Tangalle, derrière la carte postale

Toutes mes excuses à ceux qui en ce moment grelottent dans le froid et la neige en Amérique du Nord ou en Europe.

Sur la côte sud du Sri Lanka, la météo aujourd’hui est la même que celle de hier: soleil de plomb et grand ciel bleu.

Le thermomètre indique, au milieu de la journée, trente-quatre degrés.

La longue plage de sable de Tangalle, en regardant vers l'est, mercredi 11 janvier.

La longue plage de sable de Tangalle, en regardant vers l’est, le mercredi 11 janvier.

Soulignées en bleu, Tangalle et Galle sur la côte sud du Sri Lanka

De la chambre de mon hôtel, depuis six jours, un seul bruit: le roulement des vagues qui viennent s’échouer sur le sable de l’océan Indien. La plage est pratiquement déserte.

La plupart des touristes sont repartis début janvier.

Comme je l’avais imaginé, c’est l’endroit idéal pour jouer, pendant quelques jours, à Robinson Crusoé…

Mardi matin, 17 janvier, plage de Tangalle. Une femme scrute le sable à la recherche de petits coquillages afin de fabriquer des colliers. À l’horizon, direction ouest, la petite ville de Tangalle.

Mais que se cache-t-il, ici, derrière la carte postale?

Dans les rues de la ville, ou à l’ombre des palmiers, les habitants de Tangalle (comme un peu partout au Sri Lanka) ne se confient pas facilement…

17-jan-2017

Une scène typique de rue sri-lankaise...

Scène typique de rue de petite ville sri lankaise, janvier 2017…

Il y a eu ici, depuis trente ans, deux terribles tragédies.

La guerre civile d’abord, évoquée dans l’article précédent, Ella. Et le sinistre tsunami du 26 décembre 2004 qui a frappé de plein fouet le Sri Lanka, et qui a fait sur l’île plus de 30 000 victimes.

Des paneaux, en trois langues (cinghalais, tamoul et anglais) sont visibles un peu partout sur la côte sud...

Des panneaux en trois langues (anglais, cinghalais et tamoul) rappellent un peu partout sur la côte sud les chemins à prendre en cas de nouveau séisme dans l’océan…

Le gardien d’un hôtel, dans un anglais hésitant, me raconte que le tsunami a atteint les côtes, ce matin-là, à Tangalle, vers 9h30.

Certaines vagues avaient plus de 10 mètres de hauteur. Dans la seule région de Tangalle, plus de 800 personnes ont perdu la vie. Il y a eu des dizaines de disparus.

Dans certaines parties du pays, l’eau a pénétré à plus d’un kilomètre à l’intérieur des terres. Des villages entiers ont été détruits.

Sur la côte sud-ouest de l’île, un train transportant 1700 passagers entre Colombo et Galle a été emporté. La plupart des passagers étaient des pèlerins allant célébrer dans le sud la fête bouddhiste de la pleine lune, le Poya. Seuls quelques dizaines de passagers ont survécu.

Cet accident de train demeure, par le nombre de victimes, le plus meurtrier de l’histoire.

Plaque commémorative, Tangalle, jeudi 12 janvier 2017

Plaque commémorative, Tangalle, jeudi 12 janvier 2017

Très peu de gens ici parlent de ces évènements dramatiques. Lorsqu’on insiste, les langues se délient, prudemment…

L’industrie touristique, qui emploie au Sri Lanka des milliers de personnes, semble avoir vérouillé les mémoires.

Le pays a reçu plus de deux millions de touristes l’an dernier, et espère en accueillir 500 000 de plus en 2017.

Dans ce contexte, il vaut mieux éviter de s’étendre et de parler de catastrophes naturelles. Cela nuirait grandement à l’image du pays…

La plage de Goyambokka, située à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Tangalle.

La plage de Goyambokka, située à une dizaine de kilomètres à l’ouest de Tangalle.

Treize ans après la tragédie, le Sri Lanka est-il mieux préparé aujourd’hui à affronter un nouveau tsunami?

Les avis sont partagés.

Si les mécanismes d’alerte à la population ont été améliorés (par l’envoi de SMS notamment), le dispositif de détection des tsunamis reste défaillant. La plupart des bouées, reliées à un satellite, censées déceler dans l’océan Indien les signes précurseurs d’un tsunami n’ont toujours pas été mises en place…

Plage de Tangalle, lundi 16 janvier. Ci-dessous, le centre-ville de Galle, la grande métropole du sud, qui a aussi sévèrement été touchée par le tsunami...

Plage de Tangalle, lundi 16 janvier. Ci-dessous, une des rues du centre-ville de Galle, la ville principale du sud du pays, sévèrement touchée par le tsunami en 2004…

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La guerre civile, qui a duré vingt-six ans (1983-2009), a elle aussi laissé des traces.

Un nouveau président (Maithripala Sirisena), élu en 2015, a promis de faire la lumière sur les événements sanglants qui ont déchiré le pays et divisé ses deux principales communautés – la majorité cinghalaise, bouddhiste, et la minorité tamoule, de confession hindoue (et parfois musulmane), implantée principalement dans le nord et l’est du pays.

La guerre a fait officiellement 70 000 victimes.

La communauté internationale et les Nations-Unies exigent régulièrement une enquête sur le rôle du gouvernement et de l’armée pendant le conflit. De nombreuses questions subsistent sur le sort des disparus. II y en a plus de 100 000 – appartenant en grande majorité à la communauté tamoule.

Personne ici ne croit vraiment à ce concept « d’enquête »…

Les relations entre les deux communautés vont mieux, dit-on. Mais pour combien de temps? « Les femmes tamoules épousent des cinghalais désormais. Il n’y a plus de problèmes » m’a affirmé un peu rapidement, me semble-t-il, cette semaine, un des guides qui travaille dans la région.

De nouvelles élections sont prévues en 2020.

D’ici là, le Sri Lanka, comme l’Afrique du sud, comme le Rwanda, comme le Vietnam après la guerre, comme le Canada aujourd’hui avec les peuples indigènes, est engagé dans un long et complexe processus de réconciliation nationale.

Prière dans un temple bouddhiste, Tangalle.

Prière dans un temple bouddhiste à Tangalle.

Rue principale, Tangalle, jeudi 12 janvier. Ci-dessous, la gare d'autobus

La rue principale de Tangalle, jeudi 12 janvier et, ci-dessous, la gare d’autobus.

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Une de mes plus belles surprises au Sri Lanka a été la découverte de la grande métropole du sud du pays, Galle.

Inscrite depuis 1992 au patrimoine de l’Unesco, la vieille ville de Galle est exceptionnelle.

Les remparts qui protègent la cité, construits par les portugais au 17è siècle, les églises, les anciens bâtiments coloniaux, hérités des hollandais, puis des britanniques, tout a été rénové ou préservé avec soin.

Promenade matinale au-dessus des remparts qui ceinturent la vieille ville de Galle. Ci-dessous, quelques uns des nombreux bâtiments coloniaux reconvertis en magasins.

Promenade matinale au-dessus des remparts qui ceinturent la vieille ville de Galle. Ci-dessous, quelques uns des nombreux bâtiments coloniaux reconvertis en magasins.

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Ici comme à Fort Cochin, au Kerala, les différentes communautés religieuses coexistent pacifiquement. Et partagent paisiblement un espace commun, assez restreint. De très nombreux habitants sont de confession musulmane. Leurs racines remontent parfois jusqu’au Maroc.

La vieille ville compte plusieurs mosquées, situées à quelques dizaines de mètres seulement de temples bouddhistes, hindous ou d’anciennes églises chrétiennes construites par les colons.

Il fait bon se promener dans les rues de la vieille ville! Mais vous ne serez pas seuls.

Plus d’un tiers des maisons appartient maintenant aux étrangers, en particulier aux Britanniques. Depuis 1992, la spéculation immobilière a fait fuir les familles sri lankaises qui n’ont plus désormais les moyens de vivre ici.

Ceux qui possédaient un bien, l’ont vendu. « On peut acheter deux maisons à Colombo en vendant une maison ici » m’a confié un vieux marchand qui rénove lui-même en ce moment la maison familiale afin d’en faire un gîte pour touristes.

La vielle ville de Galle connue sous le nom de Galle Fort

La vieille ville de Galle connue sous le nom de Galle Fort. Ci-dessous, à l’entrée de la ville…

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Cité grande ouverte sur l’océan, Galle n’en demeure pas moins une des plus belles villes coloniales que j’ai eu jusqu’ici la chance de visiter.

Elle n’est pas devenue (comme Antigua au Guatemala ou San Miguel de Allende au Mexique) une ville-musée, sans âme, entièrement consacrée au tourisme ou aux expatriés fortunés.

On retrouve dans la vieille ville des bureaux d’avocats, un palais de justice, des établissements scolaires, une école militaire, la ville vit au rythme de ses habitants. Une belle découverte!

Sur les remparts de Galle, au crépuscule, samedi 7 janvier

Sur les remparts de Galle, au crépuscule, samedi 7 janvier. Ci-dessous élèves dans un cours d’éducation physique, au milieu de la vieille ville de Galle

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Dans les rues de Galle, mardi 10 janvier

Dans les rues de Galle, mardi 10 janvier. Ci-dessous, écoliers dans un parc. À noter: les journées qui précèdent la pleine lune sont fériées au Sri Lanka. Les écoles, les édifices gouvernementaux sont fermés. Une visite au temple est, ce jour-là, de rigueur.

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Je ne voulais pas quitter le Sri Lanka avant d’avoir vu un de ses parcs nationaux. Je voulais en particulier explorer le parc national d’Uda Walawe qui abrite, à un peu plus d’une heure de route de Tangalle, une colonie de plusieurs centaines d’éléphants.

Accompagné d’un guide et de quatre compagnons de voyage (russes et britanniques), je suis donc parti le dimanche 15 janvier en direction du parc.

Nous avons quitté l’hôtel un peu avant 5 heures du matin, et dès 6 heures nous étions sur place…

En quelques minutes, un premier pachyderme est venu, timidement, croiser notre chemin…

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… suivi bientôt d’un couple, une maman éléphant et son éléphanteau qui nous ont à peine regardés en traversant la piste…

Parc national Uda Walawe, dimanche 15 janvier

Parc national Uda Walawe, dimanche 15 janvier

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Nous avons eu aussi la chance dimanche matin de voir des troupeaux de buffles, des crocodiles, des paons…

Malgré la beauté du site cependant, et malgré ce qu’en disent les guides et les dépliants touristiques, le parc Uda Walawe, créé en 1972, est bien loin de procurer aux visiteurs les frissons du Parc national de l’Akagera, beaucoup plus grand, majestueux, visité il y a quatre ans, dans l’est du Rwanda…

Parc Uda Walawe, dimanche 15 janvier

Parc Uda Walawe, dimanche 15 janvier

Mon périple dans le sud de l’Inde et au Sri Lanka se termine. J’ai prolongé au maximum mon séjour à Tangalle, et je prends cet après-midi le train pour Colombo. Ce sera ensuite le bus jusqu’à Negombo où je m’arrêterai une dernière nuit avant de prendre, mercredi en soirée, l’avion pour Vancouver….

Après sept semaines de voyage, heureux de rentrer à la maison! Merci à tous d’avoir suivi depuis le 30 novembre ces quelques étapes dans ces deux pays si différents!…

D’un côté, le Sri Lanka semble confortablement installé aujourd’hui dans le peloton de tête des destinations touristiques les plus prisées du sud de l’Asie….

De l’autre, l’état du Kerala, dans le sud de l’Inde qui, peut-être à cause de son gouvernement, ne semble pas très pressé de développer sur son territoire un tourisme à grande échelle ou haut de gamme. Et c’est très bien ainsi.

La petite Venise du sud de l’Inde, comme on surnomme affectueusement le Kerala, demeure, avec le recul, une de mes plus belles expériences de voyage!…

Bonne fin d’hiver à tous!

Tangalle, samedi 14 janvier

Tangalle, côte sud du Sri Lanka, le samedi 14 janvier 2017

Parmi mes meilleurs souvenirs? Les délicieux repas pris ici et au Kerala…

Petit déjeuner traditionnel sri lankais et, ci-dessous, un déjeuner typique: poulet au curry...

Petit déjeuner traditionnel sri lankais (à Ella) et, ci-dessous, un déjeuner typique (à Tangalle): plat de poulet au curry…

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Ella

Il m’a fallu plusieurs jours avant de m’adapter au Sri Lanka.

Après le charme de la vieille ville de Fort Cochin, les plages et les grands espaces du Kerala, j’ai dû me réhabituer depuis deux semaines à la circulation automobile, au concert des klaxons, et à la forte densité de la population du Sri Lanka. Même si Colombo n’est qu’à quarante minutes d’avion de la côte sud de l’Inde, l’ambiance est ici très différente.

L’île est plus développée, plus urbaine, moderne, que l’état voisin, au nord. Les rapports quotidiens sont aussi plus formels, solennels. Les échanges, même les plus anodins, semblent suivre une étiquette, un protocole, un code dont le voyageur n’a pas toujours la clé.

Dans les gestes, les sourires, une réserve, presque partout.

Pradeepa, mère de deux enfants, gère avec son mari une petite buvette, près d’Ella. Ci-dessous, une habitante de la région d’Ella, rencontrée le même jour, le 1er janvier, sur un chemin de montagne.

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D’autres diront peut-être le contraire, mais les gens semblent être ici plus pressés, impatients, stressés.

« C’est à cause des Fêtes », m’a dit le chauffeur de taxi qui me conduisait de l’aéroport à mon hôtel à Negombo, une petite ville de pêcheurs, située sur la côte ouest, près de l’aéroport.

De nombreux voyageurs préfèrent y passer leur première nuit afin d’éviter, en arrivant, la pollution et les embouteillages de la route qui mène à Colombo.

Le petit port de Negombo, samedi 24 décembre

Le petit port de Negombo, samedi 24 décembre

Negombo, qu’on surnomme au Sri Lanka « la petite Rome », vu le nombre important d’églises érigées dans la communauté. Et la grande proportion d’habitants qui ont été ici, à l’époque coloniale, convertis au catholicisme, par les portugais.

Negombo est aussi réputée pour ses deux immenses marchés de poissons, ouverts au public dès 6 heures le matin.

La plage et le marché de poissons de Negombo, samedi 24 décembre. Un thon de bonne taille, entier, se négocie ici 300 roupies, environ $3 ou

La plage et le marché de poissons de Negombo, samedi 24 décembre. Un thon de bonne taille se négocie ici 300 roupies (LKR), environ $2,50 ou 1.90 euros.

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J’ai quitté Negombo le 26 décembre sans trop de regrets, les oreilles bourdonnantes du bruit des pétards et des feux d’artifices allumés un peu partout dans la ville pour célébrer Noël.

Et je suis parti comme prévu pour Kandy, l’ancienne capitale du pays, devenue aujourd’hui capitale culturelle, inscrite depuis 1988 au patrimoine mondial de l’Unesco.

Mes cinq haltes au Sri Lanka. Sur la côte ouest, Negombo. Au centre, dans la région montagneuse (« Hill Country »), Kandy et Ella, et au sud, Galle et Tangalla.

J’avais espéré trouver à Kandy, à 500 mètres d’altitude, l’atmosphère tranquille et détendue des « Hill Stations » (stations climatiques) que j’aime tant en Asie du Sud-Est, comme Pyin Oo Lwin, ou Kalaw en Birmanie, ou Dalat au Vietnam.

Énorme déception. Embouteillages monstres sur la route et circulation infernale en arrivant à Kandy. Les bus, les rickshaws, les voitures et les piétons se disputent chaque mètre carré des rues du centre-ville. Dès 9 heures, il fait très chaud. L’air est irrespirable. On étouffe.

Bref moment de répit dans la circulation à Kandy, devant l'hötel colonial Queens

Bref moment de répit tôt le matin dans la circulation à Kandy, devant l’hôtel colonial Queens, mardi 27 décembre.

Heureusement, j’avais réservé une chambre dans une petite villa, située à 15 minutes de marche de la ville. Villa où j’ai pu, pendant plusieurs jours, apprécier, au calme, l’hospitalité sri lankaise.

Kandy Cottage, une très bonne adresse (www.kandycottage.com), loin de l'agitation de la ville. L'après-midi, des petits singes viennent jouer dans le jardin...

Kandy Cottage, une très bonne adresse (www.kandycottage.com), loin de l’agitation de la ville. L’après-midi, des petits singes viennent jouer dans le jardin…

Tous les matins, de somptueux petits déjeuners m’étaient servis…

Pertit déjeuner traditionnel sri lankais. Des "hoppers", galettes de farine de riz, au beurre, accompagnées de pommes de terre et légumes assaisonnés au curry...

Petit déjeuner traditionnel sri lankais. Des « hoppers », galettes de farine de riz, au beurre, accompagnées de pommes de terre et de légumes assaisonnés au curry…

L’homme à tout faire de la maison, Thomas, m’annonça un matin qu’il partait rejoindre sa famille, à 15 kilomètres de Kandy. Sans préavis, il m’a laissé la maison, qui était maintenant sous ma protection.

Grâce à une bibliothèque bien garnie, j’en ai profité pour étudier et essayer de mieux comprendre la situation politique et linguistique du pays. J’avais été surpris de constater que, même à Kandy, beaucoup de gens dans la rue ne parlaient pas l’anglais…

Le Sri Lanka a connu entre 1983 et 2009 une guerre civile sanglante qui opposa la majorité cingalaise (bouddhiste) aux Tigres de libération tamoul qui voulaient créer un état indépendant dans le nord et l’est du pays. Il y a eu des milliers de morts et de disparus.

De multiples tensions subsistent encore aujourd’hui entre les deux communautés.

Journal en langue cingalaise.

Journal en langue tamoule

Le cingalais, parlé par l’immense majorité de la population (87%), et le tamoul (25% de locuteurs) sont les deux langues officielles du pays.

L’anglais, comme dans le sud de l’Inde, est une langue que seuls les plus instruits comprennent. Il est utilisé comme langue de travail par le gouvernement. Dès qu’on s’éloigne des sentiers battus, il n’est plus d’une très grande utilité…

L'un des quatre quotidiens nationaux publiés en anglais au Sri Lanka. Le cinghalais, parlé par l'immense majorité de la population, et le Tamoul, sont les deux langues officielles du pays. L'anglais, comme dan le sud de l'Inde est une langue que seuls les plus instruits comprennent. Dès qu'on s'éloigne des sentiers battus, il n'est plus d'une très grande utilité... Curieusement, on retrouve à la une des journaux, tout en haut, le prix officiel de certains produits de base, comme la noix de coco (50 roupies la pièce) ou...

Quatre quotidiens nationaux sont quand même publiés en anglais au Sri Lanka. Curieusement, on retrouve à la une de ces journaux, tout en haut, le prix officiel (qui fluctue) de certains produits de base, comme la noix de coco (60 roupies, 55cents, la pièce) ou les haricots (120 roupies, $1.10, le kilo). Même le prix des oeufs est règlementé, 12.50 roupies par œuf.

Installé dans mon cottage à Kandy, je n’allais en ville qu’une fois par jour, prendre mon déjeuner, faire rapidement quelques courses, et admirer en chemin, au bord du lac, l’un des lieux de pèlerinage les plus célébres du Sri Lanka, le temple de la Dent du Bouddha.

Le temple de la Dent du Bouddha,

Le temple de la Dent du Bouddha. Comme son nom l’indique, le temple abrite une relique de dent de Bouddha. C’est un des lieux les plus sacrés du pays. Tous les jours, dès 6 heures du matin, des milliers de Sri Lankais s’y rendent en pèlerinage…

Malgré le confort et l’hospitalité qui m’ont été offerts, j’ai été heureux de quitter Kandy, le 31 décembre, en train, pour Ella…..

Trois fois par jour, un train relie Kandy aux petites villes situées en altitude dans une très belle région devenue, depuis la colonisation britannique, un des principaux centres de production de thé en Asie. Il faut compter six heures de trajet entre Kandy et Ella. Le paysage est splendide. Ce voyage en train est une des principales attractions touristiques du Sri Lanka.

Il faut compter environ six heures de trajet entre Kandy et Ella. Le paysage est splendide. Ce voyage en train est une des principales attractions touristiques du Sri Lanka.

Trois fois par jour, un train relie Colombo puis Kandy aux petites villes situées en altitude dans une très belle partie du pays –  the « Hill Country« .

La région est magnifique. Et est vite devenue, sous l’impulsion des colons britanniques, à la fin du 19è siècle, un des principaux centres de production de thé en Asie. Le thé qui est encore aujourd’hui un des moteurs de l’économie sri lankaise.

Le voyage depuis Kandy, direction sud, vers Ella, est superbe.

La voie ferrée traverse les plantations, franchit des ponts, des aqueducs. Les arrêts sont fréquents. Le train avance lentement au cœur d’une végétation luxuriante…

Gare de Galboda, samedi 31 décembre et, ci-dessous, le train vu du pont Demodara, près de la gare d’Ella…

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(Conseil pour ceux qui planifient le même voyage. Si l’on veut une place confortable, en première classe ou wagon climatisé, il vaut mieux réserver son billet à l’avance. Ils sont disponibles un mois avant la date du départ, et s’envolent en moins de vingt-quatre heures. Le trajet Colombo – Ella, en 1ère classe, coûte $12, environ 9 euros, une aubaine incroyable. Infos supplémentaires sur l’excellenseat61.com)

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Ellas Rock, Ella

Ellas Rock, vue de la chambre de mon hôtel, à Ella.

Après deux semaines, j’ai pu enfin trouver à Ella l’environnement que je cherchais depuis mon arrivée au Sri Lanka!

Même si la petite ville, perchée à 1040 mètres d’altitude, est maintenant devenue une des étapes obligées des voyageurs qui visitent la région des plantations, Ella a su garder (loin des commerces de la rue principale) son cachet de village de montagne, vert, accueillant et agréable. Même si les prix, pour le logement notamment, sont beaucoup plus élevés qu’ailleurs.

Les randonneurs sont ici chez eux. De nombreux sentiers débutent ou se terminent près d’Ella.

Pendant ma longue halte de sept jours, j’ai eu l’occasion d’en explorer plusieurs, dont les deux plus connus: Little Adam’s Peak et Ellas Rock.

La voie ferrée permet souvent l'accès aux sentiers qui mènent aux montagnes. Ci-dessous, vue d'un des sommets qui surplombent Ella, lundi 2 janvier.

La voie ferrée est souvent un des points d’accès aux sentiers qui mènent aux montagnes autour d’Ella. Ci-dessous, vue d’un des sommets qui surplombent la ville, lundi 2 janvier.

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Ma plus belle journée cependant, la plus belle de mon voyage au Sri Lanka jusqu’à présent, a débuté, très tôt, le mercredi 4 janvier…

Gare d'Ella, mercredi 4 janvier, 7h du matin.

Gare d’Ella, mercredi 4 janvier, 7h du matin.

J’étais avant 7 heures à la gare d’Ella afin de prendre le train, vers l’ouest, pour une heure environ, en direction de Haputale, une petite ville typique de la région des plantations – 3000 habitants, 1400 mètres d’altitude.

C’est à 11 kilomètres au nord de Haputale que Sir Thomas Lipton a construit, en 1890, une de ses premières plantations de thé…

… qui fonctionne toujours, à Dambatenne, dans un décor absolument féérique… où le brouillard, dès la mi-journée, se lève régulièrement…

La route entre Haputale et Dambatenne. mercredi 4 janvier...

La route entre Haputale et Dambatenne, mercredi 4 janvier…

En arrivant mercredi matin à la gare de Haputale, j’ai sauté dans un des bus qui assure la navette jusqu’à l’usine de Dambatenne…

… et je suis ensuite redescendu, lentement, à pied, jusqu’à mon point de départ – en savourant, dans le grand silence des montagnes, chaque minute de cette randonnée de 11 kilomètres.

Bonheur absolu.

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Entre Haputale et Dambatenne, même atmosphère, même altitude et même climat que sur les hauts plateaux du centre du Vietnam! Le paradis! Sur le chemin, ci-dessous,

Entre Haputale et Dambatenne, même altitude, même atmosphère et même climat que sur les hauts plateaux du centre du Vietnam! Le paradis! Sur le chemin, rencontre amicale avec un agriculteur accompagné de sa fille…

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J’entame demain les douze derniers jours de mon voyage au Kerala et au Sri Lanka.

Ce sont probablement ceux que j’anticipe le plus. Douze jours au soleil dans le grand sud du pays. À Galle d’abord, ancienne ville coloniale, et ensuite à Tangalle, au bord de l’océan Indien…

Malgré les aléas du voyage, la fatigue qui s’installe après les longues marches, malgré le manque de sommeil parfois (les chiens qui aboient la nuit, ou l’appel des muezzins du haut des mosquées), malgré la morsure du soleil, je suis extrêmement heureux et reconnaissant d’avoir, depuis le 30 novembre, découvert et exploré tant de nouveaux chemins!

Et j’espère, dans le grand sud, me réconcilier tout à fait avec le Sri Lanka…

Une des meilleures tables d'Ella, Jade Green & Tea Centre. Pour y déjeuner il faut commander son plat 90 minutes à l'avance, et revenir le déguster dans le restaurant qui es en fait le salon de la maison de famille. Ci-dessus, à gauche

Poulet au curry au restaurant Jade Green & Tea Centre, une des meilleures tables d’Ella. Pour y déjeuner, il faut commander son plat 90 minutes à l’avance, et revenir ensuite le déguster dans le restaurant qui est en fait le salon de la maison de famille. Ci-dessous, à gauche, Hemalatha, cuisinière hors-pair, et à droite, Sujatha, la gérante du restaurant. Bravo, et merci à toutes les deux!

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