65, pour moi.

Malgré tous ces déplacements, Diana et moi, avons, pour l’instant, échappé à ce satané virus. Nous sommes tous les deux en bonne santé.

Et nous tenons à remercier ici tous ceux et celles croisés sur la route depuis notre départ de Vancouver, le 20 avril. En particulier:

Mon frère Alix venu nous rejoindre au Pays basque.

Aline, Paulo, Monsieur et Madame L., Monsieur A., à Saint-Jean-Pied-de-Port. Merci infiniment!

Christiane pour son amitié et les bons moments passés à Cahors.

Merci aux randonneurs rencontrés sur le GR65 cet été – Sylvie (Lyon), Sylviane (Loire), Sandrine (Gers & Cuba), Isabelle (Toulouse), Delphine et Josée, Gilles, Didier et Véronique, de la région de Nice! Bonne rentrée à tous les trois!

Et merci, surtout, à Diana

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Après trois mois et demi de voyage, cela fait du bien d’être de retour à la maison! Ci-dessus, au milieu d’un pique-nique, au Memorial Park (41st Avenue & Fraser) dans l’est de Vancouver, le samedi 20 août, et

29 août 2022

avec mon ami Brian lors d’une randonnée en vélo le long de la rivière Fraser, en territoire Musqueam, au sud de Vancouver, le lundi 29 août.

Bonne fin d’été à tous!

Entre Conques et Cahors sur le GR65

Quoi de mieux que marcher au grand air pour combattre ce satané virus?

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Mardi 12 juillet, 8h du matin, étape #8 entre Le Pech et Cahors, en compagnie d’Alice, du Jura et de Sylvie, de la région lyonnaise, toutes les deux croisées et recroisées sur le GR65 depuis Figeac. J’achève ce matin-là le premier (136 kms) de mes deux tronçons de marche vers les Pyrénées.

Dormir le soir à la campagne, au son des grillons, dans une belle et grande chambre qui sent la lavande. Après avoir dîné, à l’extérieur, autour d’une bonne table. Tout cela est aussi fortement recommandé.

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Randonneurs belges, canadiens et français réunis autour de la table des « Volets Bleus » à Decazeville, le mardi 5 juillet, après ma première étape.

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Au menu à Decazeville ce soir-là, un savoureux plat d’aligot accompagné de porc et de légumes. Merci, Hervé!

Me voilà depuis hier de retour à Nogaro, dans le Gers, après huit étapes (et une courte halte à Cahors) où tout s’est déroulé à peu près comme prévu, malgré la canicule qui sévit en ce moment dans le sud-ouest de la France.

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Soulignées en bleu, les étapes de mon trajet le long du GR65 entre Conques (à droite de Decazeville, en Aveyron) et Cahors.

Quelle aventure depuis mon départ du Puy-en-Velay, en Haute-Loire!

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Les tours de l’abbaye Sainte-Foy, dans la commune de Conques, en Aveyron. C’est à partir de Conques – où je m’étais arrêté au printemps 2018 – que je reprends cet été le chemin de Compostelle jusqu’aux Pyrénées.

Lundi 4 juillet 

Agréable surprise en arrivant à 14h à l’Abbaye Sainte-Foy de Conques. On m’attribue, à l’accueil, « la chambre de l’évêque » (la chambre 14), l’une des plus spacieuses, dotée d’une grande salle de bains, d’une vue imprenable sur la ville et sur les pèlerins qui partent le matin sur le chemin.

Je m’attendais à une forte affluence et nous sommes à peine une quarantaine à loger ce soir-là à l’abbaye. « Période creuse », me dit-on. Les vacances scolaires n’ont pas encore commencé. Et on annonce, pour les prochains jours, une météo quasi caniculaire. Me voilà averti.

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Sous la fenêtre de ma chambre, les premiers pèlerins quittent l’abbaye Sainte-Foy de Conques vers 7h15,  mardi matin, 5 juillet.

Autre surprise le lendemain matin, au petit-déjeuner. L’un des anciens du monastère, le père Jean-Daniel me demande s’il peut s’asseoir à ma table. La plupart des pèlerins sont déjà partis et je mange seul, sereinement. Mais comment refuser?

–  « Vous avez la chambre 14?, me ditil, Christian Bobin avait la même. Il a écrit un livre ici ».

Sourire aux lèvres, le père Jean-Daniel m’apprend que l’écrivain logeait, lui, chambre 14, au luxueux hôtel Sainte-Foy, situé juste en face de l’abbaye.

Quelle coïncidence! J’ai beaucoup lu et aimé, autrefois, les livres de Christian Bobin, qu’une amie, Marianne, m’avait fait connaître, à Dalat, au Vietnam. Je le lis moins maintenant.

La conversation s’engage. Le père m’interroge sur Haïti, me parle des péripéties de son récent pèlerinage à Compostelle, « effectué en civil », me confie-t-il. Il me donne son avis sur deux ou trois hébergements où il a dormi, dans l’Aveyron et dans le Lot.

Puis, sans crier gare, il me souhaite bon chemin et me laisse, en citant cette phrase énigmatique du prophète Isaïe:

« Si tes péchés sont écarlates, ils deviendront blancs comme la neige, s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront blancs comme la laine. »

Quelle curieuse façon de prendre congé! Qu’est-ce que tout cela veut bien dire?

Est-ce un signe? Si oui, comment dois-je l’interpréter?

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Le père Jean-Daniel est organiste et libraire à l’abbaye Sainte-Foy de Conques depuis trente ans. Il joue aussi de l’accordéon. Marc, à ses côtés, vit à Sète. Il est hospitalier et bénévole à l’abbaye quelques semaines par an. 

Mardi 5 juillet

Première étape sans histoires (19 kms) entre Conques et Decazeville, en Aveyron. Je suis très heureux de retrouver le chemin et je chemine allègrement. Très peu de pèlerins sur la route. Malheureusement, deux heures environ après avoir quitté Conques, déjà, beaucoup de « goudron » sur le GR65.

(Le « goudron« = les parties du chemin effectuées sur ou à côté d’une route cantonale ou départementale goudronnée).

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Entrée du village de Noailhac, la première commune après Conques sur le tracé du GR65, en Aveyron. Le paysage est magnifique!

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Entre Noailhac et Decazeville, le mardi 5 juillet. Température: 27 ou 28 degrés en début d’après-midi.

Quarante minutes environ avant l’arrivée à Decazeville, une scène inattendue. J’aperçois au loin, en plein soleil, une jeune femme, enceinte, accompagnée de trois enfants. Je m’approche, surpris et je leur demande s’ils ont besoin d’eau ou de nourriture.

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Sur le GR65 avant Decazeville, le 5 juillet

La jeune femme est accrochée à son téléphone. Elle parle à son mari. Elle m’explique que la famille effectue sur le chemin un pèlerinage, longuement planifié, avec un âne, qui transporte leurs bagages. L’âne, ce matin, sur la route, a brusquement refusé d’avancer. « Il a eu peur de son ombre » me dit un des enfants, stoïque sous le soleil. Le papa est reparti, en quête d’un autre âne et doit bientôt rejoindre sa famille sur le GR65.

J’ai revu par hasard la famille, la mine déconfite, le lendemain, à Livinhac-le-Haut. Ils m’apprennent que le second âne a quitté leur gîte et a pris la fuite, en pleine nuit. Ils ont passé la matinée à le rechercher. L’ont retrouvé. Mais, épuisés, ils abandonnent leur projet. Et rentrent chez eux.

On n’a plus les ânes qu’on avait. Ou les ânes se sont peut-être donné le mot. Ils exigent maintenant de meilleures conditions de travail et un congé automatique les jours de grande chaleur.

Mercredi 6 juillet 

Pendant cette deuxième (courte) étape entre Decazeville et Montredon (11 kms), je quitte le département de l’Aveyron pour le Lot.

Au revoir Decazeville! J’ai beaucoup aimé m’arrêter ici. Malgré la chaleur, j’ai pu un peu visiter la ville. Et j’ai rencontré, aux « Volets Bleus« , de solides et sympathiques compagnons de route!

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Vue partielle de Decazeville, le mercredi 6 juillet. On m’avait annoncé à Conques une ville presque morte, à l’abandon, à l’agonie. J’ai plutôt découvert à Decazeville un village ouvert, actif, accueillant. Et des riverains qui travaillent sans relâche pour poursuivre la mue de cette ancienne cité minière. 

Premier petit pépin, malheureusement, en quittant Decazeville. Je ressens une légère douleur au pied. Sur le bord de la route, j’enlève mes chaussures et je découvre une ampoule, au niveau du talon droit. La première en trois saisons sur le chemin! C’est complètement inattendu. Le résultat sans doute du trajet à vive allure effectué la veille entre Conques et Decazeville. Que faire? Je suis absolument seul sur le chemin.

Je décide de poursuivre, en boitant un peu, ma route vers Livinhac-le-Haut, 4 kms plus loin.

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En traversant le Lot, on aperçoit le clocher de l’église au sommet du village de Linvinhac-le-Haut

Arrivé au village, je m’arrête à l’unique terrasse de la commune et commande un café. Discrètement, j’examine de plus près cette irritante ampoule. A deux pas de la terrasse, je repère une petite épicerie-dépôt-de-pain-point-poste. Le commerce vend aussi des articles de premiers soins. J’achète une boite de pansements.

En revenant clopin-clopant à ma table, quelle surprise de croiser les trois randonneuses québécoises qui logeaient la veille comme moi aux « Volets Bleus« , à Decazeville. Nous avions commencé à sympathiser autour de la table du souper.

Spontanément, elles s’arrêtent, ouvrent leurs sacs et partagent avec moi, amicalement, des produits pour soigner les ampoules. Elles m’offrent des conseils. Quelle gentillesse, quelle générosité! Symbole de la magie et de l’entraide qu’on retrouve sur le chemin.

J’ai sagement suivi leurs suggestions. Et j’ai pu, sans trop de mal, poursuivre ma route jusqu’à Montredon, terme de ma deuxième étape.

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Le balisage du GR65 est impeccable dans l’Aveyron et dans le Lot 

Montredon où, à mon grand étonnement, j’ai retrouvé mes trois anges gardiens – qui avaient, à la dernière minute, décidé de modifier leurs plans. Elles logeraient, ce soir-là, sur le chemin, dans le même hébergement que le mien!

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Madeleine, Linda et Louise, mes trois fées et infirmières du Québec, dans le magnifique jardin de nos chambres d’hôtes, à Montredon, dans le département du Lot, le mercredi 6 juillet. Merci infiniment à toutes les trois!

Jeudi 7 juillet et vendredi 8 juillet

Aucune difficulté le lendemain pendant mon trajet entre Montredon et Figeac (19kms). Par précaution, je suis passé par une pharmacie. Ai reçu d’autres précieux conseils et, grâce aux pansements, mon ampoule ne me cause pratiquement plus de gêne.

Je retrouve avec plaisir, avant Figeac, le GR65 qui sinue entre les fermes, en territoire agricole. Nous approchons de la région du Quercy. Et il fait de plus en plus chaud!

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Quelques kilomètres avant l’arrivée à Figeac, le jeudi 7 juillet

 Nouvelle étape le lendemain, entre Figeac et Le Puy-Clavel (20 kms)

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Vendredi 8 juillet, 8h30. Quatrième étape entre Figeac et Le Puy-Clavel, dans le département du Lot 

J’ai quitté les abords de Figeac sans trop de regret cette fois. Je n’étais déjà plus habitué aux bruits de la ville, à la circulation automobile, aux ronds-points, aux feux rouges. Et j’ai repris, soulagé, le chemin vers Le Puy-en Clavel.

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On retrouve dans le Quercy de petites cabanes de pierre sèche, comme celle ci-dessus. On les appelle des « casselles ». Bâties sans aucune charpente, elles servaient jadis d’abris aux bergers, à leurs moutons, on y remisait aussi le foin.

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Sur le GR65 entre Figeac et Le Puy-Clavel, le vendredi 8 juillet

Gros coup de cœur en chemin en arrivant au village de Faycelles. La commune est baignée de soleil. De petites rues fleuries grimpent vers une place ombragée au coeur du village. Voilà un bel endroit où s’arrêter quelques jours! Peut-être lors d’une prochaine randonnée, avant de parcourir la voie du Célé, toute proche?

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Un chemin soigneusement entretenu mène au sommet du petit village de Faycelles (700 habitants). Une belle découverte!

En quelques heures, j’ai avalé les 20 kms entre Figeac et Le Puy-Clavel. La plus belle étape de mon périple jusqu’à présent. Une partie de ce trajet est classée au patrimoine de l’UNESCO.

Après avoir quitté Figeac à 7h30, je suis arrivé au Puy-Clavel, à 13h45. Six heures quinze de marche. Et je suis à peine fatigué. J’ai trouvé mon rythme de croisière. Mon ampoule au talon a pratiquement disparu.

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Sur le GR65 entre Le Puy-Clavel et le Mas de Games, le samedi 9 juillet.

Samedi 9 juillet

Etape beaucoup plus difficile le lendemain entre Le Puy-Clavel, Cajarc et le Mas de Games, un hameau situé près du village de Limogne-en-Quercy. Près de 27 kilomètres à parcourir. Ma plus longue étape en trois saisons sur le GR65.

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La ville de Cajarc, au loin, sous un soleil ardent

J’ai souffert ce jour-là. Pesté contre la chaleur et les multiples, interminables tronçons de goudron qui attendent le randonneur, après avoir traversé Cajarc. Cajarc, lieu de naissance de Françoise Sagan, où je me suis arrêté un moment pour déjeuner, au bord du Lot.

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Un moment de calme au bord du Lot, à Cajarc, le samedi 9 juillet

Et j’ai ensuite repris le chemin, jusqu’au

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Le nom du hameau, situé un coeur du Quercy, est complètement inattendu! A priori, il n’y a aucun lien avec la ville des hauts plateaux du centre du Vietnam où j’ai vécu pendant deux ans. Personne dans la région n’a pu me renseigner sur l’origine du nom de ce hameau qui ne compte que 4 ou 5 bâtiments.

puis jusqu’au Mas de Games où j’ai rencontré un personnage étonnant!

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Lionel B. tient avec son épouse depuis vingt ans l’un des hébergements les plus confortables du GR65. La maison est somptueuse.

C’est au retour d’un long voyage au Québec, au milieu des années 70, que Monsieur B. décide de quitter la région parisienne. Il vient s’établir dans le Quercy où il observe, apprend puis rénove, peu à peu, minutieusement, quelques-unes des anciennes demeures de la région. Il en fait son métier.

Merci, Monsieur B. pour cette halte inoubliable. Pour les conversations et vos observations sur le Québec. Les quatre randonneurs/euses présents ce soir-là n’oublieront pas de sitôt l’un des plats servis chez vous. Deux grandes assiettes de saucisses de canard, cuites dans la graisse d’oie! Nous voulons la recette!

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Le GR65 entre Mas de Games et Varaire, le dimanche 10 juillet. Cette partie du chemin passe aussi par

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le village de Limogne-en-Quercy où se tient tous les dimanches

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un grand marché réputé pour ses truffes, l’or noir du Quercy! On entend, dans le village, beaucoup parler anglais.

Les deux étapes qui ont suivi – le 11 et le 12 juillet – sont passées en un éclair!

Chaque jour, sur le chemin, la température monte d’un cran.

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Au Mas de Gascou, entre Varaire et Le Pech, le lundi 11 juillet

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Aux abords du village de Le Pech, une douzaine de kilomètres avant Cahors

Après 136 kms de marche, j’ai retrouvé, ému, fier, heureux, le mardi 12 juillet, la ville de Cahors.

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Arrivée à Cahors, inédite pour moi, par les collines situées au nord du Mont-Saint-Cyr, sur le sentier du GR65.

La première partie de mon projet est maintenant terminée!

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Un petit navire vogue sur le Lot, sous le pont ferroviaire, à Cahors

Bonne excuse pour visiter, le lendemain, jour de repos, l’une des bonnes tables de la ville.

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Sauté de canard à l’orange, purée de pommes et carottes maison, bistrot Gambetta, à Cahors, le mercredi 13 juillet.

Et, comme prévu, j’ai repris, le 14 juillet, le jour de la Fête nationale, le train pour Auch (via Toulouse) puis le bus jusqu’à Nogaro, dans le département du Gers. Merci à la SNCF qui n’était pas en grève ce jour-là!

Nogaro où je suis retourné ce midi, presqu’en pèlerinage, au restaurant Chez Quentin, déguster la cuisine qui m’avait tant plu lors de mon premier passage ici, au printemps 2019.

Le restaurant n’a pas bougé. Et je me suis, encore une fois, régalé!

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Salade de chèvre chaud, suivie

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d’un fondant de veau, sauce basquaise, accompagné de pommes vapeur, restaurant Chez Quentin, à Nogaro, le vendredi 15 juillet.

Il faut conclure.

Il me reste neuf étapes – et environ 189 kms – avant de rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port, le 25 juillet.

Les 3 ou 4 prochaines étapes promettent d’être… intéressantes! On attend 40 degrés demain, samedi 16 juillet, dans le sud-ouest de la France, et un pic de chaleur de 41 ou 42 degrés, dimanche et lundi.

Comme la plupart des randonneurs (et nous sommes, malgré la canicule, encore nombreux sur le chemin), j’ai dû changer mes habitudes. Départ au lever du jour demain, à 6 h, pour Barcelonne-du-Gers. Une étape de 25 kms.

Mon objectif est d’arriver chaque fois à destination autour de midi ou 13 heures (au plus tard) avant la chaleur suffocante de l’après-midi.

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Sur le GR65 entre Le Puy-Clavel et Mas de Games, le samedi 9 juillet.

Malgré cet épisode de canicule, je suis très heureux d’être de retour sur le chemin de Compostelle!

Je vis chaque jour une expérience, une aventure inoubliables!

Les rencontres sur le chemin, le partage, l’écoute, le silence, l’apprentissage. Tout cela est si précieux, inestimable.

Dans dix ans, à 75 ou 76 ans, il me sera sans doute beaucoup plus difficile de réaliser ce type de projet. Et dans dix ans, pourra-t-on encore marcher sur le chemin de Compostelle, l’été?

Si la température dépasse la barre des 40 ou 41 degrés dans les prochains jours, quelle sera la température dans le sud-ouest de la France, l’été, dans dix ou quinze ans?

Quelle sera la température à Vancouver, à Montréal, à Port-au-Prince?

J’ai la chance aujourd’hui d’être en super forme, physique, mentale. Je dors bien. J’ai la pêche!

C’est le moment.

Allons-y!

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Avec mes compagnons de route (John, au milieu) le mardi 12 juillet

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deux heures environ avant l’arrivée à Cahors

Bon été à tous!

En marche (325 kms) vers les Pyrénées

Que de chemin parcouru depuis notre départ du Pays basque le 20 juin!

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La carte des nouvelles appellations des provinces françaises, actées en 2016. En Occitanie, encerclé en bleu, le département du Lot dont Cahors est le chef-lieu. Après notre séjour au Pays basque, nous nous sommes installés à Cahors pendant dix jours. 

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Tous les mercredis et samedis se tient à Cahors, devant la cathédrale Saint-Etienne, un grand marché

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marché qui, parfois, réserve bien des surprises

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comme la rencontre étonnante, conviviale, complètement inattendue, le mercredi 22 juin, avec…

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Robinson, maraîcher lotois, né à Aquin, dans le sud d’Haïti! Après avoir longtemps vécu en Guyane française, Robinson est, depuis quinze ans, installé dans le Lot où il gère son entreprise agricole. Il est présent le mercredi et le samedi sur le marché de Cahors! Quelle bonne surprise! Bravo, Robinson!

Malgré quelques soucis liés à notre logement dans la ville médiévale, nous avons eu le grand bonheur de revoir, lors de notre séjour à Cahors, notre amie Christiane!

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En compagnie de Christiane, le vendredi 24 juin, au bord du Lot, devant le pont fortifié Valentré qui enjambe la rivière. Bienvenue à Cahors, Christiane!

Entre deux randonnées, la découverte des jardins, des trésors de la ville et nos longues conversations, retrouvailles chaleureuses avec Christiane, que j’ai eu la chance de rencontrer pour la première fois à Kigali, en 2012, lors de notre mission commune de coopération au Rwanda. 

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Christiane et Diana en grande conversation pendant l’escalade, le samedi 25 juin

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du magnifique Mont Saint-Cyr situé au-dessus de Cahors

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Une partie de la ville médiévale de Cahors nichée dans une des boucles du Lot. Au premier plan, le pont Louis-Philippe. Un peu plus loin, le pont ferroviaire de la SNCF.

Merci d’être venue nous rendre visite, Christiane! A bientôt!

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8 heures du matin, moment de calme pour Diana, place St-James, dans la vieille ville de Cahors, avant une nouvelle journée d’aventures … et de découvertes culinaires en Occitanie.

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Salade de chevrier (fromage au lait de chèvre, chaud) suivie d’une

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… aiguillette de poulet accompagnée de légumes du marché, restaurant Le Bergougnoux, Cahors.

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Sur un mur de la vieille ville de Cahors, le 27 juin 2022

Comme je le mentionnais un peu plus haut, notre séjour vers et à Cahors n’a pas été de tout repos.

Le 20 juin, notre train entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Bayonne a été annulé sans aucun préavis, à la dernière minute, pour cause de grève à la SNCF.

Nous avons heureusement pu rejoindre Bayonne grâce à la gentillesse du propriétaire de notre logement qui nous a emmené à Bayonne dans sa voiture. Plus de deux heures de route aller-retour. Merci infiniment, Monsieur A! 

A Cahors, moins de deux jours avant notre départ, alors que nous préparions nos valises, Diana reçoit un message de sa compagnie aérienne (Lufthansa/Air Canada) lui annonçant l’annulation pure et simple de son vol de retour Toulouse-Vancouver, prévu le 1er juillet.  

Nous essayons en ligne de trouver un nouveau vol. En vain. Nous sommes probablement des milliers dans le même cas. Les médias français et canadiens annoncent une pagaille générale dans les aéroports dès le lendemain, le 30 juin. 

Nous avions par chance, depuis longtemps, planifié passer notre dernière nuit dans le sud-ouest dans l’unique hôtel de l’aéroport de Toulouse – vu le vol matinal de Diana pour Vancouver.

Dès notre arrivée à l’aéoport, le 30 juin, dans l’après-midi, nous nous précipitons au comptoir de Lufthansa. Miracle! En vingt minutes, trois agentes se sont relayées devant leurs écrans et téléphones portables et ont offert une nouvelle réservation à Diana, pour le lendemain matin!

Nous avons, pendant tout notre voyage, été entourés d’anges gardiens!

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Nos trois fées à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, le jeudi 30 juin, devant le comptoir de Lufthansa. Merci Lolona, Caroline (chef d’escale de Lufthansa à Toulouse) et Samira! – Photo: Diana.

Après avoir, le 1er juillet, à l’aéroport de Toulouse, dit au revoir à Diana, j’ai pris la navette vers le centre-ville et j’ai sauté dans un train, à la gare de Toulouse-Matabiau. Heureusement, aucune grève ce jour-là.

Destination: Le-Puy-en-Velay, en Haute-Loire, où je suis arrivé, en début de soirée, après sept heures de voyage, via Nîmes et un magnifique trajet en TER dans les Cévennes entre Alès (Gard) et Langogne (Lozère). Je devrai absolument repasser dans cette région.

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Point de départ historique du chemin, Le-Puy-en-Velay est aujourd’hui reconnue comme la capitale européenne du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.

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Un autre samedi, un autre marché. Ci-dessus, la rue Chaussade, près de la place du Martouret, le samedi 2 juillet

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Ci-dessus et dessous, la rue Saint-Pierre, dans la vieille ville du

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du Puy-en-Velay, chef-lieu du département de la Haute-Loire.

C’est ici, au printemps 2018, qu’a débuté mon aventure sur le chemin de Compostelle.   

Je me souviens de ma première étape: Le-Puy-en-Velay – Montbonnet, 15 kms.

J’avais ce printemps-là parcouru 207 kms jusqu’à Conques. 

Le printemps suivant, en 2019, j’avais cheminé 219 kilomètres entre Cahors et Nogaro, une petite ville située dans le département du Gers. 

Mon objectif cette fois-ci est de compléter les deux tronçons du GR65 que je n’ai pas encore parcourus entre Le Puy en Velay et Saint-Jean-Pied-de-Port –  soit 325 kms, selon le schéma suivant

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Mon trajet cet été le long du GR65. Tronçon #1 = De Conques à Cahors. Tronçon #2 = De Nogaro à Saint-Jean-Pied-de-Port.

Tronçon #1 – Entre Conques (Aveyron) et Cahors (Lot) = 136 kms. 8 étapes. Moyenne, 17.1 kms par étape.

Tronçon #2 – Entre Nogaro (Gers) et Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques) =189 kms. 9 étapes. 20.8 kms par étape.

Total: tronçon #1 + tronçon #2 = 325 kilomètres

29 juin 2022

Un couple de randonneurs rencontré sur le GR65 la veille de notre départ de Cahors, le 29 juin. Leur objectif: atteindre Nogaro, dans le Gers. C’est exactement l’itinéraire que j’ai emprunté au printemps 2019. C’est plutôt bon signe d’avoir échangé avec eux ce jour-là.

Je reprends la route mardi, le 5 juillet.

Cela fait plus de trois ans que j’attends ce moment!

Mais, comment aller du Puy-en-Velay jusqu’à Conques? Rien de plus simple. Il faut simplement réserver sa place à bord du bus de Compostelle qui, d’avril à octobre, transporte tous les jours les pèlerins sur le chemin entre Le-Puy-en-Velay et Saint-Jean-Pied-de-Port. Informations supplémentaires ici ou ici.  

Mon sac sera de nouveau acheminé tous les matins via la Malle postale (tronçon Conques-Cahors) et par Transport Claudine (tronçon Nogaro-SJPP) et sera déposé avant 17h à mon hébergement. Excellent service, ponctuel, fiable. (SVP cliquer sur les liens en caractères gras pour obtenir des détails supplémentaires).

Pour les hébergements, tout au long du trajet, j’ai encore privilégié les chambres d’hôtes. Plus confortables et pratiques. Tous les soirs, le randonneur dispose d’une chambre individuelle, dans une maison ou une petite auberge tenue par les gens du pays. La formule comprend aussi le souper, préparé en général avec des produits frais de la région et le petit-déjeuner. Les repas sont pris autour d’une table commune mais restreinte.

Une exception à la règle, je passerai la nuit du 4 juillet à l’abbaye Sainte-Foy de Conques. 

Il faudra être prudent cet été sur le chemin. La pandémie repart en France. Le nombre de cas est partout en hausse. Quelle bonne idée nous avons eue d’accepter à Montréal, fin avril, notre 2è rappel/4è dose de vaccin contre le Covid. Si je suis éligible à une 5è dose en France avant mon départ, prévu le 8 août, je n’hésiterai pas une seconde.   

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Souvenir de mon arrivée à Conques, en mai 2018. Le temps avait été particulièrement maussade sur le GR65 cette journée-là. Heureusement, cette année, la météo prévoit pour les prochains jours, entre Conques et Cahors, du temps chaud et ensoleillé.

Plusieurs d’entre vous m’ont demandé le détail de mes étapes sur ces deux tronçons du GR65 cet été.

Les voici.

Tronçon #1 – Conques – Cahors (136 kms)

#1 – Mardi 5 juillet = Conques – Decazeville (19 kms) – (Département de l’Aveyron)

#2 – Mercredi 6 juillet = Decazeville – Montredon (11 kms) – (Département du Lot)

#3 – Jeudi 7 juillet = Montredon – Figeac  (19 kms)

#4 – Vendredi 8 juillet = Figeac – Le Puy-Clavel (19 kms)

#5 – Samedi 9 juillet = Le Puy-Clavel – Mas de Games/Limogne-en-Quercy (26 kms)

#6 – Dimanche 10 juillet = Mas de Games/Limogne-en-Quercy – Varaire (12 kms)  

#7 – Lundi 11 juillet = Varaire – Le Pech/Laburgade (19 kms)                                           

#8 – Mardi 12 juillet = Le Pech/Laburgade – Cahors (12 kms)

Mercredi 13 juillet = jour de repos à Cahors

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Devant le Pont Valentré à Cahors, le lendemain de notre arrivée, le mardi 21 juin

Tronçon #2 – Nogaro – Saint-Jean-Pied-de-Port (189 kms)

Jeudi 14 juillet (Fête Nationale) = Cahors – Toulouse – Nogaro (SNCF)

Vendredi 15 juillet = Jour de repos à Nogaro

# 9Samedi 16 juillet = Nogaro – Barcelonne-du-Gers (25 kms) – (Département du Gers)

#10 – Dimanche 17 juillet = Barcelonne-du-Gers – Miramont-Sensacq (20 kms) – (Dept des Landes)

 #11 – Lundi 18 juillet = Miramont-Sensacq – Arzacq-Arraziguet (16 kms) (Dept. Des Pyrénées-Atlantiques)

#12 – Mardi 19 juillet = Arzacq-Arraziguet – Pomps (21 kms)

#13 – Mercredi 20 juillet = Pomps – Maslacq (19 kms)

#14Jeudi 21 juillet = Maslacq – Navarrenx (22kms)

Vendredi 22 juillet = Jour de repos à Navarrenx

#15 – Samedi 23 juillet = Navarrenx – Bellevue (18 kms)

#16 – Dimanche 24 juillet = Bellevue – Ostabat (24 kms)

#17 – Lundi 25 juillet = Ostabat – Saint-Jean-Pied-de-Port (23 kms)  

Avant de repartir sur le chemin, mardi, une autre belle surprise m’attendait au Puy-en-Velay!

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Choucroute à la truite et au saumon fumé. Sans doute le meilleur plat savouré jusqu’à présent pendant mon séjour en France. Cette cuisine divine est l’oeuvre de…

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Michel, le propriétaire et maitre cuisinier, depuis 40 ans, de l’Hôtel Restaurant « Le Bilboquet », au Puy-en-Velay. Bravo et merci mille fois, Monsieur, pour votre merveilleuse cuisine!

C’est un immense privilège de pouvoir réaliser en France cet été cette belle et grande randonnée!

 Merci pour vos messages de soutien!

Je vous laisse avec ce mot de Mark Twain que vous connaissez sans doute déjà.

« Sail away from

the safe harbour.

Catch the trade winds

in your sails. Explore.

Dream. Discover. »

Bon été à tous!

 

 

 

 

La douce lumière des Pyrénées

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Soulignées en bleu, quelques-unes de nos haltes dans les 3 provinces historiques du Pays basque français: le Labourd, la Basse-Navarre et la Soule. Le village de Saint-Jean-Pied-de-Port est situé en Basse-Navarre.

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C’est à Saint-Jean-Pied-de-Port (Donibane Garazi en basque) que convergent en France les chemins qui mènent à Saint-Jacques-de-Compostelle, en Espagne. Au coeur du village, la rue de la Citadelle…

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… où de nombreux pèlerins font halte avant d’entamer la grande étape vers Roncevaux, de l’autre côté des Pyrénées. En 2019, le village a accueilli plus de 60 000 pèlerins, venus du monde entier.

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« Notre » maison basque à Saint-Jean-Pied-de-Port, le lendemain de notre arrivée, fin mai. Nous occupons le grand rez-de-chaussée de la maison qui dispose aussi de deux jardins. 

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Gravelax de thon au yuzu, restaurant Le Bistrot Sainte-Cluque, dans le quartier Saint-Esprit, à Bayonne

Lorsque nous avions quitté Saint-Jean-Pied-de-Port, au milieu de l’été 2015, nous nous étions promis de revenir un jour au Pays basque. Ce que nous avions vu et vécu là-bas était magique, fabuleux.

Nous voulions renouveler, approfondir l’expérience, nous voulions creuser un peu, continuer à apprendre, à observer autour de nous afin de mieux comprendre la culture basque.

Sept ans plus tard, promesse tenue!

Nous revoilà, pour trois semaines, en Basse-Navarre, dans la belle lumière des Pyrénées! En compagnie cette fois de mon frère Alix qui nous a rejoints, pour une petite semaine, au tout début de notre séjour.

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Déjeuner de retrouvailles avec Alix, chez nous…

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… Chemin de la Nasse, à Saint-Jean-Pied-de-Port, le mercredi 1er juin. 

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Promenade avec Diana et Alix au bord de la rivière La Nive, à Saint-Jean-Pied-de-Port, le jeudi 2 juin.

Immense plaisir de revoir mon frère (que nous avions quitté à Montréal, fin avril) dans le sud-ouest de la France! Alix termine de son côté un séjour dans l’hexagone.

Depuis plusieurs mois mon frère et moi planifions parcourir ensemble l’étape mythique du chemin de Compostelle dont je parlais plus haut. Le sentier de 27 kilomètres qui traverse les Pyrénées et relie Saint-de-Port au village de Roncevaux, en Espagne. (Roncevaux = Orreaga en basque).

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Le tracé du GR65 entre SJPP et Roncevaux. Dénivelé,1250 mètres. Le chemin longe « la route Napoléon« , le sentier antique, amélioré par Napoléon lors de la campagne d’Espagne (1808-1809)

Après deux jours de mise en jambes, de vérifications météo, après une bonne nuit de sommeil et d’ultimes recommandations de Diana, nous partons comme prévu, le vendredi 3 juin, à pied, pour l’Espagne. Il est 6h15. Le temps est couvert. Idéal pour une marche en montagne.

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Kilomètre 4. Alix, ci-dessus, harnaché, équipé, alerte, après une heure de marche  

Très peu de pèlerins sur la route en ce début de randonnée. Il est encore tôt. Les rares marcheurs que nous croisons parlent italien, espagnol, anglais. Pratiquement pas de francophones. À cette heure matinale, nous sommes, semble-t-il, les seuls Canadiens.

Ambiance amicale, chaleureuse sur le chemin malgré un ciel de plus en plus sombre…

Une heure environ après notre départ de Saint-Jean-Pied-de-Port, le brouillard se lève, dense, épais. En l’espace de quelques minutes, on peine à apercevoir les randonneurs qui grimpent lentement devant nous.

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Kilomètre 7. Sur le GR65 vers Roncevaux, un peu avant l’arrivée au refuge d’Orisson.

Heureusement, les dieux sont avec nous ce matin-là. Après une première pause au refuge d’Orisson (Km 8), un petit miracle se produit…

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Au kilomètre 9, Alléluilla!, le soleil fait brusquement son apparition…

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… et nous accompagnera presque toute la journée. Ici, au Km 10

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Kilomètre 12. Chacun randonne maintenant à son rythme, parfois seul, face à un paysage magnifique! 

Une trentaine de minutes après avoir savouré notre déjeuner au pied du monument de la Vierge de Biakorri, nous vivons l’un des moments forts de la journée: notre rencontre avec un troupeau d’une vingtaine de chevaux qui pâturent paisiblement sur les hauts plateaux des Pyrénées. Nous sommes à 1100 mètres d’altitude. Le panorama est féerique.

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Très haut, sur les flancs des massifs des Pyrénées…

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… ces chevaux vivent en semi-liberté. Ce ne sont pas des « pottoks » comme je le croyais (les pottoks sont plus petits et appartiennent à la race des poneys)…

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… mais des chevaux utilisés au Pays basque pour des travaux d’agriculture. Le pâturage et la rotation de ces chevaux sur les flancs de montagne sont minutieusement gérés par les communes et les bergers de la région.

Bref arrêt et autre moment fort, au kilomètre 15, près de la croix Thibaut. Nous avons maintenant parcouru plus de la moitié du chemin vers Roncevaux!

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Devant la croix Thibaut, entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncevaux, sur le chemin de Compostelle, le vendredi 3 juin.

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Encore un effort!…

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Kilomètre 17. Au col de Bentarte, en territoire espagnol, avant la descente vers Roncevaux, deux cyclistes nous ont rejoints. Ils ont besoin d’eau. Heureusement, La Fontaine dite de Roland est à une centaine de mètres…

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Kilomètre 20. À l’approche de Roncevaux, un groupe de randonneurs chemine dans une somptueuse forêt de châtaigniers…

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Km 23. Nous ne sommes plus très loin maintenant! Roncevaux est à moins de 4 kilomètres…

Pari presque tenu? C’est mal connaître la montagne…

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1.5 kilomètres avant Roncevaux

Un épais brouillard nous a subitement rattrapés, au milieu de l’après-midi, juste avant l’arrivée!

Je marchais, une centaine de mètres environ devant Alix qui, dans le brouillard, s’est perdu, momentanément. Il a, grâce à son GPS, retrouvé son chemin. A rescapé en route un autre marcheur, en difficulté et perdu, lui aussi. Et nous nous sommes retrouvés, une vingtaine de minutes plus tard, à l’hôtel, fourbus, heureux… et ravis, malgré cette dernière embûche, d’avoir réussi notre projet!

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Le brouillard se dissipe en arrivant à Roncevaux, vers 15h30. Partis de Saint-Jean-Pied-de-Port à 6h15, nous avons cheminé ce jour-là plus de 9 heures le long du chemin de Compostelle…

Roncevaux où, tout comme il y a sept ans, lors de ma première randonnée, il n’y a, malheureusement, toujours pas grand chose à faire – sauf poursuivre sa route, le long du « Camino Frances » cette fois… jusqu’à Pampelune ou jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle!

Après un excellent repas et une bonne nuit de sommeil dans un hôtel confortable de Roncevaux, nous sommes redescendus, triomphants, le lendemain, par la navette Alsa, rejoindre Diana à Saint-Jean-Pied-de-Port.

Mission accomplie et réussie. Bravo, Alix!

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Retour en France

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Jour de marché à Saint-Palais, un village…

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… situé à trente minutes de route environ au nord…

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… de Saint-Jean-Pied-de-Port…

le 1er juin chez Max et Diana à SJPP

Déjeuner à Saint-Jean-Pied-de-Port à notre retour de Roncevaux

Afin de remercier Diana pour sa cuisine et les bons plats dégustés pendant son séjour, Alix, qui connaît bien le Pays basque, nous réservait une surprise!

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Le magnifique village de Itxassou, situé à une trentaine de minutes de route au nord-ouest de Saint-Jean-Pied-de-Port, le dimanche 5 juin. 

Tous les ans, au mois de juin, le petit village d’Itxassou au Pays basque célèbre la Fête des Cerises! « Une grande journée champêtre tout en couleur » (proclament les affiches) qui attire visiteurs et résidents de la région.

Au programme de cette journée de Fête: démonstration de pelote basque (à mains nues), animations, chants, danses, jeux basques et, bien sûr, dégustation de cerises et de confitures!

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Diana et Alix se dirigent le 5 juin vers l’église d’Itxassou où une messe bilingue (basque/français) réunit la communauté avant le début des festivités. Chaque pas, dans ce bijou de village, est un enchantement!

Après la messe, tout le village s’est donné rendez-vous près du trinquet, l’édifice communal utilisé pour la pratique de la pelote basque…

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Démonstration et jeu de Pelote basque lors de la Fête des Cerises, à Itxassou, le dimanche 5 juin 

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Les joueurs évoluent dans une joyeuse ambiance de kermesse, d’odeur de viande grillée, de méchoui. Le marché des cerises est à deux pas… 

Un grand repas doit être servi à la communauté après le match. Au menu: piperade jambon, agneau de lait ou poulet rôti, salade, fromage, confiture de cerises, gâteau basque, café liqueur et vin, compris.

Nous décidons plutôt, un peu avant midi, de suivre Alix vers l’un des restaurants étoilés du village, « Le Txistulari ». L’établissement est géré par la même famille depuis plus de quarante ans.

Ce dimanche-là, Fête des Cerises, le père et le fils officient en cuisine. Le repas est merveilleux!

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En entrée, Assiette Txistu, un généreux plat de foie gras, de jambon et de salade

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Plat principal: pavé de boeuf Herriko, accompagné de légumes.

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Pour finir, assortiment de desserts surprise. Restaurant Txistulari, Itxassou, le dimanche 5 juin. Un repas cinq étoiles!

Les journées se suivent, toutes pleines de soleil et d’amitié!

Au retour d’Itxassou, le lundi 6 juin, nous recevons à la maison un couple charmant, rencontré il y a sept ans, lors de notre premier séjour au Pays basque.

Aline et Paulo habitent à Saint-Jean-Pied-de-Port depuis plus de vingt ans. Quelle joie de les revoir et de les recevoir chez nous!

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Paulo, né au Pays basque, a été, dans les années 50, milieu de terrain pour l’équipe de football du FC Nantes. Il y eut ensuite la guerre d’Algérie et la mobilisation, là-bas, pendant 22 mois. Une vie bien remplie. Merci Paulo pour ta gentillesse et tes mots de sagesse!

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Aline et Paulo autour du repas préparé par Diana le lundi 6 juin

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Un peu plus tard le même jour, en fin d’après-midi, nous sommes en route pour Saint-Etienne de Baïgorry

C’est dans un cadre enchanteur que nous terminons avec Alix ce lundi 6 juin son séjour au Pays basque.

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L’hôtel restaurant Arcé, à Saint Étienne de Baïgorry, ci-dessus, est une véritable institution en Basse-Navarre. Depuis cinq générations la même famille accueille la clientèle dans une authentique maison basque…  

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… située au bord d’une petite rivière…

La cuisine est exceptionnelle!

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Carpaccio et gravelax de truite de Banka

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Poitrine confite de cochon Ibaïama, boudin noir, pieds et polenta au maïs grand roux.

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Quelle belle façon de clore le séjour d’Alix au Pays Basque! Mon frère reprend l’avion le lendemain pour Montréal.  

Dès le lendemain, Diana et moi reprenons nos promenades avec deux objectifs: parcourir le matin, avant la grande chaleur, les sentiers de la région – et s’arrêter si possible, vers midi, dans un petit restaurant afin de goûter à la cuisine du pays!

Caro près de SJPP le 9 juin 2022

En route pour le village de Çaro le jeudi 9 juin…

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Ci-dessus, la petite route (3 kms environ) qui mène de Saint-Jean-Pied-de-Port à Çaro. À l’arrière-plan, le clocher du village d’Ispoure. Les villages situés autour de Saint-Jean-Pied-de-Port sont splendides!

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Boudin basque au piment d’Espelette, accompagné de piperade et frites maison. Brasserie Le Navarre, Place Floquet, Saint-Jean-Pied-de-Port.

À pied, en bus ou en train, nous avons effectué, les jours suivants, de nombreuses haltes.

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Tous les matins, un train (deux wagons) quitte Saint-Jean-Pied-de-Port à 6h28 pour Bayonne. Arrivée à 7h34. De Bayonne, correspondances rapides et pratiques pour Biarritz, St-Jean-de-Luz, Hendaye, ou pour n’importe quelle autre destination (Toulouse, Pau, Bordeaux, Paris…)

À Bayonne, excellent déjeuner, dans le quartier Saint-Esprit…

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Araignée de porc, restaurant Sainte-Cluque, à Bayonne, le mercredi 8 juin.

Journée à Biarritz, le lundi 13 juin…

Difficile d’imaginer que Biarritz était autrefois un simple port de pêcheurs qui vivait de la chasse à la baleine, puis de la morue. Au milieu du 19è siècle, la mode des « bains de mer » transforme profondément la ville.

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Les escaliers qui mènent à la grande plage de Biarritz, le lundi 13 juin.

Biarritz devient une station balnéaire à la mode. Les têtes couronnées européennes s’y donnent rendez-vous. On construit des villas, des palaces, un casino. Et la ville, encore aujourd’hui, garde dans ses rues, sur ses promenades, une atmosphère BCBG.

Malgré le temps couvert le matin, longue marche le long de l’océan, entre le Rocher de la Vierge, le Port des Pêcheurs, la Grande Plage, la plage Miramar et l’Esplanade du Phare de la ville.

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Une partie de la Grande Plage de Biarritz. Sur la droite, le rocher de la Vierge et, au-delà, direction sud, la plage de la côte des Basques, puis les villages de Bidart, Guéthary, St-Jean-de-Luz et la ville de Hendaye à la frontière espagnole.

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Plat de crevettes, suivi d’une…

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Bavette d’aloyau poêlé, sauce porto, pommes grenailles, café de la Grande Plage, Biarritz, le lundi 13 juin

Ce beau séjour au Pays basque me réservait une dernière, formidable surprise!

Une escapade à Saint-Jean-de-Luz!

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Le bord de mer de la petite ville de Saint-Jean-de-Luz, vers 9h, vendredi matin.

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Grâce à ses digues qui la protègent des fortes vagues de l’océan, la plage de Saint-Jean-de-Luz (peu fréquentée, semble-t-il, le matin) est très populaire auprès des baigneurs

Cette petite ville située au sud de Biarritz a été une magnifique découverte!

La commune a une histoire mouvementée puisque Saint-Jean-de-Luz était autrefois surnommée « la Cité des Corsaires ». Contrairement aux pirates ou aux flibustiers, les corsaires étaient reconnus par le roi et habilités à s’emparer des bateaux ennemis. Le butin était ensuite partagé entre le roi, l’amirauté et l’équipage des navires.

Les corsaires qui écumaient au 17è siècle la côte autour de Saint-Jean-de-Luz étaient souvent d’anciens pêcheurs basques, reconvertis. L’un des plus connus était le célèbre Coursic.

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Né à Hendaye, Coursic (1643-1694) débute sa carrière à bord de baleiniers partant pêcher dans l’Atlantique nord. Il commande ensuite plusieurs navires et est autorisé par le roi (Louis XIV) à défendre les côtes du royaume. Il captura, dit-on, plus de cent navires.

C’est également à Saint-Jean-de-Luz, « dans la liesse générale, » que Louis XIV épouse, en 1660, l’infante d’Espagne, Marie-Thérèse. « Leur union, » lit-on sur un écriteau de la ville, « consacre le rapprochement entre les deux principales puissances européennes de l’époque, la France et l’Espagne ».

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Le marché couvert et les étals des maraîchers autour des Halles de Saint-Jean-de-Luz, l’un des lieux emblématiques de la ville. Les Luziens et Luziennes font ici leurs courses le matin 

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Près du port de pêche, à Saint-Jean-de-Luz, vendredi matin.

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La rue Gambetta, une des principales artères commerçantes de la ville, malheureusement noire de monde dès le milieu de la matinée, surtout les jours de solde et de « grande braderie » comme c’était le cas le jour de ma visite  

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Heureusement, à Saint-Jean-de Luz, on peut facilement fuir la foule et parcourir (ci-dessus) un tronçon du Sentier du Littoral qui longe la côte basque, de Biarritz à la frontière espagnole. Ce Sentier du Littoral est un vrai paradis pour les promeneurs et les cyclistes.

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Retour au bord de la rivière La Nive, à Saint-Jean-Pied-de-Port

Nous devrons bientôt quitter le Pays basque! Ces trois semaines sont passées si vite! Et nous avons tant appris. Observé aussi des changements dans la région. Notamment, la vigueur, la place de plus en plus importante de la langue basque dans les activités quotidiennes et l’espace public.

Une langue basque fièrement revendiquée et qu’on entend maintenant partout, sur les marchés, dans les commerces, dans les médias. Une langue offerte en option dans la plupart des écoles, une langue que les enfants et les adolescents adoptent eux aussi, de plus en plus souvent.

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Les sept provinces (dont quatre en Navarre) qui composent le Grand Pays basque.

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Une majestueuse maison basque située près du village de Çaro

Nous avons aussi appris toute l’importance qu’occupe la maison basque dans la culture du pays. Solides, spacieuses, élégantes, méticuleusement entretenues, la maison basque (qu’on appelle « Etxea ») est beaucoup plus ici qu’un simple lieu d’habitation. Elle est au centre du noyau familial. La maison symbolise la sécurité, la pérennité de la famille. Elle lui procure son identité. L’Etxea (et ses dépendances) est en général transmise à un seul des enfants, l’aîné de la famille.

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Maison basque à Itxassou. La pelouse, la toîture, la peinture, la facade, tout est impeccable.

En terminant, comment pouvons-nous remercier les amis que nous avons retrouvés ici, sept ans plus tard?

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Avec nos amis Aline, Paulo, Monsieur et Madame L. au restaurant Ttipia, à Saint-Jean-Pied-de-Port, le mardi 14 juin

Amis qui nous ont si généreusement invités, à l’une des meilleures tables de la ville, pour nous dire au-revoir!

Installés à la table du restaurant à midi trente, nous avons quitté l’établissement, après un somptueux repas, à 16h15! Près de quatre heures d’échanges, de rires, de questions qui fusent, de conversations à bâtons rompus!

Merci infiniment, Aline, Paulo, Monsieur et Madame L. !

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Diana entourée de Monsieur et Madame L. qui nous avaient si gentiment hébergés à Saint-Jean-Pied-de-Port il y a sept ans.

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Agneau de lait du pays basque, grillé, accompagné de pommes de terre grenailles rôties et de champignons. Café restaurant Ttipia, Saint-Jean-Pied-de-Port. Un repas mémorable.

Monsieur L. qui a aussi pris le temps de se déplacer, après le repas, une heure plus tard, jusqu’à la maison, afin de nous amener (comme le souhaitait Diana) du piment d’Espelette et de la blette de son jardin!

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Monsieur L., dans notre cuisine, avec de la blette provenant de son jardin

Merci! Merci! Merci!

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Diana en compagnie de Marie, 83 ans, rencontrée le mercredi 15 juin devant sa coquette maison, à Ispoure.

Nous poursuivons notre voyage comme prévu, lundi, vers Cahors, dans le département du Lot. Nous retrouverons là-bas notre chère amie Christiane avec qui j’ai eu la chance de travailler, comme coopérant-bénévole, au Rwanda, entre 2011 et 2012. À dans quelques jours, Christiane!

Nous quittons le Pays basque comblés. Nous avons été ici si bien entourés!

Et nous reviendrons, sans aucun doute, dans ce pays, beau et accueillant comme nul autre!

Merci encore à tous!

Ez Adiorik! (Au revoir!)

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Déjeuner dans notre second jardin le mercredi 15 juin. Une nouvelle vague de chaleur doit déferler sur la France, en particulier sur le sud-ouest, dans les prochains jours. On attend, en Basse-Navarre, des températures avoisinant les 35 ou 36 degrés, peut-être plus.

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Rue de la Citadelle, la veille de notre départ de Saint-Jean-Pied-de-Port

La Belle Province

Au revoir Côte-des-Neiges, Outremont, le Mile End, la Petite Italie, Villeray, Rosemont!

Au revoir à ces quartiers si vivants de Montréal que nous aimons tant!

Au revoir aux parcs paisibles de la ville.

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Halte à l’ombre pour Diana au parc Jarry, dans l’est de Montréal, le mercredi 18 mai…

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… près d’autres riverains qui apprécient comme nous cette douce journée de printemps après les trois jours consécutifs de canicule (plus de 30 degrés) vécus la semaine précédente!

Après avoir passé sous le soleil (la plupart du temps), cinq très belles semaines à Montréal, nous partons ce mercredi, le 25 mai, pour Paris… avant de rejoindre, le 30 mai, au pied des Pyrénées, la petite ville de Saint-Jean-Pied-de-Port, au Pays basque!

Cela a été un grand bonheur de revoir ici la famille, de retrouver nos vélos et d’accueillir, en français, le printemps dans « la Belle Province »!

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Mon frère Alix en compagnie de Diana sur « le sentier de la montagne » vers le Mont-Royal, le lundi 25 avril, quelques jours après notre arrivée à Montréal.

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Deux de mes nièces, aujourd’hui jeunes et attentives mamans, lors du weekend de la Fête des Mères, avenue de Chateaubriand, dans le quartier La Petite-Patrie à Montréal.

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Un peu plus tard le même jour, Diana, en route pour Rosemont, dans l’une des nombreuses « ruelles vertes » de Montréal. Celle-ci située juste à l’ouest de l’avenue de Chateaubriand. Le panneau, sur la droite, résume assez bien l’esprit des ces « ruelles vertes » conviviales et fièrement animées, gérées, par les résidents du quartier: « Ralentissez. Personne n’est à vos trousses« .

Comme la plupart des grandes métropoles, Montréal, après la pandémie, reprend peu à peu des couleurs. Les travailleurs sont de retour, de plus en plus nombreux, dans les bureaux, les tours du centre-ville. Après deux ans de quasi disette, les petits commerces, les boutiques, les restaurants, les cafés, rouvrent timidement leurs portes…

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Avenue Fairmount, dans le quartier du Mile End, le mercredi 18 mai.

La ville s’ébroue, s’étire comme après un long sommeil. Montréal pavoise. Un peu partout, dans les commerces, on recrute, on embauche, et il n’y a souvent pas assez de candidats pour les postes à pourvoir. Malgré les salaires, en hausse, la main d’oeuvre fait cruellement défaut. Au mois d’avril, le taux de chômage dans la région de Montréal était de 4.8% (5.2% au Canada). Un creux historique.  

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Au Marché Jean-Talon, dans la Petite Italie, le mercredi 18 mai

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Dans les allées du parc Jarry, ce samedi 21 mai. 

Tout n’est pas rose cependant à Montréal!

L’embellie ou « la reprise » post-covid ne profitent pas à tout le monde. L’épidémie semble avoir, ici aussi, pénalisé, marginalisé les plus démunis, en particulier les nouveaux arrivants, et parmi eux, les femmes. Pour ces nouveaux venus, point de télétravail ou de « modèle hybride ». Loin des beaux quartiers, à l’abri des regards, les inégalités se creusent.

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L’une des magnifiques murales qui ornent les murs du quartier Parc Extension, l’un des arrondissements les plus modestes de Montréal. Ici avenue Ball, près du parc Saint-Roch. Artiste, Annie Hamel (2010)

Dans notre quartier, Côte-des-Neiges, aux abords du parc Martin-Luther-King (ancien parc Kent), une demi-douzaine de sans-logis se sont récemment installés. Une première dans ce secteur. Quelles circonstances ont conduit ces hommes et ces femmes jusqu’ici?

Ils ne sont ni violents ni agressifs. Il n’y a, le soir, pour l’instant, ni tentes, ni feux de camp. Mais leur présence dans le quartier étonne, surprend. Et témoigne de la défaillance des services sociaux qui semblent, dans certains arrondissements, comme chez nous à Vancouver, débordés.

Pour de nombreux montréalais, « la sortie de crise » est encore un lointain mirage…

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Avenue Victoria, près du métro Plamondon, dans le quartier Côte-des-Neiges. 

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La pandémie a aussi accéléré à Montréal la spéculation immobilière. Les loyers grimpent, partout. Ci-dessus, une affiche posée rue Masson, dans le quartier Rosemont. La résistance s’organise.

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Pour le plus grand bonheur des piétons et des cyclistes, la rue De Castelnau, dans le village de Villeray, est à nouveau cet été fermée à la circulation automobile. Quel plaisir de se promener dans ce quartier, l’un de nos préférés à Montréal. Ci-dessus, angle De Castelnau Est et avenue Henri-Julien. 

Grâce à mon frère Bernard, j’ai eu la chance de visiter, début mai, une région du Québec que je ne connaissais pas, les Cantons-de l’Est, situés à une heure de route environ à l’est de Montréal, près de la frontière américaine.

Carte des Cantons-de-lEst

Contrairement au reste du Québec, les Cantons-de-l’Est (nom administratif: l’Estrie) ont été développés à la fin du 18è siècle, après la déclaration d’indépendance américaine, par les « Loyalistes », des colons américains qui désiraient rester fidèles à la couronne britannique.

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Avec mon frère Bernard près du village de Sawyerville, dans la région du Haut-Saint-François, dans les Cantons-de-l’Est… après un délicieux pique-nique composé de pâtés haïtiens et d’une salade grecque dont mon frère a le secret. Journée inoubliable et conversation à bâtons rompus. Merci Ben & Nancy!  

J’ai appris que de nombreux villages des Cantons-de-l’Est faisaient autrefois partie du réseau du chemin de fer clandestin (« the underground railroad« ) – un réseau secret et sûr de voies d’évasion, piloté par les abolitionistes, qui permettait aux Afro-Américains de fuir l’esclavage du sud des États-Unis afin de trouver refuge dans les états libres du nord et au Canada.

Entre 1840 et 1860, on estime qu’entre 30 000 et 40 000 fugitifs ont ainsi trouvé asile au Canada.

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La carte ci-dessus indique les principaux trajets empruntés par les Noirs décidés à fuir l’esclavage dans le sud des É-U. Voir, en haut à droite, le trajet – via les Cantons de l’Est – vers Montréal.

Alors que la météo change rapidement ce jour-là, l’une de nos dernières étapes dans cette fascinante région a été notre visite à l’Abbaye bénédictine de Saint-Benoît du Lac, fondée en 1912. Une halte incontournable dans les Cantons-de-l’est

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Une cinquantaine de moines vivent dans cette abbaye située sur la rive ouest du lac Memphrémagog, près du village d’Austin. L’abbaye est aussi un lieu de retraite pour les visiteurs qui peuvent y passer la nuit. Les moines de l’abbaye fabriquent ici du cidre et un fromage réputé, le Saint-Benoît.

14 mai 2022

Le parc Marie-Gérin-Lajoie situé entre les quartiers Côte-des-Neiges et Outremont.

Retour à Montréal et retour aux sources pour moi lors d’une de nos innombrables randonnées en vélo dans les arrondissements de la ville. Nous décidons un matin de nous arrêter un moment au Paltoquet, rue Van Horne, à Outremont.

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La terrasse de la boulangerie-pâtisserie Le Paltoquet, le lundi 9 mai.

Au fil des ans, Le Paltoquet est devenu à Montréal une véritable institution. L’établissement est situé à deux pas du Collège Stanislas où j’ai étudié, entre 1972 et 1975, au tout début de notre installation à Montréal et au Canada.

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Le Collège Stanislas, à Outremont (sous l’égide du gouvernement du Québec) fait partie du réseau international des lycées français. Parmi les anciens élèves de l’établissement, plusieurs futurs premiers ministres du Québec: P.M. Johnson, J. Parizeau, P. Couillard. Au sein de ma promotion (juin 1975), beaucoup plus modeste, un musicien connu (quand même!) : Ivan Doroschuk, chanteur et leader du groupe « Men Without Hats ». Salut Ivan!  

Alors que nous partageons tranquillement en terrasse un café et un pain au chocolat, quelle surprise d’apprendre que « Le Paltoquet » vient d’être racheté par un couple… venu de Beijing!

Curieuse, la nouvelle propriétaire, avec un grand sourire, vient poliment nous saluer… et entame aussitôt avec Diana une longue conversation, en français, en anglais, en mandarin et en cantonais!

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La nouvelle propriétaire nous apprend que son fils fréquente lui aussi le Collège Stanislas! 

Bonne chance à la nouvelle équipe du Paltoquet!

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Avenue De Castelnau, dans le village de Villeray, ce samedi 21 mai. Super atmosphère dans le quartier. On y est bien. 31 degrés à Montréal! Quelques minutes plus tard, au même endroit, nous engageons une chaleureuse conversation…

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… avec Delphine, une jeune femme d’origine haïtienne qui partage gentiment et généreusement avec nous son parcours, exceptionnel, et quelques-uns de ses coups de coeur montréalais, y compris l’adresse de ses restaurants antillais préférés! Quelle belle rencontre! Inattendue et inoubliable. Merci i-n-f-i-n-i-m-e-n-t, Delphine!

Comme je l’ai mentionné plus haut, nous ne passerons qu’un bref moment à Paris. Dès le lundi 30 mai, nous prenons, gare Montparnasse, le train pour la petite ville de Saint-Jean-Pied-de-Port, au Pays basque, où mon frère Alix nous rejoindra pour quelques jours.

Au programme: parcourir, début juin, avec mon frère cette fois, le chemin mythique de 27 kilomètres qui traverse les Pyrénées et relie Saint-Jean-Pied-de-Port, en France, au village de Roncevaux, en Espagne.

Une randonnée fabuleuse dont j’ai déjà parlé ici. 

Comme pendant l’été 2015, Diana et moi séjournerons trois semaines au Pays basque avant de poursuivre notre voyage, le 20 juin, dans le département du Lot. Nous reverrons là-bas, avec bonheur, notre très chère amie, Christiane.

Si tout se déroule bien, je terminerai mon séjour en France cet été en parcourant, sur le chemin de Compostelle, les dernières étapes (325 kms) de ma longue randonnée, entamée au printemps 2018, vers les Pyrénées!

Retour prévu à Vancouver, le 8 août.   

Bon printemps à tous!

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Plat de crevettes assaisonnées au beurre et à l’ail, dégusté à la poissonnerie et restaurant égyptien Rayan, Chemin de la Côte-des-Neiges, à Montréal, le samedi 23 avril.

Notes de lecture:

Roland Brival, Nègre de personne – (Paris, 2016)

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Sur le thème de l’identité noire, l’un des meilleurs romans que j’ai lus depuis longtemps. Nous sommes au milieu des années 30, entre Paris et New York. Léon Damas, ami de Césaire et Senghor, est un jeune poète guyanais qui vient de publier à Paris son premier recueil de poèmes. Encouragé par ses deux illustres amis, chantres de la négritude, Damas se rend à New York avec un double objectif. Rencontrer à Harlem les écrivains, les intellectuels noirs américains – parmi eux, Langston Hughes, William EB Du Bois – et les inviter à participer, à Paris, à une grande conférence qui réunirait l’intelligentsia noire des deux côtés de l’Atlantique. Immense programme. Dès son arrivée à New-York, Damas est happé par la formidable énergie, l’effervescence culturelle de la ville. Il fréquente à Harlem les bars et les cabarets célèbres, le Savoy, l’Apollo Theater, le Cosmos. Il croise Billie Holiday, Lester Young. Il rencontre des peintres, des artistes afro-américains, haïtiens. Il assiste à des vernissages. Au fil de ces rencontres, Damas prend peu à peu la mesure des différences fondamentales qui existent entre la condition des Noirs aux États-Unis (la ségrégation, brutale) et le racisme latent, caché, plus sournois qui sévit en Europe. Ces deux expériences sont-elles réconciliables? Le projet d’un grand congrès à Paris n’aboutira finalement pas. Mais le lecteur sort grandi, transporté, galvanisé par la fougue et l’intelligence de ce récit éblouissant.   

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Diana, rue de Belleville, à Paris, le dimanche 29 mai.

Notes de lecture

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Phénomène inhabituel, Vancouver a connu cette année un rude hiver avec de fréquentes et abondantes chutes de neige. Ci-haut, notre rue, dans le quartier Mount Pleasant, fin décembre.

Quoi de mieux en temps de pandémie que d’aller fureter et piocher dans les bibliothèques de beaux et grands livres qui nous rapprochent de la lumière à venir du printemps?

En voici cinq. Cinq titres qui m’ont particulièrement plu récemment, présentés ici dans l’ordre dans lequel je les ai découverts.

Pierre Nora, Jeunesse – (Paris, 2021)

Lpierre noraes mémoires de jeunesse d’un grand intellectuel. Élevé à Paris, dans « le confort douillet » d’une famille bourgeoise, juive, Pierre Nora, historien et directeur de collection chez Julliard et Gallimard, a été le témoin attentif d’un siècle qu’il a traversé aux côtés de personnages illustres. Grâce à son frère aîné Simon, haut-fonctionnaire, il côtoie, très jeune, Pierre Mendès France, Jean-Jacques Servan-Schreiber, Françoise Giroud, Jean Daniel. Après quelques échecs (il échoue trois fois au concours d’entrée à l’École Normale), Pierre Nora déploie ses ailes.

Il obtient une licence en philosophie puis est reçu à l’agrégation d’histoire. Il fonde plus tard et anime pendant 40 ans la revue « Le Débat ». Il est élu à l’Académie française. Le livre, écrit « au galop », fourmille d’anecdotes sur la vie intellectuelle de l’époque. On y retrouve de multiples portraits et des réflexions, profondes, sur la famille, la religion. Au fil des pages, Pierre Nora revient sur les événements marquants de sa jeunesse, sur la période de la guerre notamment, qu’il a vécue en partie caché avec sa famille, recherchée par la Gestapo. Certains chapitres sont très personnels, comme le récit de ses relations amoureuses. Pierre Nora est aujourd’hui, à 90 ans, le compagnon de la journaliste Anne Sinclair.

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East 7th Avenue, dans le quartier Mount Pleasant, à Vancouver, fin décembre 2021.

Dominique AngladeCe Québec qui m’habite – (Montréal, 2021)

angladeL’autobiographie d’une femme talentueuse, ambitieuse… et pressée! Née au Québec de parents d’origine haïtienne, Dominique Anglade est, depuis mai 2020, à la tête du Parti libéral du Québec (PLQ). La première femme noire à accéder à une si haute fonction politique au Québec. Mme Anglade retrace ici son parcours, parcours atypique, forgé par les valeurs et les convictions de ses parents, Georges, géographe, et Mireille, enseignante, tous les deux engagés à gauche et morts tragiquement lors du tremblement de terre en Haïti en 2010.

Après des études à l’École Polytechnique et à HEC à Montréal, Dominique Anglade se voit confier en Ontario puis à Montréal une série de postes de plus en plus importants en gestion. Côté cœur, invitée par une amie en octobre 1998 à passer quelques jours à Vancouver, elle y rencontre, lors d’une fête de l’Halloween près de UBC, l’homme qui deviendra en 2004 son mari: Helge est citoyen allemand et il étudie à ce moment-là la physique à UBC.

Quelques années plus tard, jeune maman, Dominique Anglade passera auprès de son mari trois ans à Vancouver – « une ville simple, gentille, sans complexe… mais plate (ennuyeuse ) » écrit-elle – avant de retourner avec sa famille au Québec où elle amorce, à partir de 2011, avec la CAQ (Coalition Avenir Québec) puis avec le PLQ une fulgurante ascension politique.

Élue députée puis nommée vice-première ministre et ministre de l’Économie sous le gouvernement libéral (2014-2018), Dominique Anglade dirige maintenant l’opposition officielle à l’Assemblée nationale du Québec.

Le livre est passionnant et se lit comme un roman. L’ouvrage fait référence à plusieurs lieux et thèmes qui me sont familiers: son lien avec Haïti, son attachement à Montréal et au Québec, son séjour à Vancouver, sa pratique du squash, l’école Marie de France, dans le quartier Côte-des-Neiges à Montréal.

Entre les lignes, pointent la détermination et la volonté de réussir de Dominique Anglade. Pointent aussi sa force et son courage alors que, « quatre fois minoritaire – par la langue, le sexe, l’âge et l’origine ethnique », elle se taille une place dans le monde des affaires puis fait carrière en politique, dans un milieu souvent brutal et misogyne.

À quelques mois des élections provinciales au Québec, prévues en octobre, Dominique Anglade réussira-t-elle à déjouer les pronostics et les sondages? Le livre terminé, on a presque envie d’aller, de courir prendre sa carte d’adhésion au PLQ! C’est là, sans doute, l’un des buts de l’exercice.

31 Jan 2022

Les premiers signes du printemps ont fait leur apparition à Vancouver à la fin du mois de janvier. Ci-dessus, la plage Kitsilano…

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… où on peut, au choix, le 31 janvier, jouer au volley-ball sur la plage ou se promener en short, près de l’océan…

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Célébration de la Nouvelle Année chinoise. Le 1er février débute l’Année du Tigre. Photo et carte conçues par Diana.

Daniel KleinTravels with Epicurus – (2012)

DKleinUn petit livre magnifique, plein de sagesse, sur l’art de vieillir, sereinement. Daniel Klein, diplômé en philosophie de l’université Harvard part seul, pendant un mois, à l’âge de 73 ans, sur l’île de Hydra, en Grèce. Objectif: faire le point sur sa vie et sur « le grand âge » à la lumière des textes et de l’enseignement des anciens. Il a dans sa petite chambre modeste du village de Kamini une valise pleine de livres. Épicure, Platon, Sénèque, Marc-Aurèle. Mais aussi Sartre, Camus, Bertrand Russell, des textes venus de l’Inde. Que disent ces penseurs sur la vieillesse? Quel est leur message? Comment vivre au mieux ces années si complexes? J’ai dévoré en quelques jours cet essai lumineux, lu en anglais, dans sa version originale. Le livre est aussi disponible en français. Un super petit bouquin, un bijou. À lire absolument!

2 janvier 2022

Lectures d’hiver

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Quel plaisir ce mois-ci de revoir mon ami Ian à Vancouver! Basé à Hambourg avec sa famille, Ian passera les deux prochains mois en Colombie-Britannique…

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Première longue randonnée en vélo, le dimanche 13 février

Caroline DawsonLà où je me terre – (Montréal, 2020)

LàOuJeMeTerreUn récit bouleversant qui connaît au Québec, depuis sa sortie, un succès retentissant et bien mérité. L’histoire vécue d’une petite fille (Caroline, l’auteur) arrachée à sept ans à son pays d’origine, le Chili, et contrainte de suivre en exil ses parents qui fuient la dictature de Pinochet.

La famille obtient au Canada le statut de réfugié et débarque à Montréal en plein hiver, en janvier 1987. Commence alors pour Caroline et les siens le long et douloureux apprentissage de « l’intégration ».

Apprendre au Québec une nouvelle langue. Apprivoiser à l’école, dans les classes d’accueil puis dans le programme régulier, de nouveaux codes. Se construire à Montréal une nouvelle façon d’être, de vivre. Le parcours est semé d’embûches, d’incertitudes.

La famille (3 enfants) déménage souvent. D’Ahuntsic à Hochelaga-Maisonneuve à Brossard, chaque nouveau quartier apporte son lot de surprises et de découvertes que Caroline partage avec force détails, dans une langue savoureuse, parfois crue, mêlée de joual.

Pendant que ses parents, Natalia et Alfredo (ex professeur d’anglais au Chili), font des ménages pour nourrir la famille, Caroline observe, s’applique et réussit peu à peu à trouver sa place dans une société québécoise qu’elle dissèque, de chapitre en chapitre, comme une anthropologue.

Grâce à son intelligence, au soutien de ses parents, à la lecture, Caroline réussit son pari: « devenir un super modèle d’intégration » au Québec. Elle étudie la sociologie et devient professeur au Cegep (l’équivalent du lycée). Une belle revanche et une récompense pour celle qui a tant vu souffrir ses parents.

Un récit remarquable. À mettre entre toutes les mains de ceux et celles qui arrivent, d’ailleurs, pleins d’espoir, au Québec et au Canada.

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Un groupe de kayakeurs explore le littoral près du parc Vanier, à Vancouver, dimanche 13 février.

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Un peu plus tôt, le même jour, le long de la promenade (the seawall) du bord de mer…

Sylvain Tesson – Sur les chemins noirs – (Paris, 2016)

chemins noirsUn livre de chevet pour les marcheurs. Une pépite. Après une lourde chute et quatre mois passés à l’hôpital, Sylvain Tesson nous offre le carnet de voyage d’une randonnée épique entre le Mercantour (extrême sud-est de la France) et le Cotentin (nord de la Normandie). Deux mois et demi de marche. Un périple effectué presqu’exclusivement sur « les chemins noirs », un réseau d’anciens sentiers et de chemins ruraux, désaffectés, mais toujours répertoriés sur les cartes IGN.

Objectif de l’écrivain voyageur: traverser le pays à pied (jusqu’à 40 kms par jour) en évitant les villes, les banlieues, les ronds-points, afin de retrouver et célébrer une ruralité française aujourd’hui oubliée.

Tesson part seul. Passe la plupart de ses nuits dehors, sous les arbres ou sous une tente. Quelques amis le rejoignent parfois et l’accompagnent, quelques jours, sur la route.

Cette longue randonnée, au coeur de la France « hyper rurale », est le fruit d’un serment conclu après sa chute. « Corseté dans mon lit d’hôpital, écrit-il, je m’étais dit que j’avais passé vingt ans à courir le monde entre Oulan-Bator et Valparaiso… Si je m’en sortais, il était temps que je traverse la France à piedIl y avait encore une géographie de traverse pour peu qu’on lise les cartes… Une France ombreuse, protégée du vacarme, épargnée par « l’aménagement » du territoire… Je voulais m’en aller par les chemins cachés, campagnards, ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides »…

Pari tenu. Parti du Mercantour à la fin du mois d’août, Sylvain Tesson termine son périple dans le Cotentin, début novembre. Le livre est magistralement écrit. C’est l’oeuvre d’un virtuose. Et ce texte accroît encore mon envie de terminer cet été (si la situation sanitaire le permet) ma route sur le chemin de Compostelle.

À noter: Sylvain Tesson a aussi animé l’excellente série « Un été avec Rimbaud », série diffusée il y a deux ans, sur France Inter. Une quarantaine de courtes et précieuses capsules radio (3-4 minutes chacune) sur « l’homme aux semelles de vent ». Un régal pour l’oreille. À retrouver ici.

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Repas éthiopien (lentilles, choux, épinards, purée de pois, boeuf) accompagné de injera. Restaurant Axum, East Hastings St, Vancouver. Photo: Ian.

Bonnes lectures et bonne fin d’hiver à tous!

SVP, n’hésitez pas à partager vous aussi vos coups de coeur!

Prenez soin de vous et de vos proches.

Le printemps, officiellement, sera avec nous dans 32 jours.

20 février 2022

Brockton Point, Vancouver, le dimanche 20 février 2022

21 février 2022

Randonnée le long de la rivière Fraser avec mes amis Florence et Ian, dans le quartier Southlands, à Vancouver, le lundi 21 février. Nous nous connaissons depuis plus de trente ans.