Inde & Népal

Quelques mots simplement afin de confirmer mon départ dans une dizaine de jours pour l’Inde et le Népal et partager, comme d’habitude, mon itinéraire pour les deux prochains mois.

Après mon séjour au Kerala il y a deux ans, et ma merveilleuse lune de miel dans le sud du pays, j’ai bien hâte de retrouver l’Inde. Et je pars cette fois avec les yeux grands ouverts! Bien décidé à observer d’un peu plus près les traditions et les défis de ce pays immense et déroutant.

En préparant ce nouveau voyage, je me suis tourné un moment, lors de mes recherches, vers le cinéma. Une importante industrie cinématographique, on le sait, existe en Inde, présente notamment dans la région de Mumbai. Plus de 1600 films sont produits dans le pays chaque année.

Pourquoi le cinéma?

Je voulais, avant le départ, rafraîchir un peu mes souvenirs et vivre, virtuellement, une nouvelle immersion. Par le biais du grand écran, par les personnages, les dialogues, je voulais revoir et essayer de mieux comprendre le pays. Ses enjeux, ses ressorts, ses épreuves. Je voulais mieux décrypter les usages, le contexte.

Avant de replonger dans quelques jours, à Delhi, puis à Varanasi, dans le tumulte et le vacarme de la rue indienne.

Au cours des dernières semaines, j’ai donc vu ou revu avec Diana plusieurs films qui loin des paillettes et des chansons de Bollywood témoignent des dures réalités de la vie quotidienne en Inde aujourd’hui.

Par ordre de sortie sur les écrans, en voilà trois.

« The Lunch Box »

« The Lunch Box » (2013) du réalisateur Ritesh Batra. Tourné à Mumbai (Bombay), le film décrit la relation fortuite entre un homme, proche de la retraite, veuf, et une femme mariée, que presque tout oppose: l’âge, les intérêts, les projets, le parcours professionnel. Et pourtant, entre les deux personnages, va se nouer un lien fort et inattendu. Critique acerbe du monde du travail en Inde. Et fable contemporaine sur la grande solitude qui règne dans les mégapoles et, parfois, au sein des couples. Voir la bande-annonce ici.

 

 

 

« The Trap » (le piège)

« The Trap » (2015) réalisé par Jayaraj Nair. Tourné dans un décor splendide au Kerala. L’histoire poignante d’un vieil homme, éleveur de canards, et d’un jeune garçon devenu orphelin. Une amitié simple et profonde naît entre eux. Un jour, l’enfant disparaît, enlevé et vendu pour une centaine de roupies à une boutique de Mumbai qui fabrique des feux d’artifices. Un documentaire accablant sur le travail forcé des enfants. Un film exceptionnel. Bande-annonce ici

 

« Sir

« Sir » (2018) de la réalisatrice Rohena Gera. Le film a été présenté, en mai, au Festival de Cannes. Dans un grand appartement bourgeois de Mumbai, Rohena Gera aborde le délicat problème des relations amoureuses entre individus issus de castes différentes. Un architecte, écrivain à ses heures, peut-il enfreindre les tabous de sa classe et tomber amoureux d’une servante? Bande-annonce ici

Voilà donc quelques-unes des réalités, des pratiques, des conventions que je me promets, en Inde, et aussi au Népal, d’observer.

Il y en a bien d’autres.

Un des livres que j’emporterai dans mes bagages…

Dans chacun de ces deux pays, qui partagent une longue frontière commune, je prendrai tout mon temps. (C’est l’un des privilèges de la retraite). Je passerai quatre semaines en Inde, et quatre semaines au Népal.

Ma feuille de route, entre la mi-novembre et la mi-janvier 2019, est la suivante:

En Inde, haltes prévues, au nord, à New Delhi, puis dans la ville sacrée de Varanasi (anciennement Bénarès), située au bord du Gange dans l’état de l’Uttar Pradesh. De Varanasi, je prendrai, le 19 novembre, le train puis le bus jusqu’à la frontière népalaise.

Retour en Inde, le 18 décembre, dans le grand sud du pays cette fois – dans l’état du Tamil Nadu où je m’arrêterai d’abord à Chennai (jadis, Madras) et ensuite à Pondichéry, l’ancien comptoir commercial situé dans ce qu’on appelait autrefois « l‘Inde française ».

Mes quatre étapes en Inde: New Delhi, puis Varanasi, dans l’état de l’Uttar Pradesh. Après le Népal, je prendrai l’avion de Katmandou jusqu’à Chennai, dans l’état du Tamil Nadu, puis le train vers Pondichéry.

Début janvier, de Chennai, retour en train vers New Delhi à bord du légendaire « Rajdhani Express ».

Ce train, très particulier, qui a la priorité de passage sur tout le réseau ferroviaire indien, quitte la gare de Chennai Central à six heures du matin et arrive à New Delhi le lendemain autour de dix heures.

Un parcours de 2175 kilomètres.

Temps du trajet? Environ vingt-huit heures.

Le bonheur absolu.

Je réaliserai ainsi un vieux rêve. Parcourir en train, dans un wagon confortable (je reviendrai plus tard sur ce choix), une grande partie du sous-continent indien… En dégustant en route quelques plats de la cuisine du pays… Comme ceux, ci-dessous, préparés récemment par l’artiste en résidence de la maison…

Galettes de dahl (lentilles) accompagnées de riz basmati, d’une salade de choux rouge et d’une soupe aux légumes assaisonnés au curry…

L’ancien royaume du Népal est aujourd’hui une république. Le pays compte environ 29 millions d’habitants. Mes étapes principales sont, ci-dessus, soulignées en rouge: Lumbini (près de Bhairawa à la frontière indienne), puis Tansen et Pokhara avant de rejoindre Katmandou et le quartier de Patan. À partir de Patan, excursion prévue à Bhaktapur et randonnées dans la vallée de Katmandou

Pour le Népal, ce sera également la grande aventure. Plusieurs randonnées et « treks » sont au programme, mais je préfère, pour l’instant, ne pas trop m’avancer. Ce sera mon premier voyage là-bas.  

Deux ou trois grandes questions guideront mes pas:

  • Comment le pays se remet-il du tremblement de terre d’avril 2015 qui a causé la mort de plus de 8500 personnes?
  • De quelle façon gère t-on là-bas l’environnement et le tourisme de façon responsable et équitable? Huit des dix plus hauts sommets du monde sont situés au Népal et le pays a accueilli l’an dernier plus de 900 000 visiteurs.

Après une longue période d’instabilité (1990-2008), le Népal a officiellement aboli la monarchie en 2008 et le pays est aujourd’hui une république, dirigé par une femme, la très honorable Bidhya Devi Bhandari.

Bidya Devi Bhandari est la présidente de la république du Népal depuis 2015. C’est la première femme à occuper ce poste. Elle a été réélue à un second mandat en mars 2018

  • Après plus de deux siècles de régime monarchique, comment la population vit-elle ces profonds changements? 
  • Qu’en est-il de l’ancienne composante maoïste au sein du gouvernement?

Au Népal aussi, je prendrai tout mon temps…

À partir du 19 novembre, je m’arrêterai d’abord à Lumbini, lieu de naissance de Bouddha. La petite ville, située à quelques kilomètres de la frontière indienne, est devenue, au fil des ans, un important centre de pèlerinage.   

Après Lumbini, je passerai quelques jours dans le village de montagne de Tansen avant de rejoindre, le 27 novembre, Pokhara, la deuxième ville du pays et porte d’entrée vers le massif de l’Annapurna.

Longues randonnées prévues dans la région de Pokhara – dont un « trek«  de cinq jours et de quatre nuits, avec un guide, le long des sentiers de l’Annapurna.

En compagnie de mon ami et partenaire de squash Stephen, à U.B.C, le 23 octobre 2018

 

 

Je devrais également retrouver à Pokhara mes amis de Vancouver, Stephen et Annie!  

 

 

 

Après Pokhara, je rejoindrai le 9 décembre, en bus, Katmandou et le quartier de Patan, situé au sud de la capitale, près de la mythique vallée de Katmandou. J’ai prévu réaliser, dans le sud de la vallée de Katmandou, une dernière longue randonnée de trois jours et deux nuits avec trois étapes prévues dans les villages de Balthali, Namo Buddha et Dhulikhel avant de regagner, le 16 décembre, Patan. 

Départ de Katmandou enfin, le 18 décembre, pour Chennai.

Voilà pour la planification. Inch’ Allah.

Il ne reste plus qu’à toucher du bois, et sortir les gris-gris…

 

Lectures d’automne

Le Royaume (2014), d‘Emmanuel Carrère. Un récit passionnant qui éclaire et questionne la genèse et les premières années du christianisme. Du lac de Tibériade, aux voyages de Saint Paul, aux quartiers populaires de Rome sous Néron, Emmanuel Carrère met en scène les principales figures qui portent, défendent ou combattent au 1er siècle le christianisme naissant. Nombreuses références aux Évangiles et aux textes de deux historiens de l’époque, Tacite et Suétone. Le récit est aussi parsemé de longues notes autobiographiques.

À lire également, du même auteur, dans un tout autre registre, Limonov (2011).

 

Lire (Flammarion, 2018), de Bernard et Cécile Pivot Bernard Pivot et sa fille Cécile partagent leur amour de la lecture (et de l’écriture) dans une érudite et savoureuse petite encyclopédie que tout le monde devrait avoir dans sa bibliothèque. Souvenirs, conseils, coups de cœur et habitudes de lectures sont répertoriés avec esprit et humour dans de courts chapitres où la voix du père et celle de la fille divergent parfois, se complètent souvent. Un livre précieux à offrir à tous ceux et celles, grands et petits, qui aiment lire. Merci à H… de l’Alliance Française pour la recommandation.

Bonne fin d’automne à tous!

Navires ancrés dans la baie de Vancouver, à « Spanish Banks » et, ci-dessous, au large de la ville. Octobre 2018

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Entre Alleppey, Kollam et Varkala…

Beaucoup de chemin parcouru en bus, en bateau, en train, depuis mon départ de Munnar le 12 décembre…

En bateau, entre Alleppey et Kollam, le samedi 17 décembre. Les pirogues transportent de la fibre de noix de coco, une des principales ressources du Kerala. Matériel grâce auquel on fabrique de la corde, des brosses, des tapis...

En bateau, entre Alleppey et Kollam, le samedi 17 décembre. Les pirogues transportent de la fibre de noix de coco, une des principales ressources du Kerala. Matériel grâce auquel on fabrique de la corde, des brosses, des tapis…

Varkala, Kappil beach, mercredi 21 décembre

Malgré la pauvreté, les inégalités, mon histoire d’amour avec le sud de l’Inde se poursuit.

Je suis devenu en quelques jours profondément attaché à cette partie d’un pays, immense, que je découvre avec émerveillement. Attaché à une culture qui surprend, étonne, déroute parfois, et que j’essaie de mieux comprendre.

Attaché à un état d’esprit très particulier qui semble régner ici, à une attitude, à une conduite, empreinte de patience, d’humilité, d’honnêteté aussi.

(Deux fois déjà, à Munnar puis à Alleppey, les chauffeurs de rickshaws m’ont rendu, après une courte course, une poignée de monnaie, en me disant : «25 rupees? I can manage with 20 rupees, Sir! »)

Partout, la gentillesse et le sourire timide des gens éclairent mes journées.

Varkala, Kappil beach

Varkala, Kappil beach

Munroe Island, à une heure de route au nord de Kollam, lundi 19 décembre.

Munroe Island, à une heure de route au nord de Kollam, lundi 19 décembre.

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Je regrette déjà de devoir quitter, dès demain, le sud de l’Inde… Il semble que je viens à peine d’arriver!…

Voici donc avant de partir, en images et en mots, un résumé des aventures de ces dix derniers jours… J’ai réalisé ici un de mes plus beaux voyages.

Plat traditionnel du sud de l'Inde, le "thali", du riz accompagné de divers condiments et légumes, servi sur une feuille de banane.... Déjeuner au large d'Alleppey, vendredi 16 décembre.

Plat traditionnel du sud de l’Inde, le « thali », du riz accompagné de divers condiments et légumes, servi ici sur une feuille de bananier. Déjeuner offert dans un village près d’Alleppey, vendredi 16 décembre. À noter: il n’y a pas d’ustensiles, on mange avec la main…

Mes cinq haltes au Kerala (carte Guide du Routard): Cochin (Fort-Cochin), Munnar, Alleppey, Kollam et Varkala. Ensuite, de Trivandrum (la capitale de l’état du Kerala), j’ai pris le 23 décembre l’avion pour Colombo, au Sri Lanka.

Je m’étais fixé en quittant Munnar un objectif bien précis. Retrouver la côte et descendre, plein sud, en direction de Varkala. En essayant d’emprunter dans la mesure du possible les canaux et les voies fluviales – les fameuses « backwaters » – qui ont fait la renommée du Kerala.

Promenade dans les canaux au large d'Alleppey, vendredi 16 décembre

Promenade dans les canaux au large d’Alleppey, vendredi 16 décembre

Pari réussi. En dix jours, j’ai eu la chance d’effectuer, au fil de l’eau, quatre très belles excursions entre Alleppey et Varkala, au cœur d’une région sauvage et splendide.

Marchand de poison dans les canaux de Munroe Island, lundi 19 décembre...

Marchand de poisson dans les canaux de Munroe Island, lundi 19 décembre…

Plantation de riz, près de Kottayam, mercredi 14 décembre.

Plantation de riz, près de Kottayam, mercredi 14 décembre.

Je me suis d’abord arrêté quelques jours à Alleppey – rebaptisée Alappuzha en 1991, mais que tout le monde ou presque continue d’appeler Alleppey.

Envoûtante, déconcertante, ville aux mille visages, Alleppey compte environ 80 000 habitants répartis dans des quartiers bien distincts.

Quartier situé près de la plage, à Alleppey, jeudi 15 décembre. Les marchands viennent tôt le matin vendre leurs produits aux habitants.

Alleppey, jeudi 15 décembre. Un des quartiers situés près de la plage. Les marchands viennent, tôt le matin, vendre leurs produits aux habitants.

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À mesure que l’on progresse vers le centre-ville cependant, la cité revêt un visage différent…

Alleppey, c’est « la petite Venise de l’inde du sud »

Des demeures élégantes, de jolis canaux (certains désaffectés) témoignent du passé colonial de la ville qui était autrefois (comme Fort-Cochin) un relais important dans le commerce des épices.

Un des nombreux canaux d'Alleppey et, ci-dessous, une des principales rues du centre-ville...

Un des nombreux canaux d’Alleppey et, ci-dessous, une des principales rues du centre-ville…

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Il règne ici un peu la même atmosphère que dans les petites villes du delta du Mékong, une chaleur torride, humide, moite, trente-deux degrés pendant la journée et, entre décembre et février, rarement une goutte de pluie…

Le quai principal, à Alleppey

Le quai principal, à Alleppey

Alleppey est aussi la ville principale de la région du lac Vembanad.

Tous les matins un traversier quitte l’agglomération et relie les villages éparpillés autour du lac. Le traversier va jusqu’à Kottayam, l’autre bourgade importante du secteur, située à 20 kilomètres d’Alleppey, sur la rive est du lac Vembanad. (Voir la carte plus haut)

Mercredi matin, je suis monté à bord…

Près d'Alleppey, une des voies fluviales qui sont au cœur du réseau de transport au sud du Kerala

Près d’Alleppey, les voies fluviales sont au cœur du réseau de transport du sud du Kerala. Les grands navires sont des « houseboats », véritables palaces flottants qui peuvent accueillir des dizaines de personnes pour un mariage, une réunion de famille ou une simple excursion entre amis.

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La rumeur de la ville s’estompe rapidement… La promenade est fantastique!

Entre Alleppey et Kottayam...

Entre Alleppey et Kottayam…

De chaque côté du lac, on peut observer la vie quotidienne des villages qui vivent exclusivement de la pêche et de l’agriculture.

C’est le Kerala traditionnel et authentique.

Entre Alleppey et Kottayam, mercredi 14 décembre

Confidences échangées sur les rives du lac Vembanad, entre Alleppey et Kottayam, mercredi 14 décembre

À mesure que l’on s’éloigne d’Alleppey, le nombre de passagers sur le traversier augmente. Le bateau est un vrai trait d’union entre les communautés…

Elèves attendant au quai le bateau pour l'école...

Elèves attendant au quai le bateau pour l’école…

C’est aussi le moyen de transport qu’empruntent, tous les matins, des dizaines d’enfants afin d’aller à l’école.

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Amal, au premier plan, 16 ans, étudie entre 10 heures et 16 heures, en Malayalam, en Hindi et en Anglais, dans une école près de Kottayam. Pour aller et revenir de son école, il passe chaque jour deux heures sur le traversier…

Ci-dessous, entre Alleppey et Kottayam...

Ci-dessous, entre Alleppey et Kottayam…

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Combien de temps encore ces villages, certains très isolés, vivront-ils, simplement, de façon traditionnelle?

Comme partout en Inde, les choses évoluent ici très rapidement. Depuis une quinzaine d’années, une grande partie de la population rurale du Kerala quitte les villages.

Les jeunes partent par centaines gagner leur vie comme main-d’oeuvre dans les pays du Golfe. Les chantiers de construction à Dubaï, à Oman, débordent de travailleurs exilés, originaires du Kerala…

Après quelques années passées à l’étranger, beaucoup reviennent, et s’installent dans les villes…

Que deviendront ces villages dans trente ans?

Voyage en traversier entre Alleppey et Kollam, samedi 17 janvier

Voyage en traversier entre Alleppey et Kollam…

Huit heures de bateau sur les voies fluviales, le samedi 17 décembre, entre Alleppey et Kollam, une distance d’environ 85 kilomètres.

C’est la croisière classique, presque incontournable, des voyageurs en visite dans le sud du Kerala.

Le traversier avance lentement, souvent au milieu des algues ou d’une flore lacustre abondante. Le paysage change constamment…. et réserve bien des surprises!

À mi-chemin entre Alleppey et Kollam...

Entre Alleppey et Kollam, samedi 17 décembre. En route, sur les rives, des sourires… et, un peu plus loin, quelques regards interrogateurs…

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Pêcheurs s'apprêtant à prendre la mer, près de Kollam...

Pêcheurs s’apprêtant à prendre la mer, près de Kollam…

Nous arrivons à destination à la tombée de la nuit…. Je gagne vite mon hôtel en rickshaw.

Grosse surprise, le lendemain, en déambulant dans les rues de Kollam. À part le personnel de l’hôtel, presque personne ici ne parle l’anglais. Visage perplexe des passants lorsque je demande mon chemin…. On parle ici presqu’exclusivement le Malayalam.

Vendeur de billets de loterie, Kollam, dimanche 18 décembre,

Vendeur de billets de loterie, Kollam, tôt, dimanche matin, 18 décembre

Je ne fais que passer à Kollam…

Je suis ici afin d’explorer en pirogue les canaux de Munroe Island, une petite île située à une heure de route, au nord de la ville. Je n’ai pas été décu.

Pêcheurs de Munroe Island, lundi 19 décembre.

Pêcheurs à Munroe Island, lundi 19 décembre

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Cependant, les pêcheurs et leurs familles vivent ici dans des conditions de vie très précaires. Les habitations disposent de l’électricité et ont l’eau courante, mais il fait à l’intérieur de l’île une chaleur étouffante, suffocante…

Afin d’augmenter leurs maigres revenus, les habitants, en plus de la pêche, produisent du vin de palme. Les femmes fabriquent également, à partir de la fibre de noix de coco, des brosses, de la ficelle, des tapis épais.

Existence très pénible. On gagne ici à peine quelques roupies par jour…

La plage municipale de Varkala...

La plage municipale de Varkala…

Dernière étape de mon périple dans le sud de l’Inde, Varkala!

Varkala, mercredi 21 décembre

Varkala, mercredi 21 décembre

Surtout connue pour ses plages magnifiques, Varkala est probablement l’une des villes les plus libérales du Kerala. Les touristes du monde entier viennent se baigner ici dans l’océan en maillot deux pièces ou en bikini sans trop faire sourciller les habitants.

Curieusement, Varkala est aussi pour la communauté hindoue un lieu de pèlerinage important. La ville abrite un temple imposant situé à deux pas de la plage principale. Des milliers d’Indiens viennent se recueillir ici. Bronzage et spiritualité font à Varkala bon ménage…

En plus des plages (la plupart complètement désertes en haute saison), un des atouts majeurs de Varkala est la magnifique promenade longue de sept kilomètres qui longe la côte…

Un véritable régal pour ceux qui (comme moi) aiment marcher tôt le matin. J’ai avalé mercredi les quatorze kilomètres (a-r) en un peu plus de trois heures, sous un soleil de plomb, au retour.

Long bain de mer, bien mérité, avant de regagner la maison d’hôtes. L’hiver en Amérique du nord semble bien loin!…

Promenade côtière, Varkala, jeudi 21 décembre

Promenade côtière, Varkala, mercredi 21 décembre et, ci-dessous, pêcheurs, à mi-chemin…

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Mon voyage dans le sud de l’Inde se termine donc déjà. Je prends demain l’avion pour Colombo et le Sri Lanka…

À une exception près (longue histoire), je n’ai eu pendant trois semaines au Kerala que des expériences positives.

Partout, j’ai reçu un accueil chaleureux. Je planifie déjà un nouveau voyage dans une autre région de l’Inde, avec, cette fois, une longue halte au Népal

Quelles aventures m’attendent au Sri Lanka? J’ai bien hâte de continuer mes explorations pendant les vingt-sept prochains jours!…

Varkala au crépuscule, mardi 20 décembre

Varkala au crépuscule, mardi 20 décembre

À Diana (à Calgary), à mes frères (l’un à Londres, l’autre en route pour Lisbonne), à ma sœur (en Andalousie), à tous mes neveux et nièces, aux conjoints, au magnifique bébé arrivé cette année dans la famille, aux amis à Vancouver et autour du monde: 

JOYEUX NOËL ET BONNE ANNÉE 2017!

Alleppey, jeudi 15 décembre 2016

Plage d’Alleppey, jeudi 15 décembre 2016

Munnar

Le début dune journée de récolte dans une plantation de thé au-dessus de Munnar, 8h30, vendredi matin, 9 décembre

Le début dune journée de travail dans une plantation de thé au-dessus de Munnar, 8h30, vendredi matin, 9 décembre

Depuis plus d’un siècle, la petite ville de Munnar, dans l’état du Kerala, est un des principaux centres de production de thé en Inde.

Tous les matins, à partir de huit heures, des centaines d’hommes et de femmes gagnent, à plus de 1600 mètres d’altitude, les champs de thé.

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La plupart d’entre eux sont originaires de l’état du Tamil Nadu, l’état voisin du Kerala.

Femmes pesant leur récolte de thé dans une plantation de Munnar, vendredi 9 décembre.

Vendredi matin, j’ai voulu aller voir de plus près comment fonctionne cette industrie qui emploie en Inde des milliers de travailleurs.

L’inde est, après la Chine, le second producteur de thé au monde, et plus de 70% de sa production est consommée à l’intérieur du pays…

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J’ai eu beaucoup de chance.

Mon hôtel avait, vendredi, un guide disponible (obligatoire pour visiter les plantations) – et trois autres voyageurs indépendants, venus de France et de Belgique, avaient eux aussi, ce matin-là, le même objectif: voir et comprendre les rouages d’une plantation de thé, et réaliser en même temps, dans un décor de rêve, une grande et belle randonnée…

Samy, 47 ans, guide exceptionnel, né dans la région de Munnar, père de deux enfants et, comme une grande partie de la population, membre du parti communiste de l'état du Kerala.

Samy, 47 ans, guide exceptionnel, né dans la région de Munnar, père de deux enfants et, comme une grande partie de la population ici, membre du parti communiste de l’état du Kerala.

Nous sommes donc partis ensemble, autour de sept heures, accompagnés de notre guide, Samy, pour une excursion inoubliable de 16 kilomètres dans les montagnes au-dessus de Munnar…

Au-dessus de Munnar, vendredi matin...

Munnar, sous la brume, tôt vendredi matin…

Très vite, le chemin grimpe vers les plantations…

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Les champs de thé de la région de Munnar appartiennent en grande partie à l’immense consortium Tata dirigé par l’homme d’affaires et industriel Ratan Naval Tata, 79 ans, qui possède en Inde et à l’étranger des intérêts considérables (dans l’acier, les produits chimiques, la construction automobile) et une fortune colossale…

Vers huit heures, sous un grand ciel bleu, nous atteignons les premières plantations…

Au-dessus de Munnar, 9 décembre...

Au-dessus de Munnar, 9 décembre…

Les hommes et les femmes qui travaillent ici semblent, pour la plupart, heureux de leur sort. Ils nous sourient, nous saluent.

Ils sont cependant soumis à de nombreuses obligations, et à un règlement très strict.

  • Les travailleurs sont logés gratuitement, à proximité des champs, dans un bâtiment appartenant au consortium.
  • Ils bénéficient d’une scolarité gratuite pour leurs enfants. Les frais reliés aux soins de santé de la famille sont pris en charge.
  • Les employés ont également le droit de posséder quelques actions de la compagnie.
  • Chaque travailleur reçoit, comme salaire de base, 300 roupies (environ $6 ou 4.20 euros) par jour.
  • En contrepartie, ils doivent récolter chacun, au minimum, 27 kilos de feuilles thé par jour, six jours par semaine.
  • La grande majorité des employés en recueille beaucoup plus. Chaque kilo de thé supplémentaire récolté est payé 1 roupie…
Seuls les hommes sont habilités à couper les tiges de thé à l'aide d'un sécateur électrique. Les femmes sont obligées de faire le même travail à la main...

Seuls les hommes sont habilités à couper les tiges de thé à l’aide d’un sécateur électrique. Les femmes sont obligées de faire le même travail à la main…

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Les hommes, nous explique Samy, notre guide, sont autorisés à travailler quatre heures par jour, les femmes, elles, sont astreintes à une journée de huit heures.

Comment expliquer une telle injustice?

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« Par la culture locale« , nous répond-on. C’est ainsi. L’horaire de travail restreint des hommes leur permet aussi, selon la tradition, « de prendre soin chaque jour de leur potager« .

Chacun se fera son opinion…

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En fait, depuis mon arrivée en Inde il y a maintenant dix jours, il est de plus en plus difficile d’ignorer les multiples facettes de la séparation qui existe entre les hommes et les femmes dans l’espace public.

Dans les gares et les centres routiers, les femmes disposent d’une salle d’attente qui leur est réservée.

Dans les bus municipaux, les sièges à l’avant sont exclusivement réservés aux femmes, les hommes s’assoient, eux, à l’arrière.

Même dans les églises les sexes sont séparés, les femmes s’assoient dans les rangées à gauche, les hommes, à droite…

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1700 mètres d’altitude, au-dessus des plantations de thé…

Nous poursuivons notre route vendredi matin…. toujours plus haut. Le paysage est magnifique!

Vers neuf heures, nous nous arrêtons enfin – afin de déguster, à plus de 1800 mètres d’altitude, un merveilleux petit déjeuner préparé par Samy et sa famille.

Au menu: du thé au gingembre, des biscuits, des fruits, des œufs dur, des chapatis… Un vrai festin. Nous sommes comblés!

De gauche à droite...

Mes compagnons de route pour la journée, de gauche à droite: Sonia, des Vosges, Mikaël, de Lyon, et Laura, de Bruxelles. Quelle belle randonnée! Merci à tous les trois!

Après une courte halte, nous repartons…

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La journée nous réserve encore bien d’autres surprises…

Notre guide Samy a soigneusement coordonné l’itinéraire de notre descente vers Munnar pour qu’il coïncide avec le cérémonial quotidien de la pesée des sacs de thé qui a lieu au milieu de la journée…

La pesée...

Femmes rassemblées à la mi-journée afin de se livrer à l’exercice crucial de la pesée de leur récolte…

Il règne autour du camion et du tracteur une ambiance fébrile…

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Chacun rassemble ses sacs de thé avant la pesée…

Chacun, à tour de rôle, apporte son sac de thé qui est méticuleusement pesé… Les travailleurs reçoivent ensuite un justificatif…

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… pendant que d’autres employés arrivent des champs…

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Il faut ensuite hisser les sacs (certains pèsent près de 50 kilos)…..

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…jusqu’au camion qui transportera la marchandise à l’usine où les feuilles et les tiges de thé seront broyées, puis séchées…

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À partir de la récolte, plusieurs différents types de thé seront commercialisés.

Le thé blanc (le plus cher) produit à partir de la première (la plus haute) feuille de la tige. Ensuite le thé vert, fruit de la deuxième feuille de la tige. Le thé noir (black tea) puis le thé amer (bitter tea) seront eux fabriqués à partir des feuilles les moins nobles (les plus basses) de la plante….

Notre incroyable randonnée se termine…

Les montagnes de la région de Munnar sont de véritables jardins botaniques!

En plus du thé, la terre produit ici du poivre, de la cannelle, du café, des ananas, de la citronnelle, des fraises, de la coriandre, du miel, des figues, et bien d’autres gourmandises…

Ce n’est pas étonnant qu’on surnomme l’état du Kerala « God’s country« , le pays de Dieu…

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Après cinq jours à Munnar, et plusieurs autres courtes randonnées, je reprends demain comme prévu la route pour Alleppey (Alappuzha), située sur la côte, à une soixantaine de kilomètres au sud de Cochin….

Bonne semaine à tous!!

Plat de pommes de terre au curry masala accompagné de chapati et d'une salade de tomates et oignons...

Pommes de terre au curry masala accompagnées de chapati et d’une salade de tomates et oignons… Ci-dessous, un plat de choux-fleurs (très) épicé et du riz frit aux légumes. C’est un véritable privilège de découvrir et goûter tous les  jours la cuisine du sud de l’Inde…

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Fort Cochin

Après la triste campagne électorale et le résultat inattendu des élections américaines, après l’annonce du décès de Leonard Cohen, puis celui du Comandante Castro, après la pluie et le temps gris de novembre à Vancouver, quel contraste, et quel plaisir, de se retrouver, après dix-huit heures de vol, au bout du monde, à la pointe sud de l’Inde, dans l’état du Kerala!

Fort Cochin, samedi matin, 3 décembre

Fort Cochin, samedi matin, 3 décembre

C’est la fin de la saison des pluies ici, et le thermomètre oscille entre vingt-neuf et trente-deux degrés.

Promenade du bord de mer, Fort Cochin, dimanche 4 décembre

Promenade du bord de mer, Fort Cochin, dimanche 4 décembre

Je suis installé depuis vendredi matin sur la péninsule de Fort Cochin, une ancienne enclave portugaise (comme Goa, située plus au nord) autour de laquelle s’est développée la grande agglomération de Cochin, à l’est de la péninsule.

Fort Cochin, colonisée par les Portugais, puis par les Hollandais, a longtemps été un important comptoir lié au commerce des épices.

Vestiges du passé turbulent de Fort Cochin. Anciens bâtiments coloniaux reconvertis en hôtel et, ci-dessous, en bureaux.

Vestiges du passé turbulent de Fort Cochin. Anciens bâtiments coloniaux reconvertis en hôtel et, ci-dessous, en édifice à bureaux.

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Pour ce premier voyage en Inde, j’ai décidé d’éviter les grandes métropoles, et je suis heureux de passer ces premiers jours au calme, en me promenant dans la vieille ville, afin de m’acclimater au pays, au climat (chaud et humide), au décalage horaire, et à l’accueil souriant de tous ceux et celles rencontrés jusqu’à présent.

Sheeba dirige avec son mari, Ashley, l’excellente guesthouse « Greenwoods Bethlehem » située dans un quartier calme, au sud du centre-ville de Fort Cochin.

Greenwoods Bethlehem Guesthouse Fort Cochin

L’état du Kerala est souvent perçu comme une exception en Inde. Avec raison. Nous sommes ici très loin de l’agitation de Dehli ou de la fièvre et des excès « Bollywood » de Mumbai.

La grande majorité de la population de la région vit de la pêche et de l’agriculture.

Dès 1957, les habitants au Kerala ont été parmi les premiers à élire, démocratiquement, un gouvernement communiste. Aujourd’hui encore, le gouvernement de l’état est dirigé par une coalition d’allégeance marxiste.

Le taux de scolarisation, l’alphabétisation, l’espérance de vie sont ici beaucoup plus élevés qu’ailleurs au pays.

La rue principale de mon quartier. On aperçoit, à gauche, deux silouhettes dans un des nombreux cabinets de lecture de la ville. N'Importe qui peut, à n'importe quel moment, venir lire, à sa guise, les journaux du jour, fournis gratuitement, chaque matin, par la municipalité... Ci-dessous, un autre cabinet de lecture situé dans la vieille ville.

La rue principale de mon quartier. On aperçoit, à gauche, deux silhouettes dans un des très nombreux cabinets de lecture de la ville. N’importe qui peut, à n’importe quel moment, venir lire, à sa guise, les journaux du jour, fournis gratuitement, chaque matin, par la municipalité… Ci-dessous, un autre cabinet de lecture situé dans la vieille ville.

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Un élément qui frappe en arrivant à Fort Cochin, c’est la coexistence pacifique qui semble régner entre les différentes communautés religieuses. Bien que la majorité de la population au Kerala (comme dans le reste du pays) soit de confession hindoue, l’état compte 25% de musulmans et près de 20% de chrétiens, dix fois plus que la moyenne nationale.

La religion catholique a de profondes racines au Kerala, les premiers explorateurs portugais sont arrivés ici au début du 16è siècle, suivis par les Jésuites…

La religion catholique a de profondes racines au Kerala. Les premiers explorateurs portugais sont arrivés ici au début du 16 siècle, suivis par les jésuites. Ci-dessus la Cathédrale Saint-François, la première église catholique construite en Inde. Vasco de Gama y fut inhumé pendant plusieurs années avant que ces cendres soient rapatriées au Portugal

L’église Saint-François de Fort Cochin, la première église catholique construite en Inde, en 1503. Vasco de Gama, mort à Fort Cochin en 1524 (lors de son 3è voyage en Inde) y fut inhumé pendant plusieurs années avant que ces cendres soient rapatriées au Portugal

Il y a dans mon quartier deux mosquées, deux églises catholiques et de nombreux temples hindous.

Aucune animosité apparente entre ces communautés. Tout le monde va et vient, se salue. C’est remarquable. Je suis très heureux de débuter mon voyage en Inde ici!

Fort Cochin, dimanche 4 décembre

Fort Cochin, dimanche 4 décembre

Autre surprise en me promenant dans les rues, la plupart des gens ne parlent pas l’anglais, ni même le Hindi, les deux langues officielles de l’Inde. Ils parlent plutôt le Malayalam, la langue principale du Kerala, l’une des 800 langues parlées au pays!

La presse locale, en Malayalam.

La presse locale, en Malayalam.

Curieusement, dimanche matin, devant l’église, je me fais accoster, en français, par un des marchands qui a reconnu mon accent, alors que je posais une question.

Originaire du Tamil Nadu, l’état voisin du Kerala, à l’est, le marchand, la quarantaine, m’explique dans un français très correct avoir grandi à Pondichéry, l’ancien comptoir commercial français où la langue est encore parlée aujourd’hui…

(Moi qui rêvais, en planifiant ce voyage, d’aller faire un tour à Pondichéry… mais la ville est à plus de 14 heures de train de Cochin…)

Dans les rues de Fort Cochin... Un écho de Pondichéry?

Rickshaws dans les rues de Fort Cochin…

Fort Cochin, lundi 5 décembre

J’ai aussi découvert depuis cinq jours la merveilleuse cuisine du Kerala dont on m’avait tant parlé avant le départ.

On mange très peu de viande ici, la population préférant le poisson, abondant, et un régime à base de légumes. La noix de coco est un élément essentiel dans la plupart des plats cuisinés.

Ragoût de légumes

Ragoût de légumes

Le riz aux grains très épais, typique de la cuisine locale.

Le riz aux grains très épais, typique de la cuisine locale.

Poulet au curry. Délicieux!

Poulet au curry. Délicieux!

               LA SURPRISE DU 8 NOVEMBRE…

Le billet de 1000 roupies, en haut (environ $20) et celui de 500 roupies ont été sans préavis démonétisés début novembre.

Le billet de 1000 roupies, en haut (environ $20) et celui de 500 roupies ont été sans préavis démonétisés début novembre.

Je ne peux pas terminer sans parler du véritable coup de théâtre qu’a connu l’Inde, le mardi 8 novembre, il y a à peine un mois.

Dans la soirée, le premier ministre du pays, Narenda Modi (centre-droit), a annoncé à la télévision, sans aucun préavis, que les billets de 1000 et 500 roupies seraient, dès le lendemain matin, « démonétisés« , c’est-à-dire inutilisables pour acheter quoi que ce soit.

L’objectif étant de freiner la corruption qui sévit en Inde, un pays où la plupart des transactions se font en argent liquide. Un nouveau billet de 2000 roupies serait, a-t-il promis, très vite mis en circulation. Les citoyens étaient encouragés à échanger leurs vieux billets de 1000 et 500 roupies dans leurs banques à condition qu’ils puissent prouver l’origine de leur argent, produire des reçus, etc…

Il y a eu un mouvement de panique dans tout le pays, les coupures de 1000 et 500 roupies représentant plus de 80% des transactions financières. Les Indiens se sont rués dans les banques. La plupart des succursales n’avaient bien sûr pas encore reçus de nouveaux billets. Les distributeurs étaient vides et devaient tous être reprogrammées afin d’accepter les nouvelles coupures de 2000 roupies. On imagine la panique.

Tout cela avait été tenu dans le plus grand secret.

Depuis ce coup de théâtre, c’est la galère pour un peu tout le monde, sauf pour les citoyens les plus démunis qui n’ont presque jamais en mains de hautes coupures… Les citoyens indiens ne peuvent aujourd’hui retirer qu’une toute petite somme en liquide chaque jour (environ 2000 roupies).

Les touristes, eux, sont un peu mieux lotis, et peuvent échanger pendant quelques jours encore les billets bannis mais le taux d’échange frôle l’usure. L’Inde reste malgré tout une destination très abordable.

Fort Cochin

Deux facettes de Fort Cochin, ci-dessus, une rue calme et typique de la vieille ville, et ci-dessous, une partie de la plage municipale, très achalandée le dimanche…

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Je suis très heureux d’avoir découvert Fort Cochin, et d’avoir fait ici mes premiers pas en Inde.

Je quitte demain la côte comme prévu pour Munnar, une petite ville, nichée en altitude, qui est depuis un siècle une des plaques tournantes de la culture et du commerce du thé.

Retour ensuite sur la côte à Alleppey (Alappuzha) puis à Kollam, et enfin à Varkala avant de partir le 23 décembre pour le Sri Lanka.

Mes cinq étapes au Kerala: Fort Cochin (Cochin), Munnar, Alleppey, Kollam et Varkala. Je prendrai l’avion pour le Sri Lanka à partir de Thiruvananthapuram, la capitale de l’état du Kerala, située tout au sud.

Bon début de mois de décembre à tous!

Kerala & Sri Lanka

Nouveau départ, le 30 novembre, pour le sud de l’Inde et le Sri Lanka. J’y resterai sept semaines.

Au programme, prendre le temps de célébrer et de savourer, au soleil et aux antipodes, mon 60è anniversaire! Observation et apprentissage également dans « le sous-continent indien » d’une culture que je connais peu, et que j’ai envie de mieux comprendre.

Découverte enfin d’une région géographiquement très variée.

Dans l’état du Kerala (le seul que je visiterai en Inde), qu’on appelle en Malayalam, la langue locale, « le pays de Dieu » ou encore « la petite Venise de l’Inde du sud« , un réseau de lagunes et de canaux relie le long de la côte, sur plus de 600 kilomètres, des villes chargées d’histoire: Fort Cochin, Alleppey, Kollam, Varkala...

Un peu plus à l’est, sur les hauts plateaux de la chaîne de montagnes des Ghâts occidentaux, les habitants de la ville de Munnar et des environs vivent à 1600 mètres d’altitude, depuis plus d’un siècle, de la culture et du commerce du thé.

J’ai bien hâte de voir et de découvrir tout cela!

Itinéraire prévu dans l’état du Kerala (pointe sud-ouest de l’Inde): Cochin, Munnar (où prospèrent en altitude les plantations de thé), Alleppey, Kollam et Varkala

De Trivandrum, capitale de l’état du Kerala, je m’envolerai ensuite le 23 décembre pour le Sri Lanka, « l’île aux épices ».

Haltes prévues sur la côte ouest, à Negombo puis dans le centre montagneux de l’île, à Kandy (capitale culturelle) et à Ella.

Le Sri Lanka qu'on appelait, jusqu'en 1972, Ceylan

Topographie et villes principales du Sri Lanka… qu’on appelait, jusqu’en 1972, Ceylan

Pour terminer, deux étapes dans le grand sud du pays, à Galle, ville coloniale et historique inscrite au patrimoine de l’Unesco, et enfin à Tangalle, petit village paisible posé au bord de l’océan Indien, endroit idéal où jouer pendant plusieurs jours à Robinson Crusoé…

Retour à Vancouver, via Colombo, le 18 janvier.

Bon début d’hiver à tous!

Un des livres que j'emporterai en voyage. 'Running in the family" de Michael Ondaatje. Le récit se déroule au Sri Lanka.

Un des livres que j’emporterai en voyage.
« Running in the Family » de Michael Ondaatje. Le récit se déroule au Sri Lanka.

 

 

 

 

 

 

 

 

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