Dans les pas de Bacchus et d’Épicure

Le Chemin de Compostelle (GR 65) a encore une fois, ce printemps, tenu toutes ses promesses!

Le chemin de Compostelle entre La Romieu et Castelnau-sur-l’Auvignon, dans le département du Gers, le dimanche 12 mai. Dixième jour de marche depuis mon départ de Cahors, le 2 mai.

Entre le village d’Auvillar, dans le département du Tarn-et-Garonne et la commune de Nogaro, dans le Gers, j’ai parcouru, comme prévu, en sept jours, 121 kilomètres.

Dix-sept kilomètres de marche par jour, en moyenne.

Sept jours de grand bonheur, de découvertes, de rencontres et d’échanges….

Sept jours passés (sauf les premières 48 heures) sous un ciel absolument radieux!

Les étapes (en mauve) de mon parcours réalisé du 9 au 16 mai entre Auvillar et Nogaro. J’ai aussi fait halte à Miradoux (entre Auvillar et Lectoure) et au hameau de Larressingle (entre La Romieu et Montréal-du-Gers). Après le 1er tronçon de 100 kms accompli début mai entre Cahors et Auvillar, j’ai parcouru ce mois-ci 221 kms. Objectif l’an prochain: à partir de Nogaro, rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port et les Pyrénées!

Pèlerins sur le sentier de Grande Randonnée (GR 65) avant l’arrivée à Castelnau-sur-l’Auvignon, dans le Gers…

… et en route ensuite vers Larressingle, le dimanche 12 mai

Sept jours au cours desquels j’ai pu aussi poursuivre mon apprentissage de la merveilleuse cuisine du sud-ouest…

Asperges vertes du pays, jambon cru, carottes et soupe aux lentilles. Restaurant Aube Nouvelle, dans le Tarn-et-Garonne.

Cuisine parfois métissée, comme le plat ci-dessous, servi au déjeuner, le 13 mai, sur une terrasse de la place de l’hôtel de ville, dans le village de Montréal-du-Gers.

Saucisses de Toulouse aux épices de Madagascar, pâtes parfumées d’huile de truffe blanche

Au sud de la Garonne, quelques kilomètres après avoir quitté Auvillar, le GR 65 entre dans le Pays de la Lomagne, en Gascogne.

Paysage de Gascogne, entre Miradoux et Lectoure, le vendredi 10 mai. Ci-dessous, un randonneur chemine près d’un vignoble entre Larressingle et Montréal-du-Gers, le lundi 13 mai

La Gascogne!

Que je rêve de découvrir depuis si longtemps!

Emblème du Pays gascon

« Un pour tous, tous pour un »

A. Dumas (1802-1870)

Nous sommes ici dans la patrie de d’Artagnan, le fier, l’impétueux d’Artagnan, né en Gascogne dans le village de Lupiac,  et « monté » très jeune à Paris rejoindre le corps des mousquetaires du roi, Louis XIII.

Que de souvenirs!

« Les Trois Mousquetaires« , le roman d’Alexandre Dumas, a été pour moi, comme pour beaucoup d’autres enfants, une véritable révélation. Une des premières grandes lectures de mon adolescence.

J’avais alors treize ans et j’étais avec l’un de mes frères pensionnaire, inscrit en cinquième, près de Paris, au Collège Albert-de-Mun, à Nogent-sur-Marne, à deux pas du bois de Vincennes.

Éloigné de mes parents (mon père travaillait pour l’OMS en Afrique), d’Artagnan et ses compagnons – Porthos, Aramis, le mystérieux Athos surtout – ont été, ces années-là, mes indéfectibles héros. Je dévorais leurs aventures le soir, à l’étude, et pendant les weekends, à Paris.

Après « Les Trois Mousquetaires », d’autres aventures de d’Artagnan, tout aussi palpitantes, ont suivi: « Vingt ans après » puis « Le Vicomte de Bragelonne ». Ces romans ont profondément marqué mes jeunes années.

« La Route d’Artagnan » est un chemin équestre européen (le premier dans le monde) qui relie Lupiac, en Gascogne, à Maastricht, en Hollande, Maastricht où est mort le véritable d’Artagnan en 1673.

Sur le chemin de Compostelle, le samedi 11 mai, l’immense église Saint-Pierre, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, domine le village de La Romieu. Le village doit son nom au terme gascon « Roumiou » qui signifie « le pèlerin venu de Rome ». Comme plusieurs autres communes dans le Gers, La Romieu doit son existence au passage continu des pèlerins depuis le Moyen-Âge…

Concert de musique ancienne et sacrée présenté par deux chorales – l’une venue de Tarbes, l’autre du pays de la Lomagne – rassemblées le samedi 11 mai à l’église Saint-Pierre de La Romieu.

Au programme: oeuvres de Marc-Antoine Charpentier, Scarlatti et Mozart…

Lynn, Canadienne de la province de la Nouvelle-Écosse, s’est arrêtée cette année juste après La Romieu. Elle poursuivra sa route sur le GR 65 l’an prochain. Au-revoir, Lynn!

La Gascogne, c’est aussi le pays de l’armagnac… et des tables gourmandes!

La place d’Armagnac, au centre du village d’Eauze, dans le département du Gers…

… le mercredi 15 mai, jour de repos, après six jours consécutifs de marche

Blancs de poulets sur oignons confits déglacés aux côtes de Gascogne

Un vieil homme soigne son jardin et ses vignes devant sa maison dans le village de Marides situé dans le Gers, entre Lectoure et Marsolan

Filet mignon de porc, gratin dauphinois et courgettes, La Romieu, samedi 11 mai.

Bacchus, dieu romain du vin et de la vigne

Épicure, philosophe grec, 341-270 av. J.-C.

En fait, au fur et à mesure que je progresse vers Nogaro, un phénomène assez curieux, inattendu, se produit…

Bacchus, dieu du vin et de la vigne, et Épicure, chantre de l’hédonisme…

… me prennent peu à peu par la main… et, ensemble, jour après jour, inexorablement,

ils transforment, métamorphosent mon Chemin de Compostelle… en un Chemin… épicurien!

Je découvre ainsi en route, chaque jour, dans les villages, des menus, des plats, de plus en plus alléchants!…

Poireaux vinaigrette revisités avec anchois et noisettes torréfiées. Tous les plats dans ce restaurant (Le Loft, à Eauze) sont confectionnés maison. « La racine du poireau », me confie la serveuse, « est la partie la plus vitaminée« .

Un midi, dans le bourg de Labastide-Marnhac, un peu après Cahors, mon plat du jour arrive… accompagné d’un litre de vin rosé. Un litre!

Araignée de porc, épinards et purée de pommes de terre. Restaurant « Les Halles », Labastide-Marnhac, dans le Lot.

« Le vin est compris », me dit gentiment la serveuse, en souriant, étonnée par mon regard perplexe. Autour de moi dans le restaurant, des ouvriers, les mains rudes, déjeunent joyeusement, en groupe. Sur leur table, quatre ou cinq bouteilles, bien entamées. Il est midi trente, un lundi…

Ce jour-là, malheureusement, je n’ai pu que tremper les lèvres dans mon verre… sous peine d’arriver plutôt chancelant à destination…

Le GR65 entre La Romieu et Larressingle, le dimanche 12 mai

L’Armagnac qu’on appelait jadis « l’eau ardente » était réputé au moyen-âge pour ses vertus thérapeutiques

Tous les randonneurs le confirment. Il règne sur les sentiers et les routes du département du Gers une atmosphère bien particulière.

Les agriculteurs, rencontrés près de leurs fermes, le long du GR65, vivent plutôt bien. La terre ici est féconde. Irriguée par de nombreuses rivières et cours d’eau. (Curieusement, une des villes les plus importantes du département, Condom, est baignée par la rivière Baïse. Bien prononcer le tréma du « ï ». C’est étrange, non?).

Le commerce de l’armagnac a largement contribué à la richesse de la région.

La fabrication de cette eau-de-vie, la plus vieille de France, se fait par distillation de vins blancs, secs. Une distillation suffit. (À la différence du cognac qui, lui, est distillé deux fois.)

Les tonneaux d’armagnac étaient autrefois transportés par bateau vers les ports de Bordeaux et de Bayonne et ensuite exportés, notamment vers la Hollande et l’Angleterre.

Aujourd’hui encore, partout dans le Gers, les randonneurs côtoient et traversent des immenses champs de vignes, soigneusement entretenus.

Entre Montréal-du-Gers et Eauze, le mardi 14 mai

La vigne est encore jeune au mois de mai. Les vendanges auront lieu à l’automne.

Le Floc de Gascogne

Une autre liqueur, plus douce, le Floc de Gascogne, est aussi souvent offerte aux pèlerins, en guise de bienvenue ou à l’heure de l’apéritif.

Bienvenue en Gascogne!

Entre Montréal-du-Gers et Eauze, un autre Canadien, de la Colombie-Britannique…

Mon carnet de pèlerin dûment estampillé à l’arrivée ou au départ de chaque étape.

Dîner chez Martine, à la « Halte de Larressingle », le dimanche 12 mai.

Pour moi, l’un des grands plaisirs du Chemin de Compostelle est de retrouver, le soir ou le matin, à l’heure du repas, randonneurs et pèlerins. Les sujets de conversation ne manquent pas. Les questions, les rires et les taquineries non plus.

En ce début de saison, à la mi-mai, la plupart des pèlerins sont à la retraite ou en vacances. Au début de chaque repas, il y a souvent entre randonneurs, autour de la table, un lien de camaraderie assez fort. Même si nous ne nous connaissons pas, nous avons tous la veille ou pendant la journée marché sur le même sentier, traversé les mêmes villages, rencontré les mêmes riverains. Cela créée immédiatement entre nous une atmosphère amicale, bienveillante, intime parfois, propice aux confidences…

Ces repas pris en commun sont un moment fort du Chemin. Apprendre à connaître et fraterniser avec ses voisins de table, partager ses expériences, écouter la grande variété des parcours professionnels et familiaux, entendre, dans le plus grand respect, les décisions, les choix qui ont été faits, par l’un ou par l’autre, éclater de rire aussi, c’est là, chaque jour, au cours du repas, l’un des immenses privilèges du chemin de Compostelle!

Photo de groupe, lundi matin le 13 mai, avant le départ de Larressingle pour Montréal-du-Gers.

J’aimerais donc avant de poursuivre rendre hommage ici à quelques-uns de ces marcheurs, pèlerins et riverains rencontrés ce printemps entre Auvillar et Nogaro…

Martine, ex-enseignante, offre aux pèlerins un accueil et un environnement exceptionnels dans sa propriété de Larressingle. Merci, Martine!

 

Jasmine, anthropologue, née à Saïgon, d’une famille originaire de Pondichéry

 

 

 

 

 

 

 

Philippe, du Var, avec qui j’ai cheminé un long moment entre Larressingle et Montréal-du-Gers

 

Laurence qui reçoit si gentiment les pèlerins dans sa grande maison située dans le centre historique de Eauze

 

 

 

 

 

 

 

Petit-déjeuner le mardi 14 mai à Montréal-du-Gers. La patronne (à gauche) vient de Madagascar

 

 

 

 

 

Gisèle, d’origine camerounaise, rencontrée devant sa maison à Manciet

 

Isabelle, derrière le comptoir du café-restaurant « Chez Monique » à Manciet, où je me suis arrêté pour le déjeuner

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai rapidement parcouru les deux dernières étapes de mon parcours entre Montréal-du-Gers et Eauze, le mardi 14 mai, et entre Eauze et Nogaro, le jeudi 16 mai. Il fait un temps magnifique… et de plus en plus chaud!

Sous un grand ciel bleu, le GR65 traverse les champs quelques kilomètres après Montréal-du-Gers… Le thermomètre oscille autour de 30 degrés.

Après avoir quitté la région de la Lomagne puis le chemin de la Ténarèze (une ancienne voie gauloise), le GR 65 entre, près de Eauze, dans la région du Bas-Armagnac… Territoire méticuleusement protégé où est produit, depuis le Moyen-Âge, le précieux nectar, l’Armagnac…

Sur le chemin, on peut apercevoir, à l’horizon, la ligne de crête des Pyrénées!

Entre Éauze et Nogaro, se profilent (sur la gauche) les sommets enneigés des Pyrénées!

Paysages splendides traversés entre Eauze et Nogaro!

Bassins où l’on pratique l’aquiculture (élevage des poissons et crustacés) dans la région du Bas-Armagnac. Treizième et dernier jour de marche, le jeudi 16 mai. Ci-dessous, une heure environ avant de rejoindre Nogaro, une partie du terrain de la grande ferme du Haguet, ouverte aux pèlerins…

La ferme du Haguet

Quelques derniers kilomètres (ci-dessous) à franchir dans le Bas-Armagnac… et…

… vers 13h30, le jeudi 16 mai, arrivée, comme prévu, à Nogaro, village paisible d’environ 2000 habitants…

En début d’après-midi, c’est l’heure de la sieste à Nogaro… Il n’y a personne à l’entrée du village pour prendre une photo!…

Mission accomplie!

221 kilomètres parcourus depuis mon départ de Cahors, le 2 mai. Je suis en pleine forme. Aucune ampoule. Pas d’entorse. J’aurais facilement pu réaliser deux ou trois étapes supplémentaires.

Pourquoi donc s’arrêter à Nogaro?

C’est qu’ici une navette quotidienne, en direction de Pau ou d’Agen, est assurée, par autocar, par la SNCF. Dans cette région isolée du département du Gers, il n’est pas facile de se déplacer et les liaisons ferroviaires ou par bus sont rares. C’est dommage!

L’accès aux transports en commun sera encore plus difficile, l’an prochain, plus au sud, dans le département des Landes et au Pays basque…

Le lendemain de mon arrivée à Nogaro, le vendredi 17 mai, jour de repos, je suis allé, sur les conseils de la propriétaire de ma chambre d’hôtes, déjeuner à l’une des bonnes tables du village, « Chez Quentin ». Et je n’ai pas hésité, cette fois, à accepter le quart de vin rosé…

Salade de chèvre chaud au restaurant « Chez Quentin », à Nogaro, dans le département du Gers

… avant de rejoindre en bus, le lendemain, le samedi 18 mai, brièvement, la ville de Pau (temps gris et pluie pendant deux jours, malheureusement)…

Le Grand Prix automobile de Pau s’est tenu (sous la pluie) le weekend du 17-19 mai

… puis, en train, Paris où jai retrouvé, dans le 19è et 20è arrondissement, mes repères et mes habitudes à Belleville et Ménilmontant.

Marché du jeudi, rue des Pyrénées, le 23 mai

Comme à chacun de mes séjours à Paris, rendez-vous chez mon fidèle coiffeur, Kandy, dans son modeste salon de la rue de Belleville (angle rue Julien Lacroix). Kandy, 52 ans, père de trois enfants, est originaire de Jaffna, au Sri Lanka.

La rue principale du village de Marsolan, dans le Gers. Un des plus beaux villages traversés ce printemps.

Me voilà donc arrivé au terme de cette deuxième belle aventure sur le chemin de Compostelle!

Il me reste un peu plus de 310 kilomètres maintenant avant d’atteindre les Pyrénées.

135 kms environ entre Conques (où je me suis arrêté l’an dernier) et Cahors. Ce qui représente 7 étapes. (Une étape = environ 20 kms)

Ensuite, 175 kms environ entre Nogaro et Saint-Jean-Pied-de-Port. 9 autres étapes.

Seize étapes donc à prévoir le printemps prochain, plus quelques jours de repos. Je prévois faire de nouveau une longue halte à Figeac afin, notamment, d’aller en train explorer la région de Rocamadour.

Si tout se passe bien, je devrais pouvoir réaliser ces 16 étapes + repos + Rocamadour en environ un mois.

Je commencerai donc ma randonnée un peu plus tard en 2020, vers la fin-mai probablement. Afin d’avoir presque terminé fin juin, et avant de retrouver Diana en France, début juillet.

Nous parcourrons ensemble au Pays basque les deux ou trois dernières étapes du GR65 jusqu’à l’arrivée à Saint-Jean-Pied-de-Port.

Voilà, c’est le plan. Sortons, encore une fois, les gris-gris et les amulettes!

Merci à tous pour vos messages et vos encouragements!

Les tours de la cathédrale Notre-Dame photographiées hier matin, le mardi 21 mai, du pont Louis-Philippe

Un mot sur Notre-Dame avant de terminer…

Je suis retourné hier matin sur l’île de la Cité. C’était ma deuxième visite ce printemps. 

Les dégâts causés par l’incendie du 15 avril sont condidérables… tout comme les travaux de restauration entrepris très vite par les autorités….

Les touristes ont maintenant de nouveau accès aux rues avoisinantes de la cathédrale, la rue d’Arcole et la rue du Cloître Notre-Dame, (elles étaient fermées lors de ma première visite fin avril)… mais…

Notre-Dame réouvrira-t-elle ses portes dans cinq ans (pour les J.O. de Paris en 2024) comme l’a annoncé le président?

Les avis sont très partagés.

Notre-Dame, du pont de l’Archevêché, le mardi 21 mai…

……la cathédrale vue du Quai Montebello, mardi matin…

….les parois grandes ouvertes, béantes sur Paris

Du plateau de l’Aubrac à Conques

Le village de Conques en Aveyron est depuis le Moyen-Âge une étape importante sur le chemin de Compostelle. Les pèlerins viennent se recueillir ici dans l’abbaye et dans l’église (aux trois tours) où reposent, depuis le 9è siècle, les reliques de sainte Foy (née et martyrisée à Agen)…

Arrivée à Conques (Concas en Occitan) sous les nuages et une pluie fine, le dimanche 13 mai… après 60 heures de marche sur le GR65 depuis Le-Puy-en-Velay!… Fatigué, les côtes meurtries après une chute, les vêtements sales, les chaussures pleines de boue, une partie du pantalon déchiré (et recousu à Espalion)… mais… pari tenu!

Neuvième journée de marche, le dimanche 6 mai, entre Nasbinals, en Lozère, et Saint-Chély d’Aubrac, en Aveyron.

Comment partager les enseignements du chemin de Compostelle?

Et comment rendre justice ici à l’immense beauté de ce sentier – après ce périple, inoubliable, de dix-sept jours – dont quinze jours de marche – entre Le-Puy-en-Velay et Conques?

Le tracé du GR65 entre Le-Puy-en-Velay et Conques. Ci-dessous, en détail, les étapes de la deuxième partie de ma randonnée, entre Aumont-Aubrac et Conques. Deux étapes manquent sur le pointillé rouge: Finieyrols (entre Aumont-Aubrac et Nasbinals) et Sénergues (entre Golinhac et Conques)

Périple de 205 kilomètres qui m’a conduit dans trois départements – la Haute-Loire, La Lozère, l’Aveyron – et au cours duquel j’ai traversé des paysages féeriques….

Traversée du plateau de l’Aubrac, dimanche 6 mai… Ce tronçon de 17 kilomètres entre Nasbinals et Saint-Chély d’Aubrac a été classé en 1998 au patrimoine mondial de l’Unesco… Cette partie du chemin dans l’Aubrac était autrefois entièrement boisée… et dangereuse au Moyen-Âge pour les pèlerins qui se faisaient régulièrement dépouiller par les bandits cachés dans la forêt… Arriver le soir sans être attaqué était une chance… Les pèlerins devaient aussi se méfier des loups…

Dimanche 6 mai dans l’Aubrac entre la Lozère et l’Aveyron…

Arrivée au village d’Aubrac, le 6 mai, à mi-chemin entre Nasbinals et Saint-Chély d’Aubrac. À l’arrière-plan, la domeraie d’Aubrac, le monastère qui marquait pour les pèlerins la fin des dangers… « Les soirs de brume », lit-on dans un document, « on y sonnait la cloche Maria, la cloche des perdus, afin que les égarés se dirigent vers le gîte plutôt que de mourir de froid… »

Le GR65 quelques kilomètres avant le village de Saint-Chély d’Aubrac… classé comme un des « plus beaux villages de France »… et photographié ci-dessous, tôt le dimanche 7 mai, sur le sentier vers Saint-Côme d’Olt et le Couvent de Malet…

Le village de Saint-Chély d’Aubrac, en Aveyron. Le pont des pèlerins (en bas, à gauche) qui enjambe la rivière Boralde, date du 14è siècle et est inscrit au patrimoine de l’Unesco.

J’ai aussi eu la chance au cours de ce périple, mémorable, de rencontrer des dizaines de marcheurs, de pèlerins… et  de riverains…

Isabelle qui gère avec son mari Benoît, à Sénergues, l’excellente maison « Domaine de Sénos »

Coupe de fromage Cantal à l’épicerie d’Espeyrac, en Aveyron

 

 

 

 

 

 

 

 

 

J’ai appris en parlant aux gens de la région que ces petits villages de la Lozère et de l’Aveyron ont, historiquement, presque toujours été des terres d’émigration. Le sol du pays, rude et peu fertile, poussait les jeunes à quitter les villages. Ils s’engageaient dans l’armée ou ils allaient tenter leur chance ailleurs, souvent à Paris. (Voir les nouvelles de Maupassant). La Lozère demeure encore aujourd’hui le département le moins peuplé de la France.

Dixième journée de marche le lundi 7 mai entre Saint-Chély d’Aubrac et Saint-Côme d’Olt

Le GR65 dans toute la splendeur du printemps…

Après avoir dégusté le lundi 7 mai au déjeuner un délicieux « farçou » à l’ombre d’une terrasse dans le petit village de La Rozière…

Un farçou, une crèpe aux oignons, au persil et à la blette, mets typique de l’Aveyron…

… alors que j’admirais le paysage en cheminant tranquillement vers le bourg de Saint-Côme d’Olt et vers la vallée du Lot…

Paysage de Provence en Aveyron, le lundi 7 mai, juste avant l’arrivée au village de Saint-Côme d’Olt…

… J’ai eu un accident!

Je suis tombé, assez lourdement, sur le chemin. Plus de peur que de mal, mais j’ai quand même eu deux ou trois côtes endolories… et un pied gauche que j’ai dû longtemps masser. Tout cela à cause d’une jonction inégale entre le sentier et un morceau de route goudronnée. J’aurais dû mieux regarder où je mettais les pieds.

Avec le recul, je me rends compte aujourd’hui que j’ai eu beaucoup de chance. Ma chute aurait pu être bien plus grave… J’aurais pu facilement me casser la jambe ou une cheville… ou avoir une côte brisée… J’étais absolument seul sur le sentier. Et j’ai été fort soulagé, reconnaissant, lorsque deux marcheurs, bienveillants, sont venus, cinq minutes plus tard, à ma rescousse…

Heureusement, l’incident est arrivé à quelques minutes de marche seulement du village de Saint-Côme d’Olt où j’avais prévu passer la nuit… et prendre une journée de repos, le lendemain, au Couvent de Malet…

Le Couvent de Malet, établi au 12è siècle près du village de Saint-Côme d’Olt, en Aveyron. Rénové en 2004, le couvent est un havre de paix et de repos pour les pèlerins fatigués. Chambres spacieuses et confortables. Calme absolu, à cinq minutes de marche du village. Exactement ce dont j’avais besoin après ma chute!

Le couvent de Malet abrite aussi des sœurs, des Ursulines, âgées, en fin de vie…

Office des vêpres célébré…

… en fin d’après-midi dans la cour intérieure du Couvent de Malet…

 

 

 

 

 

 

 

 

… le mardi 8 mai.

Le soir, le couvent accueille des dizaines de marcheurs, de pèlerins…

Randonneurs rassemblés ici dans la cafétéria du couvent autour d’un couple « d’hospitaliers » et d’un jeune séminariste vietnamien (né à Dalat!). Le trio enseigne au groupe, après le repas, une chanson traditionnelle de pèlerin..

Les dix commandements du pèlerin modèle affichés sur le chemin entre Finieyrols et Nasbinals

Après une journée de repos, et presque complètement remis, j’ai repris la route, le mercredi 9 mai, en direction d’Espalion… Et j’ai poursuivi le lendemain mon chemin jusqu’au village d’Estaing…

Le hameau du Briffoul, entre Espalion et Estaing, le jeudi 10 mai. Ci-dessous, le village d’Estaing, situé sur les rives du Lot, classé lui aussi parmi « les plus beaux villages de France »…

Après avoir acheté une particule (auprès du Conseil d’État) en 1922, la famille de l’ancien président Valéry Giscard d’Estaing a fait l’acquisition du château d’Estaing en 2005. Les archives personnelles et un petit musée à la gloire du président ont été aménagés à l’intérieur du château…. La ville d’Estaing a fourni autrefois au Royaume de France des personnages illustres (aujourd’hui oubliés)…

L’ancien président ne vient que deux fois par an dans son château. Lors des journées du patrimoine en septembre, et lors de la fête de la saint Fleuret (le saint patron du village) le 1er dimanche de juillet…

Jean Urbain Dijols, ancien conseiller municipal et adjoint au maire accueille chez lui à Estaing randonneurs et pèlerins. Une bonne adresse sur le GR65, « Chez Jeannot ».

Nous avons eu droit le vendredi 11 mai à l’une de nos dernières journées de grand ciel bleu sur le chemin de Compostelle…

Le GR65 entre Estaing et Golinhac, le vendredi 11 mai

Journée qui m’a conduit après quatorze kilomètres sur les hauteurs du petit village de Golinhac…

Sur la place du village de Golinhac…

… et vers une confortable chambre d’hôtes – « Les Rochers » – disposant d’un grand jardin… et d’une vue exceptionnelle sur la vallée du Lot…

Jardin de la chambre d’hôtes « Les Rochers » à Golinhac. Une excellente adresse.

De Golinhac, il ne me restait qu’une vingtaine de kilomètres avant d’arriver à Conques…

Départ du village de Golinhac (330 habitants) le samedi 12 mai

Distance que j’ai franchie, malgré le temps gris, à petits pas, et en deux étapes… en savourant profondément ces derniers kilomètres… et les derniers moments de cette magnifique randonnée!…

Entre Golinhac et Espeyrac, le samedi 12 mai

En quittant le hameau Le Soulié…

Une partie du village d’Espeyrac, 400 habitants, situé à deux heures de marche environ de Golinhac…

… et l’arrivée à Sénergues, trente minutes plus tard, où j’ai fait halte pour la nuit… Conques n’est plus très loin!…

Ultimes kilomètres entre Sénergues et Conques, le dimanche 13 mai…

Mon carnet de pèlerin… obtenu en juillet 2015, au Pays basque, à Saint-Jean-Pied-de-Port... et dûment estampillé à chacune de mes étapes depuis Le-Puy-en-Velay…

Jambons et fromages de l’Aveyron, Conques, mardi 15 mai

Avant de terminer, et avant de partager quelques conseils pratiques sur le chemin, j’aimerais m’arrêter un moment sur un phénomène qui m’a beaucoup frappé – et dont on parle assez peu, me semble-t-il, sur le chemin de Compostelle.

Ce phénomène, c’est la grande solitude et l’isolement des personnes âgées qui vivent, délaissées, ignorées souvent, dans les villages que traverse le GR65…

Vieil homme, accompagné de son chat, un peu perdu, rencontré dans les ruelles de Saint-Chély d’Aubrac, le dimanche 6 mai…

Dans le hameau de Saint-Marcel, en Aveyron, le dimanche 13 mai…

… Adrienne, 87 ans, née dans le village voisin d’Espeyrac, vit seule avec son chien pendant la journée… Sa fille la rejoint le soir… « quand elle peut »…

Femme âgée qui cultive seule, le samedi 12 mai, un lopin de terre près du village de Campagnac…

André vit depuis 82 ans dans le petit village – devenu hameau – de Rieutort-d’Aubrac, en Lozère. Population: 11 habitants. « François 1er venait ici autrefois, il y a bien longtemps, chasser le héron », m’a-t-il annoncé, fièrement…

Que deviendront ces « anciens » dans deux, trois ou cinq ans?

Où finiront-ils leurs jours?

Ces personnes âgées, qui semblent parfois presque abandonnées au bord du chemin de Compostelle, sont les derniers témoins d’une époque et d’une façon de vivre qui s’en va…

Que deviendront ces villages qu’ils sont aujourd’hui pratiquement les seuls à habiter?

Qui partagera avec les pèlerins la mémoire et les traditions du chemin de Compostelle?

Coïncidence, le journal « Le Monde » publiait cette semaine un long article sur la situation de plus en plus précaire des personnes âgées en France…

« Le Monde » daté du 17 mai 2018

Article où l’on apprend que parmi les personnes âgées de plus de 75 ans en France:

  • 25% vivent seules
  • 50% n’ont plus de réseau amical actif
  • 79% n’ont pas ou peu de contact avec leurs frères et soeurs
  • 41% n’ont pas ou peu de contact avec leurs enfants

Statistiques à méditer…

Entre le hameau de Saint-Marcel et Conques, le dimanche 13 mai

Alors, pendant cette longue randonnée, y a-t-il eu des surprises?

Pas vraiment. À part la neige, en Haute-Loire, et ma chute avant Saint-Côme d’Olt… J’avais bien planifié mon itinéraire, mes haltes, j’étais équipé comme il faut, et le GR65 ne présente pas de difficultés particulières entre le-Puy-en Velay et Conques…

J’ai longtemps médité cependant, après ma chute, à la fragilité et à la vulnérabilité du marcheur solitaire. Un accident est si vite arrivé! SVP prendre ses précautions. Avoir un téléphone portable en cas d’urgence est, à mon avis, essentiel.

Cela dit, à chacun son chemin. À chacun de choisir sa saison et la distance à parcourir chaque jour. À chacun de choisir ses hébergements. Et son ou ses compagnon(s) de route. Ou s’en passer tout simplement. Un bon quart des pèlerins rencontrés ce printemps marchaient seuls.

Tous ces choix sont fondamentaux et font partie de la beauté de l’expérience de la marche sur le chemin de Compostelle.

Fontaine au village de Saint-Chély d’Aubrac, le lundi 7 mai

Voici donc, comme promis, quelques conseils pratiques pour ceux et celles qui songent à parcourir une partie du GR65 entre Le-Puy-en-Velay et Conques…

Chaussures

27 avril

10 mai

Idéalement, choisir des chaussures imperméables car il y a souvent de la pluie et/ou de la boue sur le chemin. Chaussures qui doivent si possible aussi laisser respirer les pieds. Bien choisir ses chaussettes en conséquence.

 

Hébergements

Omelette-jambon, le 12 mai à Golinhac.

Petit déjeuner à Golinhac. Chambres d’hôtes « Les Rochers ».

Éviter les hôtels, souvent vétustes, et où le client est anonyme. Choisir plutôt les chambres d’hôtes, en demi-pension. L’atmosphère est en général beaucoup plus conviviale et les repas pris en commun sont presque toujours « préparés maison » à partir de produits frais et locaux. En plus, autour de la table, le soir et/ou le matin, des randonneurs venus de toutes les régions de la France, et du monde entier.

Aligot-maison (purée de pommes de terre, de tome – fromage frais – et de beurre) servi aux « Gentianes », le vendredi 4 mai

À quelle heure partir le matin? 

La grande majorité des pèlerins part tôt le matin, entre 7 heures et 8 heures 15. Si vous décalez votre départ vers 8h30 ou 9h, le sentier est souvent désert et vous aurez le chemin à vous.

Lors de ma plus longue étape (19kms), le 1er mai, entre Chanaleilles (Haute-Loire) et Saint-Alban-sur-Limagnole (Lozère), je n’ai rencontré absolument personne. Pas une âme. Personne dans les villages. Il neigeait. Pour ceux qui aiment parfois marcher seul, c’est le paradis.

Le GR65 dans l’Aveyron le dimanche 6 mai

De plus, avec des étapes de 3 heures 30 ou 4 heures, si vous partez vers 8h30 ou 9 h, vous arriverez à destination entre midi et 13 heures. C’est l’heure du déjeuner! En arrivant au village, choisissez un petit restaurant fréquenté par les riverains (restaurant où, de préférence, on ne parle pas l’anglais), et commandez le plat du jour. C’est souvent l’un des meilleurs moments de la journée!

Veau de l’Aubrac, accompagné de tomates farcies à la provençale, de salade et de pain. Restaurant « La Route d’Argent » à Nasbinals, le samedi 5 mai. Un de mes meilleurs repas sur le GR65! Un régal!

Plat du jour à Espaillon, le mercredi 9 mai. Carré de porc pommes confites à la graisse d’oie….

 

 

 

 

 

 

 

 

Après le déjeuner, direction votre hébergement où vos hôtes (et votre sac) vous attendent. Après une bonne douche et une sieste, visite du village l’après-midi avant de rentrer pour le dîner. Journée idéale.

Chambres d’hôtes « Le 24 » à Aumont-Aubrac

La Malle Postale.

J’en ai déjà parlé. Excellent service sur toutes les étapes du GR65 entre Le-Puy et Conques. Votre sac vous attend à votre hébergement, en général avant 14 heures. Seul bémol, le matin, votre sac doit être prêt à être transporté dès 8h. Contact: https://www.lamallepostale.com/fr/

À quoi s’attendre sur le chemin?

L’une des plus belles surprises, pour moi, a été de constater que le tracé du GR65 entre Le-Puy-en-Velay et Conques suit à peu près sur 85%-90% un sentier pédestre, rural, bucolique, merveilleux. Il n’y a pratiquement pas de route goudronnée. Sauf avant l’arrivée dans les villages. Et ces tronçons sont assez courts. (Un peu plus de bitume quand même, malheureusement, à partir d’Estaing)…

J’espère que ces brefs conseils (qui n’engagent que moi) vous seront utiles.

SVP n’hésitez pas à partager vos questions, vos commentaires, vos suggestions… et

BON CHEMIN À TOUS!

Pèlerins rencontrés dans l’Aubrac, le vendredi 4 mai, en route pour Conques avec leur âne, Baladin…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Chemin de Compostelle

Cela fait plusieurs années que je songe à parcourir l’un des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Depuis huit ou neuf ans, je me documente, je lis, j’écoute, je regarde des films, des reportages sur ce chemin légendaire vieux de plus de mille ans.

En 2013, j’avais dévoré dès sa sortie le récit de Jean-Christophe Ruffin sur le Camino Del Norte, Immortelle Randonnée.

Un peu plus tard, pendant l’été 2015, au Pays basque, j’ai eu la chance de parcourir l’une des étapes mythiques du chemin de Compostelle – le sentier de 27 kilomètres qui traverse les Pyrénées et relie le village de Saint-Jean-Pied-de-Port, en France, à celui de Roncevaux, en Espagne. Cela avait été une expérience inoubliable. Et je m’étais promis, depuis, de revenir sur le chemin.

Entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Roncevaux, juillet 2015

Mais… à quel moment partir? Quel chemin et quel point de départ choisir? Combien de kilomètres franchir?

Quatre chemins en France convergent vers Saint-Jacques de Compostelle. Le chemin du Puy-en-Velay est le plus ancien et le plus connu. Baptisé GR65 (Chemin de Grande Randonnée) il emmène marcheurs et pèlerins jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port, dans les Pyrénées. Le chemin suit ensuite, en Espagne, le Camino Francès ou le Camino Del Norte avant l’arrivée à Saint-Jacques-de-Compostelle.

Le déclic a eu lieu l’an dernier lorsqu’une de nos amies, Julie, est revenue – enchantée, galvanisée – après avoir parcouru en quelques semaines, sac au dos, plus de 700 kilomètres entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Saint-Jacques-de-Compostelle.

Son enthousiasme, au retour, était contagieux. « J’ai rencontré des gens formidables!… Et je n’ai pas eu une seule ampoule! » nous a-t-elle dit en riant, tout en racontant son aventure. Julie songeait déjà à repartir et à rallier Compostelle par un autre chemin…

En planifiant davantage mon projet cependant, je me suis vite rendu compte que marcher en Espagne ne m’intéressait que modérément. Ce qui m’intéressait, c’était emprunter, côté français, l’un des chemins qui mène jusqu’aux Pyrénées.

Le chemin du Puy – le GR65 – entre Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) et Saint-Jean-Pied-de-Port (Pyrénées- Atlantiques)

J’avais envie de faire l’expérience d’un voyage à pied dans « la France profonde » du Centre et du Sud-Ouest – et explorer, à petits pas, des départements que je ne connaissais pas: la Haute-Loire, la Lozère, l’Aveyron, le Lot, le Tarn.

J’avais envie d’écouter l’accent de ces régions rurales, parfois délaissées. Et apprendre avec les habitants des mots anciens, des mots oubliés, liés aux traditions ou à la terre. J’avais envie de découvrir la gastronomie de ces pays, goûter aux produits du terroir.

J’avais envie de prendre mon temps. De flâner et musarder sur les routes. D’aller à la rencontre des gens. Écouter leurs histoires.

Traditions et villages sur le chemin du Puy. Source de l’aquarelle: http://www.atelier-de-marienoelle.com

J’avais envie de m’arrêter l’après-midi dans des petits villages et partager, le soir, le dîner avec les riverains.

J’avais envie enfin de me réveiller dans le profond silence de la campagne et sentir le matin, dans ma chambre, l’odeur du café et du pain grillé…

Images de la région de l’Aubrac, le long du GR65 qui relie Le-Puy-en-Velay et Conques. Aquarelles de Marie-Noëlle Lapouge –  http://www.atelier-de-marienoelle.com

Peu à peu, le chemin du Puy, par son histoire, par ses légendes, par ses nombreux sites classés au patrimoine de l’Unesco, s’est imposé, un peu comme une évidence…

Une partie du chemin du Puy entre Le-Puy-en-Velay (Haute-Loire), Conques et Cahors (Lot)

Je me suis donc décidé au début de l’automne. En quelques semaines, le nez enfoui dans les cartes, dans les guides et les multiples sites en ligne consacrés au Chemin, j’ai construit pour le printemps un itinéraire d’environ 200 kilomètres entre Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) et Conques (Aveyron), et réservé mes hébergements, selon trois principes.

#1 – Marcher en moyenne entre douze à seize kilomètres par jour. Ce qui correspond à trois ou quatre heures d’exercice quotidien. Distance entre Le Puy et Conques: 205 kilomètres. À parcourir en dix-sept jours. Quinze jours de marche et deux jours de repos.

#2 – Éviter de transporter mon sac sur le dos. Il sera plutôt acheminé par la malle postale du chemin et m’attendra tous les jours, avant 17 heures, à mon logement.

#3 – Pour les hébergements, j’ai résolument penché côté confort, et j’ai choisi pour chacune de mes nuits de randonnée la formule chambres d’hôtes (dîner chez l’habitant, chambre individuelle, petit déjeuner). Ou, au besoin, l’hôtel. Deux nuits sont réservées dans un couvent – le Couvent de Malet – dans le village de Saint-Côme d’Olt, dans l’Aveyron.

Les légendes abondent sur le chemin du Puy. Ci-dessus, à droite, une gravure du Moyen-Âge représentant un pèlerin dévoré par une bête sauvage, dans la région de l’Aubrac, une des plus accidentées du chemin. Les loups ont heureusement depuis longtemps disparu du GR65…

Voilà donc ci-dessous, étape par étape, mon itinéraire de randonneur, de pèlerin (et de vagabond) entre mon départ de Vancouver, le 15 avril, et mon retour en Colombie-Britannique, le 30 mai.

Ces 207 kilomètres de randonnée seront suivis d’une dizaine de jours de repos dans deux villages: Figeac, dans le Lot, et Najac, dans l’Aveyron.

Je terminerai mon aventure dans la ville d’Albi (Tarn) avant le retour à Paris.

Itinéraire Compostelle:

16-22 avril = Paris

23-26 avril = Le Puy-en-Velay

27 avril = Le Puy-en-Velay – Montbonnet (Haute-Loire)15kms. Temps de marche (TDM): 3h40 à 4h.

28 avril = Montbonnet – Monistrol d’Allier – 15kms. TDM: 4h à 4h30

29 avril = Monistrol d’Allier – Saugues – 13kms. TDM: 3h30 à 4h

30 avril = Saugues – Chanaleilles – 13kms. TDM: 4h à 4h30.

1er mai = Chanaleilles – St-Alban-sur-Limagnole (Lozère) 19kms. TDM: 4h à 4h30.

2 mai = St-Alban-sur- Limagnole – Aumont-Aubrac – 16kms. TDM: 5 à 6h.

3 mai = Jour de repos à Aumont-Aubrac

4 mai = Aumont-Aubrac à Les Gentianes – 16kms. TDM: 4 à 5h.

5 mai = Les Gentianes à Nasbinals – 11kms. TDM: 3 à 4h.

6 mai = Nasbinals à Saint-Chely d’Aubrac (Aveyron)17kms. TDM: 4 à 5h.

7 mai = Saint-Chély-d’Aubrac à St Côme d’Olt (Couvent de Malet) – 16kms. TDM: 4h

8 mai = Jour de repos à St Côme d’Olt

9 mai  = St Côme d’Olt à Espalion – 9 kms. TDM: 2h15.

10 mai = Espalion à Estaing – 12kms. – TDM: 3h.

11 mai = Estaing à Golinhac – 14kms. TDM: 3h30.

12mai = Golinhac à Sénergues – 12kms. TDM: 3h.

13 mai = Sénergues à Conques – 9kms. TDM: 2h.

Distance parcourue = 207 kilomètres

Lundi 14 mai = Jour de repos à Conques

15 – 19 mai = Figeac (Lot)

20 – 24 mai = Najac (Aveyron)

25 – 26 mai = Albi (Tarn)

27 – 30 mai = Paris

Bon début de printemps à tous!

Le département de l’Aveyron où (sauf imprévus) je terminerai ma randonnée, le 13 mai. Le village de Conques (classé au patrimoine de l’Unesco) est situé au nord-ouest du département, presqu’à la frontière entre le Cantal et le Lot. Figeac, dans le Lot, est à une cinquantaine de kms à l’ouest. Le village de Najac est lui situé à l’ouest du département, à proximité du département du Tarn et du Tarn et Garonne.

Dernière halte avant de rentrer à Paris, Albi, dans le Tarn.

En Pays catalan

Dans le département des Pyrénées-Orientales, l’abbaye de Saint-Martin du Canigou, perchée au-dessus du village de Casteil, à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Prades, mardi 8 août.

Après le merveilleux été passé, il y a deux ans, dans la région de St-Jean-Pied-de-Port, au Pays basque, quel bonheur de retrouver la belle lumière des Pyrénées dans la petite ville de Prades, située à une heure de train environ à l’ouest de Perpignan.

Prades, ancienne ville fortifiée, fondée au 9è siècle. La ville a accueilli en 1939 et 1940 des milliers de réfugiés espagnols et italiens fuyant les régimes fascistes de Franco et Mussolini. Prades abrite aujourd’hui un centre universitaire de recherche et d’enseignement dédié à la langue et la culture catalanes

Le département des Pyrénées-Orientales. Au centre, Prades, où nous nous sommes installés du 6 au 13 août…

Nous sommes cette fois en Pays catalan.

Dans les rues, sur les marchés ou aux comptoirs des cafés, l’accent est différent de celui de Montpellier ou de Béziers.

Sur les sentiers qui sillonnent l’arrière-pays du Conflent, autour de Prades, et qu’empruntent les nombreux visiteurs, venus d’Espagne, le catalan est présent, presque partout.

Quelques exemples?

Bonjour = « Bon dia », bonsoir = « bona tarde », bonne nuit = « bona nit ».

Comment vous appelez-vous? = « Com es diu? »

Je ne comprends pas, pourriez-vous répéter SVP? = « No ho entenc. M’ho pot repetir si us plau? »

Deux ou trois rencontres à notre arrivée ont suffi à confirmer que nous ne sommes plus ici dans le midi de Sète ou de Marseille, dans le midi de Pagnol ou de Daudet, mais dans un pays culturellement bien différent: la Catalogne française.

La Principauté de Catalogne avant son annexion à la Couronne de France, en 1659.

L’Estrelada, le drapeau indépendantiste catalan

Comme le montre la carte à gauche, la région autour de Perpignan (Perpinyà en catalan) et de Prades (Prada) a longtemps appartenu à un gouvernement de langue et de culture catalanes.

Et aujourd’hui encore, des deux côtés de la frontière, les Catalans revendiquent leur autonomie.

Côté espagnol, après un premier référendum perdu l’an dernier, une seconde consultation sur l’indépendance du territoire catalan est prévue le 1er octobre.

Côté français, les partisans de la Catalogne du Nord ne renoncent pas à leur rêve de vivre, un jour, dans une région autonome.

Plusieurs radios diffusent ici des programmes culturels et d’informations en catalan. L’apprentissage du catalan est, depuis 1993, une option pour les étudiants dans certains établissements des Pyrénées-Orientales. Et le nom des rues, des édifices est dans la région systématiquement affiché dans les deux langues.

Ces mesures suffiront-t-elles à faire progresser les velléités d’indépendance ou d’autonomie?

À l’extérieur de Prades, une partie du massif du Canigou dont la présence est célébrée dans la culture catalane.

Après la magnifique journée passée en vélo le long du canal du midi, nous avons eu le grand plaisir de retrouver comme prévu, le mardi 8 août, sur le marché de Prades, nos amis Annie et Stephen, venus de Perpignan…

Le grand marché du mardi de Prades. Un second marché a lieu le samedi matin.

Les producteurs de la région du Conflent viennent chaque semaine proposer leurs produits, Place de la République… Ces jours-là, même les boulangeries de la ville sont en fête…

L’accueil toujours souriant de la boulangerie Justinette, rue Jean Jaures, à Prades.

Une fois les courses terminées – au milieu de joyeuses conversations – nous avons partagé, dans le jardin de la petite maison que nous occupons pour la semaine, un beau pique-nique champêtre, composé en partie de spécialités catalanes…

Dans le jardin de notre petite maison, rue du Palais de Justice, à Prades. mardi 8 août…

La fougasse, une brioche catalane à la crème ornée ici d’abricots. Merci Annie et Stephen!

Le fouet paysan, un saucisson sec prisé en Pyrénées-Orientales

C’est aussi sur les conseils de nos amis que nous sommes partis le lendemain en randonnée sur la voie catalane des Chemins de St Jacques de Compostelle…

… en direction du petit village de Codelet où est située l’abbaye bénédictine de Saint-Michel de Cuxa, « lieu de prière, de travail, d’art » qui accueille depuis le 9è siècle visiteurs et pèlerins.

Sur le chemin qui mène à l’abbaye, des champs impeccablement cultivés où poussent au soleil pêches, pommes, poires, cerises et mûres. Le paysage est magnifique.

L’abbaye bénédictine de Saint-Michel de Cuxa dont la construction a débuté au 9è siècle

Après la messe quotidienne célébrée à midi, nous avons pu brièvement converser avec les moines de l’abbaye, en route pour leur déjeuner, et revêtus simplement de leurs habits de travail.

En tenue de travail après avoir célébré la messe, les deux moines de l’abbaye Saint-Michel de Cuxa en conversation avec Diana. Le premier, à gauche, est originaire de la région de Milan. Le second, à droite, le vin de la messe encore à la main, a grandi en Alsace. Ils vivent et oeuvrent tous les deux à l’abbaye depuis plus de quarante ans.

Ils ne sont plus que deux à vivre dans l’abbaye.

Mis à part le service d’accueil et la boutique de souvenirs, les moines s’occupent de tout: des jardins, du potager, de la vigne qui pousse derrière l’abbaye. Ils préparent leur nourriture, célèbrent les messes, ils tondent même le gazon!…

Après plus de quarante ans au service de la communauté, qui prendra leur place ensuite?…

Sur le chemin de l’abbaye Saint-Michel de Cuxa

Cela passe vite, trop vite, une semaine à Prades!

Le petit train jaune au départ de la gare de Villefranche-Vernet-les-Bains, vendredi 11 août

Une des attractions incontournables de la région est sans aucun doute le petit train jaune qui relie plusieurs fois par semaine, depuis 1903, au coeur des Pyrénées, la petite ville de Villefranche de Conflet au village de Latour de Carol. Village situé à proximité de Font Romeu où s’acclimatent et s’entraînent depuis de longues années les athlètes français de haut niveau.

Pendant la saison estivale cependant, trouver une place à bord du train jaune n’est pas toujours facile! Il est préférable de prendre à la gare de Villefranche le train de 9 heures plutôt que celui de 10 heures, souvent bondé.

À quelques kilomètres de la frontière espagnole, le petit train jaune poursuit dans les Pyrénées son ascension vers des villages de haute montagne, comme Mont Louis ou La Cabanasse, qui ont longtemps été inaccessibles par la route…

À une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Prades, le petit village de La Cabanasse, à l’horizon, au pied des Pyrénées, vu du village de Mont Louis, vendredi 11 août

C’est presque déjà le moment de quitter Prades!…

Avant de partir, nous avons eu la chance d’assister à un dernier événement, « Le concert des étudiants » présenté dans le cadre du festival Pablo Casals – festival qui réunit pendant deux semaines, tous les étés, des musiciens du monde entier…

Composition de Mozart (2è mouvement, quintette K581) interprétée par cinq jeunes musiciens venus du Japon, du Royaume-Uni, de la France et d’Israël, rassemblés le samedi 12 août à l’église St-Pierre de Prades.

Départ tôt dimanche 13 août en direction de Toulouse où nous attend notre amie Christiane, avec qui j’ai eu la chance de travailler, entre 2012 et 2013, au Rwanda.

Accueil extrêmement chaleureux dans son domicile du quartier de La Terrasse où résident également, pour quelques jours, deux autres amis, originaires du Danemark et du Japon.

Autour de la belle table dressée tous les soirs, rires, souvenirs de voyage et un somptueux buffet préparé par les fées de la maison…

Beaux moments de rencontres et de partage, dimanche 13 août, chez notre amie Christiane (à droite)

Grâce à l’impeccable logistique de Christiane, nous avons aussi eu la chance d’effectuer, le jour de notre arrivée, une très intéressante visite guidée des principaux monuments et quartiers de Toulouse qu’on appelle « la ville rose ». En raison de la couleur particulière des bâtiments construits, à l’origine, d’argile et de briques romaines qui, une fois cuits, prenaient une teinte rosâtre…

Aperçu du quartier Saint-Étienne à Toulouse, dimanche 13 août. Après Paris, Marseille et Lyon, Toulouse est aujourd’hui, par sa population, la 4è ville de France….

Difficile de réaliser que mon périple de trois mois en Italie et en France se termine déjà!…

Sentier sur l’île de Salina, dans les îles éoliennes, juin 2017.

Le temps est passé si vite! Et tant de choses vont nous manquer en France!

Un exemple parmi d’autres?

Le code exquis de la politesse et du savoir-vivre requis dans les échanges quotidiens, dans les boutiques, les magasins, les boulangeries, les marchés…

Ce qui, dans la conversation, donne à peu près ceci: « Bonjour Monsieur, bonjour Madame… Vous désirez?… Et avec ceci?… Ça sera tout?… Merci, et au-revoir, monsieur, au-revoir, madame… Bonne journée!… À vous aussi!… Au-revoir« .

Imagine-t-on le même rituel, répété plusieurs fois par jour, dans les grandes villes d’Amérique du Nord?

Avant de reprendre avec Diana cet après-midi l’avion pour Vancouver, je tiens à remercier tous ceux et celles croisés sur la route depuis mon départ du Canada, le 23 mai.

Je tiens en particulier à remercier:

Mon frère Alix compagnon de voyage généreux, attentionné et prudent lors de nos deux semaines de randonnées et de découvertes en Sicile. Merci Alix!

Notre amie Josiane à Vancouver qui, la première, il y a bien longtemps, nous a mis la puce à l’oreille et éveillé notre curiosité à propos de la ville Sète. Qu’elle en soit remerciée! Merci, Josiane!

Merci également à Annie et Stephen de nous avoir si amicalement guidés dans ces grandes et belles journées d’exploration dans ces régions magnifiques du sud-ouest de la France.

Marianne, perdue de vue depuis bientôt vingt ans, venue si gentiment de Bruxelles passer quelques jours de vacances à Sète

Merci à Monsieur et Madame Ouaki qui par leur bienveillance et leur chaleureuse présence ont illuminé notre séjour à Sète.

Merci à Agnès dont la gentillesse et la prévenance à Prades, nous ont beaucoup touchés. Merci d’avoir mis à notre disposition la maison et le merveilleux jardin du « Merle du Matin ».

Merci enfin infiniment à Christiane qui nous a si généreusement accueilli chez elle à Toulouse et nous a offert son amitié.

Dans le quartier de La Plaine, à Toulouse, lundi 14 août

 

 

Au Pays basque

 

St Jean-Pied-Port, vendredi 24 juillet.

Saint-Jean-Pied-de-Port, au Pays basque.

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Quel bonheur de vivre, depuis bientôt trois semaines, au Pays basque!

Nous sommes depuis le 11 juillet installés, au pied des Pyrénées, dans une petite maison située dans le village de Saint-Jean-Pied-de-Port, à quelques kilomètres de la frontière espagnole, au cœur du País Vasco.

Rue de la Citadelle, St-Jean-Pied-de-Port.

Rue de la Citadelle, Saint-Jean-Pied-de-Port.

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Tous les matins, au réveil, nous nous émerveillons de la grande beauté du lieu et de l’exceptionnelle qualité de vie dont jouissent ici les habitants. Depuis les ruelles pavées de la vieille ville, partout, des sentiers, des chemins mènent à la montagne, à des vignobles, à des paysages magnifiques!

Sentier le long de la rivière La Nive.

Chemin le long de la rivière La Nive.

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Vignes du côté d'Ispoure, village voisin de St Jean-Pied-de-Port

Vignes du côté d’Ispoure, village voisin de Saint-Jean-Pied-de-Port

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Dès sept heures du matin, à cinq minutes de marche de la maison, journaux et guides de la région sont disponibles à la maison de la presse. Quelques pas plus loin, croissants, baguettes et pains au chocolat nous attendent à la boulangerie du quartier…

La boulangerie Lebeak et,, ci-dessous, Solina, à l'œuvre derrière son comptoir...

À côté du bureau de poste, la boulangerie Lebeak et, ci-dessous, la souriante Soline, à l’œuvre, derrière son comptoir…

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Sur la place du village, deux fois par semaine, le lundi et le jeudi, un grand marché accueille visiteurs et résidents autour de tables garnies de produits frais de la région: pipérade (sauce à base de poivrons et de tomates), jambon de Bayonne, piment d’Espelette, saucissons, fromages de brebis ou de chèvre…

Marché, St Jean-Pied-de Port, jeudi 23 juillet.

Marché, Saint-Jean-Pied-de Port, le jeudi 23 juillet.

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Jambon de Bayonne

Jambon de Bayonne

Table basque: vin (corsé) de Navarre, saucissons au chevreuil, à la chèvre, et aux figues...

Table basque: vin de Navarre, saucissons au chevreuil, à la chèvre, et aux figues…

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Saint-Jean-Pied-de-Port est aussi l’un des points de départ (ou de passage) des pèlerins du Chemin de St-Jacques-de-Compostelle. Tous les jours, ces pèlerins, de tout âge, venus du monde entier, convergent, sac au dos, vers les gîtes de la vieille ville en quête de repos, d’un peu de nourriture et d’un lit où passer la nuit.

Après une courte halte, ils repartent le lendemain afin d’entreprendre une des étapes les plus célèbres et les plus difficiles du Chemin de Compostelle – les 27 kilomètres qui relient, par les cols des Pyrénées, Saint Jean-Pied-de-Port à Ronceveaux, en Espagne.

J’ai voulu moi aussi parcourir cette étape mythique!

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Prudent, j’ai d’abord effectué, avec Diana, une première randonnée, de reconnaissance, d’environ 15 kilomètres (aller-retour)…

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Nous sommes partis vers 9 heures, le mardi 14 juillet, jour de la Fête nationale…

Premiers kilomètres du tronçon du Chemin de St Jacques de Compostelle entre St-Jean-Pied-de-Port et Ronceveaux...

Premiers kilomètres du tronçon du Chemin de St Jacques de Compostelle entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Ronceveaux…

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Après avoir franchi les limites du village, le chemin monte abruptement…

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… jusqu’au refuge de Honto (480 mètres d’altitude) et celui d’Orisson (810 m) où, après deux heures de marche, nous nous sommes arrêtés pour une halte bien méritée…

Refuge d'Orisson, mardi 14 juillet, et dégustation, ci-dessous, d'un plat de boudin noir accompagné de pipérade...

Refuge d’Orisson, mardi 14 juillet, et dégustation, ci-dessous, d’un plat de boudin noir accompagné de pipérade et d’un sandwich au chorizo…

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Second départ, dimanche 26 juillet...

Second départ, le dimanche 26 juillet…

Carnet

Le repérage ayant été concluant, rassuré, et muni de mon Carnet de Pèlerin, je me suis lancé, le dimanche 26 juillet, seul cette fois, à l’assaut de cette étape légendaire du Chemin de St-Jacques de Compostelle.

Parti de Saint-Jean-Pied-de-Port un peu avant six heures, j’ai rejoint Ronceveaux (Roncesvalles, en espagnol, Orreaga, en basque) à une heure de l’après-midi.

Sept heures de marche. Une journée inoubliable. Une expérience presque mystique. Et l’un des moments les plus forts que j’ai vécu.

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Une randonnée extraordinaire, que j’ai essayé de résumer, ci-dessous, en quelques photos…

Très peu de pèlerins sur la route ce dimanche 26 juillet... Ici, deux kilomètres environ après le refuge d'Orisson, et à dix kms de St-Jean-Pied-de Port...

Très peu de pèlerins sur la route ce dimanche 26 juillet… Un couple espagnol, un trio allemand, quelques marcheurs solitaires… Ci-dessus, deux kilomètres environ après le refuge d’Orisson. Ci-dessous, le Camino, autour du Km 12…

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Kilomètre 15... Au loin, un pèlerin allemand...

Kilomètre 15… Au loin, un pèlerin allemand…

Chevaux, moutons, boucs et brebis accompagnent les pèlerins le long du chemin...

Des chevaux sauvages, qu’on appelle « Pottoks » vivent en liberté dans la montagne… Moutons, boucs et brebis accompagnent également les pèlerins le long du chemin…

Kilomètre 18, au-dessus de la Croix, rejoint par un jeune pèlerin Coréen...

Kilomètre 18, au-dessus de la Croix Thibault, rejoint par un jeune pèlerin Coréen…

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Sommet du col de Leopoeder (altitude 1410 mètres), point culminant du tronçon. On peut apercevoir Ronceveaux, à 5 kms, en bas de la vallée...

Kilomètre 22, sommet du col de Lepoeder (altitude 1429 mètres) point culminant du tronçon. On peut apercevoir Ronceveaux, à 5 kilomètres plus bas, dans la vallée…

Arrivée à Ronceveaux... et, ci-dessous, rappel du long chemin qui reste à parcourir...

Après sept heures de marche, moment particulièrement émouvant: l’arrivée à Ronceveaux, en territoire espagnol. Ci-dessous, le rappel du long chemin qui reste à parcourir pour les pèlerins qui vont jusqu’au bout…

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Après une bonne nuit de sommeil à l’Hôtel Roncesvalles, j’ai pris, lundi matin, le bus pour St-Jean-Pied-de-Port. Longueur du trajet? 45 minutes!…

(Pour ceux que cela intéresse, il existe, le long des principales étapes du Chemin, une chaîne d’auberges et d’hôtels qui offre aux pèlerins en quête de confort une halte princière dans la grande tradition des haciendas d’autrefois…)

Sur le chemin de Ronceveaux...

Sur le chemin de Ronceveaux…

J’ai aussi eu la chance de vivre trois autres belles aventures pendant ce séjour au Pays basque…

La Basilique de Lourdes, et ci-dessous, les nombreux pèlerins, certains handicapés, venus prier devant la grotte de Massabielle, mercredi 15 juillet.

La Basilique de Lourdes. Ci-dessous, les nombreux pèlerins, certains handicapés, venus se recueillir devant la grotte de Massabielle, le mercredi 15 juillet.

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#1 – Mercredi 15 juillet, lors d’un pélérinage dans la ville de Lourdes, un petit miracle s’est produit…. puisque le même jour (sans que je le sache) la ville accueillait… le Tour de France!!!

Un groupe de 4 échappés devance le peloton d'une quinzaine de secondes à l'entrée de la ville de Lourdes, mercredi 15 juillet

Un groupe de quatre échappés devance le peloton d’une quinzaine de secondes à l’entrée de la ville de Lourdes, le mercredi 15 juillet

Les coureurs sont passés en un éclair dans les rues du centre-ville – le défilé du peloton n’a duré environ que 50 secondes! – à 13 heures pile, quelques minutes seulement avant le départ de mon train de 13h20 pour St Jean-Pied-de-Port!!

Le peloton, juste derrière, dévalant une des pentes du centre-ville...

L’arrivée du peloton, juste derrière, dévalant une des pentes du centre-ville…

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... Et c'est déjà fini!... Le Tour 2015 est passé...

… Et c’est déjà fini!… Le Tour 2015 est passé… Moins d’une minute, chrono en main…

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#2 – Lundi 20 juillet, court séjour à San Sébastian, au Pays basque espagnol, rejoint en train, en deux heures 30 environ, depuis St-Jean-Pied-de-Port, via Bayonne et Hendaye. Comme tous les visiteurs, coup de foudre en découvrant l’immense plage de sable blanc au centre de la ville…

Playa de la Concha, San Sebastian, lundi 20 juillet

Playa de la Concha, San Sébastian (Donostia, en basque), lundi 20 juillet

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… et les bars de tapas de la vieille ville….

Tapas dans un bar de la vieille ville, San Sébastian, mardi 21 juillet.

Tapas dans un bar de la vieille ville, San Sébastian, mardi 21 juillet.

#3 – Mardi 28 juillet, soirée exceptionnelle passée en compagnie des propriétaires de notre petite maison, Monsieur et Madame L.

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… qui nous ont généreusement accueilli, chez eux, avec le sourire, dans un cadre magnifique, autour d’un repas somptueux. Au menu: olives, palourdes, pâté maison, asperges blanches, poulet aux girolles, pommes de terre au beurre, fromages de la région, gâteau basque maison, le tout arrosé d’un vin blanc du pays et d’un excellent Bordeaux…

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Conversation chaleureuse et à bâtons rompus pendant toute la soirée! Merci infiniment Monsieur et Madame L. d’avoir partagé avec nous votre belle et fière culture basque! Nous n’oublierons pas ce moment mémorable! Ce fut notre plus belle soirée au Pays basque!

L'église Madeleine dans le bourg de St-Jean-le-Vieux

Le clocher de l’église dans le bourg de Saint-Jean-le-Vieux

Retour à Paris. Petit-déjeuner dans notre jardin à Belleville, en compagnie de ma soeur et de son mari, dimanche 2 août.

Retour à Paris. Petit-déjeuner dans notre jardin à Belleville, en compagnie de ma soeur et de son mari, le dimanche 2 août. Nous partons le jeudi 6 août pour Strasbourg afin d’assister, en famille, au mariage de ma nièce et de son futur époux, d’origine alsacienne…