Revers et découvertes sur le GR70

Premier jour de marche (19 kms) sur le chemin de Stevenson entre Le Puy-en-Velay et Le Monastier-sur-Gazeille, en Haute-Loire, le vendredi 13 juin. Temps splendide pour débuter le GR70. Mais, avec un genou fragile, combien de temps cette nouvelle aventure va-t-elle durer?
Après une journée de repos, devant un troupeau de moutons broutant tranquillement à proximité du chemin…
… deuxième étape (18 kms), le dimanche 15 juin, jusqu’à la petite commune de Bargettes…
… via le village de Goudet, baigné par la Loire. Population permanente: 75 habitants (plus l’été).
Délicieuse salade aux lardons, à Goudet, le dimanche 15 juin. Superbe halte pour déjeuner sur le GR70, les pieds pratiquement dans les eaux de la Loire. Bistrot de campagne « La Dentelle », Goudet.
Tôt le lendemain matin, le 16 juin, après avoir quitté Bargettes. Sous un ciel lourd, menaçant, une fermière vient nourrir et soigner ses vaches « atteintes de tiques », me dit-elle. « Faites attention dans les hautes herbes et les broussailles! », me lance-t-elle, amicalement. Me voilà averti. Je poursuis prudemment ma route.
Un peu plus tard le même jour, deux heures environ avant l’arrivée au bourg d’Arquejols (200 habitants) où je m’arrêterai pour la nuit. Une autre étape de 18 kms. Voir la carte plus bas.
Le balisage impeccable du chemin de Stevenson. Ici, au milieu de la quatrième étape, entre Pradelles (Haute-Loire) et Langogne (Lozère), le mardi 17 juin.

Tout avait pourtant été si bien planifié!

Mais il faut savoir, même si c’est dur parfois, quand s’arrêter.

Après avoir parcouru quatre étapes (70 kms) depuis Le Puy-en-Velay, j’ai malheureusement dû abandonner le GR70 à Langogne, le mardi 17 juin. Mon genou gauche était trop mal en point.

J’aurais pu continuer, forcer, mais j’ai préféré être prudent – Je ferai dès mon retour à Vancouver une seconde radio.

Ce n’est que partie remise.

Je reviendrai sur le chemin – magnifique! – peut-être l’an prochain. Une bonne excuse pour retrouver le Sud-Ouest de la France!

Sur le chemin d’Arquejols, le lundi 16 juin. L’impression, dans ce secteur de la Haute-Loire, de marcher dans un tableau de Van Gogh.

Une fois arrivé à Langogne cependant, clopin-clopant, avec un genou légèrement abîmé, que faire?

Quelles étaient mes options dans cette petite ville nichée entre la Lozère, l’Ardèche et la Haute-Loire?

Ayant environ trois semaines devant moi, et après avoir soigneusement examiné les cartes de la région, j’ai pris contact avec la Malle Postale.

Et ai décidé, via leurs navettes régulières, ponctuelles, pratiques, de faire un peu de tourisme dans le Sud-Ouest. En longeant le GR70. En prenant tout mon temps. Avant mon retour à Vancouver, le 6 juillet.

Le tracé du GR70 en rouge. Souligné en noir, Langogne, où je me suis arrêté, le 17 juin. En violet, les lieux et villages où j’ai fait halte 2-3 jours avant de rentrer à Paris: l’abbaye Notre-Dame-des-Neiges (croix en violet, en Ardèche), Florac (Lozère), Saint-Jean-du-Gard (Gard), puis Arles (au sud d’Alès), dans les Bouches-du-Rhône.

Vu les circonstances, et avec le recul, ce changement de programme a été une très bonne idée!

J’ai beaucoup vu, entendu, appris, au cours ces étapes imprévues!

 1 – Florac, 22-25 juin

Coup de foudre en découvrant le petit village de Florac, en Lozère. Population: environ 2300 habitants (beaucoup plus en juillet-août). C’est à Florac que siège l’administration du parc national des Cévennes.

Deux vues partielles de Florac, à partir du pont de la Draille, le mardi 24 juin.  Le village est baigné…
…par trois cours d’eau:  le Tarnon, la Mimente et le Tarn! D’où le surnom de Florac: « la fleur des eaux ».

Après trois nuits passées à Langogne et deux nuits à l’Abbaye Notre-Dame-des-Neiges avec, dans les deux cas, mouches, moustiques, punaises de lit et salle de bain partagée, quel soulagement de loger à Florac dans un hébergement confortable (et abordable)!

Vue de la fenêtre de ma chambre à Florac. À l’horizon, les falaises de calcaire et de granit typiques de la région des Cévennes.

J’en avais bien besoin! Après la déception et les moments de découragement qui ont suivi mon retrait du GR70, les trois jours passés à me reposer, à me baigner, à me promener à Florac m’ont fait beaucoup de bien! J’ai quitté le village complètement revigoré. Calme. Serein. En paix. Convaincu d’avoir pris la bonne décision.

Comme il serait bon de vivre ici pendant plusieurs semaines!

Aperçu d’un sentier qui traverse le parc Paul Arnal, au coeur du village. Florac est sans doute l’une des plus belles communes visitées jusqu’à présent lors de mes randonnées dans le sud-ouest. Un véritable coup de coeur.
Après trois trop courtes journées, il faut déjà repartir. Au revoir, Florac! Ci-dessous…
… un groupe de cyclistes à l’entraînement à l’extérieur du village, le mardi 24  juin.

2 – Saint-Jean-du-Gard et Anduze (Gard), 25-28 juin

Une autre étape captivante!

Le « Pont Vieux » qui permet de traverser la rivière, le Gardon, à Saint-Jean-du-Gard, le mercredi 25 juin. Achevé en 1731, le pont a été détruit par les crues et reconstruit en 1961. C’est l’un des emblèmes du village, symbole de l’histoire mouvementée des Cévennes.

Nous sommes, à Saint-Jean-du-Gard, dans la partie sud des Cévennes. Un territoire rude, austère, peu fertile. Une terre d’émigration. Une terre de résistance aussi. (Voir les guerres de religion, puis la révolte des Camisards entre 1702 et 1704). Les habitants des Cévennes ont longtemps été, majoritairement, protestants.

En visitant le musée du village, on apprend qu’on a vécu ici autrefois de la culture de la châtaigne. Puis, à partir du 19è siècle, de la sériciculture, l’industrie de la soie. Un âge d’or pour la région. Jusqu’à la fin des années 30, on recrutait des jeunes femmes, parfois venues de très loin, d’Espagne ou d’Italie, pour faire tourner les nombreuses filatures établies à Saint-Jean-du-Gard.

Les conditions de travail de ces « fileuses » étaient sévères, cruelles. Ci-dessous, quelques-unes des règles qu’elles devaient suivre, méticuleusement – sous peine de renvoi. Voir en particulier l’article VI.

Ce document est l’une des nombreuses pièces exposées à « La Maison Rouge » – l’excellent musée des vallées cévenoles situé à Saint-Jean-du-Gard. Une visite incontournable pour mieux comprendre la société rurale et traditionnelle des Cévennes. J’y ai passé près de trois heures.

Tôt le jeudi matin 26 juin…

… après une promenade sur « le chemin de Robiac » au-dessus de Saint-Jean-du-Gard…

j’ai sauté…

… dans le petit train à vapeur des Cévennes qui, en 40 minutes…
… relie l’été, Sain-Jean-du-Gard au village d’Anduze, un trajet de 13 kms. Anduze où, comme tous les jeudis….
… c’est jour de marché…
Dans les allées du village, producteurs et artisans proposent leurs produits…
… aux habitants et aux visiteurs dans une atmosphère amicale et conviviale

J’ai profité de ma visite à Anduze pour aller goûter la cuisine du pays…

Faux filet d’agneau, carottes confites en purée et tomates

… dans un restaurant dirigé par…

… Jean-Michel, cuisinier remarquable, né à Saint-Paul, à La Réunion, et maintenant installé à Anduze. Excellente adresse, restaurant Cave Bourbon, Anduze (Gard).

Une journée bien remplie!

Au retour d’Anduze, grenadine et café sur une terrasse à Saint-Jean-du Gard, le jeudi 26 juin

Après une dernière journée passée à explorer Saint-Jean-du-Gard, en particulier son superbe musée, départ en train le samedi 28 juin pour Arles, via…

… la gare d’Avignon Centre, ci-dessus, vers midi 30. La plupart des trains dans la région sont ce jour-là bondés. Sur les quais, de nombreux usagers seniors, très actifs – Bravo à la SNCF qui facilite sur l’ensemble de son réseau le transport des vélos. Le service – pratique, gratuit – est de plus en plus populaire.

3 – Arles (Bouches-du-Rhône), 28 juin – 1er juillet

Dernière halte avant de rentrer à Paris. Et autre moment fort en redécouvrant la vieille ville d’Arles, visitée une première fois il y a plus de trente ans.

Depuis mon départ de Langogne, les températures partout au pays sont en forte hausse. 38 degrés à Arles, l’après-midi de mon arrivée.

Samedi 28 juin, la rue du 4 Septembre, dans la vieille ville d’Arles, débouche sur…
… la place Voltaire, animée jour et nuit…
… malgré la canicule qui sévit dans le sud depuis plusieurs jours. Tous les départements près de la Méditerranée sont fin juin en « vigilance rouge ». L’alerte météo maximale.

Malgré la chaleur, rapides promenades dans la vieille ville classée « Ville d’art et d’histoire » par l’Unesco… On entend beaucoup parler anglais, italien, dans les rues… mais je souhaitais visiter à Arles un lieu particulier…

La mythique…

… librairie et maison d’édition « Actes Sud », située au 47 rue du Dr. Danton (Place Nina Berberova)… à trois minutes de marche de mon logement, rue de l’Hôtel de Ville…
Vue partielle de l’intérieur de la librairie, le lundi 30 juin. Depuis 2004, Actes Sud s’est distingué en obtenant 5 prix Goncourt. C’est aussi pour moi l’occasion de faire ici provision d’ouvrages qui serviront dans la planification de nos prochains voyages (La Réunion, Cap Vert…)

Depuis Arles, retour en train à Paris, le mardi 1er juillet, en début d’après-midi. Température dans la capitale: 38 degrés.

Rue de Belleville, à Paris, le lendemain de mon arrivée, le mercredi 2 juillet. Le thermomètre est encore monté d’un cran.

Après presque deux mois passés en France, en Italie, en Espagne, je rentre à Vancouver demain. Très heureux de rentrer à la maison et de retrouver Diana qui termine (après Calgary) une semaine chez des amis à Terre-Neuve.

Quelles leçons tirer de ce périple ?

La première, c’est que j’essaierai de revenir sur le GR70 dès que cela sera possible.

Mais il faudra sans doute ajuster le calendrier des prochaines excursions.

Vu le réchauffement climatique et les canicules de plus en plus précoces, est-ce vraiment raisonnable de marcher six ou sept heures par jour dans le sud-ouest de la France sous une température de 35, 36 ou 37 degrés?

Ce qui était le cas, fin juin, pour les randonneurs sur le chemin de Stevenson.

Planifier donc marcher plus tôt (ou plus tard) dans la saison, idéalement en mai ou en septembre. En espérant une météo favorable.

Fontaine, Landos (Haute-Loire), le lundi 16 juin.

J’aimerais, pour conclure, remercier sincèrement:

Notre amie Christiane dont les suggestions m’ont permis de faire de si belles découvertes cet été, de part et d’autre des Pyrénées et le long du GR70. Merci mille fois, Christiane!

Agnès et Serge qui nous ont si gentiment rejoints à Paris en mai. Un  immense merci! À bientôt pour d’autres aventures!

Tommy et Lucy, mille grazie pour votre formidable et chaleureux accueil, fin mai, chez vous, en Toscane.

Merci enfin à tous mes compagnons de route, début juin, entre Collioure et Cadaqués. Entre la côte vermeille et la Catalogne, nous avons vécu pendant sept jours une très belle aventure!

À tous et chacun, un bon, un merveilleux été!

Pièce de « Fin Gras » (boeuf) du Mézenc (région de la Haute-Loire) grillée, accompagnée de légumes et d’un mille-feuille de pomme de terre. Plat suivi…
… d’un crémeux au chocolat Weiss, de macarons maison et de glace spéculos. Un repas fabuleux! Le Monastier-sur-Gazeille, le vendredi 13 juin.

Entre Collioure et Cadaqués

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en m’inscrivant il y a plusieurs mois à une randonnée « accompagnée » de sept jours, entre deux villages situés de part et d’autre des Pyrénées.

Troisième jour de marche entre les bourgs de Portbou et Llançà, en Catalogne…
… le mardi 3 juin. Sur la droite, au bord de la Méditerranée, sur les rives du cap Ras, un champ de vignes. Voir les cartes ci-dessous.

Entre Collioure, côté français, petit port des Pyrénées-Orientales, et Cadaqués, commune espagnole, en Catalogne, que me réservait la semaine ?

Cette longue randonnée entre mer et montagne m’avait été il y a longtemps recommandée par notre amie Christiane qui connaissait bien le chemin. « Tu vas te régaler, adorer ce sentier », m’avait-elle dit, en souriant.

Cependant, dans mon esprit, plusieurs questions, essentielles, restaient en suspens.

Combien serions-nous? Et quel serait le profil des participants dans ce groupe « accompagné », encadré par un(e) guide ? Une formule toute nouvelle pour moi qui aime tant marcher seul ou avec Diana ou, comme au Népal, avec un sherpa, sur de longues distances.

Côté français, la carte de nos randonnées au-dessus de Collioure où nous avons fait halte les deux premières nuits. En vert, sur la côte, les villages visités: Banyuls-sur-Mer (qui doit son nom au vin réputé de la région, le banyuls) et Cerbère, à cheval sur la frontière…
Côté espagnol, soulignés en bleu, les bourgs où nous avons passé la nuit. En vert, ceux que nous avons traversés, en route vers le parc naturel du cap de Creus et le village de Cadaqués. La côte est absolument magnifique! À noter qu’autrefois, sur cette partie de la côte catalane, sévissaient des pirates attirés par le commerce et les échanges provenant du port de Barcelone, au sud.

Le programme de la semaine indiquait 4 à 6 heures de marche par jour. Avec des dénivelés impressionnants, allant de 250 à 700 mètres par étape. Tout était pris en charge: les hébergements, le transport des bagages, les courts trajets en bus, en train, en bateau, les visites (musées, monastère) et les repas, pris en commun.

Comment tout cela, concrètement, au jour le jour, allait-il se dérouler?

Je n’aurais pas dû trop m’inquiéter !

Une partie de notre groupe réuni sur la terrasse d’un gîte après avoir grimpé au-dessus de Collioure, le lundi 2 juin. Deuxième sur la droite, notre guide-accompagnatrice.

Nous sommes 9 au départ de la gare de Perpignan (« le centre du monde », selon le mot de Salvador Dali), à 9 heures, le dimanche 1er juin.

Fringants, craintifs, impatients de commencer cette aventure! Un dixième randonneur nous rejoindra dans la soirée.

En comptant notre guide, Claire, notre groupe est composé de sept femmes et trois hommes, venus d’horizons différents. Deux Belges, une Brésilienne, un Canadien et six participants français (Nantes, Toulouse, La Rochelle, Paris, la Bretagne, les Hautes-Pyrénées). Les trois hommes sont à la retraite. Les femmes, toujours en activité. 

Après un rapide crochet à Collioure pour déposer les bagages, nous entamons, dès 10h30, sous un grand ciel bleu et un soleil de plomb, notre première randonnée…

Le dimanche 1er juin, sur l’un des sentiers surplombant la côte Vermeille, entre Argeles-sur-Mer (à l’arrière-plan) et Collioure…
... sentiers somptueux qui descendent au milieu des chênes...
… sentiers splendides qui serpentent au milieu des chênes et des vignes…
… avant l’arrivée, en douceur, à une petite plage, la plage de l’Ouille, située à…
20 miutes de
… une vingtaine de minutes de marche…
… du bord de mer menant au petit port de pêche de Collioure (ci-dessus) déjà très prisé par les touristes en ce début de saison. Photo: Eli.

Très vite, en quelques heures, le courant passe entre les participants.

Préparatifs avant l’ascension vers la tour de la Madeloc (qu’on aperçoit, trônant, sur la gauche) au-dessus de Collioure, le lundi 2 juin.

Entre les moments d’efforts, intenses…

En basse montagne, à l’assaut de la tour de la Madeloc…

et les pauses, pendant les repas…

Après avoir réussi notre ascension, merveilleux panorama pour notre pique-nique du 2 juin

Nous apprenons à nous connaître, à nous apprécier…

Au milieu de paysages grandioses!

Le mardi 3 juin, au-dessus du littoral entre Portbou et Colera, en Catalogne…
… Un peu plus tard le même jour, à l’aproche du village de Llança. Quatre de nos six jours de randonnée ont eu lieu en Espagne…
Au-dessus du Cap Ras, au nord du village de Llança, le mardi 3 juin.
Au-dessus du Cap Ras, en allant vers Llança, le mardi 3 juin.

Journée épique pour notre groupe, le mercredi 4 juin. Objectif: atteindre le monastère Sant Pere de Rodes, perché à plus de 500 mètres au-dessus de la mer. Le monastère a été jadis un important centre de pèlerinage. 

Une partie du cloître de l’ancien monastère bénédictin Sant Pere de Rodes, construit au début du 10è siècle. Le monastère sera abandonné au 18è siècle. Un trésor de 658 pièces d’or caché ici en 1520 sera découvert… en 1989!

Après la visite…

… descente vertigineuse vers la côte et le petit village de La Selva del Mar…

… pour des retrouvailles et un repos bien mérité!…

Notre groupe au grand complet, exténué et heureux, sur la terrasse du centre culturel de l’adorable petit village de La Selva del Mar. Nous sommes à une trentaine de minutes de marche du bourg de El Port de la Selva où nous passerons la nuit (voir cartes plus haut). Photo: Claire.

Après 4 jours de randonnées, nous connaissons tous maintenant par coeur le rituel de nos matinées. Après le petit-déjeuner, à 7h30 ou 8 heures…

Rendez-vous général près la réception de l’hôtel (ci-dessus à El Port de la Selva, le jeudi 5 juin) afin de préparer nos sacs et notre pique-nique avant le départ, autour de 9 heures. La fatigue se lit sur certains visages. Vu les dénivelés étourdissants que nous devons gérer, je porte maintenant une deuxième genouillère… Photo: Eli.
Le jeudi 5 juin au matin, au revoir El Port de la Selva!

Les journées s’envolent!

Nous arrivons à la mi-journée, le jeudi 5 juin, à destination: le merveilleux parc naturel du parc de Creus, un lieu exceptionnel, protégé, le premier parc naturel maritime terrestre de Catalogne, créé en 1998.

L’une des calanques typiques du parc naturel du cap de Creus. Calanques qui recèlent de petites plages où nous avons fait de délicieuses baignades! Ci-dessus, à droite des bateaux, cachée par les rochers, la petite plage de Taballera. Baignade magnifique ici dans une eau claire… et très salée! Nager dans la Méditerranée a été, pour moi, l’un des meilleurs moments de la semaine!

Nous avons pendant deux jours, le jeudi 5 et le vendredi 6 juin, parcouru le parc

… à pied…

L’un des nombreux et splendides sentiers du parc naturel du Cap Creus…

et en bateau…

Balade d’une trentaine de minutes en bateau le long des rives du Cap de Creus. Le cap est situé dans la partie la plus méridionale de la péninsule ibérique. On aperçoit, en haut, à droite, le phare du parc, mis en service en 1853

Nous rentrons à l’hôtel en fin d’après-midi, épuisés, éreintés…

De la piscine de notre hôtel, vue du village de Cadaqués où nous avons dormi deux nuits. Photo: Eli.
Aperçu de la terrasse de l’hôtel, à Cadaqués

… et nous devons repartir très vite, en groupe, prendre notre repas du soir…

Sous un ciel exceptionnellement couvert, en route vers 19h30 pour notre premier souper à Cadaqués, le jeudi 5 juin. Nous avons tous eu un véritable coup de foudre en découvrant ce village, cher à Salvador Dali, qui y a vécu. De loin, mon village préféré de la semaine.

Après une ultime randonnée, le vendredi 6 juin, sur les sentiers du parc…

Derniers kilomètres de randonnée…

et…

… au-dessus des calanques…

Une semaine exceptionnelle de découvertes se termine!

La journée du samedi 7 juin sera consacrée (trajet en bus) à la visite du musée Dali à Figueres et au retour à Perpignan.

Notre itinéraire entre le 1er et le 7 juin

Quelle belle aventure nous avons vécue!

Eli, Johanna, Isabelle, Nesma, Pierre, Christian, Isabelle, Anne et Claire.

Merci infiniment à tous!

Pour info, dans le cadre de la conférence des Nations Unies sur l’Océan qui se tient du 9 au 13 juin à Nice, le journal « Le Monde » a publié hier, le 10 juin, un excellent article sur la réserve maritime Cerbère-Banyuls, réserve que nous avons longé le mardi 3 juin, en route pour Llança. Article à lire ici. (Abonnement requis).

Gare de Perpignan, mardi matin 10 juin, en route pour Le Puy-en-Velay où je suis arrivé hier (via Nîmes) en début de soirée.

Après Paris, la Toscane, Perpignan/Collioure et la Catalogne, mon aventure de deux mois se poursuit du côté des Cévennes.

Si mon genou gauche continue de tenir, j’entame, vendredi, les 240 kms (environ) du GR70 plus connu sous le nom de « Chemin de Stevenson »

13 jours de marche + 4 jours de repos = 17 jours.

Pour résumer: 244 kms : 13 jours = 18.7 kms de marche, en moyenne, par jour.

Voir ci-dessous la carte du GR70 et les étapes de mon itinéraire entre le 13 et le 30 juin.

Le tracé du GR70 entre Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) et Alès (Gard). Je m’arrêterai un peu avant, à Saint-Jean-du-Gard.

Itinéraire:

Vendredi 13 juin = Le-Puy-en-Velay – Le Monastier-sur-Gazeille – 19 kms

Samedi 14 juin = Jour de repos

Dimanche 15 juin = Le-Monastrier-sur-Gazelle – Bargettes (18 kms)

Lundi 16 juin = Bargettes – Arquejols (18 kms)

Mardi 17 juin = Arquejols – Langogne (15 kms)

Mercredi 18 juin = Repos à Langogne

Jeudi 19 juin = Langogne – Cheylard-l’Evêque (17 kms)

Vendredi 20 juin = Cheylard-l’Evêque – Abbaye/Hôtellerie Notre-Dame-des-Neiges (23 kms)

Samedi 21 juin = Jour de repos à l’Abbaye Notre-Dame-des-Neiges

Dimanche 22 juin = Notre-Dame-des-Neiges – Chasseradès (17 kms)  

Lundi 23 juin = Chasseradès – Mont Lozère (22kms) 

Mardi 24 juin = Mont Lozère – Le Pont-de-Montvert (14 kms)

Mercredi 25 juin = Le Pont-de-Mauvert – Florac = (23 kms avec variante GR68)

Jeudi 26 juin = Jour de repos à Florac

Vendredi 27 juin = Florac – Cassagnas (17 kms)

Samedi 28 juin = Cassagas – Saint-Germain-de-Calberte (16 kms)

Dimanche 29 juin = Saint-Germain-de-Calberte – Saint-Jean-du-Gard (22 kms) = FIN DU GR70

Lundi 30 juin = Jour de repos à Saint-Jean-du-Gard

Mardi 1er – vendredi 5 juillet = Paris

Samedi 6 juillet = Retour à Vancouver

Bonne fin de printemps et excellent été à tous!

Cadaqués, le jeudi 5 juin, vers 21h. Photo: Johanna

Cortona e Firenze in Toscana

Comment remercier mon ami Tommy et son épouse Lucy de nous avoir si chaleureusement accueillis dans leur magnifique propriété, en Toscane ?

À quelques kilomètres du village de Cortona, au sud-est de la Toscane, aperçu de la résidence de nos amis et, ci-dessous, le jour de notre arrivée, le dimanche 25 mai…
Diana en compagnie de Lucy et Tommy, au milieu de leur domaine, planté d’oliviers. Tommy cultive ici avec passion ses oliviers depuis près de 50 ans…
Diana, tôt le lundi 26 mai, sur la terrasse de la petite maison, entourée de lavande et de romarin, attenant à la propriété. Au-dessus de la campagne toscane, nous ne sommes qu’à quelques kilomètres de la région voisine, l’Ombrie, au sud-est..
Soulignées en vert, les deux étapes de notre trop court séjour (18 -29 mai) en Toscane, Florence et Cortona. J’ai aussi eu le temps temps d’explorer en Ligurie (au nord-ouest), quelques-uns des villages du parc national de Cinque Terre.

Quelles incroyables circonstances nous ont conduits jusqu’ici?

Remontons un peu dans le temps.

J’ai rencontré Tommy à Montréal, en septembre 1973, alors que j’entrais en « Première » (l’équivalent de la 11è année en Colombie-Britannique) au Collège Stanislas, un établissement scolaire plutôt bien vu, situé dans le quartier Outremont.

J’étais arrivé à Montréal un an plus tôt, de Lagos, au Nigéria, pays où travaillait mon père. Après une première année à « Stan » (surnom du collège), je cherchais encore mes repères dans mon nouvel environnement, au Québec, au Canada.

(Voir ici le récit de mes premiers mois à Montréal, en 1972).

Tommy, lui, venait de Rome et de Londres. Il parlait couramment l’italien, l’anglais et se débrouillait déjà parfaitement en français. Entre deux parties de foot, nous sommes, au collège, vite devenus amis.

Pour les jeunes hommes fringants que nous étions alors, Montréal (au début des années 70) ne manquait pas de tentations. Nous sortions régulièrement en groupe au Vieux-Montréal, dans les boîtes à chanson, très populaires à l’époque.

Nous allions le soir au légendaire « Café Campus » situé à deux pas de l’université de Montréal, dans le secteur de Côte-des-Neiges, le quartier où nous habitions. Quelles soirées mémorables avons-nous passé là-bas!

Avec les jeunes filles du collège Marie-de-France, nous allions aussi danser le weekend. Et le dimanche, nous nous promenions sur la montagne, au Mont-Royal, près du lac des Castors.

Le matin, nous arrivions au collège la tête dans les nuages. Après la pause du déjeuner, nous étions encore plus mal en point. Quels excès n’avons nous pas commis pendant ces deux ans ?

À Montréal, en 1973 ou 1974. Photo: Tommy.

Nous étions jeunes, insouciants. Tout, semble-t-il, nous était permis.

Comment avons-nous réussi à obtenir notre Baccalauréat, en juin 1975?

Tommy, à Montréal, au milieu des années 70

Après Stanislas, Tommy est entré à l’université McGill. Je l’ai suivi un peu plus tard. Avant d’aller poursuivre mes études à Vancouver.

Puis nous nous sommes perdus de vue. Pendant près de 50 ans.

Jusqu’au jour où, l’an dernier, en faisant des recherches, j’ai découvert que mon camarade de « Stan » avait réalisé une carrière exceptionnelle dans l’humanitaire, œuvrant au Kenya, en Ouganda, au Soudan, en Somalie et ailleurs, au sein d’une ONG italienne.

J’ai envoyé un courriel à l’une des antennes de l’ONG, à Milan. Tommy m’a répondu le lendemain. Le contact était rétabli. Nous nous sommes revus à Paris quelques mois plus tard, en mai dernier.

Comment aurions-nous pu en rester là?

Après trois jours de conversations quasi ininterrompues à Paris, nous avons décidé de nous revoir, chez lui cette fois, en Toscane!

Avec un objectif bien précis : aider Tommy, dans sa propriété, à tailler ses oliviers avant la grande récolte du mois d’otobre.

Pari tenu!

Lundi 26 mai au matin, prêts pour deux jours de labeur dans les champs d’oliviers…
… où j’arrive à pied, avec Diana. (Tommy a pris sa voiture avec les outils). Nous sommes émerveillés par le cadre somptueux du domaine. À l’arrière-plan, un immense champ de vignes, dans une propriété voisine…
Brève leçon de taille des oliviers avant de commencer…

L’objectif est de couper délicatement avec un sécateur les petites branches, les tiges et les broussailles qui poussent au pied et, surtout, sur le tronc des oliviers…

… petites branches (flèche bleue) qui ne donneront pas d’olives et qui sapent inutilement l’énergie de l’arbre…

Tommy et moi avons, lundi et mardi, travaillé, en bavardant, environ 6 heures, souvent en plein soleil…

Attention à ne pas couper les branches qui portent déjà de petites fleurs blanches, germes des olives à venir…

Nous avons taillé, débroussaillé, défriché six rangées d’oliviers, ce qui représente à peu près 60 arbres….

La petite voiture de Tommy au milieu de deux rangées d’oliviers impeccablement taillés, le mardi 27 mai. Au premier plan, les petites fleurs blanches qui donneront des olives (noires et vertes) lors de la récolte en octobre.

Pendant que nous travaillons, Diana, comme d’habitude, ne chôme pas…

Elle est allée choisir avec Lucy, au petit marché du lundi matin, à Camucia, une commune de Cortona, des produits frais de la région…

En compagnie de Lucy, préparation, dans la grande cuisine de la propriété, d’un repas…
… dont Diana seule a le secret. Poitrines de poulet, accompagnées de légumes et d’herbes du jardin, assaisonnées avec l’huile d’olives du domaine…

Journées extraordinaires, pleines de découvertes, d’échanges et de partage avec nos amis, dans une région magnifique!

Après une matinée de travail, randonnée avec Lucy dans la campagne toscane au-dessus du village perché de Cortona…
… où Tommy vient nous rejoindre en fin d’après-midi…

Grazie mille Tommy e Lucy!

Siete una coppia meravigliosa!

Merci de nous avoir si gentiment hébergés, guidés dans votre petit coin de paradis! Nous avons, grâce à vous, beaucoup appris!

Au plaisir de vous revoir bientôt en Colombie-Britannique!

Le mardi 27 mai chez Tommy et Lucy

Et Florence?

Le célèbre Ponte Vecchio qui relie les rives du fleuve Arno, à Florence, le mercredi 21 mai.

Nous avons passé une très belle semaine à Florence!

Sur l’un des sentiers (méconnus) qui serpente et grimpe au-dessus de Florence, sur la rive sud de l’Arno, le samedi 24 mai. À l’arrière-plan, le Duomo, l’un des édifices emblématiques de la ville…

Logés dans un petit et coquet appartement au 5è étage, sans ascenseur, d’un immeuble situé dans le quartier Sant’Ambrogio, à deux pas du marché, nous avons essayé de vivre comme les Florentins.

En faisant nos courses le matin dans les boutiques du quartier avant le retour à la maison – et les 80 marches à escalader pour arriver à notre domicile!

Nous avons marché et marché encore dans la ville en essayant (difficilement) d’éviter les hordes de touristes qui sillonnent tous les jours le « centro storico », remarquablement préservé, de Florence.

Après un déjeuner au marché Sant’Ambrogio tout proche, pause dans un petit café du quartier, le vendredi 23 mai. Plus de 15 millions de touristes ont visité Florence l’an dernier. Un record dont beaucoup de riverains se passeraient bien…

Après une dizaine de jours en Toscane et notre séjour à Paris, Diana est rentrée hier, comme prévu, à Calgary.

De mon côté, après un vol de 80 minutes entre Florence et Toulouse, puis un trajet de deux heures en train, je suis maintenant installé à Perpignan, dans le département des Pyrénées-Orientales.

Je ne sais pas si j’aimerais y vivre, mais Perpignan est une ville agréable où déambuler pendant 2 ou 3 jours.

Pour des raisons pratiques, j’habite près de la gare. Et j’ai l’impression de vivre ici dans un quartier de Tanger, de Gabès ou d’Istanbul.

Partout, il y a des kébabs, de petits restos qui proposent des tajines ou des « spécialités turques ». Il y a, avenue du Général de Gaulle, à deux pas de mon hôtel, un dépanneur afghan. J’aime bien cette ambiance. Mais je ne suis pas sûr qu’elle fasse l’unanimité dans le département.

À mesure que l’on s’éloigne de la gare et qu’on se rapproche du centre historique, l’atmosphère change sensiblement…

Ci-dessus, dans le centre historique de Perpignan, le quai Sébastien Vauban, cet après-midi, le vendredi 30 mai. Quartier très agréable. Surprise en regardant les vitrines des agences immobilières: on peut acquérir à Perpignan un appartement confortable, près du centre-ville, pour (presque) une bouchée de pain. Avis aux investisseurs!

Une nouvelle aventure m’attend, dimanche matin.

Une randonnée de six jours, entre mer et montagne, en longeant la Méditerranée, à partir de Perpignan/Collioure jusqu’au petit village de Cadaqués, en Catalogne.

Tracé du sentier Collioure-Cadaqués sur lequel nous serons « accompagnés » du 1er au 7 juin. Nous rentrerons ensuite (en bus) à Perpignan via Figueras, ville où est né (et mort) Salvador Dali.

J’ai bien hâte de commencer!

En espérant que mon genou gauche tienne bon!

 

Paris Belleville

Je me suis toujours senti un peu chez moi dans les quartiers de l’est parisien, aux alentours du « village » Jourdain, aux Buttes-Chaumont, dans les petites rues près de la place Gambetta, sur les hauteurs de Belleville ou Ménilmontant, dans le secteur de Saint-Blaise ou celui du Père-Lachaise…

Rue de Belleville, Paris, le lundi 12 mai.

Dans tous ces quartiers, je me sens bien. On y parle ma langue, mêlée à d’autres. Il y a des parcs paisibles où je passe une heure, un livre à la main, au milieu d’allées tranquilles. Avant de reprendre mes promenades dans Paris, l’oreille aux aguets.   

Dans les rues, les boutiques animées de ces quartiers, Diana et moi passons à peu près inaperçus. Tant le métissage, le mélange des cultures, des épidermes, est partout visible. Nous sommes un peu à la maison ici. Nous pouvons choisir, le midi, de manger au Maroc ou au Vietnam. En Chine ou en Éthiopie. En Inde ou au Sénégal.

En nous promenant dans les marchés populaires, au milieu des étals, des épices, des marmites brûlantes, les accents du monde entier nous accompagnent.

Au marché Belleville, le vendredi 16 mai et, ci-dessous, un peu plus tard, le même jour…
… au marché de la Place des Fêtes, dans le 19è arrondissement…

Quel plaisir, dans cet environnement, de revoir, à Paris, des amis qui nous sont chers !     

Après avoir arpenté les côtes de Belleville et de Ménilmontant, pause café avec notre amie Christiane, rue des Envierges, le mardi 13 mai, avant d’aller partager…
… un repas traditionnel éthiopien, rue des Pyrénées…

Cela a été un immense bonheur de revoir Christiane avec qui j’ai eu le privilège de travailler, en 2012-2013, au sein d’une ONG canadienne, au Rwanda.

Merci infiniment d’être venue nous voir, Christiane! À bientôt!

Chaleureuses retrouvailles également, le lendemain, le mercredi 14 mai, avec un couple intrépide et talentueux, rencontré il y a deux ans sur la petite île de Tubuai, dans l’archipel des Australes, en Polynésie française.

Conversation à bâtons rompus avec Agnès et Serge dans un café du marché d’Aligre, dans le 12è arrondissement, le mardi 14 mai.

Presque toujours en mouvement, Agnès et Serge parcourent le monde avec curiosité et clairvoyance.

Ils nous avaient préparé ce jour-là une merveilleuse surprise: une chasse au trésor dans le quartier de la Bastille autour d’anciens ateliers et de passages secrets.

Entre le bassin de l’Arsenal, la rue de la Roquette et la rue de Charonne, quelle aventure! Nous ne connaissions pas bien le quartier et nous avons beaucoup appris!

Agnès et Diana, dans le 11è arrondissement, près de la place de la Bastille, le mercredi 14 mai.

Agnès et Serge nous ont aussi guidés, dans le même quartier, vers un lieu magique que je rêvais depuis longtemps d’explorer: « la Coulée Verte », une promenade magnifique, verdoyante, aménagée en hauteur sur l’ancienne voie ferrée qui reliait autrefois le bois de Vincennes et la Bastille. Quelle belle découverte! 

(Note: « La Coulée Verte », construite en 1993, a inspiré la « High Line », érigée à New York, à Manhattan, dans le secteur de Chelsea.)

À notre tour, le lendemain, d’accompagner nos amis dans le quartier de Belleville…

Dans une des petites cours fleuries de Belleville, rue de La Villette, le jeudi 15 mai

… où a lieu, chaque printemps, un splendide événement: les portes ouvertes des ateliers d’artistes de Belleville.

Pendant quatre jours, les peintres, les sculpteurs, les artisans du quartier ouvrent leurs studios au public afin de partager leur talent et leurs oeuvres.

Nous avons vu de très belles créations, des tableaux, des bijoux, des bustes en bronze, des carnets de voyages peints à l’aquarelle.

Fabuleux moments d’échanges et de convivialité. Qui nous ont aussi permis de mesurer toute la précarité dans laquelle vivent la plupart de ces artistes – les espaces de création à Belleville (comme dans les autres quartiers de Paris) étant de plus en plus rares et onéreux.

Diana, le jeudi 16 mai, dans l’atelier de Françoise Grasser, rue des Envierges et, ci-dessous…
… rue Julien Lacroix, en compagnie du peintre Pierre Simona, né au Caire, devant une toile intitulée « l’Arbre de la Vie ». Le peintre a ensuite demandé, conquis, la permission d’esquisser le portrait de Diana. Voeu accordé.
Rue de La Villette, à Belleville, le jeudi 15 mai.

Autre moment fort de notre séjour à Paris: la visite, le vendredi 16 mai, de la cathédrale Notre-Dame qui vient de rouvrir ses portes après cinq ans de travaux.

Vu le nombre considérable de visiteurs attendus cette année à Notre-Dame, il vaut mieux réserver en ligne son créneau de visite. Infos: ici.
Parisiens et touristes du monde entier se pressent le vendredi 16 mai à Notre-Dame, magnifiquement restaurée! La cathédrale a accueilli plus de 2 millions de visiteurs depuis sa réouverture le 7-8 décembre.  Le diocèse anticipe désormais 15 millions de visiteurs par an, contre 11 à 12 millions avant l’incendie du 15 avril 2019.

Il faut déjà repartir…

Nous quittons Paris demain pour Florence et la Toscane où nous attend, à Cortona, fin mai, mon ami Tommy, camarade de classe au Collège Stanislas, à Montréal, au milieu des années 70.

D’autres chaleureuses retrouvailles en perspective! 

Avant de partir, un immense MERCI encore une fois à Christiane, Agnès et Serge qui nous ont si gentiment rejoints à Paris!

Cela a été formidable de vous revoir!

À bientôt à tous les trois!

On vous embrasse!

Hareng fumé à l’huile et pommes de terres, boulevard de la Bastille, Paris 12è, le mercredi 14 mai.

Notes de lecture:

Jean-Marie Le Clézio, L’Africain – (Paris, 2004)

Un portrait poignant du père de Jean-Marie Le Clézio, médecin itinérant, affecté par le ministère britannique des colonies, entre 1926 et le début des années 50, en Guyane anglaise, puis au Cameroun et au Nigéria. Une carrière de plus de 20 ans. Accomplie bien avant l’indépendance de ces territoires. Dans des conditions souvent pénibles. Difficiles à comprendre aujourd’hui.

Que se cache-t-il derrière ce parcours étonnant, insolite? Quelles circonstances l’ont mené là-bas, dans ces contrées  lointaines?  

Né dans un milieu bourgeois à l’île Maurice, le père de l’écrivain doit quitter l’île en 1919 dans des conditions tragiques: la faillite, la ruine de sa famille. Il est brusquement expulsé, à 22 ans, de la maison natale, située à Moka, un faubourg cossu de Port-Louis. Il doit gagner sa vie. Et part étudier, pendant sept ans, la médecine, à Londres. (L’île Maurice est encore à cette époque une colonie britannique). Il ne reviendra jamais à Maurice.

Diplôme en poche, il est nommé par le ministère des colonies médecin itinérant, en Guyane. Il a 29 ans. Ses missions, au début, sont passionnantes, exaltantes. À bord de pirogues, le jeune médecin « remonte les rivières, les fleuves de Guyane. » Il soigne ses patients.

Deux ans plus tard, en compagnie de sa femme, il arpente à cheval « les hautes terres du Cameroun puis les plaines du pays ibo », au Nigéria. Années heureuses, pleines de bonheur pour le couple. La guerre, malheureusement, survient. Son épouse, enceinte de Jean-Marie, se réfugie à Nice, auprès de ses parents. Voilà le médecin seul, coupé des siens, en Afrique.

Ce n’est qu’après la guerre que Jean-Marie Le Clézio rencontre, pour la première fois, son père, au Nigéria. « L’homme que j’ai rencontré en 1948, l’année de mes huit ans, était usé, vieilli prématurément… devenu irritable… rendu amer par la solitude et toutes ces années de guerre coupé du monde, sans nouvelles de sa famille… »  

Le portrait que dresse l’écrivain de son père est déchirant. Portrait mêlé de respect et de crainte pour un personnage qui, à la retraite, à son retour en France « a gardé toutes les manies des anciens militaires », l’autorité, la discipline, les rituels (…) « il écoutait chaque soir, à sept heures, les informations de la BBC… »

Un père qui lègue aussi à son fils un héritage considérable: son amour inconditionnel de l’Afrique et « sa haine profonde du colonialisme ».

Héritage que célèbrera régulièrement l’écrivain dans ses livres. « C’est à l’Afrique que je veux revenir sans cesse, à ma mémoire d’enfant« , écrit-il dans les dernières pages du récit, « je me souviens de tout ce que j’ai reçu quand je suis arrivé pour la première fois en Afrique: une liberté si intense que cela me brûlait, m’enivrait » … 

Un livre qui m’a tellement ému, touché, que je l’ai lu et relu, plusieurs fois, en quelques jours. Après une première lecture, bien trop rapide, il y a plusieurs années.

Sans aucun doute, mon livre préféré de J.M. Le Clézio. Parce qu’il me rappelle très fort l’aventure africaine de notre père, médecin puis administrateur en santé publique à l’OMS, qui lui aussi a passé de longues années, entre 1961 et 1978, à travailler au Congo (provinces du Kivu et du Katanga), au Togo (Lomé) puis au Nigéria (Lagos), au service de l’Afrique.  

Rue des Solitaires, Belleville.

 

Notes de lecture #3

À deux pas de totems sculptés par les artisans Haida, Nisga’a et Nuu-chah-nulth, peuples autochtones de la Colombie-Britannique…
… un petit groupe d’activistes est réuni autour d’un « feu sacré » (sacred fire) pour dénoncer la coupe d’arbres au parc Stanley, coupe qu’il jugent excessive. Selon la Ville de Vancouver, plus de 100 000 arbres seraient touchés par un insecte qui se nourrit d’espèces de conifères côtiers. Brockton Point (Vancouver), le samedi 22 mars. Infos supplémentaires sur cet abattage controversé: ici

Pas facile après deux mois en Polynésie française de retrouver, entre janvier et mars, le temps gris et pluvieux de la côte ouest!

Heureusement, le printemps est de retour à Vancouver!

Cerisiers en fleurs au jardin traditionnel japonais Nitobe, situé sur le campus de l’université de la Colombie-Britannique, le mercredi 16 avril.

Avec l’arrivée des beaux jours, coup d’oeil dans le rétroviseur afin d’évoquer quelques-uns des livres qui m’ont accompagné ces derniers mois.

Jean-Marie Le Clézio, Identité nomade – (Paris, 2024)

Alors que nous planifions l’hiver prochain un long voyage à La Réunion, à l’Île Maurice et, surtout, à Rodrigues (voir la carte ci-dessous), Diana a eu la bonne idée de ramener à la maison un ouvrage tout récent, un recueil de réflexions, de Jean-Marie Le Clézio, dont la famille a longtemps vécu à Maurice.

Au large de Madagascar, dans l’océan indien, l’archipel des Mascareignes regroupe l’île de La Réunion, l’île Maurice et la petite île de Rodrigues. Notre objectif, entre novembre et janvier, est de passer environ 3 semaines sur chacune de ces 3 îles. Si la situation sanitaire le permet. La Réunion étant touchée en ce moment par une forte épidémie de chikungunya.

Le prix Nobel de littérature (2008) revient ici sur les lieux, les événements, les rencontres qui ont marqué sa jeunesse et façonné son identité hybride. L’écrivain nous offre, en prime, plusieurs parenthèses sur l’œuvre et la pensée d’auteurs, souvent peu connus, venus d’horizons différents: de la Corée, du Mexique, du Vietnam, du Maghreb, de Maurice et d’ailleurs. Récit d’un parcours résolument atypique.

Né à Nice où il grandit pendant la guerre, J.M. Le Clézio va rejoindre, à huit ans, au Nigéria, son père, médecin de l’armée coloniale britannique. Séjour déterminant. L’enfant découvre en Afrique, émerveillé, un autre monde. Il en revient transformé. « J’ai pensé que je ne reviendrai jamais en France », écrit-il. « Nous pouvions aller pieds nus, courir dans la forêt, dans la savane, c’était enivrant… » 

Après ses études, le jeune homme part en Thaïlande accomplir, comme coopérant, son service militaire. Incident diplomatique. Il est expulsé du pays pour avoir publiquement dénoncé le tourisme sexuel. Muté au Mexique, il part vivre, plus tard, quatre ans, au Panama, auprès de peuples amérindiens.  « Encore aujourd’hui », confie-t-il, « je ne sais pas qui je suis (…) Je suis un composé de plusieurs identités… »

Dans ce petit livre, mi-autobiographie, mi-testament littéraire, parfois écrit, semble-t-il, au début, pour de jeunes lecteurs, il est aussi beaucoup question du Maroc. De son histoire, de sa littérature. De Marrakech et de la splendeur du grand Sud marocain, d’où est originaire la deuxième épouse de l’écrivain.

« Il faut bouger pour apprendre », écrit J.M Le Clézio qui évoque avec regret, dans les dernières pages du récit, l’île Maurice où « trois groupes humains se côtoient mais ne se rencontrent pratiquement jamais. Ce sont les descendants d’Européens dont je fais partie, les descendants d’Indiens et les descendants d’Africains (les Créoles). Ils ne se marient pratiquement jamais entre eux. Mais l’école est (heureusement) un moyen de rencontre… »

Afin de combattre cette ségrégation, l’écrivain à créé, avec d’autres, à Maurice et Rodrigues, une Fondation pour l’interculturel et la paix. La FIP.

Nous avons bien hâte, dans quelques mois, d’aller observer tout cela de plus près. – Si nous avons le feu vert des autorités médicales.

Chantal Spitz, L’île des rêves écrasés – (Papeete, 1991)

En un mot comme en mille, un chef d’œuvre, signé Chantal Spitz.

L’une des grandes plumes de la littérature francophone, malheureusement encore trop peu connue.

Chantal Spitz, née à Tahiti, profondément polynésienne, ma’ohi, que j’ai eu l’immense privilège de rencontrer, en 2022, sur l’île de Huahine, aux Îles Sous-le-Vent, où elle vit, près des siens.

Chantal Sptiz (lunettes, cheveux blancs) lors d’une cérémonie au Salon du livre de Huahine,  en novembre 2022.

Inspiré de faits historiques, le roman raconte l’histoire bouleversante d’une famille ma’ohi implantée depuis des générations sur un « motu » (bande de sable coralien) de l’île de Ruahine en Polynésie française. La famille, viscéralement attachée aux traditions du Fenua, la terre des ancêtres, vit en harmonie, dans le respect de la nature. Un matin, les villageois apprennent à la radio, avec effroi, que la France va construire sur leur île une base militaire afin d’y réaliser un série d’essais nucléaires. Deux mondes se percutent. Pour la communauté ma’ohi, c’est une tragédie.

Sans débat ni négociation, le « motu » est rasé et la population expropriée vers le village voisin, Maeva. La base, terminée en quelques mois, est bientôt inaugurée par le « Général-Président » (De Gaulle) venu en grande pompe observer à Ruahine le déroulement des premiers essais. Au mépris de la mémoire, des principes de tout un peuple.

Parallèlement à ces deux mondes qui s’afrontent, le roman est aussi un chant d’amour entre des personnages – Terii, enfant du pays et Laura, ingénieure française, bardée de diplômes – que tout oppose et qui pourtant s’aiment. Passionnément. Un chant d’amour à la culture ancestrale, à « la langue de la terre, de la mer, de la lune et des étoiles » du Fenua.

Très critiqué par les autorités et les « Popa’a » (étrangers de race blanche établis en Polynésie) dès sa parution, en 1991, le récit dénonce courageusement la duplicité et l’hypocrisie d’un monde politique censé protéger la population. Le texte, au fil des ans, est devenu un véritable plaidoyer pour l’autonomie et l’indépendance du Territoire.

« Si tu veux que nous connaissions notre histoire », explique Terii à sa soeur, Tetiare, à la fin du roman « fais un livre que nous lirons. Tout ce que nous lisons a été écrit par des étrangers. On en arrive presque à croire qu’on est vraiment comme ils nous décrivent, alors que tu sais bien qu’ils n’ont rien compris. Un véritable lavage de cerveau. Il est temps d’écrire notre histoire vue par nous-mêmes. »

Voilà qui est fait.

Seul regret, pour moi: ne pas avoir lu cet ouvrage plus tôt, avant notre premier voyage en Polynésie française.

Avec « Mutismes » de Titaua Peu, « L’île des rêves écrasés » est, selon moi, LE livre qu’il faut lire afin de mieux comprendre l’éclatante beauté, la générosité de l’âme polynésienne. Mais aussi sa complexité et les maux qui la rongent. Le roman a été récemment réédité « Au Vent des îles »  (Papeete).

Dédicace de Chantal Spitz, Huahine, novembre 2022.
Départ en hydravion de Vancouver pour Victoria, le lundi 14 avril…
À l’intérieur de l’appareil, 14 places, toutes occupées. Surprise dans le cockpit: il n’y a qu’un pilote, une jeune femme, qui nous conduira, en 35 minutes, au-dessus de la mer des Salish (Salish Sea)…
… jusqu’à Victoria, capitale de la province de la Colombie-Britannique où est situé le 2è plus ancien (1858) quartier chinois du continent, après celui de San Francisco. Plus de 3000 résidents d’origine chinoise vivaient ici autrefois. Ci-dessus, un musicien, à l’angle de Fisgard et Government St, perpétue le partage des mélodies traditionnelles. Victoria, le 14 avril.

Carol Off, At A Loss For Words, Conversation in an Age of Rage – (Toronto, 2023)

Un essai magistral qui met en lumière les failles du monde politique actuel: agité, imprévisible, hyper-partisan, inédit à bien des égards. Et l’impact tragique de ce désordre sur nos institutions.

Comment expliquer, écrit Carol Off, que dans le débat public aujourd’hui, très souvent, à gauche comme à droite, les citoyens, les électeurs, les gens « ordinaires »,  dans leurs conversations ou sur les réseaux sociaux, crient, hurlent, vocifèrent et condamnent sans appel leurs adversaires politiques sans vraiment prêter attention aux idées avancées ni aux arguments présentés?

Comment en sommes-nous arrivés là?

Animatrice, entre 2006 et 2022, de la très populaire émission « As It Happens » diffusée sur les ondes de CBC Radio (le réseau anglais de Radio-Canada), Carol Off se penche dans ce remarquable ouvrage sur six concepts-clés qui ont, longtemps, défini nos démocraties: Liberté, Vérité, Démocratie, Choix, Justice, Impôts.

Chacun des chapitres du livre est consacré à l’un de ces concepts. À son histoire, à son sens, à son interprétation (devant les tribunaux notamment). Notions fondamentales sur lesquelles reposent les gouvernements légalement élus.

Ces notions, malheureusement, écrit Carol Off, sont aujourd’hui galvaudées, vidées de leur sens, subtilisées et détournées (souvent via les réseaux sociaux) par les extrêmes.

Grâce à un monumental travail de recherche, l’auteur analyse le minutieux travail de sape qu’on mené, pendant des années, contre les institutions, des personnages autrefois célèbres: Charles Lindbergh (l’aviateur), James Buchanan (économiste), Charles Koch (industriel) et d’autres.

Leurs cibles? L’école publique, le droit de vote, l’égalité devant la justice, l’accès à l’avortement, la liberté de la presse, une plus juste redistribution des richesses…

Des acquis, partout, difficilement obtenus et qui, peu à peu, disparaissent. Sous nos yeux. Dans de nombreux  pays. Y compris aux États-Unis.

Carol Off ne cache pas ses convictions. C’est l’idéologie de l’extrême droite américaine, complètement décomplexée aujourd’hui, qui est visée ici.

Une idéologie de nantis, écrit-elle, personnifiée par le locataire de la Maison-Blanche, une idéologie qui accuse et diabolise les plus faibles, les immigrants, les femmes, les minorités – « the underserving others ».

Nantis qui, grâce à leur fortune, à leurs appuis, luttent bec et ongles, contre ce qu’ils jugent être « la tyrannie de la majorité. »

Un livre qui tombe à pic. Et qui, vu le contexte politique actuel, m’a rappelé un ancien proverbe turc: « Si un clown emménage dans un palais, il ne devient pas roi, le palais devient un cirque »…

Home Sweet Home

Omar Youssef Souleimane, Une chambre en exil – (Paris 2023)

Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de lire un roman, écrit en français, par un auteur d’origine syrienne. C’est le cas ici.

Déchiré, dans la banlieue de Damas, entre une famille traditionnelle qui vénère le Coran et sa découverte, dans une librairie de sa ville, des poèmes de Paul Éluard (traduits en arabe), Omar Youssef Souleimane quitte clandestinement la Syrie en 2012 pour la France où il est accueilli, à 25 ans, comme réfugié. Il se met très vite à apprendre la langue.

Ayant, en Syrie, publié quelques poèmes et travaillé comme journaliste, le jeune écrivain est bientôt publié en France.

« Une chambre en exil », son deuxième roman, est la chronique de son intégration dans un pays, dans une culture dont il ignore (à part Paul Eluard, Louise Michel, Boris Vian, Jacques Prévert) à peu près tout.

Installé dans une modeste chambre à Bobigny, en banlieue de Paris, le jeune homme observe et commente la vie quotidienne de son quartier « dépourvu de librairie ».

Entre ses rendez-vous à la préfecture, pour une démarche de naturalisation, et les tasses de café qu’il avale dans le bistrot près de chez lui, il apprend à mieux connaître son nouvel environnement. Et à l’apprécier. Une liaison avec une voisine, Violette, facilitera son intégration.

On parle beaucoup d’immigration ces jours-ci, au Québec, en France, aux États-Unis. Malheureusement, lorsqu’on parle d’immigration, dans les médias, c’est souvent la voix des gouvernements, des dirigeants, des puissants, qu’on entend.

On entend les ministres devant les micros énumérer des chiffres, des statistiques. Ils parlent de « quotas ». Mentionnent « des seuils de tolérance ».

« On ne peut pas accueillir toute la misère du monde » répètent en choeur les politiciens, des deux côtés de l’Atlantique.

On entend beaucoup moins la voix des immigrants eux-mêmes. Leur histoire. Les circonstances qui les ont menés à quitter leur domicile, leur ville, leur pays, leur famille.

Un roman comme « Une chambre en exil » contribue à nuancer, à changer peut-être la conversation. À modifier les opinions toutes faites. Aide aussi à rectifier le regard qu’on porte, souvent trop vite, sur l’immigration.

Poulet de Hainan accompagné de riz au safran, d’une salade et d’une sauce maison. Restaurant Dalat, Victoria Drive, Vancouver.

Et les voyages?

Nous partons le 11 mai pour la France et l’Italie.

Au programme, dans un premier temps, retrouvailles et promenades avec des amis, à Paris. Aux Buttes-Chaumont. Au marché d’Aligre. Dans les petites rues tranquilles du 20è arrondissement. À Notre-Dame peut-être.

Puis, séjour en Toscane où nous passerons une semaine à Florence. Avant d’aller rejoindre plus au sud, chez lui, près de Cortona, mon ancien camarade de lycée, Tommy, revu à Paris l’an dernier.

Diana regagnera ensuite Calgary.

De mon côté, en juin, je débuterai, de Perpignan, la première de deux longues randonnées dans le sud-ouest de la France.

La première (6 jours de marche) m’emmènera vers Collioure puis, en franchissant les Pyrénées, vers l’Espagne.

Entre mer et montagne, quelques-unes des étapes de ma randonnée, début juin, entre Collioure et Cadaquès, en Catalogne. Retour en France via Figueres, la ville natale de Salvador Dali. Cette randonnée, une première pour moi, sera entièrement « accompagnée ». C’est à dire qu’un prestataire organise pour les participants (nous serons 5 ), la logistique du voyage: transport de bagages, hébergements, repas.

La deuxième randonnée – 13 jours de marche, 4 jours de repos – me conduira sur « Le Chemin de Stevenson« , le GR 70, un sentier d’environ 240 kms qui relie Le Puy-en-Velay (Haute-Loire) à Saint-Jean-du-Gard (Gard).

Entre le sud du Massif Central et les Cévennes, mes étapes sur le GR70 (tracé en rouge), baptisé « Chemin de Stevenson » en l’honneur de l’écrivain écossais qui, en 1878, a parcouru le sentier (avec son âne Modestine) avant de publier l’année suivante son célèbre récit  « Voyage avec un âne dans les Cévennes ». Je m’arrêtrerai aussi deux nuits à l’Abbaye Notre-Dame-des-Neiges (un peu avant La Bastide Puylaurent).

En espérant que mon genou gauche, abîmé récemment par des parties de squash très disputées, tienne le coup!

Un grand merci à notre amie Cristiane pour ces deux recommandations de randonnées qu’elle a elle-même déjà réalisées.

Au grand plaisir Christiane de te revoir bientôt à Paris!

Retour à Vancouver le 6 juillet.

Bon printemps à tous!

Jours comptés à Fakarava

Derrière les images de cartes postales…

lagon vert le dimanche 29 décembre
Excursion au « lagon vert », le dimanche 29 décembre…
lagon bleu
… puis au « lagon bleu », quelques heures plus tard…

 Que se passe-t-il vraiment à Fakarava?

Comment la population, les résidents permanents, 900 habitants environ, vivent-ils ici?

Dans l’une des 76 îles de l’archipel des Tuamotu – le plus vaste archipel de la Polynésie française. Et l’un des moins visités. (Voir la carte ci-dessous).

C’est ce que j’ai voulu savoir, essayer de comprendre, pendant mon séjour à Fakarava.

Mais avant, un peu de géographie et quelques photos/images pour mieux saisir le contexte.

Tuamotu = « îles nombreuses et lointaines » en tahitien.

Sur cet immense territoire (équivalant à la superficie de l’Europe de l’ouest), seules une cinquantaine d’îles sont habitées en permanence. Les autres ne sont habitées que sporadiquement, pendant la saison de la récolte du coprah ou comme base pour des expéditions de pêche.

carteplus2 tuamotu
L’archipel des Tuamotu. Flèche verte = Fakarava. Flèche bleue = l’île de Tikehau où nous étions, en décembre 2022. Flèche rouge = les îles de Moruroa et Fangataufa, tristement célèbres, où ont eu lieu, entre 1966 et 1996, 193 essais nucléaires français. SVP voir plus bas.

Fakarava est, par endroits, scandaleusement belle, paradisiaque, enchanteresse… (ajoutez ici vos superlatifs)

sables roses 1 27 dec 2024
Découverte des « Sables Roses »,  le vendredi 27 décembre…
sables roses 27 dec 2024
… près de la « passe » Sud du lagon, l’un des plus beaux lieux que j’ai eu la chance de visiter jusqu’à présent…
carte marinefakarava
La carte marine du lagon de Fakarava, véritable paradis pour les amateurs de plongée, où sont indiquées les zones visitées plus haut. Fakarava (et ses 7 atolls voisins) a été reconnue en 2006 « Réserve de la Biosphère » par l’Unesco.
cartefakarava1
Entre océan et lagon, la population de Fakarava est regroupée en majorité au village de Rotoava, au nord de l’île, où l’on retrouve les commerces, les centres de plongée et les hébergements. Une route asphaltée de 15 kms court de l’aéroport vers le sud. Les villages du sud, y compris le plus important, Tetamanu (une vingtaine d’habitants), sont uniquement accessibles par la mer.

C’est au coeur de Rotoava, dans une modeste pension, que j’ai posé le 23 décembre mon sac…

Ma cabane à Fakarava
Mon bungalow, à 30 mètres de l’océan, dans un magnifique terrain arboré. Le petit déjeuner est servi tous les matins. Vélos à disposition. Douches et toilettes à l’extérieur…
bungalow
Un petit goût de Robinson Crusoé. C’est exactement ce que je recherchais. Dix jours au paradis…

… alors que les habitants de l’île s’apprêtent paisiblement à célébrer Noël…

église
Fidèles réunis, en début de soirée, le mardi 24 décembre, devant l’église du village, la paroisse « Jean de la Croix »…
église1
… avant une émouvante célébration de Noël typiquement polynésienne. Musiciens, munis de leurs ukulélés, chorale, chants, cantiques en tahitien et en français.. Tout le village semble-t-il, était présent. Une superbe façon de célébrer au bout du monde, Noël!

Les Fêtes terminées, j’ai tendu l’oreille. Et il ne m’a fallu que quelques heures, en me promenant dans le village, pour commencer à comprendre les immenses défis auxquels est confrontée la population à Fakarava.

Angelina 28 dec 2024
Angelina, propriétaire d’un des « snacks »  du village

Derrière le comptoir de son petit établissement, Angelina m’explique qu’à part le « pota » (le chou vert qu’on retrouve partout en Polynésie) et un peu de laitue, « pratiquement rien ne pousse à Fakarava.« 

L’île est un anneau de corail, l’infime partie émergée d’un volcan qui s’est effondré dans l’océan, il y a des millions d’années. La terre est bien trop aride.

snack
L’entrée du snack d’Angelina, situé dans le quartier de ma pension

« Une fois par mois », m’explique Angelina, « nous sommes ravitaillés par le bateau, le Cobia 3, qui part de Papeete le lundi et arrive à Fakarava le mercredi matin ».

« Des heures avant l’arrivée du bateau, il y a de longues files d’attente devant les deux magasins qui reçoivent les provisions. Les gens viennent en priorité acheter des produits frais, des légumes: tomates, concombres, avocats, oignons, poivrons, aubergines. Toute la marchandise part en un clin d’œil. En quelques heures, il ne reste pratiquement plus rien« .

Ce que j’ai pu vérifier, l’après-midi de mon arrivée, le 23 décembre, dans l’un des magasins, situé près du quai de Rotoava.

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Le maigre contenant de l’unique bac de légumes dans l’un des deux principaux magasins de Fakarava, 3 jours après l’arrivée du « Cobia 3 ».

« Cette année », poursuit Angelina, « à cause des Fêtes, le Cobia 3 est arrivé ici le 20 décembre. Le navire ne reviendra approvisionner l’île qu’au début du mois de février« . Dans six semaines.

menu
Le menu du snack d’Angelina. 1500 Francs Pacifique (CPF) = 19$CAN ou 13 euros.

Cette carence chronique de produits frais dans les commerces est un défi de taille pour la population, y compris pour la petite communauté d’expatriés (moniteurs de plongée, gérants de pensions…) établie à Fakarava.

« Je rêve régulièrement de manger une bonne salade de tomates« , me confie un après-midi, Laurence, Française d’origine italienne, qui gère admirablement avec son mari, ex-enseignant, la pension où je réside.

Tous les deux travaillent d’arrache-pied. Pour entretenir, faire tourner la pension. Dès 5h30  du matin. Sept jours sur sept. Ils adorent leur aventure à Fakarava. Mais, après six mois, avec un jeune enfant, ils songent déjà à repartir, à quitter l’île.

Malgré les plages, le cadre merveilleux, un taux de criminalité proche de zéro, le manque d’accès à une nutrition saine n’est plus, pour eux, négociable.

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La plage du PK9 située, comme son nom l’indique, à 9 kms à l’ouest du village, au-delà de l’aéroport, près de la « passe » Nord de l’île.
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Facilement accessible en scooter, j’y ait fait, matin et après-midi, de régulières baignades… sans un chat autour de moi! Température l’eau? 27 à 28 degrés. Bienvenue à Fakarava!

En allant régulièrement à pied ou en vélo au village, à la rencontre des résidents, j’ai fait, comme avec Diana à Huahine, d’extraordinaires rencontres!

Un matin, alors que je descends de vélo et m’apprête, au bout du village, à aller nager, une voix m’interpelle. Une dame, d’un certain âge, s’approche en souriant et vient se présenter.

Pauline 26 déc 2024 Fakarava
Pauline, 84 ans, prend méticuleusement soin tous les matins du bord de plage devant sa maison

« Je m’appelle Pauline », dit-elle. « J’ai dansé et chanté, quand j’étais jeune, dans les endroits les plus prestigieux de Paris, et dans toute la France. J’ai chanté au Palais de Chaillot, j’ai dansé au Moulin Rouge… »

Je n’en reviens pas. La dame qui me parle, avec ses yeux pétillants, a une diction impeccable et l’accent de Paname d’un vrai titi parisien!

Pauline a envie de parler. Je m’assieds et je l’écoute, attentif, au bord de la plage, me raconter ce qui est sans doute l’un des épisodes marquants de sa vie.

À l’âge de 16 ans, alors qu’elle grandit à Fakarava, un couple français emmène Pauline en France. En quelques semaines, elle se retrouve enrôlée dans une troupe de danse et de chant, en tournée dans toute la France. Bordeaux, Toulouse, Paris… Elle n’en dira pas plus….

J’ai revu Pauline deux ou trois fois pendant mon séjour, toujours au même endroit, et elle me répétait chaque fois la même histoire: « j’ai dansé et chanté… »

tartare de thon aux ananas, 31 déc, quai de Rotoava
Tartare de thon aux ananas, snack du quai de Rotoava, le mardi 31 décembre.

J’ai aussi eu la chance de faire à Fakarava la connaissance d’un jeune homme étonnant, plein de talent, Paui, 26 ans, déjà père de deux enfants et animateur hors-pair lors de nos excursions en mer ou sur le lagon.

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Paui, pendant un atelier de confection de « pain coco », sur la plage d’Hirifa, le vendredi 27 décembre…
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… et, infatigable, en pleine session de tressage de chapeau traditionnel, fabriqué avec des branches et des feuilles de cocotier. Merci pour tout ce que tu nous a appris, Paui!

L’histoire récente des îles Tuamotu a aussi, malheureusement, été marquée par la désastreuse série d’essais nucléaires (193 essais) réalisés par la France, entre 1966 et 1996, autour de deux atolls, Moruroa et Fangataufa, situés dans le sud de l’archipel (voir la carte plus haut).

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Une stèle commémorative érigée en face de l’église Jean de la Croix vient rappeler aux habitants de Fakarava l’immense tragédie des essais nucléaires…
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… et les conséquences dramatiques qu’ont eu ces essais sur l’ensemble des communautés en Polynésie française. On sait aujourd’hui que les cinq archipels du territoire ont été touchés par des retombées radioactives. Le taux de cancer notamment, dans les archipels, est anormalement élevé.

L’Association 193 (lien Facebook), créée pour défendre les familles des victimes des essais nucléaires, se bat aujourd’hui, bec et ongles, afin que ces familles, sur les 5 archipels, soient, enfin, indemnisées.

Le combat est souvent difficile, inégal, semé d’embûches, face aux autorités françaises.

Tout mon respect et voeux de succès aux membres de l’association et à leurs familles.

photo scooter
J’ai régulièrement loué à Fakarava un scooter pour la journée chez Taute, ci-dessus, devant sa maison à Rotoava. Lors de nos conversations, Taute m’a confirmé, avec émotion, que plusieurs membres de sa famille (oncles, tantes, grand-père, grand-mère) ont disparu prématurément à Fakarava et sur d’autres îles, pour cause de cancer.
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Un panneau de fortune, devant l’église Jean de la Croix, où sont affichés des articles de journaux  détaillant les conséquences des essais nucléaires sur la santé des habitants de l’archipel…

Cet épisode tragique des essais nucléaires, sur ces îles isolées, est un drame, une disgrâce, dont, selon moi, on ne parle pas assez. C’est très dommage.

nourriture
Buffet champêtre, version polynésienne, au lagon bleu, le dimanche 29 décembre, supervisé par Chaba (en bleu avec casquette). Au menu: poisson cru, riz, salade, poulet, noix de coco, pain coco, poisson cuit.
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La maison du maire (à gauche) à l’entrée du village de Rotoava. Vu la proximité de l’océan, la plupart des bâtiments résidentiels sont construits ici sur pilotis.

Difficile, dans les Tuamotu, de ne pas poser LA question qui me brûle les lèvres depuis mon arrivée.

Et la « montée des eaux », à Fakarava, et dans les autres îles de l’archipel?

« Ce n’est qu’une question de temps« , me répond Charles, rencontré un après-midi alors qu’il se rend à son travail, dans une fabrique, reliée à l’industrie de la perliculture. 

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Charles, en route pour son travail, le lundi 30 décembre.

Charles, 67 ans, né à Tahiti, vit et travaille depuis de nombreuses années à Fakarava. Il m’explique dans un français hésitant que « la montée des eaux » est un phénomène que personne sur l’île n’ignore. Un phénomène dont personne non plus ne parle ici.

Mais Charles est formel. « Dans trente, quarante, cinquante ans, tout cela, les habitations, les routes, auront probablement disparu.« 

Pourquoi les gens ne parlent-ils pas de ce phénomène? – Et est-il inquiet?

« Le Polynésien » me dit-il, « ne parle pas de ces choses-là. De l’avenir. Nous ne savons même pas ce qui va nous arriver demain. Nous préférons vivre dans le présent. Nourrir nos familles, prendre soin de nos enfants, de nos proches. Être près de la nature… »

J’ai entendu exactement le même discours, le même raisonnement, chaque fois que j’ai, à Fakarava, abordé le sujet. Fatalité ou sagesse polynésienne?

Pour ceux abonnés au journal « Le Monde », voir ici l’excellent article (juin 2023) consacré à la montée des eaux et aux enjeux environnementaux dans deux îles, Hao et Takaroa, de l’archipel des Tuamotu.

village sud
Excursion près de la « passe » Sud de Fakarava, au village de Tetamanu, le vendredi 27 décembre…
Plage Ile Hirifa 27 dec 2024
… avant de poursuivre jusqu’à la plage de Hirifa, à la pointe sud du lagon…

J’ai passé à Fakarava l’un de mes plus beaux et authentiques séjours en Polynésie française!

Merci à tous ceux et celles – riverains, gérant(e)s de pension, compagnons de voyage venus de France, de Belgique, d’Australie, des États-Unis, de la Nouvelle-Zélande et d’ailleurs -rencontrés lors de mon séjour!

Vivre pendant dix jours à Fakarava m’a permis de mieux comprendre à quel point le quotidien, ici, diffère des îles plus prospères et plus accessibles, au sud du territoire. Cela valait vraiment la peine de venir jusqu’ici.

Paui et Max lagon bleu
En compagnie de Paui, près du lagon bleu, le dimanche 29 décembre

J’ai rencontré la veille de mon départ, au bord de la plage où vit Pauline, l’un des vieux sages de l’île. Je n’ai malheureusement pas pris sa photo. Cet homme de 65 ans, né à Moorea, m’a expliqué qu’il a fui, il y a plus de vingt ans, son île natale, « sacrifiée » m’a-t-il dit, au tourisme.

« Je suis venu à Fakarava pour retrouver l’authenticité de notre « Fenua », perdue à Moorea, à Tahiti, à Bora Bora. J’ai acheté une petite maison, au bord du lagon, et je vis maintenant simplement, près de la nature. Je vais pêcher. Je prends soin de mes cocotiers. Je travaille avec des groupes communautaires à faire respecter ici les règles nautiques et environnementales de la biosphère de l’Unesco. Ce n’est pas facile. Les plaisanciers étrangers débarquent en bateau à Fakarava, souvent sans permis, ils ne se déclarent pas à la mairie, ne payent pas les frais d’amarrage… Les mentalités doivent changer ». Sages paroles.

Combien de temps encore les habitants de Fakarava pourront-t-ils résister au rouleau compresseur, à l’assaut du tourisme à grande échelle?

Je leur fais confiance.

Au revoir Fakarava! – et merci!

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La Plage de Ta’ahiamanu, sur l’île de Moorea, située à l’entrée de la baie de Opunohu, au nord de l’île, le samedi 4 janvier, le lendemain de mon arrivée à Moorea.

Je vous laisse avec quelques photos de Moorea justement, «  »l’île soeur » (de Tahiti) où je termine ce troisième séjour au Fenua.

Moorea où nous avions, après Papeete, débuté en novembre 2022 notre premier voyage en Polynésie française!

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Le très chic (et dispendieux) complexe hôtelier qui occupe une partie de la plage publique de Temae, plage emblématique, une véritable institution à Moorea. L’accès à la plage est aujourd’hui menacé, le terrain ayant été récemment racheté par un riche investisseur polynésien. Photo prise le samedi 4 janvier du belvédère To’a tea.

L’île a beaucoup changé en deux ans! Quelques constructions sauvages défigurent maintenant le littoral. Plus de circulation automobile. Plus de monde surtout!

Il y a, à Moorea, 18 000 résidents permanents -mais, peut-on lire dans un article de magazine publié il y a quelques mois, « c’est sans compter les touristes et résidents de Tahiti qui, lors de certains weekends prolongés, font plus que doubler la population qui s’approche alors des 40 000 habitants » (Le Magazine de Moorea, mars 2024)

Comment ces chiffres vont-ils évoluer, lorsqu’on sait que le nouveau gouvernement veut tripler à 600 000 par an le nombre de visiteurs en Polynésie française? (260 000 touristes ont visité le territoire en 2023).

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Balade en scooter (72 kms) autour de Moorea et le long de petites routes, le samedi 4 janvier. Que de souvenirs!

Pour terminer, petit clin d’oeil sur une partie de ma journée, en bateau, le lundi 6 janvier, sur le lagon de Moorea.

Lagon de Moorea, lundi 6 janvier 2024
À l’extérieur du lagon de Moorea, le lundi 6 janvier.
Nous avons nagé ce matin-là avec des raies…
 
des petits requins…
Lagon de Morea le 6 janvier 2024
Petits requins dans le lagon de Moorea
puis avec des tortues avant d’observer, de loin, plusieurs groupes de dauphins…
 
Un autre voyage magnifique se termine  en Polynésie!
 
Je rentre à Vancouver comme prévu vendredi.
 
Ai hâte de retrouver Diana!
 
Bonne année à tous!
Sashimi de thon, Rotoava, Fakarava, le lundi 30 décembre.

 

Huahine, aux îles Sous-le-Vent

Comment partager, en mots et en images, l’immense privilège de vivre au soleil, pendant un mois, auprès des Polynésiens, à Huahine?

Huahine « l’authentique », comme on la surnomme ici, aux îles Sous-le-Vent!

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Jordan, 47 ans, a grandi à Huahine. Il vient rafraîchir dans l’océan les poissons-perroquets (« pa’ati » en tahitien) pêchés au large, la veille…

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… avant de les faire frire en famille pour le déjeuner. Plage de Fare, le lundi 25 novembre.

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Conversation avec un riverain, Joseph, qui revient lui aussi de la pêche, alors que nous rentrons à la maison, à la tombée du jour, le samedi 7 décembre.

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Pique-nique mémorable, le dimanche 8 décembre, au « Jardin de corail », situé près du village de Maeva, avec la famille et les amis de Gaby (en blanc avec Diana). Un chaleureux moment d’échanges et d’amitié! Voir détails plus bas.

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Environ 6 000 habitants vivent à Huahine. La population est répartie dans de petits bourgs situés sur le pourtour de Huahine Nui (la grande), au nord, et Huahine Iti (la petite), au sud. L’île est magnifique! Notre bungalow est situé au nord de Fare, le village principal (1600 habitants).

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Petite maison blottie entre mer et montagne, près de Fare

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En scooter, sur Huahine Iti, le vendredi 29 novembre, à proximité du petit pont qui relie les deux parties de l’île…

Comme cela fait du bien d’être de retour!

23 Nov2024 Huahine déjeuner anniversaire 68 ans
Déjeuner au bord du littoral à Fare

En planifiant ce deuxième séjour à Huahine, l’un de nos objectifs était, tout simplement, de prendre ici, notre temps.

Après la cadence effrénée de notre voyage inaugural en Polynésie française en 2022 (une île par semaine en moyenne pendant 8 semaines) et les deux récentes excursions, en quatre jours, sur l’île de Tahiti, nous voulions, près de Fare, comme aux îles Australes l’an dernier, ralentir au maximum le rythme de nos journées.

Nous souhaitions vivre, autant que possible, auprès des Polynésiens. Et profiter avec eux, au quotidien, des joies simples et de la douceur de vivre à Huahine.

C’est exactement ce que nous avons fait. En allant régulièrement, le matin, après une première baignade, ou en fin d’après-midi, à la rencontre des habitants de l’île…

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Aperçu de la rue principale de Fare, vers 8h du matin et, à quelques pas, un peu plus tard dans la journée…

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… Diana, avec Caroline et Marie…

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… puis en compagnie de Gaby, au petit marché du village, très achalandé, le dimanche surtout, dès 5h du matin!

Nous avons eu la chance cette fois encore de faire de merveilleuses, d’étonnantes rencontres!

Ainsi, un après-midi, à quelques minutes de marche de notre bungalow, nous faisons plus ample connaissance avec Tino…

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Tino est l’un des « sages » et l’un des gardiens de la plage de Fare…

Tino est aussi, avec Armand (voir photo plus bas), l’un des entraîneurs qui forme et prépare à Huahine les aspirants à la prestigieuse compétition de la  Hawaïki Nui Va’a – une course emblématique de pirogues polynésiennes qui se déroule, en octobre ou novembre, aux îles Sous-le-Vent.

La « Hawaïki Nui Va’a » est une compétition mythique en Polynésie française!

Des centaines d’équipes se réunissent, à Huahine, l’île de départ, afin de franchir, en haute mer et en lagon, 128 kilomètres, en trois étapes, entre Huahine, Raiatea, Taha’a et Bora Bora! Une épreuve inouïe.

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Le trajet de la compétition, le même depuis 1992: 46 kms entre Huahine et Raiatea, 24 kms entre Raiatea et Taha’a et, le dernier jour, 58 kms, en haute mer, entre Taha’a et Bora Bora.

Les règles de la course sont immuables. Chaque équipe (hommes, femmes, vétérans, juniors, cadets, benjamins…) est composée de six rameurs. Aucun changement d’équipage n’est permis sur l’eau. Les plus jeunes ne parcourent qu’une étape.

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Équipes en pleine action lors de la Hawaïki Nui Va’a. Les pirogues polynésiennes (« va’a ») sont munies d’un balancier. Photo: Tahiti Infos.

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Armand, 65 ans, rencontré un matin au bord de la plage de Fare, a le regard nostalgique des ex-champions. Il a remporté trois fois avec son équipe (1993 -1995) la compétition du Hawaïki Nui Va’a!  Armand aide aujourd’hui, avec Tino, les plus jeunes à se préparer à la course…

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Fanui, à gauche, et sa soeur Norma, à droite, viennent régulièrement livrer dans notre quartier leurs poissons, fraîchement pêchés. Ils proposent ce matin-là: un perroquet bleu, un perroquet noir et un poisson unicorne. Entre Fanui et Norma, Vetea (voir plus bas) qui travaille à côté de notre bungalow…

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… situé au milieu de ce qu’on appelle en Polynésie française « une servitude », un petit chemin résidentiel, au calme, à l’écart des rues et des voies principales. Nous vivons entourés de Polynésiens.

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Vue de notre « servitude », côté montagne. Nous avons eu un temps splendide pendant pratiquement tout notre séjour! C’est pourtant, entre septembre et décembre, la saison des pluies, « la saison de l’abondance » comme on l’appelle ici. Paradoxalement, les mois de septembre à décembre sont aussi les plus chauds…

Nous avons aussi le bonheur de croiser, au fil de nos promenades, des riverains, venus d’ailleurs, et aujourd’hui complètement intégrés à la communauté…

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D’origine portugaise, Isabelle a grandi à… Fontainebleau (Seine-et-Marne), près de Melun! Après des années passées en Californie, puis des séjours de plus en plus fréquents à Huahine, Isabelle a ouvert, à Fare, il y a 7 ans, un petit bijou de resto où l’on déguste, en toute convivialité, les meilleurs burgers de la Polynésie…

Les journées passent vite, trop vite!

Fréquentes et longues balades en scooter autour de l’île…

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Sur la route de ceinture à Huahine Nui…

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… avant d’atteindre « le belvédère » qui surplombe, au sud du village de Faie, la baie de Maroe.

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Arrêt au « panorama » de Tefarerii…

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… et halte un midi, pour le déjeuner, à Huahine Iti, dans une petite cocoteraie située…

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… au bord de la plage d’Avea… où nous goûtons à…

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… un tartare de thon au miel de Huahine, accompagné de carottes, de basilic et d’une salade d’aubergines. Snack Vairai, peu après le village de Parea (en allant vers Haapu), au sud de Huahine Iti.

Journées inoubliables à Huahine!

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Salade Polynésienne, « Chez Tara », Huahine Iti.

Quelle bonne surprise de découvrir, lors d’une de nos promenades, qu’une nouvelle bibliothèque est venue, récemment, enrichir la communauté!

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Un des rayons de la nouvelle bibliothèque de Huahine

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Moeava, enseignante, est l’une des bénévoles à la nouvelle bibliothèque

Inaugurée il y a moins d’un mois, lors du salon du livre tenu à Fare, du 12 au 16 novembre, la bibliothèque compte déjà 3000 ouvrages et est splendidement gérée par un petit groupe de bénévoles, énergiques et enthousiastes.

Quelle belle initiative! – Les bibliothèques publiques sont si rares en Polynésie française!

Pourquoi, au fait?

« La lecture ne fait malheureusement pas partie de notre culture », nous explique l’une des bénévoles. « Historiquement, les traditions, les légendes, les enseignements des anciens ont été transmis, dans les îles, oralement. »

« C’est difficile à croire, mais, à part celle de Papeete, notre immense territoire ne compte que deux autres bibliothèques publiques, à Raiatea et maintenant celle-ci, à Huahine… »

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Barbara, enseignante à la retraite, est elle aussi bénévole à la nouvelle bibliothèque de Huahine.

Tous nos voeux de succès à cette nouvelle bibliothèque!

Et félicitations à l’écrivaine Chantal Spitz, résidente de Huahine Iti, à l’origine du projet. –  Chantal Spitz que nous avions eu l’honneur de rencontrer, lors du salon du livre tenu, il y a deux ans, à Fare.

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Guelvin, et son épouse offrent devant leur camion, à Fare, les produits de leur domaine: pastèques, tomates, concombres, poivrons… Fruits de longues heures de labeur passées sous le soleil dans les champs. Respect et hommages aux agriculteurs de Huahine!

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Katriana, rencontrée au village de Faie, sur la côte est de l’île, vend elle aussi devant sa maison les légumes récoltés dans son jardin… Merci pour les délicieux avocats, Katriana!

Cependant, malgré les sourires et l’ambiance tranquille qui règne sur l’île, tout n’est pas rose ces jours-ci à Huahine, loin de là!

Moana
Moana, 31 ans, devant notre bungalow, le lundi 9 décembre.

Écoutons par exemple Moana (« océan« , en tahitien), venu plusieurs fois à la maison nous livrer l’un de ses scooters pour la journée.

Moana a grandi à Huahine. Il a fait, ici, depuis des années, toutes sortes de petits boulots. Il a travaillé comme barman dans un hôtel, puis dans une agence de location de voitures. Moana loue aujourd’hui, avec sa famille, établie à Fitii, des scooters, à la journée. La concurrence est féroce.

« Il y a plus de 35 commerces de location de scooters sur l’île« , me dit-il, « et les visiteurs à Huahine sont beaucoup moins nombreux cette année! »

C’est un refrain que nous avons entendu souvent ce mois-ci. L’absence flagrante de touristes à Huahine, et sur les autres îles, cette saison.

En nous promenant dans les villages, les restaurants, les snacks en bord de mer, les pensions de famille, sont presque vides. Le boom des voyages de l’après-Covid semble, à Huahine, terminé.

Moana m’explique que la plupart de ses amis ont ou vont bientôt quitter Huahine. Pour des raisons strictement économiques.

« Nous n’arrivons plus à vivre ici », me dit-il, « la vie est devenue trop chère ». « Le SMIC, le salaire minimum, fixé à 150 000 CPF (Francs Pacifique) par mois, l’équivalent de 1200 € (ou Can$1800), ne nous permet pas de vivre convenablement. »

Moana songe maintenant, sérieusement, à s’exiler, à partir, en métropole, en Corée du Sud, « où j’ai a des amis« , aux États-Unis ou au Canada…

Bonne chance, Moana!

Une situation difficile, pour les plus jeunes surtout, que nous confirme quelques jours plus tard Vetea, 43 ans, venue un matin prendre le petit-déjeuner à la maison.

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Vetea travaille dans une pension de famille située à côté de notre bungalow et veille aussi à ce que nous ne manquions de rien. Merci mille fois, Vetea!

Vetea a un coeur d’or et déborde d’énergie du matin au soir. Tout le monde la connaît à Huahine. Une perle.

Vetea nous apprend que le coût du loyer pour une petite maison, à l’extérieur de Fare, tourne autour de 60 000 CPF (environ 500 € ou Can$ 750) par mois. Une fortune pour les habitants de Huahine qui n’ont pas la chance de posséder un terrain.

Fins de mois compliquées donc, difficiles, pour une partie de la population.(Note: Il n’y a pas non plus d’allocation chômage en Polynésie française).

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Joséphine, 75 ans, en route, en vélo, pour aller voir son médecin, à l’extérieur de Fare, le mardi 3 décembre.

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Trois amis en pleine session de pêche sur le parapet du pont qui mène au village de Maeva, le vendredi 6 décembre.

Autre sujet de tension et de controverse sur l’île: le droit de passage le long du littoral.

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Clôture érigée sur la plage municipale de Fare…

Nous avions été très surpris de découvrir, le lendemain de notre arrivée, une clôture de barbelés, plantée sur une partie du rivage de la plage municipale.

Plage fréquentée par les riverains, les visiteurs et les élèves du collège de Fare (tout proche) qui y viennent régulièrement, avec leurs enseignants, pour leurs cours d’éducation physique (natation, canot, pirogue…).

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Un groupe d’élèves du collège de Fare se prépare sur le rivage avant le début de la classe de pirogue polynésienne…

Quelle surprise d’entendre un matin, alors que nous nous baignons paisiblement, une altercation sur le rivage entre un touriste (français) et un riverain… qui s’oppose fermement à ce que le visiteur et sa famille occupent/ posent leurs serviettes de bain sur « son » terrain, situé derrière la clôture.

« Dégage! Dégage! », entendons-nous distinctement.

La baignade terminée, nous allons, prudemment, à la rencontre du riverain pour essayer de comprendre la situation et son point de vue.

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Gervet, en compagnie de sa femme et de sa fille, sur le terrain familial, en partie clôturé, qui borde la plage de Fare

Monsieur Gervet nous explique calmement que plusieurs membres de la communauté, à Fare, sont fatigués « et choqués » de voir certains visiteurs se changer et se dénuder, même brièvement, sur la plage, avant d’aller se baigner.

« Cela ne se fait pas ici« , nous dit-il. « Cela choque les familles, nos enfants! »

Nous apprenons aussi que de nouvelles règles interdisent aux voiliers et aux bateaux de plaisance de jeter l’ancre ou de s’approcher trop près  du littoral de Fare. Motif? Certains plaisanciers ont, semble-t-il, navigué à proximité du rivage nus ou dans une tenue jugée répréhensible par quelques riverains.

Autre sujet d’irritation dans la communauté: les « déversements » et les déchets que jettent impunément dans l’océan certains navigateurs.

Changements importants depuis notre séjour, il y a deux ans…

Autres temps, autres moeurs en Polynésie française?

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Sashimi de thon avec câpres, accompagné de riz, à Fare.

Grâce aux liens tissés par Diana dans la communauté, nous apprenons un matin avec joie que nous sommes invités, le dimanche 8 décembre, à un pique-nique avec la famille et quelques amis de Gaby (voir photo plus haut).

Nous acceptons l’invitation, bien sûr! Diana prépare des gâteaux et une salade marocaine. Elle met de côté un sac de friandises pour les enfants.

Rendez-vous est pris, en fin de matinée, dans un lieu magnifique, le Jardin de Corail, situé près du village de Maeva, à 8 kms environ à l’est de Fare. Nous arrivons en scooter.

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Pique-nique au jardin de Corail…

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… le dimanche 8 décembre…

En comptant les enfants, nous sommes une douzaine, cet après-midi-là, réunis dans la bonne humeur autour de Gaby, des membres de sa famille, et quelques amis…

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Grandes conversations…

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… rires et échanges… avant…

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… un délicieux repas (poisson cru, viandes, légumes, riz, salades…)

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… partagé amicalement, en toute simplicité…. Déjeuner qui se terminera, comme le veut la tradition…

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… par une baignade des anciens/des patriarches du clan dans le jardin de corail… sous un soleil radieux!…

Comment te remercier Gaby, les membres de ta famille, les amis présents ce jour-là, pour ce moment i-n-o-u-b-l-i-a-b-l-e!

L’un de nos meilleurs souvenirs et l’une de nos plus plus belles expériences en Polynésie française!

Māuruuru roa!

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L’un des petits quais, près du port de Fare, le jeudi 5 décembre. Nous déjeunons juste à côté, ce midi-là….

Je rentre d’un voyage éclair à Papeete…

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Murale à Papeete, rue Jeanne d’Arc, à deux pas de la cathédrale, le dimanche 15 décembre.

… où j’ai accompagné Diana qui, pour des raisons familiales, est repartie samedi, comme prévu, pour Calgary.

Nous nous retrouverons à Vancouver le 11 janvier.

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L’un de nos lieux préférés à Fare…

J’aurais facilement pu rester beaucoup plus longtemps qu’un mois à Huahine!

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Pointe sud de Huahine Iti

Entre les baignades quotidiennes, les balades en scooter, nos visites au marché, les randonnées, les conversations, l’écoute, le temps est passé très vite, beaucoup trop vite!

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Tressage (avec les pieds et les mains) de feuilles de « auti » afin de confectionner une ceinture pour une danse traditionnelle au village de Parea. Le « auti » occupe une place importante dans la culture et la spiritualité polynésienne. Voir infos supplémentaires ici.

Grâce à la douceur, à la patience, à la gentillesse des Polynésiens, grâce au climat, qui me convient à merveille, j’ai découvert à Huahine une nouvelle façon de voyager pendant la grisaille et les mois d’hiver à Vancouver.

Une formule toute simple: se poser, pendant un mois, dans l’une de ces îles merveilleuses – ou ailleurs, au soleil – et rayonner lentement, dans un périmètre restreint, autour de notre lieu de résidence. Il y a un nom pour cela: Slow travel.

Formule à appliquer (peut-être au Vietnam?) dès l’hiver prochain.

débarquementAEa22nov
Arrivée à Fare à bord du « Apetahi Express », le vendredi 22 novembre. Le ferry relie trois fois par semaine Papeete aux îles sous-le-vent. Escales à Huahine, Raiatea, Taha’a, Bora Bora et Maupiti…

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Une bonne façon de visiter les îles et réduire son empreinte carbone. Ci-dessus, débarquement à Fare. Infos supplémentaires: ici.

Je débute aujourd’hui, le 16 décembre, la 14è année de ma retraite.

Et je poursuis mon périple, samedi, le 21 décembre, vers Papeete.

max5dec2024 Huahine
Entre Fare et Maeva la semaine dernière – Photo Diana.

Départ lundi, le 23 décembre, pour l’archipel des Tuamotu et la petite île de Fakarava où je serai basé, pendant une dizaine de jours, dans le village de Rotoava (population: 800 habitants). SVP voir les cartes ci-dessous.

Après avoir découvert, dans le même archipel, Tikehau, en décembre 2022, quelle meilleure façon de célébrer là-bas, aux antipodes, sous les étoiles, Noël et le Nouvel An?

Joyeuses Fêtes à tous!

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Les cinq archipels qui composent la Polynésie française…

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… et mon trajet, dans les prochains jours, entre deux de ces archipels: trois heures en bateau, samedi, entre Huahine et Tahiti et, après une halte à Papeete, un vol de 2h00 (via Rangiroa) m’emmènera, le 23 décembre, sur l’île de Fakarava, dans l’archipel des Tuamotu…

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Aperçu de la plage de Fare, à la mi-décembre…

Merci infiniment aux habitants de Huahine qui nous ont si gentiment accueillis sur leur île! Mauruuru!

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Mangues, avocats, patates douces, noix de coco et corossols, entre Fare et Maeva…

Notes de lecture :

Christophe Bataille,  Annam – (Paris, 1993)

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Un roman admirablement écrit qui ravira les passionnés d’histoire. Celle du Vietnam et celle de la Révolution française. En 1788, alors que le royaume de France « s’agite », deux navires – le Saint-Jean et le Saint-Paul – appareillent du port de La Rochelle pour Saïgon. L’objectif de l’expédition, financée par le clergé et de « riches bienfaiteurs, soucieux de leur salut » est ambitieux: évangéliser les habitants de cette terre lointaine, peu connue, et « sortir le Vietnam de l’impiété. »

Le voyage dure plusieurs mois. À bord, « une petite troupe de dominicains, cinq religieuses » et des hommes armés, « embarqués avec joie, comme pour la croisade ».

Arrivés sur les rives du Mékong, les membres de l’expédition découvrent, avec effroi, le climat insalubre de la région, la chaleur, les maladies. Une partie de l’équipage est décimée, dès les premiers mois. Ne parlant pas la langue, face à l’indifférence des habitants, la mission piétine.

Un petit groupe de religieux, menés par père Dominique, s’accroche. Ils quittent la Cochinchine (le sud, le delta du Mékong) et entrent dans l’Annam (les hauts plateaux du centre du Vietnam). Malgré un accueil plus chaleureux et un début d’intégration dans un village reculé, la mission, peu à peu, s’étiole. Les prélats, un à un, épuisés, malades, disparaissent, complètement oubliés par leur pays, plongé dans les turbulences et tempêtes de la Révolution.

La chronique, remarquablement écrite, d’une désastreuse tentative d’évangélisation.

Prix du premier roman (1993) et prix des Deux Magots.

De g. à d. Vetea, Gaby et Fouché sont venus dire au revoir à Diana qui quitte Huahine, le samedi 14 décembre…

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Le « Apetahi Express », en route pour Papeete, accoste au quai de Fare, le samedi 21 décembre. Au revoir, Huahine, et merci!