Le Cap-Vert

Cela fait deux ou trois ans déjà que je songe à visiter les îles du Cap-Vert.

Bien avant l’épopée de l’équipe capverdienne au Mondial cet été! – Un succès inattendu, un merveilleux conte de fées, qui a enflammé les réseaux sociaux et propulsé l’archipel pendant des semaines à la une de l’actualité.

Du jour au lendemain, le « Petit pays » de Cesária Évora, qu’on avait du mal auparavant à situer sur une carte, est devenu la coqueluche du monde entier!

Rappelez-vous, l’été dernier. Déjouant tous les pronostics, après avoir tenu tête à l’Espagne (0-0) et à l’Uruguay (2-2), les « Requins Bleus » (le surnom de l’équipe) se sont héroïquement inclinés en prolongation (3-2) lors d’un match crève-cœur contre l’Argentine – alors tenante du titre. En seizièmes de finale.

Une déflagration dans le monde du football.

Et dans les îles, les villages de l’archipel, partout, une fierté, une joie immense!

Voir ici la courte vidéo (1mn 35) de France 24 sur le retour triomphal de l’équipe au pays, début juillet.

« Les gens savent maintenant qu’on existe! » jubilait cet été une jeune femme, euphorique, au milieu d’une foule en liesse, à Mindelo, la ville principale de l’île de São Vicente, lieu de naissance de Cesária Évora. Mindelo, où nous débuterons notre voyage, le 17 novembre.

Au large du Sénégal, encerclées en vert, les 4 îles du Cap-Vert (sur les 10 que compte l’archipel) où nous ferons bientôt escale. L’archipel, qui compte environ 530 000 habitants, a obtenu son indépendance du Portugal en 1975. Plus de la moitié de la population vit sur l’île de Santiago (au sud) où est située la capitale, Praia.

Pourquoi donc visiter le Cap-Vert?

Par curiosité d’abord.

Ayant eu la chance, enfant et adolescent, de vivre en Afrique dans trois pays culturellement différents, le Congo (colonisé par la Belgique), le Togo (ancienne colonie allemande et française) et le Nigéria (ex-possession britannique), je souhaitais depuis longtemps découvrir l’Afrique lusophone (portugaise).

Les pays de l’Afrique lusophone, anciennes colonies portugaises
Le Cap-Vert et la Guinée-Bissau (qui s’appelait à l’origine Guinée de Cabo Verde) partagent une longue histoire commune. À partir des années 50, les deux pays font campagne ensemble pour obtenir leur indépendance du Portugal. Un projet d’union entre les deux états a même (un moment) été envisagé.

Explorer le Mozambique, l’Angola, Sao Tomé-et-Principe ou la Guinée-Bissau, ne m’intéressait que modérément.

Par contre, séjourner dans un archipel où, depuis plusieurs années, la culture – la musique, la peinture, la sculpture, l’art textile – est en pleine effervescence, presqu’en ébullition, cela m’attirait au plus haut point!

C’est le cas au Cap-Vert qui a tout récemment été désigné capitale africaine de la culture pour 2028. Une distinction accordée tous les deux ans par un groupe de 10 maires africains représentant les grandes régions du continent. (L’objectif du programme est de faire de la culture le quatrième pilier du développement durable, à côté du volet économique, social et environnemental).

Il suffit d’écouter (SVP cliquez sur les liens et montez le volume) deux genres de mélodies typiques de ces petites îles – la coladeira et la morna -pour mesurer toute la richesse musicale de l’archipel!

Cesária Évora (1941-2011), surnommée « la diva aux pieds nus », la voix la plus connue du Cap-Vert, née dans une famille pauvre de Mindelo. J’ai eu le grand bonheur d’assister à l’un de ses premiers concerts à Vancouver il y a trente ans…

Mais il n’y a pas que la musique qui nous attend au Cap-Vert!

Il y a aussi:

a) Son histoire – marquée par l’esclavage, des siècles de soumission au Portugal. Et la lutte exemplaire de l’archipel pour obtenir son indépendance en 1975. Parmi les héros de l’indépendance: Amilcar Cabral.

Amilcar Cabral (1924-1973), né en Guinée portugaise (actuelle Guinée-Bissau), de parents capverdiens. Fondateur du PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et des iles du Cap-vert). Il sera assassiné en 1973, deux ans avant l’indépendance de l’archipel.

b) la langue – nous avons bien hâte d’entendre et d’apprendre nos premiers mots de « kriolu », le créole capverdien, la langue de la rue, du coeur, de l’identité, parlée par l’immense majorité de la population. Même si le portugais demeure au pays la langue officielle. Un des mot clés du kriolu? « Morabeza » qu’on peut traduire par l’hospitalité, la gentillesse, la joie de vivre des Capverdiens.

c) les sentiers de randonnée – apparemment spectaculaires, qui sillonnent l’archipel, notamment l’île de Santo Antão (au nord). Pistes accrochées à flanc de collines, suivant les chemins traditionnels empruntés autrefois par les habitants pour se déplacer sur ces terres arides, battues par le vent. (Nous avons prévu une dizaine de jours à Santo Antão).

d) les marchés, la cuisine et les plats typiques des îles – îles scindées en deux groupes distincts dans l’océan. Au nord de l’archipel, « les Îles du Vent » (Ilhas de Barlavento). Au sud, « les Îles Sous-le-Vent » (Ilhas de Sotavento). Exactement la même toponymie que dans les « Îles de la Société » (Moorea, Huahine, Maupiti…) en Polynésie française!

Affiche de promotion d’une agence pour un voyage au Cap-Vert…

Un dernier mot. Nous ne nous faisons pas d’illusions. Malgré le tourisme (en hausse) et les progrès réalisés depuis l’indépendance – le taux d’alphabétiation, par exemple, chez les jeunes de 15 à 24 ans, est de 98%, l’un des plus hauts du continent – le Cap-Vert est un pays pauvre, surtout en région rurale.

Le revenu mensuel moyen dans l’archipel oscille autour de $630 canadiens (environ 405 euros). Le taux de chômage (2025) dépasse 11%.

Nous voyagerons donc, comme d’habitude, en toute humilité. En contournant les deux îles les plus visitées de l’archipel: Sal et Boa Vista.

Notre objectif: aller à la rencontre des Capverdiens, les écouter et essayer de mieux connaître ce peuple profondément marqué, depuis des siècles, par l’exil.

Exil qui, malheureusement, continue. À cause des piètres conditions économiques (terres arides, chômage, manque de ressources naturelles…), on estime aujourd’hui qu’il y a plus de Capverdiens vivant à l’étranger (environ 800 000) que sur les îles…

Malgré tout, depuis l’indépendance, le Cap-Vert progresse. Le pays est partout cité en exemple pour sa bonne gouvernance. Pour l’absence de corruption. Et il y a dans l’archipel, depuis le début des années 90, une alternance, une vraie pluralité politique. Grâce notamment à l’élection et à l’implication des femmes dans la gestion du pays.

Nous avons bien hâte d’aller observer tout cela de plus près!

Voilà donc notre itinéraire (« slow travel ») pour les deux prochains mois:

13 – 16 novembre = Paris

17 – 23 novembre = São Vicente (Mindelo)

24 novembre – 6 décembre =  Santo Antão (Cabo de Ribeira et Ponta do Sol)

7 – 13 décembre = São Nicolau (Ribeira Brava)

14 décembre – 5 janvier = Santiago (Praia et Tarrafal)

6 – 9 janvier = Paris

10 janvier = Paris – Vancouver

(Diana, comme d’habitude, repartira un peu plus tôt, de l’île Santiago, afin de rejoindre et veiller sur son père, à Calgary).

Frigorifiés, lors d’une courte visite à Calgary, sous la neige déjà, le vendredi 23 octobre. Ici à Crescent Heights Park, au-dessus de la rivière Bow qui baigne une partie de la ville.

Avant de terminer, rapide coup d’oeil sur l’intense période d’activité politique que nous venons de vivre à Vancouver et en Colombie-Britannique.

L’automne s’est aussi installé sur la côte sud de la Colombie-Britannique. Ci-dessus, le mercredi 28 octobre, un remorqueur s’apprête à franchir le pont « Lions Gate » qui relie Vancouver à la municipalité de North Vancouver, qu’on aperçoit à l’arrière plan.

Nous avons eu en une semaine – les samedis 17 et 24 octobre – une élection municipale ET une élection provinciale. Deux scrutins qui ont abouti à des résultats bien différents.

Au niveau de la province, après avoir été dirigée pendant 9 ans par le NPD (Nouveau Parti Démocratique, centre-gauche), la Colombie-Britannique vient d’élire un gouvernement conservateur, majoritaire, qui a remporté 63 des 93 sièges de l’assemblée législative! Un séisme sur la côte ouest.

D’un autre côté – excellente nouvelle! – Vancouver a élu le 17 octobre un nouveau maire, Pete Fry, une figure historique du Parti vert de la ville. Il devient le premier membre des Verts à prendre la tête d’une grande ville canadienne. Et il pourra gouverner avec un nouveau conseil municipal, fermement ancré à gauche. Pete Fry aura tout notre soutien.

Né à Dublin d’un père anglais et d’une mère trinidadienne, Pete Fry vient d’être élu maire de Vancouver, après deux mandats comme conseiller municipal.

J’ai écrit à Pete Fry pendant la campagne électorale. À propos de la rapide et très intense densification de certains quartiers de la ville, notamment le long de la rue Broadway, une des artères principales de Vancouver. Il m’a répondu dès le lendemain. Voici sa réponse (avec, en gras, la partie clé du message).

À :  moi, Cc :  dominique@petefry.ca · dim. 20 sept. à 07:57
Hi Max, thanks for writing.
I voted in favour of the original Broadway Plan that was effectively imposed on his by Provincial Regulations around mandatory Transit Oriented Area development and density. At that time my Green colleagues and did successfully add conditions around built form, tree retention, more green spaces, enhanced tenant protections, tower limits per block and a “pace of change” mechanism that would effectively throttle the speed at which speculation and development happens. Unfortunately everyone of those conditions was removed when Ken Sim and ABC came into power. Should we are fortunate enough to vanquish Sim and form government, as mayor I will immediately revisit the Broadway Plan.
It is important to note that we cannot override the provincially imposed TOA (heights and densities in areas close to transit stations), nor can we stop actual developments in progress. That said, most of the signs we see around the Broadway area are for speculative re-zonings, there hasn’t actually been a lot of new construction and the slow market has effectively paused the plan.
And yes to more bike lanes and transit options.

Pete Fry     pete@petefry.ca   linktr.ee/ptfry  

CAMPAIGN TO ELECT PETE FRY MAYOR OF VANCOUVER

 

En compagnie de notre amie My dans le quartier Kitsilano, à Vancouver, le dimanche 1er novembre. J’ai eu la chance entre 1997 et 1999 de travailler avec My à l’université de Dalat, au Vietnam. Nous avons gardé contact et My revient régulièrement nous rendre visite à Vancouver. Re-bienvenue en Colombie-Britannique, My!

Bonne fin d’automne à tous!

 

 

 

 

 

 

 

 


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9 réflexions sur « Le Cap-Vert »

  1. Quelle belle planification! Ce sera très interressant de suivre votre voyage. Bonne fin de préparatifs. Encourageant le message de Pete Fry: seul souci évident est qu’il n’aura pas le soutien de la Province dans plusieurs des dossiers qui demandent l’attention et l’approbation du gouvernement provincial. Quel dommage!

    1. Merci beaucoup, Florence! D’accord pour ta lecture sur Pete Fry, il faudra compter sur le bon vouloir du nouveau gouvernement provincial pour les grands dossiers, mais j’ai confiance. On se voit jeudi!

  2. Bonjour Diana et Max, Quel voyage merveilleux vous allez faire.. il me tarde de vous suivre, voir des photos et les commentaires toujours fascinants de Max! bon voyage et découverte! Bises

    1. Merci infiniment Christiane! Nous te souhaitons un super bel automne dans le sud-ouest en sachant que nous te retrouverons bientôt, le printemps prochain! Prends bien soin de toi! A+

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