Huahine, aux îles Sous-le-Vent

Comment partager, en mots et en images, l’immense privilège de vivre au soleil, pendant un mois, auprès des Polynésiens, à Huahine?

Huahine « l’authentique », comme on la surnomme ici, aux îles Sous-le-Vent!

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Jordan, 47 ans, a grandi à Huahine. Il vient rafraîchir dans l’océan les poissons-perroquets (« pa’ati » en tahitien) pêchés au large, la veille…
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… avant de les faire frire en famille pour le déjeuner. Plage de Fare, le lundi 25 novembre.
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Conversation avec un riverain, Joseph, qui revient lui aussi de la pêche, alors que nous rentrons à la maison, à la tombée du jour, le samedi 7 décembre.
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Pique-nique mémorable, le dimanche 8 décembre, au « Jardin de corail », situé près du village de Maeva, avec la famille et les amis de Gaby (en blanc avec Diana). Un chaleureux moment d’échanges et d’amitié! Voir détails plus bas.
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Environ 6 000 habitants vivent à Huahine. La population est répartie dans de petits bourgs situés sur le pourtour de Huahine Nui (la grande), au nord, et Huahine Iti (la petite), au sud. L’île est magnifique! Notre bungalow est situé au nord de Fare, le village principal (1600 habitants).
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Petite maison blottie entre mer et montagne, près de Fare
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En scooter, sur Huahine Iti, le vendredi 29 novembre, à proximité du petit pont qui relie les deux parties de l’île…

Comme cela fait du bien d’être de retour!

23 Nov2024 Huahine déjeuner anniversaire 68 ans
Déjeuner au bord du littoral à Fare

En planifiant ce deuxième séjour à Huahine, l’un de nos objectifs était, tout simplement, de prendre ici, notre temps.

Après la cadence effrénée de notre voyage inaugural en Polynésie française en 2022 (une île par semaine en moyenne pendant 8 semaines) et les deux récentes excursions, en quatre jours, sur l’île de Tahiti, nous voulions, près de Fare, comme aux îles Australes l’an dernier, ralentir au maximum le rythme de nos journées.

Nous souhaitions vivre, autant que possible, auprès des Polynésiens. Et profiter avec eux, au quotidien, des joies simples et de la douceur de vivre à Huahine.

C’est exactement ce que nous avons fait. En allant régulièrement, le matin, après une première baignade, ou en fin d’après-midi, à la rencontre des habitants de l’île…

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Aperçu de la rue principale de Fare, vers 8h du matin et, à quelques pas, un peu plus tard dans la journée…
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… Diana, avec Caroline et Marie…
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… puis en compagnie de Gaby, au petit marché du village, très achalandé, le dimanche surtout, dès 5h du matin!

Nous avons eu la chance cette fois encore de faire de merveilleuses, d’étonnantes rencontres!

Ainsi, un après-midi, à quelques minutes de marche de notre bungalow, nous faisons plus ample connaissance avec Tino…

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Tino est l’un des « sages » et l’un des gardiens de la plage de Fare…

Tino est aussi, avec Armand (voir photo plus bas), l’un des entraîneurs qui forme et prépare à Huahine les aspirants à la prestigieuse compétition de la  Hawaïki Nui Va’a – une course emblématique de pirogues polynésiennes qui se déroule, en octobre ou novembre, aux îles Sous-le-Vent.

La « Hawaïki Nui Va’a » est une compétition mythique en Polynésie française!

Des centaines d’équipes se réunissent, à Huahine, l’île de départ, afin de franchir, en haute mer et en lagon, 128 kilomètres, en trois étapes, entre Huahine, Raiatea, Taha’a et Bora Bora! Une épreuve inouïe.

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Le trajet de la compétition, le même depuis 1992: 46 kms entre Huahine et Raiatea, 24 kms entre Raiatea et Taha’a et, le dernier jour, 58 kms, en haute mer, entre Taha’a et Bora Bora.

Les règles de la course sont immuables. Chaque équipe (hommes, femmes, vétérans, juniors, cadets, benjamins…) est composée de six rameurs. Aucun changement d’équipage n’est permis sur l’eau. Les plus jeunes ne parcourent qu’une étape.

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Équipes en pleine action lors de la Hawaïki Nui Va’a. Les pirogues polynésiennes (« va’a ») sont munies d’un balancier. Photo: Tahiti Infos.
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Armand, 65 ans, rencontré un matin au bord de la plage de Fare, a le regard nostalgique des ex-champions. Il a remporté trois fois avec son équipe (1993 -1995) la compétition du Hawaïki Nui Va’a!  Armand aide aujourd’hui, avec Tino, les plus jeunes à se préparer à la course…
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Fanui, à gauche, et sa soeur Norma, à droite, viennent régulièrement livrer dans notre quartier leurs poissons, fraîchement pêchés. Ils proposent ce matin-là: un perroquet bleu, un perroquet noir et un poisson unicorne. Entre Fanui et Norma, Vetea (voir plus bas) qui travaille à côté de notre bungalow…
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… situé au milieu de ce qu’on appelle en Polynésie française « une servitude », un petit chemin résidentiel, au calme, à l’écart des rues et des voies principales. Nous vivons entourés de Polynésiens.
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Vue de notre « servitude », côté montagne. Nous avons eu un temps splendide pendant pratiquement tout notre séjour! C’est pourtant, entre septembre et décembre, la saison des pluies, « la saison de l’abondance » comme on l’appelle ici. Paradoxalement, les mois de septembre à décembre sont aussi les plus chauds…

Nous avons aussi le bonheur de croiser, au fil de nos promenades, des riverains, venus d’ailleurs, et aujourd’hui complètement intégrés à la communauté…

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D’origine portugaise, Isabelle a grandi à… Fontainebleau (Seine-et-Marne), près de Melun! Après des années passées en Californie, puis des séjours de plus en plus fréquents à Huahine, Isabelle a ouvert, à Fare, il y a 7 ans, un petit bijou de resto où l’on déguste, en toute convivialité, les meilleurs burgers de la Polynésie…

Les journées passent vite, trop vite!

Fréquentes et longues balades en scooter autour de l’île…

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Sur la route de ceinture à Huahine Nui…
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… avant d’atteindre « le belvédère » qui surplombe, au sud du village de Faie, la baie de Maroe.
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Arrêt au « panorama » de Tefarerii…
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… et halte un midi, pour le déjeuner, à Huahine Iti, dans une petite cocoteraie située…
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… au bord de la plage d’Avea… où nous goûtons à…
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… un tartare de thon au miel de Huahine, accompagné de carottes, de basilic et d’une salade d’aubergines. Snack Vairai, peu après le village de Parea (en allant vers Haapu), au sud de Huahine Iti.

Journées inoubliables à Huahine!

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Salade Polynésienne, « Chez Tara », Huahine Iti.

Quelle bonne surprise de découvrir, lors d’une de nos promenades, qu’une nouvelle bibliothèque est venue, récemment, enrichir la communauté!

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Un des rayons de la nouvelle bibliothèque de Huahine
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Moeava, enseignante, est l’une des bénévoles à la nouvelle bibliothèque

Inaugurée il y a moins d’un mois, lors du salon du livre tenu à Fare, du 12 au 16 novembre, la bibliothèque compte déjà 3000 ouvrages et est splendidement gérée par un petit groupe de bénévoles, énergiques et enthousiastes.

Quelle belle initiative! – Les bibliothèques publiques sont si rares en Polynésie française!

Pourquoi, au fait?

« La lecture ne fait malheureusement pas partie de notre culture », nous explique l’une des bénévoles. « Historiquement, les traditions, les légendes, les enseignements des anciens ont été transmis, dans les îles, oralement. »

« C’est difficile à croire, mais, à part celle de Papeete, notre immense territoire ne compte que deux autres bibliothèques publiques, à Raiatea et maintenant celle-ci, à Huahine… »

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Barbara, enseignante à la retraite, est elle aussi bénévole à la nouvelle bibliothèque de Huahine.

Tous nos voeux de succès à cette nouvelle bibliothèque!

Et félicitations à l’écrivaine Chantal Spitz, résidente de Huahine Iti, à l’origine du projet. –  Chantal Spitz que nous avions eu l’honneur de rencontrer, lors du salon du livre tenu, il y a deux ans, à Fare.

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Guelvin, et son épouse offrent devant leur camion, à Fare, les produits de leur domaine: pastèques, tomates, concombres, poivrons… Fruits de longues heures de labeur passées sous le soleil dans les champs. Respect et hommages aux agriculteurs de Huahine!
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Katriana, rencontrée au village de Faie, sur la côte est de l’île, vend elle aussi devant sa maison les légumes récoltés dans son jardin… Merci pour les délicieux avocats, Katriana!

Cependant, malgré les sourires et l’ambiance tranquille qui règne sur l’île, tout n’est pas rose ces jours-ci à Huahine, loin de là!

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Moana, 31 ans, devant notre bungalow, le lundi 9 décembre.

Écoutons par exemple Moana (« océan« , en tahitien), venu plusieurs fois à la maison nous livrer l’un de ses scooters pour la journée.

Moana a grandi à Huahine. Il a fait, ici, depuis des années, toutes sortes de petits boulots. Il a travaillé comme barman dans un hôtel, puis dans une agence de location de voitures. Moana loue aujourd’hui, avec sa famille, établie à Fitii, des scooters, à la journée. La concurrence est féroce.

« Il y a plus de 35 commerces de location de scooters sur l’île« , me dit-il, « et les visiteurs à Huahine sont beaucoup moins nombreux cette année! »

C’est un refrain que nous avons entendu souvent ce mois-ci. L’absence flagrante de touristes à Huahine, et sur les autres îles, cette saison.

En nous promenant dans les villages, les restaurants, les snacks en bord de mer, les pensions de famille, sont presque vides. Le boom des voyages de l’après-Covid semble, à Huahine, terminé.

Moana m’explique que la plupart de ses amis ont ou vont bientôt quitter Huahine. Pour des raisons strictement économiques.

« Nous n’arrivons plus à vivre ici », me dit-il, « la vie est devenue trop chère ». « Le SMIC, le salaire minimum, fixé à 150 000 CPF (Francs Pacifique) par mois, l’équivalent de 1200 € (ou Can$1800), ne nous permet pas de vivre convenablement. »

Moana songe maintenant, sérieusement, à s’exiler, à partir, en métropole, en Corée du Sud, « où j’ai a des amis« , aux États-Unis ou au Canada…

Bonne chance, Moana!

Une situation difficile, pour les plus jeunes surtout, que nous confirme quelques jours plus tard Vetea, 43 ans, venue un matin prendre le petit-déjeuner à la maison.

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Vetea travaille dans une pension de famille située à côté de notre bungalow et veille aussi à ce que nous ne manquions de rien. Merci mille fois, Vetea!

Vetea a un coeur d’or et déborde d’énergie du matin au soir. Tout le monde la connaît à Huahine. Une perle.

Vetea nous apprend que le coût du loyer pour une petite maison, à l’extérieur de Fare, tourne autour de 60 000 CPF (environ 500 € ou Can$ 750) par mois. Une fortune pour les habitants de Huahine qui n’ont pas la chance de posséder un terrain.

Fins de mois compliquées donc, difficiles, pour une partie de la population.(Note: Il n’y a pas non plus d’allocation chômage en Polynésie française).

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Joséphine, 75 ans, en route, en vélo, pour aller voir son médecin, à l’extérieur de Fare, le mardi 3 décembre.
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Trois amis en pleine session de pêche sur le parapet du pont qui mène au village de Maeva, le vendredi 6 décembre.

Autre sujet de tension et de controverse sur l’île: le droit de passage le long du littoral.

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Clôture érigée sur la plage municipale de Fare…

Nous avions été très surpris de découvrir, le lendemain de notre arrivée, une clôture de barbelés, plantée sur une partie du rivage de la plage municipale.

Plage fréquentée par les riverains, les visiteurs et les élèves du collège de Fare (tout proche) qui y viennent régulièrement, avec leurs enseignants, pour leurs cours d’éducation physique (natation, canot, pirogue…).

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Un groupe d’élèves du collège de Fare se prépare sur le rivage avant le début de la classe de pirogue polynésienne…

Quelle surprise d’entendre un matin, alors que nous nous baignons paisiblement, une altercation sur le rivage entre un touriste (français) et un riverain… qui s’oppose fermement à ce que le visiteur et sa famille occupent/ posent leurs serviettes de bain sur « son » terrain, situé derrière la clôture.

« Dégage! Dégage! », entendons-nous distinctement.

La baignade terminée, nous allons, prudemment, à la rencontre du riverain pour essayer de comprendre la situation et son point de vue.

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Gervet, en compagnie de sa femme et de sa fille, sur le terrain familial, en partie clôturé, qui borde la plage de Fare

Monsieur Gervet nous explique calmement que plusieurs membres de la communauté, à Fare, sont fatigués « et choqués » de voir certains visiteurs se changer et se dénuder, même brièvement, sur la plage, avant d’aller se baigner.

« Cela ne se fait pas ici« , nous dit-il. « Cela choque les familles, nos enfants! »

Nous apprenons aussi que de nouvelles règles interdisent aux voiliers et aux bateaux de plaisance de jeter l’ancre ou de s’approcher trop près  du littoral de Fare. Motif? Certains plaisanciers ont, semble-t-il, navigué à proximité du rivage nus ou dans une tenue jugée répréhensible par quelques riverains.

Autre sujet d’irritation dans la communauté: les « déversements » et les déchets que jettent impunément dans l’océan certains navigateurs.

Changements importants depuis notre séjour, il y a deux ans…

Autres temps, autres moeurs en Polynésie française?

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Sashimi de thon avec câpres, accompagné de riz, à Fare.

Grâce aux liens tissés par Diana dans la communauté, nous apprenons un matin avec joie que nous sommes invités, le dimanche 8 décembre, à un pique-nique avec la famille et quelques amis de Gaby (voir photo plus haut).

Nous acceptons l’invitation, bien sûr! Diana prépare des gâteaux et une salade marocaine. Elle met de côté un sac de friandises pour les enfants.

Rendez-vous est pris, en fin de matinée, dans un lieu magnifique, le Jardin de Corail, situé près du village de Maeva, à 8 kms environ à l’est de Fare. Nous arrivons en scooter.

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Pique-nique au jardin de Corail…
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… le dimanche 8 décembre…

En comptant les enfants, nous sommes une douzaine, cet après-midi-là, réunis dans la bonne humeur autour de Gaby, des membres de sa famille, et quelques amis…

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Grandes conversations…
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… rires et échanges… avant…
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… un délicieux repas (poisson cru, viandes, légumes, riz, salades…)
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… partagé amicalement, en toute simplicité…. Déjeuner qui se terminera, comme le veut la tradition…
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… par une baignade des anciens/des patriarches du clan dans le jardin de corail… sous un soleil radieux!…

Comment te remercier Gaby, les membres de ta famille, les amis présents ce jour-là, pour ce moment i-n-o-u-b-l-i-a-b-l-e!

L’un de nos meilleurs souvenirs et l’une de nos plus plus belles expériences en Polynésie française!

Māuruuru roa!

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L’un des petits quais, près du port de Fare, le jeudi 5 décembre. Nous déjeunons juste à côté, ce midi-là….

Je rentre d’un voyage éclair à Papeete…

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Murale à Papeete, rue Jeanne d’Arc, à deux pas de la cathédrale, le dimanche 15 décembre.

… où j’ai accompagné Diana qui, pour des raisons familiales, est repartie samedi, comme prévu, pour Calgary.

Nous nous retrouverons à Vancouver le 11 janvier.

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L’un de nos lieux préférés à Fare…

J’aurais facilement pu rester beaucoup plus longtemps qu’un mois à Huahine!

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Pointe sud de Huahine Iti

Entre les baignades quotidiennes, les balades en scooter, nos visites au marché, les randonnées, les conversations, l’écoute, le temps est passé très vite, beaucoup trop vite!

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Tressage (avec les pieds et les mains) de feuilles de « auti » afin de confectionner une ceinture pour une danse traditionnelle au village de Parea. Le « auti » occupe une place importante dans la culture et la spiritualité polynésienne. Voir infos supplémentaires ici.

Grâce à la douceur, à la patience, à la gentillesse des Polynésiens, grâce au climat, qui me convient à merveille, j’ai découvert à Huahine une nouvelle façon de voyager pendant la grisaille et les mois d’hiver à Vancouver.

Une formule toute simple: se poser, pendant un mois, dans l’une de ces îles merveilleuses – ou ailleurs, au soleil – et rayonner lentement, dans un périmètre restreint, autour de notre lieu de résidence. Il y a un nom pour cela: Slow travel.

Formule à appliquer (peut-être au Vietnam?) dès l’hiver prochain.

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Arrivée à Fare à bord du « Apetahi Express », le vendredi 22 novembre. Le ferry relie trois fois par semaine Papeete aux îles sous-le-vent. Escales à Huahine, Raiatea, Taha’a, Bora Bora et Maupiti…
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Une bonne façon de visiter les îles et réduire son empreinte carbone. Ci-dessus, débarquement à Fare. Infos supplémentaires: ici.

Je débute aujourd’hui, le 16 décembre, la 14è année de ma retraite.

Et je poursuis mon périple, samedi, le 21 décembre, vers Papeete.

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Entre Fare et Maeva la semaine dernière – Photo Diana.

Départ lundi, le 23 décembre, pour l’archipel des Tuamotu et la petite île de Fakarava où je serai basé, pendant une dizaine de jours, dans le village de Rotoava (population: 800 habitants). SVP voir les cartes ci-dessous.

Après avoir découvert, dans le même archipel, Tikehau, en décembre 2022, quelle meilleure façon de célébrer là-bas, aux antipodes, sous les étoiles, Noël et le Nouvel An?

Joyeuses Fêtes à tous!

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Les cinq archipels qui composent la Polynésie française…
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… et mon trajet, dans les prochains jours, entre deux de ces archipels: trois heures en bateau, samedi, entre Huahine et Tahiti et, après une halte à Papeete, un vol de 2h00 (via Rangiroa) m’emmènera, le 23 décembre, sur l’île de Fakarava, dans l’archipel des Tuamotu…
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Aperçu de la plage de Fare, à la mi-décembre…

Merci infiniment aux habitants de Huahine qui nous ont si gentiment accueillis sur leur île! Mauruuru!

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Mangues, avocats, patates douces, noix de coco et corossols, entre Fare et Maeva…

Notes de lecture :

Christophe Bataille,  Annam – (Paris, 1993)

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Un roman admirablement écrit qui ravira les passionnés d’histoire. Celle du Vietnam et celle de la Révolution française. En 1788, alors que le royaume de France « s’agite », deux navires – le Saint-Jean et le Saint-Paul – appareillent du port de La Rochelle pour Saïgon. L’objectif de l’expédition, financée par le clergé et de « riches bienfaiteurs, soucieux de leur salut » est ambitieux: évangéliser les habitants de cette terre lointaine, peu connue, et « sortir le Vietnam de l’impiété. »

Le voyage dure plusieurs mois. À bord, « une petite troupe de dominicains, cinq religieuses » et des hommes armés, « embarqués avec joie, comme pour la croisade ».

Arrivés sur les rives du Mékong, les membres de l’expédition découvrent, avec effroi, le climat insalubre de la région, la chaleur, les maladies. Une partie de l’équipage est décimée, dès les premiers mois. Ne parlant pas la langue, face à l’indifférence des habitants, la mission piétine.

Un petit groupe de religieux, menés par père Dominique, s’accroche. Ils quittent la Cochinchine (le sud, le delta du Mékong) et entrent dans l’Annam (les hauts plateaux du centre du Vietnam). Malgré un accueil plus chaleureux et un début d’intégration dans un village reculé, la mission, peu à peu, s’étiole. Les prélats, un à un, épuisés, malades, disparaissent, complètement oubliés par leur pays, plongé dans les turbulences et tempêtes de la Révolution.

La chronique, remarquablement écrite, d’une désastreuse tentative d’évangélisation.

Prix du premier roman (1993) et prix des Deux Magots.

De g. à d. Vetea, Gaby et Fouché sont venus dire au revoir à Diana qui quitte Huahine, le samedi 14 décembre…
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Le « Apetahi Express », en route pour Papeete, accoste au quai de Fare, le samedi 21 décembre. Au revoir, Huahine, et merci!

Tahiti

Quel bonheur de retrouver la Polynésie française!

Carte Tahiti
Souligné en bleu, à une vingtaine de kms au sud de Papeete, le paisible village de Paea, où nous passons les premiers jours de notre séjour en Polynésie française.

Après un voyage sans histoire depuis Vancouver, et une première nuit à Papeete, nous voilà installés depuis 4 jours, à deux pas de l’océan, au nord du village de Paea… où deux plages magnifiques nous permettent de nous ajuster au décalage horaire, à notre nouvel environnement culturel et au climat tropical de ces lointaines et indolentes « Îles de la Société ».

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La plage de Vaiava, le mardi 19 novembre au matin, est située à 5 minutes de marche (au nord) de notre pension. Très fréquentée le weekend par les Tahitiens, elle est pratiquement déserte en semaine…

Le thermomètre oscille depuis notre arrivée entre 23 et 31 degrés.

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Contrairement à la légende, l’île de Tahiti compte très peu de plages de sable blanc. La plage Vaiava, ci-dessus, et la plage Mahana, ci-dessous, sont deux exceptions…
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La plage Mahana, peu profonde, située elle aussi à 5 minutes de marche (au sud ) de notre pension. Déserte également en semaine. À l’arrière plan, on aperçoit l’île de Moorea.

Au début de ce troisième voyage en Polynésie française, l’un de nos objectifs était d’explorer et d’essayer de mieux connaître l’île de Tahiti (Tahiti Nui), la plus grande et la plus peuplée du territoire. Nous n’avions fait jusqu’à présent que de courts séjours ici.

Près de 70% de la population du Fenua (« pays », en tahitien) vit sur l’île de Tahiti! Vu l’intérieur montagneux de l’île, les habitants sont très largement concentrés dans les villes et bourgades situées le long du littoral.

Nous souhaitions en particulier, cette fois-ci, découvrir « la presqu’île », surnommée Tahiti Iti (la petite), véritable chasse gardée des Tahitiens, bijou sauvage, situé au sud-est de la grande île. SVP voir la carte ci-dessus.

Pari tenu.

Dès notre arrivée à Paea, après un premier bain de mer, nous apprenons qu’une famille, dans notre quartier, loue des scooters 50cc (aucun permis requis) à la journée. Nous allons les rencontrer et, en quelques minutes, le contrat de location est signé. Notre scooter nous est livré le soir même par deux membres de la famille.

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Manuarii et sa cousine Lyly nous apportent avec le sourire, à notre pension, une moto, pratiquement neuve, casques et clés. Service impeccable, à la tahitienne, tout en douceur.

Dès 9 heures, le lendemain, le lundi 18 novembre, nous sommes sur la route de ceinture, très achalandée, qui fait le tour de l’île. (SVP voir la carte qui ouvre l’article).

De Paea, notre première destination est la petite ville de Taravao, située à 40 kms, au sud-est. Énormément de circulation sur la route, dans les deux sens. Nous roulons prudemment.

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Après deux heures de route, arrivée à Taravao et au carrefour qui mène, sur la droite, à la côte sud de la presqu’île… et au village quasi mythique de Teahupoo. L’excitation est à son comble!…

Bonne surprise à partir de Taravao: la circulation, sur la côte sud de la presqu’île, est beaucoup plus fluide…

Mais nous avons droit, en chemin, aux caprices de la météo! En environ une heure, nous avons eu du vent, des averses, une pluie torrentielle puis un grand ciel bleu. « Météo typique de la presqu’île », nous dit-on gentiment.

Nous avons dû nous arrêter, souvent…

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Sous un abri de fortune (un arrêt de bus), rencontre inattendue avec deux personnages, témoins de Jehovah: Alexandre, à gauche, 80 ans, et Alain, originaire de Madagascar… Conversation à bâtons rompus… mais nous n’avons pas été convertis!…

Quelle aventure pour débuter notre séjour!

Malgré le ciel qui change toutes les dix minutes, le moral est au beau fixe!

Nous sommes déterminés à atteindre Teahupoo.

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Alléluia! Arrivée à Teahupoo, un peu avant midi… et le soleil est de retour sur la presqu’île!

C’est au village de Teahupoo qu’ont eu lieu, l’été dernier, les compétitions olympiques de surf. Les vagues dans la région sont légendaires.

Le lieu est aussi sacré pour les Tahitiens. Plusieurs clans se sont affrontés ici autrefois. Selon les Anciens, surfer la vague de Teahupoo était un moyen, pour les chefs tahitiens et leurs fils, de démontrer leur supériorité. Ils montraient, en domptant la vague, qu’ils étaient soutenus par les dieux.

En arrivant au village, nous nous apercevons que la route s’arrête, abruptement, à la hauteur de la rivière Fauoro. Seule une passerelle permet de continuer le long du rivage…

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Diana, en compagnie d’une riveraine, sur la passerelle qui enjambe la rivière. Les compétitions olympiques de surf ont été disputées, du 27 au 30 juillet, juste au large de la passerelle. La très controversée tour des juges (qui a, semble-t-il, endommagé le récif corallien) a été démantelée peu après la fin des J.O.

Au-delà de la passerelle, quelques pas suffisent pour entrer dans une atmosphère, un monde bien différent, vierge, mythique, jalousement préservé…

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Début du chemin côtier…
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… qui mène…
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à la pointe de la presqu’île, jusqu’aux falaises de Te Pari…

Sentiment d’être ici au bout du monde.

Comme partout en Polynésie, les riverains sont accueillants, prévenants, respectueux. Le village (1500 habitants environ) est paisible. Très peu de monde dans la rue.

Après un délicieux déjeuner dans l’un des « snacks », près du rivage…

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Steak de thon accompagné de « uru » (fruit de l’arbre à pain), salade et riz.
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Sashimi de thon, salade et riz, deux plats typiquement tahitiens…

Il faut déjà, malheureusement, repartir…

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Au-revoir, Teapuhoo! Note: nous avons été surpris de ne voir qu’une mer d’huile pendant notre courte visite au village…

Heureux d’avoir réussi notre projet, nous reprenons, lentement, la longue route vers Paea…

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Courte halte et conversation chaleureuse sur le chemin du retour au marché de Papara, à une quinzaine de kms au sud de Paea…
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Il nous faudra environ deux heures pour regagner Paea. Nous aurons parcouru ce jour-là plus de 110 kms (a-r) entre Paea et Teahupoo, sans aucun pépin. Mission accomplie.
Dans le jardin de notre petite pension de famille…

Une nouvelle aventure, en petit groupe cette fois, m’attend, dès le lendemain…

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« La Traversière » est la piste de 38kms qui traverse l’intérieur de l’île de Tahiti.

Au programme: la traversée de l’île de Tahiti – via le chemin traditionnel qui relie le village de Papenoo, au nord, à celui de Mataeia, au sud. (Pour info, Paul Gauguin a vécu plusieurs mois à Mataeia lors de son premier séjour à Tahiti, entre 1891 et 1893).

La piste est praticable uniquement en 4X4 et serpente dans une vallée luxuriante qu’on appelle ici « la vallée de Papenoo ».

(Deux semaines avant notre départ, de Vancouver, j’avais pris contact avec le gérant de la compagnie, Patrice, afin de confirmer ma participation à l’expédition ce jour-là).

Nous sommes six ce mardi matin – venus de la Suisse, de la France, des États-Unis, du Canada – réunis autour de notre guide et chauffeur, Pito, pour une journée exceptionnelle de découvertes et d’échanges.

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Tout le monde descend, ci-dessus, pour une première leçon de botanique avec Pito, à 15 minutes au sud de Papenoo.

J’ai la chance d’être assis, à l’avant du véhicule, à côté de Pito.

Pendant près de six heures, ce guide expérimenté, consciencieux, partagera avec moi (et avec le groupe, aux arrêts) de multiples anecdotes sur l’histoire mouvementée et peu connue de cette vallée qu’il parcourt, plusieurs fois par semaine, depuis vingt ans.

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Notre guide et chauffeur hors-pair pour la journée, Augustin Pito, né à Moorea.

Nous traversons et faisons halte dans des sites d’une exceptionnelle beauté!

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Baignade dans la rivière Papenoo, le mardi 19 novembre.

Trois villages, au 17è et 18è siècles, occupaient autrefois la vallée. Il n’en reste plus qu’un aujourd’hui, Papenoo, au nord de l’île. Les deux autres villages ont disparu au 19è siècle – les missionnaires décidant de rassembler les habitants de la vallée sur la côte.

Déracinement tragique pour ces populations, habituées à chasser et à manger du sanglier, du porc, à pécher des anguilles dans les rivières, à vivre à flanc de montagne…

Nous nous arrêtons, pour le déjeuner, au milieu d’un décor de rêve. Nous sommes entourés de vertes montagnes, de pics vertigineux…

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Pour les voyageurs intrépides, il est possible de se restaurer et de faire halte pour la nuit…
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… à mi-chemin de la vallée. De petits bungalows (au confort sommaire) offrent un calme absolu et une vue imprenable. Contacter « Le Relais de la Maroto »…
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De nombreuses cascades jalonnent la vallée de Papenoo…

Quelle belle façon de découvrir l’intérieur de l’île de Tahiti!

Nous avons tant appris!

Merci infiniment, Pito!

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Plat de boeuf et légumes, Paea, le mercredi 20 novembre
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Boudin noir et purée maison accompagnés de pommes sucrées, bord de mer, quartier Paofai, Papeete.

Je vous laisse avec quelques images de Papeete prises le lendemain de notre arrivée, le dimanche 17 novembre…

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Le dimanche, à Papeete, c’est le grand jour du marché, au centre-ville… Ci-dessus et ci-dessous…
marché2papeete 17nov2024
… aperçu de la rue Colette, située à deux pas de la cathédrale…
prêtre Papeete 17 Nov 2024
… où officie, le dimanche, Christophe Barlier, dit « Père Christophe », vicaire de la cathédrale, figure incontournable et respectée de la communauté. Connu pour son franc-parler, le père Christophe œuvre sans relâche depuis plus de 30 ans pour les sans abris et les plus démunis en Polynésie française…
messe papeete 17 nov 2024
Nombreux sont les fidèles réunis le dimanche à la cathédrale autour du père Barlier. Difficile de trouver une place après 8 heures. Une chorale, à l’étage, contribue, en français et en tahitien, à la ferveur de la célébration…

Coïncidence, quelques jours après notre passage à Papeete, le père Christophe faisait de nouveau la une des médias. Voir ici l’article, daté du 22 novembre, du quotidien « Tahiti Infos ».

Mahana fin
Au restaurant de la plage Mahana, le mercredi 20 novembre.

Nous prenons vendredi, à 7h, de Papeete, le Apetahi Express pour l’île de Huahine. Où nous attend, près du village de Fare, une petite maison avec un jardin, à deux pas de la plage…

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Trois heures de traversée environ entre Tahiti et l’île de Huahine. Les deux îles font partie de l’Archipel de la Société qui regroupe les Îles sous-le-vent (au nord) et les Îles du vent (au sud). Pour la géographie du territoire, SVP voir l’article La Polynésie française (2022).
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Surligné en blanc, le village de Fare, principale agglomération de l’île de Huahine qui compte environ 6300 habitants. Ce sera notre deuxième séjour là-bas.

Voici donc notre itinéraire pour les (presque) deux prochains mois:

16 novembre = Vancouver – San Francisco – Papeete

AArchipel de la Société – Îles du Vent, Tahiti

17-21 novembre = Paea

BArchipel de la Société – Îles Sous-le-Vent, Huahine

22 novembre – 21 décembre = Fare

(21 -23 décembre = Papeete)

CArchipel des Tuamotu, Fakarava

23 décembre – 1er janvier = Rotoava

(1er-2 janvier = Papeete)

DArchipel de la Société – Îles du Vent, Moorea

2-10 janvier = Hauru

10 – 11 janvier = Papeete – San Francisco – Vancouver

** Pour des raisons familiales Diana devra regagner Calgary à la mi-décembre. Je poursuivrai solo mon périple aux Tuamotu (Fakarava) et à Moorea.

Bonne fin d’automne à tous!

Notes de lecture:

L’inde, encore.

Shumona Sinha
Shumona Sinha

C’est grâce à « La Grande Librairie », l’émission littéraire diffusée sur TV5, que j’ai découvert, le mois dernier, Shumona Sinha. Elle était entourée d’une brochette d’écrivains, dont Alain Mabanckou, venus célébrer, au château de Villers-Cotterêts, l’ouverture du 19è sommet de la Francophonie.

Son regard de braise illuminait, incendiait le plateau. Son parcours atypique, ses propos francs, directs, sur la politique, sur la littérature, sur la société française, m’ont tout de suite interpellés. Et je suis allé, dès le lendemain, me procurer deux de ses romans (les seuls disponibles) à la bibliothèque Koerner de UBC.

La lecture des deux ouvrages a été, pour moi, une révélation. Presqu’une déflagration.

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Apatride, publié en 2017

Shumona Sinha naît (en 1973) et grandit à Calcutta. Issue d’une famille modeste (son père est économiste, marxiste, sa mère enseignante au lycée), elle décide,  à l’âge de 22 ans, alors qu’elle milite, comme son père, au parti communiste, d’apprendre le français. Apprentissage fulgurant et fécond. Elle lit les poèmes d’Henri Michaux, traduit (en bengali) ceux d’Yves Bonnefoy. Enseigne le français dans un institut de Calcutta. Maîtrisant parfaitement la langue, la jeune femme n’a qu’une envie: connaître la France et y vivre.

Grâce aux passerelles culturelles qui existent entre les deux pays, Shumona Sinha est recrutée, en 2001, comme contractuelle (remplaçante) pour enseigner l’anglais dans les collèges de l’académie de Créteil, en banlieue de Paris. Elle décroche également un poste d’interprète auprès des demandeurs d’asile, indiens, bengalis, qui désirent s’implanter en France.

Une nouvelle vie commence. Elle documente ses expériences. Écrit et publie, en français, un premier roman, salué par la critique.

« Émerveillée », au début, par l’effervescence culturelle qui règne dans les rues de la capitale, sa lune de miel avec la France ne dure que quelques mois. Renvoyée brutalement, au quotidien, par « les Français de souche » à ses origines, à sa couleur, la jeune femme découvre, au travail ou lors de ses promenades et rencontres dans les quartiers de la ville, le racisme, la ségrégation, le mépris.

Le séjour rêvé en France, se transforme, peu à peu, en cruelle désillusion.

C’est cette douloureuse expérience, ce rejet, qu’elle décrit, avec lucidité et amertume, dans « Apatride » (roman, publié en 2017) et dans « L’autre nom du bonheur était français » (récit autobiographique, 2022). Textes bouleversants.

Naturalisée française, écrivaine de talent, vivant maintenant en France depuis bientôt 25 ans, elle déplore que ses livres soient toujours catalogués, dans les librairies, à Paris ou en province, au rayon « littérature francophone ». Elle s’insurge. Rien n’y fait. Écrivaine francophone elle restera. Pas écrivaine française. (Tout comme Tahar Ben Jelloun, note-t-elle, relégué lui aussi au rayon « francophonie », malgré son prix Goncourt.)

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Récit autobiographique publié en 2022

La voix de Shumona Sinha dérangera certains, sans doute.

Pour moi, sa voix est essentielle.

Afin de mieux comprendre l’écrivaine, voici deux extraits de « L’autre nom du bonheur… » qui résument (partiellement) sa pensée et ses revendications…

« Je bravais chaque matin la pluie et le vent, plusieurs heures de trajet en alternant les RER et les bus, pour arriver là, de l’autre côté du périph. C’était là que je devais aller gagner mon pain. Au-delà de la ligne rouge. Pour retrouver mes semblables. Une immigrée parmi les immigrés (…) Les seuls emplois que la ville m’avait proposé se situaient géographiquement mais aussi socialement, culturellement à l’écart de la France de souche (…) Mes diplômes ne valaient rien. »

=========

« Pendant longtemps (en France) je n’ai pas compris pourquoi j’entendais la plupart des insultes racistes à mon encontre le week-end. Puis, la révélation. La semaine, c’est le moment du travail. On tolère les basanés, supposant que leur présence est justifiée par le service rémunéré qu’ils rendent aux Français. Mais le week-end, c’est sacré ! Le marché du dimanche, c’est la messe en plein air. La rue piétonne commerçante, c’est l’allée vers la nef de la cuisine d’où montera le rot solennel à la fin du repas. »

Une détonation – à saluer!- dans le monde souvent feutré et dans l’entre-soi de la littérature française.

Notes de lecture #2

19 juillet 2024 Galiano Bodega Ridge Hike 2
Randonnée le long du sentier Bodega Ridge, sur l’île Galiano, avec une amie, Florence, le 19 juillet.
19 juillet 2024 Galiano Bodega Ridge Hike 4
Du sentier, entre les arbres, on aperçoit quelques-unes des îles qui composent, en Colombie-Britannique, the « Gulf Islands », un chapelet d’îles (Saltspring, Pender, Saturna, Gabriola, Quadra, Cortes…) situées dans le détroit de Georgie/la Mer de Salish, entre Vancouver et l’île de Vancouver. Un paradis!
18 juillet 2024 île Galiano portrait 2
Nous étions plusieurs cette semaine-là réunis à Galiano autour de Florence afin de l’aider dans son entraînement et dans la préparation de sa randonnée cet automne sur le chemin de Compostelle en France.  De g à d: Florence, Nicole et Sylvie, ex-collègue à Radio-Canada. Bravo, Florence, nous sommes avec toi et on te suit! Bon Chemin!
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La petite maison, sur l’île Galiano, où a été prise la photo ci-dessus…

Un été merveilleux se termine dans le sud de la Colombie-Britannique. Nous avons cette année encore été épargnés par les feux de forêt, qui ont, malheureusement, fait rage dans le nord de la province et, à l’est des Rocheuses, en Alberta.

Pensées pour la petite ville albertaine de Jasper, nichée au cœur d’un splendide parc national, en partie brûlée par les flammes, en juillet. Jasper où j’ai eu le privilège de travailler pendant un été inoubliable (en 1980), un été qui m’a ouvert, avec Banff l’année suivante, les portes de l’ouest canadien.

À Vancouver, la météo a été irréprochable. Quelques jours de grande chaleur en juillet puis le thermomètre s’est assagi entre 22 et 25 degrés. Température idéale pour jouir de la douceur de vivre sur la côte ouest. Et découvrir quelques livres étonnants. SVP voir un peu plus bas.

Mais avant, pour ceux qui ne connaissent pas Vancouver, allons faire un tour, une promenade dans la ville, au bord de l’océan…

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Aperçu de la promenade du bord de mer (the seawall), en juillet. À l’arrière-plan, le pont Cambie. Les promeneurs se dirigent, direction ouest, vers l’île (et le marché) Granville et, au-delà…
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… vers le parc Vanier…
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puis vers la plage et les attractions…
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du quartier Kitsilano…
2-septembre-2023-jericho-beach un peu plus à l'ouet
avant de poursuivre, encore plus à l’ouest, jusqu’à la plage Jericho…

Ujjal Dosanjh, Journey After Midnight – (Vancouver, 2016)

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Ujjal Dosanjh, premier ministre de la Colombie-Britannique entre février 2000 et juin 2001.

Comment réussit-on à diriger, comme premier ministre, la province de la Colombie-Britannique (la troisième en importance au Canada) lorsqu’on est issu d’une famille modeste – et né dans un petit village du Punjab, dans le nord de l’Inde ? C’est ce parcours exceptionnel que partage ici Ujjal Dosanjh dans une remarquable autobiographie

Ujjal Dosanjh quitte le Punjab à l’âge de 17 ans pour l’Angleterre afin d’y poursuivre ses études. Le jeune homme parle encore mal l’anglais et découvre, effaré, fin 1964, dans l’Angleterre travailliste d’Harold Wilson, la violence des Skinheads, le racisme et la ségrégation. Suivent quatre années de galère, d’incertitudes, de petits boulots (dont manœuvre à British Rail) et de projets sans lendemain.

Sa vie bascule lorsqu’il part, en mai 1968, rejoindre une tante à Vancouver. Il débarque en Colombie-Britannique en pleine Trudeaumania. C’est le coup de foudre. Soutenu par les membres de sa famille, il s’intègre vite à son nouveau milieu. Décroche un emploi dans une scierie au bord de la rivière Fraser. Et entreprend, peu après, des études d’avocat. Il rencontre, entre deux classes, Rami, qui deviendra sa femme. Diplôme d’avocat en poche, Ujjal Dosanjh ouvre son cabinet, dans l’est de Vancouver, et se lance en politique pour le Nouveau Parti Démocratique (NPD, centre-gauche). Il remporte un siège en 1991. Réélu 5 ans plus tard, il est promu Ministre de la Justice. Suite à la démission du chef de son parti, il est nommé premier ministre en février 2000. Un poste qu’il occupera jusqu’en juin 2001.

Attaqué à deux reprises par des militants sikhs, et blessé, à Vancouver, pour ses positions jugées trop modérées sur le Punjab, Ujjal Dosanjh finira sa carrière politique comme député fédéral et Ministre de la Santé dans le  gouvernement libéral de Paul Martin. Une vie exemplaire et un engagement admirable auprès de sa communauté.

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Navires ancrés au large d’English Bay, à Vancouver, fin juin. À l’avant-plan, Sunset Beach, dans le quartier du West End.
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Soupe wonton aux légumes, crevettes et poulet, restaurant New Saïgon, Abbotsford,  dans la vallée du Fraser, le 22 juillet.

Pier Paolo Pasolini, L’odeur de l’Inde – (Paris, 1984, pour la traduction française)

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Un petit livre qui nous plonge au cœur de l’Inde. En 1961, l’artiste et cinéaste italien, Pier Paolo Pasolini fait un voyage avec son ami, l’écrivain Alberto Moravia et son épouse, Elsa Morante. Ils s’arrêtent à Bombay, au Kerala, à Calcutta, à Varanasi (Bénarès), à Delhi. Partout, l’œil exercé du cinéaste scrute les gestes, les rituels  de la vie quotidienne, les mouvements de la foule, de la rue.

Ils rencontrent, à Calcutta, Mère Teresa. Ils sont invités, à Delhi, à une réception à l’ambassade de Cuba, à l’occasion du 2è anniversaire de la révolution castriste.

Le soir, faussant compagnie à Moravia, Pasolini s’éclipse. Il quitte sa chambre d’hôtel et s’enfonce dans la nuit. Il va, à Cochin, à la rencontre des mendiants, des sans-abris. Part au théâtre avec des inconnus. Assiste à des concerts. Et note scrupuleusement, rageusement parfois, ses observations sur une communauté qui le fascine et le rebute à la fois.

Un regard original sur un pays qui, depuis 1961, a beaucoup changé. Mais en dévorant ces pages pleines de vie, on n’a qu’une envie: retourner en Inde au plus vite !

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Le quartier Crescent Heights, au-dessus du centre-ville de Calgary…
12 juin b 2024 Calgary
où nous avons passé quelques jours en juin auprès de la famille de Diana. À l’arrière-plan, sur la droite, la rivière Bow serpente dans le parc Prince’s Island…

Assia Djebar, La Disparition de la langue française – (Paris, 2003)

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Je n’avais encore rien lu de l’écrivaine Assia Djebar, née près d’Alger, la première femme nord africaine à être élue, en 2005, à l’Académie française. Et je n’ai pas été déçu par ce récit, dense, historique, où se mêlent, aux souvenirs d’enfance, les drames du présent.

Suite à une douloureuse rupture avec sa compagne Marise, et après 20 ans passés en France, Berkane, la cinquantaine, né en Algérie, démissionne de son poste de petit fonctionnaire, prend une retraite anticipée, quitte son studio de Blanc-Mesnil, en banlieue parisienne, et rentre au pays. Objectif: s’installer, avec l’accord de ses deux frères, dans la villa familiale, située, face à la mer, en périphérie d’Alger. Et écrire enfin le livre dont il rêve depuis des années. Mais l’Algérie, en vingt ans, a bien changé. Les intégristes sont aux portes du pouvoir. Et le pays « est devenu un volcan ».

Dans les rues de son Algérie retrouvée, Berkane doit, au quotidien, affronter la violence et les interdits des partisans du camp islamiste, «les fous de Dieu, les nouveaux Barbares ».

Remontent alors, pour Berkane, avec l’écriture de son livre, les souvenirs d’enfance, dans un quartier populaire d’Alger, pendant la guerre d’Algérie. Période tragique dont il a été, enfant et adolescent, témoin et acteur parfois, aux côtés des membres de sa famille. 

Une très belle découverte. Un roman qui nous permet de mieux comprendre les drames qui jalonnent l’histoire récente de l’Algérie.

22 août 2024 restaurant 1 Sawasdee, Main St Vancouver
Cuisine thaïlandaise, plats de boeuf et de poulet accompagnés de riz et de légumes, restaurant Sawasdee, Main Street, Vancouver, en août.

Fabrice Luchini, Comédie française. Ça a débuté comme ça…  – (Paris, 2016)

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Qui ne connaît pas Fabrice Luchini? L’acteur, depuis des années, nous régale avec ses bons mots. Au théâtre, au cinéma, dans les médias, il nous inspire, il nous fait rire et réfléchir avec sa verve, son éloquence, son érudition. Il nous exaspère aussi parfois. Un immense talent.

On sait moins d’où il vient. Ses parents tiennent un commerce de fruits et légumes dans le 18è arrondissement de Paris et le petit Robert (son vrai prénom) grandit entre la Goutte-d’Or et Montmartre. Élève médiocre, il quitte très tôt l’école et se retrouve, à 14 ans, apprenti-coiffeur dans un salon huppé du 8è arrondissement de Paris. Il adopte le prénom de Fabrice.

Jeune, il découvre le Répertoire classique (Molière) puis, grâce à quelques rencontres déterminantes (Philippe Labro, Éric Rohmer), il entre, par la petite porte, dans le milieu du cinéma. Avant de devenir, au fil des ans, l’acteur admiré et respecté qu’on connaît aujourd’hui. 

Avec humour et une franchise absolue, c’est cette vie pleine de péripéties que raconte ici, très honnêtement, Fabrice Luchini. Une vie où sa passion pour la littérature lui tient lieu de boussole. Il y a, dans le livre, de magnifiques pages de ses auteurs préférés, Céline, Molière, Rimbaud, Barthes, accompagnées de fines réflexions sur leurs textes.

Il y a aussi de grands éclats de rire! Sur sa « ligne » politique, par exemple: « Pas de gauche. Pas militant. Pessimiste. Fan de Schopenhauer. Pathétiquement conservateur. Flottant idéologique. J’aurais adoré être de gauche mais, comme je l’ai déjà dit, écrasé par la grandeur et la difficulté du projet, j’ai renoncé. »

J’ai eu le grand bonheur de voir et d’entendre Fabrice Luchini, sur scène, à Paris, il y a plusieurs années. Comme la plupart des spectateurs, j’étais ressorti du théâtre, ébloui. 

Quelle bonne surprise de pouvoir maintenant l’écouter, chaque semaine, sur les ondes de France Inter où il anime, depuis la rentrée, une toute nouvelle émission: « Les admirations littéraires de Fabrice Luchini ». Balados (podcasts) de l’émission disponibles ici.

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Le premier ministre Justin Trudeau, et son fils Hadrien, en compagnie du Chef Roger William (à gauche) et du Chef Otis Guichon à leur arrivée à une célébration communautaire dans la vallée de Nemaiah, en Colombie-Britannique, le 26 juin. Photo Darryl Dyck, Presse Canadienne.

Fortes périodes de turbulences en vue, dans les prochains mois, en politique canadienne, tant au niveau fédéral que provincial.

** À Ottawa, combien de temps le gouvernement libéral minoritaire de Justin Trudeau pourra-t-il encore gouverner, avant d’être forcé à déclencher des élections?

Un quatrième mandat consécutif est-il envisageable pour le premier ministre alors que le désir de changement, d’alternance, partout au pays, semble si fort? 

D’un autre côté, les Canadiens sont-ils vraiment prêts à élire un gouvernement conservateur avec, à leur tête, un politicien qui se comporte de plus en plus comme un caniche hargneux?

** En Colombie-Britannique, coup de tonnerre! Après avoir caracolé en tête des sondages depuis deux ans, voilà que le parti au pouvoir, le NPD, se retrouve brusquement au coude-à-coude dans les intentions de vote avec le parti conservateur (provincial). Un parti conservateur qui incarne une droite dure. Décomplexée. Climato-sceptique. Une droite qui avertit déjà que certains livres seront bannis des bibliothèques scolaires.

Comment en sommes-nous arrivés là, en quelques mois?

La Colombie-Britannique est l’une des deux seules provinces (avec le Manitoba) à être dirigée par un gouvernement de centre-gauche.

Les élections auront lieu dans un mois, le 19 octobre.

Vancouver June 21 2024
La promenade du bord de mer, à Vancouver, cet été…

Et les voyages?

Patience!

Bref séjour à Calgary, dans les prochains jours, afin de rejoindre Diana et sa famille.

Ensuite, après plusieurs mois passés sagement à ou près de la maison, nous repartons, à la mi-novembre, pour la Polynésie française…

Bon début d’automne à tous!

Calfam
À Calgary, le samedi 21 septembre, avec Diana, son papa (89 ans) et des amis de la famille.

De retour à Vancouver…

27 Septembre 2024
Semaine chargée d’émotions dans notre quartier, Mount Pleasant. Après plus de 18 mois de travaux…
27 2Septembre 2024
… la transformation de notre rue en voie verte est maintenant presque terminée… Les aménagements permettront de mieux canaliser l’eau de pluie vers les nouveaux espaces verts et empêcher ainsi les inondations…
28 5septembre 2024
… Les résidents du quartier ont participé le 28 septembre, avec une équipe de la Ville, à une ultime session de plantation…
29 septembre 2024
… la piste cyclable (sur la gauche) ouvrira officiellement dans quelques semaines. Plus aucune voiture ne circule devant notre maison. Un petit coin de paradis est né.

La Voie de Rocamadour

Une semaine déjà depuis la fin de mon odyssée sur la voie de Rocamadour. Une semaine où il s’est passé bien des choses. Le beau temps est revenu. La pluie aussi. Il a fallu naviguer, marcher sur des sentiers en partie inondés. Nous avons dû faire de fréquents détours, les pieds dans l’herbe trempée. Avec l’humidité, mon appareil photo a rendu l‘âme, le 12 mai, lors de ma dernière étape entre Vers et Cahors. J’ai perdu, ce jour-là, 95% de mes photos.

Arrivé à Paris, je suis allé voir rue de Turbigo (3è arr.) les techniciens d’une petite compagnie spécialisée dans la récupération de données. Je leur ai confié ma disquette, ma carte-mémoire. Je n’y croyais pas trop. « Aucune garantie » m’ont-ils averti, « mais nous ferons de notre mieux ». Ils m’ont appelé dès le lendemain. Mon disque avait été « désoxydé » et toutes mes photos, récupérées! Bravo!

J’ai aussi revu à Paris mon ami, mon ancien camarade de lycée, Tommy, perdu de vue depuis notre scolarité, espiègle et dissipée, au Collège Stanislas de Montréal, dans le quartier Outremont, au milieu des années 70. Grandes et belles retrouvailles autour de bons vins et de cuisines épicées, ensoleillées, venues d’Afrique, un continent où Tommy a travaillé trente ans, au service d’une ONG. SVP voir les photos plus bas.

Mais reprenons, dès le début, le fil de cette semaine mouvementée.

Il est si rare de rencontrer sur les chemins de Compostelle, en France, des randonneurs issus de la « diversité » que j’ai décidé d’ouvrir cet article en saluant et en rendant hommage à…

6 mai 2024 Haila Lacapelle-Marival
Haïla, jeune autrice de théâtre, de récits, d’histoires, croisée le lundi 6 mai, sur le GR6, à Lacapelle-Marival, au terme d’une première étape (22 kms) depuis Figeac. Haïla est aussi en route pour le sanctuaire et la ville sacrée de Rocamadour. J’espère que tu as réussi ton projet, Haïla!

carte4 rocamadour
Sur le pourtour du merveilleux Parc régional des Causses du Quercy, dans le département du Lot…

carte2Rocamadour
Six étapes épiques, le long du GR6, GR46 et GR36 m’ont mené, sur « la Voie de Rocamadour », de Figeac à Cahors: Figeac – Lacapelle-Marival – Saint-Chignes (X en vert, avant Gramat) – Rocamadour – Labastide-Murat – Vers – Cahors. Un parcours à pied d’environ 106 kms. Le tronçon de 22 kms entre Rocamadour et Montfaucon (X en vert, avant Labastide-Murat) a été effectuée en navette, avec La Malle Postale.

Quelle aventure!

Dès les premiers pas sur le GR6, en quittant Figeac, tôt, le lundi 6 mai, après une bonne nuit de sommeil, je me sens bien sur le chemin. J’avance allègrement, en sifflotant, et rencontre, trente minutes environ après le départ, deux randonneuses, tout sourires elles aussi…

6 mai 2024 Théorine 5Cameroun) et Françoise en quittant Figeac
Théorine, originaire du Cameroun et Françoise, ex-enseignante, qui a travaillé au Togo, sont amies depuis toujours. Elles parcourent ensemble, le matin, depuis des années, les sentiers qui courent autour de Figeac.

Très naturellement, nous engageons une longue, franche et amicale conversation. Théorine me parle du Cameroun. Françoise a déjà visité le Québec et notre famille a, également, vécu au Togo! Bonnes excursions ce printemps, mesdames! Votre amitié est belle à voir!

Je poursuis lentement ma route vers Lacapelle-Marival. Le sentier, avec la pluie des derniers jours, est boueux, glissant.

6 avril
Sur le GR6, une heure environ au nord de Figeac, le lundi 6 mai…

6 avril 1 Nadine
Ci-dessus, point rouge, près du village de Saint-Bressou, une de mes compagnes de marche de la journée, Nadine. Elle porte sur le dos son sac et sa tente. Nadine préfère, sur le chemin, bivouaquer.

Il me faudra un peu plus de six heures de marche avant d’arriver à Lacapelle-Marival…

Surprise, en ce début d’après-midi, les rues du village (1500 habitants) sont désertes, presque sinistrées. Tout est fermé le lundi et plusieurs commerces, dans la Grand’ Rue, ont mis la clé sous la porte, définitivement. Il règne dans les ruelles du bourg une atmosphère un peu lugubre…

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Dans l’une des rues principales de Lacapelle-Marival, un des nombreux commerces définitivement fermés. Ci-dessous, la notice affichée sur la vitrine de la boulangerie…

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Le deux boulangeries de Lacapelle-Marival sont maintenant fermées. Les riverains doivent dorénavant aller acheter leur pain à la supérette du village… ou au nouveau supermarché, à l’extérieur du bourg. Comme un peu partout en France, l’ouverture de cette grande surface a probablement accéléré, précipité la fermeture des commerces au centre du village…

Heureusement, le beau temps est revenu sur le GR6 le lendemain…

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Un tronçon du chemin entre Lacapelle-Marival et…

7 mai 2024 ST Chignes
… l’arrivée au hameau de Saint-Chignes. Population: 6 habitants!

Ma halte à Saint-Chignes a sans doute été l’une des plus belles et des plus insolites de mon périple!

Accueilli comme un prince…

7 maiintro2
… dans un cadre de rêve…

par un couple charmant…

8 mai
À Saint-Chignes, le mardi 7 mai, devant l’église Saint-Aignan, construite au 12è siècle…

J’ai été confortablement logé, au milieu d’un grand pré, où trônent d’authentiques roulottes en bois…

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Les roulottes de Saint-Chignes ont été conçues en Roumanie et en République thèque…

J’ai aussi été, pendant ma trop courte halte, dorloté et choyé, comme un membre de la famille, par des hôtes absolument exceptionnels!

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Merci mille fois à Saint-Chignes et aux « Roulottes du Lot »!

Étape inoubliable (18 kms) le lendemain, le mercredi 8 mai, entre Saint-Chignes et Rocamadour!

8 mai 2024 début
En route vers Gramat et Rocamadour

Sous un soleil parfois éclatant, j’ai parcouru l’étape en écarquillant les yeux, presque à chaque pas…

Marcher dans cette région du Quercy est un véritable e-n-c-h-a-n-t-e-m-e-n-t!

8 mai chemin
Le GR6 entre Saint-Chignes et Gramat. Notez, sur la gauche, le troupeau de moutons. Presque la même atmosphère, dans ces magnifiques prés et sous bois, que sur les chemins de l’Aubrac, entre Saint-Chély et Saint-Côme-d’Olt.

8 mai 1
On croise aussi des cyclistes sur le GR6… avant…

8 mai 2024 Arrivée à Gramat
… l’arrivée au village de Gramat, où je me suis arrêté assez longtemps pour constater que le village (3500 habitants environ)…

Gramat 2
… fait lui aussi face à d’importants défis. Ci-dessus, une banderole confirme la fermeture (partielle) programmée de la gare du village.

Je poursuis ma route. Les fortes pluies des derniers jours ont endommagé sur le chemin l’une des passerelles qui mènent à Rocamadour…

8 mai passerelle info
Sur le GR6, un peu avant Rocamadour, le mercredi 8 mai

8 maipasserelle
L’une des extrémités de la passerelle enjambant la rivière Alzou est pratiquement tombée dans l’eau…

Mais, comme à Saint-Cirq-Lapopie quelques jours plus tôt, j’ai décidé, après avoir conversé avec plusieurs autres randonneurs…

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… de passer quand même!… Merci au groupe de pèlerins de Saint-Jérôme (au Québec) pour la photo!

Une trentaine de minutes plus tard, l’arrivée au village de Rocamadour, haut lieu de la Chrétienté depuis le Moyen-Âge, est spectaculaire! Le village est littéralement taillé, agrippé à la falaise!

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La cité sacrée de Rocamadour, photographiée du bourg de l’Hospitalet, 1km environ à l’est.

J’ai passé une journée de repos à Rocamadour, ébloui par l’architecture, la splendeur du lieu.

Un guide dans le village m’apprend que Rocamadour naît au début du 12è siècle. Les différents « étages » de la cité (nettement visibles sur la photo ci-dessus) reflètent les trois ordres de la société de l’époque: les chevaliers, au-dessus, dans le château, les clercs religieux au milieu (où est situé le sanctuaire) et les travailleurs laïcs en bas, près de la rivière Alzou.

(La répartition, l’allocation des logements est-elle si différente dans nos villes aujourd’hui?)

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Du château, au-dessus du village, le jeudi 9 mai, une vue partielle de Rocamadour. Le village s’étend, comme un éperon, au-dessus de la vallée de l’Alzou.

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Vue partielle de la rue principale du village, la Voie Sainte, tôt le matin, avant l’arrivée des visiteurs…

La cité est devenue un lieu de pèlerinage depuis un premier « miracle » survenu en 1148. Peu de temps après, on découvre, en voulant inhumer un habitant, un corps, intact, présenté comme celui de saint Amadour. La légende de Rocamadour est née. Les pèlerinages débutent.

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Inscription à l’entrée du chemin de croix près du sanctuaire de Rocamadour

Les trois étapes qui suivent mon séjour à Rocamadour filent en un clin d’oeil.

Comme je l’avais planifié, je décide, le vendredi 10 mai, de prendre la navette de la malle postale de Rocamadour jusqu’au village de Montfaucon d’où je rejoins, à pied, 6 kms plus loin, Labastide-Murat. Après avoir cheminé près de 200 kms depuis le 22 avril, l’étape de 27 kms entre Rocamadour et Labastide-Murat est au-dessus de mes forces!

D’autant plus que le soleil et la chaleur sont de retour sur le chemin!

Avant d’arriver au village de Labastide-Murat, au détour d’un sentier, je fais la connaissance de…

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Daniel, 75 ans, éleveur et enfant du pays. Il est environ midi, c’est l’heure de sortie de ses moutons…

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Devant la grange de sa ferme, nous sympathisons. Daniel en a gros sur le coeur. Il doit bientôt tondre la laine, abondante, de ses moutons… mais il n’y a plus d’acheteurs!…

« Autrefois, me dit Daniel, mon père arrivait à payer les impôts de la ferme uniquement avec la vente de la laine des moutons. Les acheteurs de laine ont aujourd’hui disparu… Il y a bien quelqu’un, du côté de Figeac, qui est intéressé, il doit passer, mais rien n’est sûr… » continue Daniel.

Je sens l’inquiétude dans sa voix. Le manque de revenus est, pour Daniel, un vrai souci. Où sont donc passés les acheteurs? Pourquoi ne vient-on plus dans les fermes du Lot acheter de la laine? Daniel ne sait pas. Il mentionne le Japon, sans plus de détails. L’heure avance. Les brebis doivent aller brouter dans les prés, tout près. Daniel, avec un grand sourire, me souhaite un bon chemin…

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Au revoir, Daniel! Bonne chance…

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… et bon courage!

Excellente halte à Labastide-Murat. Contrairement à Lacapelle-Marival, le village est vivant, les commerces ouverts, l’atmosphère accueillante….

Après un excellent déjeuner (canard confit) et une bonne douche, je fais une petite lessive et mes vêtements sèchent au soleil dans la cour de mon hôtel (les chambres d’hôtes sont très rares sur ce tronçon du GR46). Un halte comme je les aime, toute en douceur.

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Départ de Labastide-Murat, le samedi 11 mai. Sur les panneaux renversés à l’entrée/sortie des villages, SVP voir l’explication à la fin de l’article précédent (la colère dans le monde agricole en Occitanie)

Le soleil étant au rendez-vous, je peux enfin repartir, le lendemain, dans une tenue différente!

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En shorts, enfin, pour cette avant-dernière étape entre Labastide-Murat et Vers (24 kms)

Étape splendide ce samedi-là! Le chemin est absolument somptueux!

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Sur le GR46, entre Labastide-Murat et Vers…

Qu’il fait bon marcher au soleil!

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En quittant, le samedi 11 mai, le petit village de Cras…

Alors que je chemine joyeusement, j’entends, derrière moi, à mi-parcours, des pas… précipités….

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Un groupe de coureurs me dépasse, en pleine forêt… J’apprends qu’ils sont plus de 500 ce samedi 11 mai à participer au circuit de « l’Angelus », un parcours de 80 kms entre Rocamadour et Cahors! L’événement, écrit La Dépêche du Midi, « allie patrimoine, sport et convivialité »…

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… « Aucun classement, pas de chronométrage, écrit le journal. L’accent est mis sur le plaisir de la course, le dépassement de soi et la découverte des paysages de la région. Un groupe de 150 coureurs effectue le parcours de 80 kms en démarrant de Rocamadour, 150 celui de 46 kms au départ de Labastide-Murat, et enfin 200 optent pour le parcours de 18 kms qui débute à Vers. »

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L’objectif est le même pour tous: rejoindre la Cathédrale Saint-Étienne de Cahors avant 19 heures, au son de l’Angélus.

Quel incroyable événement! Il y a même cette année un participant de 76 ans!

J’ai l’air bien nigaud, moi, sur le GR46, avec mes petits 24 kms jusqu’à Vers!

Personne d’ailleurs sur le chemin ne me prête la moindre attention…

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Entre Labastide-Murat et Vers, le samedi 11 mai

J’arrive au village de Vers (500 habitants) ci-dessous, au milieu de l’après-midi, complètement exténué…. J’ai été distrait par les coureurs et je me suis perdu en route. J’ai dû faire, au moins, 4 kms supplémentaires. Mon statut, brusquement, passe de « nigaud » à « nono »…

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La belle petite rivière Vers, ci-dessus, passe au milieu du village avant de se jeter (comme le Célé, plus au sud), quelques centaines de mètres plus loin, dans le Lot…

Je me consolerai ce soir-là en goûtant un plat que je ne connais pas très bien

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Tête de veau, sauce gribiche, pommes vapeur, carottes, beurre à l’ail. Vers, le samedi 11 mai.

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Au centre du village de Vers, une des bornes originales de la « Route Mondiale » envisagée en 1949 par le Conseil municipal de Cahors et le département du Lot. (Voir l’article précédent).

La pluie sera de retour, malheureusement, pour ma dernière étape (18 kms), le dimanche 12 mai, entre Vers et Cahors. Étape au cours de laquelle mon appareil photo, entre deux averses, sera sérieusement endommagé…

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Aperçu de mon nouveau (second) carnet de pèlerin, estampillé à chacune de mes haltes depuis mon départ du Puy-en-Velay, le dimanche 21 avril. Le mois a été bien rempli.

Après ces trois randonnées – ce triple périple en Occitanie – quel immense bonheur de revoir, à Paris, mon ami Tommy, ancien camarade de classe au Collège Stanislas de Montréal!

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Tommy à Montréal, aux alentours du cimetière Côte-des-Neiges, pendant l’hiver 1974 ou 1975.

Après avoir réussi notre Baccalauréat français en juin 1975 – Dieu seul sait comment, tant nous étions dissipés, enclins aux émotions et aux substances fortes! – après avoir tous les deux étudié à McGill, nous nous étions perdus de vue depuis bientôt 50 ans!

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À Montréal, dans le jardin de la maison de ville où habitait Tommy, rue de la Montagne, au-dessus de la rue Sherbrooke, à la même époque…

Aujourd’hui en semi-retraite, Tommy partage sa vie entre Nairobi, au Kenya, et la Toscane où il vit avec sa femme (et ses enfants, pendant les vacances) dans la maison familiale.

Pendant trente ans, Tommy a oeuvré en Afrique de l’est (Kenya, Soudan, Ouganda, Tanzanie, Éthiopie…) pour une ONG internationale (AMREF) qui vient en aide aux écoles, aux hôpitaux, aux populations marginalisées et aux enfants de la rue de la région. Noble tâche. Tommy est aussi cinéaste et documente régulièrement (en italien et en anglais) ses rencontres et ses projets.

Nous avons pendant trois jours parlé, parlé encore, écouté, clarifié des zones d’ombre. Nous avons marché dans Paris, dans le village Jourdain, dans les allées du parc des Buttes-Chaumont. Nous avons arpenté les rues de Belleville, les jardins de Ménilmontant, en évoquant une kyrielle de souvenirs de notre jeunesse mouvementée.

Les tentations ne manquaient pas, la nuit, à Montréal, au milieu des années 70. Comment avons-nous survécu?

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Avec Tommy, à Paris, le vendredi 17 mai, sur l’esplanade en haut…

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du parc de Belleville… Photo: Tommy

Nous avons aussi dégusté, dans les quartiers du nord-est de Paris que j’aime tant, de délicieux plats de cuisine africaine!…

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Cuisine éthiopienne, « Yestome Beyayenetou »: poulet, boeuf, oeuf, lentilles, pois cassés, épinards, haricots, carottes, salade, betteraves et pommes de terre, accompagnés de « injera », Restaurant Enat, 312 rue des Pyrénées, Paris, 20è arr.

Merci infiniment d’être venu jusqu’à Paris, Tommy! À l’an prochain!

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Notice affichée à l’entrée de l’église Saint-Pierre, à Gramat.

Il est temps de conclure.

Cela a été une excellente idée de parcourir ce printemps le plateau de l’Aubrac, la Voie du Célé et la Voie de Rocamadour! D’après mes calculs, j’ai dû franchir, depuis le 22 avril, environ 246 kms.

Découvrir les deux derniers sentiers a été prodigieux. Je dois avouer qu’entre le Célé et la Voie de Rocamadour, j’ai préféré le second chemin. Le tronçon (le GR6) entre Figeac et Rocamadour est absolument fabuleux!

Un grand merci et bravo à tous les randonneurs-euses rencontré(e)s sur la route! Bon courage si vous poursuivez sur le GR65 jusqu’à Saint-Jean-Pied-de-Port ou jusqu’en Espagne!

Et merci, bien sûr, mille fois, à Tommy!

À bientôt pour d’autres aventures.

La Voie du Célé

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Arrivée à Cahors, le samedi 4 mai, après six jours de marche depuis Figeac. Sur la droite, le Lot, gonflé, presqu’en crue après les pluies abondantes des derniers jours…

3 mai 2024 gite pasturat
La veille, le vendredi 3 mai, Jacques, accompagné de son épouse, Anne-Marie, sert l’apéritif dans leur grande maison de Pasturat où ils accueillent randonneurs et pèlerins depuis… 41 ans! Nous serons 25 ce soir-là à la table du souper, Français, Suisses, Belges, Canadiens. Une superbe soirée!

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Sous la flèche bleue, mon parcours sur la « Voie du Célé » qui relie, via le GR651, Figeac et Cahors. 109 kms environ parcourus en six étapes: Figeac – Corn – Marcilhac-sur-Célé – Cabrerets – Saint-Cirq-Lapopie – Pasturat – Cahors. Le sentier longe la rivière Célé puis (après Bouziès), le Lot. Le chemin, escarpé, abrupt est plus difficile que le tracé du GR65.

Que retenir de ce périple de six jours dans le merveilleux département du Lot?

(Malgré le temps souvent maussade: nous avons eu, lundi et mardi, deux jours de fortes pluies).

1. – D’abord, l’accueil chaleureux reçu presque partout le long du chemin!

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Conversation matinale, ci-dessus, dans la boulangerie de Marcilhac-sur-Célé, le mardi 30 avril. Et ci-dessous…

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… sourire devant un casse-croûte de Bouziès, le vendredi 3 mai

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Tableau de répartition des chambres, Marcilhac-sur-Célé, le mardi 30 avril. Merci à Véronique et Jean!

Le service reçu dans les hébergements, dans les chambres d’hôtes, a parfois été exceptionnel.

Un exemple?

Une heure environ avant mon arrivée à Cahors, samedi vers midi, mon téléphone sonne. Un message SMS de Jacques (mentionné plus haut) qui m’informe que j’ai oublié dans ma chambre, à Pasturat, un chandail. Je l’appelle. Il répond aussitôt.

Jacques me demande où je loge à Cahors. Après quelques secondes, il m’annonce qu’il « a des courses à faire à Cahors » et qu’il viendra déposer mon chandail à mon hébergement. Je n’en reviens pas. Il y a 20 kms environ (en voiture) entre Pasturat et Cahors… Arrivé deux heures plus tard, après le déjeuner, à mon hébergement, mon chandail, soigneusement plié, m’attendait. Incroyable. Merci mille fois, Jacques!

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Premier jour de marche, le dimanche 28 avril, entre Figeac et le village de Corn

 2. – L’effort physique, intense, continu, qu’exige chacune des étapes du chemin

J’aurais dû mieux écouter les conseils de mon amie Florence qui connaît bien la région. À part la première étape (Figeac-Corn) relativement simple, le GR651 est une véritable succession de courtes montagnes russes! On monte, parfois très haut… comme le montre l’image ci-dessous…

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Au-dessus du petit village d’Espagnac, blotti au coeur du Quercy, le lundi 29 avril.

…puis on redescend, tout aussi abruptement…

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Arrivée au village de Cabrerets, le mardi 30 avril

Je ne m’attendais pas à fournir un tel effort, quotidien. J’arrivais souvent, en fin d’étape, fourbu. C’est peut-être aussi l’âge. Bientôt 68 ans. Cela fait beaucoup de bougies…

On est, sur ces sentiers accidentés, très loin du long fleuve tranquille, paisible du GR65. Malgré les nombreuses croix, les superbes églises qui jalonnent le chemin, la plupart des randonneurs sont ici, semble-t-il, dans un esprit, dans une démarche plus sportive que spirituelle. C’est du moins mon impression.

Les randonneurs sur le Célé sont également (en majorité) plus jeunes que ceux que l’on croise en général sur le GR65.

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Le clocher d’une église semble monter jusqu’au ciel aux alentours du hameau de Boussac

3. – Les merveilleux villages que traverse le GR651!

C’est l’une des plus belles surprises de la Voie du Célé!

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Aperçu du village de Saint-Cirq-Lapopie où a vécu, l’été, entre 1951 et 1966, André Breton. Pour accéder au village, à pied…

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… un magnifique chemin de halage taillé dans le roc des Causses. Le chemin (qui servait autrefois au transport des marchandises) est, le jeudi 2 mai, malheureusement, partiellement inondé et interdit d’accès… par arrêté municipal.

Après avoir consulté quelques riverains, je suis passé quand même!

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… et ai été surpris de voir, dans un des petits bras du Lot, un bassin d’eau émeraude… (Curieusement, personne n’a pu m’expliquer la couleur de l’eau à cet endroit précis…)

Je tenais absolument à visiter la maison et le village où vécu André Breton.

Avant de publier, en 1924, son « Manifeste du Surréalisme », l’écrivain faisait partie du mouvement Dada – avec Tristan Tzara, Philippe Soupault, Jacques Rigaut et bien d’autres.

Dada est une école, un mouvement artistique fascinant, scandaleux parfois, né à Zurich après la grande guerre (1914-1918) et sur lequel, jeune homme, rebelle que j’étais alors, j’ai écrit ma thèse de Maîtrise (M.A.) à l’université McGill, en 1982. – Thèse qui sera citée plusieurs fois dans un ouvrage publié en 2019: Jacques Rigaut, le suicidé magnifique (Jean-Luc Bitton, éditions Gallimard).

(42 ans plus tard, « l’esprit Dada » est toujours, chez moi, bien vivant).

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André Breton photographié par Man Ray en 1932. Man Ray a longtemps été le compagnon de route d’André Breton, dans l’aventure Dada, puis pendant la période du surréalisme. Le photographe était régulièrement invité à séjourner dans la maison d’André Breton et de son épouse Elisa à Saint-Cirq-Lapopie.

Fait peu connu, André Breton a participé dans le département du Lot, à la fin des années quarante, au projet de « la route mondiale ». C’est ce projet qui l’a conduit, un peu plus tard, à s’établir à Saint-Cirq-Lapopie.

Un tableau dans le village nous apprend qu’en 1949, « en réaction aux horreurs de la seconde guerre mondiale, Cahors se déclare ville citoyenne du monde, bientôt suivie par 239 communes du Lot. Un an après est inauguré, en présence d’André Breton, le premier tronçon de la route mondiale, « route de l’espoir » qui part de Cahors jusqu’à Saint-Cirq-Lapopie : 5 000 personnes y participent. Aujourd’hui, seules les bornes de cette route existent toujours.

Magnifique esprit d’ouverture du Lot!

Malgré le temps gris, le village est splendide!

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Aperçus des différents quartiers de Saint-Cirq-Lapopie…

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le jeudi 2 mai. Le village, l’hiver, est pratiquement désert…

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Veillant à la mémoire de l’écrivain, Olivier est l’un des gardiens de la Maison André Breton, l’une des plus anciennes du village…

En quittant Saint-Cirq-Lapopie le lendemain, le vendredi 3 mai…

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… le chemin de halage est complètement inondé. Impossible de passer cette fois. Il a fallu redescendre par « la route touristique » jusqu’à Bouziès.

Avant de poursuivre, j’aimerais saluer ici toutes les petites communes où passe la Voie du Célé.

Ces bourgs, ces hameaux sont de véritables trésors!

Bravo et respect aux riverains qui s’accrochent contre vents et marées à leurs villages et s’évertuent à les faire vivre – malgré les nuages à l’horizon et les défis, nombreux, quotidiens:

  • Fermeture des petites lignes de chemin de fer en Occitanie et, avec elles, la fermeture des gares de ces communes, liens essentiels pour la survie des villages.
  • La fermeture des écoles. L’école du village de Marcilhac-sur-Célé, par exemple, compte cette année 13 élèves, répartis en trois niveaux. L’école risque de fermer l’an prochain, à cause du manque de financement. « Tout dépendra de la volonté du Maire » m’a confié le seul enseignant, rencontré le mardi 30 avril, au bord du GR651.
  • Comme le montre l’image ci-dessous, la colère gronde dans le monde agricole en Occitanie…

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Partout sur les routes du département du Lot, en guise de protestation contre les « normes » européennes qu’on veut leur imposer, les panneaux des villes, des villages ont été déboulonnés et renversés par les agriculteurs et leurs partisans. Ci-dessus, à l’entrée du village de Boussac.

4. – La gastronomie du sud-ouest

C’est un immense privilège de goûter de nouveau à quelques-uns des plats de la région!

28 avril 2024 Corn - Agneau confit et légumes
Agneau confit 7 heures accompagné de salade, légumes et pommes de terre, Corn, le 28 avril.

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Salade de magret de canard fumé, suivi d’un…

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…filet mignon de porc aux petits légumes, sauce curcuma, Cabrerets, le mercredi 1er mai.

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Pièce de cochon fermier, cuisson 7h, légumes du moment, pommes boulangères. Auberge du Sombral, Saint-Cirq-Lapopie, le jeudi 2 mai. Un repas exceptionnel! Merci Marion et Mathieu!

Malgré le bilan météo très mitigé, j’ai a-d-o-r-é découvrir et parcourir la Voie du Célé!

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Entre Figeac et Corn, sur le GR651

Après une nuit passée à Cahors, j’ai pris hier dimanche le train jusqu’à Figeac où j’ai retrouvé avec plaisir le confort et le calme de ma chambre d’hôtes, au bord du Célé.

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Boulangère à la manoeuvre, tôt le matin, à Figeac…

Je reprends la route ce matin, lundi 6 mai. Une nouvelle découverte m’attend: « la Voie de Rocamadour ».

Première étape: 24 kms entre Figeac et Lacapelle-Marival. (Voir la carte au début de l’article).

Tout va bien.

Moral au beau fixe.

L’aventure continue!

Entre Nasbinals et Saint-Côme-d’Olt, au coeur de l’Aubrac

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Sur le chemin de Compostelle en Aveyron, 3 kms environ avant le village de Saint-Côme-d’Olt, Muriel régale depuis 20 ans marcheurs et pèlerins avec ses délicieux petits plats et ses « farçous » servis, avec le sourire, dans son jardin. Merci, Muriel!

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Soulignées en rouge, mes étapes sur le haut plateau de l’Aubrac: Nasbinals – Aubrac – Saint-Chély-d’Aubrac – Saint-Côme-d’Olt. Le plateau, magnifique, est partout irrigué de cours d’eau (on les appelle ici les « boraldes ») qui se jettent dans le Lot.

Malgré le temps couvert et le vent, mordant, glacial parfois, quatre jours de randonnées exceptionnelles entre Nasbinals et Saint-Côme-d’Olt, au cœur du haut plateau de l’Aubrac !

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Au départ de Nasbinals, le lundi 22 avril, une famille entame sur le GR65 l’une des nombreuses petites montées qui mènent…

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au plateau de l’Aubrac…

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Quelle merveilleuse façon de célébrer le Jour de la Terre! Température? Un ou deux degrés. Et il y a, sur le plateau, un vent à décorner les boeufs!! Superbe aventure. Je suis au 7è ciel. Je pourrais refaire ce chemin dix, vingt fois!

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Le lundi 22 avril, sur le GR65, 8 kms environ avant l’arrivée à Saint-Chély-d’Aubrac. La croix, à l’arrière plan, marquait autrefois pour les pèlerins « le bout de l’Enfer« , la fin de la dangereuse traversée de l’Aubrac où sévissaient loups, brigands et gredins.

Il y a six ans, lorsque j’avais découvert la région, je m’étais promis de revenir dans l’Aubrac – à une condition. Avoir le temps d’explorer et de savourer ce lieu remarquable où marcheurs et pèlerins passent souvent trop vite, les yeux rivés sur les kilomètres et les étapes à parcourir.

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Arrivée sur le GR65 à Saint-Chély-d’Aubrac, en Aveyron, le 22 avril

J’ai donc pris le temps cette fois-ci de me poser à Saint-Chély-d’Aubrac pendant trois jours. Logé en chambre d’hôtes dans une bâtisse rénovée du 15è siècle, j’ai pu sillonner en toute tranquillité les merveilleux sentiers qui bordent le village.

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D’un petit chemin rural, aperçu du village de Saint-Chély-d’Aubrac le mardi 23 avril. Le village (comme celui d’Aubrac, un peu plus haut sur le plateau) avait jadis pour vocation l’accueil et la protection des pèlerins.

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Le bourg compte aujourd’hui environ 300 habitants…

Comme le montre la photo ci-dessus, à partir de 9h30 ou 10h le matin, la majorité des pèlerins a quitté St-Chély et a repris la route, le GR65, vers Saint-Côme d’Olt (16kms) ou vers Espalion (24 kms). Le village est pratiquement désert.

C’est le moment idéal, dans une boulangerie, dans un café, pour aborder les riverains, les anciens, et les écouter partager l’histoire de leur région.

Au milieu du 19è siècle, les hommes et les femmes de l’Aubrac quittent massivement leur terre « qui n’arrive plus à les nourrir ». Ils montent à Paris. Et exercent dans la capitale les métiers les plus pénibles: chaudronniers, charbonniers, frotteurs de parquet, porteurs d’eau. On les appelle, avec les Auvergnats,  les « bougnats ». Les femmes préparent les repas dans des cafés-charbons où le mari livre le charbon et la femme sert les clients.

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Bougnat et son sac de charbon, à Paris, en 1930.

Peu à peu ces cafés-charbons se transforment en bars-tabac, puis en restaurants. La réussite, sociale, financière, est souvent au rendez-vous. Un siècle plus tard, les descendants des « bougnats » possèdent la majorité des grands cafés parisiens dont La Brasserie Lipp, le Café de Flore, les Deux magots, le restaurant Maxim’s. (Source: Vivre à Paris, janvier 2022)

Aujourd’hui, grâce au chemin de Compostelle, au tourisme, au travail, à la détermination des habitants, les villages de l’Aubrac, autrefois abandonnés, délaissés, revivent, prospèrent.

À moins de réserver plusieurs mois à l’avance, il est souvent difficile, entre avril et octobre, de trouver une place dans un gîte ou une chambre d’hôtes de la région.

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Coupe de fromage Laguiole dans une boutique de Saint-Chély-d’Aubrac, le mardi 23 avril. Le Laguiole est un fromage typique de l’Aubrac, produit dans la ville du même nom. Voir la carte plus haut. Le village de Laguiole est aussi mondialement connu pour ses couteaux pliants.

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Un chemin forestier à quelques centaines de mètres de Saint-Chély, conduit doucement…

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… à l’une des maisons typiques de la région, le mardi 23 avril. Une autre journée splendide dans l’Aubrac!

Après plusieurs courtes randonnées aux alentours de Saint-Chély d’Aubrac, j’ai repris le jeudi 25 avril le chemin jusqu’à Saint-Côme-d’Olt.

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On peut aussi emprunter à Saint-Chély-d’Aubrac, en plus du GR6 ou du GR65, de nombreux sentiers ruraux et d’anciennes voies romaines…

Malgré le mauvais temps, vacances scolaires obligent (zones A et B), il y a beaucoup de randonneurs sur le GR65 ce matin-là. Des Français bien sûr, mais aussi des Suisses, des Allemands, des Coréens, plusieurs Québécois, très populaires sur le chemin.

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Début de journée pluvieuse entre Saint-Chély-d’Aubrac et Saint-Côme-d’Olt, le jeudi 25 avril

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Heureusement, très vite…

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un soleil timide fait son apparition… Le temps plus sec permet même à certains…

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… de pique-niquer au bord d’une boralde, ci-dessus près du hameau de La Rozière…

Après quatre heures de marche, nous rejoignons…

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… le magnifique village de Saint-Côme-d’Olt. La commune, où vivent environ 1500 habitants, est reconnue comme l’un des plus beaux villages de France.

Après une bonne nuit de sommeil au Couvent de Malet (la photo ci-dessus a été prise jeudi après-midi, de ma chambre, au couvent dont j’ai déjà parlé ici), j’ai repris vendredi, comme prévu, la navette de la Malle postale…

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… où j’ai retrouvé lors d’une courte halte, à Conques, quelques-uns de mes éphémères compagnons de route qui terminent à Conques cette année leur aventure sur le GR65. Bonne continuation sur le chemin, l’an prochain, Sylvie, Stéphanie, Célia! Cela a été un grand privilège de vous rencontrer!

Me voilà maintenant à Figeac, samedi 27 avril, jour de marché au village…

Malgré le temps, toujours maussade, les clients se pressent devant les étals, près du Lycée Champollion où le marché a été temporairement relocalisé, à cause des travaux en cours, place Carnot.

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Le marché du samedi

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à Figeac

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le 27 avril

J’ai eu le temps de déjeuner à Figeac à « La Petite Graine », un restaurant associatif et solidaire, géré en grande partie par des bénévoles.

Grâce à la contribution des clients, le restaurant vient en aide à la population démunie et marginalisée de Figeac en leur offrant des repas de qualité, à un prix modique.

Une belle initiative. Et un excellent repas, partagé dans un cadre convivial et chaleureux.

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Le restaurant « La Petite Graine », rue Emile Zola, dans la vieille ville de Figeac. Une bonne adresse.

Après avoir parcouru environ 45 kilomètres dans l’Aubrac, j’ai maintenant terminé, tel que prévu, ma préparation. Aucun pépin à signaler.

Deux grandes randonnées m’attendent maintenant: La Voie du Célé (environ 109 kms) et la Voie de Rocamadour (environ 120 kms), deux variantes du GR65, entre Figeac et Cahors.

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En bleu, le tracé de « la Voie du Célé«  » le sentier de Grande Randonnée, le GR651, qui court de Figeac à Cahors. Une carte plus détaillée accompagnera le prochain article…

Au programme demain, dimanche: 19 kilomètres entre Figeac et Corn (le village de Corn est situé en amont de Marcilhac-sur-Célé.

J’ai bien hâte de commencer! Et je suis très reconnaissant de pouvoir tenter cette nouvelle aventure!

Je vous laisse en partageant une pancarte et une affiche, pleines de vérité, aperçues cette semaine le long du chemin…

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Sur une clôture, à l’entrée du village de Saint-Côme-d’Olt, le jeudi 25 avril.

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Rue des Maquisards, à Figeac, le samedi 27 avril

Aventures en Occitanie (Lozère, Aveyron, Lot)

Bonjour du Puy-en-Velay, en Haute-Loire!

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Le samedi, c’est jour de marché, aux alentours de la place du Plot, dans la vieille ville…

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… du Puy-en-Velay où je suis arrivé jeudi après-midi…

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… en train (TGV + TER), directement de l’aéroport CDG … après un merveilleux séjour…

13 avril 2024 Chez Alix
… en famille avec Diana, à Montréal, où nous avons retrouvé avec bonheur mon frère, ma sœur, mes nièces, leurs conjoints… et une  rimbambelle d’a-d-o-r-a-b-l-e-s petits-enfants dont le plus jeune, né il y a cinq mois, le jour de mon anniversaire, porte en partie… mon prénom! Je suis aux anges, honoré, comblé.

Nous avons profité au maximum de notre court séjour à Montréal!

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Diana (sur la gauche, casque rouge) en grande discussion, le lundi 15 avril, avec deux étudiants inscrits en 1ère année à McGill. Quel plaisir de retrouver, en vélo et sous le soleil, le campus de l’université où j’ai étudié pendant 5 ans. Nous sommes ensuite allés découvrir, à dix minutes de marche, au centre-ville, un formidable nouvel espace culinaire et culturel où nous avons dégusté de merveilleux plats…

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Griot de porc, riz aux pois, banane pesée et accra, restaurant Paul Toussaint, Time Out Market, 705 Rue Sainte-Catherine, Montréal.

14 avril 2024 chez Marie-Hélèneplus
Cela a été un immense bonheur de retrouver la famille à Montréal! Ci-dessus, chez ma soeur, le 14 avril.

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Scènes de marché, Le-Puy-en-Velay…

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le samedi 20 avril

Me revoilà, pour la troisième fois, au Puy-en-Velay, à l’aube d’une nouvelle aventure qui m’emmènera vagabonder pendant trois semaines le long de sentiers féeriques en Occitanie.

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Les trois départements (encerclés en orange) où je randonnerai entre le 22 avril et le 12 mai. La ville du Puy-en-Velay est située juste au nord-est, en Haute-Loire, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. Voir cartes détaillées ci-dessous.

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La carte de mon itinéraire en Occitanie. #1 – Du Puy-en-Velay, une navette me conduira à Nasbinals (Lozère), point de départ de 4 jours de marche dans le plateau de l’Aubrac. #2 – Après l’Aubrac, direction Figeac (Lot) où je débuterai mon parcours le long de la rivière Célé jusqu’à Cahors (tracé rouge sur la carte). #3 – Retour (en train) enfin jusqu’à Figeac pour conclure la boucle (tracé vert) – la voie de Rocamadour – jusqu’à Cahors.

Pourquoi ces randonnées et pourquoi ce retour au Puy-en-Velay? Une ville où je suis passé deux fois déjà, en 2018 et en 2022.

La réponse est toute simple. Je viens terminer ici un projet inachevé.

À la fin de mon périple sur le chemin de Compostelle en juillet 2022, je devais immédiatement reprendre le train vers Figeac afin de parcourir deux des variantes mythiques du GR65: la voie du Célé et la voie de Rocamadour.

Mais après deux jours de repos à Saint-Jean-Pied-de-Port, fin juillet 2022, je me suis vite rendu compte que j’allais devoir remettre mon projet. Après avoir cheminé sous la canicule plus de 325 kms entre Conques et Cahors  puis entre Nogaro et les Pyrénées, j’étais tout simplement vidé, fatigué, incapable d‘envisager deux longues randonnées supplémentaires.

À la mi-juillet, en 2022, le thermomètre était monté jusqu’à 40 degrés sur le chemin (25 kms) entre Nogaro et Barcelonne-du-Gers. J’avais eu l’impression ce jour-là, le 16 juillet, et toute la semaine, de marcher dans un four. Une expérience que je n’oublierai jamais.

Les habitudes sur le GR65 avaient été complètement bouleversées lors de la canicule. Les propriétaires des chambres d’hôtes, des gîtes, avaient dû rapidement ajuster leurs horaires. Le petit-déjeuner était servi à l’aube. Dès 6 ou 7 heures, randonneurs, pèlerins étaient en route. Et nous terminions nos étapes en nage, exténués, vers midi ou 13h, au lieu de l’heure d’arrivée habituelle: 15h ou 16h.

16 juillet 2022
Arrivée sous une chaleur écrasante à Barcelonne-du-Gers, le 16 juillet 2022.

Me revoilà donc de retour dans la région, au printemps cette fois, déterminé à réaliser ce projet inachevé il y a deux ans.

Avant d’entamer le Célé (109 kms) puis la voie de Rocamadour (120 kms environ), j’avais cependant besoin d’une période de rodage, de « mise en jambes », quelques jours de marche afin de mieux me préparer avant d’arriver à Figeac.

J’ai tout naturellement choisi l’Aubrac, pour sa proximité avec le département du Lot, mais c’est aussi et surtout une région que je rêve de retrouver depuis mes premiers pas sur le chemin de Compostelle en 2018!

Pour les marcheurs, ce tronçon du GR65 – à mi-chemin entre Le-Puy-en-Velay et Conques – est tout simplement divin!

Voilà donc mon itinéraire dans ces régions du centre et du sud-ouest de la France que je ne me lasse pas d’explorer!

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Traversée du plateau de l’Aubrac, entre Nasbinals et…

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… Saint-Chély-d’Aubrac, en mai 2018

Partie A = Le-Puy-en-Velay et le plateau de l’Aubrac

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Mes quatre jours de randonnée dans l’Aubrac me mèneront de Nasbinals à Saint-Chély d’Aubrac où je m’arrêterai et explorerai les sentiers autour du village. 15 petits kms de marche ensuite jusqu’à Saint-Côme d’Olt où je serai hébergé au couvent de Malet. Une partie de ce tronçon du GR65 est inscrite au patrimoine de l’Unesco.

18 – 21 avril = Le Puy-en-Velay (Haute-Loire)

21 avril = Navette Le Puy-en Velay – Nasbinals (Lozère)

22 avril = Nasbinals – Saint-Chély-d’Aubrac (Aveyron) = 16 kms

23 avril et 24 avril = Randonnées autour de Saint-Chély-d’Aubrac

25 avril = Saint-Chély-d’Aubrac – Saint-Côme-d’Olt (Le Couvent de Malet) = 15 kms

26 avril = Navette La Malle Postale: Saint-Côme-d’Olt – Conques (déjeuner) – Figeac (Lot)

27 avril = Figeac (grand marché du samedi)

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Rencontre avec « Baladin », portant vaillamment les bagages d’un duo de randonneurs, dans l’Aubrac, en mai 2018

B = La Voie du Célé (environ 109 kms, sur le GR 651)

28 avril = Figeac – Corn = 19 kms

29 avril = Corn – Marcilhac-sur-Célé = 24 kms

30 avril = Marcilhac-sur-Célé – Cabrerets = 18 kms

1er mai = Repos à Cabrerets

2 mai = Cabrerets – Bouziès – Saint-Cirq-Lapopie = 11 kms

3 mai = Saint-Cirq-Lapopie – Bouziès – Pasturat = 17 kms

4 mai = Pasturat – Cahors = 20 kms

5 mai = Cahors – Retour à Figeac (SNCF)

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Vue d’ensemble de la région avec le tracé (en vert) de la voie du Célé et (en bleu + pointillé vers Cahors) de la voie de Rocamadour. En longeant le Célé, je ferai un léger détour/une halte à Saint-Cirq-Lapopie, le village où vécu autrefois, l’été, André Breton.

C = La Voie de Rocamadour (environ 127 kms, sur le GR 6 et le GR 46)

6 mai = Figeac – Lacapelle-Marival = 22 kms

7 mai = Lacapelle-Marival – Saint-Chignes = 21 kms

8 mai = Saint-Chignes – Rocamadour = 18 kms

9 mai = Repos à Rocamadour

10 mai = Rocamadour – Labastide-Murat = 27 kms (selon ma condition, exceptionnellement, pour cette très longue étape, je prendrai peut-être la navette de la Malle Postale). Très peu d’options d’hébergement entre Rocamadour et Labastide-Murat.

11 mai = Labastide-Murat – Vers = 23 kms

12 mai = Vers – Cahors = 16 kms

13 mai = Cahors – Paris (train)

D = Paris, 13-20 mai

Au programme à Paris: retrouvailles avec un ancien camarade de classe perdu de vue depuis notre scolarité turbulente au Collège Stanislas de Montréal au milieu des années 70. J’irai aussi refaire un tour à Melun (Seine-et-Marne) où j’ai vécu, en pension puis en famille, dans les années 60. Retour à Vancouver le 20 mai.

Bon printemps à tous!

Notes de lecture:

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Amin Maalouf

On a beaucoup parlé d’Amin Maalouf l’automne dernier lorsqu’il a été élu à Paris (à 28 voix contre 8 à son concurrent, Jean-Christophe Rufin) secrétaire perpétuel de l’Académie française. Une éclatante victoire. Je me suis alors aperçu que je n’avais encore rien lu de cet écrivain, né à Beyrouth et arrivé en France en 1976, peu après le début de la guerre au Liban.

J’ai donc essayé, au Maroc puis à Vancouver, de rattraper mon retard en lisant trois ouvrages absolument remarquables. Deux romans et un essai qui m’ont profondément remué, bouleversé. Et qui m’ont permis de découvrir un grand écrivain, un historien, érudit, plein de talent. Un écrivain de génie.

 i. Les Échelles du Levant – (1996)

les échelles du levant

L’histoire fascinante d’une famille fortunée vivant, au début du siècle dernier, au « Levant », la région bordant la côte méditerranéenne de l’Asie (Syrie, Liban, Turquie). À la tête de la famille, un homme cultivé, raffiné, fantasque, qui a, pour son fils aîné, Ossyane, les plus hautes ambitions. Ce dernier, cependant, n’a qu’une envie: s’affranchir au plus vite de l’emprise de son père. Ossyane part donc, en juillet 1937, étudier la médecine à Montpellier. Sa vie bascule deux ans plus tard. La 2è guerre mondiale éclate. Ossyane entre, en France, dans la Résistance. Où il se distingue, se fait un nom. Il rencontre Clara, résistante elle aussi, de confession juive. Ils se marient. Ont une fille. Après la guerre, Ossyane rentre au pays, au Liban, où s’est installé son père. Il est accueilli en héros. Commence alors pour Ossyane, malheureusement, un long et inexorable déclin. Une descente aux enfers. Arrivera-t-il à s’en sortir? Des fastes de l’Orient, aux drames de la guerre, aux moeurs surannées d’un autre temps, le roman nous entraîne dans une aventure extraordinaire où se mêlent le destin tragique d’un homme et l’histoire de toute une région. Un récit palpitant, déchirant, dont on ressort ébloui.

 ii. Les désorientés – (2016)

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Un roman splendide (520 pages) qui explore deux thèmes complexes et délicats: l’amitié et l’exil. Un groupe d’anciens amis, inséparables pendant leur jeunesse universitaire au Liban, se retrouve à Beyrouth après s’être perdus de vue pendant vingt ans. Ils sont réunis à l’occasion de la mort d’un de leurs camarades, Mourad. Ces anciens amis ont, pour la plupart, quitté le Liban pendant la guerre civile. Leur vie s’est construite ailleurs: à Paris, à Sao Paulo, à Amman, dans l’Indiana. Certains, par contre, sont restés au pays. Ont fait front. Ont combattu les milices. Ou sont entrés dans les ordres. Trajectoires diamétralement opposées. Après vingt ans, éparpillés aux quatre coins du monde, que reste-t-il de leurs convictions? De leurs idées de jeunesse? De leur idéalisme? Devant leurs camarades, ils doivent expliquer, justifier leurs choix. Un ouvrage admirable. Sur l’amitié qui, au fil des ans, des circonstances, évolue, fluctue, jusqu’à devenir, parfois, un lointain souvenir.

iii. – Le naufrage des civilisations – (2019)

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Un essai magistral qui résume dans un premier temps les événements qui ont profondément secoué et transformé le Moyen-Orient entre 1948 et la guerre des « Six Jours » en 1967. Événements bien souvent oubliés aujourd’hui mais qui éclairent, expliquent la poudrière qu’est devenue la région depuis. Qui se souvient par exemple de l’assassinat, en 1948, du premier ministre égyptien suivi, en 1949, du meurtre du fondateur de la confrérie des Frères musulmans? Qui se rappelle du « grand incendie » du Caire qui met fin à la présence militaire britannique en Égypte et entraîne l’avènement de Nasser et du « panarabisme »? Se souvient-on que l’Irak était, à la même époque, une monarchie, dirigée par le roi Fayçal II, assassiné en 1958? Se rappelle-t-on enfin qu’entre 1958 et 1961, l’Egype et la Syrie (et brièvement le Yémen) formaient un seul et même état: la République arabe unie? Tous ces événements conjugués, écrit Amin Maalouf, et d’autres, comme l’échec du panarabisme qui visait à unifier les peuples arabes qu’ils soient Sunnites, Chiites, Juifs ou Chrétiens, « finiront par avoir des retombées dans le monde entier, du Sahara aux montagnes d’Afghanistan jusqu’aux tours jumelles new-yorkaises détruites par un commando ayant à sa tête un militant islamiste égyptien. »

Une remarquable leçon d’histoire qui se termine, dans un deuxième temps, par un double constat. Dans un monde hyper médiatisé, saturé de réseaux dits « sociaux », A. Maalouf constate « l’engourdissement » collectif de notre esprit critique. Et, plus inquiétant encore, il observe le manque de solidarité de nos sociétés contemporaines où chacun agite son drapeau, revendique son identité, sa différence, au détriment du bien et de projets communs. « Il y a aujourd’hui », conclut A. Maalouf, « de plus en plus de facteurs qui fragmentent et de moins en moins en moins de facteurs qui cimentent ». Précieuses réflexions, parmi tant d’autres.

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Carte à l’extérieur d’un restaurant, dans la vieille ville du Puy-en-Velay, le samedi 20 avril.

Je vous laisse avec un aperçu de quelques-uns des plats savourés pendant mon (trop court) séjour au Puy-en-Velay.

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Déjeuner, vendredi 19 avril, feuilleté de saumon fumé, suivi…

escalope de volaille (dinde), sauce bordelaise, accompagnée de purées de carottes, de brocoli et de riz.
… d’une escalope de dinde, accompagnée d’une sauce bordelaise au vin rouge, de riz, de purées de carottes et de brocoli.

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Déjeuner, samedi 20 avril, truite de mer et coulis de tomates, puis…

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… crépinette de lentilles du Puy au petit salé (morceaux de porc salés). Restaurant « Le Bilboquet », 52 Faubourg Saint-Jean, Le-Puy-en-Velay.