Le chemin de Compostelle (le GR 65) a encore une fois, ce printemps, tenu toutes ses promesses!
Sur le chemin de Compostelle entre La Romieu et Castelnau-sur-l’Auvignon, dans le département du Gers, le dimanche 12 mai. Dixième jour de marche depuis mon départ de Cahors, le 2 mai.
Entre le village d’Auvillar, dans le département du Tarn-et-Garonne et la commune de Nogaro, dans le Gers, j’ai parcouru, comme prévu, en sept jours, 121 kilomètres.
17 kilomètres de marche par jour, en moyenne.
Sept jours de grand bonheur, de découvertes, de rencontres et d’échanges….
Sept jours passés (sauf les premières 48 heures) sous un ciel absolument radieux!
Les étapes (en mauve) de mon parcours réalisé du 9 au 16 mai entre Auvillar et Nogaro. J’ai aussi fait halte à Miradoux (entre Auvillar et Lectoure) et au hameau de Larressingle (entre La Romieu et Montréal-du-Gers).
Après le 1er tronçon de 100 kms accompli début mai entre Cahors et Auvillar, j’ai parcouru ce mois-ci 221 kms. Objectif l’an prochain: à partir de Nogaro, rejoindre Saint-Jean-Pied-de-Port et les Pyrénées!
Pèlerins sur le sentier de Grande Randonnée (GR 65) avant l’arrivée à Castelnau-sur-l’Auvignon, dans le Gers…… et en route ensuite vers Larressingle, le dimanche 12 mai
Sept jours au cours desquels j’ai pu aussi poursuivre mon apprentissage de la merveilleuse cuisine du sud-ouest…
Asperges vertes du pays, jambon cru, carottes et soupe aux lentilles. Restaurant Aube Nouvelle, dans le Tarn-et-Garonne.
Cuisine parfois métissée, comme le plat ci-dessous, servi au déjeuner, le 13 mai, sur une terrasse de la place de l’hôtel de ville, dans le village de Montréal-du-Gers.
Saucisses de Toulouse aux épices de Madagascar, pâtes parfumées d’huile de truffe blanche
Au sud de la Garonne, quelques kilomètres après avoir quitté Auvillar, le GR 65 entre dans le Pays de la Lomagne, en Gascogne.
Paysage de Gascogne, entre Miradoux et Lectoure, le vendredi 10 mai. Ci-dessous, un randonneur chemine près d’un vignoble entre Larressingle et Montréal-du-Gers, le lundi 13 mai
La Gascogne!
Que je rêve de découvrir depuis si longtemps!
Emblème du Pays gascon« Un pour tous, tous pour un »A. Dumas (1802-1870)
Nous sommes ici dans la patrie de d’Artagnan, le fier, l’impétueux d’Artagnan, né en Gascogne dans le village de Lupiac, et « monté » très jeune à Paris rejoindre le corps des mousquetaires du roi, Louis XIII. Que de souvenirs!
« Les Trois Mousquetaires« , le roman d’Alexandre Dumas, a été pour moi, comme pour beaucoup d’autres enfants, une véritable révélation. Une des premières grandes lectures de mon adolescence.
J’avais alors treize ans et j’étais avec l’un de mes frères pensionnaire, inscrit en cinquième, près de Paris, au Collège Albert-de-Mun, à Nogent-sur-Marne, à deux pas du bois de Vincennes.
Éloigné de mes parents (mon père travaillait pour l’OMS en Afrique), d’Artagnan et ses compagnons – Porthos, Aramis, le mystérieux Athos surtout – ont été, ces années-là, mes indéfectibles héros. Je dévorais leurs aventures le soir, à l’étude, et pendant les weekends, à Paris.
Après « Les Trois Mousquetaires », d’autres aventures de d’Artagnan, tout aussi palpitantes, ont suivi: « Vingtans après » puis « Le Vicomte de Bragelonne ». Ces romans ont profondément marqué mes jeunes années.
« La Route d’Artagnan » est un chemin équestre européen (le premier dans le monde) qui relie Lupiac, en Gascogne, à Maastricht, en Hollande, Maastricht où est mort le véritable d’Artagnan en 1673.Sur le chemin de Compostelle, le samedi 11 mai, l’immense église Saint-Pierre, inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, domine le village de La Romieu. Le village doit son nom au terme gascon « Roumiou » qui signifie « le pèlerin venu de Rome ». Comme plusieurs autres communes dans le Gers, La Romieu doit son existence au passage continu des pèlerins depuis le Moyen-Âge…Concert de musique ancienne et sacrée présenté par deux chorales – l’une venue de Tarbes, l’autre du pays de la Lomagne – rassemblées le samedi 11 mai à l’église Saint-Pierre de La Romieu.Au programme: oeuvres de Marc-Antoine Charpentier, Scarlatti et Mozart…Lynn, Canadienne de la province de la Nouvelle-Écosse, s’est arrêtée cette année juste après La Romieu. Elle poursuivra sa route sur le GR 65 l’an prochain. Au-revoir, Lynn!
La Gascogne, c’est aussi le pays de l’Armagnac… et des tables gourmandes!
La place d’Armagnac, au centre du village d’Eauze, dans le département du Gers…… le mercredi 15 mai, jour de repos, après six jours consécutifs de marcheBlancs de poulets sur oignons confits déglacés aux côtes de GascogneUn vieil homme soigne son jardin et ses vignes devant sa maison dans le village de Marides situé dans le Gers, entre Lectoure et MarsolanFilet mignon de porc, gratin dauphinois et courgettes, La Romieu, le samedi 11 mai.Bacchus, dieu romain du vin et de la vigneÉpicure, philosophe grec, 341 – 270, av. J.-C.
En fait, au fur et à mesure que je progresse vers Nogaro, un phénomène assez curieux, inattendu, se produit…
Bacchus, dieu du vin et de la vigne, et Épicure, chantre de l’hédonisme…
… me prennent peu à peu par la main… et, ensemble, jour après jour, inexorablement,
ils transforment, métamorphosent mon Chemin de Compostelle… en un Chemin… épicurien!
Je découvre ainsi en route, chaque jour, dans les villages, des menus, des plats, de plus en plus alléchants!…
Poireaux vinaigrette revisités avec anchois et noisettes torréfiées. Tous les plats dans ce restaurant (Le Loft, à Eauze) sont confectionnés maison. « La racine du poireau », me confie la serveuse, « est la partie la plus vitaminée« .
Un midi, dans le bourg de Labastide-Marnhac, un peu après Cahors, mon plat du jour arrive… accompagné d’un litre de vin rosé. Un litre!
Araignée de porc, épinards et purée de pommes de terre. Restaurant « Les Halles », Labastide-Marnhac, dans le Lot.
« Le vin est compris », me dit gentiment la serveuse, en souriant, étonnée par mon regard perplexe. Autour de moi dans le restaurant, des ouvriers, les mains rudes, déjeunent joyeusement, en groupe. Sur leur table, quatre ou cinq bouteilles, bien entamées. Il est midi trente, un lundi…
Ce jour-là, malheureusement, je n’ai pu que tremper les lèvres dans mon verre… sous peine d’arriver plutôt chancelant à destination…
Le GR65 entre La Romieu et Larressingle, le dimanche 12 maiL’Armagnac qu’on appelait jadis « l’eau ardente » était réputé au moyen-âge pour ses vertus thérapeutiques
Tous les randonneurs le confirment. Il règne sur les sentiers et les routes du département du Gers une atmosphère bien particulière.
Les agriculteurs, rencontrés près de leurs fermes, le long du GR65, vivent plutôt bien. La terre ici est féconde. Irriguée par de nombreuses rivières et cours d’eau. (Curieusement, une des villes les plus importantes du département, Condom, est baignée par la rivière Baïse. Bien prononcer le tréma du « ï ». C’est étrange, non?).
Le commerce de l’armagnac a largement contribué à la richesse de la région.
La fabrication de cette eau-de-vie, la plus vieille de France, se fait par distillation de vins blancs, secs. Une distillation suffit. (À la différence du cognac qui, lui, est distillé deux fois.)
Les tonneaux d’armagnac étaient autrefois transportés par bateau vers les ports de Bordeaux et de Bayonne et ensuite exportés, notamment vers la Hollande et l’Angleterre.
Aujourd’hui encore, partout dans le Gers, les randonneurs côtoient et traversent des immenses champs de vignes, soigneusement entretenus.
Entre Montréal-du-Gers et Eauze, le mardi 14 maiLa vigne est encore jeune au mois de mai. Les vendanges auront lieu à l’automne.Le Floc de Gascogne
Une autre liqueur, plus douce, le Floc de Gascogne, est aussi souvent offerte aux pèlerins, en guise de bienvenue ou à l’heure de l’apéritif.
Bienvenue en Gascogne!
Entre Montréal-du-Gers et Eauze, un autre Canadien, de la Colombie-Britannique…Mon carnet de pèlerin dûment estampillé à l’arrivée ou au départ de chaque étape.Dîner chez Martine, à la « Halte de Larressingle », le dimanche 12 mai.
Pour moi, l’un des grands plaisirs du Chemin de Compostelle est de retrouver, le soir ou le matin, à l’heure du repas, randonneurs et pèlerins. Les sujets de conversation ne manquent pas. Les questions, les rires et les taquineries non plus.
En ce début de saison, à la mi-mai, la plupart des pèlerins sont à la retraite ou en vacances. Au début de chaque repas, il y a souvent entre randonneurs, autour de la table, un lien de camaraderie assez fort. Même si nous ne nous connaissons pas, nous avons tous la veille ou pendant la journée marché sur le même sentier, traversé les mêmes villages, rencontré les mêmes riverains. Cela créée immédiatement entre nous une atmosphère amicale, bienveillante, intime, parfois propice aux confidences…
Ces repas pris en commun sont un moment fort du Chemin. Apprendre à connaître et fraterniser avec ses voisins de table, partager ses expériences. Écouter la grande variété des parcours professionnels et familiaux. Entendre, dans le plus grand respect, les décisions, les choix qui ont été faits, par l’un ou par l’autre. Éclater de rire aussi. C’est là, chaque jour, au cours du repas, l’un des immenses privilèges du chemin de Compostelle!
Photo de groupe, lundi matin le 13 mai, avant le départ de Larressingle pour Montréal-du-Gers.
J’aimerais donc, avant de poursuivre, rendre ici hommage à quelques-uns de ces marcheurs, pèlerins et riverains rencontrés ce printemps entre Auvillar et Nogaro…
Martine, ex-enseignante, offre aux pèlerins un accueil et un environnement exceptionnels dans sa propriété de Larressingle. Merci, Martine!Jasmine, anthropologue, née à Saïgon, d’une famille originaire de PondichéryPhilippe, du Var, avec qui j’ai cheminé un long moment entre Larressingle et Montréal-du-GersLaurence qui reçoit si gentiment les pèlerins dans sa grande maison située dans le centre historique de EauzePetit-déjeuner le mardi 14 mai à Montréal-du-Gers. La patronne (à gauche) vient de MadagascarGisèle, d’origine camerounaise, rencontrée devant sa maison à MancietIsabelle, derrière le comptoir du café-restaurant « Chez Monique » à Manciet, où je me suis arrêté pour le déjeunerSous un grand ciel bleu, le GR65 traverse les champs quelques kilomètres après Montréal-du-Gers… Le thermomètre oscille autour de 30 degrés.
J’ai rapidement parcouru les deux dernières étapes de mon parcours entre Montréal-du-Gers et Eauze, le mardi 14 mai, et entre Eauze et Nogaro, le jeudi 16 mai. Il fait un temps magnifique et de plus en plus chaud!
Après avoir quitté la région de la Lomagne puis le chemin de la Ténarèze (une ancienne voie gauloise), le GR 65 entre, près de Eauze, dans la région du Bas-Armagnac… Territoire méticuleusement protégé où est produit, depuis le Moyen-Âge, le précieux nectar, l’Armagnac…
Sur le chemin, on peut apercevoir, à l’horizon, la ligne de crête des Pyrénées!
Entre Éauze et Nogaro, se profilent (sur la gauche) les sommets enneigés des Pyrénées!
Paysages splendides traversés entre Eauze et Nogaro!
Bassins où l’on pratique l’aquiculture (élevage des poissons et crustacés) dans la région du Bas-Armagnac. Treizième et dernier jour de marche, le jeudi 16 mai. Ci-dessous, une heure environ avant de rejoindre Nogaro, une partie du terrain de la grande ferme du Haguet, ouverte aux pèlerins…La ferme du Haguet
Quelques derniers kilomètres (ci-dessous) à franchir dans le Bas-Armagnac… et…
… vers 13h30, le jeudi 16 mai, arrivée, comme prévu, à Nogaro, village paisible d’environ 2000 habitants…
En début d’après-midi, c’est l’heure de la sieste à Nogaro… Il n’y a personne à l’entrée du village pour prendre une photo!…
Mission accomplie!
221 kilomètres parcourus depuis mon départ de Cahors, le 2 mai. Je suis en pleine forme. Aucune ampoule. Pas d’entorse. J’aurais facilement pu réaliser deux ou trois étapes supplémentaires.
Pourquoi donc s’arrêter à Nogaro?
C’est qu’ici une navette quotidienne, en direction de Pau ou d’Agen, est assurée, par autocar, par la SNCF. Dans cette région isolée du département du Gers, il n’est pas facile de se déplacer et les liaisons ferroviaires ou par bus sont rares. C’est dommage!
L’accès aux transports en commun sera encore plus difficile, l’an prochain, plus au sud, dans le département des Landes et au Pays basque…
Le lendemain de mon arrivée à Nogaro, le vendredi 17 mai, jour de repos, je suis allé, sur les conseils de la propriétaire de ma chambre d’hôtes, déjeuner à l’une des bonnes tables du village, « Chez Quentin ». Et je n’ai pas hésité, cette fois, à accepter le quart de vin rosé…
Salade de chèvre chaud au restaurant « Chez Quentin », à Nogaro, dans le département du Gers
… avant de rejoindre en bus, le lendemain, le samedi 18 mai, brièvement, la ville de Pau (temps gris et pluie pendant deux jours, malheureusement)…
Le Grand Prix automobile de Pau s’est tenu (sous la pluie) le weekend du 17-19 mai
… puis, en train, Paris où jai retrouvé, dans le 19è et 20è arrondissement, mes repères et mes habitudes à Belleville et Ménilmontant.
Marché du jeudi, rue des Pyrénées, le 23 maiComme à chacun de mes séjours à Paris, rendez-vous chez mon fidèle coiffeur, Kandy, dans son modeste salon de la rue de Belleville (angle rue Julien Lacroix). Kandy, 52 ans, père de trois enfants, est originaire de Jaffna, au Sri Lanka.La rue principale du village de Marsolan, dans le Gers. Un des plus beaux villages traversés ce printemps.
Me voilà donc arrivé au terme de cette deuxième belle aventure sur le chemin de Compostelle!
Il me reste un peu plus de 310 kilomètres maintenant avant d’atteindre les Pyrénées.
135 kms environ entre Conques (où je me suis arrêté l’an dernier) et Cahors. Ce qui représente 7 étapes. (Une étape = environ 20 kms)
Ensuite, 175 kms environ entre Nogaro et Saint-Jean-Pied-de-Port. 9 autres étapes.
Seize étapes donc à prévoir le printemps prochain, plus quelques jours de repos. Je prévois faire de nouveau une longue halte à Figeac afin, notamment, d’aller en train explorer la région de Rocamadour.
Si tout se passe bien, je devrais pouvoir réaliser ces 16 étapes + repos + Rocamadour en environ un mois.
Je commencerai donc ma randonnée un peu plus tard en 2020, vers la fin-mai probablement. Afin d’avoir presque terminé fin juin, et avant de retrouver Diana en France, début juillet.
Nous parcourrons ensemble au Pays basque les deux ou trois dernières étapes du GR65 jusqu’à l’arrivée à Saint-Jean-Pied-de-Port.
Voilà, c’est le plan. Sortons, encore une fois, les gris-gris et les amulettes!
Merci à tous pour vos messages et vos encouragements!
Les tours de la cathédrale Notre-Dame photographiées hier matin, le mardi 21 mai, du pont Louis-Philippe
Un mot sur Notre-Dame avant de terminer…
Je suis retourné hier matin sur l’île de la Cité. C’était ma deuxième visite ce printemps.
Les dégâts causés par l’incendie du 15 avril sont condidérables… tout comme les travaux de restauration entrepris très vite par les autorités….
Les touristes ont maintenant de nouveau accès aux rues avoisinantes de la cathédrale, la rue d’Arcole et la rue du Cloître Notre-Dame, (elles étaient fermées lors de ma première visite fin avril)… mais…
Notre-Dame réouvrira-t-elle ses portes dans cinq ans (pour les J.O. de Paris en 2024) comme l’a annoncé le président?
Les avis sont très partagés.
Notre-Dame, du pont de l’Archevêché, le mardi 21 mai………la cathédrale vue du Quai Montebello, mardi matin…….les parois grandes ouvertes, béantes sur Paris
Après quelques jours de repos à Belleville et Ménilmontant, à Paris, j’ai repris comme prévu, le jeudi 2 mai, à Cahors, ma route sur le Chemin de Compostelle.
Véritable coup de foudre en arrivant à Cahors!
Cahors, ville principale du département du Lot, le mardi 30 avril, vue du sentier qui mène au mont St-Cyr. Ci-dessous, une partie de la cité médiévale où l’on aperçoit le clocher et le dôme de la cathédrale St-Étienne. Le long des quais, ambiance et douceur méridionales….
La ville, qui compte environ 20 000 habitants, est nichée dans une boucle du Lot, dans un grand écrin de verdure. Le lieu est exceptionnel. Les Cadurciens et les Cadurciennes, c’est ainsi qu’on appelle les riverains, jouissent ici d’un environnement et d’un cadre de vie remarquables.
Il fait en plus, fin avril, un temps magnifique!
Le pont fortifié Valentré, construit au 14è siècle pour défendre Cahors, est l’un des plus célèbres ponts médiévaux de France. Il a été habilement restauré par Viollet-le-Duc dans les années 1870. Le pont est aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’UnescoRandonneurs et pèlerins se retrouvent le matin, dans une atmosphère conviviale, chez Pierre, autour de la table du petit-déjeuner…
Sur les conseils de Pierre qui offre à Cahors des chambres d’hôtes simples et chaleureuses dans la maison familiale, située dans la cité médiévale, je pars le lendemain de mon arrivée explorer l’un des chemins qui surplombe la ville…
Le sentier du Mont St-Cyr
Quatre-vingt-dix minutes de randonnée environ dans un décor étonnant… À partir du pont Louis-Philippe, qui enjambe le Lot, le chemin du Mont St-Cyr grimpe lentement vers un immense plateau verdoyant…
… impression d’être à mille lieues d’un centre urbain…… le sentier redescend ensuite…… vers la ville
… d’où l’on peut, en quelques minutes, traverser de nouveau la rivière, par le pont Cabessut, et rejoindre par les quais le cœur de la cité médiévale… Incroyable promenade! Bienvenue à Cahors!
Place du Marché à Cahors, près de la cathédrale Saint-ÉtienneCahors est le point de départ de très nombreux autres sentiers de randonnée…
Belle surprise à mon retour du mont St-Cyr. Un message m’attend. Un message de notre amie et ex-collègue, Josiane… qui est à Cahors pour raisons familiales. Josiane est née et a grandi dans le sud-ouest de la France. Nous avons travaillé ensemble dans la même école, à Vancouver, pendant cinq ans.
Nous nous retrouvons le lendemain, le 1er mai, place Clément Marot, dans la ville médiévale, autour d’un savoureux déjeuner, composé de mets typiques de la région.
En compagnie de notre amie Josiane à Cahors, le mercredi 1er mai. Ci-dessous, une des spécialités de la région…Confit de canard
Nous décidons après le repas de participer, avec une demi-douzaine d’autres vacanciers, à une visite guidée de la ville organisée par l’Office de Tourisme. Grosse déception. Comme lors de ma visite guidée de Figeac l’an dernier, le guide est encore, cette fois-ci, une dame… originaire de l’Angleterre!
Malgré un accent prononcé, sa maîtrise du français est assez bonne, niveau C1 sans doute à l’oral du DELF, mais pourquoi faut-il que les Offices de Tourisme du Sud-Ouest embauchent des ressortissants anglais afin de faire découvrir aux visiteurs les trésors du patrimoine français?
Messieurs, Mesdames les responsables des Bureaux de Tourisme, de grâce, revoyez votre copie! (Voilà, c’était ma tirade « Vieille France »).
Entre deux explications emberlificotées de notre guide, Josiane et moi avons, du côté de la cathédrale, filé à l’anglaise et nous sommes allés terminer la journée en dégustant des crêpes au sucre sur une petite place paisible et ombragée…
Sur les rives du Lot, le mercredi 1er mai
Au-revoir, Cahors!
C’est au pont Valentré que débute à Cahors le GR65Josiane est très gentiment venue le lendemain, le jeudi 2 mai, m’accompagner au début de mon périple de 221 kms qui doit me mener de Cahors à NogaroLe Chemin du Puy qui emmène marcheurs et pèlerins jusqu’aux Pyrénées
Entre Cahors et Montcuq (34 kms), j’ai eu droit, pendant les deux premiers jours sur le chemin, à tous les caprices possibles de la météo. Temps couvert, grandes éclaircies, ciel bleu, suivi de vent… et de quelques gouttes de pluie. Heureusement, ce seront les seules pendant les cinq prochains jours…
Il fait frais. Température idéale pour la marche…
Premier jour de marche, 14 kms, le jeudi 2 mai, entre Cahors et le hameau de Granéjouls (près du village de l’Hospitalet) où je me suis arrêté pour la nuit…
Comme l’an dernier, le GR65 me réserve bien des surprises…
Ainsi, cette petite buvette, stratégiquement située à la sortie du village de Lascabanes, où je fais halte, vers midi, lors de mon deuxième jour de marche, le vendredi 3 mai, pour le déjeuner…
Francine et sa partenaire Josy tiennent avec le sourire sur le GR65, depuis quatre ans, un petit bijou de restaurant. Pour les randonneurs affamés, tout y est « fait maison », y compris…..… un excellent cassoulet, accompagné ici de magret de canard, de saucisson et de saucisse de Toulouse…
Moi qui m’étais promis de manger peu de viande pendant mon parcours, c’est raté!… Ce cassoulet sera cependant un admirable carburant sur le chemin qui monte abruptement vers Montcuq…
Il faut, SVP, bien prononcer le « Q » à la fin…Vue partielle du village de Montcuq de la fenêtre de ma chambres d’hôtes…
Comme son nom ne l’indique pas, la commune de Montcuq est un charmant village – à l’histoire tumultueuse – d’environ 2 000 habitants. Le bourg accueille aujourd’hui de nombreux résidents étrangers (Hollandais, Britanniques) qui viennent passer ici une retraite paisible…
Après une étape de 20 kms, c’est « Chez Jane », à Montcuq, que j’ai choisi de passer ma deuxième nuit, en chambres d’hôtes…
Après une vie rocambolesque dans le milieu de l’édition et de la mode en Égypte, à Milan, à Nice et à Barcelone, Jane Greenwood a acheté puis restauré une maison à Montcuq où elle accueille marcheurs et pèlerins. Une très bonne adresse sur le GR65.
Le soleil s’est levé en quittant Montcuq! À part quelques courts passages nuageux, il ne nous quittera plus jusqu’à mon arrivée à Auvillar quatre jours plus tard. Les paysages, dans cette région qu’on appelle le Quercy, sont magnifiques!…
Entre Montcuq et Lauzerte, le hameau du Rouillac avant (ci-dessus) et après (ci-dessous) mon passage sur le chemin. Rouillac ne compte qu’une vingtaine d’habitants…
En quelques heures, le samedi 4 mai, j’ai facilement franchi les 14 kilomètres qui séparent Montcuq et Lauzerte… Le GR65 a quitté le département du Lot… Le sentier entre maintenant dans le Tarn-et-Garonne…
Arrivée à Lauzerte, cramponnée, à l’horizon, à son éperon rocheux… Je termine ici ma troisième étape.
Lauzerte (« lieu éclairé ») est l’un des nombreux « plus beaux villages de France » que traverse le GR65….
Belles rencontres et conversation à bâtons rompus le soir autour de la table des « Figuiers ». Des randonneurs de plusieurs pays – Allemagne, Slovénie, Vietnam, Belgique, France – partagent chaleureusement leur expérience et leurs souvenirs du Chemin… Certains l’ont déjà parcouru cinq ou six fois… Une très belle soirée…
Randonneurs rassemblés autour d’un somptueux repas aux « Figuiers », à Lauzerte, le samedi 4 mai. À gauche, Thé, d’origine vietnamienne. À coté de lui, une infirmière, d’origine belge qui a autrefois travaillé comme bénévole à l’hôpital général des Cayes, en Haïti…La place des Cornières dans la ville médiévale de Lauzerte et l’église Saint-Barthélémy, construite au 13è siècle
Le lendemain, le dimanche 5 mai, la vieille ville, déserte, offre au visiteur un tout autre visage. Des dizaines de commerces et de logements à Lauzerte sont à vendre. « Le village meurt », me confie un ancien militaire rencontré devant l’église Saint-Barthélémy où on célèbre une messe en hommage aux Anciens Combattants. Il habite Lauzerte depuis vingt-deux ans.
Messe et cérémonie avancée du 8 mai devant l’église Saint-Barthélémy de Lauzerte
La serveuse du café me confirme que l’établissement est lui aussi « en vente depuis deux ans« . Il n’y a aucun repreneur en vue. Certains blâment le Brexit. D’autres affirment que le déclin de Lauzerte est dû à des raisons plus profondes, la lente désertification des villages français.
Les villages se vident. Les anciens métiers disparaissent. Les jeunes couples préfèrent habiter avec leurs familles près des commerces et des services, en ville, là où il y a du travail…
Le GR65 entre Lauzerte et Aube Nouvelle
Après avoir quitté Lauzerte, j’ai poursuivi mon chemin le dimanche 5 mai dans le Quercy.
La région est absolument splendide!
Nous sommes ici dans un pays où la terre est fertile, un pays où l’on célèbre « l’art de la table », à l’ancienne, et où l’on mange plutôt bien. On surnomme la région « le Royaume du gras »…
L’oie, le canard, le foie, le confit ou le magret sont en vente, partout.
C’est dans un petit hôtel de famille, à Aube Nouvelle, entre Lauzerte et Moissac, que j’ai d’ailleurs dégusté, le dimanche 5 mai, mon meilleur repas en deux ans sur le GR65…
Filet mignon de porc aux pruneaux d’Agen accompagné de légumes de saison.Après une nuit à Aube Nouvelle j’ai repris la route le lundi 6 mai pour Moissac…
J’ai passé les deux jours suivants, entre Aube Nouvelle et Moissac (20 kms) et entre Moissac et Auvillar (21 kms) sous un grand ciel bleu… Sur la route, d’anciens agriculteurs…
André, sur ses terres, près du village de Dufort-Lacapelette, devant une partie de son champ planté de pruniers. La récolte est prévue pour le début du mois de juin.Hervé, ancien éleveur, devant sa maison située à cinq kilomètres de MoissacArrivée à Moissac le lundi 6 mai par la route des collines (une variante du GR65, un peu plus longue) qui permet de découvrir, de haut, la ville de Moissac, ci-dessous.Après Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) et Cahors (Lot), Moissac, ci-dessus, dans le Tarn-et-Garonne, est la troisième grande cité sur le GR65. C’est ici que se rejoignent deux des grandes rivières sud-ouest, le Tarn et la Garonne.
Le mardi 7 mai – dernière étape avant ma journée de repos à Auvillar – j’ai emprunté, depuis Moissac, pendant une quinzaine de kilomètres, le superbe Canal des Deux Mers (qui relie sur 800 kms la Méditerranée à l’Atlantique)…
Le Canal des Deux Mers juste après avoir quitté Moissac, le mardi 7 maiLe GR65 entre Moissac et Auvillar le long du Canal des Deux MersLe tracé du Canal des Deux Mers
De très nombreux cyclises, et quelques navires (ci-dessous) empruntent le Canal des Deux Mers
Quelle belle façon de terminer la première partie de ma randonnée!
Courte pause le mardi 7 mai dans un petit café du village de Malause, entre Moissac et Auvillar…Après avoir franchi la Garonne à la sortie du village d’Espalais, arrivée au milieu de l’après-midi, le mardi 7 mai, comme prévu, à Auvillar!
Cent kilomètres parcourus depuis mon départ de Cahors le 2 mai. Rien de cassé pour l’instant. Pas de chute. Tout va bien.
Après le Lot, le GR65 quitte ce matin le Tarn-et-Garonne et entre dans le Gers…
Il me reste environ 121 kilomètres à parcourir avant d’arriver à destination, à Nogaro.
Le cœur en paix et l’âme tranquille, je poursuis ma route et ma belle aventure sur le Chemin de Compostelle…
Je ne m’attendais pas, en arrivant deux jours avant Noël à Pondichéry, à découvrir dans les rues de la ville une telle effervescence!…
Le territoire de Pondichéry est enclavé dans l’état du Tamil Nadu, dans le sud-est de l’IndeMalgré le temps couvert, des centaines de curieux viennent assister près du bord de mer à Pondichéry, au festival kolam, le dimanche 23 décembre.
Après un voyage en train depuis Chennai, j’étais à peine installé dans ma guesthouse, dans « la ville blanche » comme on appelle ici l’ancien quartier colonial français, qu’une rumeur, un bruit de foule, venu du bord de mer, tout proche, m’a forcé… m’a poussé dehors…
Que se passait-il?
Participantes au festival kolam et badauds se pressent le long de l’avenue Goubert, à Pondichéry
Selon la tradition, tôt le matin dans le sud de l’Inde, les femmes dessinent sur le sol devant l’entrée de leur maison ou de leur commerce des figures géométriques en guise de bienvenue, et afin de porter chance et prospérité aux membres de leur famille et à la communauté.
Ces figures géométriques sont aussi des offrandes au jour qui se lève et une invitation aux divinités.
Un kolam à Pondichéry…
Ces « kolams » sont souvent très complexes. Les figures sont d’abord tracées avec de la craie et ensuite ornées de poudres de couleur, de grains de riz, de fleurs, de petites branches, tout ce qui est disponible à portée de la main. Les kolams sont réalisés uniquement par les femmes et le savoir-faire est partagé en famille entre grand-mères, mères, filles et sœurs..
… le dimanche 23 décembre
Le festival kolam vient, une fois l’an, à Pondichéry, honorer cette tradition… Un grand concours est organisé. La municipalité alloue à chaque participante un petit périmètre le long du bord de mer, et les concurrentes s’affairent, seules ou en petits groupes, en une heure ou deux, à réaliser leur kolam.
Les couleurs, le spectacle, l’élégance, dans la rue, sont saisissants!
Avenue Goubert, Pondichéry
Le tamoul est la langue principale parlée à Pondichéry. C’est aussi la langue officielle de l’état du Tamil Nadu (littéralement, « le pays des tamouls »). Le tamoul est également la langue parlée au nord du Sri Lanka. Trente minutes d’avion seulement séparent Chennai de Jaffna.
Les spectateurs assistent, attentifs, à l’élaboration des kolams. Et chacune des créations est ensuite soigneusement jugée, évaluée et notée par une équipe composée de dignitaires de la ville et du gouvernement du Tamil Nadu.
Les juges évaluent avec soin un kolam. Instant solennel pour les concurrentes et leurs familles
Les prix pour les gagnantes? Des appareils électro-ménagers, une télévision, des saris de qualité, des vêtements pour les enfants, des ustensiles de cuisine… Et, pendant un an, pour leurs familles, l’honneur et la considération auprès de la communauté.
Le festival Kolam a été pour moi, à peine arrivé dans la ville, une formidable introduction à Pondichéry… à sa culture, complexe, tolérante, déroutante aussi…
Pondichéry
… puisque quelques heures après le festival kolam, on célébrait dans la même rue, à deux pas, le dimanche 23 décembre et encore le 25, deux magnifiques messes de Noël – en français! – messes chantées dans l’église Notre Dame des Anges, noire de monde, les deux jours…
Messe de Noël célébrée à l’église Notre Dame des Anges à PondichéryL’église Notre Dame des Anges, construite entre 1851 et 1855, a récemment été rénovée. Le Tamil Nadu compte environ 6% de chrétiens et 6% de musulmans. 87% de la population est de confession hindoue. (Sur la religion à Pondichéry et dans le Tamil Nadu, voir la première partie du roman de Yann Martel, « L’histoire de Pi »…)
Alors, Pondichéry… ville tamoule… ville indienne… ville française?…
Ou les trois à la fois?
Les thalis servis dans le Tamil Nadu sont plus colorés, épicés – et copieux! – que ceux servis dans le nord du pays ou au Népal. Le prix des repas dans le sud de l’Inde est aussi, en général, beaucoup plus bas. Le prix du plat ci-dessus? 145 roupies, soit $2.80 ou 1,80€Rue Surcouf, PondichéryRue de la MarineRue Suffren
Un peu d’histoire… pour mieux comprendre Pondichéry, le contexte dans lequel la ville est née et son évolution depuis le XVIIè siècle…
1er comptoir établi à Chandemagor en 1668, puis à Pondichéry en 1673, Mahé en 1721, Yanaon en 1725 et Karikal en 1739
À partir de 1668, la France, via la Compagnie française des Indes (créée en 1664) annexe ou acquiert plusieurs territoires dans le sous-continent indien afin, selon Colbert, le Contrôleur général des finances, sous Louis XIV, de « procurer au royaume de France l’utilité du commerce des Indes et empêcher que les Anglais et les Hollandais n’en profitent seuls. »
Après le Portugal, l’Angleterre et la Hollande, la France est la dernière puissance maritime européenne à fonder une compagnie des Indes pour commercer avec l’Orient.
Le comptoir de Pondichéry est « installé », pacifiquement, en 1673. La paix sera de courte durée.
Pendant près de trois siècles – jusqu’à la restitution du territoire à l’Inde en 1956 – Pondichéry va connaître une histoire tumultueuse. Entre l’Angleterre, la Hollande et la France, la ville change plusieurs fois de mains et d’allégeance.
En 1761, Pondichéry, française, est rasée par les Britanniques. Puis rendue à la France en 1765 après un traité de paix avec la Grande-Bretagne. La ville est reconstruite… puis pillée et perdue de nouveau aux Anglais quelques années plus tard.
Si bien, peut-on lire, qu’à partir du 19è siècle, « Pondichéry apparaît comme une enclave française dans un pays désormais presque entièrement dominé par les Britanniques. »
Une dernière note historique. Tous les habitants de Pondichéry (et ceux des autres comptoirs annexés par la France) sont déclarés citoyens français lors de la révolution de 1848.
Carte non datée des possessions françaises en Inde. Pondichéry a aujourd’hui le statut de territoire et a été rebaptisée Puducherry en 1996
Que reste-t-il aujourd’hui de l’ancienne présence française?
Il est difficile d’évaluer le nombre exact de francophones qui vivent à Pondichéry. Le consulat de France recense environ 6000 « franco-pondichériens » mais une toute petite partie seulement – environ 200 – parle régulièrement le français. C’est infime pour une ville qui compte plus d’un million d’habitants.
Parmi ces franco-pondichériens, beaucoup de retraités. D’anciens militaires ou des fonctionnaires, nés à Pondichéry ou Karikal, qui ont fait carrière à l’étranger dans l’armée ou dans l’administration française, et qui passent maintenant leur retraite, ou plusieurs mois par an, au pays natal…
D’autres, n’ayant jamais quitté le territoire, vivent dans une situation beaucoup plus précaire et doivent compter, chaque mois, sur l’aide et les subventions du consulat.
Malgré tout, grâce à un méticuleux travail de restauration entrepris par les autorités françaises et l’état du Tamil Nadu, lorsqu’on se promène dans « la ville blanche« , propre, ombragée, fleurie, on a l’impression de marcher dans les rues d’une petite ville française, bourgeoise et cossue…
Rue de l’Évêché, à Pondichéry. Le cadastre du « quartier blanc » n’a pas changé depuis l’époque coloniale
Des appartements avec balcons, des maisons élégantes, de jolis immeubles rénovés et repeints, bordent les rues…
Rue Romain Rolland
Plusieurs bâtisses ont été reconverties en hôtels, en restaurants, en boutiques… Derrière les murs se cachent de somptueux jardins… D’autres immeubles ont été agrandis, modernisés… et réquisitionnés pour le service public…
Le Lycée Français de Pondichéry, rue Victor Simonel. Créé en 1826, le lycée accueille cette année environ 550 élèves, de la maternelle à la terminale. En plus de l’anglais, de l’allemand et de l’espagnol, les élèves peuvent aussi étudier, comme langue seconde, le tamoul.L’Alliance Française de Pondichéry, rue Suffren
C’est dans la rue Suffren également qu’est située ma « guesthouse », ci-dessous…
Afin de me déplacer plus facilement, j’ai loué pendant mon séjour, un vélo (vert, sur la droite)… Au Tamil Nadu, les nouveaux vélos sont, le premier jour, emmenés formellement au temple afin d’être bénis. Les guidons sont ensuite, ce jour-là, décorés de guirlandes de fleurs… Le protocole est le même pour les nouvelles voitures.Le parc Bharathi au cœur de « la ville blanche » de Pondichéry
L’Institut Français de Pondichéry, rue Saint-Louis
Certains plats servis dans les restaurants du quartier ne dépareilleraient pas une bonne table européenne ou canadienne.
Poulet aux champignons, rue Labourdennais
Seul regret, le français, pratiquement inexistant dans les rues de Pondichéry. Parlé seulement par les touristes français ou francophones qui fréquentent les boutiques et les cafés de « la ville blanche« …
Rama vend tous les matins, au bord de la mer, un délicieux café au gingembre et au miel!Dipankar, devant son comptoir de samosas, rue de Bussy.
À une quinzaine de minutes de marche du quartier colonial, vers l’ouest, un autre monde: la ville tamoule. « Laville indigène » ou « laville noire » comme on l’appelle aussi (à mon avis, très péjorativement). La ville tamoule où vit et travaille la très grande majorité de la population de Pondichéry.
La rue Bharathi, une des artères principales de « la ville tamoule » de PondichéryLe grand marché couvert Goubert, au nord de la rue Bharathi
Monde complètement différent. Point ou peu de bâtisses rénovées ici… mais des rues commerçantes, animées…
Ville tamoule, Pondichéry
… et quelques îlots de calme…
Canteen Street, Pondichéry
En me promenant dans les rues de la ville tamoule, une grande politesse, dans les magasins, dans les restaurants… Les visages s’éclairent lorsqu’on apprend que j’habite au Canada… Le pays est connu, apprécié… Les gens ont de la famille là-bas, des amis…
En dehors de l’Asie, c’est dans la région métropolitaine de Toronto qu’on retrouve la plus grande communauté de Tamouls dans le monde…
Pêcheurs devant le bord de mer à Pondichéry
Deux fois par jour, tôt le matin, et en fin d’après-midi, c’est au bord de la mer, sur la promenade qui fait face au golfe du Bengale, que les deux villes, la ville blanche et la ville indigène, se donnent rendez-vous et se rejoignent, pacifiquement…
« La promenade », avenue Goubert, à sept heures du matin. Un de mes moments préférés à Pondichéry. 40 minutes de marche environ pour parcourir (a-r) la longue avenue qui longe le golfe du BengaleMalheureusement, pas de baignade dans la mer, à Pondichéry… Les courants sont trop dangereux…Cinq fois par jour, retentit aussi dans la ville l’appel du muezzin qui invite les musulmans à la prièreTouristes et résidents viennent nombreux le matin assister au spectacle du soleil qui se lève au-dessus du golfe du Bengale
On croise sur le bord de mer, ou dans la ville tamoule, des visages étonnants…
Personnage rencontré un matin sur le bord de mer… « On ne sait pas d’où ils viennent, ni où ils vont », m’a confié un résident…Lila Marie-Joséphine, francophone, 71 ans, née à Saïgon de père (militaire) français, vit avec sa fille à Pondichéry
Entre deux promenades, j’ai réussi à prendre un bain de mer sur l’une des trois plages situées aux environs de Pondichéry, « Serenity Beach »…
Serenity Beach, à six kilomètres au nord de Pondichéry, le jeudi 27 décembre. Température? 30 degrés.
Cette plage, qui est loin de rivaliser avec les plages immenses du Kerala, avec celle de Varkala en particulier, était l’une de mes étapes, ce jour-là, sur la route vers Auroville…
Une partie des magnifiques jardins de la commune d’Auroville située à 10 kilomètres au nord de Pondichéry
Impossible de parler de Pondichéry sans évoquer, même brièvement, Auroville, une commune à nulle autre pareille, fondée en 1968 par le philosophe indien Sri Aurobindo et sa compagne, française, Mirra Alfassa-Richard, surnommée « la Mère ».
Comment décrire Auroville?
La commune se targue d’être « uneville expérimentale » et « unecité universelle » dont le dessein est « de réaliser l’unité humaine » en réunissant sur son territoire des hommes, des femmes et des enfants venus de 50 pays différents et qui doivent, pour séjourner à Auroville, adhérer à une charte.
Mirra Alfassa-Richard, résume ainsi, dans un essai, sa vision d’Auroville:
« Il doit exister sur terre un endroit inaliénable, un endroit qui n’appartiendrait à aucune nation, un lieu où les êtres de bonne volonté, sincères dans leurs aspirations, pourraient vivre librement comme citoyens du monde… Auroville a pour vocation d’être le lieu d’une vie communautaire universelle, où hommes et femmes apprendraient à vivre en paix, dans une parfaite harmonie, au-delà de toutes croyances, opinions politiques et nationalités… »
Ce projet, utopique à première vue, a néanmoins séduit depuis cinquante ans des milliers d’adhérents, étrangers pour la plupart, qui vivent et contribuent à la vision d’Auroville en participant notamment à 35 unités de travail (agriculture, informatique, éducation, santé, artisanat…) réparties sur l’ensemble de la commune.
Le projet est soutenu, depuis le début, par l’Unesco.
Le Mantrimandir (« le Temple de la Mère »), l’âme de la cité d’Auroville, situé sur un terrain dégagé appelé le « Parc de l’Unité ». Auroville était à l’origine un site aride, sans eau, un désert. Plus de deux millions d’arbres et d’arbustes ont été plantés depuis 1968…
Je ne suis resté que quelques heures à Auroville, heures passées principalement à me promener dans les magnifiques jardins et à visiter la librairie (où je me suis procuré, par curiosité, deux ouvrages de « la Mère »)
Je suis resté assez longtemps cependant pour avoir envie de revenir et d’en savoir un peu plus sur ce projet singulier.
J’ai rencontré un après-midi dans un café du bord de mer un groupe de jeunes venant du Rajasthan, un état situé dans le nord-est du pays. Ces jeunes visitaient Pondichéry pour la première fois… Arrivés devant le comptoir du café, ils ont chacun passé leur commande en anglais. Je leur ai demandé pourquoi. Ils m’ont expliqué que, venant du Rajasthan, ils parlaient couramment le hindi et l’anglais (les deux langues officielles de l’Inde), ils parlaient également le rajasthani et le marwari, deux des langues régionales du Rajasthan… mais pas un mot de tamoul.
Le garçon du café, lui, ne parlait pas hindi, encore moins le rajasthani et le marwari… Leur seule langue commune (langue très hésitante pour le barista) était… l’anglais.
Un grand nombre de résidents du Tamil Nadu ne parlent pas hindi. Beaucoup en sont d’ailleurs assez fiers et considèrent que le tamoul devrait aussi avoir sa place en Inde comme langue officielle.
Même scénario il y a deux ans au Kerala. Je me souviens des nombreux touristes, venus de Mumbai, attablés chaque jour aux restaurants de Munnar. Pratiquement personne dans ces groupes ne parlait le malayalam, la langue principale du Kerala. Ils devaient eux aussi avoir recours à l’anglais, les habitants de Munnar ne comprenant pas, en général, le marathi, la langue parlée à Mumbai.
Combien de langues reconnaissez-vous sur ce panneau affiché à Auroville?
Avec la religion, la langue est, au quotidien, un des sujets qui fâche et crispe le pays, si paisible en général… d’un milliard 300 millions d’habitants. Le chiffre est vertigineux. C’est presque 18% de la population mondiale. (L’Inde devrait devenir le pays le plus peuplé du monde vers 2025)
Comment tout cela va-t-il évoluer?
Policiers à Pondichéry portant le traditionnel képi français
Des élections générales auront lieu en Inde dans deux mois, entre mars et mai 2019. Plus de 850 millions d’électeurs sont appelés aux urnes, dans 28 états et sept territoires. Une logistique électorale monumentale.
Le gouvernement de Narendra Modi (centre-droit), élu en 2014, est en difficulté. Son parti (le BJP) a en quelques mois perdu plusieurs élections régionales.
Après un bon début de mandat, beaucoup de gens ici ont le sentiment que les promesses électorales n’ont pas été tenues. Le chômage, en particulier chez les jeunes, est en hausse, un peu partout. Et de nombreux électeurs ont très mal accueilli les récentes mesures prises par le gouvernement afin de marginaliser la population musulmane du pays.
Narendra Modi sera-t-il de nouveau plébiscité? Ou le parti du Congrès national indien (centre-gauche), dirigé par Rahul Ghandi, reviendra-t-il au pouvoir?
Résultat au printemps 2019.
Et Chennai?
Cette ville, qu’on appelait autrefois Madras, dont le nom, depuis si longtemps, me fait rêver…
Un rare moment de calme à Chennai, dans le quartier de « Marina Beach », le jeudi 20 décembre
… a été une grosse déception. Chennai compte aujourd’hui plus de dix millions d’habitants! Partout, bruit et circulation infernale. Pendant trois jours, j’ai cherché dans mon quartier d’Egmore, et au-delà, un espace vert, un parc ou un café où me poser, respirer et lire tranquillement. En vain.
Rare oasis de calme: une marchande de fleurs dans une rue de Chennai
J’ai donc écourté mon séjour fin décembre, et j’ai vite pris le train (quatre heures) pour Pondichéry…
Un train local, bondé, qui a quitté la gare de Chennai à 6h30 du matin et s’est arrêté dans une vingtaine de localités avant d’arriver à Pondichéry. À bord, des familles, des groupes de jeunes qui vont passer les Fêtes au sud, près des plages.
À chaque arrêt, des vendeurs ambulants, de vrais acrobates, se fraient un passage dans les wagons archi-combles et offrent avec le sourire chapatis, thé noir, puri subji, café au lait, fruits, gâteaux. Un beau moment de voyage au cœur du sud de l’Inde!
Passagères débarquant ou attendant sur le quai de la gare de Viluppuram entre Chennai et Pondichéry
Gare de TindivanamRue Suffren, le 1er janvier
J’ai quitté Pondichéry hier après-midi avec regret. J’aurais pu y rester beaucoup plus longtemps.
De nombreux voyageurs s’arrêtent dans la ville pour une halte prolongée. Un couple canadien de l’Ontario, connu rue Suffren, vient chaque année passer trois mois (décembre – février) à Pondichéry. Dès leur départ, ils réservent leur chambre pour l’année suivante.
Au jour le jour, selon son humeur, on peut passer à Pondichéry, en quelques minutes, de « la ville blanche » à « la ville indigène ». On peut s’inscrire à des cours de yoga ou de méditation, faire du bénévolat dans une école ou dans un orphelinat. Aller passer quelques jours à Auroville. Flâner tout simplement. S’asseoir dans un café. Prendre un peu de soleil au bord de la mer ou au parc Bharathi. Personne, dans l’espace public, ne viendra vous importuner. C’est rare.
Petit-déjeuner sur la terrasse…
Après plus de deux mois sur la route, mon voyage s’achève dans quelques jours. Je rentre à Vancouver (via Taipei) le jeudi10 janvier.
Heureux, comme d’habitude, de retrouver bientôt Diana et la Colombie-Britannique! Heureux aussi d’avoir vécu depuis bientôt neuf semaines tant d’expériences différentes… comme celles-ci:
Braver la pollution dans les rues grises et encombrées du Vieux-Delhi
Me fondre, près des sadhus, au bord du Gange, dans la foule pieuse des « ghats » de Varanasi
Marcher, à Lumbini, au Népal, dans les jardins qui ont vu naître Bouddha
Dialoguer avec les élèves, les enseignants et un ancien coopérant à l’école Shree Haraiya dans la petite ville de Haraiya Bazar, à 20 kms de Lumbini
Découvrir le beau village de montagne de Tansen et discuter les après-midis, au soleil, amicalement, avec Mohan Shrestha
Rencontrer à Pokhara Stephen et Annie et monter avec eux jusqu’à la Pagode de la Paix, située au-dessus du lac Phewa Tal
Cheminer en compagnie de mon guide Yubraj pendant cinq jours sur les sentiers du massif de l’Annapurna et admirer en route des pics majestueux de plus de 7000 mètres
Accompagné de deux autres guides, Shankar et Binod, vagabonder sur les splendides chemins de la vallée de Katmandou.
Vivre dans la belle cité de Patan, près de Katmandou, et partager un soir, avec mes hôtes, à leur domicile, un repas traditionnel népalais.
Découvrir enfin l’élégante et complexe ville de Pondichéry où, au bord du golfe du Bengale, il fait si bon vivre…
Et d’autres expériences encore…
L’année 2018 a été bien remplie…
BONNE ANNÉE 2019 À TOUS!
Lectures de décembre… (livres de poche glanés dans les bibliothèques de fortune des « guesthouses »)
Un magnifique roman d’aventures qui se déroule au cœur du pays sherpa, dans l’Himalaya. Et une histoire d’amour, pleine de surprises, entre un Français et une jeune Népalaise, Khami, une farouche « Sherpani ». Fruit de leur amour, un garçon, Hima, naît… Le récit entraîne le lecteur de Paris, au Caire, à Katmandou, au campement de Namché Bazar, situé au pied de l’Everest. Le roman (en vente dans toutes les librairies de Pokhara) se lit en quelques heures. Excellent document sur le quotidien et les traditions dans l’Himalaya. Écrit par Jacques Lanzmann, le parolier de Jacques Dutronc.
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Au milieu du 19è siècle, un jeune matelot français, Narcisse Pelletier, est abandonné sur une plage du nord-est de l’Australie. Dix-huit ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard: il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher comme les indigènes qui l’ont recueilli. Il a perdu l’usage du français et a oublié son nom. Que s’est-il passé pendant ces dix-huit années? Récit bouleversant et admirablement écrit. Inspiré d’une histoire vraie, le livre a été récompensé de huit prix littéraires, dont le Goncourt du premier roman 2012. (Extrait de la quatrième de couverture du roman).
Épilogue
Gare de Chennai Central, 4h55 du matin, le vendredi 4 janvier. Faute de moyens, des centaines d’hommes, de femmes et d’enfants dorment chaque nuit à même le sol ou assis dans le hall de la gare…Avertissement affiché dans les gares et dans les wagons de train en Inde. Ces alertes sont hélas trop rares.Dîner servi à bord du Rajdhani Express entre Chennai et New Delhi
Après vingt-neuf heures de train depuis Chennai à bord du « Rajdhani Express » – le trajet, même en 1ère classe, a été rude, inconfortable, la nourriture servie de qualité douteuse, une amère désillusion! – arrivée à New Delhi le samedi 5 janvier… sous un grand ciel bleu. Il fait froid. Six degrés. C’est l’hiver dans le nord de l’Inde.
Surprise en quittant en tuk tuk la gare de Nizamuddin: la pollution dans l’air et dans les rues de la ville est beaucoup moins visible que lors de mon premier passage, à la mi-novembre. On respire mieux.
Je me suis installé cette fois-ci dans un des « beaux quartiers » de Delhi, près de Connaught Place… à deux pas du métro qui me conduira à l’aéroport et à quelques minutes de marche du temple sikh Gurdwara Bangla Sahib, situé sur l’avenue Ashoka…
Le temple Sikh Gurdwara Bangla Sahib à New Delhi, le mercredi 9 janvier
Je suis revenu dimanche à Patan, l’ancienne cité royale, magnifique, située à quelques kilomètres du centre-ville de Katmandou, après avoir passé, sans doute, les quatre plus belles journées de mon séjour au Népal!
Les plus surprenantes aussi!
Randonnée à 1800 mètres d’altitude, au-dessus de la vallée de Katmandou, entre le village de Balthali (à l’arrière-plan) et le monastère de Namo Buddha, le samedi 15 décembre. Nous sommes ici à environ 40 kms à l’est de Katmandou. Voir la carte ci-dessous.Thuli, 89 ans, termine son déjeuner chez elle, dans le village de Phaskot, 400 habitants, situé entre Namo Buddha et Dhulikkhel. Le tilak (ou tika) mauve, le point coloré sur le front, indique que Thuli est veuve.
En planifiant ce voyage, je m’étais promis de faire dans la vallée de Katmandou une deuxième longue excursion après celle réalisée dans l’Annapurna…. (Voir l’article précédent)
Mission accomplie!
Cela a été une excellente idée d’explorer cette région où les touristes – à deux heures de la capitale – sont beaucoup plus rares que dans l’Annapurna!
Voici donc la carte puis le détail avec photos des quatre étapes de mon excursion dans le sud-est de la vallée de Katmandou.
La vallée de Katmandou. On peut aussi prolonger son excursion en explorant les sentiers et les villages situés au nord de la vallée…
Jour 1: taxi (2 heures environ) de Patan/Katmandou jusqu’au bourg de Panauti, puis montée, facile, à pied, en une heure 30 ou deux heures, jusqu’au village de Balthali, situé à 1500 mètres d’altitude
Jour 2: Balthali. On peut facilement prolonger son séjour ici.
Jour 3: 3 heures de randonnée entre Balthali et le village et le monastère de Namo Buddha (1750 mètres). Journée exceptionnelle!
Jour 4: 2h30 environ de marche entre Namo Buddha et la petite ville de Dhulikkhel. De Dhulikkhel, bus et/ou taxi pour le retour à Patan – où il est, selon moi, beaucoup plus agréable de loger qu’à Katmandou…
Près de Dhulikkhel, dans la vallée de Katmandou, le dimanche 16 décembre.
Mon message à ceux et celles qui songent peut-être à visiter le Népal sans faire de « trek » dans l’Everest ou dans l’Annapurna, est assez simple.
Cette boucle: Patan/Katmandou – Panauti – Balthali – Namo Buddha – Dhulikkhel – Patan/Katmandou est très facilement réalisable et une excellente alternative aux randonnées plus classiques et plus longues offertes ailleurs au pays.
Boucle que l’on peut raccourcir, ou prolonger à sa guise, en passant plusieurs jours à chaque endroit, avant de repartir, sans jamais prendre la route goudronnée, mais seulement les sentiers, magnifiques, qui relient depuis des siècles les villages paisibles de la vallée…
Aventure et dépaysement garantis!
Tous les hébergements situés dans la vallée peuvent recommander un guide, sûr et fiable, aux visiteurs. Ci-dessus, Shankar, qui me conduira sans encombres, le samedi 15 décembre, de Balthali à Namo Buddha. Une randonnée exceptionnelle! Né à Balthali, Shankar ne parle que deux ou trois mots d’anglais. Ci-dessous, le sentier, au départ de Balthali…
J’ai voulu partager et résumer ici les principaux points forts de cette randonnée au cœur du pays newari … randonnée fantastique et négligée, à tort, selon moi, par la plupart des visiteurs…
1. – La qualité des hébergements, très bonne en général, avec un personnel habitué, rompu à la clientèle étrangère…
Chemin qui mène à mon bungalow…… surplombant le village de Balthali. Eau chaude et chaufferette dans la chambre car les nuits en décembre sont fraîches…Sur le balcon, vue magnifique sur la vallée de KatmandouThapa gère tout en douceur son établissement au-dessus de BalthaliThali végétarien népalais servi avec des champignons, des épinards et des légumes récoltés dans le jardin de ma « guest house » à Balthali…
2. – Les vues, imprenables, pendant quatre jours, des sommets de l’Himalaya…
Les pics de l’Himalaya vus de Namo Buddha, le dimanche 16 décembre… Trois sommets, parmi d’autres: le Gauri Shankar (7415 mètres), le Phurbi Chyachu (6722 mètres), le Melungtse (7181 mètres). L’Everest, plus à l’est, n’est malheureusement pas visible…… et sur le chemin qui descend vers Dhulikkhel…… où plusieurs chantiers sont en cours…Entre Namo Buddha et Dhulikkhel
3. – Les sentiers, moins hauts, bien sûr, que ceux empruntés dans l’Annapurna, mais tout aussi variés et impressionnants…
Un des ponts suspendus entre Balthali et Namo Buddha…Une heure environ avant l’arrivée à Namo Buddha… Altitude 1700 mètresLourd fardeau porté par une femme près de Namo BuddhaMaison de village entre Namo Buddha et DhulikkhelEn allant vers Dhulikkhel
4. – La nourriture, apprêtée avec soin à Balthali, et tout simplement exceptionnelle, dans mon hébergement, à Namo Buddha…
Salade d’avocats
Les repas au Namo Buddha Resortsont 100% bio et semblent être droit sortis d’une ferme écologique européenne ou canadienne. Tous les ingrédients, sauf le fromage de yack, proviennent du jardin de l’hôtel… qui fabrique aussi son pain… et même sa crème glacée.
Quiche aux légumes accompagnée de champignons du jardin, de betteraves et d’haricots verts
Il n’y a pas de menu. On sert chaque jour, au déjeuner et au dîner, trois plats composés des produits les plus frais du potager…
Tarte au citron et crème glacée faite maison
L’établissement est géré, avec le sourire, par la propriétaire, Ingrid, originaire d’Allemagne… Un lieu remarquable… qui met aussi en valeur, dans les chalets, l’artisanat traditionnel népalais…
Ingrid, devant un des chalets de Namo Buddha Resort, dimanche matin, le 16 décembreLes pics de l’Himalaya surplombent les chalets et résidences de Namo Buddha Resort
5. – Les gens rencontrés sur le chemin qui voient ici beaucoup moins de visiteurs que sur les sentiers de l’Annapurna…
À l’extérieur de Balthali, le vendredi 14 décembreBinod, 37 ans, père de trois enfants, et mon second guide, le dimanche 16 décembre, entre Namobuddha et Dhulikkhel… Binod qui m’a très gentiment offert une visite de son village, Phaskot, où j’ai pu rencontrer ses parents, son épouse, Indira, et sa fille aînée, Anju… Binod est un guide hors du commun. Sa maison, en rénovation dans le village, accueille régulièrement les randonneurs. Contact: binod_39@hotmail.comIndira, enseignante au primaireAnju, 19 ans, étudie l’anglais à DhulikkhelDrapeaux de prières bouddhistes déployés devant le monastère Thrangu Tashi Yangtse de Namo Buddha. La couleur des drapeaux a une signification précise. Bleu= l’espace. Blanc = l’air et le vent. Rouge = le feu. Vert = l’eau. Jaune = la terre. Les drapeaux sont suspendus, dans les montagnes, au passage des cols, près des monastères ou au croisement des chemins pour demander aide et protection…
J’ai rencontré également sur le chemin, le samedi – le seul jour de congé au Népal – de très nombreux pèlerins en route pour les temples et le monastère de Namo Buddha… pèlerins qui n’hésitent pas, au soleil, à poser pour les amis ou pour la famille…
Poses près du monastère bouddhiste…… de Namo Buddha…Le monastère de Namo Buddha accueille des centaines de pèlerins qui viennent des quatre coins du Népal, de l’Inde et du Tibet. Plus de 200 moines résident au monastère. Matthieu Ricard, le célèbre moine français effectue ici de fréquents et longs séjours.
Comme presque partout où je suis passé au Népal, j’ai aussi rencontré, sur le chemin, des groupes d’étudiants, souriants et accueillants…
Étudiants croisés au pont suspendu de Khopasi Bridge, près de Panauti, le jeudi 13 décembre
Cette randonnée dans la vallée de Katmandou a vraiment été une très belle surprise… Je ne m’attendais pas à côtoyer, à tutoyer presque, les pics de l’Himalaya, par temps clair, pendant quatre jours…
Mon guide Binod m’a en fait confirmé ce que plusieurs randonneurs au Népal ont pu vérifier récemment. À cause des changements climatiques, la meilleure saison pour marcher dans l’Annapurna ou dans la vallée de Katmandou est maintenant la période comprise (grosso modo) entre la fin octobre et la mi-décembre…
Pendant la période auparavant privilégiée par les randonneurs (fin septembre, début octobre), la météo est souvent mauvaise, et le ciel bouché… Ces informations relayées par Binod ne sont bien sûr que des tendances. Les caprices de la météo étant, par définition, imprévisibles.
Les rues de Patan, l’ancienne ville royale, située à 6 kms environ de Katmandou. Patan est, à mon avis, un endroit bien plus agréable où vivre que Katmandou…… Patan où on reconstruit et rénove les temples endommagés par le tremblement de terre de 2015
Autre surprise. Le gérant de mon hôtel à Patan, Devinder, m’a gentiment demandé hier matin si j’acceptais de prendre le repas du soir avec sa femme et son fils dans leur domicile, une annexe de l’hôtel. J’ai été très ému et touché par son invitation. Et j’ai bien sûr accepté.
Nous avons donc dégusté, il y a quelques heures, dans le salon de la famille, de délicieux hors-d’oeuvres, arrosés d’un alcool fort, (« our local brew », a précisé Devinder) avant de passer dans la salle à manger et partager le traditionnel thali.
La photo ci-dessous n’est pas de très bonne qualité, mais je voulais l’inclure ici comme témoignage de l’hospitalité népalaise. La famille m’a aussi remis un cadeau.
Quelle aventure, et quelle belle façon d’achever mon voyage au Népal!
En compagnie de Devinder et son épouse dans leur salon, lundi soir, le 17 décembre. Départ le lendemain matin pour Chennai, dans le sud de l’Inde.
Je poursuis ce matin mon voyage.
Départ dans quelques heures ce mardi pour l’aéroport de Katmandou.
Je suis en route pour New Delhi (escale de 2 heures) et ensuite pour Chennai (l’ancienne Madras), dans l’état du Tamil Nadu, où je devrais arriver en toute fin d’après-midi.
Je ne passerai qu’un bref moment à Chennai (3-4 jours) avant de gagner, en train, Pondichéry où je m’arrêterai une douzaine de jours… Ce sera ma plus longue halte du voyage…
Après le Kerala,il y a deux ans, j’ai bien hâte de retrouver la chaleur et la culture du sud de l’Inde!
Joyeux Noël!
La presse népalaise… Plusieurs quotidiens (The Himalayan, The Kathmandu Post) sont publiés en anglais…
Le soleil se lève au-dessus de l’Annapurna et du village de Tadapani, au Népal. Sur la droite, deux sommets bien connus des alpinistes: le « Gangapurna » (7455 mètres) et « l’Annapurna 3″ (7555 mètres)Le sommet du « Gangapurna », vu de Tadapani, le mercredi 5 décembre
Je suis de retour à Pokhara. Et je reviens de ma randonnée – de mon « trek » de cinq jours dans l’Annapurna – avec beaucoup d’humilité. Avec un respect renouvelé aussi pour tous les villageois rencontrés dans la montagne, villageois qui vivent entre 2000 et 3000 mètres d’altitude, dans des conditions souvent précaires, avec tant de grâce et de dignité.
Sur un sentier entre Tapadani et Ghandruk…… le 5 décembre. SVP voir cartes ci-dessousLa zone de conservation de l’Annapurna, créée en 1986, est la plus grande aire protégée du Népal. La région n’a miraculeusement pas souffert du tremblement de terre de 2015
Mon projet s’est déroulé exactement comme je l’avais planifié. Mais la randonnée – quatre journées de marche et un long retour en bus vers Pokhara – a été difficile. Plus difficile que prévu.
Avec le recul, je m’aperçois que cela a été une excellente idée de m’entraîner, ce printemps, en France, le long du GR65.
Les deux expériences de marche sont bien sûr très différentes, mais avoir cheminé au mois de mai, chaque jour, 4 ou 5 heures, sur la route de Compostelle, m’a fait le plus grand bien. Cela a été une très bonne préparation, mentale et physique, à ce « trek » réalisé au Népal.
Située à environ 200 kms à l’ouest de Katmandou, Pokhara (encerclée en vert) est la deuxième ville du Népal et le point de départ de multiples randonnées vers le massif de l’Annapurna.Ci-dessus, le tracé de ma randonnée de cinq jours et quatre nuits dans le massif de l’Annapurna. Depuis Pokhara, 90 minutes en taxi, en compagnie de mon porteur Yubraj, jusqu’à Nayapul, point de départ de la randonnée. Ensuite, jour 1: Nayapul – Ulleri. Jour 2: Ulleri – Ghorepani. Jour 3: Ghorepani – Tadapani. Jour 4: Tadapani – Ghandruk. Jour 5: Ghandruk et retour en bus vers Pokhara. D’autres marcheurs optent pour une randonnée plus longue (7-11 jours) jusqu’au camp de base de l’Annapurna (ABC).
La première et la troisième étape ont été particulièrement rudes. Un élévation d’environ 1000 mètres le premier jour entre Nayapul et le village de Ulleri, perché à 1960 mètres. Et, entre Ghorepani et Tadapani le sentier monte (jusqu’à 3200 mètres) et descend cruellement. Quatre heures 40 de marche ce jour-là, la plus longue étape, et sans doute aussi la plus belle…
Une des rues principales du village de Nayapul, lieu de départ de mon trek
De Nayapul, le sentier emprunte d’abord un chemin poussiéreux qui monte lentement vers les montagnes…
Début de la randonnée, sous un temps couvert, quelques kilomètres après Nayapul
… le tracé devient ensuite beaucoup plus abrupt… Des centaines de marches sont taillées dans le roc du sentier…
Entre Tikhedhunga et Ulleri, le dimanche 2 décembre
… On grimpe, on grimpe ce premier jour, pendant plus de quatre heures… jusqu’au village de Ulleri… où m’attend une chambre simple et presque nue (voir Conseils pratiques à la fin de l’article)… Heureusement, il y a de l’eau chaude!…
Le pain « Gurung » accompagne, avec un oeuf dur et des pommes de terre, le petit-déjeuner traditionnel népalais.
Après une courte, inconfortable nuit (à cause du froid) et un petit-déjeuner sommaire, préparé dans une cuisine de fortune, je reprends la route, tôt le lendemain, accompagné de mon porteur, Yubraj…
Yubraj, 28 ans, a vaillamment porté mon sac pendant cinq jours. Yubraj vient de se marier à Pokhara. Il a deux grands frères. L’un travaille en Malaisie et l’autre est cuisinier, depuis cinq ans, à Règina, en Saskatchewan. Yubraj va tenter dans les prochains mois d’obtenir, à Pokhara, sa licence officielle de guide de haute montagne
En marchant, j’écoute attentivement les propos de mon jeune porteur. Il me parle, en anglais, de sa famille, de son enfance, de son pays. Et je me rends compte que les expériences de Yubraj résument assez bien les turbulences qu’a vécues le Népal depuis vingt ans….
Né dans le village de Dhital, situé à une heure de route de Pokhara, Yubraj me confie qu’il se souvient encore très bien, dès l’âge de huit ans, des rebelles maoïstes qui faisaient régulièrement, la nuit, irruption dans son village…
Lourdement armés, farouchement opposés à la monarchie, les rebelles exigeaient d’être nourris, logés. Malheur à ceux qui refusaient de les aider. Ou à ceux dans le village qui contestaient leur idéologie, leur autorité. On retrouvait leurs corps, mutilés ou criblés de balles, plusieurs jours plus tard…
Dans une « tea house » à Ulleri, le lundi 3 décembre
Une fois les rebelles partis, l’armée népalaise arrivait à son tour dans le village, questionnant les résidents, leur demandant pourquoi les maoïstes avaient été accueillis et hébergés… Les responsables de l’armée, les soldats, proféraient des menaces… La situation, pour les habitants, devenait intenable.
Lorsqu’il a eu onze ans, la famille de Yubraj a quitté le village et est partie pour Pokhara. Sa scolarité a brusquement pris fin à ce moment-là.
Cette période noire a duré dix ans. Entre 1996 et 2006, entre 13 000 et 19 000 Népalais ont perdu la vie, tués par les rebelles ou par l’armée… Plus de 150 000 hommes, femmes et enfants ont dû, comme la famille de Yubraj, quitter leurs terres, leurs villages et se mettre à l’abri dans les grandes villes.
« Tea house » à Ghorepani, le mardi 4 décembre
La situation est bien différente aujourd’hui. Les maoïstes (comme les communistes) ont maintenant intégré le gouvernement. La monarchie a été abolie en 2008 et le Népal est désormais une république dirigée par une femme.
Le pays a largement retrouvé son calme, mais personne ici, à Pokhara ou dans l’Annapurna, n’a oublié les cicatrices et les traumatismes de la guerre civile. Cette période d’affrontements et de violence a profondément et durablement marqué le pays.
Ghorepani, le mardi 4 décembre
Revenons sur le sentier où nous avons eu droit, les jours suivants, à une météo plutôt clémente, et au soleil, bien présent le matin…
Deuxième jour de marche, entre Ulleri et Ghorepani, le lundi 3 décembreEn montant vers Ghorepani
En chemin, nous croisons des marcheurs venus de la Belgique, de la France, de l’Allemagne, du Japon. Il y a des Britanniques, des Russes, quelques Canadiens mais, à ma grande surprise, la grande majorité des randonneurs sont des Népalais. De jeunes Népalais, inscrits à l’université souvent, qui parlent un anglais remarquable, et qui viennent, en groupe, joyeusement, découvrir la région…
« C’est un phénomène relativement récent », m’explique Yubraj qui parcourt les sentiers de l’Annapurna depuis cinq ou six ans… « Avec les réseaux sociaux, et le calme revenu au pays, les Népalais, les jeunes professionnels de Pokhara et Katmandou ont eux aussi envie de découvrir ces régions, et partager leurs aventures, leurs découvertes »…
Des jeunes Népalais profitent de la paix retrouvée pour visiter leur pays
En arrivant à Ghorepani, un panneau rappelle aux visiteurs les défis immenses auxquels sont confrontés l’ACAP (l’Agence de Protection de l’Annapurna) et les villages, dépourvus d’infrastructures, qui accueillent les randonneurs, douze mois par année maintenant.
Plus de 100 000 touristes visitent la zone de l’Annapurna chaque année.
Comment peut-on, dans ces conditions, gérer et protéger adéquatement l’environnement fragile de la haute montagne?
Recycler les déchets, les bouteilles en plastique en particulier, est un case-tête considérable pour les villageois et les autorités…
Un projet de construction de points d’eau filtrée et potable dans l’Annapurna est en cours afin de réduire le nombre de bouteilles en plastique que transportent les randonneurs…
Deuxième halte, le lundi 3 décembre, dans le village de Ghorepani. Altitude: 2750 mètres.
Dans les rues de Ghorepani, des dizaines d’ânes circulent du matin au soir après avoir monté, pour les randonneurs et les résidents, nourriture et équipementPat de légumes au curry, GhorepaniSnow View Lodge, Ghorepani, mardi matin, le 4 décembre
Nous assistons au réveil à Ghorepani… et ensuite, sur la route vers Tadapani, à un spectacle grandiose… Il fait un temps splendide!
Les pics de l’Annapurna entre Ghorepani et Tadapani, le mardi 4 décembre
Le balisage sur le sentier est le même que celui du GR65…Cuisinier dans une « tea house »Petit-déjeuner avec Yubraj, mercredi matin, le 5 décembre, à Tadapani
… spectacle renouvelé le lendemain matin lorsque nous quittons Tadapani… pour Ghandruk…
Tadapani, mercredi matin, le 5 décembre. J’ai adoré les quelques heures passées dans le village, une des plus petites localités du circuit de l’Annapurna…
… en route, nous traversons une étonnante forêt de rhododendrons…
… avant de nous arrêter un instant, dans une petite buvette, juste avant Ghandruk…
Thé noir, servi avec le sourire, lors de notre dernière halte entre Tadapani et Ghandruk…
…Ghandruk… où nous arrivons en début d’après-midi… C’est ici que nous terminons notre randonnée…
Arrivée à Ghandruk. le mercredi 5 décembre
Coup de foudre en découvrant la ville, coupée en deux…
En haut, la ville « moderne » avec de beaux et anciens bâtiments, qui servaient autrefois d’entrepots, et qui ont été repeints, rénovés en gîtes ou en hôtels…
Bâtisses à GhandrukPortes sculptées à Ghandruk
… en bas… la vieille ville de Ghandruk… Un village magnifiquement préservé… et curieusement ignoré par la majorité des touristes et des randonneurs…
La vieille ville de Ghandruk, le mercredi 5 décembre
… Une vieille ville, propre, paisible, accueillante, avec son musée… vieille ville où les artisans perpétuent les traditions…
Confection de paniers en bambou dans un atelier de GhandrukLivraison inhabituelle…
Surprise en marchant dans les ruelles… Des enfants me font signe… Une fête se prépare à Ghandruk!… Je les suis vers le haut du village….
Ghandruk, le mercredi 5 décembre
… où notables, dignitaires et membres de la communauté sont déjà rassemblés…
Visages de la communauté réunie à Ghandruk
… afin de participer à une grande célébration… On honore, cet après-midi-là, un couple âgé du village pour sa contribution au fil des ans à la communauté…
Après les discours, une danse traditionnelle…
Quelle belle façon de terminer cette randonnée!
Ghandruk, au réveil, jeudi matin, le 6 décembre
C’est déjà le moment de rentrer à Pokhara…
Ces cinq jours dans l’Annapurna sont passés très vite, en un clin d’oeil
Très heureux d’avoir fait cette randonnée!
Merci à tous les villageois rencontrés et au personnel des « tea houses«
Cela a été une merveilleuse expérience!
Un aperçu de la gare routière de Ghandruk, jeudi matin… On a l’impression ici d’être au bout du monde… Le retour en bus vers Pokhara – quatre heures quinze de trajet sur les routes de montagne – sera épique!
« Dal bhat » traditionnel népalais servi à Pokhara
Avant de terminer, et avant de partager quelques conseils pratiques sur cette randonnée dans l’Annapurna, je tiens à remercier ici mes amis Stephen et Annie qui ont parcouru le même chemin quelques jours avant moi. Leurs suggestions, partagées à Pokhara avant le départ, ont été précieuses. Merci à tous les deux!
Un des deux permis de randonnée obligatoires pour emprunter les sentiers de l’Annapurna
Voilà donc ci-dessous quelques suggestions pour ceux et celles qui songent peut-être à réaliser ce circuit de quelques jours dans l’Annapurna…
Amener (il va sans dire) des vêtements chauds. Il fait très froid en altitude, la nuit, et au petit matin.
Se munir de savon, d’une serviette de toilette… et de papier hygiénique – items introuvables dans les chambres.
Les lits dans les « tea houses » n’ont qu’un simple drap (pas toujours propre) posé sur le matelas, et une couverture (à la propreté douteuse également). Amener un sac de couchage est une bonne idée. On peut en acheter ou en louer facilement à Pokhara. Ou se munir d’une housse, en soie ou en coton, dans laquelle on se glisse. La housse (« liner ») offre une couche de protection entre la peau et le drap/la couverture.
Le prix des chambres est dérisoire. Entre 400 et 1000 roupies la nuit ($5 à $11 ou 3 à 7 euros). La nourriture, qui doit être acheminée à pied ou à dos d’âne jusqu’aux villages, est beaucoup plus chère. Compter 500-600 roupies pour le petit-déjeuner ($6 ou 4 euros). Le même prix pour le déjeuner ou le souper.
Le lac Phewa Tal au centre-ville de Pokhara, samedi matin, le 8 décembre
Au-revoir, Pokhara!
J’ai été très heureux ici, avant et après mon « trek », tranquille dans mon quartier de Lakeside East où les touristes sont moins nombreux.
Logé, au troisième étage, au Nanohana Lodge. Une très bonne adresse.
Le quartier Lakeside East, à Pokhara, samedi matin le 8 décembre
Après quatre semaines en Inde et au Népal, j’ai maintenant pris mon rythme de croisière. J’ai encore devant moi cinq belles semaines de voyage. Ma santé est bonne, le moral, excellent.
Indra, originaire de Ghandruk, a gentiment préparé et servi la plupart de mes repas pendant mon séjour à Pokhara
Je quitte Pokhara demain pour Katmandou. Un trajet de sept ou huit heures en bus. Ai bien hâte de découvrir la capitale du Népal, et la vallée de Katmandou où j’ai prévu faire plusieurs autres excursions.
J’ai beaucoup écrit depuis un mois. Et je ne sais pas quand le prochain article sera publié – avant ou après Madras (Chennai), dans le sud de l’Inde, où j’arriverai le 18 décembre, Madras où il fait aujourd’hui… 31 degrés!…
Alors, juste au cas où… déjà… JOYEUX NOËL À TOUS!
J’ai rencontré Karchhung, devant sa modeste maison, en arrivant à Ghorepani, le 3 décembre. Nous avons le même âge, et nous avons tout de suite sympathisé. Il m’a indiqué où me placer dans le village le lendemain matin pour avoir les meilleures vues du lever du soleil sur l’Annapurna. Karchhung a un fils qui étudie à Seattle et il espère lui rendre visite dans les prochains mois. Bon voyage, et merci Karchhung!
Lilliane, 22 ans, résidente de Seguin, en route avec un plat de nourriture vers le domicile de ses parents, le mardi 23 janvier
La plupart des visiteurs qui se rendent en Haïti ignorent qu’il existe dans le sud-est du pays un village, perché à 1800 mètres d’altitude, qui vit un peu à l’écart du monde, près d’une magnifique forêt de pins.
Ce village, c’est Seguin, situé au cœur du parc national La Visite.
À mi-chemin entre Jacmel et Port-au Prince, le village de Seguin (dans l’encadré, en vert) dans le parc national La Visite
Pour y arriver, environ trois heures de route, en moto, depuis Jacmel. Ou une longue – et inoubliable – journée de marche, à partir du village de Furcy, sur un chemin ancien qui franchit les ravins et serpente au milieu des mornes.
(Le village de Furcy est lui-même situé à près de trois heures route au-dessus de Port-au-Prince.)
Au coeur d’Haïti, le lundi 22 janvier. Le sentier magnifique qui relie Furcy et Seguin. Rares sont les visiteurs, hélas, qui s’aventurent jusqu’ici. Ce sentier est l’un des plus beaux d’Amérique.Entre Seguin et Furcy, la longue pente dans le massif de la Selle qui mène au village de Cayes-Jacques… En-dessous des mornes, en haut à gauche, la mer des Caraïbes…
Les quatre images qui suivent ont été prises il y a un peu plus de sept ans, en juillet 2010, lors de ma première randonnée sur ce chemin exceptionnel qui culmine à plus de 2000 mètres d’altitude…
Le sentier entre Seguin et Furcy est avant tout une route de commerce empruntée par les marchandes. C’est le trajet le plus court entre les champs de haute montagne où les paysans cultivent poireaux, oignons, carottes et pommes de terre et les marchés de la côte…Les marchandes se lèvent régulièrement avant l’aube et parcourent à pied souvent plus de 20 kilomètres afin d’acheminer leurs récoltes vers des camions qui transporteront ensuite leurs produits jusqu’aux marchés de Kenscoff, Pétion-Ville et Port-au-Prince… Sur le chemin, ci-dessous, quelques abris et étals de fortune où se désaltérer et se reposer…
Je suis arrivé cette fois-ci à Seguin en fin d’après-midi, le dimanche 21 janvier, alors que le village, en fête, célébrait plus tôt dans la journée deux mariages et la consécration d’une nouvelle église….
Seguin, fin d’après-midi, le dimanche 21 janvier
Étourdis par les bruits de la fête et les verres de rhum ou de clairin (alcool clair et fort) avalés depuis le matin, les paysans regagnent lentement leurs maisons.
Les femmes portent sur la tête de grands paniers remplis de victuailles, de provisions…
Seguin, dimanche 21 janvier
J’ai l’impression d’être dans les Andes.
Autour de moi, comme au Pérou ou en Bolivie, la même lumière, et les mêmes visages, burinés par le soleil et l’altitude…
Alors que le soleil décline sur les mornes, retour à la maison pour un groupe d’enfants excités par la fête dominicale qui se termine…
C’est mon troisième séjour à Seguin. Dès mon arrivée, je retrouve avec plaisir la belle et solide auberge qui accueille depuis plus de vingt ans visiteurs et randonneurs du monde entier….
L’auberge La Visite, une merveilleuse adresse située à 30 minutes de marche environ au nord du village de Seguin. Pour réserver: winthropattie@gmail.com ou Tél: (509) 49 32 52 23. Ci-dessous, une des deux salles à manger…
À peine descendu de moto, un délicieux repas est servi. Tout est fait maison ici. Les légumes, la viande, le café, toute la nourriture – y compris l’eau, de source – provient d’un rayon d’environ un kilomètre autour de l’auberge.
Salade de betteraves accompagnée… de capucines, des fleurs multicolores et comestibles cueillies quelques minutes plus tôt dans le jardin de l’auberge…
Je suis aussi ici afin de revoir mon ami Winnie, personnage connu et respecté dans la région de Seguin.
Venu pour la première fois à Seguin avec son père en 1975, Winnie Attié, 64 ans, n’est jamais reparti. Depuis 43 ans, il règne sur ses terres et gère, de façon admirable, son établissement.
Nous aurons comme d’habitude pendant mon séjour de longues et chaleureuses conversations…
Comme la plupart des enfants des familles haïtiennes qui ont fui avec leurs parents, au début des années soixante, la dictature du président François Duvalier, Winnie, comme mes frères et moi, enfant et adolescent, a vécu et a été scolarisé un peu partout.
En France d’abord, à Cannes, puis en Suisse, en Afrique ensuite, à Ouagadougou, en Haute-Volta (aujourd’hui le Burkina-Faso) où travaillait son père, et aux États-Unis enfin, avant de redécouvrir, jeune adulte, Haïti, qu’il n’a plus quittée…
Petit déjeuner à Seguin composé d’une omelette aux légumes et de pain grillé…Préparatifs pour le déjeuner…
Première randonnée le lendemain de mon arrivée sur le chemin principal qui traverse la forêt de pins. Notre destination est le petit village de Cayes-Jacques (« la maison de Jacques »), situé à 90 minutes de marche, sur la route de Furcy.
Le parc national La Visite, créé en 1983, renferme la pus grande réserve de pins d’Haïti…
… et a été conçu afin de protéger la région de la déforestation – galopante, comme dans tout le pays…
Mon guide et professeur pour la journée s’appelle Obnès.
Né à Seguin, la quarantaine, il est déjà père de huit enfants, un garçon et sept filles, dont Lilliane, la jeune femme de 22 ans dont la photo ouvre cet article. Obnès travaille aussi à temps partiel pourla Fondation Seguin.
Mon guide à Seguin, Obnès. Nous n’avons parlé que créole pendant notre excursion…
Nous suivons sans difficulté le chemin qu’empruntent chaque jour les motos et les centaines de paysans en route pour les villages avoisinants….
Autour de nous, accroupis dans l’herbe, des groupes de femmes et d’enfants s’affairent à leur lessive…
Un des nombreux points d’eau sur le chemin entre Seguin et Cayes-Jacques
… en moins de 90 minutes nous avons rejoint le petit marché de Cayes-Jacques…
Marché de subsistance, perché au-dessus d’une longue pente rocailleuse qui descend vers Furcy…
Le petit marché de montagne de Cayes-JacquesNous achetons pour l’auberge quelques figues, des bananes, du pain et du café en grains, encore vert…
À Cayes-Jacques aussi les marchandes ne vivent qu’avec quelques gourdes par jour… Envoyer ici les enfants à l’école publique est un énorme défi financier car il faut payer l’inscription, les uniformes, quelquefois les livres…
Grand sentiment de précarité dans ce petit marché de montagne. Et une immense dignité.
Quelques produits achetés au petit marché de Cayes Jacques. Le café sera plus tard torrifié à l’auberge…
Dernier coup d’oeil sur les mornes du massif de la Selle. Le marché de Cayes-Jacques est juste en haut de la pente.
Pour le retour à Seguin, Obnès me propose de prendre un chemin différent, « un raccourci« , dit-il, « par laforêt« . Il a un air mystérieux…
J’obtempère, et je le suis….
Après une quinzaine de minutes de marche, alors que nous pénétrons au coeur de la forêt des pins, terrible surprise… et grande tristesse…
Le parc national qui, à première vue, sur le chemin principal, semblait boisé, verdoyant, est, à l’intérieur, attaqué de tous côtés…
À mesure que nous progressons vers Seguin, nous apercevons des dizaines d’arbres, de troncs, brisés, brûlés. Des pans entiers de la forêt ont été mutilés.
Que se passe-t-il?
Obnès m’explique avec chagrin que certains paysans, afin d’augmenter leurs revenus, n’hésitent pas à tailler l’écorce puis le tronc des pins pour en soutirer la résine.
Résine qu’ils vendent ensuite dans les marchés sous forme de bougies ou de chandelles…
Les petits fagots de bois, taillés dans le pin et enduits de résine, sont également très en demande dans les marchés du pays. On les connaît dans la région de Jacmel sous le nom de « bois gras » ou « bois pin« .
Ce petit bois – qui sert à allumer le charbon et à attiser le feu sur lequel cuisent les marmites – est devenu presque indispensable dans la vie quotidienne et dans les cuisines de fortune des paysans…
« Bois gras » en vente devant une boutique de Jacmel, lundi 29 janvier
La Fondation Seguin essaie, depuis des années, avec peu de moyens, d’éduquer la population paysanne. Combat colossal, quotidien et inégal.
Si les plus jeunes et les élèves inscrits dans les écoles de Seguin semblent, en général, avoir développé une sensibilité qui les encourage à préserver leur environnement, pour les paysans plus âgés, le « bois gras » est une source de revenus dont ils ne peuvent plus se passer…
À partir d’un petit centre de travail et de recherche établi à quelques pas de l’Auberge La Visite, une poignée d’agronomes et de bénévoles (souvent étrangers) essaie de façon remarquable de combattre la lente et inexorable déforestation du parc national. Qu’ils soient félicités et remerciés.
Cependant, malgré le soutien de quelques ONG internationales (allemandes, espagnoles…) et l’appui financier de deux ou trois ambassades, les subventions sur lesquelles pouvait compter jadis la Fondation sont de plus en plus rares. Et une partie du travail, des acquis et des projets réalisés par l’équipe est aujourd’hui en péril.
Une douzaine d’employés de la pépinière de la Fondation ont récemment été mis à pied, faute d’argent.
Une demie-douzaine de gardes forestiers, employés par le ministère de l’environnement et affectés à la surveillance et à la bonne gestion du parc, n’ont pas été payés depuis plus de dix-huit mois. Ils ont, temporairement, démissionné. La défaillance – le désintérêt – de l’état est flagrante. Impardonnable.
Combien de temps encore la Fondation pourra-t-elle poursuivre sa mission?
Pour infos supplémentaires sur le triste phénomène du déboisement en Haïti, SVP voir ci-dessous l’extrait d’un documentaire (déjà mentionné dans Lettre de Jacmel) réalisé en 2016 par Mario Delatour – « De Kiskeya à Haïti: mais où sont passés nos arbres??? »
Ludovic, employé de l’auberge, m’emmènera lors d’une seconde randonnée, le mardi 23 janvier, jusqu’à la cascade de Seguin, principale source d’approvisionnement en eau du village… Plusieurs lieux de la forêt sont encore, heureusement, intacts et préservés…Sacs d’oignons et de poireaux… entreposés au frais au bord d’une rivière près de Seguin…… avant d’être acheminés à cheval et à dos d’âne vers les marchés de Port-au-Prince…
Le brouillard s’est levé, et il faut déjà repartir, après trois jours à Seguin…
Seguin, mercredi matin 24 janvier
La longue descente en moto vers Jacmel est, comme d’habitude, vertigineuse…
En un peu moins de trois heures, après avoir traversé les villages de moyenne montagne de Fonds-Jean-Noël, Pistache et Pérédo, nous arrivons, au niveau de la petite ville de Marigot, au bord de la mer des Caraïbes…
Le contraste est saisissant…
En quittant Marigot et, ci-dessous, les magnifiques plages du village de Kabik…Malgré le ciel bleu, très peu de touristes au bord des plages. Pourquoi? De nombreuses ONG ont plié bagage depuis le tremblement de terre de 2010, et les visiteurs tardent à revenir en Haïti… attirés plutôt par des destinations (Saint-Domingue, la Jamaïque, Cuba) jugées plus sûres et plus faciles d’accès… C’est dommage! Les Haïtiens, de leur côté, trouvent l’eau de la mer plutôt froide en janvier/février…
Dernière étape avant de rentrer à Jacmel, l’hôtel Cyvadier, situé à une dizaine de kilomètres à l’est de la ville…
… hôtel où j’ai le grand plaisir de retrouver, comme prévu, des amis de longue date de notre famille… en visite eux aussi en Haïti…
G.R. entouré de deux de ses enfants à l’hôtel Cyvadier, le jeudi 25 janvier. Après avoir travaillé comme agronome à Seguin en 1959/60, G., comme des dizaines de professionnels haïtiens (dont notre père) a rejoint l’Afrique, le Congo, comme fonctionnaire des Nations Unies, au début des années 60, fuyant la dictature de François « Papa Doc » Duvalier. G. nous a rappelé que la plupart des agences de l’ONU au Congo à ce moment-là (l’OMS, l’UNICEF, la FAO) étaient dirigées par des Haïtiens. Les anciens colons, les Belges, ayant déserté le Congo après l’indépendance, survenue le 30 juin 1960.L’hôtel Cyvadier, près de Jacmel, dispose d’une agréable petite plage au bord de la mer des Caraïbes. Une excellente adresse – http://www.hotelcyvadier.com
Multiples bains de mer pendant mon séjour à Cyvadier…
De retour à Jacmel, à l’approche du carnaval, l’atmosphère est de plus en plus festive.
Les rues de la ville, et le jardin de mon hôtel, sont régulièrement envahis par des groupes de musiciens et de danseurs qui déambulent, costumés, en quête d’attention et d’une poignée de gourdes…
Après dix minutes, ils repartent déjà, tambours, sifflets, bouteilles de rhum et de tafia à la main … perpétuant la grande tradition de fête du carnaval haïtien…
Dans quelle autre île des Caraïbes peut-on vivre, à l’improviste, plusieurs fois par jour pendant le carnaval, un tel événement?…
Marché de Lafon, samedi 27 janvier
Une de mes dernières excursions m’a conduit le 27 janvier jusqu’au village de Lafon (à quarante minutes de moto au nord de Jacmel) où a lieu, tous les samedis, un grand marché…
Lafon
… mais c’est la peinture qui m’amène ici.
Une famille de peintres, la famille Laurent, (SVP cliquez sur le lien, en gras, pour infos supplémentaires) connue, réputée, appréciée en Haïti et à l’étranger, habite dans le village, à une vingtaine de minutes de marche au-delà du marché… et je suis bien décidé ce samedi matin à les rencontrer…
En compagnie d’un garçon du village et de mon fidèle chauffeur Junior, nous quittons le marché… et nous franchissons (ci-dessous) la rivière La Gosseline (dont parle souvent René Dépestre dans ses ouvrages…)La rivière La Gosseline… avant de déboucher sur l’atelier de la famille Laurent qui tient lieu aussi de centre culturel et de bibliothèque…
Les Laurent, le père, Maccène, 71 ans, et son fils, Olivier, 43 ans, sont aux champs. On les appelle…
Rencontre émouvante et respectueuse de ces deux peintres talentueux, dont une des toiles a été vendue, cet automne, à une des ambassades européennes de Port-au-Prince…
Une longue et délicate négociation (en créole) débute avec les deux artistes… autour de deux tableaux accrochés aux murs de l’atelier qui me plaisent particulièrement. L’un de Maccène, l’autre d’Olivier….
Une scène de village créée par Maccène Laurent…Le tableau d’Olivier Laurent représente, lui, une scène de « ra-ra » (fête populaire) dans un village du sud-est, au moment des fêtes de Pâques…
Il nous faudra environ vingt minutes pour nous mettre d’accord…
Affaire conclue avec les deux peintres (qui, comme la plupart des Haïtiens, n’aiment pas beaucoup être photographiés…)
… et, après de multiples remerciements, accolades et de vigoureuses poignées de mains, j’emporte avec moi, vers Jacmel, à pied, puis en moto, soigneusement enroulés, mes précieux tableaux…
Un troisième peintre, sensible et généreux, Colin Anicet, rencontré dans son atelier le lundi 29 janvier peu avant mon départ de Jacmel…
Avant de quitter Haïti, quelques dernières images de la gastronomie du pays…
Poisson grillé, pommes de terre frites, riz aux pois, salade et sauce piquante, JacmelPoulet grillé, bananes pesées, riz aux pois, salade assaisonnée, sauce piquante, Guesthouse Eucalyptus, (www.eucalyptusguesthouse.com), Port-au-Prince….Plat de légumes récoltés dans les vergers de Seguin
…et un ultime coup d’oeil sur le jardin de l’auberge La Visite à Seguin…
Dans le département des Pyrénées-Orientales, l’abbaye de Saint-Martin du Canigou, perchée au-dessus du village de Casteil, à une quinzaine de kilomètres au sud-ouest de Prades, mardi 8 août.
Après le merveilleux été passé, il y a deux ans, dans la région de Saint-Jean-Pied-de-Port, au Pays basque, quel bonheur de retrouver la belle lumière des Pyrénées dans la petite ville de Prades, située à une heure de train environ à l’ouest de Perpignan.
Prades, ancienne ville fortifiée, fondée au 9è siècle. La ville a accueilli en 1939 et 1940 des milliers de réfugiés espagnols et italiens fuyant les régimes fascistes de Franco et Mussolini. Prades abrite aujourd’hui un centre universitaire de recherche et d’enseignement, dédié à la langue et la culture catalanesLe département des Pyrénées-Orientales. Au centre, Prades, où nous nous sommes installés du 6 au 13 août…
Nous sommes cette fois en Pays catalan.
Dans les rues, sur les marchés ou aux comptoirs des cafés, l’accent est différent de celui de Montpellier ou de Béziers.
Sur les sentiers qui sillonnent l’arrière-pays du Conflent, autour de Prades, et qu’empruntent les nombreux visiteurs, venus d’Espagne, le catalan est présent, presque partout.
Quelques exemples?
Bonjour = « Bon dia », bonsoir = « bona tarde », bonne nuit = « bona nit ».
Comment vous appelez-vous? = « Com es diu? »
Je ne comprends pas, pourriez-vous répéter SVP? = « No ho entenc. M’ho pot repetir si us plau? »
Deux ou trois rencontres à notre arrivée ont suffi à confirmer que nous ne sommes plus ici dans le midi de Sète ou de Marseille, dans le midi de Pagnol ou de Daudet, mais dans un pays culturellement bien différent: la Catalogne française.
La Principauté de Catalogne avant son annexion à la Couronne de France, en 1659.
Comme le montre la carte à gauche, la région autour de Perpignan (Perpinyà en catalan) et de Prades (Prada) a longtemps appartenu à un gouvernement de langue et de culture catalanes.
Et aujourd’hui encore, des deux côtés de la frontière, les Catalans revendiquent leur autonomie.
Côté espagnol, après un premier référendum perdu l’an dernier, une seconde consultation sur l’indépendance du territoire catalan est prévue le 1er octobre.
L’Estrelada, le drapeau indépendantiste catalan
Côté français, les partisans de la Catalogne du Nord ne renoncent pas à leur rêve de vivre, un jour, dans une région autonome.
Plusieurs radios diffusent ici des programmes culturels et d’informations en catalan. L’apprentissage du catalan est, depuis 1993, une option pour les étudiants dans certains établissements scolaires des Pyrénées-Orientales. Et le nom des rues, des édifices est, dans la région, systématiquement affiché dans les deux langues.
Ces mesures suffiront-t-elles à faire progresser les velléités d’indépendance ou d’autonomie?
À l’extérieur de Prades, une partie du massif du Canigou dont la présence est célébrée dans la culture catalane.
Après la magnifique journée passée en vélo le long du canal du midi, nous avons eu le grand plaisir de retrouver comme prévu, le mardi 8 août, sur le marché de Prades, nos amis Annie et Stephen, venus de Perpignan…
Le grand marché du mardi de Prades. Un second marché a lieu le samedi matin.Les producteurs de la région du Conflent viennent chaque semaine proposer leurs produits, Place de la République… Ces jours-là, même les boulangeries de la ville sont en fête…
L’accueil toujours souriant de la boulangerie Justinette, rue Jean Jaures, à Prades.
Une fois les courses terminées – au milieu de joyeuses conversations – nous avons partagé, dans le jardin de la petite maison que nous occupons pour la semaine, un beau pique-nique champêtre, composé en partie de spécialités catalanes…
Dans le jardin de notre petite maison, rue du Palais de Justice, à Prades, le mardi 8 août.La fougasse, une brioche catalane à la crème ornée ici d’abricots. Merci Annie et Stephen!Le fouet paysan, un saucisson sec, prisé dans les Pyrénées-Orientales
… en direction du petit village de Codelet où est située l’abbaye bénédictine de Saint-Michel de Cuxa – « lieu de prière, de travail, d’art » – qui accueille depuis le 9è siècle visiteurs et pèlerins.
Sur le chemin qui mène à l’abbaye, des champs impeccablement cultivés où poussent au soleil pêches, pommes, poires, cerises et mûres. Le paysage est magnifique!
L’abbaye bénédictine de Saint-Michel de Cuxa dont la construction a débuté au 9è siècle
Après la messe quotidienne célébrée à midi, nous avons pu brièvement converser avec les moines de l’abbaye, en route pour leur déjeuner, et revêtus, simplement, de leurs habits de travail.
En tenue de travail après avoir célébré la messe, les deux moines de l’abbaye Saint-Michel de Cuxa en conversation avec Diana. Le premier, à gauche, est originaire de la région de Milan. Le second, à droite, le vin de la messe encore à la main, a grandi en Alsace. Ils vivent et oeuvrent tous les deux à l’abbaye depuis plus de quarante ans.
Ils ne sont plus que deux à vivre dans l’abbaye.
Mis à part le service d’accueil et la boutique de souvenirs, les moines s’occupent de tout: des jardins, du potager, de la vigne qui pousse sur le terrain. Ils préparent leur nourriture, célèbrent les messes, ils tondent même le gazon!…
Après plus de quarante ans au service de la communauté, qui prendra leur place ensuite?…
À environ une heure de marche de Prades, sur le chemin de l’abbaye Saint-Michel de Cuxa…
Cela passe vite, trop vite, une semaine à Prades!
Le petit train jaune au départ de la gare de Villefranche-Vernet-les-Bains, le vendredi 11 août
Une des attractions incontournables de la région est sans aucun doute le petit train jaune qui relie plusieurs fois par semaine, depuis 1903, au coeur des Pyrénées, la petite ville de Villefranche de Conflet au village de Latour de Carol. Village situé à proximité de Font Romeu où s’acclimatent et s’entraînent depuis de longues années les athlètes français de haut niveau.
Pendant la saison estivale cependant, trouver une place à bord du train jaune n’est pas toujours facile! Il est préférable de prendre à la gare de Villefranche le train de 9 heures plutôt que celui de 10 heures, souvent bondé.
À quelques kilomètres de la frontière espagnole, le petit train jaune poursuit dans les Pyrénées son ascension vers des villages de haute montagne, comme Mont Louis ou La Cabanasse, qui ont longtemps été inaccessibles par la route…
À une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Prades, le petit village de La Cabanasse, à l’horizon, au pied des Pyrénées, vu du village de Mont Louis, le vendredi 11 août
C’est presque déjà le moment de quitter Prades!…
Avant de partir, nous avons eu la chance d’assister à un dernier événement, « Le concert des étudiants » présenté dans le cadre du festival Pablo Casals – festival qui réunit pendant deux semaines, tous les étés, des musiciens du monde entier…
Composition de Mozart (2è mouvement, quintette K581) interprétée par cinq jeunes musiciens venus du Japon, du Royaume-Uni, de la France et d’Israël, rassemblés le samedi 12 août à l’église St-Pierre de Prades
Départ tôt, le dimanche 13 août en direction de Toulouse où nous attend notre amie Christiane, avec qui j’ai eu la chance de travailler comme coopérant, entre 2012 et 2013, au Rwanda.
Accueil extrêmement chaleureux dans son domicile du quartier de La Terrasse où résident également, pour quelques jours, deux autres amis, originaires du Danemark et du Japon.
Autour de la belle table dressée tous les soirs, rires, souvenirs de voyage et un somptueux buffet préparé par les fées de la maison…
Beaux moments de rencontres et de partage, dimanche 13 août, chez notre amie Christiane (à droite)
Grâce à l’impeccable logistique de Christiane, nous avons aussi eu la chance d’effectuer, le jour de notre arrivée, une très intéressante visite guidée des principaux monuments et quartiers de Toulouse qu’on appelle « la ville rose ». En raison de la couleur particulière des bâtiments construits, à l’origine, d’argile et de briques romaines qui, une fois cuits, prenaient une teinte rosâtre…
Aperçu du quartier Saint-Étienne à Toulouse, dimanche 13 août. Après Paris, Marseille et Lyon, Toulouse est aujourd’hui, par sa population, devenue la 4è ville de France….
Difficile de réaliser que mon périple de trois mois en Italie et en France se termine déjà!…
Sentier sur l’île de Salina, dans les îles éoliennes, au large de la Sicile, en juin 2017.
Le temps est passé si vite! Et tant de choses vont nous manquer en France!
Un exemple parmi d’autres?
Le code exquis de la politesse et du savoir-vivre requis dans les échanges quotidiens, dans les boutiques, les magasins, les boulangeries, les marchés…
Ce qui, dans la conversation, donne à peu près ceci: « Bonjour Monsieur, bonjour Madame… Vous désirez?… Et avec ceci?… Ça sera tout?… Merci, et au-revoir, monsieur, au-revoir, madame… Bonne journée!… À vous aussi!… Au-revoir« .
Imagine-t-on le même rituel, répété plusieurs fois par jour, dans les grandes villes d’Amérique du Nord?
Avant de reprendre avec Diana cet après-midi l’avion pour Vancouver, je tiens à remercier tous ceux et celles croisés sur la route depuis mon départ du Canada, le 23 mai.
Je tiens en particulier à remercier:
Mon frèreAlix compagnon de voyage généreux, attentionné et prudent lors de nos deux semaines de randonnées et de découvertes en Sicile. Merci Alix!
NotreamieJosiane à Vancouver qui, la première, il y a bien longtemps, nous a mis la puce à l’oreille et éveillé notre curiosité à propos de la ville Sète. Qu’elle en soit remerciée! Merci, Josiane!
Merci également à Annie et Stephen de nous avoir si amicalement guidés dans ces grandes et belles journées d’exploration dans ces régions magnifiques du sud-ouest de la France.
Marianne, perdue de vue depuis notre année de travail commun au Vietnam, il y a vingt ans. Marianne, venue si gentiment de Bruxelles passer quelques jours de vacances avec nous, à Sète.
Merci à Monsieur et MadameOuaki qui par leur bienveillance et leur chaleureuse présence ont illuminé notre séjour à Sète.
Merci à Agnès dont la gentillesse et la prévenance à Prades, nous ont beaucoup touchés. Merci d’avoir mis à notre disposition la maison et le merveilleux jardin du « Merle du Matin ».
Merci enfin infiniment à Christiane qui nous a si généreusement accueilli chez elle à Toulouse et nous a offert son amitié.
Dans le quartier de La Plaine, à Toulouse, lundi 14 août