Premiers pas au Népal…

Femmes au soleil dans le village de Bagnaskot, situé près de Tansen, dans la province de Lumbini, au Népal, le dimanche 25 novembre

Mes premiers pas au Népal n’ont pas été faciles!

Dès mon arrivée au pays, en fin d’après-midi, le 19 novembre, j’ai été confronté à une succession d’obstacles complètement inattendus.

Routes défoncées et difficilement praticables entre la frontière indienne et la ville de Lumbini où je dois passer mes premières nuits…

Soulignées en rouge, mes trois premières haltes au Népal: Lumbini, Tansen et Pokhara

Hébergements (même ceux recommandés par les guides) au confort et à la propreté très sommaires. Transports en commun moyenâgeux. Dans les rues, partout, de la poussière, des déchets…

J’ai dû m’accrocher. Parlementer. Être patient. Changer d’hôtel. 

Et puis, un matin, sans prévenir, après une bonne nuit de repos, le Népal offre au visiteur, surpris, un tout nouveau visage, souriant et radieux…

Vêtus de leurs plus beaux habits, pèlerins à Lumbini, le jeudi 22 novembre

Je me suis arrêté quatre jours à Lumbini…

Lumbini est le lieu de naissance avéré de Bouddha (né en 623 av. J.-C.) et la ville est devenue, au fil des ans, un centre important de pèlerinage.

Avec Sarnath, en Inde (dans l’Uttar Pradesh, lieu du premier discours) et Kushinagar (dans l’Uttar Pradesh également, la ville où Bouddha est mort), Lumbini est l’un des lieux saints du bouddhisme.

Plus d’un million de touristes visitent la ville chaque année. La plupart viennent jusqu’ici en voyage organisé, en bus, et ne restent à Lumbini que quelques heures…. 

Pèlerins sur leur « 31 »…

… en hommage à Bouddha

… Le temps de prendre quelques photos devant l’un des nombreux temples érigés à la mémoire de Bouddha… ou de poser près de l’immense bassin d’eau construit sur le site… 

Famille en visite à Lumbini. Le site de pèlerinage a été conçu autour du jardin où est né Bouddha. Il est classé, depuis 1997, au patrimoine mondial de l’Unesco

« Momos » (raviolis traditionnels népalais) aux légumes

J’avais aussi une autre raison de visiter Lumbini…

Avant de partir pour le Népal, une amie, Christiane, avec qui j’ai travaillé au Rwanda, m’a gentiment proposé de prendre contact à Lumbini avec un ex-collègue népalais, Nar, enseignant et ancien coopérant lui aussi au Rwanda avec l’ONG VSO/CUSO. J’ai bien sûr accepté la proposition.

Quelle excellente idée!

Nar, ancien coopérant au Rwanda

Nar enseigne dans une école gouvernementale (publique) dans le village de Haraiya Bazar, situé à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Lumbini.

Nous avions avant mon arrivée échangé, pendant plusieurs semaines, de multiples courriels. Et le mercredi 21 novembre, Nar est venu, comme promis, me prendre en moto à l’hôtel… et nous sommes partis pour son école…

Quelle belle expérience! J’ai pu passer une heure à dialoguer avec des élèves de 10è année (l’équivalent de la seconde en France) inscrits en filière informatique. Dans un anglais impeccable, ils m’ont posé des dizaines de questions sur le système d’enseignement et sur la vie quotidienne au Canada.  

Élèves de 10è année à l’école secondaire Shree Haraiya. Les élèves sont en classe de 10h à 16h, six jours par semaine, du dimanche au vendredi. Les finissants (11è et 12è années) sont, eux, en cours de 6h à 10h du matin. Malheureusement, au Népal, 40% des élèves seulement arrivent jusqu’à la 10è année.

Dans les classes, ambiance studieuse, uniformes obligatoires et, en général, garçons d’un côté, filles de l’autre. La journée commence avec une assemblée dans la cour de l’école…  et l’hymne national chanté par les élèves..

Lors de ma visite, j’ai aussi pu rencontrer quelques enseignants et faire également connaissance avec l’équipe administrative de l’école…

Le directeur (au centre) et le directeur-adjoint entourés de deux jeunes enseignants qui ont récemment fait le choix de revenir travailler au Népal après un séjour prolongé à l’étranger (à Chennai et à Sydney). Après plusieurs années de turbulences et d’instabilité politique, le Népal a largement retrouvé son calme et des milliers de Népalais reviennent aujourd’hui s’établir au pays.

Très belle matinée!

Merci Nar, merci aux élèves et aux enseignants de l’école secondaire Shree Haraiya, et merci Christiane!

 Quelques jours plus tard, j’ai reçu le mot suivant de Nar…

« Dear Max…  Thank you for the wonderful pictures… All staffs are very happy to see you in the school. Students are still talking about you and your country and the teaching culture in Canadian schools… They are extremely happy to have had that valuable conversation…. Christiane, it is good to see Max in my village… »

Samosas et pakoras farcis aux légumes

Après quatre jours, malgré les belles rencontres faites là-bas, c’est le moment de quitter Lumbini….

Un des chemins de campagne qui mènent au centre-ville de Lumbini. La pollution, causée en partie par le défrichage des champs, est aussi ici bien présente…

Faubourg de Lumbini

… et de reprendre la route… vers le nord… cinq heures de bus… en direction de Tansen… qu’on appelle aussi Palpa… Un magnifique village de montagne perché à 1500 mètres d’altitude…

Odeur d’eucalyptus et de pins dans la forêt qui surplombe le village de Tansen. Ci-dessous, la rue principale du village…

Aucune pollution dans le grand ciel bleu de Tansen. Enfin!

Dès mon arrivée, j’ai le sentiment d’être revenu… à Dalat, au Vietnam!

Même altitude, mêmes forêts de pins, mêmes visages burinés et brûlés par le soleil. Même atmosphère feutrée dans les ruelles escarpées du village.

Mêmes sourires aussi!

Groupe d’étudiants en route pour un pique-nique sur les hauteurs de Tansen, samedi 24 novembre

J’ai absolument adoré mon séjour à Tansen!

Et j’ai dû me pincer dix fois par jour pour me convaincre que je n’étais pas à Dalat mais bien au Népal.

Trois jours passés dans ce village sauvage, paisible, peu connu des touristes, ont suffi pour me réconcilier tout à fait avec le pays.

Mohan Shrestha, 68 ans, ancien professeur d’économie à l’université, maintenant à la retraite, gère l’ excellente guesthouse « City View » à Tansen. Mohan dirige également un bureau d’information touristique, « Get Up ». Nous avons eu chaque jour de longues et fructueuses conversations. Merci, Mohan! Courriel: shrestha.manmohan@gmail.com

Thali végétarien népalais, Tansen.

Après une dernière randonnée, d’une dizaine de kilomètres, le dimanche 25 novembre, entre Tansen et le village de Bagnaskot…

Entre Tansen et Bagnaskot

… J’ai repris mon chemin, vers Pokhara… La route est nettement meilleure cette fois-ci…. En moins de cinq heures, notre bus a rejoint Pokhara, la deuxième ville du pays et la porte d’entrée vers le massif de l’Annapurna…

Il fait un temps splendide! Et j’ai retrouvé avec grand plaisir à Pokhara, comme prévu, mes amis Stephen et Annie qui terminent dans quelques jours leur séjour au Népal…

Au-dessus de Pokhara, en compagnie de Stephen et Annie, le mardi 27 novembre. Magnifique randonnée sur le sentier qui mène à la « World Peace Pagoda ». Le sentier surplombe la ville et le lac Phewa Tal qui baigne Pokhara… Quel plaisir de revoir mes amis! Formidable journée!

Sentier au-dessus de Pokhara

J’ai prévu faire une longue halte à Pokhara… Ma plus longue, avec celle prévue (fin décembre/début janvier) à Pondichéry, dans le sud de l’Inde… Une douzaine de jours environ…

Ce qui me permettra de réaliser ce qu’on appelle ici un « trek« … Une longue randonnée de cinq jours et de quatre nuits dans les villages de haute montagne perchés au-dessus de Pokhara dans le massif de l’Annapurna…

J’ai obtenu hier mon permis et mes autorisations (US$50). J’ai engagé un porteur, Yubraj, 28 ans, qui parle assez bien l’anglais. Yubraj est originaire du petit village de Dhital situé à une heure de Pokhara. Il m’a été chaleureusement recommandé par mon hôtel.

Nous dormirons, comme tous les randonneurs dans l’Annapurna, dans les « tea houses« , des hébergements très simples tenus par les villageois. Nous marcherons en moyenne cinq à six heures par jour.

Point culminant du « trek », environ 3200 mètres. Ce n’est pas très haut. J’ai été bien plus haut (au-dessus de 4000 mètres) dans la région de Potosi, en Bolivie… il y a déjà vingt ans.      

Nous partons dimanche, le 2 décembre. Retour, le jeudi 6 décembre. Je laisse mon ordinateur à Pokhara. Aucune connexion donc pendant cinq jours. C’est la grande aventure. J’ai bien hâte de commencer!

Je vous embrasse tous.

Une partie du splendide massif de l’Annapurna vu des hauteurs de Pokhara. Photo Stephen Cassels.

Nouvelle version de mon petit déjeuner préféré, le Puri Subji, accompagné de yogourt, à Pokhara, ce matin.