Pondichéry

Je ne m’attendais pas, en arrivant deux jours avant Noël à Pondichéry, à découvrir dans les rues de la ville une telle effervescence!…

Le territoire de Pondichéry est enclavé dans l’état du Tamil Nadu, dans le sud-est de l’Inde

Malgré le temps couvert, des centaines de curieux viennent assister près du bord de mer à Pondichéry, au festival kolam, le dimanche 23 décembre.

Après un voyage en train depuis Chennai, j’étais à peine installé dans ma guesthouse, dans « la ville blanche » comme on appelle ici l’ancien quartier colonial français, qu’une rumeur, un bruit de foule, venu du bord de mer, tout proche, m’a forcé… m’a poussé dehors…

Que se passait-il?

Participantes au festival kolam et badauds se pressent le long de l’avenue Goubert, à Pondichéry

Selon la tradition, tôt le matin dans le sud de l’Inde, les femmes dessinent sur le sol devant l’entrée de leur maison ou de leur commerce des figures géométriques en guise de bienvenue, et afin de porter chance et prospérité aux membres de leur famille et à la communauté.

Ces figures géométriques sont aussi des offrandes au jour qui se lève et une invitation aux divinités.

Un kolam à Pondichéry…

Ces « kolams » sont souvent très complexes. Les figures sont d’abord tracées avec de la craie et ensuite ornées de poudres de couleur, de grains de riz, de fleurs, de petites branches, tout ce qui est disponible à portée de la main. Les kolams sont réalisés uniquement par les femmes et le savoir-faire est partagé en famille entre grand-mères, mères, filles et sœurs..

 

 

… le dimanche 23 décembre

Le festival kolam vient, une fois l’an, à Pondichéry, honorer cette tradition… Un grand concours est organisé. La municipalité alloue à chaque participante un petit périmètre le long du bord de mer, et les concurrentes s’affairent, seules ou en petits groupes, en une heure ou deux, à réaliser leur kolam.

Les couleurs, le spectacle, l’élégance, dans la rue, sont saisissants!

Avenue Goubert, Pondichéry

Le tamoul est la langue principale parlée à Pondichéry. C’est aussi la langue officielle de l’état du Tamil Nadu (littéralement, « le pays des tamouls »). Le tamoul est également la langue parlée au nord du Sri Lanka. Trente minutes d’avion seulement séparent Chennai de Jaffna.

Les spectateurs assistent, attentifs, à l’élaboration des kolams. Et chacune des créations est ensuite soigneusement jugée, évaluée et notée par une équipe composée de dignitaires de la ville et du gouvernement du Tamil Nadu.

Les juges évaluent avec soin un kolam. Instant solennel pour les concurrentes et leurs familles

Les prix pour les gagnantes? Des appareils électro-ménagers, une télévision, des saris de qualité, des vêtements pour les enfants, des ustensiles de cuisine… Et, pendant un an, pour les familles, l’honneur et la considération auprès de la communauté.

Le festival Kolam a été pour moi, à peine arrivé dans la ville, une formidable introduction à Pondichéry… à sa culture, complexe, tolérante, déroutante aussi…

Pondichéry

… puisque quelques heures après le festival kolam, on célébrait dans la même rue, à deux pas, le dimanche 23 décembre et encore le 25, deux magnifiques messes de Noël – en français! – messes chantées dans l’église Notre Dame des Anges, noire de monde, les deux jours…

Messe de Noël célébrée à l’église Notre Dame des Anges à Pondichéry

L’église Notre Dame des Anges, construite entre 1851 et 1855, a récemment été rénovée. Le Tamil Nadu compte environ 6% de chrétiens et 6% de musulmans. 87% de la population est de confession hindoue. (Sur la religion à Pondichéry et dans le Tamil Nadu, voir la première partie du roman de Yann Martel, « L’histoire de Pi »…)

Alors, Pondichéry… ville tamoule… ville indienne… ville française?…

Ou les trois à la fois?

Les thalis servis dans le Tamil Nadu sont plus colorés, épicés – et copieux! – que ceux servis dans le nord du pays ou au Népal. Le prix des repas dans le sud de l’Inde est aussi, en général, beaucoup plus bas. Le prix du plat ci-dessus? 145 roupies, soit $2.80 ou 1,80

Rue Surcouf, Pondichéry

Rue de la Marine

Rue Mahé de Labourdonnais

Un peu d’histoire… pour mieux comprendre Pondichéry, le contexte dans lequel la ville est née et son évolution depuis le XVIIè siècle…

1er comptoir établi à Chandemagor en 1668, puis à Pondichéry en 1673, Mahé en 1721, Yanaon en 1725 et Karikal en 1739

À partir de 1668, la France, via la Compagnie française des Indes (créée en 1664) annexe ou acquiert plusieurs territoires dans le sous-continent indien afin, selon Colbert, le Contrôleur général des finances, sous Louis XIV, de « procurer au royaume de France l’utilité du commerce des Indes et empêcher que les Anglais et les Hollandais n’en profitent seuls. »

Après le Portugal, l’Angleterre et la Hollande, la France est la dernière puissance maritime européenne à fonder une compagnie des Indes pour commercer avec l’Orient.

Le comptoir de Pondichéry est « installé », pacifiquement, en 1673. La paix sera de courte durée.

Pendant près de trois siècles – jusqu’à la restitution du territoire à l’Inde en 1956 – Pondichéry va connaître une histoire tumultueuse. Entre l’Angleterre, la Hollande et la France, la ville change plusieurs fois de mains et d’allégeance. En 1761, Pondichéry, française, est rasée par les Britanniques. Puis rendue à la France en 1765 après un traité de paix avec la Grande-Bretagne. La ville est reconstruite…

Une dernière note historique. Tous les habitants de Pondichéry (et ceux des autres comptoirs) sont déclarés citoyens français lors de la révolution de 1848.

Carte non datée des possessions françaises en Inde. Pondichéry a aujourd’hui le statut de territoire et a été rebaptisée Puducherry en 1996

Que reste-t-il aujourd’hui de l’ancienne présence française?

Il est difficile d’évaluer le nombre exact de francophones qui vivent à Pondichéry. Le consulat de France recense environ 6000 « franco-pondichériens » mais une toute petite partie seulement – environ 200 – parle régulièrement le français. C’est infime pour une ville qui compte plus d’un million d’habitants.

Parmi ces franco-pondichériens, beaucoup de retraités. D’anciens militaires ou des fonctionnaires, nés à Pondichéry ou Karikal, qui ont fait carrière à l’étranger dans l’armée ou dans l’administration française, et qui passent maintenant leur retraite, ou plusieurs mois par an, au pays natal…

D’autres, n’ayant jamais quitté le territoire, vivent dans une situation beaucoup plus précaire et doivent compter, chaque mois, sur l’aide et les subventions du consulat.

Malgré tout, grâce à un méticuleux travail de restauration entrepris par les autorités françaises et l’état du Tamil Nadu, lorsqu’on se promène dans « la ville blanche« , propre, ombragée, fleurie, on a l’impression de marcher dans les rues d’une petite ville française, bourgeoise et cossue…

Rue de l’Évêché, à Pondichéry. Le cadastre du « quartier blanc » n’a pas changé depuis l’époque coloniale

Des appartements avec balcons, des maisons élégantes, de jolis immeubles rénovés et repeints, bordent les rues…

Rue Romain Rolland

Plusieurs bâtisses ont été reconverties en hôtels, en restaurants, en boutiques… Derrière les murs se cachent de somptueux jardins… D’autres immeubles ont été agrandis, modernisés… et réquisitionnés pour le service public…

Le Lycée Français de Pondichéry, rue Victor Simonel. Créé en 1826, le lycée accueille cette année environ 550 élèves, de la maternelle à la terminale. En plus de l’anglais, de l’allemand et de l’espagnol, les élèves peuvent aussi étudier, comme langue seconde, le tamoul.

L’Alliance Française de Pondichéry, rue Suffren

C’est dans la rue Suffren également qu’est située ma guesthouse (sur la droite). Afin de me déplacer plus facilement, j’ai loué pendant mon séjour, un vélo (vert, sur la droite)… Au Tamil Nadu, les nouveaux vélos sont, le premier jour, emmenés formellement au temple afin d’être bénis. Les guidons sont ensuite, ce jour-là, décorés de guirlandes de fleurs… Le protocole est le même pour les nouvelles voitures.

Le parc Bharathi au cœur de « la ville blanche » de Pondichéry

L’Institut Français de Pondichéry, rue Saint-Louis

Certains plats servis dans les restaurants du quartier ne dépareilleraient pas une bonne table européenne ou canadienne.

Poulet aux champignons, rue Labourdennais

Seul regret, le français, pratiquement inexistant dans les rues de Pondichéry. Parlé seulement par les très nombreux touristes français ou francophones qui fréquentent les boutiques et les cafés de « la ville blanche« …

Rama vend tous les matins, au bord de la mer, un délicieux café au gingembre et au miel!

Dipankar, devant son comptoir de samosas, rue de Bussy

 

 

 

 

 

 

 

 

 

À une quinzaine de minutes de marche du quartier colonial, vers l’ouest, un autre monde… La ville tamoule, « la ville indigène » ou « la ville noire » comme on l’appelle aussi, (à mon avis, très péjorativement)…  la ville tamoule où vit et travaille la très grande majorité de la population de Pondichéry…

La rue Bharathi, une des artères principales de la ville tamoule

Le grand marché couvert Goubert, au nord de la rue Bharathi

Monde complètement différent. Point ou peu de bâtisses rénovées ici… mais des rues commerçantes, animées…

Ville tamoule, Pondichéry

… et quelques îlots de calme…

Canteen Street, Pondichéry

En me promenant dans les rues de la ville tamoule, une grande politesse, dans les magasins, dans les restaurants… Les visages s’éclairent lorsqu’on apprend que j’habite au Canada… Le pays est connu, apprécié…  Les gens ont de la famille là-bas, des amis…

En dehors de l’Asie, c’est dans la région métropolitaine de Toronto qu’on retrouve la plus grande communauté de Tamouls dans le monde…

Pêcheurs devant le bord de mer à Pondichéry

Deux fois par jour, tôt le matin, et en fin d’après-midi, c’est au bord de la mer, sur la promenade qui fait face au golfe du Bengale, que les deux villes, la ville blanche et la ville indigène, se donnent rendez-vous et se rejoignent, pacifiquement…

« La promenade », avenue Goubert, à sept heures du matin. Un de mes moments préférés à Pondichéry. 40 minutes de marche environ pour parcourir (a-r) la longue avenue qui longe le golfe du Bengale

Malheureusement, pas de baignade dans la mer, à Pondichéry… Les courants sont trop dangereux…

Cinq fois par jour, retentit aussi dans la ville l’appel du muezzin qui invite les musulmans à la prière

Touristes et résidents viennent nombreux le matin assister au spectacle du soleil qui se lève au-dessus du golfe du Bengale

On croise sur le bord de mer, ou dans la ville tamoule, des visages étonnants…

Personnage rencontré un matin sur le bord de mer… « On ne sait pas d’où ils viennent, ni où ils vont », m’a dit un résident…

Lila Marie-Joséphine, francophone, 71 ans, née à Saïgon de père (militaire) français, vit maintenant avec sa fille à Pondichéry

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai quand même pu prendre un bain de mer sur l’une des trois plages située aux environs de Pondichéry… Serenity Beach.

Serenity Beach, à six kilomètres au nord de Pondichéry, le jeudi 27 décembre. Température? 30 degrés.

Cette plage, qui est loin de rivaliser avec les plages immenses du Kerala, avec celle de Varkala en particulier, était l’une de mes étapes, ce jour-là, sur la route vers Auroville…

Une partie des magnifiques jardins de la commune d’Auroville située à 10 kilomètres au nord de Pondichéry

Impossible de parler de Pondichéry sans évoquer, même brièvement, Auroville, une commune à nulle autre pareille, fondée en 1968 par le philosophe indien Sri Aurobindo et sa compagne, française, Mirra Alfassa-Richard, surnommée « la Mère ».

Comment décrire Auroville?

La commune se targue d’être « une ville expérimentale » et « une cité universelle » dont le dessein est « de réaliser l’unité humaine » en réunissant sur son territoire des hommes, des femmes et des enfants venus de 50 pays différents et qui doivent, pour séjourner à Auroville, adhérer à une charte.

Mirra Alfassa-Richard, résume ainsi, dans un essai, sa vision d’Auroville:

« Il doit exister sur terre un endroit inaliénable, un endroit qui n’appartiendrait à aucune nation, un lieu où les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations, pourraient vivre librement comme citoyens du monde… Auroville a pour vocation d’être le lieu d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités… »

Ce projet, utopique à première vue, a néanmoins séduit depuis cinquante ans des milliers d’adhérents, étrangers pour la plupart, qui vivent et contribuent à la vision d’Auroville en participant notamment à 35 unités de travail (agriculture, informatique, éducation, santé, artisanat…) réparties sur l’ensemble de la commune.

Le projet est soutenu, depuis le début, par l’Unesco.

Le Mantrimandir (« le Temple de la Mère »), l’âme de la cité d’Auroville, situé sur un terrain dégagé appelé le « Parc de l’Unité ». Auroville était à l’origine un site aride, sans eau, un désert. Plus de deux millions d’arbres et d’arbustes ont été plantés depuis 1968…

Je ne suis resté que quelques heures à Auroville, heures passées principalement à me promener dans les magnifiques jardins et à visiter la librairie (où je me suis procuré, par curiosité, deux ouvrages de « la Mère »)

Je suis resté assez longtemps cependant pour avoir envie de revenir et d’en savoir un peu plus sur ce projet singulier.

Infos supplémentaires sur Auroville disponibles sur le site: https://www.auroville.org

Dans les jardins d’Auroville

Un mot sur la langue…

J’ai rencontré un après-midi dans un café du bord de mer un groupe de jeunes venant du Rajasthan, un état situé dans le nord-est du pays. Ces jeunes visitaient Pondichéry pour la première fois… Arrivés devant le comptoir du café, ils ont chacun passé leur commande en anglais. Je leur ai demandé pourquoi. Ils m’ont expliqué que, venant du Rajasthan, ils parlaient couramment le hindi et l’anglais (les deux langues officielles de l’Inde), ils parlaient également le rajasthani et le marwari, deux des langues régionales du Rajasthan… mais pas un mot de tamoul.

Le garçon du café, lui, ne parlait pas hindi, encore moins le rajasthani et le marwari… Leur seule langue commune (langue très hésitante pour le barista) était… l’anglais.

Un grand nombre de résidents du Tamil Nadu ne parlent pas hindi. Beaucoup en sont d’ailleurs assez fiers et considèrent que le tamoul devrait aussi avoir sa place en Inde comme langue officielle.

Même scénario il y a deux ans au Kerala. Je me souviens des nombreux touristes, venus de Mumbai, attablés chaque jour aux restaurants de Munnar. Pratiquement personne dans ces groupes ne parlait le malayalam, la langue principale du Kerala. Ils devaient eux aussi avoir recours à l’anglais, les habitants de Munnar ne comprenant pas, en général, le marathi, la langue parlée à Mumbai.

Combien de langues reconnaissez-vous sur ce panneau affiché à Auroville?

Avec la religion, la langue est, au quotidien, un des sujets qui fâche et crispe le pays, si paisible en général… d’un milliard 300 millions d’habitants. Le chiffre est vertigineux. C’est presque 18% de la population mondiale. (L’Inde devrait devenir le pays le plus peuplé du monde vers 2025)

Comment tout cela va-t-il évoluer?

Policiers à Pondichéry portant le traditionnel képi français

Des élections générales auront lieu en Inde dans deux mois, entre mars et mai 2019. Plus de 850 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, dans 28 états et sept territoires. Une logistique électorale monumentale.

Le gouvernement de Narendra Modi (centre-droit), élu en 2014, est en difficulté. Son parti (le BJP) a en quelques mois perdu plusieurs élections régionales.

Après un bon début de mandat, beaucoup de gens ici ont le sentiment que les promesses électorales n’ont pas été tenues. Le chômage, en particulier chez les jeunes, est en hausse, un peu partout. Et de nombreux électeurs ont très mal accueilli les récentes mesures prises par le gouvernement afin de marginaliser la population musulmane du pays.

Narendra Modi sera-t-il de nouveau plébiscité? Ou le parti du Congrès national indien (centre-gauche), dirigé par Rahul Ghandi, reviendra-t-il au pouvoir?

Résultat au printemps 2019.

Et Chennai?

Cette ville, anciennement appelée Madras, dont le nom, depuis si longtemps, me fait rêver… (peut-être à cause du « Madras curry »?… les associations, dans les rêves, sont parfois mystérieuses…)

Un rare moment de calme à Chennai, dans le quartier de « Marina Beach », le jeudi 20 décembre

Grosse déception. Chennai compte dix millions d’habitants. Bruit et circulation infernale. Pendant trois jours, j’ai cherché dans mon quartier d’Egmore, et au-delà, un espace vert, un parc ou un café où me poser, respirer et lire tranquillement. En vain. J’ai donc écourté mon séjour fin décembre, et j’ai vite pris le train (quatre heures) pour Pondichéry…

Un train local, bondé, qui a quitté la gare de Chennai à 6h30 du matin et s’est arrêté dans une vingtaine de localités avant d’arriver à Pondichéry. À bord, des familles, des groupes de jeunes qui vont passer les Fêtes au sud, près des plages.

À chaque arrêt, des vendeurs ambulants, de vrais acrobates, se fraient un passage dans les wagons archi-combles et offrent avec le sourire chapatis, thé noir, puri subji, café au lait, fruits, gâteaux. Un beau moment de voyage au cœur du sud de l’Inde!

Passagères débarquant ou attendant sur le quai de la gare de Viluppuram entre Chennai et Pondichéry

Gare de Tindivanam

Rue Suffren, le 1er janvier

J’ai quitté Pondichéry hier après-midi avec regret. J’aurais pu y rester beaucoup plus longtemps.

De nombreux voyageurs s’arrêtent dans la ville pour une halte prolongée. Un couple canadien de l’Ontario, connu rue Suffren, vient chaque année passer trois mois (décembre – février) à Pondichéry. Dès leur départ, ils réservent leur chambre pour l’année suivante.

Au jour le jour, selon son humeur, on peut passer à Pondichéry, en quelques minutes, de « la ville blanche » à « la ville indigène ». On peut s’inscrire à des cours de yoga ou de méditation, faire du bénévolat dans une école ou dans un orphelinat. Aller passer quelques jours à Auroville. Flâner tout simplement. S’asseoir dans un café. Prendre un peu de soleil au bord de la mer ou au parc Bharathi. Personne, dans l’espace public, ne viendra vous importuner. C’est rare.

Petit-déjeuner sur la terrasse…

Après plus de deux mois sur la route, mon voyage s’achève dans quelques jours. Je rentre à Vancouver (via Taipei) le jeudi10 janvier.

Heureux, comme d’habitude, de retrouver bientôt Diana et la Colombie-Britannique! Heureux aussi d’avoir vécu depuis bientôt neuf semaines tant d’expériences différentes… comme celles-ci:

  • Braver la pollution dans les rues grises et encombrées du Vieux-Delhi
  • Me fondre, près des sadhus, au bord du Gange, dans la foule pieuse des « ghats » de Varanasi
  • Marcher, à Lumbini, au Népal, dans les jardins qui ont vu naître Bouddha
  • Dialoguer avec les élèves, les enseignants et un ancien coopérant à l’école Shree Haraiya dans la petite ville de Haraiya Bazar, à 20 kms de Lumbini
  • Découvrir le beau village de montagne de Tansen et discuter les après-midis, au soleil, amicalement, avec Mohan Shrestha
  • Rencontrer à Pokhara Stephen et Annie et monter avec eux jusqu’à la Pagode de la Paix, située au-dessus du lac Phewa Tal
  • Cheminer en compagnie de mon guide Yubraj pendant cinq jours sur les sentiers du massif de l’Annapurna et admirer en route des pics majestueux de plus de 7000 mètres
  • Accompagné de deux autres guides, Shankar et Binod, vagabonder sur les splendides chemins de la vallée de Katmandou.
  • Vivre dans la belle cité de Patan, près de Katmandou, et partager un soir, avec mes hôtes, à leur domicile, un repas traditionnel népalais.
  • Découvrir enfin l’élégante et complexe ville de Pondichéry où, au bord du golfe du Bengale, il fait si bon vivre…
  • Et d’autres expériences encore…

L’année 2018 a été bien remplie…

BONNE ANNÉE 2019 À TOUS!

Lectures de décembre…  (livres de poche glanés dans les bibliothèques de fortune des « guesthouses »)        

 

Un magnifique roman d’aventures qui se déroule au cœur du pays sherpa, dans l’Himalaya. Et une histoire d’amour, pleine de surprises, entre un Français et une jeune Népalaise, Khami, une farouche « Sherpani ».  Fruit de leur amour, un garçon, Hima, naît… Le récit entraîne le lecteur de Paris, au Caire, à Katmandou, au campement de Namché Bazar, situé au pied de l’Everest. Le roman (en vente dans toutes les librairies de Pokhara) se lit en quelques heures. Excellent document sur le quotidien et les traditions dans l’Himalaya. Écrit par Jacques Lanzmann, le parolier de Jacques Dutronc.

 

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Au milieu du 19è siècle, un jeune matelot français, Narcisse Pelletier, est abandonné sur une plage du nord-est de l’Australie. Dix-huit ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard: il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher comme les indigènes qui l’ont recueilli. Il a perdu l’usage du français et a oublié son nom. Que s’est-il passé pendant ces dix-huit années? Récit bouleversant et admirablement écrit. Inspiré d’une histoire vraie, le livre a été récompensé de huit prix littéraires, dont le Goncourt du premier roman 2012. (Extrait de la quatrième de couverture du roman).

 

 

Épilogue

Gare de Chennai Central, 4h55 du matin, le vendredi 4 janvier. Faute de moyens, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants dorment chaque nuit assis ou à même le sol dans le hall de la gare…

Avertissement affiché dans les gares et dans les wagons de train en Inde. Ces alertes sont hélas trop rares.

Après vingt-neuf heures de train depuis Chennai à bord du « Rajdhani Express » – le trajet, même en 1ère classe, a été rude, inconfortable, la nourriture servie de qualité douteuse, une amère désillusion! – arrivée à New Delhi le samedi 5 janvier… sous un grand ciel bleu. Il fait froid. Six degrés. C’est l’hiver dans le nord de l’Inde.

Surprise en quittant en tuk tuk la gare de Nizamuddin: la pollution dans l’air et dans les rues de la ville est beaucoup moins visible que lors de mon premier passage, à la mi-novembre. On respire mieux.

Je me suis installé cette fois-ci dans un des « beaux quartiers » de Delhi, près de Connaught Place… à deux pas du métro qui me conduira à l’aéroport et à quelques minutes de marche du temple sikh Gurdwara Bangla Sahib, situé sur l’avenue Ashoka…

Le temple Sikh Gurdwara Bangla Sahib à New Delhi, le mercredi 9 janvier

 

 

 

Munnar

Le début dune journée de récolte dans une plantation de thé au-dessus de Munnar, 8h30, vendredi matin, 9 décembre

Le début dune journée de travail dans une plantation de thé au-dessus de Munnar, 8h30, vendredi matin, 9 décembre

Depuis plus d’un siècle, la petite ville de Munnar, dans l’état du Kerala, est un des principaux centres de production de thé en Inde.

Tous les matins, à partir de huit heures, des centaines d’hommes et de femmes gagnent, à plus de 1600 mètres d’altitude, les champs de thé.

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La plupart d’entre eux sont originaires de l’état du Tamil Nadu, l’état voisin du Kerala.

Femmes pesant leur récolte de thé dans une plantation de Munnar, vendredi 9 décembre.

Vendredi matin, j’ai voulu aller voir de plus près comment fonctionne cette industrie qui emploie en Inde des milliers de travailleurs.

L’inde est, après la Chine, le second producteur de thé au monde, et plus de 70% de sa production est consommée à l’intérieur du pays…

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J’ai eu beaucoup de chance.

Mon hôtel avait, vendredi, un guide disponible (obligatoire pour visiter les plantations) – et trois autres voyageurs indépendants, venus de France et de Belgique, avaient eux aussi, ce matin-là, le même objectif: voir et comprendre les rouages d’une plantation de thé, et réaliser en même temps, dans un décor de rêve, une grande et belle randonnée…

Samy, 47 ans, guide exceptionnel, né dans la région de Munnar, père de deux enfants et, comme une grande partie de la population, membre du parti communiste de l'état du Kerala.

Samy, 47 ans, guide exceptionnel, né dans la région de Munnar, père de deux enfants et, comme une grande partie de la population ici, membre du parti communiste de l’état du Kerala.

Nous sommes donc partis ensemble, autour de sept heures, accompagnés de notre guide, Samy, pour une excursion inoubliable de 16 kilomètres dans les montagnes au-dessus de Munnar…

Au-dessus de Munnar, vendredi matin...

Munnar, sous la brume, tôt vendredi matin…

Très vite, le chemin grimpe vers les plantations…

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Les champs de thé de la région de Munnar appartiennent en grande partie à l’immense consortium Tata dirigé par l’homme d’affaires et industriel Ratan Naval Tata, 79 ans, qui possède en Inde et à l’étranger des intérêts considérables (dans l’acier, les produits chimiques, la construction automobile) et une fortune colossale…

Vers huit heures, sous un grand ciel bleu, nous atteignons les premières plantations…

Au-dessus de Munnar, 9 décembre...

Au-dessus de Munnar, 9 décembre…

Les hommes et les femmes qui travaillent ici semblent, pour la plupart, heureux de leur sort. Ils nous sourient, nous saluent.

Ils sont cependant soumis à de nombreuses obligations, et à un règlement très strict.

  • Les travailleurs sont logés gratuitement, à proximité des champs, dans un bâtiment appartenant au consortium.
  • Ils bénéficient d’une scolarité gratuite pour leurs enfants. Les frais reliés aux soins de santé de la famille sont pris en charge.
  • Les employés ont également le droit de posséder quelques actions de la compagnie.
  • Chaque travailleur reçoit, comme salaire de base, 300 roupies (environ $6 ou 4.20 euros) par jour.
  • En contrepartie, ils doivent récolter chacun, au minimum, 27 kilos de feuilles thé par jour, six jours par semaine.
  • La grande majorité des employés en recueille beaucoup plus. Chaque kilo de thé supplémentaire récolté est payé 1 roupie…
Seuls les hommes sont habilités à couper les tiges de thé à l'aide d'un sécateur électrique. Les femmes sont obligées de faire le même travail à la main...

Seuls les hommes sont habilités à couper les tiges de thé à l’aide d’un sécateur électrique. Les femmes sont obligées de faire le même travail à la main…

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Les hommes, nous explique Samy, notre guide, sont autorisés à travailler quatre heures par jour, les femmes, elles, sont astreintes à une journée de huit heures.

Comment expliquer une telle injustice?

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« Par la culture locale« , nous répond-on. C’est ainsi. L’horaire de travail restreint des hommes leur permet aussi, selon la tradition, « de prendre soin chaque jour de leur potager« .

Chacun se fera son opinion…

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En fait, depuis mon arrivée en Inde il y a maintenant dix jours, il est de plus en plus difficile d’ignorer les multiples facettes de la séparation qui existe entre les hommes et les femmes dans l’espace public.

Dans les gares et les centres routiers, les femmes disposent d’une salle d’attente qui leur est réservée.

Dans les bus municipaux, les sièges à l’avant sont exclusivement réservés aux femmes, les hommes s’assoient, eux, à l’arrière.

Même dans les églises les sexes sont séparés, les femmes s’assoient dans les rangées à gauche, les hommes, à droite…

1700 mètres...

1700 mètres d’altitude, au-dessus des plantations de thé…

Nous poursuivons notre route vendredi matin…. toujours plus haut. Le paysage est magnifique!

Vers neuf heures, nous nous arrêtons enfin – afin de déguster, à plus de 1800 mètres d’altitude, un merveilleux petit déjeuner préparé par Samy et sa famille.

Au menu: du thé au gingembre, des biscuits, des fruits, des œufs dur, des chapatis… Un vrai festin. Nous sommes comblés!

De gauche à droite...

Mes compagnons de route pour la journée, de gauche à droite: Sonia, des Vosges, Mikaël, de Lyon, et Laura, de Bruxelles. Quelle belle randonnée! Merci à tous les trois!

Après une courte halte, nous repartons…

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La journée nous réserve encore bien d’autres surprises…

Notre guide Samy a soigneusement coordonné l’itinéraire de notre descente vers Munnar pour qu’il coïncide avec le cérémonial quotidien de la pesée des sacs de thé qui a lieu au milieu de la journée…

La pesée...

Femmes rassemblées à la mi-journée afin de se livrer à l’exercice crucial de la pesée de leur récolte…

Il règne autour du camion et du tracteur une ambiance fébrile…

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Chacun rassemble ses sacs de thé avant la pesée…

Chacun, à tour de rôle, apporte son sac de thé qui est méticuleusement pesé… Les travailleurs reçoivent ensuite un justificatif…

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… pendant que d’autres employés arrivent des champs…

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Il faut ensuite hisser les sacs (certains pèsent près de 50 kilos)…..

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…jusqu’au camion qui transportera la marchandise à l’usine où les feuilles et les tiges de thé seront broyées, puis séchées…

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À partir de la récolte, plusieurs différents types de thé seront commercialisés.

Le thé blanc (le plus cher) produit à partir de la première (la plus haute) feuille de la tige. Ensuite le thé vert, fruit de la deuxième feuille de la tige. Le thé noir (black tea) puis le thé amer (bitter tea) seront eux fabriqués à partir des feuilles les moins nobles (les plus basses) de la plante….

Notre incroyable randonnée se termine…

Les montagnes de la région de Munnar sont de véritables jardins botaniques!

En plus du thé, la terre produit ici du poivre, de la cannelle, du café, des ananas, de la citronnelle, des fraises, de la coriandre, du miel, des figues, et bien d’autres gourmandises…

Ce n’est pas étonnant qu’on surnomme l’état du Kerala « God’s country« , le pays de Dieu…

intro

Après cinq jours à Munnar, et plusieurs autres courtes randonnées, je reprends demain comme prévu la route pour Alleppey (Alappuzha), située sur la côte, à une soixantaine de kilomètres au sud de Cochin….

Bonne semaine à tous!!

Plat de pommes de terre au curry masala accompagné de chapati et d'une salade de tomates et oignons...

Pommes de terre au curry masala accompagnées de chapati et d’une salade de tomates et oignons… Ci-dessous, un plat de choux-fleurs (très) épicé et du riz frit aux légumes. C’est un véritable privilège de découvrir et goûter tous les  jours la cuisine du sud de l’Inde…

choux-fleurs

 

 

 

 

 

Fort Cochin

Après la triste campagne électorale et le résultat inattendu des élections américaines, après l’annonce du décès de Leonard Cohen, puis celui du Comandante Castro, après la pluie et le temps gris de novembre à Vancouver, quel contraste, et quel plaisir, de se retrouver, après dix-huit heures de vol, au bout du monde, à la pointe sud de l’Inde, dans l’état du Kerala!

Fort Cochin, samedi matin, 3 décembre

Fort Cochin, samedi matin, 3 décembre

C’est la fin de la saison des pluies ici, et le thermomètre oscille entre vingt-neuf et trente-deux degrés.

Promenade du bord de mer, Fort Cochin, dimanche 4 décembre

Promenade du bord de mer, Fort Cochin, dimanche 4 décembre

Je suis installé depuis vendredi matin sur la péninsule de Fort Cochin, une ancienne enclave portugaise (comme Goa, située plus au nord) autour de laquelle s’est développée la grande agglomération de Cochin, à l’est de la péninsule.

Fort Cochin, colonisée par les Portugais, puis par les Hollandais, a longtemps été un important comptoir lié au commerce des épices.

Vestiges du passé turbulent de Fort Cochin. Anciens bâtiments coloniaux reconvertis en hôtel et, ci-dessous, en bureaux.

Vestiges du passé turbulent de Fort Cochin. Anciens bâtiments coloniaux reconvertis en hôtel et, ci-dessous, en édifice à bureaux.

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Pour ce premier voyage en Inde, j’ai décidé d’éviter les grandes métropoles, et je suis heureux de passer ces premiers jours au calme, en me promenant dans la vieille ville, afin de m’acclimater au pays, au climat (chaud et humide), au décalage horaire, et à l’accueil souriant de tous ceux et celles rencontrés jusqu’à présent.

Sheeba dirige avec son mari, Ashley, l’excellente guesthouse « Greenwoods Bethlehem » située dans un quartier calme, au sud du centre-ville de Fort Cochin.

Greenwoods Bethlehem Guesthouse Fort Cochin

L’état du Kerala est souvent perçu comme une exception en Inde. Avec raison. Nous sommes ici très loin de l’agitation de Dehli ou de la fièvre et des excès « Bollywood » de Mumbai.

La grande majorité de la population de la région vit de la pêche et de l’agriculture.

Dès 1957, les habitants au Kerala ont été parmi les premiers à élire, démocratiquement, un gouvernement communiste. Aujourd’hui encore, le gouvernement de l’état est dirigé par une coalition d’allégeance marxiste.

Le taux de scolarisation, l’alphabétisation, l’espérance de vie sont ici beaucoup plus élevés qu’ailleurs au pays.

La rue principale de mon quartier. On aperçoit, à gauche, deux silouhettes dans un des nombreux cabinets de lecture de la ville. N'Importe qui peut, à n'importe quel moment, venir lire, à sa guise, les journaux du jour, fournis gratuitement, chaque matin, par la municipalité... Ci-dessous, un autre cabinet de lecture situé dans la vieille ville.

La rue principale de mon quartier. On aperçoit, à gauche, deux silhouettes dans un des très nombreux cabinets de lecture de la ville. N’importe qui peut, à n’importe quel moment, venir lire, à sa guise, les journaux du jour, fournis gratuitement, chaque matin, par la municipalité… Ci-dessous, un autre cabinet de lecture situé dans la vieille ville.

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Un élément qui frappe en arrivant à Fort Cochin, c’est la coexistence pacifique qui semble régner entre les différentes communautés religieuses. Bien que la majorité de la population au Kerala (comme dans le reste du pays) soit de confession hindoue, l’état compte 25% de musulmans et près de 20% de chrétiens, dix fois plus que la moyenne nationale.

La religion catholique a de profondes racines au Kerala, les premiers explorateurs portugais sont arrivés ici au début du 16è siècle, suivis par les Jésuites…

La religion catholique a de profondes racines au Kerala. Les premiers explorateurs portugais sont arrivés ici au début du 16 siècle, suivis par les jésuites. Ci-dessus la Cathédrale Saint-François, la première église catholique construite en Inde. Vasco de Gama y fut inhumé pendant plusieurs années avant que ces cendres soient rapatriées au Portugal

L’église Saint-François de Fort Cochin, la première église catholique construite en Inde, en 1503. Vasco de Gama, mort à Fort Cochin en 1524 (lors de son 3è voyage en Inde) y fut inhumé pendant plusieurs années avant que ces cendres soient rapatriées au Portugal

Il y a dans mon quartier deux mosquées, deux églises catholiques et de nombreux temples hindous.

Aucune animosité apparente entre ces communautés. Tout le monde va et vient, se salue. C’est remarquable. Je suis très heureux de débuter mon voyage en Inde ici!

Fort Cochin, dimanche 4 décembre

Fort Cochin, dimanche 4 décembre

Autre surprise en me promenant dans les rues, la plupart des gens ne parlent pas l’anglais, ni même le Hindi, les deux langues officielles de l’Inde. Ils parlent plutôt le Malayalam, la langue principale du Kerala, l’une des 800 langues parlées au pays!

La presse locale, en Malayalam.

La presse locale, en Malayalam.

Curieusement, dimanche matin, devant l’église, je me fais accoster, en français, par un des marchands qui a reconnu mon accent, alors que je posais une question.

Originaire du Tamil Nadu, l’état voisin du Kerala, à l’est, le marchand, la quarantaine, m’explique dans un français très correct avoir grandi à Pondichéry, l’ancien comptoir commercial français où la langue est encore parlée aujourd’hui…

(Moi qui rêvais, en planifiant ce voyage, d’aller faire un tour à Pondichéry… mais la ville est à plus de 14 heures de train de Cochin…)

Dans les rues de Fort Cochin... Un écho de Pondichéry?

Rickshaws dans les rues de Fort Cochin…

Fort Cochin, lundi 5 décembre

J’ai aussi découvert depuis cinq jours la merveilleuse cuisine du Kerala dont on m’avait tant parlé avant le départ.

On mange très peu de viande ici, la population préférant le poisson, abondant, et un régime à base de légumes. La noix de coco est un élément essentiel dans la plupart des plats cuisinés.

Ragoût de légumes

Ragoût de légumes

Le riz aux grains très épais, typique de la cuisine locale.

Le riz aux grains très épais, typique de la cuisine locale.

Poulet au curry. Délicieux!

Poulet au curry. Délicieux!

               LA SURPRISE DU 8 NOVEMBRE…

Le billet de 1000 roupies, en haut (environ $20) et celui de 500 roupies ont été sans préavis démonétisés début novembre.

Le billet de 1000 roupies, en haut (environ $20) et celui de 500 roupies ont été sans préavis démonétisés début novembre.

Je ne peux pas terminer sans parler du véritable coup de théâtre qu’a connu l’Inde, le mardi 8 novembre, il y a à peine un mois.

Dans la soirée, le premier ministre du pays, Narenda Modi (centre-droit), a annoncé à la télévision, sans aucun préavis, que les billets de 1000 et 500 roupies seraient, dès le lendemain matin, « démonétisés« , c’est-à-dire inutilisables pour acheter quoi que ce soit.

L’objectif étant de freiner la corruption qui sévit en Inde, un pays où la plupart des transactions se font en argent liquide. Un nouveau billet de 2000 roupies serait, a-t-il promis, très vite mis en circulation. Les citoyens étaient encouragés à échanger leurs vieux billets de 1000 et 500 roupies dans leurs banques à condition qu’ils puissent prouver l’origine de leur argent, produire des reçus, etc…

Il y a eu un mouvement de panique dans tout le pays, les coupures de 1000 et 500 roupies représentant plus de 80% des transactions financières. Les Indiens se sont rués dans les banques. La plupart des succursales n’avaient bien sûr pas encore reçus de nouveaux billets. Les distributeurs étaient vides et devaient tous être reprogrammées afin d’accepter les nouvelles coupures de 2000 roupies. On imagine la panique.

Tout cela avait été tenu dans le plus grand secret.

Depuis ce coup de théâtre, c’est la galère pour un peu tout le monde, sauf pour les citoyens les plus démunis qui n’ont presque jamais en mains de hautes coupures… Les citoyens indiens ne peuvent aujourd’hui retirer qu’une toute petite somme en liquide chaque jour (environ 2000 roupies).

Les touristes, eux, sont un peu mieux lotis, et peuvent échanger pendant quelques jours encore les billets bannis mais le taux d’échange frôle l’usure. L’Inde reste malgré tout une destination très abordable.

Fort Cochin

Deux facettes de Fort Cochin, ci-dessus, une rue calme et typique de la vieille ville, et ci-dessous, une partie de la plage municipale, très achalandée le dimanche…

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Je suis très heureux d’avoir découvert Fort Cochin, et d’avoir fait ici mes premiers pas en Inde.

Je quitte demain la côte comme prévu pour Munnar, une petite ville, nichée en altitude, qui est depuis un siècle une des plaques tournantes de la culture et du commerce du thé.

Retour ensuite sur la côte à Alleppey (Alappuzha) puis à Kollam, et enfin à Varkala avant de partir le 23 décembre pour le Sri Lanka.

Mes cinq étapes au Kerala: Fort Cochin (Cochin), Munnar, Alleppey, Kollam et Varkala. Je prendrai l’avion pour le Sri Lanka à partir de Thiruvananthapuram, la capitale de l’état du Kerala, située tout au sud.

Bon début de mois de décembre à tous!