De Vilcabamba à Otavalo, en Équateur

Notez SVP que ce récit est, pour l’instant, le plus long des « Carnets de voyages » … Comptez de 10 à 12 minutes de lecture…

À l’entrée d’un restaurant, calle General Torres, à deux pas du marché 10 de Agosto, au cœur de la vieille ville de Cuenca, le jeudi 23 janvier

Soulignées en rouge, le long de la Cordillère des Andes, les cinq étapes de mon voyage en Équateur

Il n’a fallu que quelques heures pour que je me sente presque chez moi en Équateur.

Le paisible village de Vilcabamba, niché dans les Andes, près de la frontière péruvienne, à 250 kms environ au sud de Cuenca, dans la province de Loja, le lundi 27 janvier.

Est-ce à cause du climat? De l’altitude que j’aime tant dans les Andes?

Est-ce le billet vert américain, familier, qui tient lieu ici de devise? Est-ce la présence réconfortante des peuples autochtones croisés sur la route?

Jour de marché à Riobamba, le samedi 1er février…

… et ci-dessus, sur la Plaza de Ponchos, dans la petite ville d’Otavalo, le 12 février. Le standard de vie chez les autochtones autour d’Otavalo est beaucoup plus élevé que dans le reste du pays. La différence est due notamment à la production et au commerce florissant du textile dans la région.

Ou encore est-ce la nourriture, simple, savoureuse, composée souvent de produits frais, locaux?

Plat végétarien, calle Esmeraldas, Centro Historico, Quito

Tout cela a joué, sans doute.

Mais le facteur le plus important, c’est qu’ici aussi, comme en Colombie, malgré la barrière de la langue parfois, chacun de mes pas dans le pays a été guidé par la gentillesse, la bienveillance et le sourire des Équatoriens….

Au marché d’Otavalo, le samedi 8 février

J’ai donc commencé mon voyage comme prévu, le mardi 21 janvier, à Cuenca, la troisième ville du pays, après Quito et Guayaquil…

Calle Esteves Toral, dans la vieille ville de Cuenca, le lendemain de mon arrivée. Coup de foudre, ce premier matin, en découvrant le centre historique. Les escaliers ci-dessus mènent vers la petite place Del Vado puis, plus bas, vers la rivière Tomebamba, l’un des quatre cours d’eau qui baignent Cuenca.

Comme Carthagène, Cuenca était à l’origine un village amérindien, conquis par les Incas au 15è siècle et pris de force ensuite par les conquistadors espagnols en 1557.

Cuenca devient pendant la période coloniale un centre administratif important et la ville se développe au 18è siècle grâce, notamment, au commerce du textile.

Après plusieurs années de lutte contre les Espagnols, Cuenca gagne son indépendance en 1820 et rejoint dix ans plus tard, en 1830, avec Quito et Guayaquil, la toute nouvelle république de l’Équateur.

Les tours de la « nouvelle » cathédrale (construite à partir de 1885) surplombent la Plaza de San Francisco

Figures emblématiques de l’histoire et de la société de Cuenca, « les Cholas », élégamment vêtues, sont les descendantes du métissage entre les peuples autochtones et les conquistadors espagnols…

« Les Cholas » arpentent sans relâche les rues de la ville, ou…

… plus âgées, elle se reposent, le matin, dans un parc…

Le quartier historique de Cuenca, classé depuis 1999 au patrimoine mondial de l’Unesco, a été, comme celui de Carthagène, magnifiquement restauré et préservé.

Calle Bolivar

Immeuble résidentiel accroché aux flancs de la rivière Tomebamba

La plupart des somptueux édifices qui bordent les rues de la ville ont été construits au 17è et 18è siècles. Plusieurs immeubles ont été inspirés par l’architecture française

En face du parc Calderon, à deux pas de la cathédrale

Mais, contrairement à Carthagène, les rues de la vieille ville, ici, bourdonnent d’activité…

Calle Mariscal Sucre

Calle Vega Munoz, près du quartier San Blas

Calle Mariscal Sucre, dimanche matin, 26 janvier…

… une chaude et mélodieuse voix de crooner accompagne les badauds en promenade ce matin-là…

Marchés, restaurants, magasins et boutiques semblent avoir été conçus ici pour toutes les bourses, même les plus modestes…

Elena vend de l’excellent fromage de vache au marché 10 de Agosto…

Boutique, calle Juan Jaramillo, Cuenca

Au même marché 10 de Agosto. Environ 12 000 expatriés, en majorité Américains, se sont installés dans la région de Cuenca. Ils ont leur propre journal, le Gringo Post. Les relations entre les deux communautés sont bonnes, m’a-t-on dit plusieurs fois. Ci-dessus, du porc grillé, une des spécialités de Cuenca.

Sous les arcades des immeubles, dans les parcs, dans les marchés ou à l’ombre des petites places, étudiants, personnes âgées, autochtones, employés de bureau, commerçants, membres des classes moyennes et aisées de la ville se côtoient, à Cuenca, sans heurts, et partagent paisiblement l’espace public.

Un bel exemple d’inclusion! Dont devraient s’inspirer à mon avis bon nombre de grandes villes européennes et nord-américaines…

Près du marché aux fleurs, à Cuenca

Malgré la circulation automobile, souvent intense, j’ai adoré découvrir et vivre dans le centre historique de Cuenca qui est une vraie merveille! Un trésor.

Il fait bon se promener ici, en particulier tôt le matin…

Calle Gran Colombia, tôt, le dimanche matin, 26 janvier. On aperçoit au loin les tours de l’église Santo-Domingo. Ci-dessous, la même rue, un peu plus tard dans la matinée.

Un chauffeur de taxi qui me ramenait à l’hôtel un après-midi me résumait ainsi sa ville:

« Je suis né à Cuenca, et j’ai visité la plupart des villes du pays. Cuenca est unique. Es muy tranquilo. Il n’y a pas de graves problèmes sociaux ici, pas de violence comme à Guayaquil ou à Quito. Les gens se parlent, s’écoutent. Je ne partirai jamais d’ici, et je mourrai dans cette ville. »

Les villages de San Bartolomé, Chordeleg et Gualaceo, soulignés en rouge, sont situés à environ 30-35 kms à l’est de Cuenca

Avant de quitter Cuenca, j’ai voulu explorer quelques-uns des villages situés en périphérie de la ville. Et je suis donc parti, accompagné d’un guide, en voiture, le vendredi 24 janvier, en direction de 3 villages voisins: San Bartolomé, Chordeleg et Gualaceo…

San Bartolomé, vendredi matin, le 24 janvier. Le village compte environ 1200 âmes. La terre est fertile dans cette région. On retrouve dans les marchés des prunes, des poires, des avocats gros comme le poing, et une multitude de fleurs, des roses notamment, destinées à l’exportation. Un bouquet de 50 roses coûte ici entre $5 et $6.

Le village de San Bartolomé est connu en Équateur pour la fabrication de guitares… Les meilleurs musiciens du pays viennent commander ici et acheter leurs instruments, de grande qualité, souvent faits sur mesure…

Comme son père avant lui, José, 70 ans, poursuit dans un atelier près de son domicile, à San Bartolomé, la tradition familiale de confection de guitares…

… il travaille en compagnie d’un de ses fils…

Nous avons ensuite continué notre route, direction nord, vers Chordeleg…

Le village de Chordeleg est célèbre au pays pour ses nombreux artisans, ateliers et boutiques de joaillerie. Les grossistes viennent s’approvisionner ici en bijoux, confectionnés exclusivement en argent

Le travail minutieux de joaillier à Chordeleg

Conversation entre amis, à la sortie de Chordeleg, le vendredi 24 janvier

… puis vers Gualaceo, un bourg important, doté d’un grand marché…

Le marché de Gualaceo

Déjeuner à l’hosteria Arhana, à Gualaceo, avant de rentrer à Cuenca…

La pluie tombe abondamment en cette saison dans les Andes, en général en fin d’après-midi… et la région de Cuenca a eu pendant mon séjour son lot d’inondations… Rien de bien grave, heureusement… Les infrastructures routières sont excellentes en Équateur…

Direction plein sud, le dimanche 26 janvier, vers Vilcabamba, via Loja… Une navette très pratique effectue le trajet depuis Cuenca…

… en quatre heures environ. 250 kms séparent les deux villes…

Vilcabamba

Le village de Vilcabamba, blotti à 1700 mètres d’altitude dans l’écrin verdoyant des Andes. La ville tire son nom de la langue quechua. « Vilca », signifiant sacré et « bamba », déformation de pampa = vallée…

L’église et, ci-dessous, la place principale de Vilcabamba. Le temps a malheureusement souvent été couvert pendant mon séjour là-bas…

Vilcabamba

Au début des années 1970, un article publié dans un magazine américain révélait au monde entier un phénomène étrange, inexpliqué, relié à un petit village du sud de l‘Équateur.

Les statistiques indiquaient en effet qu’un nombre important et inhabituel de centenaires vivait dans la commune de Vilcabamba, une bourgade située à l’extrême sud du pays, près de la frontière péruvienne.

Plusieurs habitants affirmaient avoir 110 voire 120 ans, et les spécialistes s’interrogeaient sur les causes de cette longévité exceptionnelle.

Était-ce dû au climat doux et tempéré de la vallée? À la consommation de l’eau, provenant de sources riches en magnésium? Au café, produit en altitude dans la région sans aucun pesticide? À une substance, fumée par les anciens, combinant les effets de la cocaïne et de la marijuana?

Les spéculations allaient bon train.

Il n’en fallait pas plus pour attirer à Vilcabamba hippies, aventuriers et touristes (américains surtout) en quête, dans la vallée, d’une jeunesse éternelle….

Avec le temps cependant, de nouvelles études ont été menées. Les statistiques se sont révélées trompeuses, tronquées. On ne vivait pas plus longtemps à Vilcabamba qu’ailleurs.

J’ai eu beau chercher, écarquiller les yeux, patienter à la terrasse des cafés, je n’ai croisé pendant mon séjour aucun centenaire dans le village. Pas un seul.

Les riverains, interrogés, se sont montrés plutôt évasifs. Et j’ai vite eu l’impression que cette étrange légende autour de Vilcabamba n’était en fait qu’une fable, une fiction, peut-être arrangée par les autorités pour attirer ici, au milieu de nulle part, des touristes… un peu naïfs… comme moi.

Bonne leçon.

Mais j’ai quand même ramené dans mes bagages du café de Vilcabamba…

Au cas où…

Paolina, rencontrée tôt le matin sur une route déserte au-dessus de Vilcabamba. Sans hésiter, elle me propose de continuer le chemin avec elle. Je suis assez surpris. Dans combien de pays une femme, seule sur un chemin de campagne, va-t-elle inviter un homme, inconnu, à l’accompagner sur la route? « Bienvenido a Ecuador! »

Autre surprise lors d’une longue randonnée à l’extérieur du village. Au détour d’un chemin, en pleine campagne, j’aperçois un homme, âgé, qui semble veiller, tapi dans un champ de maïs.

Il tient une arme à la main et me dévisage longuement. Il semble très étonné, intrigué par ma présence. J’engage prudemment la conversation…

Antonio, 70 ans environ, au milieu de son champ de maïs, dans un faubourg de Vilcabamba

Antonio, c’est son nom, m’explique qu’il passe plusieurs heures par jour à surveiller son champ de maïs pour contrer les voleurs qui, apparemment, viennent lui dérober ses récoltes…

C’est à mon tour d’être surpris. Il n’y a pas un seul épi de maïs en vue dans le champ. C’est la saison des pluies, et le temps de la récolte est bien loin… Je me demande si Antonio a toute sa tête… Poliment, je prends congé, et poursuis rapidement mon chemin…

Au-revoir, Antonio… et au-revoir Vilcabamba!…

Le cadre est splendide… mais pas un chat – ni un centenaire – dans les rues de Vilcabamba… Quelle étrange étape!… On a l’impression ici, à quelques heures de voiture de la frontière péruvienne, d’être au bout du monde…

Bref retour, en navette, à Cuenca, le jeudi 30 janvier, et départ, le vendredi 31 janvier, direction nord, pour Riobamba.

Riobamba est située au sud-est du volcan Chimborazo…

J’ai préféré cette fois-ci prendre le transport en commun

Six heures de route quand même entre Cuenca et Riobamba

Riobamba

J’avais planifié mon itinéraire afin d’arriver à Riobamba la veille du grand marché du samedi…

Cela a été une bonne décision!

Calle José de Orozco, à Riobamba, le samedi 1er février

J’ai eu ce matin-là, en me promenant dans Riobamba, un peu la même impression qu’il y a 4 ou 5 ans, en découvrant le grand marché du centre-ville de Yangon, en Birmanie…

Riobamba, le samedi 1er février

Ici aussi, pratiquement chacune des rues du centre historique de la ville se transforme, le samedi, en marché… Des familles entières s’installent sur les trottoirs…

Il y a bien peu de choses à vendre… Quelques légumes, des tomates, des carottes, des oignons, de l’ail, du citron, parfois du poulet ou du poisson…

Les carrefours sont tous plus animés les uns que les autres…

Mais quelle pauvreté, hélas! Quels bénéfices génèrent donc ces petits commerces?

Le marché San Alfonso, à Riobamba

La cantine du marché San Alfonso, calle 5 de Junio, est particulièrement animée à l’heure du déjeuner…

On parle beaucoup plus le quechua ici que l’espagnol…

Un plat coûte au marché moins d’un dollar…

À l’extérieur, les clients affluent…

Marché San Alfonso

… se bousculent parfois…

San Alfonso

… et reviennent, inlassablement, se restaurer…

Marché San Alfonso à Riobamba

Quelle expérience!

Mais je suis perplexe devant les maigres revenus perçus par les marchands…

Si l’on soustrait le coût du transport, avec combien de sous repartent-ils dans leurs villages? Cela suffit-il à nourrir, à vêtir leurs familles?

Petit déjeuner à Quito, oeufs accompagnés de majado verde (purée de bananes plantain) et de boeuf.

Après deux jours passés à Riobamba, je reprends la route, le dimanche 2 février, pour la capitale…

Deux heures de trajet à peine, en bus, entre Riobamba et Quito…

Quito

Les escaliers descendent vers calle Garcia Moreno et le centre historique de Quito. On aperçoit, à l’horizon, les tours de la basilique de la ville.

J’ai a-d-o-r-é Quito!

J’y ai passé quatre jours, basé dans la vieille ville, et j’aurais facilement pu prolonger mon séjour.

Je me suis installé à Quito calle Paredes (ci-dessus) dans le centre historique. Sur la colline, qu’on surnomme « El Panecillo » (le petit pain), trône une statue de la Vierge, un des symboles de la ville. De 45 minutes à une heure de marche pour arriver au sommet, par les escaliers de la photo précédente. Rien de mieux pour bien commencer une journée à Quito…

Calle Garcia Moreno, Quito

On m’avait mille fois mis en garde avant mon arrivée: « Fais attention, Quito est une ville dangereuse », « Reste vigilant, dans les transports en commun surtout, à l’arrivée ou au départ de Quito », « Sois prudent dans les taxis… »

L’omniprésence des policiers dans les rues y est sans doute pour quelque chose, mais rien de fâcheux ne m’est arrivé. Au contraire. Partout où je suis allé, pendant la journée, dans la vieille ville, j’ai pu circuler paisiblement et j’ai été accueilli avec politesse et gentillesse.

Calle Esmeraldas, à Quito, le jeudi 6 février

En fait, je me suis rarement senti aussi bien dans une grande ville qu’à Quito!

 C’est peut-être à cause de l’altitude (2850 mètres) ou du vent qui balaye la ville. Du grand ciel bleu, présent pendant mon séjour. Peut-être est-ce la grande diversité de la population croisée dans les rues? Tout cela me convenait parfaitement à Quito. 

C’est peut-être aussi parce que je n’ai pratiquement pas mis les pieds en dehors du centre historique – qui est immense, et où il y a tant à voir et à faire…

Le centre historique de Quito, vu du haut du « Panecillo »

Certains visiteurs – peut-être à cause du confort des hôtels ou de la cuisine « internationale » des restaurants – préfèrent loger dans la « nouvelle ville », située au nord de Quito… À chacun ses choix, ses goûts…

De mon côté, j’ai préféré habiter le centre historique… Les gratte-ciels, les centres commerciaux ou les bars pour gringos éméchés, dans le quartier de la Mariscal, dans la nouvelle ville, très peu pour moi…

Plaza Grande, le cœur du quartier historique de Quito, où se retrouvent, matin et soir, visiteurs et résidents. Plaza Grande est aussi un lieu de pouvoir. C’est ici, dans el Palacio de Gobierno, qu’habite et travaille le président du pays. Chaque lundi a lieu…

… à 11 heures précises, la très officielle relève de la garde…

… en présence du président de la République ou de son représentant…

… des centaines de curieux (y compris de nombreux écoliers) viennent assister à la cérémonie…

… et témoignent ainsi leur attachement aux traditions de la république…

J’ai eu la chance, quelques jours plus tard, de visiter, en petit groupe, le palais présidentiel…

Quelle surprise, à la fin de la visite, lorsque le photographe officiel du président s’est approché… et nous a offert, individuellement, de prendre une photo, en guise de souvenir…

Devant les marches qui mènent au second étage du palais et de la résidence présidentielle, à Quito, le jeudi 6 février

Je me souviendrai longtemps de ce geste et de ce moment absolument inattendu.

Mais ma plus belle journée à Quito a sans aucun doute été celle où j’ai sauté un matin dans un taxi en direction du « Teleferico de Quito »…

Les cabines du téléférique de Quito…

… emmènent visiteurs et curieux, à flanc de montagne, en 18 minutes exactement, sous un ciel bleu éclatant ce jour-là…

… haut, très haut au-dessus de Quito… à une altitude… de 4100 mètres!

   Au sommet, sur une esplanade qu’on appelle « Cruz Loma », une vue imprenable sur la ville et les volcans avoisinants…

On aperçoit au loin, et ci-dessous, le volcan Cotapaxi qui culmine à 5897 mètres au-dessus de Quito…

Le cône presque parfait du volcan Cotopaxi dont le nom signifie, en langue amérindienne « le cou de la lune »

De l’autre côté de ce panorama magnifique, un sentier balisé invite les randonneurs intrépides…

Le sentier est splendide…

… à poursuivre le chemin jusqu’à un autre sommet, le « Rucu Pichincha » qui culmine, lui, à 4680 mètres d’altitude…

Paysage de rêve, féérique… Une de mes plus belles journées de voyage…

Matinée absolument exceptionnelle au-dessus de Quito!

À l’extérieur du centre historique de Quito, à deux pas de la basilique, calle Haïti…

Dans une rue de Cotacachi, village situé au nord d’Otavalo, le lundi 10 février

Seule ombre au tableau dans les villes traversées en Équateur: le nombre important de réfugiés vénézuéliens, hommes, femmes, enfants qui essaient tant bien que mal de reconstruire leurs vies ici.

Les statistiques sont effarantes. Depuis quatre ans, plus de 3 millions de Vénézuéliens ont quitté leur pays. C’est plus de 10% de la population. En Amérique du sud, les pays d’accueil les plus importants sont la Colombie et le Pérou. D’après Human Rights Watch, plus de 250 000 Vénézuéliens sont également arrivés en Équateur. L’intégration, on le devine, n’est pas facile. Infos supplémentaires ici.

Par le plus grand des hasards, à Quito, j’en ai rencontré un… réfugié, vénézuélien, qui s’en tire, lui, plutôt bien

Manuel, à Quito, vendredi matin, 7 février

Manuel est informaticien. Il a quitté sa petite ville du Venezuela pour l’Équateur il y a deux ans. Parce qu’il parle assez bien l’anglais, il a vite trouvé du travail, à Quito, dans un restaurant, comme serveur. De fil en aiguille, il a ensuite été recruté par un hôtel du centre historique (celui où je suis descendu) pour y travailler, à la réception.

Manuel a des amis, des contacts à Ottawa, et il prépare en ce moment son dossier pour obtenir un travail, dans l’informatique, au Canada.

Bonne chance, Manuel!

Vue partielle d’Otavalo, l’après-midi de mon arrivée, le vendredi 7 février… et, ci-dessous…

… Plaza Bolivar, toujours à Otavalo, le dimanche 10 février

Après deux heures de route sans histoires depuis Quito, je suis arrivé le vendredi 7 février, en début d’après-midi, à Otavalo.

Tous les dimanches, un orchestre vient égayer avec de la salsa et des merengues les rues…

.. et les places plutôt tranquilles d’Otavalo… Sur la scène, les cuivres assurent une ambiance du tonnerre!…

Otavalo, qui compte environ 40 000 habitants, est connu en Équateur, et au-delà, pour son légendaire marché du samedi qui accueille, Plaza de Ponchos, colporteurs et marchands venus parfois de villages très lointains…

Plaza de Ponchos, à Otavalo, samedi matin, 8 février. 70% de la population dans la région d’Otavalo est indigène, le plus haut pourcentage au pays.

Maricela, marchande à Otavalo, affiche un grand sourire après m’avoir vendu deux chandails…

Il y a en fait, le samedi, deux marchés à Otavalo.. et je suis allé faire un tour au second, le marché aux bestiaux, qui se tient quelques kilomètres plus loin, à Quinchiqui…

Bœufs, vaches, cochons, volaille… les acheteurs ont le choix… les négociations commencent très tôt le samedi matin…

Il règne au marché aux bestiaux une ambiance bon enfant… On peut aussi s’approvisionner, un peu plus loin, en quincaillerie ou en poterie… Les femmes sont, ici aussi, élégamment vêtues…

Quinchiqui, le samedi 8 février

Le marchandage est partout de rigueur…

… avant de rentrer, en fin de journée, à Otavalo…

Otavalo, le samedi 8 février

J’ai effectué ici un très beau voyage, un des plus beaux depuis le Kerala! Et je ne suis resté que dans les Andes!

Mon seul regret, c’est de ne pas être allé dans « l’Oriente », la région de l’Amazone où vivent encore, à l’écart, des peuples peu connus. Ce sera peut-être pour une prochaine fois…

Quinchiqui, le samedi 8 février

C’est en voyageant dans un pays comme l’Équateur qu’on s’aperçoit à quel point la vie, souvent, dans les grandes métropoles en Europe ou en Amérique du Nord est devenue fade, formatée, prévisible.

Le climat y est sans doute pour beaucoup. Mais les gens semblent ici avoir gardé dans le cœur, dans les yeux, dans les gestes de la vie quotidienne, une douceur, une poésie, une fantaisie qui fait cruellement défaut chez nous. Qui a disparu en fait devant la peur de l’autre et les manchettes accablantes des journaux. C’est dommage.

Heureusement, le voyage, souvent, comme ici, permet de renouer avec cette insouciance, cette légèreté, cette innocence maintenant perdue chez nous.

Bonne fête de la Saint-Valentin à tous!

Je vous laisse avec une chanson qui résume assez bien mon état d’esprit après ces cinq semaines de découvertes… Vous pouvez l’écouter ici.

Déjeuner pantagruélique à Otavalo, une recette hollandaise-équatorienne. Saucisses enrobées de bacon accompagnées de légumes du pays: épinards, avocats, bananes plantain. Restaurante « Arbol de Montalvo » (Hôtel Dona Esther), calle Montalvo.