Cilaos

Après dix jours passés sur la côte sud de l’île, à Saint-Pierre – et après deux heures ahurissantes (en bus) à grimper sur « la route aux 400 virages » – changement radical de décor et d’atmosphère en arrivant à Cilaos, le vendredi 5 décembre.

Diana à 6h du matin, sur le balcon de notre maison à Cilaos, le lendemain de notre arrivée, le samedi 6 décembre. À l’arrière-plan, le Piton des Neiges, le point culminant de La Réunion (3070 mètres) qui domine le « cirque » de Cilaos. Comme le montre la photo ci-dessous, un « cirque » est une vaste enceinte montagneuse (un peu comme une cuve) à parois très abruptes.
Rue des Glycines, le 8 décembre, la rue située de l’autre côté de notre maison. Notez les montagnes qui encerclent littéralement le village dans le « cirque » de Cilaos, l’un…
… des trois « cirques » que compte La Réunion. Le Piton des Neiges est exactement au centre des 3 cirques.

Dans l’histoire tourmentée de l’île Bourbon, devenue La Réunion, Cilaos (5000 habitants environ) occupe une place bien particulière.

D’après les historiens, le nom du village proviendrait du malgache « tsilaosa » qui signifie « lieu où l’on se sent en sécurité ».

C’est ici, à 1200 mètres d’altitude, et encore plus haut, dans « la vallée sacrée » (2000 mètres), que venaient autrefois se réfugier les esclaves en fuite – « les marrons » – qui fuyaient les bastonnades, les sévices et les mauvais traitements infligés dans les plantations de café et de canne à sucre établies près de la côte.

Esclaves se rendant au travail à Bourbon. (Gravure de 1850).

Aux trousses de ces esclaves fuyant vers les cirques, un groupe d’hommes cupides et cruels: « les chasseurs de marrons » – des colons, payés par les propriétaires de plantations pour récupérer les fuyards « qui peuvent encore servir ». Ces « chasseurs de marrons » sont sans pitié.

« Lorsque le fugitif est repris vivant », nous rappellent les historiens, « la sanction est terrible ».  

 » Sanction codifiée par l’article 38 du Code noir, qui date de 1724 dans sa version réunionnaise. À la première incartade, il y a le fouet et les oreilles coupées… À la deuxième tentative, le tendon d’Achille est sectionné… À la troisième: la pendaison…  » (Voir ici l’article du Monde daté du 4 mai 2012)

Une partie seulement des esclaves en fuite étaient repris.

« Les autres », apprend-on, « profitèrent de la difficulté d’accès aux cirques de l’île pour y vivre en toute liberté et en pleine nature… ». C’est ainsi, peu à peu, qu’entre 1825 et 1850 – « avec l’arrivée des premiers marrons et des « Petits Blancs », pauvres et sans terres » – que Cilaos se peuple.

Voilà pour l’histoire, à grands traits.

L’église Notre-Dame des Neiges trône depuis 1939 au coeur du vilage de Cilaos.

Surprise, le lendemain de notre arrivée, alors que nous découvrons, émerveillés, ce petit coin de paradis. La commune honore les anciens élèves du « Petit Séminaire » de Cilaos, l’un des premiers collèges de l’île et une véritable institution à La Réunion.

Entre 1913 et 1972, l’établissement a formé des générations de jeunes garçons qui vont à leur manière contribuer au développement, au rayonnement de l’île. Le collège fait aujourd’hui partie du patrimoine réunionnais.

Lucay, ancien élève du Petit séminaire, venu à Cilaos avec son épouse participer à l’événement, le samedi 6 décembre.

Malgré le temps couvert, nous décidons dès le premier jour d’explorer quelques-uns des sentiers qui partent du village vers la montagne, la forêt, les cascades…

Quelques itinéraires de randonnées aux alentours de Cilaos. Point de départ: l’édifice des Thermes, situé en haut du village. Nous avons facilement rejoint le premier jour Bassin Bleu et La Roche merveilleuse…

Randonnée un peu plus difficile, le lundi 8 décembre…

… sur le sentier des Porteurs…
… qui mène à la cascade « Bras-Rouge » à une heure de marche environ de Cilaos. Grâce aux nombreuses sources et cascades du village, Cilaos abrite le seul établissement thermal de La Réunion. Les premiers baigneurs arrivent ici aux environs de 1830.

C’est lors du Marché forain…

… qui se tient à Cilaos tous les dimanches, rue des Ecoles…

Que nous avons eu, sous l’ombre d’un jacaranda…

À l’écart du marché forain, Diana en compagnie de « Boobah » (Patrick) et de son épouse…

… la plus longue et la plus bouleversante de nos conversations à La Réunion…

… avec Patrick, un rescapé, l’un des survivants de ce qu’on appelle aujourd’hui « les enfants de la Creuse ».

Un peu d’histoire.

Entre 1962 et 1984, plus de 2000 enfants réunionnais ont été arrachés à leur île et envoyés de force en France, notamment dans le département de la Creuse.

L’objectif est double. Freiner l’explosion démographique de La Réunion qui inquiète les autorités. Et intégrer ces enfants dans des départements, en métropole « peu peuplés » (le Tarn, la Lozère, le Gers…) et « favorables à l’accueil d’enfants en difficulté ».

Ces enfants sont soustraits à leurs parents dans des circonstances souvent ambigües, obscures.

Écoutons Patrick nous raconter l’histoire de sa famille.

Patrick, revenu à La Réunion en 1999, vit à Cilaos avec son épouse et sa fille.

« Ma mère a quitté Cilaos à l’âge de 11 ans et est partie en France avec des Sœurs de l’église catholique. Elle s’est retrouvée dans le village de Saint-Afrique (en Aveyron) où elle est devenue pupille de l’état ».

Elle est allée à l’école primaire puis a très vite dû travailler (…) Elle s’est mariée, a eu deux enfants (…) Ma sœur est toujours là-bas, en France (…) Moi, j’ai quitté la France très jeune (…) j’ai voyagé un peu partout, en Indonésie, au Népal, en Inde où j’ai vécu et appris auprès d’un sadhu… Je suis revenu à La Réunion en 1999 pour retrouver mes racines qu’on m’avait volées… »

Cette conversation nous a profondément bouleversés.

Combien sont-ils aujourd’hui comme Patrick, en France, à La Réunion ou ailleurs, à chercher, à essayer de recomposer leur histoire et celle de leur famille?

En revenant du marché forain, rencontre avec Marie-Josée, Elisabeth et Yves (tous les trois de la Vendée) croisés et recroisés sur les sentiers et au village pendant notre séjour. Nous avons hâte de voir les photos d’Elisabeth!

Nous avons eu la chance de parcourir une grande partie de la région autour de Cilaos…

… grâce au pratique et ingénieux réseau de minibus qui relie les villages du cirque. Ci-dessus, en vert, quelques-unes de nos destinations: l’Ilet à Cordes, Terre Fine, Le Tronc, Bras-Sec, Gueule Rouge…
Avant le départ du minibus (ligne 62) qui emmène les riverains vers l’Ilet à Cordes et Terre Fine, le mardi 9 décembre. Il est tout à fait possible d’explorer le cirque en prenant les transports en commun. Une bonne façon de compenser notre empreinte carbone (20h de vol) pour arriver jusqu’à La Réunion….

Surprise avant le départ du bus…

Après toute pause de 30 minutes ou plus, le chauffeur doit impérativement souffler dans un alcotest. Si le résultat est négatif, le véhicule ne démarre pas. Quelle bonne idée!

Nous avons profité au maximum de ce réseau de petites lignes de bus…

Arrivée le mardi 9 décembre sur le chemin « Terre Fine ». Paysage à couper le souffle. Sensation ici d’être au bout du monde. Nous sommes au coeur du cirque de Cilaos. À 6 kms environ au sud du village de l’Ilet à Cordes. La route ne va pas plus loin. À quelques mètres…
… en contre-bas de falaises abruptes, des agriculteurs travaillent une terre fertile où poussent haricots, choux, lentilles…

J’ai fait ce jour-là, entre le bourg de Terre Fine et l’entrée du canyon Fleurs Jaunes (en passant par le village de l’Ilet à Cordes), l’une de mes plus belles randonnées!

… au milieu d’un panorama absolument fabuleux …
… d’où partent, d’un peu partout, des sentiers… alors que des petites affiches, sur le chemin, invitent le visiteur à goûter au vin, au miel ou aux lentilles de la région!

Cette petite excursion de 7 ou 8 kilomètres, sous un soleil de plomb, m’a rappelé certaines de mes promenades historiques préférées, à une altitude similaire (1200-1500 mètres) autour de Dalat, au Vietnam ou, au milieu des plantations de thé de la Hill Country, près de Ella, au Sri Lanka. Ou encore, au Rwanda, près du Parc national des volcans, entre Kinigi et Musanze.

Souvenirs de voyages inoubliables auxquels j’ajouterai maintenant cette journée de marche à proximité de Cilaos.

Note: les pitons, cirques et remparts réunionnais ont été inscrits en 2010 au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Carrefour près des thermes, au-dessus de Cilaos

Rebelote le lendemain, avec Diana cette fois, pour une expédition à deux volets.

En premier lieu, reconnaissance et courte excursion…

… sur le sentier mythique du Piton des Neiges!…

… où nous faisons figure de petits plaisantins face aux randonneurs aguerris qui ont entrepris, en pleine nuit ou à l’aube, l’ascension vers le sommet…

… et qui redescendent déjà au pas de course alors que nous commençons à peine notre marche!…
La fenêtre pour admirer le paysage au sommet du Piton des Neiges se situe entre 5h et 8h du matin. Les nuages arrivent peu après. D’où la nécessité d’entreprendre l’ascension en pleine nuit (de Cilaos) ou dès 4h du matin du gîte de la Caverne Dufour.

Nous poursuivons ensuite notre aventure jusqu’à un autre village du bout du monde…

Bienvenue à Gueule Rouge, population: une soixantaine d’habitants…

C’est mercredi. Il n’y a pas d’école et les mamans du village…

… tout en gardant un oeil sur leurs enfants…
… sont surprises et heureuses de bavarder avec Diana… Rares sont les visiteurs qui s’aventurent jusqu’ici…

Nous avons vécu à Cilaos une semaine splendide!

Comme partout où nous sommes passés à La Réunion, l’accueil a été amical, fraternel, bienveillant. On nous a souvent pris pour un couple réunionnais! Y a-t-il plus beau compliment lorsqu’on voyage en terre étrangère?

Boeuf carotte et boudin créole avec achards de légumes et riz aux pois + piments, Cilaos, le samedi 6 décembre.

Nous repartons demain pour Saint-Denis.

Avant de rejoindre, samedi, l’île Maurice.

Au programme, une semaine à Mahébourg, un village côtier, au calme, situé au sud-est de l’île.

Diana regagnera ensuite, comme prévu, Calgary.

De mon côté, je poursuivrai le voyage jusqu’à la petite île de Rodrigues…

Avant de revenir à Maurice, début janvier, et le retour à Vancouver, le 12 janvier.

Les trois îles de l’archipel des Mascareignes

Joyeuses Fêtes à tous!

Diana en compagnie du père Lolo, originaire de Madagascar, et maintenant installé à Cilaos
Au revoir Cilaos!

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint-Pierre (La Réunion), ville créole…

Cela a été une excellente idée de passer une dizaine de jours à Saint-Pierre, la « capitale » du sud de La Réunion!

Nous avons découvert ici une merveilleuse petite ville (environ 85 000 habitants), accueillante, souriante, ensoleillée. À taille humaine. Et un rythme de vie qui nous convient parfaitement, sous les tropiques.

Avec le créole parlé dans les rues, j’ai parfois l’impression d’être en Haïti, à Jacmel ou aux Cayes – lorsque le pays recevait encore des visiteurs.

Diana (en bleu) en conversation sur les berges de la rivière d’Abord, le cours d’eau autour duquel s’est construite la ville de Saint-Pierre vers 1736. Le grand bâtiment jaune, de l’autre côté de la rivière, abrite l’administration du TAAF, « les terres australes et antarctiques françaises ». Voir détails plus bas.

Vu le magnifique ciel bleu et la chaleur sur le littoral- entre 26 et 30 degrés tous les jours – nous n’avons pas eu l’envie de faire de grandes excursions en dehors de Saint-Pierre.

Nous avons plutôt choisi de commencer chacune de nos journées par une baignade dans l’eau claire, propre et fraîche de l’océan Indien.

Alors que les baigneurs arrivent en matinée sur la plage municipale de Saint-Pierre, le jeudi 27 novembre…
… un groupe de seniors peaufine à deux pas (à l’ombre) leurs exercices et étirements dans le cadre d’une classe de yoga. La plage de sable blanc de Saint-Pierre, la seule de l’île située « en coeur de ville », est un véritable joyau!
Immense bonheur de nager ici tous les matins! Au milieu de petits poissons multicolores qui zigzaguent dans une eau exceptionnellement limpide. Le récif, à l’arrière-plan, protège les baigneurs des requins, très présents sur la côte ouest de l’île. Entre 2011 et 2019, onze personnes ont été tuées par des requins à La Réunion et plusieurs autres grièvement blessées. Depuis six ans, grâce aux mesures prises par les autorités, aucune attaque n’a été enregistrée.

Quelle bonne surprise de recevoir dès notre arrivée un chaleureux message d’Hélène, l’ex-responsable de la médiathèque à l’Alliance française de Vancouver.

Hélène, fidèle abonnée au blog, vit maintenant à La Réunion avec sa famille et nous nous sommes vite retrouvés, amicalement, autour d’un délicieux déjeuner…

Hélène (cachée derrière Diana) entourée de sa famille réunionnaise, le mercredi 26 novembre. (J’ai eu quelques petits soucis avec mon téléphone cette semaine et certaines photos sont très floues.. Désolé!)

Merci infiniment Hélène! Cela a été un immense plaisir de te revoir à Saint-Pierre avec ta famille! Merci pour tes recommandations de lectures! Et… félicitations!

Petite maison créole, rue François Isautier, au centre-ville…
Menu typique de restaurant à Saint-Pierre…

Après nos baignades, nous avons pris l’habitude de faire un peu de magasinage dans les commerces et petits marchés extérieurs, situés près du bord de mer ou, un peu plus haut, aux abords du « Marché couvert »

Dans le quartier du « marché couvert » de Saint-Pierre, le mardi 2 décembre…

Avant d’aller déjeuner…

Poulet au curry, lentilles, riz et piment réunionnais, suivis…
… d’un « gâteau patate » artisanal, accompagné de crème chantilly et d’une sauce caramel. Un régal! Rue François Isautier, Saint-Pierre, le vendredi 28 novembre

Un peu de recul et de contexte avant de poursuivre…

Saint-Pierre, ci-dessus, soulignée en bleu. L’histoire de la ville est intimement liée à la culture du café puis de la canne à sucre. (Voir article précédent). À noter: un chemin de fer reliait autrefois Saint-Benoît à Saint-Pierre, en passant par Saint-Denis et Saint-Paul. La ligne a cessé de fonctionner en 1976. Quel dommage! Prochaine étape pour nous, après Saint-Pierre: Cilaos, à deux heures de route environ. Cilaos où trône le « Piton des Neiges », 3609 mètres, le pont culminant de La Réunion – et de tout l’océan Indien!

Allons maintenant explorer Saint-Pierre – où il y a tant à voir, à faire, à goûter!

Vue plongeante de Saint-Pierre, construite sur une pente qui dévale vers l’océan, ici à l’angle des rues Isautier et Leblond. Notre appartement est situé plus haut, dans un quartier modeste, à l’angle des rues du Presbytère et du Père Raimbault.

Selon les quartiers et l’heure de la journée, la ville offre au visiteur des visages bien différents…

Ci-dessus, aperçu d’une des principales artères du centre-ville, la rue Marius et Ary Leblond.

(Je me suis amusé à faire un peu de recherche sur le nom de certaines rues associées ici à des personnages complètement inconnus pour moi.

Ainsi, la rue Marius et Ary Leblond honore deux écrivains réunionnais, journalistes et critiques d’art. Leur œuvre « à deux mains » à été couronnée par le Prix Goncourt, en 1909, pour le roman « En France » qui raconte le parcours de deux jeunes Créoles venus étudier… à la Sorbonne. Incroyable, non? J’essaierai de me procurer le livre.)

D’autres rues dégagent une atmosphère plus… électrique…

La rue des Bons Enfants, une autre importante voie commerçante de la ville…
… le samedi 29 novembre…

Ici aussi, comme à Saint-Denis, églises chrétiennes, temples chinois ou tamouls, et une grande mosquée, rue François de Mahy, se côtoient, sans heurts apparents. Chacun, à Saint-Pierre, pratique sa religion (ou non), paisiblement.

Frédéric, né en Ardèche, se décrit lui-même comme « un artiste de rue ». Il jongle cet après-midi-là, fin novembre, avec une multitude de balles multicolores dans le parc près de la mairie.

Visite incontournable le 29 novembre au grand « Marché forain » de Saint-Pierre qui se tient tous les samedis, au bord de l’océan, boulevard Hubert- Delisle.

Dès 7h du matin, toute la ville se donne rendez-vous…
… au marché qui rassemble producteurs…
… et éleveurs…
… des quatre coins de l’île. Ci-dessus le vin de Cilaos, réputé à La Réunion, que nous aurons bientôt  l’occasion de goûter…

« Un des plus beaux marchés de France », disent les brochures. L’un des plus colorés aussi, sans aucun doute. Qui nous a rappelé – pour l’ambiance et les prix défiant toute concurrence – le marché de Belleville, à Paris.

Avec, ici…

… l’océan, en toile de fond…

Tout n’est pas rose cependant à La Réunion!

On apprenait cette semaine dans la presse que La Réunion est le deuxième département en France (après le Pas-de-Calais) affichant le plus de victimes de violences au sein du couple.

« Le podium de la honte » titrait, le 26 novembre, le journal réunionnais, Le Quotidien. « Chaque jour », précise le journal, « on dénombrait l’année dernière 16 interventions des forces de l’ordre pour des violences intrafamiliales et 12 personnes accueillies en commissariat de police et en gendarmerie pour des faits de violences conjugales ». Tristes statistiques. – Comme en Polynésie française, l’autre côté de la carte postale des Outre-Mer.

Vente d’espadon grillé sur le bord de mer de Terre-Sainte, un ancien quartier de pêcheurs, près de Saint-Pierre, un quartier modeste autrefois qui s’embourgeoise rapidement aujourd’hui…
… autour de la petite plage, ci-dessus. On aperçoit, à l’arrière-plan, Saint-Pierre située de l’autre côté de la rivière d’Abord…

L’une de mes visites préférées à Saint-Pierre a été la découverte d’un très beau bâtiment patrimonial – l’entrepôt Kerveguen, construit autour de 1760 – qui abrite aujourd’hui l’administration d’une structure peu connue: le TAAF – les Terres australes et antarctiques françaises.

Le TAAF englobe un espace immense qui s’étend du sud de l’océan Indien à l’Antarctique.

« Une collectivité à statut particulier », apprend-on, qui comprend 5 « districts« : les îles Éparses, l’archipel Crozet, l’archipel Kerguelen, les îles Saint-Paul et Amsterdam et la terre Adélaïde (dans l’Antarctique). Ces 5 districts sont administrés par la France sous l’égide d’un préfet… basé à Saint-Pierre, à La Réunion!

Tout cela est passionnant!

La carte des districts du TAAF. Aucun habitant permanent sur ces îles du bout du monde. Uniquement des militaires et des scientifiques chargés (avec leurs équipes) d’une triple mission: Garantir la souveraineté nationale, soutenir la recherche scientifique et préserver l’environnement. Militaires et chercheurs sont acheminés sur ces terres lointaines par des navires tels L’Astrolabe ou le Marion Dufresne. Infos supplémentaires sur le TAFF: ici.
Merci infiniment à Vanessa qui accueille et guide les visiteurs au siège du TAFF à Saint-Pierre avec tant de gentillesse et de compétence!

Même si nous l’avions voulu, nous n’aurions pas pu aller tout au bout du chemin qui mène au Piton de la Fournaise (voir la carte plus haut), un volcan, toujours en activité et l’une des attractions les plus courues de La Réunion.

Le 28 novembre, un regain d’activité du volcan a contraint les autorités à restreindre l’accès au site…

Sur le sentier allant vers le quartier de Terre-Sainte…
… une plaque commémore un épisode de l’histoire dramatique de l’esclavage dans la région de Saint-Pierre…

Nous avons été heureux et reconnaissants de vivre ici, simplement, au soleil, une dizaine de jours, auprès des Saint-Pierrois. En profitant de la douceur de vivre (aujourd’hui) dans le sud de cette île si attachante!

Diana en compagnie de Zénab, enseignante à Saint-Pierre, rencontrée la veille au marché forain, et « retrouvée » le lendemain, le dimanche 30 novembre, sur la plage…

Malgré quelques légères piqûres de moustiques, aucun symptôme chez nous de fièvre dengue ou de chikungunya. Nous sommes tous les deux en pleine forme! Pas d’épidémie ni d’inquiétude sanitaire dans l’île. Et Météo France ne prévoit aucun « phénomène cyclonique » dans les prochains jours.

Tous les clignotants sont donc au vert pour notre prochaine étape réunionnaise: une semaine dans les « Hauts » (les montagnes) de Cilaos. Voir la carte plus haut.

Teddy, à gauche, Réunionnais pur jus et Damien, d’origine martiniquaise, rencontrés à l’heure du déjeuner, rue du Presbytère, le mardi 2 décembre.

De Saint-Pierre, nous prendrons vendredi matin un des « Cars jaunes », pratiques, confortables, pour la gare routière de Saint-Louis, située à une quinzaine de minutes. De Saint-Louis, la ligne de bus 60 nous emmènera – via « la route aux 400 virages » – jusqu’à Cilaos. Durée totale du trajet? Deux heures environ. Coût: quelques euros.

Et la satisfaction d’avoir, sur les routes déjà si encombrées de La Réunion, une voiture de moins.

Deux cyclistes sur la route menant à Terre-Sainte, le lundi 1er décembre… Alléluia!!

Je vous laisse avec deux très beaux tableaux de l’artiste peintre, portraitiste, Jean-Luc Coen, dont les oeuvres sont exposées en ce moment, près du bord de mer, dans l’ancienne gare ferroviaire de Saint-Pierre (boulevard Hubert-Delisle), reconvertie en salle d’exposition.

(Les tableaux sont reproduits ici avec la permission de l’artiste)

« Regard de Cafrine » (2024)
« Gramoun Lontan » (2023)

On vous embrasse, de La Réunion!

Diana sur la terrasse d’une petite librairie à l’entrée du quartier de Terre-Sainte, le jeudi 27 novembre.