New Delhi

Le Vieux Delhi (« Old Delhi »), un des quartiers commerçants traditionnels de la ville, mardi matin, 13 novembre

On parle beaucoup de New Delhi dans la presse ces jours-ci.

L’OMS vient de publier un rapport accablant sur l’indice de pollution dans la ville. Il a atteint cette année un niveau inédit. La concentration de particules fines dans certains quartiers de la capitale indienne est montée, en juin, jusqu’à 1300 microgrammes par mètre cube. Vingt-cinq fois la limite recommandée par l’OMS.

La situation s’est encore dégradée il y a quelques jours suite au nombre alarmant de pétards et de feux d’artifices allumés puis lancés dans la ville pendant la semaine de festivités de « Diwali », la fête hindoue de la lumière.

La pratique avait pourtant été interdite (sauf entre 20h et 22h) par les autorités. Peine perdue… 

Old Delhi, mardi 13 novembre

Entre dix et trente mille personnes meurent chaque année de façon prématurée à New Delhi à cause de la pollution. 40% des enfants au pays souffrent de déficiences respiratoires

New Delhi a aussi obtenu le mois dernier la triste distinction d’être la ville la plus polluée du monde. Cause principale: l’automobile. Plus de dix millions de véhicules circulent dans les rues de Delhi.

Autre facteur de pollution: l’utilisation, très répandue, du charbon. En cause également, les pratiques traditionnelles des agriculteurs qui brûlent régulièrement leurs champs (« défrichage ») dans les états voisins de la capitale, dans l’Uttar Pradesh notamment. 

Le pont qui surplombe la voie ferrée et la gare principale de New Delhi, mardi matin

Je suis arrivé à Delhi dimanche après-midi. Je suis ici en transit, pendant trois jours, afin de m’adapter au décalage horaire, m’acclimater de nouveau au pays et récupérer un peu après un long vol de dix-neuf heures depuis Vancouver, via Taipei.

Avant de repartir pour Varanasi, j’ai voulu mener une petite enquête et observer d’un peu plus près la situation…

Je voulais en avoir le cœur net.

Le quartier de Mahipalpur où est situé mon hôtel, près de l’aéroport, dans la zone sud de New Delhi, lundi 12 novembre.

Mohammed Irfan, 42 ans, dans sa boutique de coiffeur de Mahipalpur, le lundi 12 novembre. Prix de la coupe de cheveux? 50 roupies, moins d’un dollar ou 0.62 euros. Ci-dessous, scènes de rues à Mahipalpur…

J’ai donc pris tôt ce matin, mardi, le métro pour le centre-ville de New Delhi.

Après vingt-quatre heures de repos, je voulais marcher dans la ville et explorer en particulier le Vieux-Delhi (Old Delhi), un des quartiers traditionnels de la capitale. Rien de plus simple. Une station de métro, située à 200 mètres de l’hôtel, permet aux résidents et visiteurs de rejoindre le cœur de Delhi.

Durée du trajet depuis Mahipalpur: une quinzaine de minutes. Le billet coûte 50 roupies

Une nouvelle ligne de métro (ouverte en 2011) relie l’aéroport de New Dehli au centre-ville

Le métro est propre comme un sou neuf. Dans les stations ou dans les wagons, pas un papier ne traîne…

Il est 7h30. Curieusement, l’heure de pointe n’a pas encore commencé. Les compartiments sont presque vides. Deuxième surprise: personne dans le wagon ne me jette un second regard. Je passe complètement inaperçu. C’est bon de voyager ainsi. En fait, deux fois pendant la matinée, près de la gare, des individus viennent poliment me demander leur chemin. En Hindi. Cela doit être ma nouvelle coupe de cheveux.

Autre surprise, de mon siège, cinq minutes à peine après avoir quitté mon quartier de Mahipalpur, l’ampleur de la pollution saute aux yeux…

À bord du métro vers New Delhi, mardi matin 13 novembre

Arrivé au centre-ville, il est difficile de distinguer l’horizon. Une espèce de brouillard gris, brun, sombre obscurcit tout. J’ai mal à la gorge. Je consulte rapidement une carte. Et je franchis, à pied, un pont, près de la gare…

Taxis et rickshaws devant la gare centrale de New Delhi

Je me fraye ensuite un chemin vers le quartier du Vieux-Delhi…

Old Delhi, mardi 13 novembre

Entre les rickshaws, les motos, les vélos, j’ai les yeux qui piquent, l’estomac lourd. J’ai l’impression d’avoir avalé du sable.

Les résidents du quartier semblent, eux, vaquer comme d’habitude à leurs occupations…

Amis lecteurs à Vancouver, à Montréal, en Europe, en Haïti, en Afrique, aux États-Unis… remerciez votre bonne étoile… et respirez à pleins poumons!

Old Delhi, mardi 13 novembre

Je reviendrai à Delhi, au début du mois de janvier. Je pars demain comme prévu pour Varanasi. Au train de nuit, cette fois-ci, j’ai préféré l’avion…

Old Delhi, mardi 13 novembre