En marche (325 kms) vers les Pyrénées

Que de chemin parcouru depuis notre départ du Pays basque le 20 juin!

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La carte des nouvelles appellations des provinces françaises, actées en 2016. En Occitanie, encerclé en bleu, le département du Lot dont Cahors est le chef-lieu. Après notre séjour au Pays basque, nous nous sommes installés à Cahors pendant dix jours.
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Tous les mercredis et samedis se tient à Cahors, devant la cathédrale Saint-Etienne, un grand marché
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marché qui, parfois, réserve bien des surprises
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comme la rencontre étonnante, conviviale, complètement inattendue, le mercredi 22 juin, avec…
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Robinson, maraîcher lotois, né à Aquin, dans le sud d’Haïti! Après avoir longtemps vécu en Guyane française, Robinson est, depuis quinze ans, installé dans le Lot où il gère son entreprise agricole. Il est présent le mercredi et le samedi sur le marché de Cahors! Quelle bonne surprise! Bravo, Robinson!

Malgré quelques soucis liés à notre logement dans la ville médiévale, nous avons eu le grand bonheur de revoir, lors de notre séjour à Cahors, notre amie Christiane!

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En compagnie de Christiane, le vendredi 24 juin, au bord du Lot, devant le pont fortifié Valentré qui enjambe la rivière. Bienvenue à Cahors, Christiane!

Entre deux randonnées, la découverte des jardins, des trésors de la ville et nos longues conversations, retrouvailles chaleureuses avec Christiane, que j’ai eu la chance de rencontrer pour la première fois à Kigali, en 2012, lors de notre mission commune de coopération au Rwanda. 

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Christiane et Diana en grande conversation pendant l’escalade, le samedi 25 juin
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du magnifique Mont Saint-Cyr situé au-dessus de Cahors
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Une partie de la ville médiévale de Cahors nichée dans une des boucles du Lot. Au premier plan, le pont Louis-Philippe. Un peu plus loin, le pont ferroviaire de la SNCF.

Merci d’être venue nous rendre visite, Christiane! A bientôt!

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8 heures du matin, moment de calme pour Diana, place St-James, dans la vieille ville de Cahors, avant une nouvelle journée d’aventures … et de découvertes culinaires en Occitanie.
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Salade de chevrier (fromage au lait de chèvre, chaud) suivie d’une
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… aiguillette de poulet accompagnée de légumes du marché, restaurant Le Bergougnoux, Cahors.
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Sur un mur de la vieille ville de Cahors, le 27 juin 2022

Comme je le mentionnais un peu plus haut, notre séjour vers et à Cahors n’a pas été de tout repos.

Le 20 juin, notre train entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Bayonne a été annulé sans aucun préavis, à la dernière minute, pour cause de grève à la SNCF.

Nous avons heureusement pu rejoindre Bayonne grâce à la gentillesse du propriétaire de notre logement qui nous a emmené à Bayonne dans sa voiture. Plus de deux heures de route aller-retour. Merci infiniment, Monsieur A! 

A Cahors, moins de deux jours avant notre départ, alors que nous préparions nos valises, Diana reçoit un message de sa compagnie aérienne (Lufthansa/Air Canada) lui annonçant l’annulation pure et simple de son vol de retour Toulouse-Vancouver, prévu le 1er juillet.  

Nous essayons en ligne de trouver un nouveau vol. En vain. Nous sommes probablement des milliers dans le même cas. Les médias français et canadiens annoncent une pagaille générale dans les aéroports dès le lendemain, le 30 juin. 

Nous avions par chance, depuis longtemps, planifié passer notre dernière nuit dans le sud-ouest dans l’unique hôtel de l’aéroport de Toulouse – vu le vol matinal de Diana pour Vancouver.

Dès notre arrivée à l’aéoport, le 30 juin, dans l’après-midi, nous nous précipitons au comptoir de Lufthansa. Miracle! En vingt minutes, trois agentes se sont relayées devant leurs écrans et téléphones portables et ont offert une nouvelle réservation à Diana, pour le lendemain matin!

Nous avons, pendant tout notre voyage, été entourés d’anges gardiens!

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Nos trois fées à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, le jeudi 30 juin, devant le comptoir de Lufthansa. Merci Lolona, Caroline (chef d’escale de Lufthansa à Toulouse) et Samira! – Photo: Diana.

Après avoir, le 1er juillet, à l’aéroport de Toulouse, dit au revoir à Diana, j’ai pris la navette vers le centre-ville et j’ai sauté dans un train, à la gare de Toulouse-Matabiau. Heureusement, aucune grève ce jour-là.

Destination: Le-Puy-en-Velay, en Haute-Loire, où je suis arrivé, en début de soirée, après sept heures de voyage, via Nîmes et un magnifique trajet en TER dans les Cévennes entre Alès (Gard) et Langogne (Lozère). Je devrai absolument repasser dans cette région.

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Point de départ historique du chemin, Le-Puy-en-Velay est aujourd’hui reconnue comme la capitale européenne du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.
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Un autre samedi, un autre marché. Ci-dessus, la rue Chaussade, près de la place du Martouret, le samedi 2 juillet
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Ci-dessus et dessous, la rue Saint-Pierre, dans la vieille ville du
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du Puy-en-Velay, chef-lieu du département de la Haute-Loire.

C’est ici, au printemps 2018, qu’a débuté mon aventure sur le chemin de Compostelle.   

Je me souviens de ma première étape: Le-Puy-en-Velay – Montbonnet, 15 kms.

J’avais ce printemps-là parcouru 207 kms jusqu’à Conques. 

Le printemps suivant, en 2019, j’avais cheminé 219 kilomètres entre Cahors et Nogaro, une petite ville située dans le département du Gers. 

Mon objectif cette fois-ci est de compléter les deux tronçons du GR65 que je n’ai pas encore parcourus entre Le Puy en Velay et Saint-Jean-Pied-de-Port –  soit 325 kms, selon le schéma suivant

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Mon trajet cet été le long du GR65. Tronçon #1 = De Conques à Cahors. Tronçon #2 = De Nogaro à Saint-Jean-Pied-de-Port.

Tronçon 1 – Entre Conques (Aveyron) et Cahors (Lot) = 136 kms. 8 étapes. Moyenne, 17.1 kms par étape.

Tronçon 2 – Entre Nogaro (Gers) et Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées-Atlantiques) =189 kms. 9 étapes. 20.8 kms par étape.

Total: tronçon 1. + tronçon 2. = 325 kilomètres

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Un couple de randonneurs rencontré sur le GR65 la veille de notre départ de Cahors, le 29 juin. Leur objectif: atteindre Nogaro, dans le Gers. C’est exactement l’itinéraire que j’ai emprunté au printemps 2019. C’est plutôt bon signe d’avoir échangé avec eux ce jour-là.

Je reprends la route mardi, le 5 juillet.

Cela fait plus de trois ans que j’attends ce moment!

Mais, comment aller du Puy-en-Velay jusqu’à Conques? Rien de plus simple. Il faut simplement réserver sa place à bord du bus de Compostelle qui, d’avril à octobre, transporte tous les jours les pèlerins sur le chemin entre Le-Puy-en-Velay et Saint-Jean-Pied-de-Port. Informations supplémentaires ici ou ici.  

Mon sac sera de nouveau acheminé tous les matins via la Malle postale (tronçon Conques-Cahors) et par Transport Claudine (tronçon Nogaro-SJPP) et sera déposé avant 17h à mon hébergement. Excellent service, ponctuel, fiable. (SVP cliquer sur les liens en caractères gras pour obtenir des détails supplémentaires).

Pour les hébergements, tout au long du trajet, j’ai encore privilégié les chambres d’hôtes. Plus confortables et pratiques. Tous les soirs, le randonneur dispose d’une chambre individuelle, dans une maison ou une petite auberge tenue par les gens du pays. La formule comprend aussi le souper, préparé en général avec des produits frais de la région et le petit-déjeuner. Les repas sont pris autour d’une table commune mais restreinte.

Une exception à la règle, je passerai la nuit du 4 juillet à l’abbaye Sainte-Foy de Conques. 

Il faudra être prudent cet été sur le chemin. La pandémie repart en France. Le nombre de cas est partout en hausse. Quelle bonne idée nous avons eue d’accepter à Montréal, fin avril, notre 2è rappel/4è dose de vaccin contre le Covid. Si je suis éligible à une 5è dose en France avant mon départ, prévu le 8 août, je n’hésiterai pas une seconde.   

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Souvenir de mon arrivée à Conques, en mai 2018. Le temps avait été particulièrement maussade sur le GR65 cette journée-là. Heureusement, cette année, la météo prévoit pour les prochains jours, entre Conques et Cahors, du temps chaud et ensoleillé.

Plusieurs d’entre vous m’ont demandé le détail de mes étapes sur ces deux tronçons du GR65 cet été.

Les voici.

Tronçon 1. – Conques – Cahors (136 kms)

1. – Mardi 5 juillet = Conques – Decazeville (19 kms) – (Département de l’Aveyron)

2. – Mercredi 6 juillet = Decazeville – Montredon (11 kms) – (Département du Lot)

3. – Jeudi 7 juillet = Montredon – Figeac  (19 kms)

4. – Vendredi 8 juillet = Figeac – Le Puy-Clavel (19 kms)

5. – Samedi 9 juillet = Le Puy-Clavel – Mas de Games/Limogne-en-Quercy (26 kms)

6. – Dimanche 10 juillet = Mas de Games/Limogne-en-Quercy – Varaire (12 kms)  

7. – Lundi 11 juillet = Varaire – Le Pech/Laburgade (19 kms)                                           

8. – Mardi 12 juillet = Le Pech/Laburgade – Cahors (12 kms)

Mercredi 13 juillet = jour de repos à Cahors

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Devant le Pont Valentré à Cahors, le lendemain de notre arrivée, le mardi 21 juin

Tronçon 2. – Nogaro – Saint-Jean-Pied-de-Port (189 kms)

Jeudi 14 juillet (Fête Nationale) = Cahors – Toulouse – Nogaro (SNCF)

Vendredi 15 juillet = Jour de repos à Nogaro

9.Samedi 16 juillet = Nogaro – Barcelonne-du-Gers (25 kms) – (Département du Gers)

10. – Dimanche 17 juillet = Barcelonne-du-Gers – Miramont-Sensacq (20 kms) – (Dept des Landes)

 11. – Lundi 18 juillet = Miramont-Sensacq – Arzacq-Arraziguet (16 kms) (Dept. Des Pyrénées-Atlantiques)

12. – Mardi 19 juillet = Arzacq-Arraziguet – Pomps (21 kms)

13. – Mercredi 20 juillet = Pomps – Maslacq (19 kms)

14.Jeudi 21 juillet = Maslacq – Navarrenx (22kms)

Vendredi 22 juillet = Jour de repos à Navarrenx

15. – Samedi 23 juillet = Navarrenx – Bellevue (18 kms)

16. – Dimanche 24 juillet = Bellevue – Ostabat (24 kms)

17. – Lundi 25 juillet = Ostabat – Saint-Jean-Pied-de-Port (23 kms)  

Avant de repartir sur le chemin, mardi, une autre belle surprise m’attendait au Puy-en-Velay!

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Choucroute à la truite et au saumon fumé. Sans doute le meilleur plat savouré jusqu’à présent pendant mon séjour en France. Cette cuisine divine est l’oeuvre de…
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Michel, le propriétaire et maitre cuisinier, depuis 40 ans, de l’Hôtel Restaurant « Le Bilboquet », au Puy-en-Velay. Bravo et merci mille fois, Monsieur, pour votre merveilleuse cuisine!

C’est un immense privilège de pouvoir réaliser en France cet été cette belle et grande randonnée!

 Merci pour vos messages de soutien!

Je vous laisse avec ce mot de Mark Twain que vous connaissez sans doute déjà.

« Sail away from

the safe harbour.

Catch the trade winds

in your sails. Explore.

Dream. Discover. »

Bon été à tous!

 

Retour sur le Chemin de Compostelle

Je poursuis ce printemps, comme prévu, ma route sur le Chemin de Compostelle.

Après les belles randonnées réalisées en décembre au Népal, dans l’Annapurna, puis dans la vallée de Katmandou, j’ai hâte d’enfiler de nouveau mes chaussures de marche, hâte de reprendre mon chapeau, mon baluchon – mon « barda » comme on disait autrefois…

Envie de retrouver le silence des chemins de campagne, l’odeur de la terre, des buissons. Le parfum des fleurs. De l’herbe mouillée.

Envie aussi de poursuivre la belle aventure vécue l’an dernier entre Le-Puy-en-Velay, en Haute-Loire et Conques, en Aveyron.

Carte postale du chemin parcouru le printemps dernier entre Le Puy-en-Velay et Conques. 207 kilomètres le long du (Chemin de Grande Randonnée) GR 65. Une expérience inoubliable!

Derniers kilomètres avant de quitter le plateau d’Aubrac et de plonger (ci-dessous) vers le village de Saint-Chély d’Aubrac, en Aveyron. Neuvième étape l’an dernier, le dimanche 6 mai.

Le GR 65 avant l’arrivée à Saint-Chély d’Aubrac

Mon objectif cette fois-ci est de relier Cahors (Lot) à Nogaro (Gers) – une distance de 221 kilomètres – en treize jours de marche et deux jours de repos.

Sur le chemin de Compostelle, encerclées en bleu, la ville de Cahors et la commune de Nogaro. Selon le mode du « saucissonnage » bien connu des pèlerins, j’effectuerai dans un an ou deux (avant ou après avoir rejoint les Pyrénées) le tronçon manquant du GR 65 entre Conques et Cahors.

Entre Saint-Chély d’Aubrac et Saint-Côme-d’Olt en Aveyron, le lundi 7 mai 2018

En planifiant ce projet, l’an dernier, j’étais loin de me douter que cette longue randonnée vers les Pyrénées allait tant m’apporter!

Quelques unes des étapes du chemin de Compostelle entre Cahors et Nogaro. Aquarelle de Marie-Noëlle Lapouge – http://www.atelier-de-marienoelle.com

Jour de marché (et musiciens ci-dessous) le samedi 19 mai 2018 dans la vieille ville de Figeac (Lot) où je me suis arrêté presqu’une semaine après avoir rejoint Conques l’an dernier. Immense plaisir d’écouter et de savourer la langue des riverains dans les villages que traverse le GR 65…

Ruelle dans mon quartier, à Figeac, sur les hauteurs de la ville médiévale, mai 2018.

Avec le recul et les mois de réflexion qui ont suivi mon expérience de marche l’an dernier, un sentiment nouveau, puissant, au fil des jours, a peu à peu émergé… une évidence, une conviction qu’on peut sans doute résumer ainsi…

Quelle meilleure façon d’exprimer aujourd’hui sa liberté que partir le matin, sac au dos, sur un sentier de campagne, s’arrêter à sa guise dans un village ou dans un café afin de converser avec les riverains, et repartir ensuite, à son rythme – assuré de trouver le soir, au bout du chemin, un toit, un lit confortable, des compagnons de route venus du monde entier… et des hôtes accueillants, heureux de partager un repas avec marcheurs et pèlerins?

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Souper le 30 avril 2018 dans l’unique café du petit village de Chanaleilles, en Haute-Loire…

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… et retrouvailles le lendemain soir, après une étape épique de 19 kms parcourue en partie dans la neige, dans une auberge de St-Alban-sur-Limagnole, en Lozère…

En plus de l’exercice quotidien, cette randonnée le long du GR 65 a, pour de nombreux marcheurs, même s’ils s’en défendent parfois, une forte dimension spirituelle, comme en témoignent ces quelques mots, publiés récemment dans une revue consacrée au chemin de Compostelle…

« La marche, telle un défi à la vitesse et au bruit, incite à la modestie, pousse à la curiosité, suscite la méditation. Elle invite au repli, à l’intimité, à se taire pour mieux écouter… »

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Dans une église de l’Aubrac, en mai 2018

À cette dimension spirituelle, vient aussi se greffer sur le chemin un riche volet culturel. Le tracé du GR 65 permet en effet aux randonneurs curieux de découvrir les légendes et l’histoire généralement peu connue de régions reculées du centre et du sud-ouest de la France…

Pays de la Haute-Loire et de la Lozère

J’ai pu ainsi parcourir en partie l’an dernier des régions sauvages, splendides, situées un peu hors du temps – la Margeride, le Gévaudan, l’Aubrac, la vallée du Lot, le Rouergue – territoires isolés où foisonnent encore une multitude de mythes et de récits, récits parfois terrifiants, comme celui de la « Bête du Gévaudan », un loup féroce qui au milieu du 18è siècle terrorisait et dévorait les villageois dans un secteur compris à présent dans le département de la Lozère…

La Bête du Gévaudan (illustration François de Sarre)

Aujourd’hui, hormis marcheurs et pèlerins, les visiteurs sont plutôt rares dans ces régions, ou alors ils ne font que passer, rapidement, au volant de leurs voitures, les yeux rivés sur leurs GPS… C’est dommage!

Quinzième et dernière étape l’an dernier entre Sénergues et Conques, en Aveyron, le dimanche 13 mai 2018.

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Fromages…

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… de l’Aveyron

J’ai bien hâte de découvrir ce printemps, entre Cahors et Nogaro, d’autres « pays » – le Quercy, la Gascogne, l’Armagnac… – « pays » situés dans trois départements – le Lot, le Tarn et Garonne et le Gers – connus pour leur gastronomie… et leurs vins!…

Vins et millésimes notés du sud-ouest

Menu affiché à l’entrée d’un restaurant dans le village d’Aumont-Aubrac, en Lozère

Je me souviens encore du déjeuner dégusté en mai l’an dernier dans le village de Nasbinals, en Lozère. D’un des plats du jour (voir photo ci-dessous) offerts ce midi-là, servi dans un décor simple et chaleureux. Un moment mémorable. Dès la première bouchée, le sentiment de goûter à une cuisine exceptionnelle. Si vous passez par Nasbinals, SVP arrêtez-vous.

Veau de l’Aubrac, accompagné de tomates farcies, d’une salade verte et d’une corbeille de pain frais. Restaurant « La Route d’Argent » à Nasbinals.

Fort de l’expérience acquise l’an dernier, j’ai décidé ce printemps, pour les hébergements, d’éviter au maximum les hôtels… Hôtels souvent vieillots, chers et anonymes selon moi sur le GR 65…  (Après avoir lu le plus récent roman de Michel Houellebecq, « Sérotonine », qui a encore envie d’aller à l’hôtel?)… J’ai choisi plutôt de séjourner chez les riverains, en chambres d’hôtes et en demi-pension (chambre, souper et petit-déjeuner) lorsque c’était possible…

Un seul hôtel réservé, faute d’autre option ce jour-là, dans le Tarn-et-Garonne, entre Cahors et Nogaro.

La carte de mon parcours ce printemps. À titre de comparaison, printemps 2018 = 207 kms entre Le Puy-en-Velay et Conques. 15 jours de marche, 2 jours de repos. Moyenne = 13.8 kms par étape –  Printemps 2019 = 219 kms. 13 jours de marche, 2 jours de repos. Moyenne = 16.8 kms par étape. Mon objectif l’an prochain? Rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port et les Pyrénées!

Voici donc, au jour le jour, mon itinéraire pour ce deuxième tronçon du chemin de Compostelle…

24 avril = Départ de Vancouver

25 – 29 avril = Paris

29 avril – 2 mai = Cahors (Lot)

2 mai = Cahors – Granéjouls – 14 kms.

3 mai = Granéjouls – Montcuq – 19 kms.

4 mai = Montcuq – Lauzerte (Tarn-et-Garonne) – 14 kms. 

5 mai = Lauzerte – Aube Nouvelle/Dufort-Lacapelette – 11 kms. 

6 mai = Aube Nouvelle – Moissac – 19 kms. 

7 mai = Moissac – Auvillar – 21 kms. 

8 mai = Jour de repos à Auvillar – (100 kilomètres parcourus)

9 mai = Auvillar – Miradoux (Gers) – 18 kms.

10 mai = Miradoux – Lectoure – 16 kms. 

11 mai = Lectoure – La Romieu – 18 kms.

12 mai = La Romieu – Larressingle – 19 kms.

13 mai = Larressingle – Montréal-du-Gers – 11 kms.

14 mai = Montréal-du-Gers – Éauze – 18 kms. 

15 mai = Jour de repos à Éauze – (200 kilomètres parcourus)

16 mai = Éauze – Nogaro – 21 kms. 

17 mai = Jour de repos à Nogaro – Fin Compostelle (2è saison) – 219 kilomètres parcourus.

18 mai = Nogaro – Pau (bus SNCF)

18 – 20 mai = Pau

20 – 23 mai = Paris

24 mai = Paris – Vancouver

Après deux mois d’hiver particulièrement rudes en Colombie-Britannique (le thermomètre, à Vancouver, n’a jamais atteint en janvier/février le seuil de dix degrés – un record), j’ai bien hâte de reprendre la route!

Bon début de printemps à tous!

Une forteresse royale, construite au 12è siècle, surplombe le village de Najac, en Aveyron… Najac où, après Conques et Figeac, je me suis arrêté plusieurs jours en mai l’an dernier…

… afin de poursuivre mes randonnées en Aveyron… (Ici, panorama sur le sentier qui va de Najac, à l’horizon, au village de Cassagnes)…

… et avant de rejoindre, en train (via Gaillac)…

… la très belle ville d’Albi, située sur les rives du Tarn… Albi, ville natale de l’explorateur Jean-François de La Pérousse (disparu en 1788 dans le Pacifique) et du peintre Henri de Toulouse-Lautrec (1864-1901).

Albi où trône, au-dessus de la vieille ville, l’imposante cathédrale Sainte-Cécile, construite à partir du 13è siècle… À très bientôt, le sud-ouest de la France!

Pondichéry

Je ne m’attendais pas, en arrivant deux jours avant Noël à Pondichéry, à découvrir dans les rues de la ville une telle effervescence!…

Le territoire de Pondichéry est enclavé dans l’état du Tamil Nadu, dans le sud-est de l’Inde

Malgré le temps couvert, des centaines de curieux viennent assister près du bord de mer à Pondichéry, au festival kolam, le dimanche 23 décembre.

Après un voyage en train depuis Chennai, j’étais à peine installé dans ma guesthouse, dans « la ville blanche » comme on appelle ici l’ancien quartier colonial français, qu’une rumeur, un bruit de foule, venu du bord de mer, tout proche, m’a forcé… m’a poussé dehors…

Que se passait-il?

Participantes au festival kolam et badauds se pressent le long de l’avenue Goubert, à Pondichéry

Selon la tradition, tôt le matin dans le sud de l’Inde, les femmes dessinent sur le sol devant l’entrée de leur maison ou de leur commerce des figures géométriques en guise de bienvenue, et afin de porter chance et prospérité aux membres de leur famille et à la communauté.

Ces figures géométriques sont aussi des offrandes au jour qui se lève et une invitation aux divinités.

Un kolam à Pondichéry…

Ces « kolams » sont souvent très complexes. Les figures sont d’abord tracées avec de la craie et ensuite ornées de poudres de couleur, de grains de riz, de fleurs, de petites branches, tout ce qui est disponible à portée de la main. Les kolams sont réalisés uniquement par les femmes et le savoir-faire est partagé en famille entre grand-mères, mères, filles et sœurs..

… le dimanche 23 décembre

Le festival kolam vient, une fois l’an, à Pondichéry, honorer cette tradition… Un grand concours est organisé. La municipalité alloue à chaque participante un petit périmètre le long du bord de mer, et les concurrentes s’affairent, seules ou en petits groupes, en une heure ou deux, à réaliser leur kolam.

Les couleurs, le spectacle, l’élégance, dans la rue, sont saisissants!

Avenue Goubert, Pondichéry

Le tamoul est la langue principale parlée à Pondichéry. C’est aussi la langue officielle de l’état du Tamil Nadu (littéralement, « le pays des tamouls »). Le tamoul est également la langue parlée au nord du Sri Lanka. Trente minutes d’avion seulement séparent Chennai de Jaffna.

Les spectateurs assistent, attentifs, à l’élaboration des kolams. Et chacune des créations est ensuite soigneusement jugée, évaluée et notée par une équipe composée de dignitaires de la ville et du gouvernement du Tamil Nadu.

Les juges évaluent avec soin un kolam. Instant solennel pour les concurrentes et leurs familles

Les prix pour les gagnantes? Des appareils électro-ménagers, une télévision, des saris de qualité, des vêtements pour les enfants, des ustensiles de cuisine… Et, pendant un an, pour leurs familles, l’honneur et la considération auprès de la communauté.

Le festival Kolam a été pour moi, à peine arrivé dans la ville, une formidable introduction à Pondichéry… à sa culture, complexe, tolérante, déroutante aussi…

Pondichéry

… puisque quelques heures après le festival kolam, on célébrait dans la même rue, à deux pas, le dimanche 23 décembre et encore le 25, deux magnifiques messes de Noël – en français! – messes chantées dans l’église Notre Dame des Anges, noire de monde, les deux jours…

Messe de Noël célébrée à l’église Notre Dame des Anges à Pondichéry

L’église Notre Dame des Anges, construite entre 1851 et 1855, a récemment été rénovée. Le Tamil Nadu compte environ 6% de chrétiens et 6% de musulmans. 87% de la population est de confession hindoue. (Sur la religion à Pondichéry et dans le Tamil Nadu, voir la première partie du roman de Yann Martel, « L’histoire de Pi »…)

Alors, Pondichéry… ville tamoule… ville indienne… ville française?…

Ou les trois à la fois?

Les thalis servis dans le Tamil Nadu sont plus colorés, épicés – et copieux! – que ceux servis dans le nord du pays ou au Népal. Le prix des repas dans le sud de l’Inde est aussi, en général, beaucoup plus bas. Le prix du plat ci-dessus? 145 roupies, soit $2.80 ou 1,80

Rue Surcouf, Pondichéry

Rue de la Marine
Rue de la Marine

Rue Suffren

Un peu d’histoire… pour mieux comprendre Pondichéry, le contexte dans lequel la ville est née et son évolution depuis le XVIIè siècle…

1er comptoir établi à Chandemagor en 1668, puis à Pondichéry en 1673, Mahé en 1721, Yanaon en 1725 et Karikal en 1739

À partir de 1668, la France, via la Compagnie française des Indes (créée en 1664) annexe ou acquiert plusieurs territoires dans le sous-continent indien afin, selon Colbert, le Contrôleur général des finances, sous Louis XIV, de « procurer au royaume de France l’utilité du commerce des Indes et empêcher que les Anglais et les Hollandais n’en profitent seuls. »

Après le Portugal, l’Angleterre et la Hollande, la France est la dernière puissance maritime européenne à fonder une compagnie des Indes pour commercer avec l’Orient.

Le comptoir de Pondichéry est « installé », pacifiquement, en 1673. La paix sera de courte durée.

Pendant près de trois siècles – jusqu’à la restitution du territoire à l’Inde en 1956 – Pondichéry va connaître une histoire tumultueuse. Entre l’Angleterre, la Hollande et la France, la ville change plusieurs fois de mains et d’allégeance.

En 1761, Pondichéry, française, est rasée par les Britanniques. Puis rendue à la France en 1765 après un traité de paix avec la Grande-Bretagne. La ville est reconstruite… puis pillée et perdue de nouveau aux Anglais quelques années plus tard.

Si bien, peut-on lire, qu’à partir du 19è siècle, « Pondichéry apparaît comme une enclave française dans un pays désormais presque entièrement dominé par les Britanniques. »

Une dernière note historique. Tous les habitants de Pondichéry (et ceux des autres comptoirs annexés par la France) sont déclarés citoyens français lors de la révolution de 1848.

Carte non datée des possessions françaises en Inde. Pondichéry a aujourd’hui le statut de territoire et a été rebaptisée Puducherry en 1996

Que reste-t-il aujourd’hui de l’ancienne présence française?

Il est difficile d’évaluer le nombre exact de francophones qui vivent à Pondichéry. Le consulat de France recense environ 6000 « franco-pondichériens » mais une toute petite partie seulement – environ 200 – parle régulièrement le français. C’est infime pour une ville qui compte plus d’un million d’habitants.

Parmi ces franco-pondichériens, beaucoup de retraités. D’anciens militaires ou des fonctionnaires, nés à Pondichéry ou Karikal, qui ont fait carrière à l’étranger dans l’armée ou dans l’administration française, et qui passent maintenant leur retraite, ou plusieurs mois par an, au pays natal…

D’autres, n’ayant jamais quitté le territoire, vivent dans une situation beaucoup plus précaire et doivent compter, chaque mois, sur l’aide et les subventions du consulat.

Malgré tout, grâce à un méticuleux travail de restauration entrepris par les autorités françaises et l’état du Tamil Nadu, lorsqu’on se promène dans « la ville blanche« , propre, ombragée, fleurie, on a l’impression de marcher dans les rues d’une petite ville française, bourgeoise et cossue…

Rue de l’Évêché, à Pondichéry. Le cadastre du « quartier blanc » n’a pas changé depuis l’époque coloniale

Des appartements avec balcons, des maisons élégantes, de jolis immeubles rénovés et repeints, bordent les rues…

Rue Romain Rolland

Plusieurs bâtisses ont été reconverties en hôtels, en restaurants, en boutiques… Derrière les murs se cachent de somptueux jardins… D’autres immeubles ont été agrandis, modernisés… et réquisitionnés pour le service public…

Le Lycée Français de Pondichéry, rue Victor Simonel. Créé en 1826, le lycée accueille cette année environ 550 élèves, de la maternelle à la terminale. En plus de l’anglais, de l’allemand et de l’espagnol, les élèves peuvent aussi étudier, comme langue seconde, le tamoul.

L’Alliance Française de Pondichéry, rue Suffren

C’est dans la rue Suffren également qu’est située ma « guesthouse », ci-dessous…

Afin de me déplacer plus facilement, j’ai loué pendant mon séjour, un vélo (vert, sur la droite)… Au Tamil Nadu, les nouveaux vélos sont, le premier jour, emmenés formellement au temple afin d’être bénis. Les guidons sont ensuite, ce jour-là, décorés de guirlandes de fleurs… Le protocole est le même pour les nouvelles voitures.

Le parc Bharathi au cœur de « la ville blanche » de Pondichéry

L’Institut Français de Pondichéry, rue Saint-Louis

Certains plats servis dans les restaurants du quartier ne dépareilleraient pas une bonne table européenne ou canadienne.

Poulet aux champignons, rue Labourdennais

Seul regret, le français, pratiquement inexistant dans les rues de Pondichéry. Parlé seulement par les touristes français ou francophones qui fréquentent les boutiques et les cafés de « la ville blanche« …

Rama vend tous les matins, au bord de la mer, un délicieux café au gingembre et au miel!

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Dipankar, devant son comptoir de samosas, rue de Bussy.

À une quinzaine de minutes de marche du quartier colonial, vers l’ouest, un autre monde: la ville tamoule. « La ville indigène » ou « la ville noire » comme on l’appelle aussi (à mon avis, très péjorativement). La ville tamoule où vit et travaille la très grande majorité de la population de Pondichéry.

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La rue Bharathi, une des artères principales de « la ville tamoule » de Pondichéry

Le grand marché couvert Goubert, au nord de la rue Bharathi

Monde complètement différent. Point ou peu de bâtisses rénovées ici… mais des rues commerçantes, animées…

Ville tamoule, Pondichéry

… et quelques îlots de calme…

Canteen Street, Pondichéry

En me promenant dans les rues de la ville tamoule, une grande politesse, dans les magasins, dans les restaurants… Les visages s’éclairent lorsqu’on apprend que j’habite au Canada… Le pays est connu, apprécié…  Les gens ont de la famille là-bas, des amis…

En dehors de l’Asie, c’est dans la région métropolitaine de Toronto qu’on retrouve la plus grande communauté de Tamouls dans le monde…

Pêcheurs devant le bord de mer à Pondichéry

Deux fois par jour, tôt le matin, et en fin d’après-midi, c’est au bord de la mer, sur la promenade qui fait face au golfe du Bengale, que les deux villes, la ville blanche et la ville indigène, se donnent rendez-vous et se rejoignent, pacifiquement…

« La promenade », avenue Goubert, à sept heures du matin. Un de mes moments préférés à Pondichéry. 40 minutes de marche environ pour parcourir (a-r) la longue avenue qui longe le golfe du Bengale

Malheureusement, pas de baignade dans la mer, à Pondichéry… Les courants sont trop dangereux…

Cinq fois par jour, retentit aussi dans la ville l’appel du muezzin qui invite les musulmans à la prière

Touristes et résidents viennent nombreux le matin assister au spectacle du soleil qui se lève au-dessus du golfe du Bengale

On croise sur le bord de mer, ou dans la ville tamoule, des visages étonnants…

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Personnage rencontré un matin sur le bord de mer… « On ne sait pas d’où ils viennent, ni où ils vont », m’a confié un résident…

Lila Marie-Joséphine, francophone, 71 ans, née à Saïgon de père (militaire) français, vit avec sa fille à Pondichéry

Entre deux promenades, j’ai réussi à prendre un bain de mer sur l’une des trois plages situées aux environs de Pondichéry, « Serenity Beach »…

Serenity Beach
Serenity Beach, à six kilomètres au nord de Pondichéry, le jeudi 27 décembre. Température? 30 degrés.

Cette plage, qui est loin de rivaliser avec les plages immenses du Kerala, avec celle de Varkala en particulier, était l’une de mes étapes, ce jour-là, sur la route vers Auroville…

Une partie des magnifiques jardins de la commune d’Auroville située à 10 kilomètres au nord de Pondichéry

Impossible de parler de Pondichéry sans évoquer, même brièvement, Auroville, une commune à nulle autre pareille, fondée en 1968 par le philosophe indien Sri Aurobindo et sa compagne, française, Mirra Alfassa-Richard, surnommée « la Mère ».

Comment décrire Auroville?

La commune se targue d’être « une ville expérimentale » et « une cité universelle » dont le dessein est « de réaliser l’unité humaine » en réunissant sur son territoire des hommes, des femmes et des enfants venus de 50 pays différents et qui doivent, pour séjourner à Auroville, adhérer à une charte.

Mirra Alfassa-Richard, résume ainsi, dans un essai, sa vision d’Auroville:

« Il doit exister sur terre un endroit inaliénable, un endroit qui n’appartiendrait à aucune nation, un lieu où les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations, pourraient vivre librement comme citoyens du monde… Auroville a pour vocation d’être le lieu d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités… »

Ce projet, utopique à première vue, a néanmoins séduit depuis cinquante ans des milliers d’adhérents, étrangers pour la plupart, qui vivent et contribuent à la vision d’Auroville en participant notamment à 35 unités de travail (agriculture, informatique, éducation, santé, artisanat…) réparties sur l’ensemble de la commune.

Le projet est soutenu, depuis le début, par l’Unesco.

Le Mantrimandir (« le Temple de la Mère »), l’âme de la cité d’Auroville, situé sur un terrain dégagé appelé le « Parc de l’Unité ». Auroville était à l’origine un site aride, sans eau, un désert. Plus de deux millions d’arbres et d’arbustes ont été plantés depuis 1968…

Je ne suis resté que quelques heures à Auroville, heures passées principalement à me promener dans les magnifiques jardins et à visiter la librairie (où je me suis procuré, par curiosité, deux ouvrages de « la Mère »)

Je suis resté assez longtemps cependant pour avoir envie de revenir et d’en savoir un peu plus sur ce projet singulier.

Infos supplémentaires sur Auroville disponibles sur le site: https://auroville.org

Dans les jardins d’Auroville

Un mot sur la langue…

J’ai rencontré un après-midi dans un café du bord de mer un groupe de jeunes venant du Rajasthan, un état situé dans le nord-est du pays. Ces jeunes visitaient Pondichéry pour la première fois… Arrivés devant le comptoir du café, ils ont chacun passé leur commande en anglais. Je leur ai demandé pourquoi. Ils m’ont expliqué que, venant du Rajasthan, ils parlaient couramment le hindi et l’anglais (les deux langues officielles de l’Inde), ils parlaient également le rajasthani et le marwari, deux des langues régionales du Rajasthan… mais pas un mot de tamoul.

Le garçon du café, lui, ne parlait pas hindi, encore moins le rajasthani et le marwari… Leur seule langue commune (langue très hésitante pour le barista) était… l’anglais.

Un grand nombre de résidents du Tamil Nadu ne parlent pas hindi. Beaucoup en sont d’ailleurs assez fiers et considèrent que le tamoul devrait aussi avoir sa place en Inde comme langue officielle.

Même scénario il y a deux ans au Kerala. Je me souviens des nombreux touristes, venus de Mumbai, attablés chaque jour aux restaurants de Munnar. Pratiquement personne dans ces groupes ne parlait le malayalam, la langue principale du Kerala. Ils devaient eux aussi avoir recours à l’anglais, les habitants de Munnar ne comprenant pas, en général, le marathi, la langue parlée à Mumbai.

Combien de langues reconnaissez-vous sur ce panneau affiché à Auroville?

Avec la religion, la langue est, au quotidien, un des sujets qui fâche et crispe le pays, si paisible en général… d’un milliard 300 millions d’habitants. Le chiffre est vertigineux. C’est presque 18% de la population mondiale. (L’Inde devrait devenir le pays le plus peuplé du monde vers 2025)

Comment tout cela va-t-il évoluer?

Policiers à Pondichéry portant le traditionnel képi français

Des élections générales auront lieu en Inde dans deux mois, entre mars et mai 2019. Plus de 850 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, dans 28 états et sept territoires. Une logistique électorale monumentale.

Le gouvernement de Narendra Modi (centre-droit), élu en 2014, est en difficulté. Son parti (le BJP) a en quelques mois perdu plusieurs élections régionales.

Après un bon début de mandat, beaucoup de gens ici ont le sentiment que les promesses électorales n’ont pas été tenues. Le chômage, en particulier chez les jeunes, est en hausse, un peu partout. Et de nombreux électeurs ont très mal accueilli les récentes mesures prises par le gouvernement afin de marginaliser la population musulmane du pays.

Narendra Modi sera-t-il de nouveau plébiscité? Ou le parti du Congrès national indien (centre-gauche), dirigé par Rahul Ghandi, reviendra-t-il au pouvoir?

Résultat au printemps 2019.

Et Chennai?

Cette ville, qu’on appelait autrefois Madras, dont le nom, depuis si longtemps, me fait rêver…

Un rare moment de calme à Chennai, dans le quartier de « Marina Beach », le jeudi 20 décembre

… a été une grosse déception. Chennai compte aujourd’hui plus de dix millions d’habitants! Partout, bruit et circulation infernale. Pendant trois jours, j’ai cherché dans mon quartier d’Egmore, et au-delà, un espace vert, un parc ou un café où me poser, respirer et lire tranquillement. En vain.

Marchande de fleurs dans une rue de Chennai
Rare oasis de calme: une marchande de fleurs dans une rue de Chennai

J’ai donc écourté mon séjour fin décembre, et j’ai vite pris le train (quatre heures) pour Pondichéry…

Un train local, bondé, qui a quitté la gare de Chennai à 6h30 du matin et s’est arrêté dans une vingtaine de localités avant d’arriver à Pondichéry. À bord, des familles, des groupes de jeunes qui vont passer les Fêtes au sud, près des plages.

À chaque arrêt, des vendeurs ambulants, de vrais acrobates, se fraient un passage dans les wagons archi-combles et offrent avec le sourire chapatis, thé noir, puri subji, café au lait, fruits, gâteaux. Un beau moment de voyage au cœur du sud de l’Inde!

Passagères débarquant ou attendant sur le quai de la gare de Viluppuram entre Chennai et Pondichéry

Gare de Tindivanam

Rue Suffren, le 1er janvier

J’ai quitté Pondichéry hier après-midi avec regret. J’aurais pu y rester beaucoup plus longtemps.

De nombreux voyageurs s’arrêtent dans la ville pour une halte prolongée. Un couple canadien de l’Ontario, connu rue Suffren, vient chaque année passer trois mois (décembre – février) à Pondichéry. Dès leur départ, ils réservent leur chambre pour l’année suivante.

Au jour le jour, selon son humeur, on peut passer à Pondichéry, en quelques minutes, de « la ville blanche » à « la ville indigène ». On peut s’inscrire à des cours de yoga ou de méditation, faire du bénévolat dans une école ou dans un orphelinat. Aller passer quelques jours à Auroville. Flâner tout simplement. S’asseoir dans un café. Prendre un peu de soleil au bord de la mer ou au parc Bharathi. Personne, dans l’espace public, ne viendra vous importuner. C’est rare.

Petit-déjeuner sur la terrasse…

Après plus de deux mois sur la route, mon voyage s’achève dans quelques jours. Je rentre à Vancouver (via Taipei) le jeudi10 janvier.

Heureux, comme d’habitude, de retrouver bientôt Diana et la Colombie-Britannique! Heureux aussi d’avoir vécu depuis bientôt neuf semaines tant d’expériences différentes… comme celles-ci:

  • Braver la pollution dans les rues grises et encombrées du Vieux-Delhi
  • Me fondre, près des sadhus, au bord du Gange, dans la foule pieuse des « ghats » de Varanasi
  • Marcher, à Lumbini, au Népal, dans les jardins qui ont vu naître Bouddha
  • Dialoguer avec les élèves, les enseignants et un ancien coopérant à l’école Shree Haraiya dans la petite ville de Haraiya Bazar, à 20 kms de Lumbini
  • Découvrir le beau village de montagne de Tansen et discuter les après-midis, au soleil, amicalement, avec Mohan Shrestha
  • Rencontrer à Pokhara Stephen et Annie et monter avec eux jusqu’à la Pagode de la Paix, située au-dessus du lac Phewa Tal
  • Cheminer en compagnie de mon guide Yubraj pendant cinq jours sur les sentiers du massif de l’Annapurna et admirer en route des pics majestueux de plus de 7000 mètres
  • Accompagné de deux autres guides, Shankar et Binod, vagabonder sur les splendides chemins de la vallée de Katmandou.
  • Vivre dans la belle cité de Patan, près de Katmandou, et partager un soir, avec mes hôtes, à leur domicile, un repas traditionnel népalais.
  • Découvrir enfin l’élégante et complexe ville de Pondichéry où, au bord du golfe du Bengale, il fait si bon vivre…
  • Et d’autres expériences encore…

L’année 2018 a été bien remplie…

BONNE ANNÉE 2019 À TOUS!

Lectures de décembre…  (livres de poche glanés dans les bibliothèques de fortune des « guesthouses »)        

Un magnifique roman d’aventures qui se déroule au cœur du pays sherpa, dans l’Himalaya. Et une histoire d’amour, pleine de surprises, entre un Français et une jeune Népalaise, Khami, une farouche « Sherpani ».  Fruit de leur amour, un garçon, Hima, naît… Le récit entraîne le lecteur de Paris, au Caire, à Katmandou, au campement de Namché Bazar, situé au pied de l’Everest. Le roman (en vente dans toutes les librairies de Pokhara) se lit en quelques heures. Excellent document sur le quotidien et les traditions dans l’Himalaya. Écrit par Jacques Lanzmann, le parolier de Jacques Dutronc.

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Au milieu du 19è siècle, un jeune matelot français, Narcisse Pelletier, est abandonné sur une plage du nord-est de l’Australie. Dix-huit ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard: il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher comme les indigènes qui l’ont recueilli. Il a perdu l’usage du français et a oublié son nom. Que s’est-il passé pendant ces dix-huit années? Récit bouleversant et admirablement écrit. Inspiré d’une histoire vraie, le livre a été récompensé de huit prix littéraires, dont le Goncourt du premier roman 2012. (Extrait de la quatrième de couverture du roman).

Épilogue

Gare de Chennai Central, 4h55 du matin, le vendredi 4 janvier. Faute de moyens, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants dorment chaque nuit à même le sol ou assis dans le hall de la gare…

Avertissement affiché dans les gares et dans les wagons de train en Inde. Ces alertes sont hélas trop rares.

… et dîner à bord du Rajdhani Express
Dîner servi à bord du Rajdhani Express entre Chennai et New Delhi

Après vingt-neuf heures de train depuis Chennai à bord du « Rajdhani Express » – le trajet, même en 1ère classe, a été rude, inconfortable, la nourriture servie de qualité douteuse, une amère désillusion! – arrivée à New Delhi le samedi 5 janvier… sous un grand ciel bleu. Il fait froid. Six degrés. C’est l’hiver dans le nord de l’Inde.

Surprise en quittant en tuk tuk la gare de Nizamuddin: la pollution dans l’air et dans les rues de la ville est beaucoup moins visible que lors de mon premier passage, à la mi-novembre. On respire mieux.

Je me suis installé cette fois-ci dans un des « beaux quartiers » de Delhi, près de Connaught Place… à deux pas du métro qui me conduira à l’aéroport et à quelques minutes de marche du temple sikh Gurdwara Bangla Sahib, situé sur l’avenue Ashoka…

Le temple Sikh Gurdwara Bangla Sahib à New Delhi, le mercredi 9 janvier

Cinq jours dans l’Annapurna

Le soleil se lève au-dessus de l’Annapurna et du village de Tadapani, au Népal. Sur la droite, deux sommets bien connus des alpinistes: le « Gangapurna » (7455 mètres) et « l’Annapurna 3″ (7555 mètres)

Le sommet du « Gangapurna », vu de Tadapani, le mercredi 5 décembre

Je suis de retour à Pokhara. Et je reviens de ma randonnée – de mon « trek » de cinq jours dans l’Annapurna – avec beaucoup d’humilité. Avec un respect renouvelé aussi pour tous les villageois rencontrés dans la montagne, villageois qui vivent entre 2000 et 3000 mètres d’altitude, dans des conditions souvent précaires, avec tant de grâce et de dignité.

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Sur un sentier entre Tapadani et Ghandruk…

… le 5 décembre. SVP voir cartes ci-dessous

La zone de conservation de l’Annapurna, créée en 1986, est la plus grande aire protégée du Népal. La région n’a miraculeusement pas souffert du tremblement de terre de 2015

Mon projet s’est déroulé exactement comme je l’avais planifié. Mais la randonnée – quatre journées de marche et un long retour en bus vers Pokhara – a été difficile. Plus difficile que prévu.

Avec le recul, je m’aperçois que cela a été une excellente idée de m’entraîner, ce printemps, en France, le long du GR65.

Les deux expériences de marche sont bien sûr très différentes, mais avoir cheminé au mois de mai, chaque jour, 4 ou 5 heures, sur la route de Compostelle, m’a fait le plus grand bien. Cela a été une très bonne préparation, mentale et physique, à ce « trek » réalisé au Népal.

Située à environ 200 kms à l’ouest de Katmandou, Pokhara (encerclée en vert) est la deuxième ville du Népal et le point de départ de multiples randonnées vers le massif de l’Annapurna.

Ci-dessus, le tracé de ma randonnée de cinq jours et quatre nuits dans le massif de l’Annapurna. Depuis Pokhara, 90 minutes en taxi, en compagnie de mon porteur Yubraj, jusqu’à Nayapul, point de départ de la randonnée. Ensuite, jour 1: Nayapul – Ulleri. Jour 2: Ulleri – Ghorepani. Jour 3: Ghorepani – Tadapani. Jour 4: Tadapani – Ghandruk. Jour 5: Ghandruk et retour en bus vers Pokhara. D’autres marcheurs optent pour une randonnée plus longue (7-11 jours) jusqu’au camp de base de l’Annapurna (ABC).

La première et la troisième étape ont été particulièrement rudes. Un élévation d’environ 1000 mètres le premier jour entre Nayapul et le village de Ulleri, perché à 1960 mètres. Et, entre Ghorepani et Tadapani le sentier monte (jusqu’à 3200 mètres) et descend cruellement. Quatre heures 40 de marche ce jour-là, la plus longue étape, et sans doute aussi la plus belle… 

Une des rues principales du village de Nayapul, lieu de départ de mon trek

De Nayapul, le sentier emprunte d’abord un chemin poussiéreux qui monte lentement vers les montagnes…

Début de la randonnée, sous un temps couvert, quelques kilomètres après Nayapul

… le tracé devient ensuite beaucoup plus abrupt… Des centaines de marches sont taillées dans le roc du sentier…

Entre Tikhedhunga et Ulleri, le dimanche 2 décembre

… On grimpe, on grimpe ce premier jour, pendant plus de quatre heures… jusqu’au village de Ulleri… où m’attend une chambre simple et presque nue (voir Conseils pratiques à la fin de l’article)… Heureusement, il y a de l’eau chaude!…

Le pain « Gurung » accompagne, avec un oeuf dur et des pommes de terre, le petit-déjeuner traditionnel népalais.

Après une courte, inconfortable nuit (à cause du froid) et un petit-déjeuner sommaire, préparé dans une cuisine de fortune, je reprends la route, tôt le lendemain, accompagné de mon porteur, Yubraj…

Yubraj, 28 ans, a vaillamment porté mon sac pendant cinq jours. Yubraj vient de se marier à Pokhara. Il a deux grands frères. L’un travaille en Malaisie et l’autre est cuisinier, depuis cinq ans, à Règina, en Saskatchewan. Yubraj va tenter dans les prochains mois d’obtenir, à Pokhara, sa licence officielle de guide de haute montagne

En marchant, j’écoute attentivement les propos de mon jeune porteur. Il me parle, en anglais, de sa famille, de son enfance, de son pays. Et je me rends compte que les expériences de Yubraj résument assez bien les turbulences qu’a vécues le Népal depuis vingt ans….

Né dans le village de Dhital, situé à une heure de route de Pokhara, Yubraj me confie qu’il se souvient encore très bien, dès l’âge de huit ans, des rebelles maoïstes qui faisaient régulièrement, la nuit, irruption dans son village… 

Lourdement armés, farouchement opposés à la monarchie, les rebelles exigeaient d’être nourris, logés. Malheur à ceux qui refusaient de les aider. Ou à ceux dans le village qui contestaient leur idéologie, leur autorité. On retrouvait leurs corps, mutilés ou criblés de balles, plusieurs jours plus tard…

Dans une « tea house » à Ulleri, le lundi 3 décembre

Une fois les rebelles partis, l’armée népalaise arrivait à son tour dans le village, questionnant les résidents, leur demandant pourquoi les maoïstes avaient été accueillis et hébergés… Les responsables de l’armée, les soldats, proféraient des menaces… La situation, pour les habitants, devenait intenable.

Lorsqu’il a eu onze ans, la famille de Yubraj a quitté le village et est partie pour Pokhara. Sa scolarité a brusquement pris fin à ce moment-là.

Cette période noire a duré dix ans. Entre 1996 et 2006, entre 13 000 et 19 000 Népalais ont perdu la vie, tués par les rebelles ou par l’armée… Plus de 150 000 hommes, femmes et enfants ont dû, comme la famille de Yubraj, quitter leurs terres, leurs villages et se mettre à l’abri dans les grandes villes.

« Tea house » à Ghorepani, le mardi 4 décembre

La situation est bien différente aujourd’hui. Les maoïstes (comme les communistes) ont maintenant intégré le gouvernement. La monarchie a été abolie en 2008 et le Népal est désormais une république dirigée par une femme.

Le pays a largement retrouvé son calme, mais personne ici, à Pokhara ou dans l’Annapurna, n’a oublié les cicatrices et les traumatismes de la guerre civile. Cette période d’affrontements et de violence a profondément et durablement marqué le pays. 

Ghorepani, le mardi 4 décembre

Revenons sur le sentier où nous avons eu droit, les jours suivants, à une météo plutôt clémente, et au soleil, bien présent le matin…

Deuxième jour de marche, entre Ulleri et Ghorepani, le lundi 3 décembre

En montant vers Ghorepani

En chemin, nous croisons des marcheurs venus de la Belgique, de la France, de l’Allemagne, du Japon. Il y a des Britanniques, des Russes, quelques Canadiens mais, à ma grande surprise, la grande majorité des randonneurs sont des Népalais. De jeunes Népalais, inscrits à l’université souvent, qui parlent un anglais remarquable, et qui viennent, en groupe, joyeusement, découvrir la région…

« C’est un phénomène relativement récent », m’explique Yubraj qui parcourt les sentiers de l’Annapurna depuis cinq ou six ans… « Avec les réseaux sociaux, et le calme revenu au pays, les Népalais, les jeunes professionnels de Pokhara et Katmandou ont eux aussi envie de découvrir ces régions, et partager leurs aventures, leurs découvertes »…

Des jeunes Népalais profitent de la paix retrouvée pour visiter leur pays

En arrivant à Ghorepani, un panneau rappelle aux visiteurs les défis immenses auxquels sont confrontés l’ACAP (l’Agence de Protection de l’Annapurna) et les villages, dépourvus d’infrastructures, qui accueillent les randonneurs, douze mois par année maintenant. 

Plus de 100 000 touristes visitent la zone de l’Annapurna chaque année.

Comment peut-on, dans ces conditions, gérer et protéger adéquatement l’environnement fragile de la haute montagne?

Recycler les déchets, les bouteilles en plastique en particulier, est un case-tête considérable pour les villageois et les autorités…  

Un projet de construction de points d’eau filtrée et potable dans l’Annapurna est en cours afin de réduire le nombre de bouteilles en plastique que transportent les randonneurs…

Deuxième halte, le lundi 3 décembre, dans le village de Ghorepani. Altitude: 2750 mètres.

Dans les rues de Ghorepani, des dizaines d’ânes circulent du matin au soir après avoir monté, pour les randonneurs et les résidents, nourriture et équipement

Pat de légumes au curry, Ghorepani

Snow View Lodge, Ghorepani, mardi matin, le 4 décembre

Nous assistons au réveil à Ghorepani… et ensuite, sur la route vers Tadapani, à un spectacle grandiose… Il fait un temps splendide!

Les pics de l’Annapurna entre Ghorepani et Tadapani, le mardi 4 décembre

Le balisage sur le sentier est le même que celui du GR65…

Cuisinier dans une « tea house »

Petit-déjeuner avec Yubraj, mercredi matin, le 5 décembre, à Tadapani

… spectacle renouvelé le lendemain matin lorsque nous quittons Tadapani… pour Ghandruk…

Tadapani, mercredi matin, le 5 décembre. J’ai adoré les quelques heures passées dans le village, une des plus petites localités du circuit de l’Annapurna…

… en route, nous traversons une étonnante forêt de rhododendrons…

… avant de nous arrêter un instant, dans une petite buvette, juste avant Ghandruk…

Thé noir, servi avec le sourire, lors de notre dernière halte entre Tadapani et Ghandruk…

…Ghandruk… où nous arrivons en début d’après-midi… C’est ici que nous terminons notre randonnée…

Arrivée à Ghandruk. le mercredi 5 décembre

Coup de foudre en découvrant la ville, coupée en deux…

En haut, la ville « moderne » avec de beaux et anciens bâtiments, qui servaient autrefois d’entrepots, et qui ont été repeints, rénovés en gîtes ou en hôtels…

Bâtisses à Ghandruk

Portes sculptées à Ghandruk

… en bas… la vieille ville de Ghandruk… Un village magnifiquement préservé… et curieusement ignoré par la majorité des touristes et des randonneurs…

La vieille ville de Ghandruk, le mercredi 5 décembre

… Une vieille ville, propre, paisible, accueillante, avec son musée… vieille ville où les artisans perpétuent les traditions…

Confection de paniers en bambou dans un atelier de Ghandruk

Livraison inhabituelle…

Surprise en marchant dans les ruelles… Des enfants me font signe… Une fête se prépare à Ghandruk!… Je les suis vers le haut du village….

Ghandruk, le mercredi 5 décembre

… où notables, dignitaires et membres de la communauté sont déjà rassemblés…

Visages de la communauté réunie à Ghandruk

… afin de participer à une grande célébration… On honore, cet après-midi-là, un couple âgé du village pour sa contribution au fil des ans à la communauté…

Après les discours, une danse traditionnelle…

Quelle belle façon de terminer cette randonnée!

Ghandruk, au réveil, jeudi matin, le 6 décembre

C’est déjà le moment de rentrer à Pokhara…

Ces cinq jours dans l’Annapurna sont passés très vite, en un clin d’oeil

Très heureux d’avoir fait cette randonnée!

Merci à tous les villageois rencontrés et au personnel des « tea houses« 

Cela a été une merveilleuse expérience!

Un aperçu de la gare routière de Ghandruk, jeudi matin… On a l’impression ici d’être au bout du monde… Le retour en bus vers Pokhara – quatre heures quinze de trajet sur les routes de montagne – sera épique!

« Dal bhat » traditionnel népalais servi à Pokhara

Avant de terminer, et avant de partager quelques conseils pratiques sur cette randonnée dans l’Annapurna, je tiens à remercier ici mes amis Stephen et Annie qui ont parcouru le même chemin quelques jours avant moi. Leurs suggestions, partagées à Pokhara avant le départ, ont été précieuses. Merci à tous les deux!

Un des deux permis de randonnée obligatoires pour emprunter les sentiers de l’Annapurna

Voilà donc ci-dessous quelques suggestions pour ceux et celles qui songent peut-être à réaliser ce circuit de quelques jours dans l’Annapurna… 

  • Amener (il va sans dire) des vêtements chauds. Il fait très froid en altitude, la nuit, et au petit matin.
  • Se munir de savon, d’une serviette de toilette… et de papier hygiénique – items introuvables dans les chambres.
  • Les lits dans les « tea houses » n’ont qu’un simple drap (pas toujours propre) posé sur le matelas, et une couverture (à la propreté douteuse également). Amener un sac de couchage est une bonne idée. On peut en acheter ou en louer facilement à Pokhara. Ou se munir d’une housse, en soie ou en coton, dans laquelle on se glisse. La housse (« liner ») offre une couche de protection entre la peau et le drap/la couverture.  
  • Le prix des chambres est dérisoire. Entre 400 et 1000 roupies la nuit ($5 à $11 ou 3 à 7 euros). La nourriture, qui doit être acheminée à pied ou à dos d’âne jusqu’aux villages, est beaucoup plus chère. Compter 500-600 roupies pour le petit-déjeuner ($6 ou 4 euros). Le même prix pour le déjeuner ou le souper.

Le lac Phewa Tal au centre-ville de Pokhara, samedi matin, le 8 décembre

Au-revoir, Pokhara!

J’ai été très heureux ici, avant et après mon « trek », tranquille dans mon quartier de Lakeside East où les touristes sont moins nombreux.

Logé, au troisième étage, au Nanohana Lodge. Une très bonne adresse.

Le quartier Lakeside East, à Pokhara, samedi matin le 8 décembre

Après quatre semaines en Inde et au Népal, j’ai maintenant pris mon rythme de croisière. J’ai encore devant moi cinq belles semaines de voyage. Ma santé est bonne, le moral, excellent. 

Indra, originaire de Ghandruk, a gentiment préparé et servi la plupart de mes repas pendant mon séjour à Pokhara

Je quitte Pokhara demain pour Katmandou. Un trajet de sept ou huit heures en bus. Ai bien hâte de découvrir la capitale du Népal, et la vallée de Katmandou où j’ai prévu faire plusieurs autres excursions.

J’ai beaucoup écrit depuis un mois. Et je ne sais pas quand le prochain article sera publié – avant ou après Madras (Chennai), dans le sud de l’Inde, où j’arriverai le 18 décembre, Madras où il fait aujourd’hui… 31 degrés!… 

Alors, juste au cas où… déjà… JOYEUX NOËL À TOUS!   

J’ai rencontré Karchhung, devant sa modeste maison, en arrivant à Ghorepani, le 3 décembre. Nous avons le même âge, et nous avons tout de suite sympathisé. Il m’a indiqué où me placer dans le village le lendemain matin pour avoir les meilleures vues du lever du soleil sur l’Annapurna. Karchhung a un fils qui étudie à Seattle et il espère lui rendre visite dans les prochains mois. Bon voyage, et merci Karchhung!

Montréal

Les différents arrondissements et quartiers de l’île de Montréal. La ville est baignée, au sud, par le fleuve Saint-Laurent et, au nord, par la rivière des Prairies. Le quartier Côte-des-Neiges, où j’ai vécu entre l’âge de 15 et 25 ans, est situé au centre de la ville (souligné en bleu)

Quel plaisir de retrouver Montréal cet été après tant d’années d’absence! C’est dans cette ville qu’a débuté, il y a bien longtemps, l’aventure canadienne de notre famille.

C’était en 1972. J’avais quinze ans.

Je m’en rappelle comme si c’était hier.

Mon frère, ma sœur et moi sommes arrivés à Montréal à la fin de l’été, à la mi-août. En provenance de Lagos, au Nigéria, où travaillait notre père, médecin à l’OMS. Ma mère avait quelques semaines plus tôt fait le déplacement jusqu’à Montréal et avait minutieusement préparé notre arrivée.

Nous avons reçu, en quittant l’aéroport (Dorval, à l’époque), un document confirmant notre statut « d’immigrant » au pays. Une feuille rose que l’agent d’immigration a pliée en quatre avant de la glisser, avec un sourire, dans notre passeport.

 – « Surtout, les enfants, SVP, ne perdez pas cette feuille. Gardez-la précieusement », répétait notre mère. Ce document, daté, tamponné, signé, c’était notre sésame.

Un appartement nous attendait sur la rue Queen Mary, dans le quartier Côte-des-Neiges. À deux pas de l’Oratoire Saint-Joseph. Nous étions, selon les voeux de la famille, inscrits dans de « bonnes » écoles.

Pour moi, c’était le Collège Stanislas, à Outremont. Pour ma soeur, le Collège Marie de France, situé pratiquement en face de l’appartement. Mon frère, lui, était admis en biologie à l’université de Montréal. Mon frère aîné, aux études aux États-Unis, nous rejoindra un an plus tard.

Tout ce dont nous avions besoin, épicerie, bureau de poste, papeterie, était à cinq minutes de marche, « en bas de la côte », comme nous disions alors, dans ce qui est aujourd’hui le secteur du métro Snowdon.

Ma mère ne conduisant pas, nous prenions, pour nous déplacer, les transports en commun, les bus surtout: le 51 pour Outremont, le 165 ou le 65 pour le centre-ville, le 124 et le 161 (pour me rendre à Stanislas via la rue Van Horne). Quel changement avec la vie que nous menions en Afrique!

J’avais été surpris de constater les premiers jours que dans notre voisinage les commerçants, les habitants, parlaient plutôt l’anglais. Notre appartement était situé à proximité de plusieurs quartiers anglophones – Hampstead, Côte-Saint-Luc, Westmount, Notre-Dame-de-Grâce – et les francophones avaient parfois de la difficulté à se faire comprendre…

L’élection du Parti Québécois, quatre ans plus tard, en novembre 1976, allait complètement bouleverser les habitudes du quartier. Le français devient alors la seule langue officielle de la province. Et le Parti Québécois annonce dès son arrivée au pouvoir la tenue d’un référendum sur l’indépendance du Québec. Du jour au lendemain, des milliers de Montréalais et de Québécois anglophones prennent le chemin de l’exil vers Toronto et vers la province voisine de l’Ontario.

Le drapeau du Québec. La croix blanche symbolise la religion catholique et les fleurs de lys, la monarchie française.

Mais nous n’en étions pas encore là en cette fin d’été 1972. Entourés par quelques proches et amis de la famille, nous nous sommes donc installés, timidement, au milieu du mois d’août, dans cette grande ville que nous ne connaissions pas, et dans ce pays qui allait devenir notre nouvelle patrie…

Un des attaquants de l’équipe canadienne, Phil Esposito, devant le gardien soviétique, Vladislav Tretiak, lors du deuxième match de « la Série du siècle », le 4 septembre 1972. Photo: Peter Bregg, PC.

Quelques jours à peine après notre arrivée débutait à Montréal « la Série du siècle ». Une série de huit matches qui allait opposer l’équipe canadienne de hockey sur glace à celle de l’URSS. Une série légendaire qui allait, pendant un mois, passionner et enflammer tout le pays.

Je n’avais jamais auparavant prêté la moindre attention à ce sport étrange où les joueurs se battaient fréquemment sur la glace et purgeaient ensuite, à l’écart, des punitions. J’avais remarqué, en lisant les journaux, qu’on ne parlait dans la section des sports que de baseball, de « football » canadien et, bien sûr, de hockey. Rien sur le cyclisme ou sur le « vrai » football, à onze.

Je n’en revenais pas.

Comment pouvait-on au Canada ignorer « le foot » ou les coureurs du Tour de France?

Yvan Cournoyer, le virevoltant ailier droit de l’équipe canadienne.

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Après avoir été menée 3 parties à 1, l’équipe canadienne allait finir par remporter cette fameuse « Série du siècle ».

Grâce à but marqué dans les dernières minutes lors du huitième et ultime match, disputé à Moscou.

Cet immense événement sportif – dont tout le monde parlait alors, à l’école, dans la rue, dans les magasins – a été pour moi une véritable révélation. Une initiation.

Cette série symbolisait en effet mon entrée dans un monde bien différent de celui que j’avais laissé derrière moi à Lagos, à Lomé ou à Melun.

Après l’Afrique et la France, je commençais, à Montréal, à quinze ans, un tout nouvel apprentissage…

Montréal, parc King George, à Westmount, année scolaire 1972-1973. Je n’ai pas encore 16 ans.
Montréal 1973
Quelques mois plus tard, en 1973, aux alentours du parc du Mont-Royal. Photo: Tommy Simmons.

J’amorçais en cette fin d’été et pendant l’automne 1972, sans le savoir, une longue immersion dans une double culture, québécoise et canadienne, dont j’ignorais à peu près tout…

Rue St-Zotique Est, le mardi 31 juillet

Après toutes ces années (et de nombreux séjours, assez brefs, dans la ville) me revoilà, avec Diana, à Montréal!

Pour un mois cette fois-ci. Entouré de mes frères, de ma sœur, de mes neveux et nièces afin de célébrer avec eux, en famille, plusieurs événements heureux.

Fête d’anniversaire, rue de Woodbury, le samedi 21 juillet. Ci-dessous, table familiale de réjouissances, à Outremont, le dimanche 29 juillet

Nous avons fait le choix de nous installer, comme lors de nos séjours à Belleville ou Ménilmontant à Paris, dans un quartier populaire de la ville. Dans une rue calme, située à proximité du parc Kent, dans le secteur nord de l’arrondissement de Côte-des-Neiges.

Quartier Côte-des-Neiges, juillet 2018

Le quartier a beaucoup changé depuis mon départ, au début des années 80.

Notre haut de duplex sur l’avenue Carlton, à l’angle de la rue Légaré. Logement typique, en briques rouges, de la région de Montréal.

Les résidents d’autrefois, d’origine jamaïcaine ou haïtienne cohabitent aujourd’hui, paisiblement, avec des habitants venus des Philippines, du Vietnam ou du Sri Lanka.

Le centre d’achats Côte-des-Neiges, le jeudi 2 août

Le centre d’achats Côte-des-Neiges, au coeur du quartier, s’est métamorphosé en une véritable tour de Babel. Dans les allées des magasins, les clients et les commerçants, en plus du français ou de l’anglais, parlent le tagalog, le mandarin, l’arabe et de multiples langues régionales venues de l’Inde, de la Chine ou des Philippines.

On peut acheter dans les boutiques des saris, des banh mi, du gai lan ou du bok choy.

De nombreuses associations aident ici les arrivants et leurs familles à s’intégrer à leur nouveau pays…

D’après ce que nous avons vu et vécu dans le quartier depuis bientôt un mois, le « vivre-ensemble » de ses cultures si différentes se passe admirablement bien.

Il ne semble pas y avoir à Montréal la tension qui marginalise et isole souvent les minorités dans les villes européennes. Si elle existe, nous ne l’avons pas ressentie. Aucune méfiance ici. Pas d’hostilité.

Tout le monde cohabite et partage paisiblement l’espace public.

C’est un vrai plaisir de déambuler pendant la journée dans les rues du quartier… et de déguster, à l’improviste, la cuisine du monde entier….

Le restaurant Nguyen Phi, au 6260 chemin Côte-des-Neiges, sert de cantine à de nombreux habitants du quartier qui viennent y déguster des plats comme ceux ci-dessous: boeuf grillé accompagné de rouleaux de printemps et de nouilles assaisonnées au basilic thaï et à la citronnelle.

La rue Jarry, dans l’est de Montréal, le vendredi 20 juillet

Montréal compte aujourd’hui près de deux millions d’habitants…. et la ville, réorganisée en 2002 en dix-neuf arrondissements, est en pleine mutation…

De nouveaux quartiers surgissent, notamment dans le sud-ouest de la métropole. Ce secteur, situé près du fleuve Saint-Laurent, a connu, depuis une vingtaine d’années, une profonde transformation.

Une partie de la longue piste cyclable qui longe le canal Lachine dans le sud-ouest de la ville. À gauche, de nouveaux condominiums côtoient une ancienne cheminée, vestige du passé industriel du quartier. À l’arrière-plan, les tours du centre-ville. Ci-dessous, Diana sur la même piste du canal Lachine, près du marché Atwater, le samedi 21 juillet.

D’autres quartiers, plus anciens, renaissent. C’est le cas des secteurs Angus et Hochelaga-Maisonneuve où d’immenses entrepôts, appartenant autrefois aux grands barons de l’industrie, ont été peu à peu rénovés et reconvertis en appartements ou en vastes espaces à vocation communautaire ou culturelle….

Un des nombreux bâtiments reconvertis en logements dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, dans le sud-est de la ville. Certains immeubles servaient jadis d’ateliers aux ouvriers, aux cordonniers notamment. D’autres appartenaient aux grandes compagnies comme Hershey (chocolat) ou au chemin de fer (Canadian National). Ci-dessous, dans le même secteur, l’avenue Desjardins, située à proximité d’une maison de la culture, a été partiellement fermée à la circulation…

Maison de la culture, rue Ontario Est, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, un des plus vieux de Montréal…

Ces appartements ou lofts rénovés accueillent aujourd’hui des jeunes familles en quête d’un loyer raisonnable. D’autres, célibataires ou en couple, viennent ici acquérir leur premier appartement….

C’est que l’accès au logement à Montréal reste – pour combien de temps? – relativement abordable.

Les statistiques de la Ville indiquent que le loyer d’un appartement typique de deux chambres était l’an dernier de $782… À l’autre bout du pays, à Vancouver, il fallait, en 2017, compter près du double – $1552 – pour un espace similaire…

De plus, on peut encore acheter à Montréal un logement neuf, à un prix défiant toute concurrence… comme en témoigne cette affiche, aperçue il y a quelques jours rue de Rouen…

De nouveaux condominiums seront bientôt construits dans cette rue du quartier Hochelaga-Maisonneuve. Deux stations de métro – Préfontaine et Joliette – sur la « ligne verte » sont à quelques minutes de marche…

Ces différents quartiers de la ville sont aujourd’hui reliés par un impressionnant réseau de pistes cyclables, praticables en général du 1er avril au 15 novembre…

La très populaire piste cyclable de la rue Rachel (ici à l’angle de la rue Papineau) relie le Mont-Royal aux quartiers est de la ville…
… la piste rejoint ensuite (avant le boulevard Pie-IX) le secteur du stade Olympique où ont eu lieu les Jeux d’été en 1976…
… et elle traverse enfin (direction nord) le magnifique Parc Maisonneuve, un des poumons de l’est de la ville… Une splendide balade en vélo!…

Ces innombrables pistes cyclables nous ont permis, pendant notre séjour, d’explorer et de découvrir Montréal à notre guise…

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Marché Jean-Talon, mercredi 7 août
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Rue St-Viateur, dans le quartier du « Mile-End »

Du plateau-Mont-Royal au Vieux-Montréal… De Rosemont au quartier branché du Mile-End… D’Outremont au canal Lachine, nous avons dû parcourir en vélo une bonne centaine de kilomètres…

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Rue Bernard
Cantine et épicerie haïtienne, rue Jarry
Le cinéma Beaubien qui offre aux cinéphiles, depuis 1937, des films de qualité, à Rosemont.

Tôt un matin, j’ai emprunté la longue piste cyclable de l’avenue Christophe-Colomb qui m’a conduit, en une douzaine de kilomètres, tout au nord de l’île de Montréal… jusqu’à la rivière des Prairies… et jusqu’au parc naturel de l’île-de-la-Visitation… où j’ai découvert ce qui est sans doute l’un des plus anciens et l’un des plus beaux édifices religieux de la région de Montréal…

Boulevard Gouin, en route pour l’île de la Visitation, le lundi 6 août
L’église de la Visitation été construite entre 1749 et 1751 sur le bord de la rivière des Prairies. Une plaque rappelle le passage en ce lieu de Jacques Cartier, en 1535, et la première messe dite à Montréal, en présence de Samuel de Champlain, en 1615.

Il fait bon vivre l’été à Montréal!… Et j’ai parfois l’impression d’être, ici, de retour à la maison…

L’importante communauté haïtienne de Montréal dispose de plusieurs restaurants de qualité. Ci-dessus, poulet en sauce accompagné de riz aux pois, banane plantain, salade et sauce piquante « pikliz », restaurant Sissi et Paul, 2517, rue Jean-Talon Est. Une excellente adresse.
Programme du 12è festival « Haïti en Folie » tenu à Montréal en juillet…
Diana en compagnie de ma soeur et de son mari avant une séance de dégustation de cuisine indienne, le samedi 11 août.
Café San Gennaro, Petite-Italie, rue St-Zotique E.

Nous avons été frappés pendant notre séjour à Montréal par le grand calme et par la tranquillité qui règnent dans les petites rues des différents quartiers, notamment dans l’est de la ville….

Nous avons aussi été touchés par la politesse et par la gentillesse des habitants à qui nous demandions notre chemin…

Dépanneur, avenue Henri-Julien, dans l’est de Montréal

Sans vouloir généraliser, nous nous sommes demandé si le coût de la vie, relativement peu élevé ici, avait une incidence sur le bien-être et la convivialité des habitants… Chez nous, à Vancouver, depuis quelques années, les gens semblent si pressés, si anxieux… tourmentés peut-être par les loyers exorbitants ou par les hypothèques vertigineuses consenties à l’achat de leurs domiciles…

Rien de tout cela ici… L’habitat, comme locataire ou comme propriétaire, semble être encore à la portée de la majorité… C’est là un atout majeur pour Montréal… Atout à sauvegarder.

Mais… y a-t-il des nuages à l’horizon? Une manifestation a eu lieu cette semaine pour protester contre la gentrification et la hausse des loyers dans le quartier de Parc-Extension, quartier populaire, connu pour la modicité de ses loyers. D’autres manifestations sont prévues dans les prochains jours.

Déjà, l’an dernier, des citoyens avaient haussé le ton contre l’embourgeoisement du quartier Hochelaga-Maisonneuve, comme le rapporte ici le quotidien Le Devoir…

Curieusement, l’accès au logement ne semble pas être un des enjeux de la campagne électorale provinciale qui s’amorce. C’est dommage! C’est le moment d’être vigilant.

Le Québec ira aux urnes le 1er octobre.

Rue Drolet, dans le quartier Villeray, le vendredi 20 juillet.

Un dernier mot.

J’ai été étonné de constater que la langue française à Montréal avait depuis mon départ pris un nouvel accent.

Au traditionnel joual des quartiers de l’est de la ville est venu se greffer, avec le temps, une multitude d’autres accents, colorés, ensoleillés, venus du sud et des pays de la Méditerranée, d’Haïti, de l’Asie et du Moyen-Orient…

Il y a comme du pili-pili, du piment d’espelette et du nuoc nam dans la langue française parlée aujourd’hui à Montréal….

Un exemple?

Après le sempiternel ‘Bonjour/Hi » qui accueille ici partout les gens dans l’espace public, l’oreille se tend… et savoure ensuite, dans les échanges, l’accent de Casablanca, de Port-au-Prince, de Phnom Penh ou de Paris…

Comment cette langue va-t-elle évoluer dans les années à venir?

Difficile de le prédire… mais c’est une autre raison, pour nous, comme le dit la chanson de Robert Charlebois, de revenir à Montréal…

Avec Diana et mon frère Alix dans le quartier de « la Petite-Italie », boulevard Saint-Laurent, lors des festivités de « la Semaine italienne » de Montréal, le vendredi 10 août

Notre « été canadien » se poursuit dans les prochains jours avec une halte dans la ville de Gatineau, située dans la région de l’Outaouais (à proximité d’Ottawa), à deux heures de route environ à l’ouest de Montréal.

Nous irons ensuite jusqu’à Calgary, en Alberta, passer quelques jours dans la famille de Diana…

Bonne fin d’été à tous!

Piste cyclable, rue Boyer, Montréal, le lundi 6 août

Le Chemin de Compostelle

Cela fait plusieurs années que je songe à parcourir l’un des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Depuis huit ou neuf ans, je me documente, je lis, j’écoute, je regarde des films, des reportages sur ce chemin légendaire vieux de plus de mille ans.

En 2013, j’avais dévoré dès sa sortie le récit de Jean-Christophe Ruffin sur le Camino Del Norte, Immortelle Randonnée.

Un peu plus tard, pendant l’été 2015, au Pays basque, j’ai eu la chance de parcourir l’une des étapes mythiques du chemin de Compostelle – le sentier de 27 kilomètres qui traverse les Pyrénées et relie le village de Saint-Jean-Pied-de-Port, en France, à celui de Roncevaux, en Espagne. Cela avait été une expérience inoubliable. Et je m’étais promis, depuis, de revenir sur le chemin.

Entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncevaux, juillet 2015

Mais… à quel moment partir? Quel chemin et quel point de départ choisir? Combien de kilomètres franchir?

Quatre chemins en France convergent vers Saint-Jacques de Compostelle. Le chemin du Puy-en-Velay est le plus connu et l’un des plus anciens. Baptisé GR65 (Chemin de Grande Randonnée) il emmène marcheurs et pèlerins jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port, dans les Pyrénées. Le chemin suit ensuite, en Espagne, le Camino Francès ou le Camino Del Norte avant l’arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le déclic a eu lieu l’an dernier lorsqu’une de nos amies, Julie, est revenue – enchantée, galvanisée – après avoir parcouru en quelques semaines, sac au dos, plus de 700 kilomètres entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Saint-Jacques-de-Compostelle.

Son enthousiasme, au retour, était contagieux. « J’ai rencontré des gens formidables!… Et je n’ai pas eu une seule ampoule! » nous a-t-elle dit en riant, tout en racontant son aventure. Julie songeait déjà à repartir et à rallier Compostelle par un autre chemin…

En planifiant davantage mon projet cependant, je me suis vite rendu compte que marcher en Espagne ne m’intéressait que modérément. Ce qui m’intéressait, c’était emprunter, côté français, l’un des chemins qui mène jusqu’aux Pyrénées.

Le chemin du Puy – le GR65 – entre Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) et Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées- Atlantiques)

J’avais envie de faire l’expérience d’un voyage à pied dans « la France profonde » du Centre et du Sud-Ouest – et explorer, à petits pas, des départements que je ne connaissais pas: la Haute-Loire, la Lozère, l’Aveyron, le Lot, le Tarn-et-Garonne, le Gers.

J’avais envie d’entendre l’accent de ces régions rurales, parfois délaissées. Apprendre avec les habitants des mots anciens, oubliés, des mots liés aux traditions ou à la terre. J’avais envie de découvrir la gastronomie de ces pays, goûter aux produits du terroir.

J’avais envie de prendre mon temps. Envie de flâner et musarder sur les routes. D’aller à la rencontre des gens. Écouter leurs histoires.

Traditions et villages sur le chemin du Puy. Source de l’aquarelle: http://www.atelier-de-marienoelle.com

J’avais envie de m’arrêter l’après-midi dans des petits villages et partager, le soir, le dîner avec les riverains.

J’avais envie enfin de me réveiller dans le profond silence de la campagne et sentir le matin, dans ma chambre, l’odeur du café et du pain grillé…

Images de la région de l’Aubrac, le long du GR65 qui relie Le-Puy-en-Velay et Conques. Aquarelles de Marie-Noëlle Lapouge –  http://www.atelier-de-marienoelle.com

Peu à peu, le chemin du Puy, par son histoire, par ses légendes, par ses nombreux sites classés au patrimoine de l’Unesco, s’est imposé, un peu comme une évidence…

Une partie du chemin du Puy entre Le-Puy-en-Velay (Haute-Loire), Conques et Cahors (Lot)

Je me suis donc décidé au début de l’automne. En quelques semaines, le nez enfoui dans les cartes, dans les guides et les multiples sites en ligne consacrés au Chemin, j’ai construit pour le printemps un itinéraire d’environ 200 kilomètres entre Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) et Conques (Aveyron). J’ai également réservé mes hébergements, le tout selon trois principes.

1. – Marcher en moyenne entre douze à seize kilomètres par jour. Ce qui correspond à trois ou quatre heures d’exercice quotidien. Distance entre Le Puy-en-Velay et Conques: 205 kilomètres. À parcourir en dix-sept jours. Quinze jours de marche et deux jours de repos.

2. – Éviter de transporter mon sac sur le dos. Il sera plutôt acheminé par la malle postale du chemin et m’attendra tous les jours, avant 17 heures, à mon logement.

3. – Pour les hébergements, j’ai résolument penché côté confort, et j’ai choisi pour chacune de mes nuits de randonnée la formule chambres d’hôtes (dîner chez l’habitant, chambre individuelle, petit déjeuner). Ou, au besoin, l’hôtel. Deux nuits sont réservées dans un couvent – le Couvent de Malet – dans le village de Saint-Côme d’Olt, en Aveyron.

Les légendes abondent sur le chemin du Puy. Ci-dessus, à droite, une gravure du Moyen-Âge représentant un pèlerin dévoré par une bête sauvage, dans la région de l’Aubrac, une des plus accidentées du chemin. Les loups ont heureusement depuis longtemps disparu du GR65…

Voilà donc ci-dessous, étape par étape, mon itinéraire de randonneur, de pèlerin (et de vagabond) entre mon départ de Vancouver, le 15 avril, et mon retour en Colombie-Britannique, le 30 mai.

Ces 205 kilomètres de randonnée seront suivis d’une dizaine de jours de repos dans deux villages: Figeac, dans le Lot, et Najac, dans l’Aveyron.

Je terminerai mon aventure dans la ville d’Albi (Tarn) avant le retour à Paris.

Itinéraire Compostelle:

16-22 avril = Paris

23-26 avril = Le Puy-en-Velay

27 avril = Le Puy-en-Velay – Montbonnet (Haute-Loire)15kms. Temps de marche (TDM): 3h40 à 4h.

28 avril = Montbonnet – Monistrol d’Allier – 15kms. TDM: 4h à 4h30

29 avril = Monistrol d’Allier – Saugues – 13kms. TDM: 3h30 à 4h

30 avril = Saugues – Chanaleilles – 13kms. TDM: 4h à 4h30.

1er mai = Chanaleilles – St-Alban-sur-Limagnole (Lozère) 19kms. TDM: 4h à 4h30.

2 mai = St-Alban-sur- Limagnole – Aumont-Aubrac – 16kms. TDM: 5 à 6h.

3 mai = Jour de repos à Aumont-Aubrac

4 mai = Aumont-Aubrac à Les Gentianes – 16kms. TDM: 4 à 5h.

5 mai = Les Gentianes à Nasbinals – 11kms. TDM: 3 à 4h.

6 mai = Nasbinals à Saint-Chely d’Aubrac (Aveyron)17kms. TDM: 4 à 5h.

7 mai = Saint-Chély-d’Aubrac à St Côme d’Olt (Couvent de Malet) – 16kms. TDM: 4h

8 mai = Jour de repos à St Côme d’Olt

9 mai  = St Côme d’Olt à Espalion – 9 kms. TDM: 2h15.

10 mai = Espalion à Estaing – 12kms. – TDM: 3h.

11 mai = Estaing à Golinhac – 14kms. TDM: 3h30.

12mai = Golinhac à Sénergues – 12kms. TDM: 3h.

13 mai = Sénergues à Conques – 9kms. TDM: 2h.

Distance parcourue = 207 kilomètres

Lundi 14 mai = Jour de repos à Conques

15 – 19 mai = Figeac (Lot)

20 – 24 mai = Najac (Aveyron)

25 – 26 mai = Albi (Tarn)

27 – 30 mai = Paris

Bon début de printemps à tous!

Le département de l’Aveyron où (sauf imprévus) je terminerai ma randonnée, le 13 mai. Le village de Conques (classé au patrimoine de l’Unesco) est situé au nord-ouest du département, presqu’à la frontière entre le Cantal et le Lot. Figeac, dans le Lot, est à une cinquantaine de kms à l’ouest. Le village de Najac est lui situé à l’ouest du département, à proximité du département du Tarn et du Tarn et Garonne.

Dernière halte avant de rentrer à Paris, Albi, dans le Tarn.

Entre Alleppey, Kollam et Varkala…

Beaucoup de chemin parcouru en bus, en bateau, en train, depuis mon départ de Munnar le 12 décembre…

En bateau, entre Alleppey et Kollam, le samedi 17 décembre. Les pirogues transportent de la fibre de noix de coco, une des principales ressources du Kerala. Matériel grâce auquel on fabrique de la corde, des brosses, des tapis...
En bateau, entre Alleppey et Kollam, le samedi 17 décembre. Les pirogues transportent de la fibre de noix de coco, une des principales ressources du Kerala…

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… Matériel grâce auquel on fabrique de la corde, des brosses, des tapis…

Varkala, Kappil beach, mercredi 21 décembre

Malgré la pauvreté, les inégalités, mon histoire d’amour avec le sud de l’Inde se poursuit.

Je suis devenu en quelques jours profondément attaché à cette partie d’un pays, immense, que je découvre avec émerveillement. Attaché à une culture qui surprend, étonne, déroute parfois, et que j’essaie de mieux comprendre.

Attaché à un état d’esprit très particulier qui semble régner ici, à une attitude, à une conduite, empreinte de patience, d’humilité, d’honnêteté aussi.

(Deux fois déjà, à Munnar puis à Alleppey, les chauffeurs de rickshaws m’ont rendu, après une courte course, une poignée de monnaie, en me disant : «25 rupees? I can manage with 20 rupees, Sir! »)

Partout, la gentillesse et le sourire timide des gens éclairent mes journées.

Varkala, Kappil beach
Varkala, Kappil beach

Munroe Island, à une heure de route au nord de Kollam, lundi 19 décembre.
Munroe Island, à une heure de route au nord de Kollam, lundi 19 décembre.

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Je regrette déjà de devoir quitter, dès demain, le sud de l’Inde… Il semble que je viens à peine d’arriver!…

Voici donc avant de partir, en images et en mots, un résumé des aventures de ces dix derniers jours… J’ai réalisé ici un de mes plus beaux voyages.

Plat traditionnel du sud de l'Inde, le "thali", du riz accompagné de divers condiments et légumes, servi sur une feuille de banane.... Déjeuner au large d'Alleppey, vendredi 16 décembre.
Plat traditionnel du sud de l’Inde, le « thali », du riz accompagné de divers condiments et légumes, servi ici sur une feuille de bananier. Déjeuner offert dans un village près d’Alleppey, vendredi 16 décembre. À noter: il n’y a pas d’ustensiles, on mange avec la main…

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Soulignées en vert, mes cinq haltes au Kerala: Cochin (Fort-Cochin), Munnar, Alleppey, Kollam et Varkala. Ensuite, plus au sud, de Trivandrum (la capitale de l’état du Kerala), j’ai pris le 23 décembre l’avion pour Colombo, au Sri Lanka.

Je m’étais fixé en quittant Munnar un objectif bien précis. Retrouver la côte et descendre, plein sud, en direction de Varkala. En essayant d’emprunter dans la mesure du possible les canaux et les voies fluviales – les fameuses « backwaters » – qui ont fait la renommée du Kerala.

Promenade dans les canaux au large d'Alleppey, vendredi 16 décembre
Promenade dans les canaux au large d’Alleppey, vendredi 16 décembre

Pari réussi. En dix jours, j’ai eu la chance d’effectuer, au fil de l’eau, quatre très belles excursions entre Alleppey et Varkala, au cœur d’une région sauvage et splendide.

Marchand de poison dans les canaux de Munroe Island, lundi 19 décembre...
Marchand de poisson dans les canaux de Munroe Island, lundi 19 décembre…

Plantation de riz, près de Kottayam, mercredi 14 décembre.
Plantation de riz, près de Kottayam, mercredi 14 décembre.

Je me suis d’abord arrêté quelques jours à Alleppey – rebaptisée Alappuzha en 1991, mais que tout le monde ou presque continue d’appeler Alleppey.

Envoûtante, déconcertante, ville aux mille visages, Alleppey compte environ 80 000 habitants répartis dans des quartiers bien distincts.

Quartier situé près de la plage, à Alleppey, jeudi 15 décembre. Les marchands viennent tôt le matin vendre leurs produits aux habitants.
Alleppey, jeudi 15 décembre. Un des quartiers situés près de la plage. Les marchands viennent, tôt le matin, vendre leurs produits aux habitants.

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À mesure que l’on progresse vers le centre-ville cependant, la cité revêt un visage différent…

Alleppey, c’est « la petite Venise de l’inde du sud »

Des demeures élégantes, de jolis canaux (certains désaffectés) témoignent du passé colonial de la ville qui était autrefois (comme Fort-Cochin) un relais important dans le commerce des épices.

Un des nombreux canaux d'Alleppey et, ci-dessous, une des principales rues du centre-ville...
Un des nombreux canaux d’Alleppey et, ci-dessous, une des principales rues du centre-ville…

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Il règne ici un peu la même atmosphère que dans les petites villes du delta du Mékong, une chaleur torride, humide, moite, trente-deux degrés pendant la journée et, entre décembre et février, rarement une goutte de pluie…

Le quai principal, à Alleppey
Le quai principal, à Alleppey

Alleppey est aussi la ville principale de la région du lac Vembanad.

Tous les matins un traversier quitte l’agglomération et relie les villages éparpillés autour du lac. Le traversier va jusqu’à Kottayam, l’autre bourgade importante du secteur, située à 20 kilomètres d’Alleppey, sur la rive est du lac Vembanad. (Voir la carte plus haut)

Mercredi matin, je suis monté à bord…

Près d'Alleppey, une des voies fluviales qui sont au cœur du réseau de transport au sud du Kerala
Près d’Alleppey, les voies fluviales sont au cœur du réseau de transport du sud du Kerala. Les grands navires sont des « houseboats », véritables palaces flottants qui peuvent accueillir des dizaines de personnes pour un mariage, une réunion de famille ou une simple excursion entre amis.

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La rumeur de la ville s’estompe rapidement… La promenade est fantastique!

Entre Alleppey et Kottayam...
Entre Alleppey et Kottayam…

De chaque côté du lac, on peut observer la vie quotidienne des villages qui vivent exclusivement de la pêche et de l’agriculture.

C’est le Kerala traditionnel et authentique.

Entre Alleppey et Kottayam, mercredi 14 décembre
Confidences échangées sur les rives du lac Vembanad, le mercredi 14 décembre

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Entre Alleppey et Kottayam

À mesure que l’on s’éloigne d’Alleppey, le nombre de passagers sur le traversier augmente. Le bateau est un vrai trait d’union entre les communautés…

Elèves attendant au quai le bateau pour l'école...
Elèves attendant au quai le bateau pour l’école…

C’est aussi le moyen de transport qu’empruntent, tous les matins, des dizaines d’enfants afin d’aller à l’école.

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Amal, au premier plan, 16 ans, étudie entre 10 heures et 16 heures, en Malayalam, en Hindi et en Anglais, dans une école près de Kottayam. Pour aller et revenir de son école, il passe chaque jour deux heures sur le traversier…

Ci-dessous, entre Alleppey et Kottayam...
Ci-dessous, entre Alleppey et Kottayam…

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Combien de temps encore ces villages, certains très isolés, vivront-ils, simplement, de façon traditionnelle?

Comme partout en Inde, les choses évoluent ici très rapidement. Depuis une quinzaine d’années, une grande partie de la population rurale du Kerala quitte les villages.

Les jeunes partent par centaines gagner leur vie comme main-d’oeuvre dans les pays du Golfe. Les chantiers de construction à Dubaï, à Oman, débordent de travailleurs exilés, originaires du Kerala…

Après quelques années passées à l’étranger, beaucoup reviennent, et s’installent dans les villes…

Que deviendront ces villages dans trente ans?

Voyage en traversier entre Alleppey et Kollam, samedi 17 janvier
Voyage en traversier entre Alleppey et Kollam…

Huit heures de bateau sur les voies fluviales, le samedi 17 décembre, entre Alleppey et Kollam, une distance d’environ 85 kilomètres.

C’est la croisière classique, presque incontournable, des voyageurs en visite dans le sud du Kerala.

Le traversier avance lentement, souvent au milieu des algues ou d’une flore lacustre abondante. Le paysage change constamment…. et réserve bien des surprises!

À mi-chemin entre Alleppey et Kollam...
Entre Alleppey et Kollam, samedi 17 décembre. En route, sur les rives, des sourires… et, un peu plus loin, quelques regards interrogateurs…

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Pêcheurs s'apprêtant à prendre la mer, près de Kollam...
Pêcheurs s’apprêtant à prendre la mer, près de Kollam…

Nous arrivons à destination à la tombée de la nuit…. Je gagne vite mon hôtel en rickshaw.

Grosse surprise, le lendemain, en déambulant dans les rues de Kollam. À part le personnel de l’hôtel, presque personne ici ne parle l’anglais. Visage perplexe des passants lorsque je demande mon chemin…. On parle ici presqu’exclusivement le Malayalam.

Vendeur de billets de loterie, Kollam, dimanche 18 décembre,
Vendeur de billets de loterie, Kollam, tôt, dimanche matin, 18 décembre

Je ne fais que passer à Kollam…

Je suis ici afin d’explorer en pirogue les canaux de Munroe Island, une petite île située à une heure de route, au nord de la ville. Je n’ai pas été décu.

Pêcheurs de Munroe Island, lundi 19 décembre.
Pêcheurs à Munroe Island, lundi 19 décembre

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Cependant, les pêcheurs et leurs familles vivent ici dans des conditions de vie très précaires. Les habitations disposent de l’électricité et ont l’eau courante, mais il fait à l’intérieur de l’île une chaleur étouffante, suffocante…

Afin d’augmenter leurs maigres revenus, les habitants, en plus de la pêche, produisent du vin de palme. Les femmes fabriquent également, à partir de la fibre de noix de coco, des brosses, de la ficelle, des tapis épais.

Existence très pénible. On gagne ici à peine quelques roupies par jour…

La plage municipale de Varkala...
La plage municipale de Varkala…

Dernière étape de mon périple dans le sud de l’Inde, Varkala!

Varkala, mercredi 21 décembre
Varkala, mercredi 21 décembre

Surtout connue pour ses plages magnifiques, Varkala est probablement l’une des villes les plus libérales du Kerala. Les touristes du monde entier viennent se baigner ici dans l’océan en maillot deux pièces ou en bikini sans trop faire sourciller les habitants.

Curieusement, Varkala est aussi pour la communauté hindoue un lieu de pèlerinage important. La ville abrite un temple imposant situé à deux pas de la plage principale. Des milliers d’Indiens viennent se recueillir ici. Bronzage et spiritualité font à Varkala bon ménage…

En plus des plages (la plupart complètement désertes en haute saison), un des atouts majeurs de Varkala est la magnifique promenade de sept kilomètres qui longe la côte, direction nord, vers Kappil Beach.

Un véritable régal pour ceux qui (comme moi) aiment marcher tôt le matin. J’ai avalé mercredi les quatorze kilomètres (a-r) en un peu plus de trois heures, sous un soleil de plomb, au retour.

Long bain de mer, bien mérité, avant de regagner la maison d’hôtes. L’hiver en Amérique du nord semble bien loin!…

Promenade côtière, Varkala, jeudi 21 décembre
Promenade côtière, entre Varkala et « Kappil Beach », le mercredi 21 décembre et, ci-dessous, pêcheurs, à mi-chemin…

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Mon voyage dans le sud de l’Inde se termine donc déjà. Je prends demain l’avion pour Colombo et le Sri Lanka…

À une exception près (longue histoire), je n’ai eu pendant trois semaines au Kerala que des expériences positives.

Partout, j’ai reçu un accueil chaleureux. Je planifie déjà un nouveau voyage dans une autre région de l’Inde, avec, cette fois, une longue halte au Népal

Quelles aventures m’attendent au Sri Lanka? J’ai bien hâte de continuer mes explorations pendant les vingt-sept prochains jours!…

Varkala au crépuscule, mardi 20 décembre
Varkala au crépuscule, mardi 20 décembre

À Diana (à Calgary), à mes frères (l’un à Londres, l’autre en route pour Lisbonne), à ma sœur (en Andalousie), à tous mes neveux et nièces, aux conjoints, au magnifique bébé arrivé cette année dans la famille, aux amis à Vancouver et autour du monde: 

JOYEUX NOËL ET BONNE ANNÉE 2017!

Alleppey, jeudi 15 décembre 2016
Plage d’Alleppey, jeudi 15 décembre 2016